Hymne à nos aïeux

Hymne à nos aïeux

... partis trop tôt.


Vous qui avez été un rocher, une constance, vous qui m'empêchiez de dériver, vous qui saviez comment défroisser ma moue boudeuse pour orner mes traits d'un sourire bienheureux,
Vous, mes Aïeux de cette vie, vous qui l'avez quittée, vous qui m'y avez laissée, endeuillée, démunie,
Vous qui m'avez inspirée, et qui m'inspirez toujours, de par votre patience, votre douceur, votre dévotion, votre sincérité et votre amour,
Vous, reflets de l'harmonie, guides et protecteurs,
Vous, aux mille projets, aux ambitions saugrenues, aux mots doux réconfortants, aux sourires en coin,
Vous, partis trop tôt, délivrés d'une vie qui ne vous désirait plus, souffrants, malades,
Sachez que rien ne changera jamais, que je vous aime toujours autant, que vous allez me manquer.

Aïeux que la vie n'a pas épargnés, guerres, maladies, décès, vous avez fait de ces douleurs une force, et de votre force un exemple.
Aïeux que la vie a gâtés, rencontres, naissances, prospérité, votre objectif jamais n'a été ébranlé, et de l'amour vous avez toujours su faire couler.
Tantôt gais, tantôt effondrés, mais présents toujours vous l'avez été, quand petite vous me rendiez visite, vous m'accueilliez en vos bras, qu'il pleuve ou qu'il vente dans vos cœurs, vous n'étiez avec moi que douceur.
Des souvenirs de vous toujours je garderai, les expéditions, les goûters, les chamallows grillés, toutes ces portions de ma vie auxquelles vous avez contribué, vos magazines, vos jeux, votre décoration démodée, et les mêmes films que nous regardions en boucle, et le jardin de mes premiers pas, et la cabane de mes premiers rires aux éclats, et la chambre de ma première nuit blanche passée, obsédée par une BD, et tous ces vestiges à jamais resteront gravés,
Et je sais que des souvenirs similaires vous avez, et qu'autant que moi vous les chérissez, et qu'avec vous vous les emportez,
Là-bas, où que vous soyez, ou tout près, collés aux amulettes que de vous j'ai gardé, réveils, vêtements, sabliers, tout ce qui me fait penser à vous est sur une étagère posé.
Entre vous et moi des milliers de souvenirs et un pont, un simple pont, qu'un jour moi aussi je franchirai.

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J'apprends la nouvelle de la bouche de P'pa. Son père est parti, à présent sa mère l'est aussi, une branche de notre arbre s'écroule, et moi, je nie. Je nie, car ce n'est pas possible, ce n'est pas possible qu'on n'existe plus vraiment. Je nie, car ce n'est pas possible qu'au delà de la vie, il n'y ait qu'un gouffre, et qu'aucun passage, qu'aucune porte ces deux mondes ne relie, ce n'est pas possible qu'ils nous aient quittés, ils nous aimaient trop, ils n'auraient jamais osé. Il faut donc qu'ils aient découvert un secret, un moyen d'avec nous discuter, de rester à nos côtés, toujours, pour nous guider, nous accompagner, nous regarder grandir et évoluer, car jamais au grand jamais, leurs corps volontairement n'auraient cessé de fonctionner. Ils nous aimaient trop pour nous quitter.

Dans ma chambre, parfois, le soir, je leur parle. Je les appelle, j'allume une bougie, je hume leurs vêtements, ferme les yeux pour inverser le temps, je regarde ma mémoire défiler, je tisse un nouveau lien qui ne se base sur rien, rien de fondé, rien de prouvé, rien d'avéré, simplement mes mots dans le vide murmurés, portés par une envie farouche qu'un connexion continue d'exister.

Elowen perd sa grand-mère durant l'été 2048, et, si elle était un brin lettrée,
c'est ainsi que sa peine se formulerait.

20 ANS - Employée dans une boutique de runes - #8C6A8E
JE NE SUIS PAS UN HIBOU UNE PLUME