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Finalement la proposition de Marine sembla plutôt gêner le garçon que lui faire plaisir, s'il n'en voulait pas, elle pourrait toujours laisser ses œufs au milieu du dortoir, il devait certainement y avoir des gourmandes dans le coin pour ne pas leur permettre de pourrir. La lionne ne voulait surtout le mettre mal à l'aise, à lui de choisir.
- Comme tu... comme tu préfères ! S'exclama-t-elle.
Il avait toujours le temps de peser le pour et le contre, la discussion n'était pas du tout finie.

Il fallait croire que leur timidité leur imposait presque strictement les mêmes obstacles. Ce n'était pas exactement pour les mêmes raisons, mais enfin. Lui semblait vouloir éviter les grands et leur professeur de DCFM. Un premier temp surprise par le second détail, la brunette se convaincu rapidement que ce devait-être car il ne l'aimait pas. Malgré qu'elle soit intimidante et que la brunette ne tienne absolument pas à faire partie de son petit club, soit la meilleure façon de se faire remarquer, l'anglaise n'avait rien contre sa professeur, ni ne la craignait particulièrement. C'était plutôt le nombre de paires d'yeux qui au-dessus d'une devenait une véritable menace pour elle et visiblement pour lui aussi.
- C'est vrai qu... qu'elle est impressionnante... mais ça, ça doit être la plus à, à même de...de nous conseiller, non ?

C'était dommage de se priver par la simple crainte de rater un sort, elle était en apprentissage, elle ne devrait pas avoir honte, comme on dit "c'est en se trompant qu'on apprend", mais elle ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter de ce que pouvaient penser ceux qui la voyaient échouer, alors même que c'était une bonne élève qui se débrouillait tout de même très bien avec sa baguette même en situation de stress. Déjà que lancer un sort en classe lui était très compliqué, elle craignait à ces sessions d'être incapable d'en lancer un seul. Alors que la réponse aurait certainement été un "non" catégorique si ce n'avait pas été quelqu'un qui subissait les mêmes blocages qu'elle, là c'était à la place un vrai dilemme.
- Non. En, enfin je veux dire... non, non j'ai riii, rien le Mercredi, j'ai pas, pas cours. On p, peut y aller ensemble... oui, ça pourrait être sym, sympa.
Elle ne pouvait pas ignorer la perche qu'il lui lançait, à deux à combattre les mêmes peurs peut-être arriveraient-ils à faire quelque chose, c'était peut-être son unique chance de trouver le courage d'y aller si sa timidité ne la quittait jamais.

La rouge et or ne pu s'empêcher de rire à la réponse du garçon qui se trouvait débordé par les personnes. La timide n'avait pas ce problème, tant que les gens ne la remarquaient pas elle gérait mais comme ce n'était jamais le cas, comme elle étaient toujours dans le champ de visions de trop nombreuses personnes, elle aussi se faisait dépasser par la foule aussi bien qu'elle était dépassée par l'afflux continu de nouvelles choses à intégrer qu'avait apporté la magie dans sa vie.
- J'adore au, aussi mais enfin déjà... intégrer que, que la magie existe et avec ça un, un nouveau monde, un nouuu... nouveau fonctionnement, une nouvelle politique, de nou, nouvelles lois, un, un nouveau mode de vie, une nou, nouvelle école avec de, de nouveaux cours, de nouveaux... animaux... Et encore, je, j'pense que je suis lo, loin d'avoir tout vu. Mais, c'est vrai que so, sociabiliser c'est pas évident non, non plus.

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Ernest adressa un nouveau sourire gêné à Marine. Probablement un record dans le laps de temps aussi court. Non pas qu’il soit avare de sourire, c’est simplement qu’ils ne lui venaient plus aussi facilement qu’avant. Nouveau haussement d’épaules du petit garçon.

“On verra bien ce qu’il restera…”

Ernest repensa également à son petit excès de gloutonnerie durant les vacances de Noël et à l’indigestion qui s’en était suivi. Il ne savait pas s’arrêter. Son corps n’avait jamais été habitué à tant de sucre. Mais cette pensée s’échappait bien vite alors qu’il cassait un nouveau morceau de l'œuf que Marine et lui partageaient.

Ernest baissa un instant les yeux et fixa le papier coloré du chocolat. La question de la jeune Gryffondor trottait dans sa tête depuis quelque temps. Depuis ce fameux cours où Lavinia avait servi d’exemple devant toute la classe. Il avait ressenti une profonde injustice ce jour-là, même s’il s’agissait de son ennemi juré et son regard sur sa professeur avait commencé à changer entraîné par la révolte des premières années. Si elle l’avait intimidée dès son premier jour à Poudlard, il avait commencé à la craindre après cet épisode. Et pourtant Marine disait vrai, Sixtine Valerion était la mieux placée pour leur apprendre la Défense contre les forces du Mal.

“Je.. Je sais pas… probablement…”

L’adolescent était tiraillé entre les propos de ses camarades et son ambition de s’améliorer dans toutes les disciplines qui incluaient une baguette magique. Ernest voulait exceller et qu’il le veuille ou non, il aurait besoin de Miss Valerion. Mais il pouvait bien commencer le club de duel en se rendant sur le créneau de Mr Featherstone. Jusqu’à ce qu’il soit vraiment fort.

“Quand j’apprends un nouveau sortilège, j’aime bien m’entraîner seul… le temps que je le maîtrise, tu vois… quand il y a tout le monde autour, j’ai plus de mal à me concentrer… mais une fois que je le connais, c’est nettement plus facile…”

Le visage du gamin s’illumina quand il comprit que Marine voulait bien qu’ils aillent au club de duel tous les deux. De cette manière, faire le premier pas avait l’air moins insurmontable. Et puis d’une certaine manière, ça le poussait également à prendre une sorte d’engagement et à ne pas se débiner à la dernière minute ou à trouver une fausse excuse pour ne pas s’y rendre.

“On peut s’entraîner avant même, si tu veux…”

Pour Ernest, toutes les occasions étaient bonnes. Et s’il avait pris l’habitude de faire ça seul, dans son coin, avec Marine il entrevoyait la possibilité d’avoir un binôme avec qui il ne serait pas complètement mal à l’aise. Et puis elle était en troisième année, ce qui voulait dire qu’elle connaissait déjà beaucoup plus de sortilèges que lui. Y avait-il un meilleur moyen d’apprendre ?

Il comprenait ce que la demoiselle tentait de lui dire même s’il ne ressentait les choses d'une manière un peu différente. Il avait grandi un pied dans chaque monde. Bien sûr, il continuait de découvrir des nouveautés tous les jours mais il était habitué à être surpris par la magie et il adorait apprendre de nouvelles choses.

“Tu connaissais pas avant de venir à Poudlard ?”

Une question plutôt personnelle et peut-être un peu indiscrète. Ernest n’avait pas toujours conscience des choses qu’on pouvait demander ou non aux autres. Il était simplement curieux de connaître un peu mieux la demoiselle et de comprendre d’où elle venait.
Dernière modification par Ernest Stevens le 16 juil. 2023, 18:14, modifié 1 fois.

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Accepter ou non tout ce chocolat semblait être un véritable ultimatum pour le vert et argent qui préféra se donner du temps, enfin de ce qu'en pensait la lionne. En effet il préférait attendre de voir où en serait leur stock plus tard, pour l'anglaise aucun doute il y en aurait encore assez pour nourrir un joueur de Quidditch après un match, mais enfin en attendant il avait le temps à la réflexion. Mais vu comment il semblait apprécier les morceaux de chocolat qu'il dégustait depuis le début de la conversation, la sorcière serait étonnée qu'il refuse l'offre, mais sait-on jamais, les gens peuvent être surprenants.

Mais ce sur quoi Marine posa son attention fut plutôt la phrase suivante, pour le coup elle n'était pas la seule à parler haché. En bonne timide elle n'aurait pas osé demander pourquoi il hésitait ainsi mais sa curiosité battit la timidité à plate couture. C'est donc dans une expression très étrange de retenue raté et de curiosité dévorante qu'elle demanda :
- Tu, tu trouves pas que... que c'est une bonne prof ?
Dans ce genre de situation heureusement que sa timidité était là pour la ramener à la raison avant de poser une question qui pouvait blesser ou gêner. En effet de justesse elle était intervenue, sinon elle aurait relevé son hésitation alors que l'élève avait le droit de douter, tout le monde ne pouvait pas aimer tous les professeurs.

En attendant sa réponse la fillette devait poursuivre sur leur planification d'entraînement au duel, difficile de patienter mais ne pas attendre dans le silence devait l'aider à attendre calmement.
- A, avant ? Genre faire... un du, duel dans le par, parc ? Ou dans le sta... stade de Quidditch ? Ajouta-t-elle en repensant à leur rencontre sous les tribunes.
Ce n'était pas une mauvaise idée de commencer à gérer son stress de se rater devant une seule personne avant de se jeter dans le bain où beaucoup plus de monde pouvait être témoin d'un échec.
- Oui, pour, pourquoi pas, ça peut, peut être ra, rassurant avant de, de se lancer.

Voilà, une dernière question à répondre avant d'avoir la réponse à sa question, bien qu'elle n'aimait pas se remémorer ce moment, elle l'avait bien cherché cette question en exposant toutes les nouveautés qui la dépassaient. Alors elle secoua la tête de droite à gauche dans un non :
- Pas avant la, la lettre, non...
Bien que pressée d'avoir une réponse à sa question, par politesse l'élève retourna la question même si elle avait déjà une petite idée sur la réponse. En effet le garçon ne semblait pas particulièrement surpris et débordé par toutes ses nouveautés donc il devait baigner dans ce monde depuis longtemps, à moins qu'il soit doué d'une très bonne adaptabilité.
- Toi, tu... connaissais ?

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Ernest fronça les sourcils et déglutit en entendant la question de Marine. Sa gorge était sèche tout d’un coup. Les méthodes de leur professeur de Défense contre les forces du mal étaient “particulières”. Mais il devait se rendre à l’évidence, elles fonctionnaient. Cette matière était l’une de celles où il réussissait le mieux et qui lui venait le plus naturellement. Et il devait bien avouer qu’il en tirait une certaine fierté.

“C’est une sorcière très puissante, c’est clair…”

Et il n’était à n’en pas douter que tous les élèves qui bénéficieraient de traitement de faveur deviendrait bien meilleur que les autres. Edmund Dale en était un parfait exemple. Ernest l’avait observé lors des duels de l’échange AMICO. Il savait également qu’il faisait partie du Club Prodigium dont il avait appris l’existence récemment. Les meilleurs. Mais le petit brun n’avait pas ce genre de charisme ou même de courage. Alors il s’entraînait seul, la plupart du temps.

“On est pas obligé de faire des vrais duels, on peut juste s’entraîner aux sorts, tu vois… la gestuelle, la formulation, tout ça… comparer les visualisations, ce genre de trucs… enfin s’entraîner quoi… y a pas besoin d’avoir de compétition…”

En y pensant, il avait du mal à se voir en compétition avec la gryffondor. D’ailleurs, il ne s’imaginait pas rivaliser avec elle. Il n’était qu’en première année après tout. Mais il aimait bien l’idée de partager leur pratique. Parce que d’une certaine manière, il lui accordait une certaine confiance. L’adolesent glissa un nouveau morceau de chocolat dans sa bouche parce qu’il sentait que le flot de ses paroles commençait à s’emballer et qu’il finissait généralement par ne plus contrôler ce qu’il racontait.

“Cool !!... enfin j’veux dire, ce serait chouette…”

Un sourire avait pris place sur ses lèvres de même que le rouge sur ses joues en repensant à cette première rencontre dans sa cache. Choisir le terrain d’entraînement comme endroit pour se cacher, c’était assez paradoxal pour lui qui avait tellement de difficultés en cours de vol. Ce jour-là, la demoiselle n’avait pas cherché à le juger et n’avait pas non plus révélé sa présence dans ce lieu. La découverte de la magie semblait un nouveau sujet sensible et un instant, Ernest s’en voulu d’avoir posé la question, se rendant compte de son intrusion.

“Depuis toujours… enfin j’crois… je me souviens plus, je devais être trop p’tit… mais ma mère est une sorcière et à la maison, ça a jamais été un secret…”

Il avait saisi la perche de la demoiselle, imaginant que tourner la discussion sur lui dissiperait peut-être ce nouveau malaise. Il avait retenu la leçon de sa dernière bourde.

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Le Serpentard ne semblait visiblement pas partager le même point de vu que Marine sur Miss Valerion, puisqu'il ne répondit pas par l'affirmative. Il ne semblait pas particulièrement à l'aise sur le sujet, enfin c'est ce qu'en déduisait la fillette comme il ne répondait pas réellement à sa réponse. Elle lâcha donc le sujet un peu à contre cœur car elle était curieuse de savoir ce qu'en pensait réellement le sorcier. Et puis ils étaient vacances ce n'était pas pour parler cours ou professeur, il fallait se détendre.

Ce que proposait le vert et argent enthousiasmait la lionne qui n'avait jamais pensé à s'entrainer avec quelqu'un, peut-être arriveraient-ils à se corriger l'un l'autre même si elle était plus âgée. Et puis elle avait l'impression de pouvoir lui faire confiance sur le fait qu'il ne la jugerait pas si elle échouait. Le tout lui fit dire oui sans trop hésiter. Elle espérait juste qu'ils ne s'installeraient pas sous les tribunes comme le garçon, s'ils se rendaient à son lieu d'entraînement préféré car les espaces entre chaque grosses poutres étaient plutôt étroits de ce qu'en pensait l'anglaise surtout pour se mettre debout.

Et bien voilà, le rendez-vous était pris, la prochaine fois ils se verraient pour leur entrainement à leur participation aux sessions d'entrainement, ne leur restait plus qu'à convenir d'une date.
- Oui, ça, ça devrait être sympas. Faudra se mettre... d'accord sur une date. On, on verra par, par hibou ? Proposa-t-elle pour ne pas bloquer la suite de la conversation sur le choix d'une date qui ne serait rien de très intéressant.
Contrairement à certains mécanismes sorciers la rouge et or s'était très vite fait à celui de la communication par hibou si bien qu'à présent elle n'avait plus aucun vieux réflexe moldu sur le sujet ce qui lui manquait parfois dans l'utilisation de baguette qui passait souvent après l'usage de ses propres mains même lorsque le choix inverse est plus avantageux.

La brunette avait donc vu juste, l'anglais avait toujours vécu dans la magie. Elle hocha donc la tête pas tellement surprise. Ne sachant pas trop quoi dire de plus pour ne pas stopper la conversation la Gryffonne sortit sans réfléchir des mots qu'elle regretta de suite après les avoir prononcés :
- Ma mère au, aussi est... sorcière.
Pourquoi s'aventurait-elle sur le terrain familial, elle savait que ça finissait toujours mal, pire encore que lorsque le Serpentard lui avait fait une remarque sur son bégaiement. Elle tenta donc tant bien que mal de dévier la conversation :
- Ça, ça doit être coo, cool de connaître des, des choses sur, sur le monde sorcier a, avant Poudlard. Ça, ça doit drôlement aider.
Elle savait déjà que c'était un grand avantage puisqu'en tant qu'ignorante dans beaucoup trop de domaine elle était à la ramasse. Elle se disait aussi très souvent qu'en savoir plus l'aiderait à se projeter dans le futur mais là-dessus elle n'était pas tout à fait certaine.
Désolée pour le délais de réponse :wry:

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Marine n’insista pas sur la thématique des cours de Défense contre les Forces du Mal et d’une certaine manière, Ernest lui en était reconnaissant. Car en vérité, il ne savait pas vraiment lui-même. Il n’avait pas envie d’y penser, pas envie de se frotter à cette question-là. Il n’arrivait pas à trancher, à avoir un avis clair sur ce qu’il ressentait. La discussion se porta plutôt sur la proposition que venait de faire le jeune garçon. Ernest ne brillait pas par ses talents en société. En magie, c’était un peu pareil, la présence des autres l’empêchait de se concentrer totalement. À mesure qu’il s’entraînait cette situation s’arrangeait légèrement. Il lui fallait sacrément maîtriser un sortilège pour arriver à le lancer devant d’autres personnes. Tout seul, ses capacités étaient à son maximum. Quand il n’avait pas peur du regard des autres. Mais il savait qu’il devait trouver une parade.

S’entraîner avec Marine, c’était une occasion de s’exercer au contact des autres. Avec elle, ça semblait plus facile. Parce qu’elle comprenait sa problématique. Et qu’il était certain que son regard serait bienveillant même s’il ne la connaissait que très peu. C’était ce qu’elle lui avait toujours montré. Elle avait même été capable de lui pardonner ses indélicatesses. Au creux de son ventre, il sentait naître l’excitation des nouvelles perspectives qui s’offraient à lui. Ernest fut un peu étonné qu’elle lui propose de se donner rendez-vous par hibou. Il savait que c’était une pratique courante mais ils auraient aussi bien pu se voir dans la grande salle à l’heure des repas. Enfin à bien y réfléchir, il se débrouillait toujours pour manger avant ou après les autres plutôt que pendant le rush où la Grande Salle était pleine à craquer d’élèves.

“Euh.. ouai ok… va pour le hibou…”

Il repensa à la réflexion de Lavinia qui l’avait railler en lui disant qu’il recevait des lettres d’une admiratrice secrète quand il ne s’agissait que de sa mère. Qu’est-ce qu’elle dirait si elle réalisait qu’il recevait effectivement des notes internes ? Il secoua distraitement la tête. Qu’est-ce que ça pouvait bien faire ce que pouvait penser Lavinia de toute manière.

“On peut commencer avant la fin de l’année si tu veux… comme ça… bin on sera tout de suite prêt pour la prochaine rentrée…”

Ernest resta interdit quelques secondes. Dans la manière dont Marine parlait, il commençait à ressentir les différentes émotions. Les contrariétés. Comme si les mots restaient coincés dans sa gorge et en sortaient hachés menus. Pourtant les questions lui brûlaient les lèvres. Marine ne semblait pas avoir été en contact avec le monde magique avant son arrivée ici. Et pourtant, elle venait d’admettre que sa mère était une sorcière. Il préféra ne rien dire. Ou du moins, ne pas chercher à en savoir plus. Peut-être que la petite brune déciderait d’éclaircir certains points par elle-même. Et si c’était difficile de réfréner sa curiosité, il avait assez de respect pour la gryffondor et commençait à avoir une meilleure compréhension de sa manière d’être pour s’abstenir.

“Bin, je sais pas… j’imagine qu’il y a des trucs qui sont plus logiques… mais bon… j’avais jamais fait de magie avant d’arriver ici donc… et la pratique, c’est quand même le plus important…”

Il en rêvait depuis tout môme et de ce point de vue, Poudlard n’avait pas été une déception. Et il admirait les capacités de ses professeurs en matière de pratique. Un jour, lui aussi aurait ce genre de pouvoir. C’était une promesse qu’il s’était faite et il ne manquait jamais ses rendez-vous journaliers.

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Le sorciers sembla étonné par la proposition de la lionne qui se demanda un instant si se mettre d'accord pour la date via ce biai était inhabituel chez les sorciers. Pourtant s'envoyer des hiboux est courant chez eux, non ? Il lui semblait que c'était le mode de communication numéro 1 lorsqu'on ne se voit pas. En plus c'est super pratique, les volatiles semblaient avoir un sixième sens qui leur donne la capacité de retrouver n'importe qui, et en plus rapidement, même pas besoin d'adresse ! Certes ce n'était pas la rapidité de la messagerie instantanée mais ça restait très pratique, en tout cas nettement mieux que la poste moldue.

L'anglaise n'avait aucune idée de la date à laquelle ils pourraient se voir pour commencer leur entrainement, elle sentait que ça risquait d'être au vert et argent de lancer le hibou en premier. Et les propos du garçon ne firent que confirmer les impressions de la lionne car celui-ci avait déjà une idée plus ou moins vague de la période à laquelle ils pourraient commencer.
- Ouai, bo, bonne idée ! Lança la sorcière qui au fond n'avait pas de date privilégiée pour commencer leur petit entraînement à la session d'entraînement du club du duel.
Et puis peut-être qu'avec tout ça Marine arriverait un jour à sauter le pas et à tenter un duel qui sait ?

Continuant sur un sujet un peu différent l'adolescente fut surprise de ce que lui répondit le garçon, comment des connaissances de base en la magie ne pouvait pas aider ? La troisième année avait du mal à l'entendre mais enfin, il devait mieux savoir qu'elle ce que ça changeait puisqu'il le vivait. Mais ce qu'elle lui accorda sans mal fut l'application de la théorie, en principe aucun jeune sorcier n'avait pu lancer de sort avant Poudlard alors pas de différence la dessus.
- T'as pas tord sur la pratique on est tous, tous parfaitement égaux au... départ. N'empêche quand, quand tu sais que la... magie existe et que tu dois att, attendre aussi longtemps pour pou, pouvoir l'utiliser ça soir être su, super frustrant, de, de la torture, non ? Demanda l'élève curieuse.
De son côté, elle n'avait pas connu ce sentiment. En fait au début elle avait plutôt considéré sa magie comme une pure malédiction. Si elle avait eu hâte de partir au château, ce n'était pas pour ses particularités magiques ni parce qu'il s'agissait d'un bâtiment impressionnant mais parce qu'il lui permettait de fuir les problèmes une année en entière.

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Ernest resta pensif l’espace d’un instant. Il n’était pas rare que son esprit se fasse la malle, sautant d’une pensée à l’autre. Le hibou et la manière dont les adolescents pourraient communiquer entre eux avaient rappelé à sa mémoire une anecdote racontée par sa mère sorcière après un voyage aux USA. Il se rappelait de cette histoire de rat en papier qui délivraient des messages dans le Congrès magique des États-Unis. Et puis de sa mère moldue qui aimait tant les origamis et les pliages. Memorandum Rodentium. C’est comme ça qu’ils s’appelaient, les rats. Alors son esprit commença à fouiller dans ses lectures, dans le savoir qu’il avait accumulé jusqu’à présent en se demandant quel genre de sortilège pourrait bien être à l'œuvre. Et une nouvelle fois, il s’était perdu dans sa tête.

Mais la perspective de s’entraîner avec Marine le ramena vite à la réalité de l’instant. Si la demoiselle semblait intéressée, les détails restaient vagues et le petit brun aimait bien quand les choses étaient précises. Il décida donc de se jeter à l’eau.

“Tu… tu veux attendre la fin des vacances, ou… ?”

Maintenant que l’idée avait germé dans sa tête et que la Gryfonne avait accepté, il n’avait qu’une hâte, c’était de s’y coller.

La petite Baylacq avait mis le doigt sur quelque chose. Il est vrai qu’Ernest avait toujours rêvé de magie et depuis le plus jeune âge. Quand les premiers signes avaient fait leur apparition, il n’en avait pas eu réellement conscience. Ernest n’avait que sept ans et il avait fallu les explications de ses mamans et une longue conversation pour lui expliquer que si les plantes du salon avait fanés c’était à cause d’un pic d’émotions qui avait déclenché ses pouvoirs. S’en était suivi une horrible crise de larmes face au cataclysme botanique dont il avait réalisé être le responsable. Ses mamans s’étaient armé de patience et le gros chagrin avait été apaisé.

“Au début, je comprenais pas trop comment ça marchait… je… j’essayais tu vois… avec mes mains ou… en me concentrant vachement… évidemment bin… ça marchait pas… mais j’aimais bien faire semblant quand même…”

Il n’était pas rare qu’il se perde dans son imagination, munie d’une cuillère en bois en guise de baguette magique. Le petit brun s’était beaucoup amusé à faire comme maman, en répétant des sortilèges qu’il avait retenus au quotidien ou en inventant ses propres formules emprunte de l’imaginaire d’un petit garçon.

“Mais c’est vrai que quand j’ai reçu ma lettre pour Poudlard, j’étais impatient… mais comme je suis né au mois de septembre, bin… j’ai dû attendre encore une année… et ça c’était franchement pas cool… mais ma mère m’a acheté les fournitures au fur et à mesure. Alors ça aidait à passer le temps… les bouquins surtout…”

Ernest avait toujours du mal à se satisfaire de ce qu’il avait. En terme de connaissance en tout cas. Il n’en avait jamais et il se surprit à envier sa camarade d’être déjà dans une année supérieure à la sienne.

“Et toi… c’était comment quand t’as reçu ta lettre ? T’as dû attendre beaucoup ?”

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Le jeune Serpentard semblait plus qu'impatient de se mettre au travail, enfin rien de bien surprenant de sa part puisqu'il paraissait aux yeux de Marine être un acharné du travail. Entre cette question, ses lectures de livres plus avancés et sa petite cachette sous les tribunes pour s'entrainer, la lionne en était presque sûre. Mais même s'ils étaient en vacances et qu'elle avait déjà suffisamment de devoirs comme ça l'idée de sa rajouter une séance d'entrainement aux lancés de sortilèges ne la dérangeait pas du tout. En fait se préparer à aller au club de duel, un grand objectif qui lui tenait à cœur, s'apparentait plutôt à un instant de détente aux yeux de la timide même s'ils allaient devoir rester concentrés pour ne pas faire de bêtise avec leur magie.
- Siii... si t'es partant pendant les... les vacances je le, le suis aussi ! Affirma-t-elle avec enthousiasme.

Les formalités n'étaient pas tout à fait finies mais l'anglaise avait plus important à faire, elle voulait connaître l'avis d'Ernest sur son impatience d'atterrir ici. Elle se surprenait quelques fois à penser à la façon dont elle aurait fait pour patienter des années durant de pouvoir aller dans un lieu aussi magique, alors écouter ces récits la fascinaient autant qu'ils la rendaient jalouse d'avoir un rapport sain avec leur magie. Visiblement à l'écoute l'élève hochait régulièrement la tête amusée par son imagination qui voyait un garçonnet s'acharner pour refaire de la magie, à coup sûr il n'était pas le seul qui avait dû le faire mais il semblait avoir garder cet acharnement.

C'était un juste retour de question mais la rouge et or aurait préféré l'éviter. Toutefois elle tenta tant bien que mal de garder la face en empêchant son esprit autant qu'elle le pouvait de faire remonter les images qu'elle gardait de cette journée d'enfer. Aussi elle évita de donner un maximum de détail pour ne pas aller réveiller tout ça :
- Ce, c'était horrible... J'crois que, qu'il y a encore une, une part de moi qui... qui aurait préféré que la... la lettre n'arrive ja, jamais. Ou qu'elle ait été je, jeté à... à la poubelle. M'enfin j'suis quand, quand même contente de, d'être là. Fit-elle avec un manque d'enthousiasme qu'elle se reprocha mentalement.

Retournant sur une note moins difficile pour elle la Gryffonne poursuivie :
- Du coup j'ai, j'ai attendu seulement deux, deux mois, maiiis... j'avais tellement hâ, hâte de fuir de, de chez moi que ça, ça a paru suuu, suuper long !
Surprise de s'être autant confiée alors qu'elle connaissait si peu le vert et argent, la fit se taire en rougissant, le fait que le plus jeune ait parlé de son passé avait inconsciemment forcé l'anglaise à en faire de même et comme elle avait eu quelques détails elle en avait aussi donné quelques tout petits en échange.

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Ernest n’était pas du genre à prendre des initiatives mais pour une fois, son courage avait payé. Marine était prête à se mettre à l’entraînement derechef. Un large sourire pris place sur ses lèvres, le genre qui ne pointait que rarement. Il semblait qu’entrer dans le club de duel tenait autant à cœur à la demoiselle qu’à l’adolescent. Et puis il se sentait plutôt à l’aise avec elle. Il espérait que l’impact pourrait être réciproque et que tous les deux arriveraient à dépasser leur peur du regard des autres. Au moins assez pour se présenter à l’atelier du sous-directeur. Pour ce qui était de Miss Valerion, rien n’était moins sûr. Il faudrait qu’il soit sacrément fort pour oser se présenter là-bas.

“Trop cool ! On peut commencer demain, même !”

Son enthousiasme le débordait légèrement et le garçon baissa la tête en rougissant légèrement en s’en rendant compte.

L’adolescent ne parlait pas souvent de sa vie à Londres, de ses mamans ou de sa position de Sang-Mêlé. Quoiqu’en y pensant, les discussions les plus intéressantes avaient tourné autour de ces sujets-là, à des moments où il se sentait un peu moins mal à l’aise face à ses interlocuteurs. Ou plutôt ses interlocutrices. Il faut croire qu’il se sentait un peu plus en confiance avec les filles, ce qui n’avait rien d’étonnant. La gente féminine avait jalonné son enfance et il n’avait pas réellement de modèle masculin dans sa vie.

Ernest avait retourné la question à Marine ce qu’il regretta immédiatement en voyant le visage de la Gryffonne se décomposer. Il avait encore mis les pieds dans le plat. Mais comment est-ce qu’il aurait pu le savoir ? Elle avait posé la question en première. Pourtant la jeune fille ne se défila pas et commença sa confession. L’adolescent ne pouvait pas imaginer l’idée de ne pas vouloir venir à Poudlard. Pour lui, ça avait été l’objectif depuis tout petit. Depuis qu’il connaissait l’existence de l’école. Il avait patiemment attendu que les années passent.

“Hein ?! Mais… Pourquoi ?”

La question était sortie toute seule et il regretta de l’avoir posé. Il voyait bien que ce n’était pas un sujet exaltant pour la brunette.

“Enfin, pardon, je… t’es pas obligé d’en parler si tu veux pas, hein…”

Deux mois, ce n’était pas très long. Marine avait dû recevoir sa lettre au début de l’été et partir pour Poudlard à la rentrée qui suivi. Juste le temps de faire ses achats en gros. Et de se réjouir. Mais était-ce le cas ? À la manière dont elle exprimait son empressement à partir de chez elle, le garçon affiche une moue. Il ne savait plus s’il devait poser des questions ou pas.

“Mais… t’es bien ici, non ? T’as des copines et tout… Puis t’as l’Professeur Charleston en directeur de maison et ça c’est plutôt chouette, nan ?”

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