Ses cheveux blonds dansent
30 juillet 2045
Maison, puis Community Center de Portree
17h30
Maison, puis Community Center de Portree
17h30
Les habitudes à Portree se figent sans qu’on ait besoin de les interroger. Elles sont là et personne ne cherche à changer ce système qui semble fonctionner. Ainsi, s’il y a un bal à Portree, le 30 juillet, chaque année, ce bal n’a pas lieu d’être annulé.
Comme chaque année, chaque 30 juillet, je me prépare pour le bal du village. Le Community Center fait encore la publicité pour cet événement alors que les deux mille cinq cents habitants sont au courant. Peut-être pour nous empêcher de partir en vacances, mais ce serait mal connaître mes parents qui ne rateraient cet événement pour rien au monde. Ils sont prêts depuis déjà bien une heure, et leur seule mission de la soirée est de me faire m’habiller en un temps record. Sauf que comme chaque année, je me prépare en râlant, puisqu’à ce bal, on n’y fait que danser et manger des petits sandwichs de saumon.
J’entends les pas de mon père qui se précipitent dans l’escalier. Je sais que quand il poussera la porte de ma chambre et qu’il me verra encore en short, il me demandera d’accélérer. Ce que je ne ferai pas.
— Oh, bonhomme, t’abuses !, lâche-t-il en balançant ses bras en l’air comme s’il était le dieu de la foudre. J’avais parié avec ta mère que t’aurais au moins mis un t-shirt !
Il rit. Je le vois rire dans le miroir en face de moi et que je fixe depuis dix minutes. Je me retourne avec un sourire espiègle. Je fonce vers l’armoire, attrape le premier t-shirt de ma pile à t-shirts, et l’enfile en y passant les bras et la tête au plus vite.
— Voilà, tu pourras dire à maman que tu as gagné ton pari, chuchoté-je, en riant à mon tour.
Il penche la tête, semble peser le pour et le contre de ce dilemme qui implique un mensonge mais également une victoire, et hausse les épaules en souriant pour signifier que nous avons un pacte. Son pari est gagné.
— Bon, qu’est-ce que tu veux porter ce soir ? Un costume comme ton père ? Il place ses mains sur mes épaules et se place derrière moi, les deux face au miroir dans lequel nous nous observons. Je hausse les épaules alourdies par ses mains. Je n’en sais rien, mais l’idée d’un costume ne me tente pas vraiment.
— Pourquoi on est obligé de bien s’habiller pour un bal ?
Il prend une grande inspiration, réfléchissant à l’origine de cette règle.
— T’as raison. Mets ton maillot de basket si tu veux. On s’en fiche, après tout. Le roi ne sera pas là.
— C’est vrai ?, demandé-je en un immense sourire ravi. Je fonce vers l’armoire et retire mon t-shirt pour enfiler celui de l’équipe de Portree, avant de refermer le placard.
— Voilà, avec ça, on ne pourra pas te perdre !, lâche-t-il en riant.
Ma mère arrive à son tour, me toise de haut en bas, et jette un regard désabusé à mon père.
— Hors de question, jeune homme ! D’un coup de baguette, elle rouvre le placard, me laissant comprendre qu’il va me falloir trouver autre chose. Je soupire en grognant, sans rien dire. Impossible de répliquer.
Elle fait léviter les vêtements que je vais devoir porter ce soir pour les faire arriver jusqu'à moi, et je regarde les deux dans un air accusateur.
— Allez, t'as dix minutes, Lukas. On y va à pied, donc pas de retard autorisé.
Elle sort de la chambre, me laissant à nouveau avec mon père qui sourit et vient m'aider à retirer mon maillot.
— Je te le prends avec moi, mais tu dis rien à ta mère, hein ? Quand t'en auras vraiment marre, tu viendras te changer.
Fiche PR - 5e année RP - 1m73
Ses cheveux blonds dansent
J’attends devant le perron, pendant que ma mère ferme la porte de la maison à clef. Chemise blanche et jean, j’ai négocié un entre deux. A neuf ans, m’imaginer en costume est aberrant. Je sautille sur place, plus par impatience que par excitation, j’observe mes parents me rejoindre.
— T’as pris ta baguette ?, s’étonne mon père qui remarque le bout de celle-ci dépassant du sac, avant que ma mère ne s’empresse de la fourrer dans son sac.
— T’as pas le droit !, m’exclamé-je accusant ma mère d’un délit connu dans la maison pour être, selon moi, pire que tout.
Ma mère s’arrête de marcher, nous observe presque sidérée face à tant de surprise et d’accusation.
— Mais, de quoi je me mêle ?, lâche-t-elle en étouffant un petit rire. C’est pas vous qui aurez un problème avec le Conseil. Et puis, deux sorciers valent mieux qu’un, lâche-t-elle en me faisant un petit clin d’œil qui me fait sourire de fierté.
Mon père se retourne vers moi, m’attrape par la taille et me soulève pour me placer sur ses épaules, tout en marchant vers le centre ville.
— Oui, enfin Lukas c’est un demi sorcier, fit-il en riant.
— Quoi ? Comment ça je suis un demi sorcier ? Je m’exclame à voix haute, baissant la tête vers celle de mon père, avant que ma mère n’intervienne en riant elle aussi.
— Chuuuut ! Elle assène un petit coup de coude à mon père, lui faisant comprendre de ne pas continuer sur ce terrain là.
— Je serai un super S, comme toi maman ! J’imite des coups d’épée dans le vide, en faisant des bruits de sabre laser.
Et pendant ce temps, mon père regarde ma mère d’un air interrogateur, cherchant réellement à comprendre pourquoi cette baguette s’invite au bal.
— Quoi ?, chuchote-t-elle le plus bas possible pour que je n’entende rien. Depuis la plante, j’ai peur qu’il provoque quelque chose d’autre..
Mon père lève les yeux au ciel, jugeant sa peur infondée, et ne prend pas la peine de relever.
Une fois le petit parc passé, et les dix minutes de marche terminées, je suis déposé à terre par mon père, et les règles sont annoncées par ma mère qui s’agenouille devant moi.
— Bon, il y aura du monde. Si ça ne va pas, tu viens nous voir d’accord ? Les enfants de Tory seront là, tu peux rester avec eux si tu veux.
Je n’aime pas les enfants de Tory, mais je hoche la tête pour souligner mon accord. Elle me replace quelques mèches de cheveux et me sourit. Et juste au même moment, un des enfants de Tory s’approche de moi, me donne un coup dans l’épaule en me saluant. Voilà pourquoi je ne l’aime pas. Ce mec salue les gens en leur frappant l’épaule. Je lève les yeux au ciel et le suit, prêt à trouver la première chaise seule de la salle pour y rester assis jusqu’à la fin de la soirée.
— T’as pris ta baguette ?, s’étonne mon père qui remarque le bout de celle-ci dépassant du sac, avant que ma mère ne s’empresse de la fourrer dans son sac.
— T’as pas le droit !, m’exclamé-je accusant ma mère d’un délit connu dans la maison pour être, selon moi, pire que tout.
Ma mère s’arrête de marcher, nous observe presque sidérée face à tant de surprise et d’accusation.
— Mais, de quoi je me mêle ?, lâche-t-elle en étouffant un petit rire. C’est pas vous qui aurez un problème avec le Conseil. Et puis, deux sorciers valent mieux qu’un, lâche-t-elle en me faisant un petit clin d’œil qui me fait sourire de fierté.
Mon père se retourne vers moi, m’attrape par la taille et me soulève pour me placer sur ses épaules, tout en marchant vers le centre ville.
— Oui, enfin Lukas c’est un demi sorcier, fit-il en riant.
— Quoi ? Comment ça je suis un demi sorcier ? Je m’exclame à voix haute, baissant la tête vers celle de mon père, avant que ma mère n’intervienne en riant elle aussi.
— Chuuuut ! Elle assène un petit coup de coude à mon père, lui faisant comprendre de ne pas continuer sur ce terrain là.
— Je serai un super S, comme toi maman ! J’imite des coups d’épée dans le vide, en faisant des bruits de sabre laser.
Et pendant ce temps, mon père regarde ma mère d’un air interrogateur, cherchant réellement à comprendre pourquoi cette baguette s’invite au bal.
— Quoi ?, chuchote-t-elle le plus bas possible pour que je n’entende rien. Depuis la plante, j’ai peur qu’il provoque quelque chose d’autre..
Mon père lève les yeux au ciel, jugeant sa peur infondée, et ne prend pas la peine de relever.
Une fois le petit parc passé, et les dix minutes de marche terminées, je suis déposé à terre par mon père, et les règles sont annoncées par ma mère qui s’agenouille devant moi.
— Bon, il y aura du monde. Si ça ne va pas, tu viens nous voir d’accord ? Les enfants de Tory seront là, tu peux rester avec eux si tu veux.
Je n’aime pas les enfants de Tory, mais je hoche la tête pour souligner mon accord. Elle me replace quelques mèches de cheveux et me sourit. Et juste au même moment, un des enfants de Tory s’approche de moi, me donne un coup dans l’épaule en me saluant. Voilà pourquoi je ne l’aime pas. Ce mec salue les gens en leur frappant l’épaule. Je lève les yeux au ciel et le suit, prêt à trouver la première chaise seule de la salle pour y rester assis jusqu’à la fin de la soirée.
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Ses cheveux blonds dansent
Si Kyle m’entraîne dans cette grande salle que nous connaissons par cœur, il m’y abandonne vite une fois les portes franchies et la lumière bleue de la salle nous accueillant. Mon regard interrogateur le fait rire.
— T’as quand même pas cru que j’allais te tenir la main toute la soirée ? Remarquant mon air surpris, il enchaine. C’est pas parce que nos parents sont amis qu’on doit l’être, Sharp. Son rire moqueur n’a de cesse d’accroître mon exaspération, d’autant plus que je le vois me toiser de la tête aux pieds.
Je l’imite en fixant ma tenue, vérifiant qu’il n’y a rien qu’il puisse utiliser contre moi, et constate, en relevant la tête, qu’il a déjà disparu. Une petite moue gênée sur mon visage, gêné d’avoir cru qu’il allait effectivement rester là toute la soirée, j’enfouis mes mains dans les poches de mon jean tout en scannant la pièce.
Comme d’habitude, nous sommes venus beaucoup trop tôt, la musique ne s’est elle-même pas encore invitée. Je relève la tête, observe le plafond décoré excessivement par une dizaine de grandes banderoles en tissu partant du centre pour toutes partir chacune de leur côté, vers les extrémités de la salle. Chacune est entourée de guirlandes lumineuses dorées et de petits ballons blancs, bleutés par la lumière. Dans la salle, le centre est évidemment laissé libre pour celles et ceux qui oseront danser, et les tables et chaises sont sur les côtés, prêtes à accueillir les plus solitaires ou les plus affamés : donc moi.
Je sursaute lorsqu’une main vient se poser sur mon épaule. Je relève la tête et retrouve mon père qui doit sûrement se demander ce que je fabrique au milieu de la salle.
— Je crois qu’ils ont un problème au son. Tu veux venir voir la cabine de mixage ?
Je ne sais pas à quel moment mon père a cru bon de m’inviter voir une cabine de mixage, pensant que cela pouvait m’intéresser. Visiblement, il y avait une petite salle cachée qui se révélait être encore moins intéressante qu’une salle de bal. Je sais qu’il cherche à me proposer la moindre activité pour ne pas que je m’ennuie, mais je préfère encore engloutir les petits sandwichs de saumon que d’observer une table de deux cents interrupteurs. Je secoue la tête, le vois me sourire et m’ébouriffer les cheveux, réduisant à néant le travail de ma mère, et s’en aller.
La table à boissons est au moins, elle, déjà prête, et je remarque qu’une fille de ma classe cherche déjà de quoi se servir. La musique se déclenche enfin et je relève la tête vers les enceintes comme pour m’assurer que c’est bien de là que le son provient. On part sur une musique écossaise pour démarrer, aux décibels déjà bien assez forts.
— Salut, Lukas ! Sa voix est affaiblie par la musique, mais je reconnais mon nom et la salue en retour. Tu bois quoi ? Je tente d’analyser toutes les boissons de la table au plus vite, de sorte à ne pas la faire attendre trop longtemps.
— De l’eau ? Son regard me juge aussitôt et semble se retenir de rire. Non, du thé froid, je pense. Je ne sais pas si la réponse donnée est meilleure, mais elle sourit et attrape la grande bouteille de thé froid. Mes réflexes, enseignés par mon père, surgissent et je lui attrape la bouteille des mains pour ne pas qu’elle me serve. Je la serre à mon tour, et elle lâche un petit rire, sûrement trop polie pour dire quoi que ce soit. Pardon, t’en voulais peut-être pas ?
— Si, si ! Merci ! Elle retire son verre, me salue et retourne vers ceux qui l’attendent.
Je m’assieds sur une chaise du fond, une chaise que je ne quitterai pas pendant une heure. De là où je suis, je peux voir la foule augmenter, les danseurs s’agiter sur la scène, et mon bras peut atteindre tous les petits sandwichs de saumon.
— Ah, c’est toi qui engloutis tout le saumon depuis tout à l’heure ?
Je ne reconnais pas sa voix tout de suite, mais lorsque je lève les yeux vers celle qui m’interpelle, je reconnais la bibliothécaire et ses cheveux blonds longs et ondulés. Je reconnais son sourire amusé, mais pas de robe verte aujourd’hui. Aujourd’hui, elle a opté pour du doré.
— T’as quand même pas cru que j’allais te tenir la main toute la soirée ? Remarquant mon air surpris, il enchaine. C’est pas parce que nos parents sont amis qu’on doit l’être, Sharp. Son rire moqueur n’a de cesse d’accroître mon exaspération, d’autant plus que je le vois me toiser de la tête aux pieds.
Je l’imite en fixant ma tenue, vérifiant qu’il n’y a rien qu’il puisse utiliser contre moi, et constate, en relevant la tête, qu’il a déjà disparu. Une petite moue gênée sur mon visage, gêné d’avoir cru qu’il allait effectivement rester là toute la soirée, j’enfouis mes mains dans les poches de mon jean tout en scannant la pièce.
Comme d’habitude, nous sommes venus beaucoup trop tôt, la musique ne s’est elle-même pas encore invitée. Je relève la tête, observe le plafond décoré excessivement par une dizaine de grandes banderoles en tissu partant du centre pour toutes partir chacune de leur côté, vers les extrémités de la salle. Chacune est entourée de guirlandes lumineuses dorées et de petits ballons blancs, bleutés par la lumière. Dans la salle, le centre est évidemment laissé libre pour celles et ceux qui oseront danser, et les tables et chaises sont sur les côtés, prêtes à accueillir les plus solitaires ou les plus affamés : donc moi.
Je sursaute lorsqu’une main vient se poser sur mon épaule. Je relève la tête et retrouve mon père qui doit sûrement se demander ce que je fabrique au milieu de la salle.
— Je crois qu’ils ont un problème au son. Tu veux venir voir la cabine de mixage ?
Je ne sais pas à quel moment mon père a cru bon de m’inviter voir une cabine de mixage, pensant que cela pouvait m’intéresser. Visiblement, il y avait une petite salle cachée qui se révélait être encore moins intéressante qu’une salle de bal. Je sais qu’il cherche à me proposer la moindre activité pour ne pas que je m’ennuie, mais je préfère encore engloutir les petits sandwichs de saumon que d’observer une table de deux cents interrupteurs. Je secoue la tête, le vois me sourire et m’ébouriffer les cheveux, réduisant à néant le travail de ma mère, et s’en aller.
La table à boissons est au moins, elle, déjà prête, et je remarque qu’une fille de ma classe cherche déjà de quoi se servir. La musique se déclenche enfin et je relève la tête vers les enceintes comme pour m’assurer que c’est bien de là que le son provient. On part sur une musique écossaise pour démarrer, aux décibels déjà bien assez forts.
— Salut, Lukas ! Sa voix est affaiblie par la musique, mais je reconnais mon nom et la salue en retour. Tu bois quoi ? Je tente d’analyser toutes les boissons de la table au plus vite, de sorte à ne pas la faire attendre trop longtemps.
— De l’eau ? Son regard me juge aussitôt et semble se retenir de rire. Non, du thé froid, je pense. Je ne sais pas si la réponse donnée est meilleure, mais elle sourit et attrape la grande bouteille de thé froid. Mes réflexes, enseignés par mon père, surgissent et je lui attrape la bouteille des mains pour ne pas qu’elle me serve. Je la serre à mon tour, et elle lâche un petit rire, sûrement trop polie pour dire quoi que ce soit. Pardon, t’en voulais peut-être pas ?
— Si, si ! Merci ! Elle retire son verre, me salue et retourne vers ceux qui l’attendent.
Je m’assieds sur une chaise du fond, une chaise que je ne quitterai pas pendant une heure. De là où je suis, je peux voir la foule augmenter, les danseurs s’agiter sur la scène, et mon bras peut atteindre tous les petits sandwichs de saumon.
— Ah, c’est toi qui engloutis tout le saumon depuis tout à l’heure ?
Je ne reconnais pas sa voix tout de suite, mais lorsque je lève les yeux vers celle qui m’interpelle, je reconnais la bibliothécaire et ses cheveux blonds longs et ondulés. Je reconnais son sourire amusé, mais pas de robe verte aujourd’hui. Aujourd’hui, elle a opté pour du doré.
Fiche PR - 5e année RP - 1m73
Ses cheveux blonds dansent
Je reste silencieux, la bouche entrouverte, surpris de la voir ici, à ce bal, et la suis du regard quand elle vient s’asseoir à côté de moi, une coupe de champagne dans sa main droite. Je la fixe, et même si je sais pertinemment que ce n’est pas poli, je ne peux m’empêcher de la fixer ; et les secondes filent. Son rire m’est destiné, je le sais, et je rougis, toujours silencieux avant, d’enfin, refermer la bouche. J’ai envie de lui demander où elle était passée, pourquoi est-ce qu’elle n’était plus à la bibliothèque les jours où j’y allais, mais je ne fais rien.
— Alors, tu as découvert la vitesse de floraison du lierre ?, me demande-elle sérieusement en approchant sa coupe à ses lèvres. Je lui souris, déjà ravi qu’elle ne m’interroge pas sur la raison pour laquelle je suis seul assis dans un coin, à ne rien faire d’autre que manger, mais aussi parce qu’elle se souvient de ce moment tout autant que moi.
J’ai beau sourire, les mots ne sortent toujours pas. Je me contente de l’imiter en buvant mon cinquième verre de thé froid, pour me donner de l’entrain. Elle patiente. Elle n’enchaîne pas sur une autre question ou un sujet banal, elle attend réellement une réponse de ma part et me laisse le temps d’y répondre à mon rythme. Je me racle la gorge et y mets toute mon énergie pour ne pas avoir à bafouiller.
— En moyenne, cinq à dix centimètres en hiver, et quinze à trente centimètres en un an, en fonction des conditions environnementales, comme la lumière, l’eau, les nutriments, mais aussi la santé de la plante.
Mes connaissances sortent en une seule phrase, en un seul coup sans aucune interruption et je n’ai pas non plus besoin de reprendre mon souffle.
— Oh, bravo ! Dix points pour Poufsouffle, lâche-t-elle en riant. Je fronce les sourcils face à cette remarque que je ne comprends pas. A mon regard, elle s’empresse d’ajouter. Pardon, tu comprendras sûrement dans deux ans.
Deux ans. C’est long deux ans. Je vais réellement devoir attendre tout ce temps pour comprendre ? Je n’ose rien demander ou insister et attrape le plat de sandwichs de saumon. Je ne sais pas combien j’en ai mangé depuis le début de la soirée, mais visiblement, mon estomac ne m’ordonne pas encore d’arrêter.
— Vous en voul.. Je fronce les sourcils lorsqu’en me retournant, je remarque ce qui dépasse de la manche de sa robe. Vous aussi vous avez apporté votr— Elle m’interrompt en faisant un geste de la main, me signalant de baisser le ton, sans pour autant s’arrêter de sourire. Même si la musique de la salle est suffisamment forte, elle reste vigilante. Vous avez apporté votre baguette ?, chuchoté-je une nouvelle fois outré.
— Mais tu noteras que je ne l’utilise pas. Pas encore.
— Mais vous comptez le faire ?! Vous n’avez pas le droit !, m’exclamé-je déjà déçu que cette sorcière brise les règles.
— Le tout, c’est de ne pas rendre l’action trop … hors du commun. Voyant que je ne la suis pas, elle enchaine. Tu vois le petit lampion éteint là-bas, au fond ? A côté du couple ? Elle le désigne à l’aide de son index et de sa coupe de champagne. Je hoche la tête, écoutant sagement chacun de ses mots. Si je lance un sort mineur - un sort qui ne demande pas beaucoup de puissance magique, ajoute-t-elle en me voyant froncer les sourcils d’incompréhension -, ils chercheront à comprendre ce qu’il se passe. Ils chercheront l’explication la plus rationnelle, parce que ça les rassure. Ils ne penseront pas qu’une sorcière est en train de lancer un sortilège avec sa baguette magique. Elle insiste sur les derniers mots, rendant l’idée de penser une telle chose tout à fait ridicule.
Je souris, d’un coup complètement excité à l’idée de vérifier que ce qu’elle dit est vrai.
— On peut essayer ?!
Elle lâche un petit rire, jette un petit regard à sa gauche, fait glisser sa baguette gracieusement jusque dans sa main et pointe son catalyseur vers le lampion qui s’allume après le petit mouvement effectué et un Lumos prononcé. J’observe les deux amoureux qui se surprennent de la soudaine luminosité qui les entoure. Ils regardent au pied du lampion, cherchent un câble, une prise, puis lèvent la tête vers le plafond. L’homme dirige son index vers les petits fils noirs collés au plafond et les deux rient. Je me retourne vers la dame aux cheveux blonds, complètement sidéré, ravi, ahuri et plein de joie.
— Tu vois ? Ils ont trouvé leur explication, ajoute-t-elle en rangeant sa baguette.
Je me lève d’un bond, regarde autour de moi et cherche d’autres objets du quotidien qui pourraient prendre vie soudainement.
— Vous pouvez faire apparaître des fishs and chips ? Je la vois rire, visiblement amusée par cette proposition à laquelle elle ne s’attendait pas. Les gens sont habitués au fish and chips ! Et y a un grand buffet, alors ils penseront p’tete qu’un serveur en a ajouté ? C’est une bonne explication rationnelle ?
— Si toi tu ne finis pas à Poufsouffle, je serai vraiment déçue ! Et voilà qu’en une phrase, elle venait de créer une mission en moi : Finir à Poufsouffle, peu importe ce que cela voulait dire. Dans deux ans. Non, ce n’est malheureusement pas si simple pour la nourriture, il y a des règles. Je ne peux pas en faire apparaître comme ça. Même pas du fish and chips, navrée.
J’enregistre toutes ces informations. J’accepte la règle, le refus et me rassieds sur ma chaise.
— Pourquoi vous n’êtes plus à la bibliothèque ?
— Alors, tu as découvert la vitesse de floraison du lierre ?, me demande-elle sérieusement en approchant sa coupe à ses lèvres. Je lui souris, déjà ravi qu’elle ne m’interroge pas sur la raison pour laquelle je suis seul assis dans un coin, à ne rien faire d’autre que manger, mais aussi parce qu’elle se souvient de ce moment tout autant que moi.
J’ai beau sourire, les mots ne sortent toujours pas. Je me contente de l’imiter en buvant mon cinquième verre de thé froid, pour me donner de l’entrain. Elle patiente. Elle n’enchaîne pas sur une autre question ou un sujet banal, elle attend réellement une réponse de ma part et me laisse le temps d’y répondre à mon rythme. Je me racle la gorge et y mets toute mon énergie pour ne pas avoir à bafouiller.
— En moyenne, cinq à dix centimètres en hiver, et quinze à trente centimètres en un an, en fonction des conditions environnementales, comme la lumière, l’eau, les nutriments, mais aussi la santé de la plante.
Mes connaissances sortent en une seule phrase, en un seul coup sans aucune interruption et je n’ai pas non plus besoin de reprendre mon souffle.
— Oh, bravo ! Dix points pour Poufsouffle, lâche-t-elle en riant. Je fronce les sourcils face à cette remarque que je ne comprends pas. A mon regard, elle s’empresse d’ajouter. Pardon, tu comprendras sûrement dans deux ans.
Deux ans. C’est long deux ans. Je vais réellement devoir attendre tout ce temps pour comprendre ? Je n’ose rien demander ou insister et attrape le plat de sandwichs de saumon. Je ne sais pas combien j’en ai mangé depuis le début de la soirée, mais visiblement, mon estomac ne m’ordonne pas encore d’arrêter.
— Vous en voul.. Je fronce les sourcils lorsqu’en me retournant, je remarque ce qui dépasse de la manche de sa robe. Vous aussi vous avez apporté votr— Elle m’interrompt en faisant un geste de la main, me signalant de baisser le ton, sans pour autant s’arrêter de sourire. Même si la musique de la salle est suffisamment forte, elle reste vigilante. Vous avez apporté votre baguette ?, chuchoté-je une nouvelle fois outré.
— Mais tu noteras que je ne l’utilise pas. Pas encore.
— Mais vous comptez le faire ?! Vous n’avez pas le droit !, m’exclamé-je déjà déçu que cette sorcière brise les règles.
— Le tout, c’est de ne pas rendre l’action trop … hors du commun. Voyant que je ne la suis pas, elle enchaine. Tu vois le petit lampion éteint là-bas, au fond ? A côté du couple ? Elle le désigne à l’aide de son index et de sa coupe de champagne. Je hoche la tête, écoutant sagement chacun de ses mots. Si je lance un sort mineur - un sort qui ne demande pas beaucoup de puissance magique, ajoute-t-elle en me voyant froncer les sourcils d’incompréhension -, ils chercheront à comprendre ce qu’il se passe. Ils chercheront l’explication la plus rationnelle, parce que ça les rassure. Ils ne penseront pas qu’une sorcière est en train de lancer un sortilège avec sa baguette magique. Elle insiste sur les derniers mots, rendant l’idée de penser une telle chose tout à fait ridicule.
Je souris, d’un coup complètement excité à l’idée de vérifier que ce qu’elle dit est vrai.
— On peut essayer ?!
Elle lâche un petit rire, jette un petit regard à sa gauche, fait glisser sa baguette gracieusement jusque dans sa main et pointe son catalyseur vers le lampion qui s’allume après le petit mouvement effectué et un Lumos prononcé. J’observe les deux amoureux qui se surprennent de la soudaine luminosité qui les entoure. Ils regardent au pied du lampion, cherchent un câble, une prise, puis lèvent la tête vers le plafond. L’homme dirige son index vers les petits fils noirs collés au plafond et les deux rient. Je me retourne vers la dame aux cheveux blonds, complètement sidéré, ravi, ahuri et plein de joie.
— Tu vois ? Ils ont trouvé leur explication, ajoute-t-elle en rangeant sa baguette.
Je me lève d’un bond, regarde autour de moi et cherche d’autres objets du quotidien qui pourraient prendre vie soudainement.
— Vous pouvez faire apparaître des fishs and chips ? Je la vois rire, visiblement amusée par cette proposition à laquelle elle ne s’attendait pas. Les gens sont habitués au fish and chips ! Et y a un grand buffet, alors ils penseront p’tete qu’un serveur en a ajouté ? C’est une bonne explication rationnelle ?
— Si toi tu ne finis pas à Poufsouffle, je serai vraiment déçue ! Et voilà qu’en une phrase, elle venait de créer une mission en moi : Finir à Poufsouffle, peu importe ce que cela voulait dire. Dans deux ans. Non, ce n’est malheureusement pas si simple pour la nourriture, il y a des règles. Je ne peux pas en faire apparaître comme ça. Même pas du fish and chips, navrée.
J’enregistre toutes ces informations. J’accepte la règle, le refus et me rassieds sur ma chaise.
— Pourquoi vous n’êtes plus à la bibliothèque ?
Fiche PR - 5e année RP - 1m73