Eh bien parlons !
Lundi 06 avril 2048, vacances de Pâques
Début d'après-midi
Dans le jardin, domicile des Nelson
Le ciel bleu clair est parsemé de quelques nuages légers, passagers qui voguaient ici et là. Ceux-là, ce sont de vrais voyageurs. Prenant forme au-dessus des mers et voguant à travers le plafond céleste tout autour du globe.
En fond, j'entend vaguement une musique pas très forte provenant du salon. Papa cuisine un truc pour ce soir. Je tends l'oreille. Du jazz ? La mélodie portée par un saxophone confirme ma supposition et je replonge dans mon bouquin.
Assise paresseusement dans un gros pouf dans le jardin, je profite de l'air frais, limpide mais doux qui caresse ma peau. Maman est elle-même posée dans une chaise longue à côté de moi en train de remplir des mots croisés. De temps en temps, elle lève le nez, réfléchissant, tapotant son crayon papier contre son genou puis plonge tel un faucon sur sa proie sur sa grille. Ca m'amuse. C'est ce genre de détail qui remplisse la vie quotidienne. Une vie que j'ai quitté au profit de ma scolarité à Poudlard mais que je retrouve avec plaisir ensuite.
Cela fait un jour et demi que je suis rentrée de Poudlard, que j'ai quitté mes amis sorciers pour une semaine à Londres. J'ai prévu de retrouver Johann et Michael demain soir. On va se faire un ciné avec du pop corn. Il me tarde de les voir.
J'étais assez inquiète de prime abord vu ce qu'il s'est passé la dernière fois que je les ai vu. Mais... ce sont mes deux meilleurs amis et ils me manquent terriblement. Et j'ai physiquement besoin de les voir, de les serrer sur mon coeur. Savoir qu'ils vont bien malgré ce qu'il s'est passé. Voilà, je suis un mélange des deux : stressée à l'idée de les mettre en danger d'une quelconque façon et excitée à l'idée de les retrouver. Ils sont comme des frère et soeur pour moi.
Je les aurais bien vu plus tôt mais... Papa et Maman souhaitaient fêter mon anniversaire en famille ce samedi après mon arrivée - juste tous les trois. Une manière pour eux de s'assurer que je n'allais pas faire de bêtise en revoyant Michael et Johann. Et aujourd'hui, Granny et Grand-père arrivent de Brighton - pour repartir mercredi. Qu'est ce que j'en suis contente ! Mais j'ai quand même réussit à négocier de voir mes deux meilleurs amis demain soir. De toute façon, Granny et Grand-père ne m'en voudront pas, ils connaissent les deux zigotos depuis qu'ils sont petits et ils savent combien ils sont importants pour moi. Quant à Mamy et Papy - du côté de Papa - on les voit vendredi et samedi ! Eux aussi, je suis ravie de les retrouver.
En attendant que Granny et Grand-père arrivent, c'était devoirs et bouquinage au programme.
L'heure tourne, ils ne vont pas tarder.
- Un mot en 9 lettres : Peau de brebis ou de mouton préparée pour l'écriture, la peinture, la reliure, etc.
Je relève la tête et croise le regard de Maman qui me fixe avec un air amusé.
Je hausse les épaules.
- J'sais pas, du vélin ?
- En 9 lettres, chérie.
Je sourie et lève les yeux au ciel. Je réfléchis. Si Maman me regarde comme ça, c'est qu'elle a sûrement déjà trouvé mais qu'elle souhaite me faire participer. Donc, je suis censée connaître la réponse. "Peau de brebis ou de mouton préparée pour l'écriture, la peinture".
J'ai un mot qui s'impose et compte sur mes doigts puis :
- Parchemin ?
Maman écrit les lettres en silence puis :
- C'est tout bon, merci !
Je sourie et rebaisse les yeux vers mon ouvrage.
Maman et moi c'est... Maman et moi. Une relation mère-fille tout ce qu'il y a de plus normale à un détail près : un sujet de conversation me brûle les lèvres mais je sais qu'elle le redoute. Alors, on en parle pas et l'ambiance a légèrement changé entre nous. Mais elle reste ma Maman et elle souhaite maintenir ce lien qu'on avait avant. Tout comme moi, bien sûr.
Je la regarde, ses cheveux brun, l'ovale de son visage, ses longs cils bruns qui ombrent ses paupières. Ce que j'ai d'elle est la forme de son visage, ses pommettes, la forme de ses lèvres, le pli dans ses joues quand elle sourie. J'ai les yeux de Papa et la couleur de ses cheveux. Un chouette mélange comme dis Granny. Elle sent mon regard et relève ses yeux chocolat avec un air interrogateur. Je sourie et rebaisse les yeux sur mon livre.
Chapitre 8 - Le Garçon qui a Survécu.
5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's
Eh bien parlons !
La sonnerie de la porte d'entrée carillonne mais on ne l'entend pas du jardin avec le léger fond de jazz qui s'échappe de la porte donnant sur l'arrière. Si bien que tout ce que je perçois c'est un :
- Joyeux anniversaire ma chérie !!
Je relève brusquement la tête pour aviser la silhouette de ma chère Granny à quelques pas de moi, accompagnée de Grand-père et Papa.
Je pose précipitamment mon manuel d'Histoire de la Magie pour me lever d'un bond du profond pouf et me jeter dans leurs bras, sous les rires de mes grands-parents.
Après des embrassades chaleureuses et des "mais si si, tu as encore grandie !" et des "à ce rythme-là, tu vas bientôt dépasser ton père" - alors qu'entre nous, j'ai encore de la marge - on s'installe autour de la table basse du jardin. Papa et Maman s'esquive à la cuisine pour aller chercher de quoi nous sustenter et du thé.
Mes yeux brillent de joie et de tendresse alors qu'ils se posent sur Granny et Grand-père et tout stress, toute inquiétude ou autre quittent mon corps tandis que je réponds avec enthousiasme à la multitude de questions qui me submerge. Oui, ça va, je m'en sors avec les révisions que je viens de commencer. Oui, on a eu beau temps en Ecosse. Oui, je les vois demain soir et j'ai hâte. Oui, j'ai lu tel livre. Oui, l'école, ça se passe bien. Oui, je rentre dimanche. Oui, j'ai fêté mon anniversaire avec mes amis sorciers dans le train destination Londres. Non, c'était une surprise de leur part.
Finalement, Maman et Papa arrive avec du Earl Grey, des tasses, du sucre, du lait et du cake.
Ils restent silencieux le temps que je finisse de répondre aux diverses questions, s'occupant du service.
La conversation reprend ensuite sur le programme de ce qu'on va faire jusqu'au départ de Granny et Grand-Père. Balades à Hyde Park, Regent Park, restaurant etc...
- Et vous allez voir quel film demain ? demande Granny.
- Un film d'action avec cet acteur, tu sais, celui qui a joué dans le film avec l'avion de chasse... tu vois ?
- Tom Cruise ?
- Oui, c'est ça ! J'ai regardé la bande annonce hier, ça a l'air chouette.
- Il a plutôt bien vieilli, lui... plaisante Granny en regardant par en-dessous Maman qui lève les yeux au ciel en souriant.
Je hausse les épaules tandis que Grand-père fait mine de s'offusquer.
- Et il y a Keira Knightley dans ton film ? tente Grand-père en lorgnant vers Granny qui éclate de rire.
- Ppptt ! J'sais pas, j'crois pas...
On continue de discuter de tout et de rien et ils m'offrent leurs cadeaux d'anniversaire pour mes 13 ans : un joli pendentif représentant une tête de cheval avec sa fine chaîne en argent et trois places pour aller à un parc d'attraction avec Johann et Michael. Les deux m'émeuvent et je les serre fort tous les deux contre moi.
- Merci, merci, merci !!
Alors que Papa et Grand-père montaient à l'étage les petits bagages qu'ils avaient laissé dans l'entrée, Maman me laisse seule avec Granny tandis qu'elle part reposer le service à thé en cuisine.
C'est alors que Granny sort de son sac une boîte cartonnée et me la tend.
- Tiens, Constance.
Je la regarde, sans comprendre.
- Ouvre.
J'obéis en silence, me demandant quel énième cadeau Granny a pu si généreusement me faire et...
Oh.
Des photos, pleins de photos. Et quelques lettres manuscrites.
- Qu'est ce que c'est ?
La voix de Maman me fait revenir à la réalité. Elle se tient là, devant nous. Un air intrigué sur le visage. Je déglutis et cherche le regard de Granny qui est figée. Seul ses yeux bougent pour fixer Maman. Puis ses lèvres.
- Rien. Rien de particulier. Quelques photos que j'ai trouvé.
- Des photos ?
Je ne sais que dire et referme la boîte, croisant mes mains dessus, comme pour empêcher Maman de me la retirer.
- Des photos ? répète Maman.
Granny a un air embêté qui passe fugacement sur son visage tandis que son regard fait un aller-retour entre Maman et moi puis elle lâche d'un air nonchalant :
- Oui des photos. Juste des photos. Ce n'est rien, que des...
- Broutilles ? termine Maman en fronçant les sourcils.
Elle franchit la distance qui nous sépare et s'assoit.
- Qui est sur ces photos, Maman ?
Toujours silencieuse, j'observe la scène, mal à l'aise. Un échange silencieux se passe entre ma mère et sa propre mère. Juste leurs regards. Maman sait très bien de quoi il s'agit. Elle sait très bien ce que contient cette boîte.
C'est ma faute, tout ça. Avec Granny, on a échangé par hibou et j'ai peut être bien fini par lui demander des photos de... de Judith. J'ai une soif de savoir qui se cache derrière ce nom. J'ai envie de la connaître. J'ai envie de savoir si elle est toujours vivante. Oui, j'ai envie de la retrouver. Mais avant cela, je dois apprendre qui elle était avant de disparaître de la circulation. Et depuis, l'été dernier, ce fameux jour dans le jardin près de Brighton où j'avais obtenu l'accord de Granny d'avoir davantage d'informations, depuis, le temps s'était accéléré et je n'avais pas eu l'occasion d'approfondir mes recherches. Puis l'événement à Noël avec Johann et Michael s'est produit et... Bref, tout s'est un peu mélangé dans ma tête.
Et là, Granny - qui n'avait pas oublié - venait de m'apporter une boîte renfermant des données. Des données importantes. Une vraie petite boîte aux trésors.
Mais je ne dis rien. C'est Granny qui fini par rompre le silence pesant qui s'est formé entre nous trois. Ses yeux plantés dans ceux de Maman, elle finit par articuler :
- Elle a le droit de savoir Mary. Elle a le droit de la connaître.
- De la connaître ? De la connaître ? Tout ça, c'est derrière nous, d'accord ? Derrière nous. De quel droit tu te permets de mettre ce pavé sur la table ? Constance est ma fille.
- Maman, c'est pas sa faute, c'est moi d'acc...
Une main se lève à mon intention. Granny garde les yeux vrillés dans ceux de Maman. Elle baisse sa main et je garde le silence, l'estomac étrangement lourd.
- Mary, écoute-moi bien : elle est ta soeur, d'accord, mais elle est avant tout ma fille. Et par la même occasion, sa tante.
5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
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- Joyeux anniversaire ma chérie !!
Je relève brusquement la tête pour aviser la silhouette de ma chère Granny à quelques pas de moi, accompagnée de Grand-père et Papa.
Je pose précipitamment mon manuel d'Histoire de la Magie pour me lever d'un bond du profond pouf et me jeter dans leurs bras, sous les rires de mes grands-parents.
Après des embrassades chaleureuses et des "mais si si, tu as encore grandie !" et des "à ce rythme-là, tu vas bientôt dépasser ton père" - alors qu'entre nous, j'ai encore de la marge - on s'installe autour de la table basse du jardin. Papa et Maman s'esquive à la cuisine pour aller chercher de quoi nous sustenter et du thé.
Mes yeux brillent de joie et de tendresse alors qu'ils se posent sur Granny et Grand-père et tout stress, toute inquiétude ou autre quittent mon corps tandis que je réponds avec enthousiasme à la multitude de questions qui me submerge. Oui, ça va, je m'en sors avec les révisions que je viens de commencer. Oui, on a eu beau temps en Ecosse. Oui, je les vois demain soir et j'ai hâte. Oui, j'ai lu tel livre. Oui, l'école, ça se passe bien. Oui, je rentre dimanche. Oui, j'ai fêté mon anniversaire avec mes amis sorciers dans le train destination Londres. Non, c'était une surprise de leur part.
Finalement, Maman et Papa arrive avec du Earl Grey, des tasses, du sucre, du lait et du cake.
Ils restent silencieux le temps que je finisse de répondre aux diverses questions, s'occupant du service.
La conversation reprend ensuite sur le programme de ce qu'on va faire jusqu'au départ de Granny et Grand-Père. Balades à Hyde Park, Regent Park, restaurant etc...
- Et vous allez voir quel film demain ? demande Granny.
- Un film d'action avec cet acteur, tu sais, celui qui a joué dans le film avec l'avion de chasse... tu vois ?
- Tom Cruise ?
- Oui, c'est ça ! J'ai regardé la bande annonce hier, ça a l'air chouette.
- Il a plutôt bien vieilli, lui... plaisante Granny en regardant par en-dessous Maman qui lève les yeux au ciel en souriant.
Je hausse les épaules tandis que Grand-père fait mine de s'offusquer.
- Et il y a Keira Knightley dans ton film ? tente Grand-père en lorgnant vers Granny qui éclate de rire.
- Ppptt ! J'sais pas, j'crois pas...
On continue de discuter de tout et de rien et ils m'offrent leurs cadeaux d'anniversaire pour mes 13 ans : un joli pendentif représentant une tête de cheval avec sa fine chaîne en argent et trois places pour aller à un parc d'attraction avec Johann et Michael. Les deux m'émeuvent et je les serre fort tous les deux contre moi.
- Merci, merci, merci !!
***
Alors que Papa et Grand-père montaient à l'étage les petits bagages qu'ils avaient laissé dans l'entrée, Maman me laisse seule avec Granny tandis qu'elle part reposer le service à thé en cuisine.
C'est alors que Granny sort de son sac une boîte cartonnée et me la tend.
- Tiens, Constance.
Je la regarde, sans comprendre.
- Ouvre.
J'obéis en silence, me demandant quel énième cadeau Granny a pu si généreusement me faire et...
Oh.
Des photos, pleins de photos. Et quelques lettres manuscrites.
- Qu'est ce que c'est ?
La voix de Maman me fait revenir à la réalité. Elle se tient là, devant nous. Un air intrigué sur le visage. Je déglutis et cherche le regard de Granny qui est figée. Seul ses yeux bougent pour fixer Maman. Puis ses lèvres.
- Rien. Rien de particulier. Quelques photos que j'ai trouvé.
- Des photos ?
Je ne sais que dire et referme la boîte, croisant mes mains dessus, comme pour empêcher Maman de me la retirer.
- Des photos ? répète Maman.
Granny a un air embêté qui passe fugacement sur son visage tandis que son regard fait un aller-retour entre Maman et moi puis elle lâche d'un air nonchalant :
- Oui des photos. Juste des photos. Ce n'est rien, que des...
- Broutilles ? termine Maman en fronçant les sourcils.
Elle franchit la distance qui nous sépare et s'assoit.
- Qui est sur ces photos, Maman ?
Toujours silencieuse, j'observe la scène, mal à l'aise. Un échange silencieux se passe entre ma mère et sa propre mère. Juste leurs regards. Maman sait très bien de quoi il s'agit. Elle sait très bien ce que contient cette boîte.
C'est ma faute, tout ça. Avec Granny, on a échangé par hibou et j'ai peut être bien fini par lui demander des photos de... de Judith. J'ai une soif de savoir qui se cache derrière ce nom. J'ai envie de la connaître. J'ai envie de savoir si elle est toujours vivante. Oui, j'ai envie de la retrouver. Mais avant cela, je dois apprendre qui elle était avant de disparaître de la circulation. Et depuis, l'été dernier, ce fameux jour dans le jardin près de Brighton où j'avais obtenu l'accord de Granny d'avoir davantage d'informations, depuis, le temps s'était accéléré et je n'avais pas eu l'occasion d'approfondir mes recherches. Puis l'événement à Noël avec Johann et Michael s'est produit et... Bref, tout s'est un peu mélangé dans ma tête.
Et là, Granny - qui n'avait pas oublié - venait de m'apporter une boîte renfermant des données. Des données importantes. Une vraie petite boîte aux trésors.
Mais je ne dis rien. C'est Granny qui fini par rompre le silence pesant qui s'est formé entre nous trois. Ses yeux plantés dans ceux de Maman, elle finit par articuler :
- Elle a le droit de savoir Mary. Elle a le droit de la connaître.
- De la connaître ? De la connaître ? Tout ça, c'est derrière nous, d'accord ? Derrière nous. De quel droit tu te permets de mettre ce pavé sur la table ? Constance est ma fille.
- Maman, c'est pas sa faute, c'est moi d'acc...
Une main se lève à mon intention. Granny garde les yeux vrillés dans ceux de Maman. Elle baisse sa main et je garde le silence, l'estomac étrangement lourd.
- Mary, écoute-moi bien : elle est ta soeur, d'accord, mais elle est avant tout ma fille. Et par la même occasion, sa tante.
5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's
Eh bien parlons !
Vous voyez le genre de moment douloureux que vous repoussez encore et toujours parce que la personne qui est concernée par le sujet ne veut vraiment pas en entendre parler parce que cela lui fait trop de peine et cette personne, elle compte beaucoup genre vraiment beaucoup pour vous ?
Bah voilà, c'est pile ce genre de moment que je vis maintenant. Et cette personne, c'est ma mère.
Tout d'un coup, comme si j'avais avalé un marteau ou une masse, j'assistais impuissante à la joute verbale entre Maman et Granny. Le truc qui n'arrivait jamais, genre... jamais. En fait, je n'avais jamais au grand jamais vu Maman se fâcher comme ça et je n'avais jamais vu Granny avec cet air aussi grave.
Et tout ça, c'était de ma faute. Tout ça parce que je souhaitais découvrir, mettre la lumière sur le passé. En gros, je tentais de remuer quelque chose qui était enfoui jusque là et maintenant, je faisais face aux conséquences.
Alors que Granny prononçait ces derniers-mots, Papa et Grand-père reviennent de l'étage. J'me demande ce qu'ils ont fichu là haut qui leur a pris tellement de temps.
Quand ils arrivent, ils doivent percevoir la tension dans l'air car ils s'arrêtent net et comme des robots, tournent la tête de part et d'autre, comme si en faisant cela ils allaient pouvoir analyser la situation comme il faut.
- Mary, tout va bien ? demande Papa sans pour autant bouger d'un centimètre.
Maman ne répond pas. Par contre, elle croise brusquement les bras sur sa poitrine. Ca en serait presque comique mais je ne ris pas. Non non, je ne suis pas suicidaire non plus. Par contre, bien que mon cerveau turbine à la limite de la surchauffe pour trouver un plan pour calmer la situation, mes doigts sont crispés sur les montants de la boîte, toujours posée sur mes genoux.
- Constance, commence Grand-père lentement, qu'as tu sur les genoux ?
Comment mettre les pieds dans le plat, hein ?
Je lui lance un regard inquiet et secoue doucement la tête - comme si la secouer plus fort pouvait effrayer l'une des deux femmes assises près de moi.
Grand-père et Papa froncent les sourcils.
- Bon, qu'est ce qui se passe ici ?
- Il se passe que Mary a oubliée que Judith sa soeur est aussi ma fille, notre fille, et que j'ai donc le droit de disposer des affaires de celle-ci.
- Bien, bien, tu veux disposer de ses affaires ? Comme tu veux, mais pas ici. Pas dans ma maison.
- Chérie, calme toi, veux tu ? intervient Papa.
- Pete, reste en dehors de ça, articule Maman à travers ses dents serrées, son regard toujours planté dans celui de Granny.
C'est Grand-père qui soupire, provoquant un bruit comme un ballon de baudruche qui détourne l'attention comme si ce simple bruit avait eu le don d'alléger un tant soit peu l'atmosphère.
- Mary, s'il-te-plaît, ne rends pas les choses plus difficiles.
- Que je ne rende pas les...
- Tu as bien entendu, répond platement Grand-père. On a tous souffert de l'absence de nouvelles brutale de Judith. On s'est tous inquiété. Pas que toi. Nous sommes vos parents et...
Il s'avance et vient se poster aux côtés de Granny, posant une main sur son épaule. Celle-ci s'affaisse alors comme si la tristesse qu'elle retenait depuis longtemps gagnait soudainement du terrain.
- Et nous vous avons aimé autant qu'on en était capable et on continuera de le faire jusqu'à notre dernier souffle. Et même après. On ne sait pas ce qui est arrivé mais voilà que cela fait bientôt 15 ans qu'on n'a plus de nouvelles, qu'on ne sait pas si elle est heureuse, si elle va bien, si elle est même seulement en vie.
C'est comme si un étau me comprime la poitrine, encore et encore et encore. Je me rends compte que je me suis mise en apnée et j'écarte alors un peu les lèvres pour permettre à mon corps d'aspirer un mince filet d'air vital. Je lève les yeux vers le visage de Maman et je me sens plus mal que jamais.
Les yeux embués, elle fixe Grand-père d'un air fâché, d'un air triste, d'un air... Je frissonne et croise le regard de Papa qui s'est rapproché silencieusement de Maman.
Doucement, très doucement, il pose un bras se voulant réconfortant autour de Maman qui l'ignore superbement.
- Tu crois que je ne suis pas au courant de tout cela ? J'étais aux premières loges moi aussi ! crache-t-elle avec une voix empreinte de douleur. Et je refuse de revivre cela. Pourquoi veux-tu revivre cela ? dit-elle à l'intention de Granny qui la regarde avec un air grave.
- Parce que l'on ne sait pas, Mary. On ne sait pas si elle est vivante ou non. Pourquoi faire comme si elle était morte ? Si. C'est ce que l'on fait en refusant de parler d'elle, continue-t-elle en empêchant Maman de rétorquer quoi que ce soit. A l'époque, on a fait notre possible pour découvrir la vérité. Savoir, c'est tout ce que je souhaitais. Ma fille était elle en bonne santé ? Tout simplement en vie ? Ce fut un vrai calvaire, une montagne d'inquiétudes. Mais au bout de quelques années, le chagrin a laissé place à quelque chose d'autre. De la... mélancolie, peut être. Parce qu'au fond de moi, je refusais l'idée qu'elle soit morte, prononce-t-elle d'une voix assurée mais sans crier. Tant qu'on pense à elle, une partie d'elle est avec nous. Une partie d'elle, Mary. En chacun de nous, nous avons une partie d'elle. Même Constance. Et Constance, ta fille, a le droit de savoir elle aussi. Elles ont plus qu'un lien de parenté en commun. Elles...
Maman secoue la tête, une larme s'échappe de son contrôle et roule sur sa joue. Immédiatement, atterée, je bondis sur mes pieds, pose la boîte et m'approche d'elle.
- Maman, s'il te plaît. S'il te plaît Maman, ne pleure pas. Je suis désolée Maman. Je ne voulais pas te faire autant de peine. Je...
Ma main se pose sur son avant-bras et je croise son regard embué. Elle secoue la tête en silence, trop pleine de chagrin pour répondre et baisse les yeux, sa main recouvrant la mienne.
- Ce n'est pas la faute de Granny, je te promet, continuais-je, encouragée par son silence. C'est moi. C'est moi qui a posé des questions, qui lui ai demandé si elle avait des photos et... (soupir) Maman, je pourrais peut être la retrouver, dis-je comme dans un chuchotement. Découvrir ce qu'il s'est réellement passé.
Un rire sans joie s'échappe de Maman.
- Et qu'est ce qui te fais croire ça ? Tu es sûrement pleine de bonnes intentions, ma chérie, mais remuer le passé n'est pas généralement très bon.
- J'ai besoin de savoir qui elle était, répondis-je simplement alors que je me sens glacée par ses mots. Je sais que tu es blessée et je suis désolée de "remuer le couteau dans la plaie" car j'imagine que c'est ça que tu as l'impression que je fais mais j'ai ce... besoin de découvrir la vérité. Et j'espère que tu comprendras pourquoi. Elle fait partie de mes racines, si j'ose dire.
Maman ne répond rien, elle se dégage doucement de l'étreinte de Papa et s'assoie sur la chaise longue, les yeux baissés sur ses doigts. Je retiens à nouveau mon souffle, regarde tour à tour Papa qui a cet air si triste, Grand-père et Granny qui semblent chamboulés et Maman qui semble... prostrée.
Je m'assoie près d'elle et pose à nouveau une main sur les siennes. Je serre ses doigts dans une pression que j'espère compréhensive, attendant un signe de sa part. Est-elle fâchée après moi ? Ou juste après la vie qui l'a séparé de sa soeur des dizaines d'années plus tôt ? Ou les deux ?
- Maman, chuchotais-je. Ne m'en veux pas, ne nous en veux pas. On t'aime. Je t'aime. Très fort.
5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's
Bah voilà, c'est pile ce genre de moment que je vis maintenant. Et cette personne, c'est ma mère.
Tout d'un coup, comme si j'avais avalé un marteau ou une masse, j'assistais impuissante à la joute verbale entre Maman et Granny. Le truc qui n'arrivait jamais, genre... jamais. En fait, je n'avais jamais au grand jamais vu Maman se fâcher comme ça et je n'avais jamais vu Granny avec cet air aussi grave.
Et tout ça, c'était de ma faute. Tout ça parce que je souhaitais découvrir, mettre la lumière sur le passé. En gros, je tentais de remuer quelque chose qui était enfoui jusque là et maintenant, je faisais face aux conséquences.
Alors que Granny prononçait ces derniers-mots, Papa et Grand-père reviennent de l'étage. J'me demande ce qu'ils ont fichu là haut qui leur a pris tellement de temps.
Quand ils arrivent, ils doivent percevoir la tension dans l'air car ils s'arrêtent net et comme des robots, tournent la tête de part et d'autre, comme si en faisant cela ils allaient pouvoir analyser la situation comme il faut.
- Mary, tout va bien ? demande Papa sans pour autant bouger d'un centimètre.
Maman ne répond pas. Par contre, elle croise brusquement les bras sur sa poitrine. Ca en serait presque comique mais je ne ris pas. Non non, je ne suis pas suicidaire non plus. Par contre, bien que mon cerveau turbine à la limite de la surchauffe pour trouver un plan pour calmer la situation, mes doigts sont crispés sur les montants de la boîte, toujours posée sur mes genoux.
- Constance, commence Grand-père lentement, qu'as tu sur les genoux ?
Comment mettre les pieds dans le plat, hein ?
Je lui lance un regard inquiet et secoue doucement la tête - comme si la secouer plus fort pouvait effrayer l'une des deux femmes assises près de moi.
Grand-père et Papa froncent les sourcils.
- Bon, qu'est ce qui se passe ici ?
- Il se passe que Mary a oubliée que Judith sa soeur est aussi ma fille, notre fille, et que j'ai donc le droit de disposer des affaires de celle-ci.
- Bien, bien, tu veux disposer de ses affaires ? Comme tu veux, mais pas ici. Pas dans ma maison.
- Chérie, calme toi, veux tu ? intervient Papa.
- Pete, reste en dehors de ça, articule Maman à travers ses dents serrées, son regard toujours planté dans celui de Granny.
C'est Grand-père qui soupire, provoquant un bruit comme un ballon de baudruche qui détourne l'attention comme si ce simple bruit avait eu le don d'alléger un tant soit peu l'atmosphère.
- Mary, s'il-te-plaît, ne rends pas les choses plus difficiles.
- Que je ne rende pas les...
- Tu as bien entendu, répond platement Grand-père. On a tous souffert de l'absence de nouvelles brutale de Judith. On s'est tous inquiété. Pas que toi. Nous sommes vos parents et...
Il s'avance et vient se poster aux côtés de Granny, posant une main sur son épaule. Celle-ci s'affaisse alors comme si la tristesse qu'elle retenait depuis longtemps gagnait soudainement du terrain.
- Et nous vous avons aimé autant qu'on en était capable et on continuera de le faire jusqu'à notre dernier souffle. Et même après. On ne sait pas ce qui est arrivé mais voilà que cela fait bientôt 15 ans qu'on n'a plus de nouvelles, qu'on ne sait pas si elle est heureuse, si elle va bien, si elle est même seulement en vie.
C'est comme si un étau me comprime la poitrine, encore et encore et encore. Je me rends compte que je me suis mise en apnée et j'écarte alors un peu les lèvres pour permettre à mon corps d'aspirer un mince filet d'air vital. Je lève les yeux vers le visage de Maman et je me sens plus mal que jamais.
Les yeux embués, elle fixe Grand-père d'un air fâché, d'un air triste, d'un air... Je frissonne et croise le regard de Papa qui s'est rapproché silencieusement de Maman.
Doucement, très doucement, il pose un bras se voulant réconfortant autour de Maman qui l'ignore superbement.
- Tu crois que je ne suis pas au courant de tout cela ? J'étais aux premières loges moi aussi ! crache-t-elle avec une voix empreinte de douleur. Et je refuse de revivre cela. Pourquoi veux-tu revivre cela ? dit-elle à l'intention de Granny qui la regarde avec un air grave.
- Parce que l'on ne sait pas, Mary. On ne sait pas si elle est vivante ou non. Pourquoi faire comme si elle était morte ? Si. C'est ce que l'on fait en refusant de parler d'elle, continue-t-elle en empêchant Maman de rétorquer quoi que ce soit. A l'époque, on a fait notre possible pour découvrir la vérité. Savoir, c'est tout ce que je souhaitais. Ma fille était elle en bonne santé ? Tout simplement en vie ? Ce fut un vrai calvaire, une montagne d'inquiétudes. Mais au bout de quelques années, le chagrin a laissé place à quelque chose d'autre. De la... mélancolie, peut être. Parce qu'au fond de moi, je refusais l'idée qu'elle soit morte, prononce-t-elle d'une voix assurée mais sans crier. Tant qu'on pense à elle, une partie d'elle est avec nous. Une partie d'elle, Mary. En chacun de nous, nous avons une partie d'elle. Même Constance. Et Constance, ta fille, a le droit de savoir elle aussi. Elles ont plus qu'un lien de parenté en commun. Elles...
Maman secoue la tête, une larme s'échappe de son contrôle et roule sur sa joue. Immédiatement, atterée, je bondis sur mes pieds, pose la boîte et m'approche d'elle.
- Maman, s'il te plaît. S'il te plaît Maman, ne pleure pas. Je suis désolée Maman. Je ne voulais pas te faire autant de peine. Je...
Ma main se pose sur son avant-bras et je croise son regard embué. Elle secoue la tête en silence, trop pleine de chagrin pour répondre et baisse les yeux, sa main recouvrant la mienne.
- Ce n'est pas la faute de Granny, je te promet, continuais-je, encouragée par son silence. C'est moi. C'est moi qui a posé des questions, qui lui ai demandé si elle avait des photos et... (soupir) Maman, je pourrais peut être la retrouver, dis-je comme dans un chuchotement. Découvrir ce qu'il s'est réellement passé.
Un rire sans joie s'échappe de Maman.
- Et qu'est ce qui te fais croire ça ? Tu es sûrement pleine de bonnes intentions, ma chérie, mais remuer le passé n'est pas généralement très bon.
- J'ai besoin de savoir qui elle était, répondis-je simplement alors que je me sens glacée par ses mots. Je sais que tu es blessée et je suis désolée de "remuer le couteau dans la plaie" car j'imagine que c'est ça que tu as l'impression que je fais mais j'ai ce... besoin de découvrir la vérité. Et j'espère que tu comprendras pourquoi. Elle fait partie de mes racines, si j'ose dire.
Maman ne répond rien, elle se dégage doucement de l'étreinte de Papa et s'assoie sur la chaise longue, les yeux baissés sur ses doigts. Je retiens à nouveau mon souffle, regarde tour à tour Papa qui a cet air si triste, Grand-père et Granny qui semblent chamboulés et Maman qui semble... prostrée.
Je m'assoie près d'elle et pose à nouveau une main sur les siennes. Je serre ses doigts dans une pression que j'espère compréhensive, attendant un signe de sa part. Est-elle fâchée après moi ? Ou juste après la vie qui l'a séparé de sa soeur des dizaines d'années plus tôt ? Ou les deux ?
- Maman, chuchotais-je. Ne m'en veux pas, ne nous en veux pas. On t'aime. Je t'aime. Très fort.
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Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's
Eh bien parlons !
J'ai l'impression que le silence qui traîne entre nous dure un long moment alors que juste une poignée de secondes s'est écoulée. Maman finit par renifler et s'essuie prestement les yeux tout en se redressant. Elle nous regarde avec une certaine lueur dans le regard et je reste silencieuse, les miens cherchant invariablement une réponse dans cet océan de chocolat.
- Si tu savais Constance, combien ça a été dur... commence-t-elle avant de soupirer. Non seulement je ne veux pas revivre cela - l'attente, l'espoir déchu, le manque, la crainte... - mais je ne veux pas non plus que tu passes par là. Tu es tellement jeune...
Ses yeux, tandis qu'elle parle, effleure mon visage telle une caresse et je penche la tête comme acceptant son regard ; le mien la suppliant de comprendre mon point de vue.
Car j'entends le sien et je comprends - bien que je ne sois pas passée "par là" comme elle dit - qu'elle a dû très mal le vivre : l'arrêt soudain de tous échanges avec sa soeur. Plus aucun signe de vie. Déjà que la scolarité de Judith à Poudlard a mis une certaine distance entre elles - comme me l'a expliqué Granny l'été dernier - alors une perte totale de tout échange a dû être très dur à digérer. Sans parler du fait qu'elle et leurs parents n'en connaissent pas la raison. Judith a-t-elle voulu couper les ponts pour une raison x ou y ? A-t-elle eu un accident ? est-elle décédée ? a-t-elle été kidnappée par des moldus anti-sorciers ? Ou par des gens bizarres ? Un tueur en série ?
C'est vrai que l'imagination peut partir loin dans ces cas-là.
Et puis, si je me mets à sa place, je n'ai peut être pas de Judith mais j'ai Michael et Johann qui sont comme des frère et soeur pour moi. Notre séparation l'an dernier a été dure à digérer - même si moins dure que l'oubliettage à Noël dernier - alors je n'ose imaginer ce que je ressentirai si l'un deux venait à partir en Europe de l'Est et du jour au lendemain ne donnait plus aucune nouvelle ! J'aurais été morte d'inquiétude !
Dans mes pensées, je n'ai rien répondu, je me contente de regarder Maman et serre sa main.
- J'ose imaginer Maman... et je comprends quand tu dis que ça été vraiment compliqué à digérer... mais j'aimerais que tu comprennes combien c'est important pour moi de découvrir qui est Judith et ce qu'elle est devenue. Après tout, toutes les deux, comme Granny a dit on a plus qu'un lien de parenté !
Je ne dis rien de plus, on sait tous de quoi je parle et après tout, on est dans le jardin - alors au cas où que des voisins soient dans le leur... J'ai retenu la leçon après Noël dernier : on n'est jamais trop prudent.
Je ne sais pas ce qu'il se passe sous le crâne de Maman mais elle finit par soupirer une nouvelle fois et baisse son regard vers nos doigts enlacés.
- Moi aussi je t'aime ma Constance. Ce que tu es bornée parfois ! Un léger sourire tendre se dessine au coin de ses lèvres. On dirait ton père.
- Je dois prendre ça comme un compliment ?
Un simple regard vers ce-dernier et elle reporte son attention vers moi :
- Si c'est si important pour toi de découvrir qui elle était... Alors soit. Mais... ne m'en veux pas je... je ne suis pas encore prête à vivre cela de nouveau.
Je la regarde un peu perplexe. Qu'entend-t-elle par "vivre cela de nouveau" ?
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- L'espoir. L'espoir, l'attente, les plans sur la comète puis la déception, répond-t-elle simplement.
Sur ces derniers mots, elle se lève et après un dernier regard vers Granny et Grand-père puis vers Papa, elle rentre dans la maison.
- Pete, prononce Grand-père d'une voix lasse, je crois qu'elle a besoin d'être un peu seule... dit-il alors que Papa esquisse un pas vers la maison.
- Je refuse de la laisser seule avec sa tristesse une minute de plus, prononce Papa d'un air triste et déterminé à la fois. Je reviens.
Puis, il entre dans la maison à son tour. Me laissant seule dans mes pensées et une vague de tristesse et de lassitude qui menace de me submerger.
- Il faut qu'on lui laisse davantage de temps, tente de temporiser Grand-Père à l'intention de Granny.
- Du temps, elle en a eu à revendre.
Soupir de la part de Grand-père et je tourne enfin la tête vers eux :
- Je m'excuse. Je suis désolée d'avoir causé tant de peine. Ce n'était pas, ce n'était pas ce que je voulais. Je voulais juste...
- Découvrir la vérité ? sourit tristement Granny avant de continuer d'une voix lasse : Ta persévérance est une qualité, Constance. Ce n'est pas cela qui nous cause tant de peine. C'est la brutalité de la situation que nous avons enfoui en nous et qui remonte après toutes ces années. Tu n'y peux rien, mais ce jour où tu as reçu cette lettre, tout a basculé.
Elle se lève et lisse du plat de ses mains à la peau si fine le plat de son pantalon.
- Garde-la, dit-elle en désignant la boîte du menton. J'espère que tu y trouveras des réponses.
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- Si tu savais Constance, combien ça a été dur... commence-t-elle avant de soupirer. Non seulement je ne veux pas revivre cela - l'attente, l'espoir déchu, le manque, la crainte... - mais je ne veux pas non plus que tu passes par là. Tu es tellement jeune...
Ses yeux, tandis qu'elle parle, effleure mon visage telle une caresse et je penche la tête comme acceptant son regard ; le mien la suppliant de comprendre mon point de vue.
Car j'entends le sien et je comprends - bien que je ne sois pas passée "par là" comme elle dit - qu'elle a dû très mal le vivre : l'arrêt soudain de tous échanges avec sa soeur. Plus aucun signe de vie. Déjà que la scolarité de Judith à Poudlard a mis une certaine distance entre elles - comme me l'a expliqué Granny l'été dernier - alors une perte totale de tout échange a dû être très dur à digérer. Sans parler du fait qu'elle et leurs parents n'en connaissent pas la raison. Judith a-t-elle voulu couper les ponts pour une raison x ou y ? A-t-elle eu un accident ? est-elle décédée ? a-t-elle été kidnappée par des moldus anti-sorciers ? Ou par des gens bizarres ? Un tueur en série ?
C'est vrai que l'imagination peut partir loin dans ces cas-là.
Et puis, si je me mets à sa place, je n'ai peut être pas de Judith mais j'ai Michael et Johann qui sont comme des frère et soeur pour moi. Notre séparation l'an dernier a été dure à digérer - même si moins dure que l'oubliettage à Noël dernier - alors je n'ose imaginer ce que je ressentirai si l'un deux venait à partir en Europe de l'Est et du jour au lendemain ne donnait plus aucune nouvelle ! J'aurais été morte d'inquiétude !
Dans mes pensées, je n'ai rien répondu, je me contente de regarder Maman et serre sa main.
- J'ose imaginer Maman... et je comprends quand tu dis que ça été vraiment compliqué à digérer... mais j'aimerais que tu comprennes combien c'est important pour moi de découvrir qui est Judith et ce qu'elle est devenue. Après tout, toutes les deux, comme Granny a dit on a plus qu'un lien de parenté !
Je ne dis rien de plus, on sait tous de quoi je parle et après tout, on est dans le jardin - alors au cas où que des voisins soient dans le leur... J'ai retenu la leçon après Noël dernier : on n'est jamais trop prudent.
Je ne sais pas ce qu'il se passe sous le crâne de Maman mais elle finit par soupirer une nouvelle fois et baisse son regard vers nos doigts enlacés.
- Moi aussi je t'aime ma Constance. Ce que tu es bornée parfois ! Un léger sourire tendre se dessine au coin de ses lèvres. On dirait ton père.
- Je dois prendre ça comme un compliment ?
Un simple regard vers ce-dernier et elle reporte son attention vers moi :
- Si c'est si important pour toi de découvrir qui elle était... Alors soit. Mais... ne m'en veux pas je... je ne suis pas encore prête à vivre cela de nouveau.
Je la regarde un peu perplexe. Qu'entend-t-elle par "vivre cela de nouveau" ?
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- L'espoir. L'espoir, l'attente, les plans sur la comète puis la déception, répond-t-elle simplement.
Sur ces derniers mots, elle se lève et après un dernier regard vers Granny et Grand-père puis vers Papa, elle rentre dans la maison.
- Pete, prononce Grand-père d'une voix lasse, je crois qu'elle a besoin d'être un peu seule... dit-il alors que Papa esquisse un pas vers la maison.
- Je refuse de la laisser seule avec sa tristesse une minute de plus, prononce Papa d'un air triste et déterminé à la fois. Je reviens.
Puis, il entre dans la maison à son tour. Me laissant seule dans mes pensées et une vague de tristesse et de lassitude qui menace de me submerger.
- Il faut qu'on lui laisse davantage de temps, tente de temporiser Grand-Père à l'intention de Granny.
- Du temps, elle en a eu à revendre.
Soupir de la part de Grand-père et je tourne enfin la tête vers eux :
- Je m'excuse. Je suis désolée d'avoir causé tant de peine. Ce n'était pas, ce n'était pas ce que je voulais. Je voulais juste...
- Découvrir la vérité ? sourit tristement Granny avant de continuer d'une voix lasse : Ta persévérance est une qualité, Constance. Ce n'est pas cela qui nous cause tant de peine. C'est la brutalité de la situation que nous avons enfoui en nous et qui remonte après toutes ces années. Tu n'y peux rien, mais ce jour où tu as reçu cette lettre, tout a basculé.
Elle se lève et lisse du plat de ses mains à la peau si fine le plat de son pantalon.
- Garde-la, dit-elle en désignant la boîte du menton. J'espère que tu y trouveras des réponses.
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Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's
Eh bien parlons !
Je hoche la tête tout en regardant la fameuse boîte cartonnée pas plus grande qu'une feuille A4. A vrai dire, une grosse partie de moi est curieuse de l'ouvrir et de parcourir son contenu, observer encore et encore le visage de Judith au fil des années, ses expressions, ces moments de vie immortalisées sur papier glace... et puis, j'ai aperçut des lettres dépliées soigneusement où une écriture soignée était couchée. La sienne ? Etait-ce là une partie de sa correspondance avec ses parents ? La partie quand elle était à Poudlard ou bien après Poudlard avant qu'elle ne disparaisse ?
Mais une autre partie de moi était inquiète : qui sait ce que je trouverais là dedans ? Et si je ne trouverais rien de palpable ? Et si j'étais déçue ? Je balaie cette idée d'un mouvement mental et me redresse. Non impossible. On parle de ma tante disparue, là. Pas de n'importe qui.
J'ai bien un oncle du côté de Papa - que je trouve sympa d'ailleurs hein mais qui vit en Allemagne où il s'est installé il y a quelques années, on a pas trop trop de contact fréquent, il ne connaît même pas mon secret - mais sinon... je n'ai pas d'autre tante ou oncle. Et encore moins de tante ou oncle sorcier.e qui a vécu ce que je vis, qui a foulé le sol de Poudlard, qui a été confronté à la vie magique et qui...
Stop. Je m'emballe.
- Merci Granny, j'en prendrais soin, promis-je d'un air sincère.
Comme un trésor.
Elle opine du menton et articule un sourire se voulant rassurant et rentre à son tour à l'intérieur, me laissant seule avec Grand-père.
Grand-père qui s'assoit avec un air las. Je n'ai pas l'habitude de le voir ainsi, il est toujours de bonne humeur et a toujours le mot pour rire. C'est un "gai luron" comme dit Granny quand elle veut le taquiner. Mais je ne dis rien, je me doute qu'il doit être chamboulé par toute cette discussion.
J'y pense, au moins, on a crevé un peu l'abcès avec Maman, si j'ose dire. Oui, depuis la découverte de mon secret, depuis que je sais que j'ai une tante sorcière, ben... Maman a soigneusement évité le sujet et j'ai vite compris que parler de Judith n'était pas vraiment en option alors.
Maintenant, c'est "fait" non ?
Je me lève et attrape la boîte cartonnée - la fameuse boîte - non sans jeter un regard furtif du côté de mon grand-père. Celui-ci a levé rapidement les yeux vers moi, me suivant du regard ou plutôt en suivant du regard le mouvement de mes mains.
Il pousse un énième soupir et tapote l'assise de la chaise longue où il s'est assis en travers.
J'hésite, la boîte "chaude" entre mes doigts. Puis décidant que c'était généreux de sa part de me proposer cela, après tout ce qui venait d'être dit à cause de ma curiosité, j'accepte en silence l'invitation et garde la boîte sur mes genoux, mes mains de part er d'autre de ses paroies.
Et maintenant ?
Je déglutis et coule un regard se voulant discret du côté de mon grand paternel. Il m'en voudra si je l'ouvre ? Ou bien s'attend-t-il que je l'ouvre ?
Je croise son regard.
- Alors, qu'attend-tu ?
Je reste interdite avec comme la sensation d'être debout au bord d'un précipice et... et... et que je pourrais tomber d'une seconde à l'autre.
- Je, je ne sais pas, répondis-je d'une petite voix.
- Après tout ce qui vient de se passer, je pense que c'est la moindre des choses que tu l'ouvres, non ?
Je me mordille la lèvre, mes yeux s'ancrant sur le couvercle marron uni.
- A moins que tu ne veuille que je te laisse en tête à tête avec elle ? glisse-t-il d'un air faussement nonchalant.
Je redresse mon visage soudainement et secoue la tête en le regardant.
Non, je veux que tu restes, ça me rassure, ai-je envie d'avouer mais honteuse à l'idée de l'accabler à avec le passé, je ne pipe mot.
- Bien. Alors, commençons par la première étape. On ouvre et retire le couvercle, dit-il d'un air patient mais néanmoins teinté de sarcasme.
Je m'exécute et avise la multitude de photos entassées là et les lettres manuscrites en parchemin.
- Ah, celle-là, je m'en souviens bien. Enfin, je n'étais pas là quand elle a été prise mais Judith nous a envoyé cette photo de quand elle est sortie diplômée de son école-là ! dit-il en pointant du doigt une photo où on voyait une jeune femme brune, aux traits simples mais à l'expression lumineuse.
Elle est en robe noire de sorcière - un accoutrement bizarre pour quelqu'un qui ne saurait pas qui elle est vraiment - un livre contre sa poitrine et un pouce en l'air à destination de la caméra. Elle a un je-ne-sais quoi dans le regard. De la fierté ? De la joie ? L'envie de faire ses preuves ? Ou tout cela n'est que le fruit de mon imagination ?
J'avise la ressemblance avec Maman : ses cheveux bruns, ses traits doux bien qu'elle a une mâchoire plus décidée et ses yeux foncés. Dans le fond, on discerne des arbres et des pelouses, comme si elle était dans un Parc. Elle a l'air d'une jeune femme qui a envie de croquer la vie à pleines dents. Elle doit avoir quoi ? la vingtaine à tout casser.
- Elle avait quel âge ?
- 21 ans, répond Grand-père après réflexion. C'était avant qu'elle ne parte, tu sais... en Europe de l'Est.
J'acquiesce en silence et attrape une autre photo où on devine Judith, plus jeune avec... Maman ?
- Oui, oui, sourit mon voisin en la saisissant à son tour pour la regarder de plus près avant de me la rendre : Avec ta mère, oui. Elles étaient plus jeunes, Judith devait être en... troisième année ? Quatrième ? Je n'sais plus, en tout cas, en milieu de scolarité là-bas, dit-il en parlant de Poudlard je comprend rapidement.
Je regarde avec attention l'image figée : Maman - bien bien plus jeune - est assise dans le canapé, ses jambes repliée contre elle, en train de faire une grimace à côté de Judith - habillée "normal" cette fois - qui lève les yeux au ciel.
- Elles étaient toujours ravies de se retrouver aux vacances et passaient des heures à se raconter des trucs. Bon, plus elles grandissaient et moins elle parlait de son école mais... elles ont toujours eu une bonne entente. Et ta mère était excitée comme une puce quand elle était petite quand elle savait que Judith arrivait le lendemain. Tout devait être parfait, le repas, la maison rangée, elle, ses vêtements devaient être ceux qu'elle préférait...
Il secoue la tête, visiblement amusé en se remémorant des souvenirs.
- Ah j'aime bien cette photo-là, dit-il en saisissant une autre photo.
Un polaroïd cette fois de la famille Moore. Une version plus juvénile de Granny que je reconnais à son visage bien que là il soit plus lisse, plus "jeune", sa chevelure auburn tressée tombant négligemment sur son épaule, Grand-père, lui aussi plus jeune, brun avec une légère barbe - la même que maintenant mais pas blanche - les épaules carrés - c'est lui qui tient la caméra à bout de bras - et un air bienheureux sur son visage. Entrer eux, calées l'une contre l'autre pour bien entrer dans la photo, Judith et Maman. C'est fou comme elles se ressemblent sur celle-ci ! Leurs yeux, leurs visages, le même sourire... j'en reste coite, complètement absorbée par cet instant éphémère.
- Tu l'aimes bien toi aussi ?
- Oui. C'est une chouette photo, t'as raison. C'est fou par contre comment elles se ressemblent dessus.
- Oui, elles étaient plus jeunes, sourit tendrement Grand-père en la regardant de nouveau. L'année avant la rentrée de Judith tu sais... ou bien l'année d'avant, je ne suis plus sûr. Elle avait 10 ou onze ans.
J'acquiesce en silence puis ose piocher une nouvelle photo, puis une autre, puis encore une autre... me plongeant ainsi dans un passé qui n'est pas vraiment le mien mais pas complètement étranger non plus.
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Mais une autre partie de moi était inquiète : qui sait ce que je trouverais là dedans ? Et si je ne trouverais rien de palpable ? Et si j'étais déçue ? Je balaie cette idée d'un mouvement mental et me redresse. Non impossible. On parle de ma tante disparue, là. Pas de n'importe qui.
J'ai bien un oncle du côté de Papa - que je trouve sympa d'ailleurs hein mais qui vit en Allemagne où il s'est installé il y a quelques années, on a pas trop trop de contact fréquent, il ne connaît même pas mon secret - mais sinon... je n'ai pas d'autre tante ou oncle. Et encore moins de tante ou oncle sorcier.e qui a vécu ce que je vis, qui a foulé le sol de Poudlard, qui a été confronté à la vie magique et qui...
Stop. Je m'emballe.
- Merci Granny, j'en prendrais soin, promis-je d'un air sincère.
Comme un trésor.
Elle opine du menton et articule un sourire se voulant rassurant et rentre à son tour à l'intérieur, me laissant seule avec Grand-père.
Grand-père qui s'assoit avec un air las. Je n'ai pas l'habitude de le voir ainsi, il est toujours de bonne humeur et a toujours le mot pour rire. C'est un "gai luron" comme dit Granny quand elle veut le taquiner. Mais je ne dis rien, je me doute qu'il doit être chamboulé par toute cette discussion.
J'y pense, au moins, on a crevé un peu l'abcès avec Maman, si j'ose dire. Oui, depuis la découverte de mon secret, depuis que je sais que j'ai une tante sorcière, ben... Maman a soigneusement évité le sujet et j'ai vite compris que parler de Judith n'était pas vraiment en option alors.
Maintenant, c'est "fait" non ?
Je me lève et attrape la boîte cartonnée - la fameuse boîte - non sans jeter un regard furtif du côté de mon grand-père. Celui-ci a levé rapidement les yeux vers moi, me suivant du regard ou plutôt en suivant du regard le mouvement de mes mains.
Il pousse un énième soupir et tapote l'assise de la chaise longue où il s'est assis en travers.
J'hésite, la boîte "chaude" entre mes doigts. Puis décidant que c'était généreux de sa part de me proposer cela, après tout ce qui venait d'être dit à cause de ma curiosité, j'accepte en silence l'invitation et garde la boîte sur mes genoux, mes mains de part er d'autre de ses paroies.
Et maintenant ?
Je déglutis et coule un regard se voulant discret du côté de mon grand paternel. Il m'en voudra si je l'ouvre ? Ou bien s'attend-t-il que je l'ouvre ?
Je croise son regard.
- Alors, qu'attend-tu ?
Je reste interdite avec comme la sensation d'être debout au bord d'un précipice et... et... et que je pourrais tomber d'une seconde à l'autre.
- Je, je ne sais pas, répondis-je d'une petite voix.
- Après tout ce qui vient de se passer, je pense que c'est la moindre des choses que tu l'ouvres, non ?
Je me mordille la lèvre, mes yeux s'ancrant sur le couvercle marron uni.
- A moins que tu ne veuille que je te laisse en tête à tête avec elle ? glisse-t-il d'un air faussement nonchalant.
Je redresse mon visage soudainement et secoue la tête en le regardant.
Non, je veux que tu restes, ça me rassure, ai-je envie d'avouer mais honteuse à l'idée de l'accabler à avec le passé, je ne pipe mot.
- Bien. Alors, commençons par la première étape. On ouvre et retire le couvercle, dit-il d'un air patient mais néanmoins teinté de sarcasme.
Je m'exécute et avise la multitude de photos entassées là et les lettres manuscrites en parchemin.
- Ah, celle-là, je m'en souviens bien. Enfin, je n'étais pas là quand elle a été prise mais Judith nous a envoyé cette photo de quand elle est sortie diplômée de son école-là ! dit-il en pointant du doigt une photo où on voyait une jeune femme brune, aux traits simples mais à l'expression lumineuse.
Elle est en robe noire de sorcière - un accoutrement bizarre pour quelqu'un qui ne saurait pas qui elle est vraiment - un livre contre sa poitrine et un pouce en l'air à destination de la caméra. Elle a un je-ne-sais quoi dans le regard. De la fierté ? De la joie ? L'envie de faire ses preuves ? Ou tout cela n'est que le fruit de mon imagination ?
J'avise la ressemblance avec Maman : ses cheveux bruns, ses traits doux bien qu'elle a une mâchoire plus décidée et ses yeux foncés. Dans le fond, on discerne des arbres et des pelouses, comme si elle était dans un Parc. Elle a l'air d'une jeune femme qui a envie de croquer la vie à pleines dents. Elle doit avoir quoi ? la vingtaine à tout casser.
- Elle avait quel âge ?
- 21 ans, répond Grand-père après réflexion. C'était avant qu'elle ne parte, tu sais... en Europe de l'Est.
J'acquiesce en silence et attrape une autre photo où on devine Judith, plus jeune avec... Maman ?
- Oui, oui, sourit mon voisin en la saisissant à son tour pour la regarder de plus près avant de me la rendre : Avec ta mère, oui. Elles étaient plus jeunes, Judith devait être en... troisième année ? Quatrième ? Je n'sais plus, en tout cas, en milieu de scolarité là-bas, dit-il en parlant de Poudlard je comprend rapidement.
Je regarde avec attention l'image figée : Maman - bien bien plus jeune - est assise dans le canapé, ses jambes repliée contre elle, en train de faire une grimace à côté de Judith - habillée "normal" cette fois - qui lève les yeux au ciel.
- Elles étaient toujours ravies de se retrouver aux vacances et passaient des heures à se raconter des trucs. Bon, plus elles grandissaient et moins elle parlait de son école mais... elles ont toujours eu une bonne entente. Et ta mère était excitée comme une puce quand elle était petite quand elle savait que Judith arrivait le lendemain. Tout devait être parfait, le repas, la maison rangée, elle, ses vêtements devaient être ceux qu'elle préférait...
Il secoue la tête, visiblement amusé en se remémorant des souvenirs.
- Ah j'aime bien cette photo-là, dit-il en saisissant une autre photo.
Un polaroïd cette fois de la famille Moore. Une version plus juvénile de Granny que je reconnais à son visage bien que là il soit plus lisse, plus "jeune", sa chevelure auburn tressée tombant négligemment sur son épaule, Grand-père, lui aussi plus jeune, brun avec une légère barbe - la même que maintenant mais pas blanche - les épaules carrés - c'est lui qui tient la caméra à bout de bras - et un air bienheureux sur son visage. Entrer eux, calées l'une contre l'autre pour bien entrer dans la photo, Judith et Maman. C'est fou comme elles se ressemblent sur celle-ci ! Leurs yeux, leurs visages, le même sourire... j'en reste coite, complètement absorbée par cet instant éphémère.
- Tu l'aimes bien toi aussi ?
- Oui. C'est une chouette photo, t'as raison. C'est fou par contre comment elles se ressemblent dessus.
- Oui, elles étaient plus jeunes, sourit tendrement Grand-père en la regardant de nouveau. L'année avant la rentrée de Judith tu sais... ou bien l'année d'avant, je ne suis plus sûr. Elle avait 10 ou onze ans.
J'acquiesce en silence puis ose piocher une nouvelle photo, puis une autre, puis encore une autre... me plongeant ainsi dans un passé qui n'est pas vraiment le mien mais pas complètement étranger non plus.
5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's
Eh bien parlons !
C'est comme si je n'étais plus vraiment là, assise à côté de Grand-père dans le jardin. Mes mains piochent une photo après l'autre, mes yeux scannent ces images, ces instants de vie. Et mon esprit est complètement absorbé par toutes ces émotions, ces expressions, ces sourires, ces couleurs que mes rétines captent. Je ne suis plus vraiment là. Je suis à Brighton dans le salon de mes grands-parents; Je suis sur une plage de galets. Je suis dans une forêt humide au vert saisissant. Je suis dans un restaurant devant une assiette garnie. Je suis dehors, au soleil, en train de déguster une glace. Je suis dans un parc, dans un bac à sable. Je suis...
- Constance ?
Mon prénom résonne comme s'il avait été prononcé à travers une grosse épaisseur de laine ou de tissus ou que-sais-je. Je relève machinalement la tête, papillonnant des yeux, l'esprit encore ailleurs.
C'est Granny qui est de retour, le visage empreint d'une expression que je ne parviens pas à déchiffrer. Elle tient ses mains l'une dans l'autre contre son giron.
Elle me demande si ça va, j'acquiesce silencieusement. Je ne sais que dire au juste.
Grand-père pose une main sur mon épaule et la glisse dans mon dos, dans une caresse enveloppante.
- Et si on allait faire un tour, mmh ?
Je papillonne des yeux vers lui et articule un sourire muet, mon regard tombant sur mes mains - elles-mêmes tenant précieusement une photo de Maman et Judith toutes petites en plein atelier de peinture.
- Mary... tu l'as vu ? demande Grand-père à l'intention de Granny.
Celle-ci secoue la tête.
- Elle est en haut avec Pete. Je... je n'ai pas osé... tu vois.
Silence entendu entre mes deux grands-parents.
Est-ce que je devrais y aller ?
Une partie de moi a envie d'aller la voir, la rassurer, lui assurer que tout va bien, que tout va bien aller. Mais une autre partie de moi craint d'aller la voir. Ressentir sa peine. Cette peine est si profonde. Ai-je vraiment ma place dans tout cela ?
En même temps, je suis sa fille, et cela me fait de la peine de savoir que... je suis à l'origine de tant de peine. Bien que Granny m'a assuré que ce n'est pas de ma faute, je ne peux empêcher ce sentiment de culpabilité qui fait son chemin à travers mes intestins.
Si j'y vais... est ce que je ne vais pas envenimer la situation ?
En même temps, si je n'y vais pas, est ce que la situation ne va pas s'enliser... comme elle s'est posée en stand-by depuis plus d'un an ?
Je pousse un soupir où perce ma tristesse, ma crainte... et pourtant ces deux émotions restent encore là, au fond de moi.
- Je vais y aller.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, ma chérie, dit Granny.
- Allons plutôt faire un tour, appuie Grand-père.
Je secoue la tête.
Je ne suis pas du genre à refuser des choses à mes grands-parents, et encore moins à désobéir. Mais là... je me rends compte que si je n'y vais pas, la situation ne va pas forcément s'améliorer. Papa pourra sûrement la consoler mais le sujet de Judith... sera toujours un tabou. J'ai vu le regard de Maman quand elle s'en est allée.
Et autant j'ai peur d'envenimer la situation en allant la voir, autant j'ai encore plus de crainte à l'idée que la situation ne s'enlise. Nous avons enfin crever un peu l'abcès. Il est temps maintenant d'avancer. Je ne peux pas refermer la porte que j'ai ouverte. Ou plutôt, je n'ai pas envie. C'est sûrement égoïste de ma part. Mais... c'est... j'ai l'impression, le pressentiment que je dois aller au bout des choses. Je dois savoir. Et je pense que Maman a peur de savoir. Et... bien que ce processus soit sûrement douloureux pour elle, il est nécessaire pour nous tous.
Oui mais comment faire ? Je ne suis que sa fille, âgée de tout juste 13 ans. Qui suis-je pour me permettre de mettre les pieds dans le plat ?
Pleine d'indécision, mes mains triturant la photo entre mes mains, je ne perçois pas l'échange de regards entre mes grands-parents.
Mais je fini par me décider et refermant la boîte aux trésors, je me lève.
Je tend la boîte à Granny puis change d'avis, rouvre la boîte, pioche avec concentration dans ses méandres, trouve la photo souhaitée et la referme avec un air résigné.
Sans un mot, je tend la boîte à nouveau à Granny qui me regarde - j'ai l'impression - avec effroi et adresse un signe de tête puis tourne les talons.
Je m'engouffre donc dans la maison, traverse le salon et m'arrête au pied de l'escalier. Je me rend compte alors que j'ai le coeur qui tambourine contre ma poitrine. A un rythme rapide mais régulier. J'ai plus le trac de monter là haut que de me présenter à un examen de Potions !
Je ferme alors les yeux et tente de respirer aussi profondément que possible. Me mettant dans le même état de concentration que lorsque je m'apprête à lancer un sort. Une respiration, deux respirations. J'ouvre les yeux et monte les marches une à une, la main glissant sur la rambarde en bois, ressentant sa douceur, sa fermeté, sa continuité.
Rapidement, je me retrouve face au panneau de la porte de la chambre de mes parents. La porte n'est pas clenchée et un silence entrecoupé de messes basses me parvient.
Je baisse les yeux sur la photo toujours entre mes doigts et prenant courage, toque à la porte avant de la pousser.
Maman est assise sur le bord du lit, un mouchoir dans les mains, ses yeux rivés à celui-ci. Papa est assit à côté d'elle et la regarde avec un mélange de compassion et de tendresse. Cet amour qui les lie est si... je n'ai pas de mot qui me vient en tête mais il m'emplit le coeur l'espace d'un instant.
Maman relève ses yeux vers moi - elle a l'air fatigué mais je lis sur ses traits de la... prudence ? - tandis que Papa tourne la tête vers moi aussi vite.
J'esquisse un sourire et m'avance prudemment alors qu'ils restent silencieux. Ma gorge se serre alors. Comment interpréter ce silence ?
Me voilà debout devant eux, devant elle. Nos regards se croisent et je baisse rapidement le mien, me mordillant un peu la lèvre, cherchant mes mots.
- Je... je suis désolée de t'avoir causé tant de peine. Je sais que tout cela, toute cette histoire t'a beaucoup peiné car vous étiez proches et... je comprends que tu aimerais laisser ça derrière toi. J'imagine que c'est ta façon de te protéger et je comprends.
Les yeux toujours baissés, je ne perçois que le silence et ma propre respiration.
- Je pensais ce que je t'ai dit tout à l'heure. Je t'aime Maman et je n'ai jamais voulu te faire du mal de quelque manière que ce soit ! Je relève les yeux et Maman penche un peu la tête, me regardant avec émotion, saisissant ma main libre.
- Je le sais Constance. Moi aussi, je t'aime. Tout cela, c'est...
- Compliqué ? tentais-je.
- Délicat.
Elle m'attire à elle et je ne résiste pas à la pression de sa main. Je fais un pas pour m'asseoir à ses côtés mais sa main me lâche pour que son bras m'attire à elle et je me retrouve sur ses genoux, Papa posant une main sur la mienne.
Alors que Maman pose une main sur ma joue, je croise à nouveau son regard et ma culpabilité remonte en flèche, mes yeux s'embuant.
- Non, ne te... Maman secoue la tête et soupire. J'ai entendu ton besoin Constance et...
- S'il-te-plaît, n'en veut pas à Granny, ce n'est pas de sa faute. C'est moi, Maman. C'est moi qui ai posé les questions. S'il-te-plaît, ne sois pas fâchée contre Granny.
Sans que je ne le veuille, une larme roule sur ma joue.
- Là, là, chuchote Maman en essuyant prestement ma joue. J'ai compris Constance.
Je sonde son regard chocolat de mes yeux noisette, vérifiant la véracité de ses mots puis soulagée, enfouie mon visage dans le creux de son épaule, serrant la main de Papa.
Un soupir émane de la poitrine de Maman et spontanément je relève la tête pour replonger mon regard dans le sien.
- Si tu ne te sens pas prête pour répondre à mes questions, s'il te plaît, accepte que Granny et Grand-père le fasse. Il faut que... c'est nécessaire que tout cela avance. J'en ai besoin.
Maman ne dit rien et hoche juste la tête alors que son pouce effleure ma joue.
Elle finit par laisser un petit rire s'échapper de sa bouche.
- Ah lala, tu aurais pu finir à Serdaigle toi aussi...
5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's
- Constance ?
Mon prénom résonne comme s'il avait été prononcé à travers une grosse épaisseur de laine ou de tissus ou que-sais-je. Je relève machinalement la tête, papillonnant des yeux, l'esprit encore ailleurs.
C'est Granny qui est de retour, le visage empreint d'une expression que je ne parviens pas à déchiffrer. Elle tient ses mains l'une dans l'autre contre son giron.
Elle me demande si ça va, j'acquiesce silencieusement. Je ne sais que dire au juste.
Grand-père pose une main sur mon épaule et la glisse dans mon dos, dans une caresse enveloppante.
- Et si on allait faire un tour, mmh ?
Je papillonne des yeux vers lui et articule un sourire muet, mon regard tombant sur mes mains - elles-mêmes tenant précieusement une photo de Maman et Judith toutes petites en plein atelier de peinture.
- Mary... tu l'as vu ? demande Grand-père à l'intention de Granny.
Celle-ci secoue la tête.
- Elle est en haut avec Pete. Je... je n'ai pas osé... tu vois.
Silence entendu entre mes deux grands-parents.
Est-ce que je devrais y aller ?
Une partie de moi a envie d'aller la voir, la rassurer, lui assurer que tout va bien, que tout va bien aller. Mais une autre partie de moi craint d'aller la voir. Ressentir sa peine. Cette peine est si profonde. Ai-je vraiment ma place dans tout cela ?
En même temps, je suis sa fille, et cela me fait de la peine de savoir que... je suis à l'origine de tant de peine. Bien que Granny m'a assuré que ce n'est pas de ma faute, je ne peux empêcher ce sentiment de culpabilité qui fait son chemin à travers mes intestins.
Si j'y vais... est ce que je ne vais pas envenimer la situation ?
En même temps, si je n'y vais pas, est ce que la situation ne va pas s'enliser... comme elle s'est posée en stand-by depuis plus d'un an ?
Je pousse un soupir où perce ma tristesse, ma crainte... et pourtant ces deux émotions restent encore là, au fond de moi.
- Je vais y aller.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, ma chérie, dit Granny.
- Allons plutôt faire un tour, appuie Grand-père.
Je secoue la tête.
Je ne suis pas du genre à refuser des choses à mes grands-parents, et encore moins à désobéir. Mais là... je me rends compte que si je n'y vais pas, la situation ne va pas forcément s'améliorer. Papa pourra sûrement la consoler mais le sujet de Judith... sera toujours un tabou. J'ai vu le regard de Maman quand elle s'en est allée.
Et autant j'ai peur d'envenimer la situation en allant la voir, autant j'ai encore plus de crainte à l'idée que la situation ne s'enlise. Nous avons enfin crever un peu l'abcès. Il est temps maintenant d'avancer. Je ne peux pas refermer la porte que j'ai ouverte. Ou plutôt, je n'ai pas envie. C'est sûrement égoïste de ma part. Mais... c'est... j'ai l'impression, le pressentiment que je dois aller au bout des choses. Je dois savoir. Et je pense que Maman a peur de savoir. Et... bien que ce processus soit sûrement douloureux pour elle, il est nécessaire pour nous tous.
Oui mais comment faire ? Je ne suis que sa fille, âgée de tout juste 13 ans. Qui suis-je pour me permettre de mettre les pieds dans le plat ?
Pleine d'indécision, mes mains triturant la photo entre mes mains, je ne perçois pas l'échange de regards entre mes grands-parents.
Mais je fini par me décider et refermant la boîte aux trésors, je me lève.
Je tend la boîte à Granny puis change d'avis, rouvre la boîte, pioche avec concentration dans ses méandres, trouve la photo souhaitée et la referme avec un air résigné.
Sans un mot, je tend la boîte à nouveau à Granny qui me regarde - j'ai l'impression - avec effroi et adresse un signe de tête puis tourne les talons.
Je m'engouffre donc dans la maison, traverse le salon et m'arrête au pied de l'escalier. Je me rend compte alors que j'ai le coeur qui tambourine contre ma poitrine. A un rythme rapide mais régulier. J'ai plus le trac de monter là haut que de me présenter à un examen de Potions !
Je ferme alors les yeux et tente de respirer aussi profondément que possible. Me mettant dans le même état de concentration que lorsque je m'apprête à lancer un sort. Une respiration, deux respirations. J'ouvre les yeux et monte les marches une à une, la main glissant sur la rambarde en bois, ressentant sa douceur, sa fermeté, sa continuité.
Rapidement, je me retrouve face au panneau de la porte de la chambre de mes parents. La porte n'est pas clenchée et un silence entrecoupé de messes basses me parvient.
Je baisse les yeux sur la photo toujours entre mes doigts et prenant courage, toque à la porte avant de la pousser.
Maman est assise sur le bord du lit, un mouchoir dans les mains, ses yeux rivés à celui-ci. Papa est assit à côté d'elle et la regarde avec un mélange de compassion et de tendresse. Cet amour qui les lie est si... je n'ai pas de mot qui me vient en tête mais il m'emplit le coeur l'espace d'un instant.
Maman relève ses yeux vers moi - elle a l'air fatigué mais je lis sur ses traits de la... prudence ? - tandis que Papa tourne la tête vers moi aussi vite.
J'esquisse un sourire et m'avance prudemment alors qu'ils restent silencieux. Ma gorge se serre alors. Comment interpréter ce silence ?
Me voilà debout devant eux, devant elle. Nos regards se croisent et je baisse rapidement le mien, me mordillant un peu la lèvre, cherchant mes mots.
- Je... je suis désolée de t'avoir causé tant de peine. Je sais que tout cela, toute cette histoire t'a beaucoup peiné car vous étiez proches et... je comprends que tu aimerais laisser ça derrière toi. J'imagine que c'est ta façon de te protéger et je comprends.
Les yeux toujours baissés, je ne perçois que le silence et ma propre respiration.
- Je pensais ce que je t'ai dit tout à l'heure. Je t'aime Maman et je n'ai jamais voulu te faire du mal de quelque manière que ce soit ! Je relève les yeux et Maman penche un peu la tête, me regardant avec émotion, saisissant ma main libre.
- Je le sais Constance. Moi aussi, je t'aime. Tout cela, c'est...
- Compliqué ? tentais-je.
- Délicat.
Elle m'attire à elle et je ne résiste pas à la pression de sa main. Je fais un pas pour m'asseoir à ses côtés mais sa main me lâche pour que son bras m'attire à elle et je me retrouve sur ses genoux, Papa posant une main sur la mienne.
Alors que Maman pose une main sur ma joue, je croise à nouveau son regard et ma culpabilité remonte en flèche, mes yeux s'embuant.
- Non, ne te... Maman secoue la tête et soupire. J'ai entendu ton besoin Constance et...
- S'il-te-plaît, n'en veut pas à Granny, ce n'est pas de sa faute. C'est moi, Maman. C'est moi qui ai posé les questions. S'il-te-plaît, ne sois pas fâchée contre Granny.
Sans que je ne le veuille, une larme roule sur ma joue.
- Là, là, chuchote Maman en essuyant prestement ma joue. J'ai compris Constance.
Je sonde son regard chocolat de mes yeux noisette, vérifiant la véracité de ses mots puis soulagée, enfouie mon visage dans le creux de son épaule, serrant la main de Papa.
Un soupir émane de la poitrine de Maman et spontanément je relève la tête pour replonger mon regard dans le sien.
- Si tu ne te sens pas prête pour répondre à mes questions, s'il te plaît, accepte que Granny et Grand-père le fasse. Il faut que... c'est nécessaire que tout cela avance. J'en ai besoin.
Maman ne dit rien et hoche juste la tête alors que son pouce effleure ma joue.
Elle finit par laisser un petit rire s'échapper de sa bouche.
- Ah lala, tu aurais pu finir à Serdaigle toi aussi...
Quoi ?
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Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's
Eh bien parlons !
Je dois avoir un air ahuri car Maman rit doucement.
Et c'est comme si l'air oppressant qui semblait remplir la pièce comme un ciel orageux s'allégeait un peu.
Je la regarde toujours avec circonspection. Mon esprit résonne de ses mots et surtout le dernier.
"Aussi".
Genre Judith a été répartie à Serdaigle quand elle était à Poudlard ?! C'était quand même une sacrée information.
Et sa phrase, c'était une... blague ?
- Oui, ce n'est pas Serdaigle qui place la connaissance comme une valeur phare ? me questionne Maman sur un ton rhétorique.
- Oui, enfin... oui, c'est vrai mais... je...
- C'était une blague Constance. Tu as, je pense, été répartie dans la maison adéquate, sourit-elle en échangeant un regard avec Papa. Poufsouffle, prononce-t-elle d'un ton pensif. La maison qui prône la persévérance, n'est-ce pas ?
Je hoche la tête pour toute réponse. Je scrute ses traits, abasourdie de ces paroles. Maman semble plus légère comme si un poids s'était retiré de ses épaules. C'était déjà arrivé, surtout l'an dernier qu'on parle de ma vie à Poudlard. Enfin, c'est surtout moi qui parlait, Papa qui posait des questions et Maman aussi de temps en temps. Mais en général c'était soit moi soit Papa qui abordait la question. Quand Maman mentionnait ma scolarité là-bas c'était pour me demander si j'étais pas trop fatiguée, si j'avais pas trop de devoirs... bref, des questions lambdas de parents.
Mais là, je sentais un changement notable, un je-ne-sais-quoi.
- C'est bien ça et toi, ma chérie, tu es l'exemple même de la persévérance.
Je ne sais pas si, ici, dans ces circonstances, je devais le prendre comme un compliment alors je regarde Papa avec un air interrogateur.
- Et c'est une belle qualité, approuve-t-il le regard rieur.
Est-ce qu'ils sont en train de se ficher de moi ? Mmh... je... pense pas. Enfin...
- Je suis contente et fière d'y avoir été répartie, avançais-je prudemment en regardant tour à tour mes deux parents. Les quatre maisons ont de bonnes valeurs mais je... je me sens proche de celle de Poufsouffle. La persévérance, l'altruisme, le goût du travail, la bonté...
Papa et Maman acquiescent et le premier qui tient toujours ma main, presse celle-ci.
- De belles valeurs, c'est tout à fait vrai.
J'humidie mes lèvres et repose mon attention sur Maman. Une question me brûle les lèvres. J'ai besoin d'avoir une confirmation. En même temps, un instant plus tôt je lui assurais que je respecterais sa retenue si elle ne se sentais pas prête à parler tout de suite de Judith tant qu'elle n'empêcherait pas Granny et Grand-père de satisfaire ma curiosité. Mais là... c'état elle qui avait amené le sujet.
- Et du coup, tu dis que Judith, elle est allée à Serdaigle, c'est ça ?
- C'est ça, dit simplement Maman.
Je hoche la tête et sourie.
Je réalise que c'est un bon début dans mes recherches et que Maman semble plus calme et encline à accepter que Judith ne soit plus laissée dans l'ombre. C'est une sorte de petite victoire tout de même. J'expire et me lève, rompant le lien physique avec Papa en même temps.
- Granny et Grand-père proposent qu'on aille se faire une petite promenade, vous êtes d'accord ? On pourrait aller au Parc Victoria. Ou un autre si vous préférez.
- Le Parc Victoria, c'est très bien, et comme ça on prendra un goûter après, répond Papa en regardant Maman d'un air entendu.
Ce parc est tout près de la maison, vraiment, donc ce sera plus simple, c'est vrai. Affichant un sourire, je réalise alors que j'ai toujours cette photo dans ma main. Mon sourire diminue un peu et j'adresse un regard prudent vers Maman qui baisse alors les yeux vers la photo que je lève entre nous. Elle doit saisir mon hésitation, hésite elle-même et saisit la photo.
A peine l'image quitte mes doigts que je regrette déjà de ne pas l'avoir mise dans ma poche. Maman qui semblait plus détendue que tout à l'heure... je ne veux pas relancer la machine de l'amertume et de la tristesse mais... Maman a un air nostalgique.
- Elle était dans la boîte hein ? demande-t-elle bien qu'elle ne semble pas attendre de réponse de ma part.
Elle montre la photo à Papa qui pose une main pleine de sollicitude sur la main libre de Maman, entrelaçant leurs doigts.
- Vous vous ressembliez, vous êtes adorables sur cette photo. Tu te souviens de ce moment ? lui demande-t-il alors que je suis suspendue aux lèvres de Maman.
Celle-ci hausse les épaules, les yeux toujours sur la photo.
- Pas vraiment, enfin, je crois que c'était avant qu'elle n'entre à Poudlard. Ca devait être l'été j'imagine.
Un sourire attendri se forme sur ses lèvres.
- T'as vu, Papa et Maman font si jeunes, c'est fou ! dit-elle à l'intention de Papa avant de lever les yeux vers moi : ça a dû te faire bizarre de découvrir cette photo.
Je sourie timidement et hoche la tête.
Maman acquiesce juste et se lève, gardant la main de Papa qui se lève à son tour.
- C'est une belle photo, un beau moment. Merci de me l'avoir remontré, dit-elle en me tendant le polaroïd.
Je la regarde, essayant de lire son visage comme un lecteur lirait un ouvrage. Je me demande rapidement si son calme est fourni au prix d'un grand effort. Puis sourie. Je récupère le précieux polaroïd et les enlace tous deux, soulagée.
Sans un mot de plus, nous descendons retrouver Granny et Grand-père qui sont toujours dans le jardin, la boîte ouverte. Ils se sont plongés dans leurs souvenirs et nous accueille les yeux brillants.
Raclements de gorge, regards embarrassés de tous côtés.
Maman finit par s'avancer, ses yeux cherchant ceux de ses parents, mes grands-parents. Elle s'excuse de s'être emportée de cette façon, indique que tout ça est si délicat pour elle mais qu'elle a entendu leurs ressentis et qu'elle peut comprendre. Qu'elle va essayer.
- Un petit pas à la fois, sourie Granny, soulagée, les yeux vrillés dans ceux de sa fille.
Court silence émouvant, ma gorge est serrée mais plus à cause de sentiments négatifs. Quel ascenseur émotionnel que nous vivons !
- Et cette balade, toujours d'actualité ? questionne d'un air enjoué Papa.
Tout le monde acquiesce et Granny et Maman s'enlacent. Je ne perçois pas la voix de Granny dans un chuchotement à l'intention de Maman : "Moi aussi je suis désolée". Tout ce que je vois, c'est une mère qui enlace sa fille avec tendresse. Je ne me souviens pas la dernière fois que j'ai vu cet air si particulier sur leurs visages. Même durant les fêtes quand elles s'enlacent, c'est un air différent qui se peint sur leurs traits.
Je soupire intérieurement, soulagée. Un nouveau pan de cette histoire, de notre histoire s'ouvre devant nous. En attendant, une belle balade va nous aérer l'esprit.
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Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's
Et c'est comme si l'air oppressant qui semblait remplir la pièce comme un ciel orageux s'allégeait un peu.
Je la regarde toujours avec circonspection. Mon esprit résonne de ses mots et surtout le dernier.
"Aussi".
Genre Judith a été répartie à Serdaigle quand elle était à Poudlard ?! C'était quand même une sacrée information.
Et sa phrase, c'était une... blague ?
- Oui, ce n'est pas Serdaigle qui place la connaissance comme une valeur phare ? me questionne Maman sur un ton rhétorique.
- Oui, enfin... oui, c'est vrai mais... je...
- C'était une blague Constance. Tu as, je pense, été répartie dans la maison adéquate, sourit-elle en échangeant un regard avec Papa. Poufsouffle, prononce-t-elle d'un ton pensif. La maison qui prône la persévérance, n'est-ce pas ?
Je hoche la tête pour toute réponse. Je scrute ses traits, abasourdie de ces paroles. Maman semble plus légère comme si un poids s'était retiré de ses épaules. C'était déjà arrivé, surtout l'an dernier qu'on parle de ma vie à Poudlard. Enfin, c'est surtout moi qui parlait, Papa qui posait des questions et Maman aussi de temps en temps. Mais en général c'était soit moi soit Papa qui abordait la question. Quand Maman mentionnait ma scolarité là-bas c'était pour me demander si j'étais pas trop fatiguée, si j'avais pas trop de devoirs... bref, des questions lambdas de parents.
Mais là, je sentais un changement notable, un je-ne-sais-quoi.
- C'est bien ça et toi, ma chérie, tu es l'exemple même de la persévérance.
Je ne sais pas si, ici, dans ces circonstances, je devais le prendre comme un compliment alors je regarde Papa avec un air interrogateur.
- Et c'est une belle qualité, approuve-t-il le regard rieur.
Est-ce qu'ils sont en train de se ficher de moi ? Mmh... je... pense pas. Enfin...
- Je suis contente et fière d'y avoir été répartie, avançais-je prudemment en regardant tour à tour mes deux parents. Les quatre maisons ont de bonnes valeurs mais je... je me sens proche de celle de Poufsouffle. La persévérance, l'altruisme, le goût du travail, la bonté...
Papa et Maman acquiescent et le premier qui tient toujours ma main, presse celle-ci.
- De belles valeurs, c'est tout à fait vrai.
J'humidie mes lèvres et repose mon attention sur Maman. Une question me brûle les lèvres. J'ai besoin d'avoir une confirmation. En même temps, un instant plus tôt je lui assurais que je respecterais sa retenue si elle ne se sentais pas prête à parler tout de suite de Judith tant qu'elle n'empêcherait pas Granny et Grand-père de satisfaire ma curiosité. Mais là... c'état elle qui avait amené le sujet.
- Et du coup, tu dis que Judith, elle est allée à Serdaigle, c'est ça ?
- C'est ça, dit simplement Maman.
Je hoche la tête et sourie.
Je réalise que c'est un bon début dans mes recherches et que Maman semble plus calme et encline à accepter que Judith ne soit plus laissée dans l'ombre. C'est une sorte de petite victoire tout de même. J'expire et me lève, rompant le lien physique avec Papa en même temps.
- Granny et Grand-père proposent qu'on aille se faire une petite promenade, vous êtes d'accord ? On pourrait aller au Parc Victoria. Ou un autre si vous préférez.
- Le Parc Victoria, c'est très bien, et comme ça on prendra un goûter après, répond Papa en regardant Maman d'un air entendu.
Ce parc est tout près de la maison, vraiment, donc ce sera plus simple, c'est vrai. Affichant un sourire, je réalise alors que j'ai toujours cette photo dans ma main. Mon sourire diminue un peu et j'adresse un regard prudent vers Maman qui baisse alors les yeux vers la photo que je lève entre nous. Elle doit saisir mon hésitation, hésite elle-même et saisit la photo.
A peine l'image quitte mes doigts que je regrette déjà de ne pas l'avoir mise dans ma poche. Maman qui semblait plus détendue que tout à l'heure... je ne veux pas relancer la machine de l'amertume et de la tristesse mais... Maman a un air nostalgique.
- Elle était dans la boîte hein ? demande-t-elle bien qu'elle ne semble pas attendre de réponse de ma part.
Elle montre la photo à Papa qui pose une main pleine de sollicitude sur la main libre de Maman, entrelaçant leurs doigts.
- Vous vous ressembliez, vous êtes adorables sur cette photo. Tu te souviens de ce moment ? lui demande-t-il alors que je suis suspendue aux lèvres de Maman.
Celle-ci hausse les épaules, les yeux toujours sur la photo.
- Pas vraiment, enfin, je crois que c'était avant qu'elle n'entre à Poudlard. Ca devait être l'été j'imagine.
Un sourire attendri se forme sur ses lèvres.
- T'as vu, Papa et Maman font si jeunes, c'est fou ! dit-elle à l'intention de Papa avant de lever les yeux vers moi : ça a dû te faire bizarre de découvrir cette photo.
Je sourie timidement et hoche la tête.
Maman acquiesce juste et se lève, gardant la main de Papa qui se lève à son tour.
- C'est une belle photo, un beau moment. Merci de me l'avoir remontré, dit-elle en me tendant le polaroïd.
Je la regarde, essayant de lire son visage comme un lecteur lirait un ouvrage. Je me demande rapidement si son calme est fourni au prix d'un grand effort. Puis sourie. Je récupère le précieux polaroïd et les enlace tous deux, soulagée.
Sans un mot de plus, nous descendons retrouver Granny et Grand-père qui sont toujours dans le jardin, la boîte ouverte. Ils se sont plongés dans leurs souvenirs et nous accueille les yeux brillants.
Raclements de gorge, regards embarrassés de tous côtés.
Maman finit par s'avancer, ses yeux cherchant ceux de ses parents, mes grands-parents. Elle s'excuse de s'être emportée de cette façon, indique que tout ça est si délicat pour elle mais qu'elle a entendu leurs ressentis et qu'elle peut comprendre. Qu'elle va essayer.
- Un petit pas à la fois, sourie Granny, soulagée, les yeux vrillés dans ceux de sa fille.
Court silence émouvant, ma gorge est serrée mais plus à cause de sentiments négatifs. Quel ascenseur émotionnel que nous vivons !
- Et cette balade, toujours d'actualité ? questionne d'un air enjoué Papa.
Tout le monde acquiesce et Granny et Maman s'enlacent. Je ne perçois pas la voix de Granny dans un chuchotement à l'intention de Maman : "Moi aussi je suis désolée". Tout ce que je vois, c'est une mère qui enlace sa fille avec tendresse. Je ne me souviens pas la dernière fois que j'ai vu cet air si particulier sur leurs visages. Même durant les fêtes quand elles s'enlacent, c'est un air différent qui se peint sur leurs traits.
Je soupire intérieurement, soulagée. Un nouveau pan de cette histoire, de notre histoire s'ouvre devant nous. En attendant, une belle balade va nous aérer l'esprit.
5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's