24 août 2023, 21:24
OS Le regard de l'homme
TW - agression sexuelle, agression sur mineure

J’avais toujours été consciente qu’être née dans le corps d’une femme était une faiblesse. J’étais une chose fragile, que les hommes devaient choyer, protéger, et traiter comme un vase de porcelaine, qui briserait a la moindre erreur. J'ai aimé ça, pendant un moment. Ce privilège, cette pureté qu’on associait à mon genre. Plus je vieillissais, plus on me complimentait. « Tu deviendras une jolie jeune fille, Lexa. », « Tu sais, si tu n’étais pas la fille de mon collègue, il y a longtemps que je t’aurais pris. » Je ne comprenais rien de tout cela, plus jeune. Aujourd’hui encore, à 15 ans, j’avais du mal à cesser chaque tournures de phrases les plus perverses. Elles résonnent pourtant toutes dans mon être entier. Je détestais cette sensation. C’était comme être enfant, et entendre un « Tu comprendra quand tu sera plus grande » Sauf que j’étais plus grande, et que chacune de ces phrases me concernaient moi. Hier, j’ai demandé à maman ce que voulait dire l’ami de mon oncle quand il pariait dans sa barbe que j’étais un délice. Je me suis sentie sale. Chaque homme de mon entourage avait un jour émis une réflexion sur mon corps, et ce, avant même que je n’ai l'âge de comprendre leurs mots. Je me souviens parfaitement de la première personne à m'avoir parlé ainsi. Le meilleur ami de grand-père. Edward Queen était un monstre, et son entourage lui ressemblait bien trop. J’avais pris l'habitude de surnommer chacun de ces hommes. La Termite, Le Robot, et Le Rhinocéros. L’un ne sortait jamais de chez lui. Le Robot kidnappait des Moldus, et les emmenait chez la Termite pour qu’il s’occupe de leur rappeler qui ils étaient, et quelle était leur place. Le dernier partait a l’étranger avec mon grand père pour trouver des armes plus puissantes, des magies plus sombres, et en profitait pour assassiner les impurs qui osaient se dresser sur son chemin. Mais le pire de tous était le Marquis. Il gardait toujours le silence, n'encourageait pas ces amis, mais ne les désapprouvait pas non plus. Mais son sourire blessait plus que n’importe lequel des mots des quatre autres.

Louis et moi revenions d’une balade avec notre gouvernante lorsque j’ai été confrontée à lui pour la première fois. Il m’a demandé ce que je pensais des Moldus, de mon jeune âge. J’avais six ans, à peine. Je lui ai répondu ce qu’il voulait entendre, je savais très bien quel genre de personnage c’était. Cet été-là, je l’ai souvent revu chez mon grand-père. Et dès que Edward Queen est venu chez nous, le marquis l’accompagnait. Ce jour-là, il m’avait coincé à part dans le jardin, me demandant si il avait fait quelque chose de mal, voulant savoir s' il pouvait changer pour que je l’apprécie davantage. Je lui avais répondu que non, je n’avais rien contre lui. Mais il avait senti dans ma voix le mensonge. Son visage s'est transformé d’un coup, passant du Marquis, supérieur et mauvais, il était devenu un autre monstre, vil et affamé. Mon pantalon plein de boue ne le répugna pas. Il caressait mes jambes, et mon corps entier réagit. Je tremblais, je mourais de froid. Pourtant, je ne savais même pas ce qu’il était en train de faire. Je ne comprenais pas pourquoi il jouait avec moi, comme une poupée de cire. D’un coup je me sentais pleine de douleur, mes jambes n'arrivaient plus à me porter, et son sourire devenait de plus en plus sombre. « J’ai mal...» fut la seule chose que je réussisse à dire. Il ne s’arrêta pas. Ces mains continuaient de me torturer, et je continuais de le supplier d’arrêter. Les larmes coulaient une à une sur mes joues blanches, salies par la poussière.

J’ai mal.
J’ai mal.
J’ai mal.


Le regard de l’homme est le pire des fardeau lorsque l’on nait dans le corps d’une femme. La pire des douleurs, la punition ultime. Le Marquis ne m’avait plus jamais touché depuis ce jour-là. Il continuait de s'adresser à moi comme il le faisait avant. Comme si je n’étais qu’une poupée de cire.

Couleur RP : #274e13
5ème année [48-49] - filière sciences
Lexa Queen, ou le trèfle à 4 feuilles vivant de Maiy Lewis