16 mai 2023, 17:18
La locomotive en sucre Alaric Burlingame
dimanche 12 avril 2048,
compartiment no.14
@Alaric Burlingame


La première fois que Sunday avait quitté ses parents pour rejoindre le Poudlard Express, il lui avait fallu toute sa détermination et son peu de courage pour réussir à activer ses articulations ankylosées par la peur de quitter sa famille. Il avait peiné à tourner le dos pour de bon à ses parents et avait manqué de laisser couler quelques larmes alors qu’il grimpait dans le train. La deuxième fois que Sunday quittait ses parents pour rejoindre le Poudlard Express, il n’avait pas pleuré mais avait exagérément traîné ses pieds au sol pour indiquer à qui voulait bien le regarder qu’il n’avait pas envie de retourner à Poudlard.
La troisième fois, elle, marquait un changement dans le comportement du Serpentard qui entra dans le wagon sans un regard pour ses parents, bien qu’il entendit la voix de sa mère au loin lui intimer de « Travaille bien ! », mots qui furent rapidement enfouit dans la cacophonie qui caractérisait chacune des rentrées à Poudlard : les parents s’émouvaient sur le quai mais les éclats de voix rieuses ou bagarreuses des élèves recouvraient tout le reste, laissant à Sunday le loisir de prendre connaissance de sa situation. Il était enfin de retour à Poudlard.

Pour toute personne qui avait échangé quelques paroles avec le garçon, savoir qu’il était « enfin » de retour était quelque chose de surprenant. En fait, on pouvait même se demander ce qu’on lui avait fait subir à East Linon pour qu’il soit pressé de rentrer au château. Si on lui avait posé la question, il aurait répondu « ma mère », suivi d’un long soupir exaspéré. Mais personne ne lui avait rien demandé, car comme à son habitude depuis qu’il était arrivé à l’école de magie, le garçon s’était isolé aussi vite que possible et avait coupé court à tout contact visuel avec les autres élèves sur le quai. Le brun n’était pas devenu solitaire, pourtant, et l’idée de passer autant de temps seul ne le réjouissait pas tant que ça, mais il avait pris la fâcheuse manie de rester seul lors de ces premiers mois à Poudlard et il était à présent compliqué de se départir de cette habitude pour une seule et bonne raison : la plupart des personnes autour de lui le voyaient comme quelqu’un qui aimait sa solitude. Le Serpentard avait une autre fâcheuse habitude, c’était celle de ne pas se soucier de ce qu’on pouvait penser de lui. Somme toute, il laissait planer sa réputation comme un nuage pluvieux au dessus de sa tête sans penser à ouvrir un parapluie pour s’en protéger.

Mais le Poudlard Express n’offrait généralement pas ce genre de solitude. Sunday avait jeté un coup d’œil dans chacun des compartiments qu’il croisait et ils étaient tous remplis de plusieurs joyeux sorciers. Arrivé au compartiment no,14, il jeta un coup d’œil et aperçut que le seul locataire était un Serpentard. Il se rappelait de son prénom et de son nom, et se rappelait aussi qu’il était en première année, ce qui était plus ou moins miraculeux compte tenu de sa propension à ne pas retenir l’identité de ses camarades. Le brun hésita un instant puis, à l’entente du départ du train, il décida finalement de s’aventurer dans le compartiment sans annoncer sa venue. Son camarade était occupé à regarder par la fenêtre, un livre sur les genoux, et il décida de glisser sa valise dans le porte-bagage sans un mot avant de s’asseoir lourdement sur la banquette opposée à celle d’Alaric, l’air de dire qu’il ne comptait pas se fatiguer à trouver un autre compartiment. Puis, parce qu’il ne souhaitait pas passer un voyage trop désagréable, il glissa le regard par la fenêtre à son tour, imitant son camarade, avant de faire la conversation d’une manière superficielle :
Le paysage sera plus beau quand on passera dans les Highlands, déclara-t-il d’une petite voix songeuse alors qu’il observait les corps se presser sur le quai par la fenêtre, les visages remplis d’une émotion que Sunday ne partageait pas cette fois-ci. Il n'avait qu'une hâte : que le chariot à friandises passe afin qu'il puisse dépenser ses maigres économies.


Dimanche (pour les intimes) — 1ère année RP, Promo Péliade — #374981

18 mai 2023, 03:01
La locomotive en sucre Alaric Burlingame
Il avait toujours adoré les voyages en train, qu'importe le temps de trajet ou même la destination, le train était définitivement son moyen de transport préféré. Son premier trajet dans le Poudlard Express avait été plutôt captivant, découvrir les paysages de l'Écosse avec la curiosité et l'impatience du commencement d'une nouvelle partie de sa vie lui avait remplit la tête d'une sorte de nuages de douceur. Et le fait que la plupart du temps, il se retrouvait tout seul à observer les divers horizons que pouvaient offrir la nature ne le gênait pas. Il s'y était habitué.

Le jeune garçon avait réussi à se trouver un compartiment vide, à sa plus grande joie, pour pouvoir passer au moins quelques instants seul. Il savait qu'il n'allait pas rester très longtemps seul après s'être assis, espérant tout de même que la ou les personnes qui finiront par trouver son sanctuaire de la solitude temporaire n'allaient pas être trop bruyantes.

Le livre qu'il avait sorti de son sac pour le trajet est le même que celui qu'il avait commencé lors de son dernier trajet dans le Poudlard Express, quand il y réfléchissait bien, il avait toujours fait cela : choisir un livre pour le lire à un moment précis et à un endroit précis. Une habitude qu'il avait vue son père faire tant de fois qu'elle avait finit imprégner dans son cerveau comme la sienne et il en était plutôt fier.

Alaric continua de regarder par la fenêtre, son livre ouvert sur ses genoux, il y avait tellement de gens sur le quai qu'il était plutôt difficile de distinguer les visages, puis il entendit la porte du compartiment s'ouvrir et décida de l'ignorer. C'est quand il entendit le nouvel occupant du compartiment no. 14 lui parler, qu'il décida finalement de tourner sa tête vers la personne qui s'était installé en face de lui.

C'est pas faux, la vue sur les collines est vraiment jolie depuis le train, j'aime bien, avoua-t-il d'une voix basse. Il rabaissa sa tête vers son livre, toujours ouvert à la page à laquelle il l'avait laissé, ayant trouvé l'activité de regarder le quai de la gare et les aléas des différentes personnes qui y passait un peu plus attrayante. Son marque-page se trouvait toujours posé à côté de lui, un peu délaisser.

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23 mai 2023, 14:43
La locomotive en sucre Alaric Burlingame
Finalement, la réponse du garçon le fit regretter d’avoir rejoint le compartiment. Pas parce que ses mots avaient été désagréables ou mal placés, pas non plus parce qu’il parlait trop fort et que ses paroles dérangeaient les pensées de Sunday — ce qui arrivait souvent — mais parce que leur tête-à-tête l’assommait de questions quant à la bienséance, domaine dans lequel le brun n’excellait pas. En réalité, depuis qu’il avait fait ses premiers pas à Poudlard, il s’était rendu ridicule plus d’une fois. Prendre conscience de ce fait l’avait mené à jouer l’équilibriste entre une perte de confiance en lui-même et un manque d’intérêt poussé par le fait qu’il jugeait qu’il n’était pas moins bien que n’importe qui d’autre. Sunday était un très bon funambule dans son psyché, ce qui contrastait avec la maladresse qui le caractérisait dans le monde physique, mais ces prises d’équilibre l’amenaient à un flou constant sur sa propre personne et sur ce qu’il voulait être aux yeux des autres, si bien que plus les semaines passaient au château, et plus sa vision de lui-même en tant qu’individu et en tant qu’être social devenait difficile à distinguer. Il n’était plus qu’une silhouette aux contours brumeux.
Aussi, le dialogue était compliqué pour le garçon qui ne savait ni ce qu’il voulait dire, ni ce qu’il ne souhaitait pas dire, et il se renfrogna dans un silence scrutateur alors qu’il jetait des regards à son camarade et à son livre. Il essaya de se réfugier dans son éducation pour trouver une solution à son problème mais s’aperçut qu’il n’avait aucune idée de ce que sa mère lui dirait de faire à cet instant ; elle avait tendance à l’enfermer dans un moule duquel il ne devait ni trop s’exprimer, ni pas assez, éviter la mention d’émotions personnelles mais ne pas paraître trop désintéressé. C’étaient là les directives qu’elle lui intimait de suivre plus ou moins directement, et c’étaient aussi là les consignes que Sunday peinait à suivre quand sa mère n’était pas là pour le reprendre tous les trois mots et pour lui montrer l’exemple. Il réalisa dans un silence mortifié l’impact que le comportement de sa génitrice avait sur lui, et à quel point les deux semaines de vacances avaient suffi à le replonger dans la complexité d’être quand il la voyait quotidiennement bien qu’il n’avait pas assez de recul pour y poser des mots matures et profonds. Il songea un moment à ce qu’il voulait faire sans parvenir à trouver une réponse et abandonna la réflexion, alors qu’il tâta sa poche, finalement distrait par son estomac.
Tu vas acheter des bonbons ? interrogea-t-il soudainement, la voix un peu trop forte — ce n’était pas caractéristique mais l’idée de manger des sucreries l’emplit d’une excitation qu’il exprimait habituellement peu —, avec l’espoir que le garçon se trouvait être plus riche que lui mais aussi d’une générosité particulière qui le pousserait à partager ses friandises avec lui.


Dimanche (pour les intimes) — 1ère année RP, Promo Péliade — #374981

11 juin 2023, 11:56
La locomotive en sucre Alaric Burlingame
Il avait fermé après avoir placé son marque-page à l'intérieur, voulant montrer sa complète attention face à son camarade de maison, son livre se trouver toujours ses genoux. Et maintenant que son camarade le mentionner, Alaric avait complétement oublier cette possibilité et son estomac lui faisait savoir son mécontentement.

Oh, oui ! Je ne sais pas quoi par contre, tu as une préférence toi ?

Ils allaient passer plusieurs heures ensemble dans ce compartiment, il valait mieux qu'Alaric fasse de son mieux pour tenir des petites conversations et essayer de ne pas rendre la situation inconfortable.

En soit, ce n'est pas trop difficile, mais même s'il arrive à passer par-dessus les conversations banales qui ont beaucoup chance d'apparaître, il n'est pas sûr de pouvoir passer plusieurs heures à discuter avec quelqu'un qu'il ne connaissait pas tant que ça et qui le trouvait ennuyeux. Rien qu'à cette idée, Alaric sentit sa main gauche se serrer autour de la reliure de son livre, il n'avait aucune envie de subir cela.

Ce genre de situation le rendait extrêmement nerveux, le jeune garçon pouvait souvent sentir son cœur se serrer à l'idée de se donner une mauvaise image face à quelqu'un qu'il ne connaissait pas ou très peu. Parfois, ses pensées ont tendance à s'emballer et il se retrouvait à stresser que tout le monde le voyaient d'une manière négative sans pour autant s'en rendre compte.

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12 juin 2023, 16:31
La locomotive en sucre Alaric Burlingame
Son interlocuteur lui répondit par l’affirmative, dessinant un sourire intéressé sur les lèvres de Sunday. Il espérait que son camarade partage son argent, mais quand bien même ce n’était pas le cas, il avait quand même quelqu’un à qui parler de friandises, et c’était un sujet infini ! D’autant plus que les sucreries étaient un art dans lequel les sorciers excellaient, bien qu’ils cultivaient tout de même certains goûts douteux pour les apparences peu appétissants. Complètement aveugle au malaise du garçon, Sunday se releva pour passer la tête par la porte du compartiment afin de voir si le chariot de Madame Réglisse mais ce n’était pas encore le cas et il se rassit avec l’impatience artificielle d’un enfant qui tente de jouer à l’adulte. Ses doigts tapotaient sur sa cuisse, avant qu’il se souvienne soudainement qu’il n’avait pas du tout répondu à Alaric, l’attention engloutie dans un torrent de pensées.

— Lesquelles je préfère ? TOUTES ! (Il marqua une pause) Enfin, toutes celles que j’ai goûtées… Bon, sans surprise les chocogrenouilles c’est quand même trop bien. Et les baguettes magiques à la réglisse, c'est pas très bon mais c'est marrant à mâcher. Et les plumes en sucre. Par contre, je t’avoue que je comprends pas la popularité des dragées surprises, les sorciers aiment l’idée de manger des poubelles ou quoi..?
Comme il était de coutume depuis son arrivée à Poudlard, Sunday ne manqua pas l’occasion pour critiquer les habitudes discutables des « sorciers » comme s’il ne faisait lui-même pas partie de cette communauté — c’était encore difficile à avaler, bien qu’il ne sentait pas moldu pour autant maintenant qu’il avait passé des mois dans une école où la magie et la fantaisie rythment les journées. Enfin, il adressa un regard interrogateur à son camarade, suivi d’un mouvement de la main en sa direction, l’air de dire « et toi ? » de manière muette.


Dimanche (pour les intimes) — 1ère année RP, Promo Péliade — #374981

6 juil. 2023, 21:46
La locomotive en sucre Alaric Burlingame
Alaric hocha la tête à sa réponse et se pencha légèrement en avant, montrant qu'il s'intéressait vraiment à la conversation maintenant.
Je suis d'accord avec toi ! J'ai du mal à comprendre l'intérêt de tout le monde par rapport aux dragées surprises, on est jamais sûr de ce qu'on va avoir comme goût et honnêtement ça ne me met pas en confiance du tout, il avoua avec un léger soupir et un sourire gêné.
Le goût de certaines friandises d'origine sorcière lui donnait souvent la chair de poule ou le dégoûtait tout simplement, le jeune garçon avait toujours eu des difficultés avec le mixte de la culture sorcière de sa mère et celle moldu de son père. Pourtant, même s'il se débrouille mieux quand il est question d'être ouvert aux différentes possibilités qui existent, il y a quelques aspects dont il ne réussira sûrement jamais à s'adapter.
Mais, si je devais vraiment choisir, je dirais les Fondants du Chaudron ! C'est vraiment l'une de mes confiseries préférées et je trouve aussi que c'est la moins bizarre en termes de goût, de mon point de vue en tout cas.
Alaric se sentit soudain un peu plus léger de pouvoir continuer cette conversation sans avoir à encore dire "Je ne sais pas", qui est sa réponse préférée en toute situation, qu'importe le sujet de conversation.

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