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Aliénor Delphillia, La descente aux enfers

Vacances de Pâques 2048, à Bristol en Angleterre
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Certains la connaissent un peu, d’autres beaucoup moins, et certains même pas du tout. Aujourd’hui en cette journée de vacances de Pâques à Bristol, Aliénor n’était qu’une jeune fille comme les autres. Assise sur les marches du porche de sa maison elle attendait. Elle attendait le temps, la vie, l’envie, elle s’attendait elle-même, elle attendait de retrouver la jeune fille qu’elle était auparavant, de retrouver ces passions, ces rires, ces amis. Elle attendait sans vraiment savoir pourquoi, un bonnet vissé sur la tête alors qu’elle était en débardeur sous sa veste en jean trouée, elle attendait alors que le soleil peinait à réchauffer sa peau et que le vent frais du printemps balayait toutes tentatives de l’astre du jour. Elle se sentait seule et perdue.

Ces parents avaient été surpris par la réticence de la jeune fille à faire un stage de karaté durant ces vacances elle qui appréciait tout particulièrement passer toutes ces après-midis au dojo. Mais cette année rien, elle ne voulait pas, elle n’avait pas envie. Au font c’était simplement qu’elle ne pouvait plus, elle n’arrivait plus à s’entrainer sans voir le visage de sa camarade de Poufsouffle et sans s’imagine, la folie au fond des yeux et les mains couvertes de sang. Alors elle restait là a attendre sans but que quelque chose ce passe, qu’un signe, la moindre petite chose la sorte de cet état végétatif.

En fait, assise sur le porche de sa maison, elle n’attendait qu’une chose, le retour de son père après une journée de travail. La dépression de sa mère était dure à supporter malgré les efforts qu’elle pouvait faire. Mais au bout de quelques heures a faire des efforts, Aliénor se sentait vidée alors elle attendait le retour de son salut sans rien faire, sans rien dire. Ces parents essayaient de comprendre, mais la jeune fille restait muette quant aux raisons qui la poussaient à ne plus pratiquer de sport de combat. Son père avait même accepté que la jeune fille aille à la salle de boxe avec Sam. Mais rien, elle n’en avait ni l’envie ni la force.

Une présence s’installa aux côtés de la jeune fille qui ne broncha pas malgré la chaleur apportée par sa mère. Parce que c’était forcément elle, sa mère qui s’était installée à ces côtés. Qui d’autre pouvait mieux la comprendre ? Aliénor se laissait sombrer sans rien faire eu oui, Claire sortait à peine de son burn out et luttait avec sa dépression, mais elle ne pouvait pas laisser sa fille faire la même erreur. Elle posa une main sur l’épaule de la jeune fille avant de dire doucement :

-Tu est une jeune fille incroyable Aliénor et je t’aime, je t’aimerais toujours.

Des larmes commencèrent à couler sur les joues de la jeune fille, elle se sentait si sale, si horrible, un monstre immonde, voilà ce qu’elle était et pourtant elle était aimée. Des bras s’enroulèrent autour d’elle, puis d’autres, son père était rentré, et toutes la famille partageait la même chaleur. Douce chaleur tintée de tristesse. Ils pouvaient sombrer, ils pouvaient chuter, mais ils seraient toujours ensemble.
Dernière modification par Alienor Delphillia le 15 mai 2023, 19:02, modifié 1 fois.

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Une guerrière vaincue

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-Juste essayer. Ça va aller, je rentre dans 2heures max.

Juste essayer, juste essayer, juste essayer, tout va bien se passer. C’était le mantra de la jeune Delphillia alors qu’elle parcourait les rues de Bristol, des écouteurs dans les oreilles et son téléphone à la main. Elle avait tenté de rassurer son père dont les émotions semblaient voguer entre l’inquiétude et l’enthousiasme. Après tout, sa fille avait enfin accepté de reprendre un cours de boxe, mais l’attitude de la jeune fille était toujours préoccupante. Mais bon, il ne pouvait pas l’enfermer dans la maison, alors qu’elle sorte prendre l’air, retrouver des amis et faire un peu de sport était une bonne chose, surtout depuis qu’elle avait fait part de ces plans pour l’avenir à ces parents. Si elle voulait intégrer l’ISMI, si jamais elle en était toujours capable, elle devait continuer le sport.

Elle rejoignait donc Sam à la salle de boxe qui lui avait assuré que Grégoire n’y serait pas. C’était vraiment la dernière personne qu’elle voulait revoir. Mais de toute façon, Grégoire avait quitté Bristol pour aller dans une fac à Londres, il était donc parti et elle, elle pouvait être tranquille dans Bristol sans se préoccuper de ce problème supplémentaire. Elle arriva rapidement devant la porte de la salle de boxe. Elle s’arrêta devant, prenant une grande inspiration, tentant de se donner un peu de courage. Elle poussa la porte et retrouva l’ambiance si particulière de cette salle de boxe. Le ring, les sacs de frappe, les tapis au sol, il y avait peu de monte et juste à l’accueil, Sam qui travaillait toujours ici.

Aliénor le salua avant daller se changer, poser ces affaires et s’échauffer. Cette partie-là, ça allait, elle ne frappait pas vraiment et frapper dans un sac s’avérait moins complexe que ce qu’elle pensait, elle se vidait la tête ne pensait plus à rien et ça faisait le plus grand bien.

-Tu viens ?

La voix de Sam, sa main tendue vers Aliénor pour l’aider à grimper. C’était le moment fatidique et elle ne savait absolument pas comment elle allait réagir à un entrainement avec une personne en face. Un premier pas, le passage sous les cordes et la voilà au milieu du ring. Sam avait des gants spéciaux pour prendre les coups. C’était l’exercice mais elle n’avait pas commencé que le cœur de la jeune Delphillia s’emballait dans sa poitrine. Elle souffla doucement tentant de calmer son cœur alors que Sam se mettait en place.

-Crochet gauche droite et coup droit. Simple et efficace.

Elle l’avait fait des millions de fois avec lui avant, mais là, c’était différent. Elle ferma les yeux un instant pour se concentrer puis elle rouvrit les yeux. Elle envoya son poing ganté, déterminée. Mais alors que son geste était lancé, le matelas des gans se transforma en le visage de son ainée. Aelle couverte de sang et de bleus, inerte. Le poing frappa la mousse et dans son esprit, elle ressentit tour. La douleur dans ces doigts, la chaleur de la peau de sa camarde, l’humidité du sang, le craquement de la pommette de la fille sous l’impact. Le cœur de la jeune fille battait à tout rompre dans ces tempes, elle fit un pas en arrière et trébucha, les yeux écarquillés à cette vue, déjà ils se remplissaient de larmes.

Elle entendait la voix de Sam au loin alors qu’elle reculait sur le ring.

-Non, non, non…

Elle secouait la tête de gauche à droite et sa mâchoire se contractait tant elle serrait les dents. Elle ferma les yeux pour se réveiller et c’est les mais de Sam posés sur ces épaules qui la ramenèrent à la réalité.

-Calme toi Ali, respire.

En larmes, Aliénor ne pouvait rien répondre, elle ramena ces genoux près d’elle et les encercla de ces bras.

-Je…Je peux pas.

-C’est pas grave.

Sam la prit dans ces bras, elle était trop faible pour le repousser et étrangement ce geste fit du bien à la jeune fille. Désemparée, désespérée, traumatisée d’elle-même. Elle venait de se mettre K.O. avec son propre coup.

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Une nouvelle option

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Elle n’avait pas remis les pieds dans la salle de boxe depuis son entrainement désastreux avec Sam. Cependant, celui-ci avait continué à discuter par message avec la jeune fille et lui avait proposé de l’accompagner dans une salle de bloc d’escalade. Aliénor avait déjà été familiarisé à la pratique de l’escalade avec Jacob, mais n’avait pas réitéré l’exploit et le bloc… Ça semblait bien différent de ce qu’elle avait essayé avec son camarade de Gryffondor. Malgré tout, elle avait accepté pour le pus grand bonheur de ces parents de la voir sorti pratiquer du sport de nouveau, en dehors de ces joggings matinaux bien entendu.

Suivant son GPS elle slalomait entre les passants pour atteindre cette fameuse salle. Débutante dans le domaine, elle ne s’attendait trop à rien vu son état mental actuel. Elle arriva avant Sam devant la salle, il était censé la rejoindre avec une autre amie à lui. Une fille qui pratiquait assez souvent l’escalade et ce n’était pas plus mal, Aliénor ne souhaitait pas mourir aujourd’hui. Ils arrivèrent avec 10 minutes de retard, ce que la batteuse des Hel’s ne manqua pas de leur faire remarquer avant d’entrer dans la salle. Ça ne ressemblait en rien à ce qu’avait imaginé la jeune fille, le bloc se pratiquait sans baudrier, sans cordes, à une auteur plus que respectable. Et c’est en voyant quelqu’un se laisser tomber du haut d’un bloc que le visage de la jeune fille se dérida et laissa apparaitre un franc sourire. Ca avait l’air extrêmement marrant comme concept !

Et à peine équipée de chausson que la voilà sur son premier bloc, jaune, simple. Et la sensation de grimper, l’effort, la chute à la fin… Tout était absolument génial. L’ambiance dans la salle était détendue, agréable, elle se sentait bien et apaisée ce qui n’avait pas été le cas depuis le début de ces vacances. Allongée les bras en croix sur le tapis qui venait de la réceptionnée, elle ne pouvait retirer son sourire de son visage.

-Ben ça fait plaisir !

Oh oui ça faisait plaisir, se dépenser, faire du sport, c’était une partie intégrante de la vie de la jeune fille. Et ce sport semblait bien plus sain que la relation qu’elle avait aujourd’hui avec les sports de combats.
Après quelques blocs, réussis ou non, elle s’installa à une table avec Sam et la dénommée Emma.

-Merci pour la découverte, c’est vraiment génial.

-De rien ! Contente que ça t’ai plu. Une petite bière ?

Après l’effort, le réconfort comme on dit. Aliénor accepta et la discussion était aussi légère que la boisson qu’ils partagèrent. Sur le chemin du retour, Sam la raccompagna sur une portion de la route.

-J’comprend que tu ne veuille pas en parler mais… La dernière fois, à la salle je…

-T’as raison, j’veux pas en parler. J’ai passé une super aprem, je veux pas penser à ça maintenant. Merci.

Peut-être que vivre dans le déni était la solution ? Dans tous les cas, elle venait de se trouver un nouveau sport, sport dans lequel elle pourrait s’épanouir en dehors de la boxe et du karaté. Elle se sentait purifiée comme nettoyée de ces pensées dangereuses qui la suivait depuis trop longtemps maintenant. Elle retournerait à l’escalade, c’était certain. Elle avait besoin de retrouver cette paix plus souvent, de respirer et l’escalade, aujourd’hui était u bol d’oxygène.

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D’une mère à une fille

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Claire revenait de son rendez-vous chez la psychologue qui la suivait depuis son burn out. Comme a son habitude Aliénor profitait de ce temps sans sa maman dans la maison pour s’occuper tranquillement, aller courir, dessiner ou réviser quelques notions dans ces livres pour la future rentrée. Finalement le travail de l’école ne les quittait jamais. Assise sur la table de la cuisine, elle avait étalé parchemins et livres devant elle et rédigeait une de ces sempiternelles fiches illustrées.

-Salut maman.

Lâcha-t-elle en entendant la porte de la maison s’ouvrir puis se refermer. Elle senti ensuite les mains de sa mère se poser sur ces épaules. Aliénor leva la tête, un air interrogatif sur le visage alors que Claire elle, prenait place sur la chaise à côté de sa fille.

-En regardant tout ça je me rends compte à quel point ton monde est différent du mien.

Cours de botanique, c’est vrai que Claire n’avait jamais eu ce genre de cours et avoir un manuel avec des plantes dessinés à tout va et des explications sur leurs capacités magiques… Bien loin des mathématiques et de la physique qui ont bercé sa vie.

-C’est pas si compliqué.

Aliénor attrapa l’une de ces fiches qu’elle fit glisser sur la table. Elle arrêta son geste devant sa maman et commença à lui expliquer les effets du dictame et même qu’ils en avaient dans le jardin. Claire se montrait concentrée et impliquée dans ce qui lui racontait Aliénor qui faisait de gros efforts pour vulgariser les effets des différentes plantes qu’elle présentait à sa maman qui n’était en rien coutumière de ce genre d’enseignement. Tout y passait, le bubobulb, le weggintree, la sauge… Et finalement l’après-midi passa étonnamment vite et quand Cyril passa la porte de la maison les deux femmes levèrent la tête en cœur.

-Déjà ?

Aliénor jeta un œil à l’horloge de la cuisine. Elles venaient de passer 4 heures à parler de plantes plus ou moins magiques et de leurs effets. La batteuse ouvrit de grands yeux en tournant la tête vers sa mère. Depuis le début des vacances et même depuis le burn out de sa mère elle n’avait jamais réussi à passer autant de temps en sa présence sans se sentir vidée et épuisée. Un moment agréable en plus ! Claire elle en revanche semblait exténuée. Mais c’était l’un des symptômes de la dépression. Elle sourit faiblement à Aliénor.

-J’ai passé un très bon moment en ta compagnie Aliénor. J’aimerais le faire plus souvent, comme ça je comprendrais quelque chose quand ton père et toi parlerez de Poudlard.

Elle se leva faiblement, elle avait maigri mais son appétit revenait peu à peu. Aliénor se surprit à l’aider à se relever et à laisser passer un :

-Avec plaisir.

Ce n’était rien, qu’un moment comme un autre, un moment hors du temps. Et pourtant pour Aliénor et Claire il s’agissait là d’un grand pas, une corde tendue pour les rapprocher à nouveau et réparer leur relation effritée par les aléas de la vie. Cette paix et cette joie qu’elle avait ressenti en expliquant tous ces concepts plus ou moins complexe à sa maman, elle ne pensait pas être capable de les ressentir en sa présence et rendre ça possible la rendait profondément heureuse. Un sourire au bord des lèvres, une larme au coin des yeux. Elle pleurait beaucoup durant ces vacances mais cette fois, c’était de joie.

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Le monstre

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TW: Vulgarité

La jeune Delphillia avait pris pour habitude d’aller à l’escalade et ça lui faisait un bien fou. Elle retrouvait un sport dans lequel elle s’épanouissait et la communauté des grimpeurs était très accueillante. Malgré tout, c’était un sport bien moins intensif que la boxe et si elle trouvait une certaine paix à faire de l’escalade, elle ne se défoulait pas autant qu’à la boxe et une fois la salle de bloc quittée, la colère qui coulait perpétuellement dans les veines de la jeune fille revenait de plus belle.

Mais ce soir, ça allait forcément être sympa. Elle avait une soirée avec Sam et des potes à lui, certains qu’elle avait déjà vus avant et d’autres qu’elle ne connaissait pas vraiment. Elle en avait besoin, ça allait lui changer les idées et puis… Les soirées lui avaient manqué.
Elle arriva avec 10 minutes de retard, visiblement c’était commun pour une fête, devant l’appartement affublée d’un short noir et d’un collant et d’un haut en dentelle brun. Elle sonna et attendit tranquillement que l’hôte de la soirée lui ouvre ce qui fut rapidement le cas. Elle entra dans la pièce tout sourire saluant ceux qu’elle croisait. On lui ouvrit une bière qu’elle attrapa comme si tout cela était des plus habituels. Mais quand elle arriva dans le salon, cœur de la soirée, son regard trouva un visage bien trop connu à son goût. Le goulot de la bouteille sur les lèvres, elle le retira d’un coup manquant de s’étouffer avec la gorgée qu’elle venait de prendre.

-On peut parler avant de…

-Qu'est-ce qu’elle fait là ?

Sarah… Sarah, la Sarah de Grégoire, celle qui l’avait humilié, trainé dans la boue, celle qui l’avait faite cocue était à cette fête qui devait être bonne ambiance et changer les idées de la jeune Delphillia. Et Sam ne lui avait rien dit ? Alors oui, elle l’aurait su elle ne serait pas venue, on ne se débarrasse pas facilement d’un tel sentiment. La batteuse n’avait aucune envie de la voir et encore plus, toute la colère qu’elle pouvait ressentir trouva une porte de sortie bien trop simple, cette fille. Aliénor chercha Sam du regard qu’elle trouva assez facilement. Elle le fusilla littéralement du regard et le pauvre garçon n’eut que le temps de poser sa bière sur une surface plane avant qu’Aliénor ne s’avance pour se poser à quelques centimètres de lui.

-Tu l’as invité elle ? Tu te fous de ma gueule j’espère !

-Euh, je suis là tu sais, j’entends.

-Ta gueule.

Comme vous pouvez le constater, Aliénor était très ouverte à la discussion à ce moment-là et agissait en bonne Poufsouffle.

-Sarah deux secondes. Ali… Tu veux bien qu’on aille en discuter dans la chambre ? Ca sert à rien de s’énerver je peux t’expliquer.

Aliénor coula un regard mauvais en direction de cette grognasse de pimbèche qui servait de copine à Grégoire. Elle n’avait absolument aucune intention de se calmer et de laisser une chance à Sarah ou à Sam de lui expliquer une quelconque situation ou besoin de rédemption.

-Quoi, parce que d’après toi c’est moi qui dois me calmer dans une chambre ? C’est elle la spécialiste des chambres non ?

Elle pivota, s’éloignant un peu de Sam pour se retrouver face à sa rivale. Immédiatement la main de Sam se posa sur le bras de la jeune Delphillia. Il devait sentir la colère et l’aura mauvaise de la joueuse de quidditch. Un vrai venin coulait dans ces veines à ce moment là et Aliénor n’avait qu’une envie, embrasser cette colère et enfin tout faire exploser. Ça devait se sentir, Malgré une posture droite, certainement par fierté, les yeux de Sarah cherchaient ceux de Sam comme un lapin dans les phares d’une voiture, elle avait peur et ce n’était pas illogique. Aliénor faisait presque 1m70, elle était extrêmement musclée, du moins bien plus que la moyenne et avait ce regard fou qui la terrorisait depuis quelques temps mais qui ce soir… Ne faisait aucune différence.

-Parce que t’es la gentille hein, pauvre Sarah qui savait pas tenir son mec qui avait besoin d’aller voir des collégiennes. T’es bonne qu’à écarter les cuisses et finalement c’est exactement ce que veulent les mecs comme Grégoire hein ? Une pute de plus dans leur tableau de chasse.

La main de Sam se resserra autour du bras de la sorcière alors que le regard de Sarah changea. Touché dans sa fierté, elle se jeta sur Aliénor. Par surprise Sam lâcha Aliénor qui eut tout loisir de réceptionner la charge de cette grognasse comme elle savait si bien le faire. Elle n’avait pas de batte, mais cette fille était bien mois rapide qu’un cognard. A peine arriva-t-elle à porté de main que la jeune Delphillia lui asséna un crochet dans le visage. La charge de la fille fut déviée et elle s’étala par terre de manière absolument ridicule. Se battre en talons qu’elle idée ?
Immédiatement un inconnu pour Aliénor fit barrage entre elle et Sarah qui se redressait péniblement en se massant la joue. Elle n’y était pas allée de main morte il fallait le dire. Son cœur battait à tout rompre dans sa tête et elle n’avait qu’une envie, laisser sa colère s’exprimer. Mais alors qu’elle amorçait un pas en avant, deux bras l’encarrèrent. Aliénor se secoua pour se défaire de l’emprise, mais Sam serra encore plus ces bras.

-Laisse-moi Sam, elle le mérite !

-T’es qu’une malade ! Pauv’meuf va !

-T’as dit quoi ?

Aliénor se débattit plus fort et réussit à sortir un bras de l’emprise de son pote et le tendit en direction de Sarah dans l’espoir d’attraper ces cheveux ou quoi que ce soit à portée. Mais e garçon entre les deux lui rendait la tâche difficile. Malgré tout, Aliénor attrapa une mèche de cheveux et tira avec force dessus. Sam emmener Aliénor en arrière, deux de ces amis s’occupaient de Sarah et en quelques secondes, la jeune Delphillia se retrouva face à une porte, dans la chambre de Sam.

-Laisse-moi sortir putain !

-Non clairement pas.

Ajouta Sam en attrapant les mains de la sorcière et restant bien sur ces appuis devant la porte. Il serra les poings de la jeune fille alors que des larmes commencèrent à couler le long des joues d’Aliénor.

-Je vais m’la faire ! Laisse-moi y retourner.

Sam restait ferme alors que la batteuse se débattait et petit à petit les cris de la jeune fille se perdaient dans le nœud formé dans sa gorge.

-Elle m’a piétiné Sam… Ils m’ont piétiné…

Cette fois-ci Aliénor fondit en larmes dans les bras de Sam qui la réceptionna comme il le put.

-Assieds-toi 5 minutes.

Aliénor se laissa tomber assise sur le lit alors que son pote s’accroupissait devant elle. Elle se sentait sale, pitoyable de pleurer à cause de cette greluche et de ce connard mais elle n’y pouvait rien.

-Ca va aller Ali, j’pensais pas que ça t’atteindrait encore.

-C’était mon premier amour crétin, bien sûr que ça m’atteint !

Le rire de Sam trancha avec les larmes D’Aliénor.

-Désolé, mais meuf t’es belle, t’es forte, Grégoire ça a été un gros con avec vous deux ça sert à rien de faire une scène pareille.

-T’es de son côté toi ?

-Oh mais fait pas ta mégère il n’y a pas de côté dans l’histoire. J’veux juste pas que tu la tue.

-Et jamais t’exagère toi ? Je suis pas capable de tuer quelqu’un.

-Je sais pas si tu t’es rendue compte de comment t’étais. Ton regard… J’ai rarement vu ça Ali. On aurait dit que t’étais comme possédé, que t’étais…

-Un monstre.

-J’aurais pas dit ça mais… Ouais.

Le cerveau de la jeune Delphillia se débrancha immédiatement de son environnement. Un monstre, comme Aelle, comme ce qu’elle avait été lors de cet entrainement. La colère, l’envie de faire du mal. Elle venait de le revivre une nouvelle fois et le pire… C’est qu’elle y avait pris tellement de plaisir. Ressentir de pouvoir, la force, elle aurait pu l’écraser en un claquement de doigt et elle l’aurait fait. Le regard dans le vide, c’est son prénom qui lui rappela où elle était et avec qui.

-On sort ?

-J’peux pas restée enfermée là à vie ?

-Ali… Viens.

Elle se décida enfin à sortir et une fois dans le salon tout était bien plus calme. Mais les regards des invités ne trahissaient pas. Sarah ne semblait pas être dans la pièce et le regard de la jeune Delphillia tomba sur l’écran du téléphone d’une des filles.

-C’est quoi ça ?

-Euh... Je...

Aliénor s’assit immédiatement sur le canapé à côté de la fille et fixa son écran qu’elle cacha en se poussant sur le côté comme pour éviter de rentrer en contact avec la jeune fille. Aliénor l’observa un instant avant de tendre la main, paume vers le ciel vers elle.

-S’il te plait, j’ai besoin de le voir.

De se voir elle en transe, hurlant et se débattant pour faire du mal à quelqu’un. De voir ce regard, cette attitude provocante, cette folie. Elle avait besoin de voir le monstre, de se voir elle, en monstre. A la fin de la vidéo Aliénor était comme sans vie. Elle rendit le téléphone et resta sans bouger sur le canapé.

-J’crois que j’devrais y aller.

-Oh non.

La voix de Sam et sa main autour de son poignet la sorti de sa léthargie.

-Hors de question que tu partes dans cet état et que la seule partie de toi que leur laisse c’est ça. Et ça, c’est loin d’être tout ce que t’es. Laisse-leur l’occasion de découvrir la meuf géniale que t’es.

Un fin sourire apparut sur le visage de la jeune fille. Elle hocha doucement la tête, elle resterait.

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La future étudiante

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La soirée c’était passée et si elle avait eu honte de son acte, l’alcool et la musique avait finalement estompé ses remords et elle avait même pu partager un verre de cocktail sans aucun goût avec cette pimbèche de Sarah. Mais que voulez-vous, la boisson nous fait faire des choses improbables, comme embrasser ce garçon inconnu dont elle ne se souvient même pas du visage ce matin alors qu’elle se réveille chez elle dans son lit après être revenue en vélo chez elle. Elle avait mal au crane, mais il était temps d’inspecter les dégâts. Elle se leva et malgré l’envie de vomir qui lui monta elle réussit à se trainer jusqu’à la salle de bain pour s’asperger d’eau le visage. Elle secoua la tête et s’attacha les cheveux en un chignon rapide avant de se frotter le visage avec de l’eau. Elle n’était pas belle a voir, mais c’était les effets de la gueule de bois. Elle fila sous la douche, restant durant un temps indéterminé mais qui lui fit un bien fou. Elle la termina à l’eau froide pour tenter de se réveiller un peu. Une fois sortie de la douche, elle constata les dégâts. Elle était habituée à voir son corps recouvert de bleus, ces phalanges recouvertes de cicatrices, trace de ces anciennes activités. Mais elle avait aussi des éraflures fraiches sur les genoux et les cuisses. Elle a du tomber plusieurs fois à vélo. Chutes qui lui revenaient par flash Alors qu’elle prenait machinalement un coton et qu’elle ouvrait le miroir de la salle de bain pour trouver un peu de désinfectant. Un episkey et ce serait terminé, mais malgré son âge, elle n’avait toujours pas le droit d’utiliser sa baguette durant les vacances, même si au moins, maintenant, elle pouvait la conserver. Et puis se soigner à la moldue permettait à son corps de se souvenir comment cicatriser seul, ce n’était pas plus mal.

Un peu de maquillage plus tard, juste pour cacher quelques cernes et un bleu sur sa pommette et elle était dans le salon. Elle attrapa une pomme mais elle fut arrêtée par la voix de sa mère juste avant de croquer dedans.

-Ta soirée s’est bien passé ma puce ?

-Euh… Ouais.

-On passe à table bientôt tu devrais peut-être attendre avant de manger.

Aliénor jeta un coup d’œil à l’horloge de la cuisine qui indiquait 11h40. La jeune fille soupira avant de retourner poser sa pomme dans le panier de fruits.

-Je devrais mieux aller courir un peu.

-Tu as bu ma chérie, tu ce que tu vas réussir à faire c’est avoir une crampe au bout de deux minutes. Aide-moi plutôt à faire à manger.

-Mais maman… Je suis nulle en cuisine !

-Justement ! Tu dois apprendre bientôt tu devras te débrouiller toute seule !

Aliénor baissa la tête immédiatement. C’était bientôt sa dernière année à Poudlard et après… les études du moins si jamais elle avait les moyens pour y aller en plus du risque de ne pas être prise à cause des filières. Bref, ça semblait tellement inaccessible.

-Imagine dans ton petit appart étudiant, comment tu vas faire pour te nourrir hein ?

-Si jamais je fais des études…

Claire qui s’était déplacée vers la cuisine s’arrêta net aux paroles de sa fille et l’observa avec autant d’inquiétude que de surprise.

-Tu ne veux plus intégrer ton école de sport ? De quidditch ? Je me suis renseignée tu sais c’est une bonne école, je suis certaine qu’avec tout ce que tu as fait tu y seras acceptée. Ou tu veux faire autre chose peut-être ? Tu ne veux plus faire d’études ?

-C’est pas ça…

Lâcha Aliénor en attirant une des chaises de la cuisine vers elle pour s’assoir à table. Elle posa ses coudes sur le bois et soupira en laissant tomber son menton entre ces mains.

-Mais c’est juste que… En ce moment, avec ta maladie, le travail de papa, on a pas beaucoup de sous et je sais que l’ISMI ça coute cher, moi aussi je me suis renseignée et les bourses c’est super flou. Et puis il y a le balai je…

-Aliénor regarde-moi.

La capitaine de quidditch leva les yeux et tomba face aux iris bleues de sa mère qui s’était rapprochée d’elle, en face au-dessus de la table de la cuisine. Son regard était fort, sérieux et déterminé. Elle ne savait pas ce qu’elle avait dit mais visiblement cela entrainait un sujet plus que sérieux qui tenait à cœur à Claire.

-Maman ?

-Je ne veux pas que tu bride tes ambitions pour des questions d’argent. Tu peux t’inscrire dans l’école que tu veux, poursuivre tes rêves les plus fous mais surtout… Ne t’occupe pas de l’argent. Oui c’est plus compliqué depuis que je ne peux plus travailler, mais tes études ne sont pas un problème.

-Mais… J’ai commencé à travailler a faire des économies, j’ai peut-être même un futur post au chaudron baveaur parce que je pensais qu’on avait pas d’argent et on a plus d’argent.

-Aliénor…

Claire contourna elle aussi une chaise pour s’assoir en face de la Poufsouffle et lui attrapa les mains tout en ne lâchant pas son regard.

-Oui on a eu des périodes compliqués… Mais on a un livret pour tes études, on a des économies spécialement pour toi. Peut importe ce que tu choisi de faire, tes études seront assurées. Je ne veux plus jamais te voir t’inquiéter pour l’argent et imaginer que tu ne puisses pas réaliser tes rêves.

Aliénor ouvrit de grands yeux alors que ses mains se détendaient entre celles de sa mère. Elle pourrait intégrer l’ISMI sans soucis parce que ces parents avaient mis de l’argent de côté ? Ils avaient tout prévu…

-Mais… Merci maman !

Aliénor se leva et fit le tour de la table en une seconde à peine et se jeta dans les bras de Claire qui la réceptionna avec plaisir. C’était comme si on retirait enfin un boulet de la cheville de la jeune fille, qu’un poids immense venait de lui être retiré et qu’elle pouvait enfin voler librement !

-Je pensais… J’ai cru que je pourrais pas…

-Je sais, mais ne t’inquiète pas…

Elle passa une main rassurante dans le dos de sa fille alors qu’Aliénor elle s’écartait doucement. Le sourire de Claire trouva vite un reflet dans celui de l’adolescente.

-Mais tu dois me parler de ce travail au… Chaudron baveur ?

Le sourire de la jeune fille s’agrandit encore plus alors qu’elle prenait place derrière le comptoir dans le but d’aider à la cuisine. Dans le même temps, elle expliquait sa rencontre avec la barmaid et sa proposition, l’envie d’investir dans un meilleur balai et finalement sa maman était ravie de voir que sa fille était indépendante et débrouillarde. Elle avait trouvé un travail seule, sans aide et elle était très fière d’elle.

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J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel

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La noyée

Vacances de Pâques 2048, à Bristol en Angleterre
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Une nouvelle soirée, cette fois ils se rejoignaient chez l’un des amis de Sam, présent à la précédente soirée et Sam avait promis que Sarah ne serait pas présente et c’était une bonne chose, l’altercation qu’elle avait eue avec elle était déjà bien trop épuisante et lui gâchait déjà assez la vie comme ça. C’était donc bien plus sereine qu’elle se dirigeait vers la maison de son pote. L’arrêt de bus n’était qu’à quelques dizaines de mètres de chez le garçon mais Aliénor avait eu la super idée de mettre des bottines à talon. Alors oui elle était bien sapée, mais non, ce n’était pas le plus pratique.

Enfin bref, elle arriva sans grand soucis devant la maison de ce fameux ami et elle avait hâte de commencé. Elle avait piqué une bouteille de vin dans le stock de ces parents et elle espérait que ça suffirait pour ne pas passer pour un rat. On lui ouvrit la porte et visiblement le garçon fut ravi d’avoir un peu de vin à sa soirée et visiblement c’était ce par quoi ils allaient commencer vu qu’il ouvrit la bouteille immédiatement et servit trois verres. En effet, ils n’étaient que trois pour l’instant mais Sam confirma à Aliénor qu’il arrivait dans 5 minutes et que la fille de l’escalade était avec lui. Aliénor se laissa tomber mollement dans le canapé à côté de d’un ami de l’hôte. Elle but une gorgée de vin tout en discutant alors que d’autres arrivaient. Rapidement le premier verre se vida et quand Sam arriva elle en était déjà à son second.

Rapidement tout le monde arriva. Sam à sa droite, l’autre gars à gauche, rapidement elle eut une bouteille de bière entre les mains, puis un jeu commença et une seconde bière, puis un cocktail fait par elle ne savait qui. La musique se fit plus forte, et tout devint plus flou. Les rires emplissaient la pièce et Aliénor se leva pour danser maladroitement. Perchée sur ces talons, un verre dans la main, elle n’était pas très stable mais elle n’en avait rien à faire. La musique était bien actuelle et aucun prof n’allait passer la porte pour lui dire que la fête était finie.

-A vot’santé Miss Priddy !

Lança-t-elle avant d’avaler cul sec le contenu de son verre. Une autre personne se joignit à elle, puis tout le monde. Elle se souvenait de cheveux blonds et d’une fille qui dansait face à elle. Elle était sympa, rigolote. Elle ne craignait pas de faire du bruit et réclamait des shots qu’on leur amenait alors. On trinque et on boit. Peut importe ce qu’il y a dans le verra, peu importe si c’est mauvais ou agréable. De toute façon elle ne captait plu vraiment le gout des choses.

Elle manqua de trébucher et une main se plaqua sur son ventre alors que son dos à elle se réceptionnait sur quelqu’un.

-Comme avec Minie…

Dit-elle en posa sa propre main sur celle de la personne derrière elle. Il l’entrainait dans sa danse un rythme lent qui berçait presque la jeune fille. C’était agréable, la chaleur de son corps dans son dos la faisait se sentir bien et elle se laissait épouser son corps. Elle riait pour rien, fermant les yeux et les rouvrant plusieurs minutes plus tard alors que pour elle, elle clignait seulement des yeux. Des mains se posèrent sur ces épaules et elle reconnut la fille de l’escalade. Elle disait qu’elle y allait que c’était cool puis elle dit au revoir à Sam. Sam ? C’était donc Sam qui était derrière elle ? Elle se retourna pour vérifier son identité et une fois cela fait elle sourit au garçon. Sam, le phare dans la tempête, celui qui ne l’avait jamais jugé, qui était toujours là, sûr et fiable.

-Heureusement que t’es là toi.

Aliénor planta son doigt dans le torse du garçon avant de s’écarter un peu. Quelques secondes plus tard, du moins pour elle, elle était assise sur le canapé, à moitié avachie sur Sam et les jambes allongées sur quelqu’un d’autre. Un nouveau jeu, de nouveaux verres. Tout allait vite, mais ce n’était qu’un jeu. Elle ne risquait rien non. Sam se leva, elle le laissa faire en se redressant. Inconfortable maintenant elle voulut retirer ces jambes de celles de la personne à sa gauche, mais celui-ci les retenu avec ces mains. Aliénor grommela sans trop rien dire et le garçon qui semblait être leur hôte se rapprocha d’elle.

-Laisse tes jambes elles me tiennent chaud.

Alors oui, mais non. Le ton, la voix de se garçon ne lui plaisaient pas beaucoup et Aliénor n’avait aucune envie de rester en contact physique avec lui. Elle tenta une nouvelle fois de retirer ces jambes mais il agrippa plus fort sa cheville.

-Lâche-moi.

-Pourquoi ?

-Parce que je veux que tu me lâche.

Il resserra encore sa prise ce qui commençait à faire assez mal. Mais pourquoi n’arrivait-elle pas à se défaire de lui ? Elle qui était si forte, qui était sportive, elle pourrait le mettre K.O. en un coup normalement. Normalement… Mais elle n’était pas dans son état normal. Elle n’avait rien mangé de la soirée et elle avait bu tout ces verres.

-Laisse-moi s’il te plait…

Les larmes lui montaient aux yeux mais avant qu’elle ne retente quoi que ce soit, la voix de Sam claqua dans l’air.

-Laisse-là elle t’as dit.

-Vas-y partage frère.

-Même pas en rêve, elle est trop bien pour toi.

D’un coup la cheville de la jeune fille fut libérée et elle pu se lever, ce qu’elle fit immédiatement. Aujourd’hui elle serait bien incapable de vous faire le plan de la maison mais inconsciemment elle trouva le trajet jusqu’à la salle de bain. Elle ferma la porte derrière elle et se rattrapa aux bords du lavabo. Pourquoi cette scène avait-elle un air de déjà-vu ? Nouvel an chez les Macwood il y a quelques années. Mais cette fois, Cassandre n’était pas là et ces parents non plus. Elle était seule et elle avait peur. Elle alluma le robinet et fit couler de l’eau froide. Eau qu’elle aspergea sur son visage tentant de reprendre un peu ces esprits. La porte s’ouvrit et Aliénor sursauta en poussant un petit cri. Sam. C’était Sam.

-Oh merde Sam…

Elle se jeta littéralement dans ces bras, son roc, son phare et aujourd’hui il représentait sa bouée de sauvetage dans cette soirée.

-Hey Ali… T’inquiète c’est un con, mais il te fera rien, j’te promet.

Elle leva la tête trouvant le regard noir du garçon. Lui aussi avait des petits yeux, lui aussi avait trop bu et la réponse à leurs problèmes personnels à tous les deux était si simple dans leur esprit parasité par les vapeurs d’alcool. Naturellement Aliénor trouva les lèvres de son ami et c’était comme si plus personne ne pouvait l’atteindre.

***


Elle se réveilla sur un matelas au sol, les yeux collants et la bouche pâteuse. Un mal de crane infernal comme si quelqu’un s’amusait à jouer de la batterie sur sa boite crânienne. Elle extirpa sa main du drap qui la recouvrait et se frotta les yeux, puis elle posa sa main sur une autre main qui encerclait son ventre. Quoi ? Elle fit un demi-tour immédiat dans son lit de fortune et tomba nez à nez avec le visage endormi de Sam. Son cerveau ne fit qu’un tour, elle s’écarta de lui, un peu trop brusquement vu qu’il accueillit cette action avec un grognement et elle se leva. Une fois debout elle constata que le T-shirt qu’elle portait n’était absolument pas le sien.

-Oh merde.

Elle sortit de la chambre sans même calculer qu’il y avait, à côté du matelas un vrai lit avec quelqu’un dessus. Elle fila vers la salle de bain et s’y enferma. Une douche, elle avait besoin d’une douche. Elle avait peur, elle se sentait sale et avait besoin de se souvenir. Savoir ce qu’elle avait bien pu faire, tout lui revenait par flash, jusqu’au baisé avec Sam. Mais après… trou noir.

-Non, non, non.

Elle inspectait chaque partie de son corps, elle avait mal nulle part, elle avait quelques nouveaux bleus mais rien de bien flagrant. Sans quand son regard se posa sur sa cheville. Elle avait les marques de doigts de leur hôte. Il l’avait serré à ce point ? Elle n’en savait rien, elle ne savait plus rien. Elle arrêta l’eau et attrapa une serviette pour s’enrouler dedans. Elle avait une sale tête. Elle se pencha au-dessus du lavabo et laissa couler l’eau pour boire tout ce qu’elle pouvait. De l’eau, elle avait besoin d’eau. Elle renfila ces sous-vêtements et le T-shirt. Elle avait toujours ces sous-vêtements. C’était bon signe non ? Elle devait en avoir le cœur net. Elle sorti de la salle de bain, les cheveux mouillés mais au moins elle puait moins l’alcool et retourna dans la chambre. Une fois dans celle-ci, elle s’assit sur le matela et immédiatement Sam se tourna vers elle. Elle peina à ouvrir les yeux tout en balbutiant quelques mots.

-Hey… Ca va ?

-En vrai ? Non pas trop.

Au moins, le réveil fut immédiat. Il ouvrit de grands yeux et se redressa. Il leva la main pour la poser sur l’épaule de la jeune fille mais la joueuse de quidditch s’éloigna de son ami. Par conséquent il avorta son geste. Mais il semblait comprendre. Il soupira avant de se lancer.

-Stress pas Ali, il s’est rien passé. Tu me crois vraiment capable d’abuser de toi.

Aliénor osa poser de-nouveau son regard sur le garçon. Elle avait honte d’elle-même, de ne pas être capable de se souvenir. Elle s’en voulait terriblement.

-J’me souviens pas Sam… J’me souviens de presque rien.

-T’as aucun souvenir de la salle de bain ?

La jeune Delphillia baissa la tête.

-Si… Je… On… On s’est embrassés.

-Et t’as vomi.

-Quoi ?

Aliénor releva la tête d’un coup alors que Sam lui partait dans un fou-rire et que leur colocataire de chambre se retournait dans son lit en grognant.

-Ouais, on s’est embrassé, c’était cool et t’as dit que tu te sentait pas bien et t’as vomi dans le lavabo. Jamais aucun de mes baisers n’avaient eu autant d’effet.

-Oh merde, je suis désolée, je suis certaine que c’était très bien.

-Arrachés comme on était ? Non ça devait être nul. Mais j’en garde un bon souvenir en soi. JE t’ai changé parce que tu t’étais un peu vomi dessus. Du coup je t’ai filé un T-shirt et puis on a trouvé un matelas et on a dormi. Rien d’autre.

Aliénor expira un grand coup. Merlin merci ils n’avaient rien fait. Mais elle aurait très bien pu. Elle avait la force d’un escargot mort durant la soirée, n’importe qui aurait pu profiter d’elle si elle n’avait pas eu Sam. Et tout ça pour quoi ? Pour oublier durant quelques secondes ces problèmes… C’était ridicule.

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L’insouciante dans un corps d’adulte

Vacances de Pâques 2048, à Bristol en Angleterre

Elle était rentrée chez elle après cette soirée et la honte, la culpabilité, le dégout l’envahissait. Elle se sentait sale suite à cette soirée, elle avait lâché les chevaux et avait bu comme si ce n’était rien, que consommer de l’alcool n’avait pas d’effet sur elle. Mais non, elle avait mal au crane elle avait des trous de mémoire, mais elle avait oublié tous ces problèmes. Bientôt elle retournerait à Poudlard et avec ce retour, tous ces problèmes et ces incertitudes lui reviendraient.

Dans le jardin, elle était revenue d’un bon jogging qui lui avait fait le plus grand bien pour éliminer les toxines. Elle restait là, assise sur le petit banc, son téléphone en main ouvert sur ces messages avec Sam. Elle ne savait pas vraiment quoi faire, il venait de lui envoyer un « On peut parler ? » auquel elle n’avait pas encore répondu. Mais qu’est-ce qu’elle pouvait bien lui dire ? Elle l’avait embrassé certes, mais c’était Sam. Le gars de la salle de boxe qui aime bien draguer les filles qui passent, qui aime bien boire, consommer des substances illicites et trainer dans les rues. Mais aussi le Sam protecteur, toujours second degré qui ne prenait rien au sérieux. Elle avait une terrible envie de l’ignorer, de faire l’autruche et s’enterrer sous le sol. Mais ce n’était pas ce qu’une jeune adulte faisait non ?

Soudain son téléphone vibra de nouveau. Elle fronça les sourcils, nouveau message de Sam.

« Rdv au parc de Greville au niveau des jeux pour enfants. Stp… »

« Ok »

Bon ben voilà, elle fila rapidement se rincer sous la douche et se changer pour rejoindre son ami au parc. Parce que oui, il n’était que son ami et plus elle avançait dans la journée et plus elle était persuadée que c’était ce qui était mieux pour eux deux. Elle arriva rapidement et le trouva, assis sur une balançoire. Un fin sourire étira les lèvres de la jeune fille, il ne faisait pas très beau à Bristol ce jour-là, à tout moment la pluie pouvait tomber, donc il n’y avait que les plus courageux dans le parc. Et aussi un gars bizarre assis sur une balançoire d’un parc pour enfant.

-Tu veux que je te pousse mon petit ?

Aliénor se planta devant lui alors qu’il relevait la tête surpris que quelqu’un vienne lui parler.

-Oh c’est toi, pendant un instant j’ai cru qu’une cougard venait me draguer.

-Dans tes rêves ouais !

Un silence quelque peu gênant s’installa entre les deux. Sam présenta du plat de la main la seconde balançoire vide et Aliénor ne se fit pas prier pour s’installer dessus. Finalement c’est Sam qui rompit le silence alors que le regard de la jeune fille se perdait sur l’horizon. Bien entendu il voulait parler de ce qu’il se passait entre eux. Il voulait savoir ce que pensait Aliénor, mais avant même qu’elle ne réponde il évoqua les qualités de la jeune fille mais aussi les difficultés qu’ils rencontreraient s’ils se mettaient ensemble. Le pensionnat d’Aliénor et donc la relation à distance, le fait qu’il soit pote avec Sarah, qu’il parte l’année prochaine pour ces études… Aliénor ne put retenir un petit rire ce qui coupa le garçon dans son élan.

-Sam enfin ! Tu veux me dégouter avant même avoir entendu ce que j’en pense ou quoi ? Je… Je pense pas que tous les deux ce soit un truc qui marche. Je passe de supers moments avec toi ouais. Mais hier on était juste tous les deux aussi paumés l’un que l’autre et quand on est tous les deux… On enterre nos problèmes mais on ne les résout pas. Si on se met ensemble on explosera forcément et c’est pas ce que je veux. Vraiment si on peut rester ami ce serait génial.

-Donc tu me friendzone ? Ben sympa.

-Hein ?

-Fait pas cette tête je rigole ! J’suis même soulagé ! Tu crois que moi j’voulais m’enfermer dans une relation sérieuse ?

-Ah… c’est bien ce que je me disais.

Un rire. Sam se leva avant de vouloir attraper Aliénor qui bien sûr ce mit à courir dans le parc, slalomant entre les jeux jusqu’à grimper sur la structure de cordes. Les goûtes commençaient à tomber mais aucun des deux adolescents ne voulait capituler. Face à l’autre ou face à la météo. Se déplaçant entre les cordes, la jeune fille s’amusait de ce petit jeu alors que la pluie tombait de plus en plus. Elle laissa Sam dans les cordes avant de filer un peu plus loin dans le parc. Sam ne mit pas longtemps à la retrouver mais jouer ainsi avait fait du bien à Aliénor.

-J’ai envie de faire un truc.

Elle retira ces chaussures et ces chaussettes avant de courir vers une flaque d’eau alors que la pluie s’intensifiait. Elle sauta dans la flaque, puis dans une autre, comme une petite fille le ferait pour s’amuser. Elle était juste bien, heureuse et s’amusait comme une enfant. Elle écarta les bras et savoura la sensation de la pluie sur son visage. Elle était trempée et pleine de boue mais ça n’avait aucune importance. Elle était heureuse et soulagée d’un poids. Oui ils s’étaient embrassés et non ça n’avait aucune valeur. Mais ils avaient 17 ans. Qui est sérieux à 17 ans ? Qui sait où il va ? Qui est sûr de lui ? Alors oui, elle continuerait à faire des tests, à se forger son expérience et à se planter. Parce que c’est comme ça qu’elle apprendra et oui, elle continuera à jouer dans des jeux d’enfants, à sauter dans les flaques d’eau, à faire des grimaces à ces amis parce qu’elle n’était pas adulte et que non, la Aliénor enfant au fond d’elle n’était clairement pas prête de se taire.

FIN

Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel