Félins pour l'autre
Lundi 24 juin 2047
Résidence des Luben, Bristol, Angleterre
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Arrivé devant sa maison, il ne lui restait plus qu’à poser sa main sur la poignée et pousser la lourde porte de bois pour marquer son retour à un mode de vie qui ne lui convenait plus. Il jeta un regard en arrière, en direction de la voiture que son père déchargeait tant bien que mal. Il aurait pu l’aider, mais au fond de lui, Alexander aurait préféré que ses affaires restent là où elles étaient encore la veille. À Poudlard. Il opéra néanmoins un demi-tour et se dirigea vers le coffre du véhicule. Là, il tira avec force sa grosse valise jusqu’à la laisser tomber lourdement sur le sol. Certes, le brun avait pris du muscle cette année, mais son fourbi pesait toujours le poids d’un âne mort, et il ne déplaçait sa valise qu’en la traînant, ayant cassé depuis longtemps les roulettes qui s’y trouvaient autrefois. Son père lui fit signe d’attendre qu’il revienne pour un peu d’aide, avant de s’engouffrer par la porte, les bras chargés de provisions. Profitant un peu du soleil, l’anglais s’appuya contre le coffre entrouvert, pensif.
Cette fois-ci, sa mère n’avait pas daigné faire la route. Son père était là, sur le quai de la gare, pour attendre son fils à l’arrivée du Poudlard Express, les traits tirés. Alexander hésitait. Etait-ce juste parce qu’Owen n’avait plus l’habitude de conduire et que le trajet l’avait épuisé ? Etait-il tourmenté par le travail ? Ses parents s’étaient-ils disputés ? Ou peut-être avait il juste passé une mauvaise
nuit ? Il n’avait pas osé poser la question à son père, mais la réponse lui semblait déjà un peu plus claire. Le Gryffondor ne savait que trop bien que lorsque la voiture familiale déboulait dans l’allée, le bruit de son moteur était reconnaissable entre mille. Et pourtant, sa mère n’avait toujours pas pointé le bout de son nez. Durant le trajet, cela ne lui avait pas posé de problème, puisqu’il avait pu échanger librement avec son paternel, et lui raconter sa fin d’année et ses examens, même s’il avait en réalité passé plus de temps à parler de sa saison de Quidditch, tout en omettant évidemment la fin de son premier match. Visiblement, la direction de Poudlard n’avait pas jugé l’incident assez grave pour en informer Owen, et son fils s’était bien gardé de lui en parler. En revanche, il ne se lassait pas de répéter inlassablement que les Griffes Ardentes avaient gagné, au grand dam de son père, qui ne pouvait s’empêcher de rester un fervent supporter de sa maison de cœur, Serpentard. Mais Alexander n’en saurait jamais rien, puisque son père était tout de même fier de lui.
Le garçon fut tiré de sa rêverie par l'ancien Serpentard, qui lui poussa gentiment l’épaule pour lui faire signe de bouger. Alexander s’exécuta et emboîta le pas de son père. Dans l’entrée, il ne put s’empêcher de demander : « Maman n’est pas là ? » Son père se contenta de pointer la salle à manger du menton. « Il y a un mot sur la table pour toi. » Le Gryffondor ne savait pas vraiment quoi en penser. Il accrocha sa veste au porte manteau, retira ses chaussures et s’empressa d’aller lire ce que sa mère avait à lui transmettre.
« Pfff, si c’était pour dire ça, c’était vraiment pas la peine. » Le Gryffondor froissa le papier avec une froide indifférence. Il ne fallait pas être un devin pour comprendre que soit ses parents s’étaient disputés, soit sa mère l’évitait. Dans le second cas, il aurait au moins l’occasion de passer un peu de temps avec son père. Visiblement, rien n'avait changé, et le temps passé depuis l'entrée d'Alexander à Poudlard n'avait pas suffi à apaiser les relations familiales. Alors qu’il se dirigeait vers la cuisine pour jeter la boule de papier qu’il avait en main, son père l’interpella du haut des escaliers. « Alex, monte, j’ai une surprise pour toi. »Alex,
J’espère que tu vas bien et que tu as fait un bon voyage. Je suis partie pour quelques jours chez une amie, j’avais besoin de prendre l’air. Je reviens bientôt, sois sage en attendant.
Maman
Alexander, 6ème année RP, #MMG, Loustic problématique & ex-muraille des Griffes Ardentes | #9B8127 | PR
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Lundi 24 juin 2047
Résidence des Luben, Bristol, Angleterre
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Une surprise ? Alexander était intrigué. Il était rare que son père lui fasse des surprises. Sur l’intégralité de sa maigre existence, il les comptait sur les doigts d’une main. La plus récente était son balai, qu’Owen lui avait acheté avant sa rentrée en deuxième année. Son fils lui avait parlé de ses projets d’entrer dans l’équipe de Quidditch de sa maison, sans pour autant être lui-même certain que cette envie se réalise, mais pour l’aider à mettre toutes les chances de son côté, l’ancien Serpentard avait décidé de mettre la main à la poche. Et puis, dans tous les cas, un bon balai n’était jamais un mauvais investissement. Bien entretenus, ils pouvaient durer des dizaines d’années tant que de trop fortes contraintes ne leur étaient pas infligées.
À mesure qu’Alexander grimpait les marches menant à l’étage où se situaient sa chambre et le bureau de son père, son excitation grandissait. Qu’avait bien pu préparer son père ? La porte de sa chambre était entrouverte. Le brun la poussa un peu plus pour entrer dans la pièce. Au centre de celle-ci, une caisse. Alexander reconnut immédiatement qu’il s’agissait d’une caisse de transport pour animaux. Il leva les yeux vers son père, qui était assis sur son lit. Sur ses genoux, blotti contre lui... Un chat ?! L’adolescent resta figé sur place, à la fois surpris, ému et surexcité. Cela faisait des années qu’il harcelait ses parents pour en adopter un. Chaque anniversaire, chaque Noël, chaque fête était un prétexte pour leur rappeler qu’un compagnon à quatre pattes serait un merveilleux cadeau. Mais ils s’y opposaient farouchement. Selon eux, il n’était pas assez mature pour s’occuper lui-même d’un être vivant. Enfin, c’était surtout sa mère, Nora, qui exprimait le fond de sa pensée. Owen ne faisait souvent qu’acquiescer silencieusement.
Alexander s’approcha calmement de l’animal et pris place aux côtés de son père. Il tendit la main vers la tête du chat, qui s’empressa de le renifler. « Il s’appelle Pito. Ça a été difficile de convaincre ta mère, mais je pense que maintenant, tu es assez grand pour t’occuper de lui. » Le garçon hocha la tête. Désormais, il devrait s’occuper d’un être vivant au quotidien. C’était pour lui quelque chose d’assez difficile à réaliser. En réalité, il se sentait angoissé à l’idée d’avoir un devoir envers l’animal. Il l’avait tant désiré, mais au moment où il se retrouvait nez à nez avec ce chat dont il ne connaissait rien, il n’était plus sûr qu’il serait à la hauteur de la tâche. Alors qu’il était pris de doutes, le chat quitta les genoux d’Owen pour venir chercher de sa tête la main d’Alexander. « Il a déjà l’air de t’apprécier. Quand je suis allé le récupérer, on m’a dit qu’il était très amical avec les humains. »
Il ne croyait pas si bien dire. Quelques secondes après, le félin était déjà positionné les quatre pattes en l’air, ronronnant avec force et tentant d’amadouer son nouveau maître du regard. « Et il sait y faire ce gros rat ! » Malgré un retour à Bristol en demi-teinte, Alexander commençait à retrouver le sourire. Pour une surprise, elle était réussie. Il leva un instant les yeux du félin pour les poser sur son père. « Mais du coup, c’est mon chat à moi ? Je pourrai le ramener à Poudlard avec moi ? » Owen posa une main sur l’épaule du Gryffondor avant de se lever. « Oui, à une seule condition. Il va falloir que tu nous montres, à ta mère et moi, que tu es capable de prendre soin de lui seul. Tu vas avoir toutes les vacances pour ça. C’est une bonne occasion pour toi de nous prouver que tu es devenu un adolescent responsable. Sur ce, je vais vous laisser faire connaissance. J’ai du travail. »
Alors que son père quittait la pièce, Alexander l’interrompit. « Au fait, merci. Je… » Il marqua une courte pause avant de poursuivre. « J’étais pas trop content à l’idée de rentrer à la maison. À chaque fois je m’ennuie et Poudlard me manque. » Le garçon ne trouvait plus vraiment les mots pour exprimer ses pensées, mais Owen fit demi-tour et s’approcha pour serrer son fils dans ses bras. « Je t’avais promis qu’on passerait du temps rien qu’à deux cette année. Je ne pourrais pas être avec toi tous les jours, mais j’espère que tu t’ennuieras moins. » Alors il comptait bien tenir sa promesse.
Alexander, 6ème année RP, #MMG, Loustic problématique & ex-muraille des Griffes Ardentes | #9B8127 | PR
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Mardi 2 juillet 2047
Dans un parc au cœur de Bristol, Angleterre
Dans un parc au cœur de Bristol, Angleterre
Alexander slalomait entre les arbres en trottinant. L'été, bien que considéré comme une période peu propice à une activité physique intense, était au contraire une occasion rêvée pour l'anglais de courir quotidiennement. À Poudlard, les cours obligatoires laissaient peu de place à la pratique du sport en dehors des entraînements de Quidditch, et alors que la plupart des joueurs devaient sans doute profiter de leurs vacances pour se relaxer, le Gryffondor s'adonnait à un entraînement intensif. À la rentrée, il serait plus endurant que jamais, et son corps n'aurait plus aucun souci pour encaisser les séances particulièrement difficiles que Leo leur concoctait à chaque entame de saison, pour remettre l'équipe d'aplomb.
D'après la montre qu'il portait au poignet, cela faisait maintenant quarante minutes qu'il avait quitté la maison pour venir se vider l'esprit ici. Alexander se dirigea vers une fontaine à eau pour se désaltérer avant de se poser lourdement sur un banc. Le nez levé vers le ciel et les bras posés sur le dossier du banc, il ferma les yeux le temps de reprendre son souffle.
Voilà désormais une semaine qu'il était rentré à Bristol. L'agitation continue de Poudlard avait laissé place à une routine ennuyeuse. Les premiers jours de vacances avaient été relativement agréables. Il faisait beau mais pas trop chaud, et Alexander avait pu profiter de l'absence de sa mère pour passer un peu de temps avec son père. Quelques jours plus tôt, ils s'étaient rendu au Chemin de Traverse pour faire quelques achats. Son père avait besoin de faire le plein de plantes, baumes et autres potions pour son cabinet. Et pour faire plaisir à son fils, Owen l'avait emmené faire un peu de lèche-vitrine du côté de chez Keddle & Leather, avant de finalement céder à la pression du Gryffondor et de lui acheter une nouvelle paire de gants, de bien meilleure facture que celle qu'il possédait jusqu'à présent. Il avait indiqué son envie à son paternel avec une passion déconcertante, le guidant à travers la boutique, si bien que ce dernier avait compris qu'il ne s'agissait pas là d'un simple caprice mais bien d'un réel besoin lié à sa pratique du Quidditch.
Ses premiers jours de vacances avaient eux aussi été l'occasion d'apprendre un peu plus à connaître son nouveau compagnon à quattre pattes. Pito était un chat très câlin, constamment en demande d'attention, et Alexander savait bien lui rendre, même si parfois, le jeune garçon avait bien du mal à l'éloigner de lui lorsque sa présence se faisait trop importante. Point positif pour satisfaire tant les envies du garçon que celles de son chat, le félin adorait passer du temps dehors. Ainsi, il n'était pas rare qu'Alexander le suive lorsque Pito quittait la maison pour une expédition matinale.
Et puis sa mère était rentrée, et la transition avait été plus brutale que jamais. Il était attablé avec son père en train de déjeuner, débattant des dernières performances de l'équipe des orgueilleux de Portree alors qu'elle faisait irruption à l'intérieur de la demeure. Un silence de plomb s'était aussitôt abattu, avant qu'Alexander ne se décide à poursuivre sa conversation comme si de rien était après avoir vaguement salué sa mère. Ce qui avait duré quelques minutes, avant que cette dernière ne se rende compte que les Orgueilleux n'étaient pas une quelconque équipe de football, mais celle du sport sorcier le plus répandu dans la région. Réprimandes d'un côté, cris et protestations de l'autre, le ton était rapidement monté et Alexander était parti se réfugier dans sa chambre. Avant de redescendre les escaliers quelques minutes plus tard, chaussures de sport au pieds, et de quitter la maison familiale en claquant la porte.
Deux ans. Deux années qui n'étaient toujours pas suffisantes pour que Nora accepte enfin la réalité. Elle avait épousé un sorcier, et même si Owen était d'accord pour rester discret et pour se comporter comme un parfait petit Moldu auprès de sa femme, Alexander ne l'entendait pas de cette oreille. Il était un sorcier, et comptait bien se comporter comme tel, même si sa baguette ne demeurait pas à ses côtés lorsqu'il se trouvait à Bristol.
Alexander, 6ème année RP, #MMG, Loustic problématique & ex-muraille des Griffes Ardentes | #9B8127 | PR
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Mercredi 24 juillet 2047
Résidence des Luben, Bristol, Angleterre
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Alexander remontait les escaliers, bouillonnant de colère, en prenant soin de claquer des talons à chaque pas dans l'escalier pour faire entendre son mécontentement à toute la maison. Malheureusement pour lui, la moquette amortissait considérablement les chocs. Mis à part un petit boum relativement discret, malgré l'effort qu'il faisait pour être le plus bruyant possible, sa tentative de démonstration se soldait par un échec, ce qui ne faisait qu'accroître sa frustration. Arrivé en haut des marches, l'anglais ouvrit brutalement la porte de sa chambre d'un coup de pied, avant de s'engouffrer dans sa chambre et de claquer la porte derrière lui. Je veux plus jamais la voir ! Qu'elle s'en aille, qu'elle parte loin ! Je veux plus entendre parler d'elle ! Il avait beau tenter de profiter des vacances pour reconstruire le lien brisé qui l'unissait à sa mère, aucun de ses efforts ne payait. Il ne pouvait pas parler de lui. Sa vie était un sujet tabou. Pourquoi papa a épousé une débile comme elle ?! Il ne comprenait pas. Et il avait tenté. Mais désormais, il ne voulait plus comprendre. C'était terminé. Elle ne voulait pas faire d'efforts ? Très bien, lui non plus n'en ferait plus. Si elle souhaitait prétendre que tout ça n'existait pas, grand bien lui fasse. Qu'elle continue sa vie avec papa, mais j'en ai plus rien à faire !
Alexander se dirigea vers son bureau, les poings serrés. Il se sentait impuissant, et la frustration grandissait en lui. Dans un mouvement de rage, dans le but d'évacuer autant que possible le chaos d'émotions qui le tourmentait, il balaya d'un revers du bras les objets qui trainaient sur son bureau. Parmi eux, une boule de verre, qui vint s'écraser contre le mur avant de chuter au sol et d'éclater en morceaux dans un fracas étourdissant. Derrière le Gryffondor, Pito, qui dormait paisiblement sur le lit de son maître jusqu'à son entrée dans la pièce, sursauta et partit se cacher sous le lit, la queue et les oreilles baissées.
Au secours ! L'humain est devenu fou ! J'ai peur, alors je miaule et je vais me cacher sous son lit. Que quelqu'un vienne me chercher !
Il avait complètement oublié la présence de son chat. Et son geste n'avait rien changé. Il était toujours en colère. Et maintenant, il avait fait fuir Pito. Des larmes commençaient à couler sur ses joues, incontrôlables. Il tenta de les essuyer, même si personne n'était là pour les remarquer. Pourquoi je pleure, je suis pas triste ! Aucune raison d'être triste pour elle. Mais il avait beau prétendre le contraire, son corps semblait comprendre ses émotions mieux que lui-même. Alexander se dirigea vers son lit, et se laissa tomber de tout son poids sur les draps, faisant légèrement craquer les lattes de son sommier.
Je me mets en boule et je me fais petit. Il va pas venir me chercher, si ? Si l'humain vient, je lui ferai peur. Je sais feuler ! Et mes griffes sont acérées ! Il a pas envie que je le griffe, hein ?!
La tête plongée dans son oreiller, le Gryffondor poussa un cri de rage étouffé. Et les larmes continuèrent de couler, silencieuses. Il resta là, immobile, l'esprit bouleversé.
Il ne vient pas. Il est parti ? Je relève la tête. Je peux sortir ? Je me glisse doucement en dehors de ma cachette. Le grand panier mou était plus confortable. Je tourne la tête. L'humain ! Il est là ! Je recule. Il ne bouge pas. Il va bien ? Je fléchis mes pattes arrière et je saute. Il prend de la place. Je vais être obligé de me coller à lui.
Alexander sentit quelque chose se masser contre lui. Il effectua un mouvement de sa main vers l'arrière pour chasser cette présence incommodante. « Vas t'en, je veux pas de toi ! Laisse moi tranquille ! » Pris d'un soudain sentiment de culpabilité, il se redressa et s'adossa au mur contre lequel était placé son lit. Il posa son regard sur le félin qui reprenait sa place comme si rien ne s'était passé. Attendrissant. Il tendit la main vers lui et lui caressa le cou. « Tu t'en fous toi de tout ça hein ? » Pito leva la tête et renifla la main de son nouveau maître. Puis il se dressa sur ses pattes et vint se lover contre le jeune anglais.
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Vendredi 23 août 2047,
Dans un Square au cœur de Bristol, Angleterre
Dans un Square au cœur de Bristol, Angleterre
Alexander comptait les jours qui le séparait de son retour à Poudlard. Il ne lui restait plus beaucoup de temps à tenir avant de rentrer chez lui. Puisque désormais, le château lui paraissait bien plus familier que les rues de la ville dans laquelle il été né et avait grandi. Assis sur un banc, il regardait Pito fureter dans l'herbe, aussi loin que la laisse que son maître tenait du bout des doigts pouvait lui permettre d'aller. Pour une fois, il n'était pas sorti seul. Ces vacances, il avait pu les passer avec son nouveau compagnon. Même si dans les premières semaines, la cohabitation avait été difficile pour l'anglais, il ne regrettait pas une seule seconde la présence de l'animal à ses côtés. Tantôt réconfortant, tantôt agaçant ou amusant, il considérait désormais le félin comme un membre à part entière de sa famille. Ou comme un ami cher. Et profiter de ses vacances avec un ami, ça lui avait manqué. Le chemin qui l'unissait à ses anciens amis s'était séparé en deux, et il avait poursuivi sa route seul de son côté. Seul.
Il lâcha quelques instants Pito du regard, pour le poser sur des enfants qui jouaient un peu plus loin. Ils doivent avoir mon âge. Et l'anglais fut quelque peu surpris de constater qu'ils s'adonnaient à une partie de volleyball. Cela faisait une éternité qu'il n'avait pas vu quelqu'un pratiquer ce sport, et en avait même presque oublié son existence. Un sourire se dessina sur les lèvres de l'adolescent. Une part de lui souhaitait s'approcher du petit groupe et leur demander s'il pouvait se joindre à eux. De l'autre, il se sentait de plus en plus étranger à ce monde qu'il ne côtoyait quasiment plus. Et puis, il devait surveiller Pito, qui tirait de plus en plus sur sa laisse, en proie à sa curiosité maladive. Ils ont l'air de s'amuser. Il laissa échapper un soupir de frustration. Cela lui rappelait l'amusement que lui ressentait lorsqu'il jouait au Quidditch. Son sport de prédilection lui manquait. Et même s'il s'agissait là d'un sport d'équipe, il avait appris à accorder de la confiance aux joueurs qui l'entouraient, à s'intégrer dans un collectif. Et surtout, c'était un sport qui laissait la place aux joueurs pour briller, tant individuellement que collectivement. Et ça, c'était un atout non négligeable. Est-ce que le volleyball était aussi un sport qui permettait tout cela ? Il n'en savait rien, il n'y avait jamais joué. Mais ce jour-là, il ressentait particulièrement l'envie d'essayer.
Mais le Gryffondor réfréna son envie de s'approcher du groupe de jeunes moldus. Après tout, ils vivaient dans le même quartier, et si de là où il se trouvait, il ne distinguait pas clairement leur visage, il était possible qu'ils aient été d'anciens camarades. T'étais où ? T'as déménagé ? En pensionnat ? Mais qu'est ce que t'as fait pour que tes parents t'envoient en Écosse ?! Ou peut-être qu'il ne les connaissait finalement pas. T'es nouveau par ici ? On t'as jamais vu ! Tu vas aller dans quelle école ? Bah si tu vas à l'école en Écosse, pourquoi t'habites pas là-bas ? Pas beaucoup mieux. Non décidément, il n'avait pas envie de justifier sa présence - ou son absence - à ces moldus. Et puis, si en rentrant il avait raconté à ses parents qu'il avait passé du temps avec d'autres enfants de son âge, il aurait eu droit tant aux questions incessantes de son père sur les hypothétiques efforts faits pour garantir la préservation du secret magique qu'aux commentaires désagréables de sa mère sur le fait, qu'enfin, il retrouvait des fréquentation normales. Très peu pour lui. Finalement, Pito était un compagnon de choix. Pas une roue de secours.
Alexander agita les doigts pour attirer l'attention de son compagnon, qui aussitôt, s'approcha de lui en miaulant et sauta sur le banc. Son maître passa ses doigts tout le long de son pelage avant de se lever.
« Tu viens gros rat ? On rentre ? »
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