Été 48 Portree Ecosse

Lorsqu'elle se retourne enfin, j'accentue mon regard pour que même la pénombre soit plus agréable à regarder. J'y mets toutes mes matinées à attendre, tous mes faux espoirs de la voir surgir en forêt, toute ma déception d'enfant de ne pas l'avoir vue plus tôt. Je lui confère un devoir de m'aider, une obligation d'être présente à tout moment, quand je le souhaite et où je le veux, mais comme à son habitude, mes règles ne sont pas les siennes. Elle débarque un soir, alors que c'est le pire moment pour que je sorte librement, elle ose passer et partir sans même s'annoncer alors qu'elle sait que je l'attends depuis plus d'un mois.

Je l'observe, m'assurant qu'elle soit bien réelle, qu'elle n'est pas que le fruit de mon imagination, mais son regard est impossible à inventer. Même sous la lumière tremblotante d'un lampadaire, je le reconnais. Même avec toute la rancœur possible, la main que je vois se tendre vers moi me fait sourire. Elle me ramène quatre mois plus tôt et ma main s'approche instinctivement de la sienne. Comme un besoin viscéral d'être emmené loin d'ici, d'être enveloppé encore et encore dans cette bulle de protection que je ne trouve plus ici. Ma main s'avance à mesure que les mots de Valerion s'ajoutent et m'invitent à la rejoindre, jusqu'à sa pause. Mes doigts se referment contre ma paume, ma main se fige dans l'air quand je suis rappelé que ma mère est derrière moi.

Sa question me désarçonne. Non, évidemment que non, ils ne savent pas qui elle est. Evidemment que ma mère ne sait pas que c'est elle que j'attends chaque matin. J'entends d'autres pas s'ajouter : ceux de mon père. Manquait plus que lui. Je leur en veux déjà de s'imposer dans cette réunion à laquelle personne ne les a conviés. C'est mon moment. C'est ma professeure. Ils n'ont pas à être là. Je me retourne et voit mon père parler à ma mère, sans ne rien entendre. Je reviens brusquement à ma professeure et hoche de la tête, paniqué et de mes gros yeux, indiquant que non, ils ne savent pas. Et par là, je voudrais qu'elle comprenne qu'il n'y a pas de temps à perdre, qu'elle peut m'emmener où elle veut, tant que c'est loin d'ici. Je la supplie du regard.

- Non.., lâché-je enfin d'un chuchotement. Non, je ne veux pas avoir à leur dire que je pars. Non, je ne veux pas avoir à leur expliquer où je vais, avec qui, même si c'est ce que l'on attend de moi. Ne peut-on pas oublier les règles et s'expliquer plus tard ?

Mon père joue aux grands héros - héros qu'il n'est pas - et interrompt mon contact en se plaçant devant Valerion et moi. Comme si un ne suffisait pas, ma mère nous rejoint également. C'est à eux que j'envoie mon regard sombre maintenant. Les deux observent la main tendue de ma professeure, interloqués, évidemment sans aucune possibilité de comprendre. Ils ne peuvent que mal interpréter et placent presque ensemble un bras contre moi pour me faire reculer, pour me protéger de la femme en noir qui surgit chez les gens le soir. Mes lèvres se pincent, agacé d'être ainsi éloigné. Tout aurait été si simple si elle était venue le matin.

- Je peux savoir qui vous êtes et ce que vous faites ici ?, demande mon père qui cherche à se contenir devant ma mère. Peut-être la prend-il pour une mendiante qui tend la main pour obtenir quelques pièces. Je tourne la tête vers l'autre parent et remarque que ses yeux se plissent, comme si elle essayait de distinguer des traits familiers, mais sa main a déjà fait glisser sa baguette.

Je relève la tête vers Valerion, paniqué qu'elle ait pu le voir aussi. Je n'arrive à sortir aucun autre mot. A ce moment, je rêverais que l'Occlumens passe Légilimens. Je voudrais qu'elle lise qu'elle n'a qu'à s'avancer et prendre mon bras pour nous éloigner d'ici. Je voudrais que le temps s'arrête et que je me défasse de ces deux bras qui m'empêchent de l'atteindre.

Le mouvement de bras de ma mère me fait sortir de mes pensées lorsqu'il se lève vers ma professeure. Elle a repéré sa baguette et la voilà alertée.

- Qui êtes-vous ?, demande-t-elle d'un ton froid, baguette pointée sans honte vers la Directrice de Maison. Je ne pensais pas ma mère si impulsive, et la voir agir ainsi me donne envie de courir chercher ma baguette pour la diriger sur elle. Mon père ne comprend pas non plus, car c'est sa femme qu'il regarde dorénavant les sourcils froncés. Je déglutis et reviens sur le regard de Valerion, désolé.

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
- Non...

La main de Sixtine était toujours tendue vers le jeune garçon, elle attendait toujours que ses doigts viennent trouver les siens. Elle attendait le contact de sa peau d'enfant sur la sienne qui avait vu passer bien trop de chagrins. Il avait dit « non » mais la professeure avait conscience qu'il ne refusait pas de la suivre, il répondait simplement à sa question. Les parents du garçon ne savaient pas qui était Sixtine. Ils ne savaient pas qu'elle avait été cette main tendue un jour dans le parc de l'école, ils ne savaient pas qu'elle était une promesse.

Ainsi, lorsque l'homme se plaça devant la directrice de maison, l'obligeant à retirer sa main tendue, elle fut agacée mais compréhensive. L'homme avait posé la question qui brûlait les lèvres de sa femme depuis quelques secondes. Qui était elle ? Avant que l'ancienne Auror ne puisse répondre, la petite botanique avait sorti sa baguette et la pointait dans sa direction. Étrangement, la professeure garda son calme, fit un pas en avant pour réduire l'écart qui séparait les deux femmes. À présent, la baguette de la femme Sharp était collée à la peau de professeure.

- Briser le secret magique est un crime. Dit elle en soutenant le regard de la femme face à elle et en ignorant totalement le père du garçon. Pour Lukas, pour son bien et surtout pour le vôtre, vous devriez ranger votre baguette avant qu'un moldu ne vous voit. La directrice de la maison Serpentard patienta quelques secondes avant d'approcher lentement son visage de celui de la mère de famille jusqu'à ce que sa bouche atteigne l'oreille de la brune. Sixtine Valerion, ancienne Auror et actuellement professeure de défense contre les forces du mal. Chuchota Sixtine, tout en souriant de toutes ses dents. Ce sourire n'avait rien de rassurant, au contraire, il était angoissant et froid.

Dans ce bref échange, l'ancienne Auror venait de rappeler qu'elle était en position de force et que la pauvre sorcière n'avait pas d'autres choix que de ranger sa baguette si elle ne voulait pas payer le prix fort de sa protection. Car, après tout, Azkaban n'avait rien d'un lieu paisible pour mère au foyer.

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.

Été 48 Portree Ecosse
Deux demandes d’identification sont envoyées, et celle de mon père est royalement ignorée. Je sens sa fierté blessée car c’est moi qu’il cherche du regard. Il n’a rien obtenu de Valerion et cherche à imposer son questionnement et sa fausse puissance sur moi. J’imite ma professeure et l’ignore à mon tour, le laissant à l’écart face à trois sorciers.

Alors que je plante mon regard dans celui de ma professeure, je la vois s’avancer vers la baguette tendue de ma mère et mes yeux s’arrondissent davantage. Je fixe le bois contre le corps de ma professeure et je prie pour qu’aucun sort n’en sorte. Je sais ce dont Valerion est capable et pourtant, je ne peux pas m’empêcher de ressentir une certaine appréhension sur ce que la magie de ma mère pourrait lui faire. Je l’ai toujours vue n’utiliser que de simples sorts, mais de quoi peut-elle être capable quand son fils est, selon elle, en danger ? Instinctivement, mon pied gauche s’avance vers les deux. Un pas discret, sous l’impulsion, qui cache un besoin de contrôle.

Son pas en avant est suivi par des mots, par une mise en garde qui ne met pas long à faire redresser les épaules de ma mère. Elle sait très bien que briser le secret magique est un crime, et pourtant, sa baguette ne s’abaisse pas. La phrase n’a aucun effet car elle n’a pas encore décidé du potentiel de la situation. Je cherche à décrypter son regard qui ne quitte pas celui de la Directrice de Maison et je m’interroge sur ce qu’il signifie : de la honte ? Du dédain ? Je perds le fil de mes pensées quand mon nom résonne sur les lèvres de ma professeure. Pour mon bien. Ces mots me font sourire et ma réaction est à l’opposé de celle de ma mère. Elle semble s’offusquer, quand la fierté me gagne ; ses lèvres se pincent quand les miennes s’agrandissent. Ma mère n’apprécie clairement pas qu’une autre femme puisse parler au nom de son fils, encore moins pour prétendre savoir ce qui est bien pour lui, contrairement à elle. Sa fierté de mère est touchée et sa main qui se crispe montre que c’est une humiliation pour elle. Egoïstement, je n’entends que les mots de Valerion et que mon nom. Le corps de ma mère est, quant à lui, tendu. Elle se contient, mais je vois son index glisser nerveusement sur le bois de sa baguette. Elle jette un regard aux alentours pour vérifier qu’il n’y ait personne et se prend un chuchotement que je ne parviens pas à entendre.

Le sourire froid que reçoit ma mère accentue son humiliation. Ses sourcils se froncent. Sa baguette s’abaisse doucement, mais pas encore totalement.

— Professeure ?, répète-t-elle pour s’assurer d’avoir bien compris. Mon cœur s’accélère. Voilà qu’elle sait. Dans une seconde, elle fera le lien entre le nom et la matière affichés sur mon bulletin, et il y aura dorénavant une image sur celle qui y a inscrit un Optimal.

La tension est trop grande et mon corps bondit et intervient dans ce duel verbal. De ma main gauche, je termine de faire baisser totalement la baguette de ma mère et me place face à elle, aux côtés de Valerion. Le catalyseur suit le mouvement mais reste contre la jambe de sa maîtresse.

Maman, je la connais, c’est bon ! Est-ce que je peux aller dans son domaine ?, demandé-je les yeux suppliants. S’il te plait ? J’ajoute après une seconde.

Ceux de ma mère s’écarquillent, sous l’aberration d’une telle demande. Je n’ai pas conscience de ce que cela veut dire, ni du coup de jalousie que cela provoque en elle. Elle qui me voit depuis un mois lui refuser des sorties, voilà que j’en accepte une avec ferveur, et ce n’est pas la sienne. Ses épaules se redressent, elle prend une grande inspiration et sa main se crispe sur sa baguette. Ce qu’elle a retenu plus tôt sort maintenant.

— Hors de question ! Et contrairement à ce que tu penses, je sais très bien ce qui est bien pour toi. Son regard vient se poser immédiatement dans celui de ma professeure, lui montrant clairement que c’est encore elle qui décide. Je ne sais pas pour qui vous vous prenez, mais chez moi, on ne débarque pas chez les gens pour emmener un enfant le soir ! Ni à aucun moment, d’ailleurs !

— Arrête ! Arrête de jouer au parent modèle !, lancé-je tant pour reprendre sa remarque qui sonne faux que pour défendre ma professeure.

— Lukas, ça suffit ! , lance mon père en s’avançant vers moi pour m’attraper par le bras, et que j’esquive en reculant d’un pas.

— Toi aussi, arrête ! Je fixe les deux une seconde, sentant la colère monter. Je suis trop jeune pour donner mon avis, c’est ça ? Tu veux que je change ? Pourquoi c’est à moi de changer ?! Vous voulez savoir qui c’est ? Sixtine Valerion ! Une prof ! Et vous voulez savoir pourquoi elle est là ?! Parce que contrairement à vous, elle est là ! Elle me pousse à la magie, elle ! Une personne adulte a décidé que j’étais bon avant même de l’être !

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
Aux mots de Sixtine, la mère de famille avait abaissé sa baguette. Elle aurait pu faire preuve de sagesse en rangeant son catalyseur, mais elle avait décidé de ne pas le faire. Elle répéta la fonction de Sixtine devant elle : professeure. La directrice de maison s'était replacée face à la botaniste. Elle s'apprêtait à lui demander une dernière fois de ranger sa baguette lorsque l'enfant la fit s'abaisser totalement la plaçant ainsi le long de sa jambe. Le problème n'était pas encore résolu, mais au moins, le risque avait diminué.

Le garçon n'avait pas tardé à prendre la parole, il demanda l'accord pour se rendre au domaine Valerion. Ce que sa mère lui refusa, sans surprise. La professeure écouta le débat qui s'en suivit, ne se sentant pas vraiment concernée par cet échange et préférant laisser le garçon débattre à sa place. Mais, lorsqu'elle sentit la colère s'emparer du corps du garçon, elle ne put retenir sa main de se poser sur son épaule. Cette main qui souhaitait plus que tout absorber toute la colère de l'enfant. Tout en laissant sa main sur l'épaule du jeune garçon, Sixtine décida qu'il était temps pour elle de reprendre la parole et de venir au secours de Sharp.

- Miss Sharp, laissez moi reprendre le fil de cette discussion. Je n'ai pas "débarqué" chez vous, comme vous dites. J'étais bien devant, en effet, mais je n'ai, à ma connaissance, pas posé un talon sur votre propriété. Aussi, laissez-moi vous rappeler que je n'ai pas emmené Lukas, il est venu à moi. Vous voulez savoir où nous allons, car oui, il va venir avec moi que vous lui donniez votre accord ou non, nous allons dans la forêt là où le manoir Valerion se trouve. Vous connaissez votre enfant, vous devez savoir que, si vous lui interdisez de venir avec moi, il trouvera tout de même un moyen de me rejoindre.

Elle laissa le temps aux deux parents de prendre en compte toutes les informations que venait de donner Sixtine. Elle avait tout expliqué d'une voie calme et presque raisonnée. Elle retira ensuite sa main de l'épaule du garçon pour le laisser libre de ses mouvements.

- Je vous le ramène demain matin, au lever du soleil.

Puis, elle tourna les talons et commença à marcher en direction de la forêt.

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.

Été 48 Portree Ecosse
Mon flot de paroles est décousu car il envoie tout ce qui était retenu depuis des mois. Le regard de ma mère m’assomme. J’aurais voulu de la colère, pour alimenter la mienne, mais ses yeux tristes m’entraînent et me font comprendre que j’ai été trop loin. Je sens la main de ma professeure se poser sur mon épaule et ma colère s’apaise. Je tourne la tête vers cette main qui prend de plus en plus de place dans le contrôle de mes émotions. Ma colère s’apaise tellement que ma mère le voit et ses yeux embués marquent un tournant dans notre relation. A ce moment-là, il m’est impossible de dire si, dans sa tête, elle abandonne ou si elle cherche encore à se battre. Et je ne sais même plus moi-même quelle option je veux qu’elle choisisse.

La femme en noir s’avance de son pas que je lui connais quand elle sait qu’elle a un pion d’avance. Elle s’avance et ma mère ne réagit pas. Elle attend, quitte mon regard pour se poser sur celui de Valerion et écoute. Chaque phrase est un coup porté à sa fierté de mère, et si je n’avais pas dit ce que j’avais dit avant, elle aurait pu tout encaisser. Elle aurait sûrement répliqué, se serait foutu de jeter un sort et aurait tenté quelque chose, avec pour seul témoin moldu, mon père. Sauf que cette fois, elle est absorbée par les mots de son fils qui résonnent dans sa tête et l’argumentaire de Valerion qui lui semble irréfutable.

J’écoute ma professeure qui me montrent encore une fois qu’elle me connaît plus que mes deux parents réunis. Aveuglé par les mots qu’elle choisit, aveuglé par sa prestance, je souris quand elle affirme que je la suivrai, et souris encore quand elle ajoute que je trouverai le moyen de le faire. Dans ses mots, j’entends ma force et ma détermination ; les deux qualités qui ont disparu du vocabulaire de mes parents.

Le regard de ma mère est revenu à la main posée sur mon épaule et elle semble reprendre sa respiration à la seconde où mon épaule en est privée. Elle reste interdite un moment, mon père aussi. Les deux paraissent assommés par ce qu’ils viennent d’entendre. La dernière phrase envoyée par Valerion les prive de toute riposte, de tout combat et les laisse sans voix. Plus aucun mot ne sort quand je voudrais qu’ils parlent. Ma mère range sa baguette douloureusement et me jette un regard à la fois triste et froid horriblement difficile à interpréter.

— Tu rentres… ? Son ton oscille entre l’ordre le plus faible jamais entendu et l’interrogation.

Impossible de dire si elle me laisse le choix ou si elle renonce. Elle attend une seconde, deux secondes, me voit tourner la tête vers ma professeure qui s’en va, et tourne elle aussi les talons pour rentrer sans ajouter un mot. Mon père s’avance vers moi et s’assure que la Directrice de Maison est bien loin.

— Que tu me reproches tout ça, je comprends, mais ta mère ne méritait pas tout ce qu’elle vient d’entendre. Je ne sais pas ce que l’on t’apprend à Poudlard, mais tu me déçois, Lukas.

Le dernier coup porté par mon père me fait avancer d’un pas vers lui mais il se retourne et, à son tour, se dirige vers la maison, en laissant la porte ouverte. Dois-je m’en vouloir de les avoir fait s’éloigner ou leur en vouloir de m’avoir laissé m’éloigner ? Je la fixe une seconde, deux secondes, puis fais un pas en arrière, puis deux, et cours en direction de Valerion pour la rattraper.

— Qu’est-ce qu’on va faire, Miss ?

Mary Sharp - PNJ (non validé)


Je fixe la main de celle qui fait sourire Lukas. Je fixe cette main et me demande à quel moment j’ai pu échouer, à quel moment il s’est définitivement éloigné. Le regard de mon enfant est froid et j’ai peur d’admettre que je le reconnais de moins en moins. Impossible de répliquer face aux arguments lancés par la femme en noir. Elle semble le connaître déjà plus en un an que moi en onze. Depuis quand Lukas cherche des solutions pour fuir mon autorité ? Pourquoi est-ce la sienne qu’il suit ?

Quand elle s’éloigne, j’espère encore. J’espère qu’il rentrera et retournera dans sa chambre comme il nous avait dit le faire et que je viendrai lui dire bonne nuit, comme chaque soir. Mes mots sortent difficilement, ma voix est faible, je retiens les sanglots coincés dans ma gorge. Je ne comprends pas pourquoi je lui laisse le choix, mais les mots de sa professeure m’empêchent de lui ordonner quoi que ce soit. Je n’ai pas d’échappatoire. Son regard m’abandonne et se dirige vers elle et je sais que j’ai déjà perdu. Je me retourne, rentre et les larmes coulent.

Je ne sais pas ce qui me prend de laisser mon fils partir. Ma confiance aveugle en Poudlard ? Le monde sorcier ? La peur de lui refuser une énième demande et d’être perçue à ses yeux comme il perçoit son père ?

Lorsque John rentre sans Lukas, je refuse sa main, ses bras, son regard désolé.

— Tu vas écrire à la directrice de Poudlard, n’est-ce pas ?

Je prends une grande inspiration, pesant le pour et le contre.

— Oui. Pour retirer Lukas de l’école.
@Elina Montmort pour la mention :)

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
Il n'avait pas fallu longtemps à Sixtine pour entendre les pas de Lukas la rejoindre. Pour ne pas le perdre dans l'épaisse forêt et pour garder ce contact qu'elle avait créé quelques mois plus tôt avec cet élève elle lui donna la main. Peut être aussi pour se rassurer et pour canaliser sa peur de s'approcher de ce manoir qu'elle avait tant détesté. Trop concentrée, qu'elle était à tenir sur ses jambes sans tomber. À mesure qu'elle se rapprochait du manoir, elle sentait un poids s'alourdir sur son cœur. Sans s'en rendre compte, ses doigts avaient serré un peu plus leur prise sur la main de l'enfant qui l'accompagnait.
Image postée par le membre


Après avoir marché plusieurs longues minutes à travers le bois épais, Sixtine s'arrêta devant le sortilège permettant de repousser les moldus. Elle relâcha la main de l'enfant, expira bruyamment, passa une main dans ses cheveux et lissa les plis de sa robe avant de faire un pas en avant et d'entrer dans le domaine des Valerion. Elle était de nouveau sur les terres de son père, sur les terres ou elle avait grandi dans une famille composée d'une seule personne.

Elle marcha plusieurs minutes à travers les herbes hautes avant d'atteindre le portail du manoir. Il s'ouvrit magiquement lorsqu'elle se présenta devant et, encore une fois, elle récupéra la main de Lukas pour avoir le courage de rentrer dans le manoir. Devant les grandes portes, elle utilisa sa baguette pour les ouvrir. À l'intérieur, il n'y avait aucune lumière, aucun bruit.

Un lumos plus tard, le passé de la professeure était affiché aux yeux de Lukas. Les plantes avaient poussé dans le manoir, la poussière s'était accumulée, mais les vestiges du passé étaient bien présents. Sur le sol, il y avait encore quelques livres, des pages de manuscrits déchirées, des photos brisées et quelques bouteilles vides...

- Je m'excuse pour ce... Bazar. Dit elle tout en allumant toutes les torches du manoir pour rendre le lieu moins lugubre.

Reducio
L'image du manoir est simplement la vision de Sixtine. Inrp le manoir ressemble à ceci : Image postée par le membre

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.

Été 48 Portree Ecosse
Sans réponse de sa part, je glane des informations dans son comportement. Son regard vers la forêt, son inspiration plus profonde mais discrète, sa main qui se resserre sur la mienne et un pas décidé. Je l’imite, reste silencieux et tente de retenir tout le chemin vers lequel elle nous fait passer. D’une forêt à l’autre, je reconnais celle que les habitants de Portree appellent The Enchanted Forest et je lutte pour garder ma mâchoire fermée. J’ai envie de lui poser tout un tas de questions, l’interroger sur le lieu, si elle est à l’origine de ce surnom magique, pourquoi est-ce qu’elle a choisi un tel lieu, et je me demande surtout pourquoi je n’ai jamais su.

Nos pas s’arrêtent, je suis son regard pour comprendre ce qu’il se passe et comprends que nous sommes arrivés. Je regarde autour de nous, tente de mémoriser l’angle des arbres qui se ressemblent tous, pour pouvoir revenir. Je l’observe jeter un sort et note les précieux éléments qui suivent. Valerion se recoiffe, ajuste sa robe et je commence à penser que quelqu’un nous attend dans ce manoir. Je l’imite à nouveau, baisse la tête vers mes vêtements, mon jean et mon sweat gris et espère que cela sera suffisant. Le rythme de nos pas reprend, un portail géant nous ouvre et sa main vient saisir la mienne. J’épie son regard à la recherche de quelque chose qui pourrait lui faire penser que je puisse avoir peur, mais je ne vois rien. Sa main n’est pas censée me rassurer ici, mais je ne comprends pas l’intérêt qu’elle a. Toutefois, je me laisse faire et marche à travers les hautes herbes. Si quelqu’un vit actuellement dans ce château, il lui faudrait un jardinier, car clairement, la magie n’a pas aidé.

L’intérieur du manoir est le contraire de ce à quoi j’aurais pu m’imaginer, rien n’est à l’image de ma professeure. Ce n’est pas de l’élégance et du propre, mais l’odeur des vieux lieux oubliés. Son Lumos résonne dans ma tête et je découvre ce qui nous accueille. Prudent, je ne fais qu’un pas ou deux, légers, comme si je craignais d’abîmer quelque chose. Je surveille les siens, ne cherchant pas à la dépasser, même si l’envie de tout découvrir commence à monter en moi. Ma tête se penche en arrière, j’observe les hauts plafonds, les vieilles lumières visitées par les araignées, puis le double escalier de l’entrée qui titillerait n’importe qui d’y monter. Il est majestueux et je m’imagine déjà tous les allers retours que Valerion a pu faire ici. Si j’y habitais, je passerais des heures à vouloir tout descendre les fesses collées sur les rampes en bois, et glisser encore et encore jusqu’à ce que l’on me demande d’arrêter.

Mon pied se frotte à un livre poussiéreux et mon premier instinct est de me baisser pour le récupérer, mais l’excuse que j’entends derrière moi me rappelle que je suis chez elle, et me redresse à temps. Je lui envoie un sourire poli, un sourire qui n’a que faire de ce bazar tant il y a de choses à découvrir, tant le moment me parait comme suspendu. Impossible d’entendre la réalité de ce que j’essaie de me répéter : je suis dans le manoir de sa famille, à ses côtés. A son excuse, je tâte ma poche à la recherche de ma baguette, évidemment absente à la fête.

— Oh, je voulais vous proposer de lancer un Tergeo, mais je n’ai pas ma baguette… Et puis, je l’ai raté à mon examen de toute façon.

Je reprends ma découverte, note de nouveaux objets par terre, dont quelques bouteilles et des photos au cadre brisé et commence à penser que personne ne doit vivre ici. Comment pourrait-on lorsque tout semble si abandonné ?

— Miss ?, osé-je en fixant la bouteille du regard, ne retenant plus ma curiosité, qu’est-ce qui s’est passé ici ? Je penche la tête pour tenter de décrypter les humains sur les photos abimées. Ça fait longtemps que vous n’êtes pas venue ?

Je tente de faire quelques calculs de tête, puis pars sur l’âge de ce manoir. Il est ici depuis des années. Que je ne le connaisse pas, c’est une chose, mais en repensant à ma mère, je me demande comment elle n’a pas pu m’en parler. Elle qui vit à Portree depuis tant d’années, impossible de ne pas connaître le nom de Valerion, impossible de ne pas savoir. Les questions fusent et j’ai envie d’interroger ma professeure, à défaut de pouvoir le faire sur ma mère.

Je m’abaisse, balaye l’amoncellement de livres et photos de ma main gauche, puis saisis la plus petite photo sépia parmi les coupures de parchemins. Je fronce les sourcils, prends un instant pour décrypter la fille au centre et me rends à l’évidence qu’il s’agit de ma professeure. Elle doit avoir mon âge, à quelques années près, et je souris. Je soulève les autres et tombe sur une photo d’elle, bien plus grande. On dirait presque l’âge d’Aelle. Je jette un rapide coup d’œil vers la même personne en vérifiant que je ne suis pas observé, et enfouis la photo dans ma poche. Je reprends la plus petite photo et me dirige vers son sosie.

— C’est vous, non ?, demandé-je timidement, sans encore me soucier de ce que toutes ces photos d’elle font par terre, à prendre la poussière.

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
Toutes les lumières du manoir venaient de s'allumer, le manoir reprenait un petit souffle de vie. Cette demeure qui n'avait pas vu âme qui vive depuis des années était contrainte de se réveiller d'un long sommeil. Le parquet grogna de se faire réveiller ainsi, les lumières vacillèrent, les plantes accros à la pénombre se rétractèrent puis, Sixtine rangea sa baguette. Ses mains s'étaient posées sur les murs, la pierre était froide, mais les souvenirs, eux, étaient intacts. Elle était encore capable d'entendre tous les cris, toutes les formes de violence et toutes les larmes.

Les yeux de la professeure se fermèrent, un millième de seconde, elle se revoyait enfant, cachée derrière le piano en espérant que personne ne la trouve jamais. La voix de l'enfant qui l'avait accompagné jusqu'ici venait de la tirer de ce souvenir. Qu'avait il dit ? Il avait loupé un sort à son examen ? Elle n'eut pas la force de lui répondre tout de suite et le garçon ne perdit pas plus de temps avant de poser ses prochaines questions.

- Ce qu'il s'est passé ? Tellement de choses. Dit elle en s'approchant de l'escalier, sans en dire plus et sans répondre à sa dernière question. Elle fut contrainte de poser les yeux sur Lukas lorsqu'il lui montra un ancien portrait d'elle. Oui, c'est bien moi. Quel accoutrement ridicule. Je détestais ces moments où l'on m'obligeait à ne pas bouger pendant plusieurs secondes, ou l'on me contraignait à porter des vêtements ridicules.

Sans rien ajouter, elle était montée à l'étage, lentement, laissant ses doigts traîner sur le bois des escaliers se piquant parfois aux plantes qui avaient pris racine. Une fois à l'étage, elle prit directement sur sa droite, empruntant un long couloir qui semblait avoir brûlé. Il n'avait pas brûlé tout seul, Sixtine y avait mis le feu en quittant la maison, il y a des années, dans l'espoir de brûler tous les portraits d'elle et son paternel qui ornaient ce couloir. Évidemment, son père avait arrêté les dégâts avant qu'il ne soit trop tard. Et les tableaux, bien qu'à moitié calcinés, étaient encore présent, accrochés tout le long de ce couloir.

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.

Été 48 Portree Ecosse
Tellement de choses. Évidemment, vu son âge, elle a dû en vivre ici. Mais son ton n’est pas des plus enjoués. Ainsi, je n’insiste pas et l’écoute commenter la photo que je lui tends. Même si je la vois avec ses traits d’enfant, il m’est impossible d’imaginer son caractère à cet âge. Est-ce qu’on aurait été amis si nous avions été de la même année ? Je m’étonne en l’entendant se plaindre des costumes qu’on lui imposait. Elle, dont le caractère est si trempé, devait se tenir tranquille sans ne rien dire ? Ce monde qu’elle me présente me parait bien différent de celui dans lequel je l’imagine en tant que professeure.

Entrainé par elle, je la suis vers ces escaliers qui me faisaient de l’œil. Je passe ma main sur les plantes qui s’enracinent dans le bois et y trouve un certain émerveillement. Des plantes à l’intérieur même d’une maison, des plantes qui vivent leur vie, du lierre qui vit et que je retrouve toujours présent dans les moments de ma vie les plus intrigants. Puis, une odeur. Pas celle du lierre, pas celle de Valerion pourtant si singulière, celle du bois et du papier qui ont brûlé. Même si le temps a passé, une légère odeur persiste. Impossible de ne pas la remarquer quand on vit au milieu des forêts, des constructions de bois et de magie.

Une fois arrivé à l’étage, je découvre des parties de murs noircis, souffrants de ce que, seul Merlin sait, on avait bien pu faire ici. Mes yeux écarquillés, ma bouche entrouverte, je relève la tête vers ma professeure qui me précède, mais toujours aucune explication. Je dois faire mes propres déductions. Je m’arrête devant un des tableaux plus calciné que les autres, passe mon index et mon majeur sur le rebord de la photo et cherche à comprendre, à récolter des indices. L’image est en mouvement, mais semble peiner à s’activer, à me montrer ce qu’elle cache. L’exercice n’est pas facile, je ne connais rien d’elle et voilà que je suis lancé dans une fosse à informations. Je veux toutes les mémoriser, mais toutes les trier me demande une concentration incroyable et impossible pour mon âge. Toutefois, en notant son silence et son avancée déterminée dans ce long couloir noir, presque à son image, je m’ose une remarque.

— Ça n’a pas l’air de vous gêner… ça ?, demandé-je en désignant la photo brûlée de l’index. La magie peut pas la réparer ? Ou p’tete que vous voulez pas ?

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
La professeure s'était arrêtée devant une large porte, le genre de porte qu'il était impossible d'ouvrir en toute discrétion. Elle s'apprêtait à la pousser lorsque l'enfant de la maison d'Helga désigna l'un des tableaux à moitié calciné et posa une question. Évidement qu'il avait des questions, n'importe qui en aurait eu à sa place, et il faisait preuve de patience en n'inondant pas sa professeure de ses pensées.

L'ancienne Aurore se détourna de la porte pour observer le portrait qu'il avait désigné. Il s'agissait d'un portrait de son père et d'elle. Le patriarche était assis sur son grand fauteuil, un fauteuil réservé à son seul usage et Sixtine, elle, se tenait droite comme i à ses côtés sans pour autant le toucher.

- Pourquoi voudrais-je réparer ce que j'ai moi-même voulu brûler ? Elle s'approcha lentement du tableau, l'observa de plus près avant d'inviter Lukas à s'approcher. L'homme que vous voyez là, c'est mon géniteur. Et derrière la partie noircie par les flammes, c'est moi. Une jeune fille de 15 ans venant d'apprendre qu'elle devait se marier avec un homme de sang pur pour honorer le nom de sa famille. Elle se tourna ensuite entièrement vers son élève, pour qu'il puisse parfaitement voir les traits de son visage. Et vous voyez, aucune bague ne s'est posée là. Lui dit elle en lui montrant ses mains nues de toute bague.

Sixtine tourna de nouveau les talons pour pousser la porte en bois au fond du couloir qui n'attendait qu'une chose, son arrivée. La porte s'était ouverte dans un bruit lourd et peu agréable laissant à la vue de la professeure et de son élève, l'ancienne chambre de la brune. Les rideaux étaient au sol, les murs semblaient avoir subi quelques dégâts dus à la magie de Sixtine, les draps et le matelas étaient déchirés et les carreaux donnant sur l'extérieur étaient cassés.

- J'avais oublié que j'avais laissé les lieux dans cet état... Voyez l'importance de ranger votre chambre.

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.