31 juil. 2023, 20:55
 Fini   CdC  Être un sang-mêlé à Poudlard
La remarque d'Ernest sur les métiers piqua l'intérêt de la jeune fille. Elle s'était imaginé que la magie ne pourrait s'inviter que dans des métiers spécifiquement magiques, mais il était vrai que les métiers "ordinaires" pouvaient l'être un peu moins pour un sorcier. Pourtant, elle se demandait quelles pouvaient être ces professions spécifiquement magiques. Elle en connaissait quelques unes, mais c'était probablement une infime proportion par rapport à ce que le monde sorcier proposait.
- "Une deuxième année m'a expliqué qu'au début de chaque année scolaire il y a un genre de salon d'orientation où tu peux discuter avec des élèves des filières qu'ils ont choisi. Et puis, tout au long de l'année, on peut demander à Mr Locke au Bureau d’Orientation et d’Information. Et on peut aussi en parler à notre directeur de maison... Là-dessus, j'ai la chance que le mien soit le professeur de soins aux créatures magiques puisque c'est une matière qui m'intéresse !"

Tout cela paraissait nébuleux à la jeune fille. Elle commençait seulement sa scolarité à Poudlard et dès à présent, commencer à réfléchir à son avenir lui apparaissait difficile. Peut-être qu'elle s'orienterait plutôt par rapport aux matières qui l'intéressait que par rapport au métier qu'elle pourrait faire. Comment font les gens qui n'ont pas d'idée de profession en tête ?

Pour répondre à Ernest, elle expliqua :
- "J'adore ma baguette. Je crois qu'il me faut un métier où je la manipule. Par exemple, en lien avec les sortilèges, la métamorphose ou la défense contre les forces du mal. J'aimerai bien aussi un métier qui me permette d'échanger avec des gens. J'adore discuter - tu as du le remarquer ! Comme ça, je pourrai être professeur de sortilèges ou commerçante en baguette magique !" rigola-t-elle. "Et toi, comment vois-tu les choses ?"

Eileen comprenait la réaction du garçonnet. Il était plus facile de faire les choses seul : lorsqu'on s'exposait au monde, les choses changeaient en quelque sorte de nature ce qui rendait tout plus compliqué. Surtout quand on avait pas confiance en soi.
- "Le regard des autres, ca peut changer la façon dont on se voit. Pourtant, on est toujours le même. Que tu me regardes ou pas, je suis moi. Si tu me regardes, je peux seulement imaginer ce que tu penses, je n'ai aucune certitude de ce que tu penses. Et pourtant, si je ne crois pas en moi, je peux essayer de m'adapter à ce que je crois que tu penses... " Laissant passer un moment, elle continua : "Je sais pas si c'est clair. En gros le fait que l'on se sente observé change notre comportement alors qu'il n'y a pas de raison."

La Réserve semblait être un réel sujet d'intérêt pour le brun. C'était la deuxième fois qu'il y revenait.
- "Je crois qu'on peut y accéder après un certain nombre d'années d'études, surtout quand on est bien vu par le bibliothécaire" lanca Eileen d'un ton complice.

Le sujet de la littérature passionnait la jeune fille :
- "C'est vrai que ca dépend des biographies, comment c'est écrit. Je pense que tu as raison : l'histoire d'une vie ou l'histoire d'un livre n'est jamais qu'une partie de l'Histoire avec un grand H, une manière de se divertir et d'apprendre."

Elle repensa au livre qu'elle était en train de lire.
- "En ce moment, je lis L'ours et le rossignol. C'est un livre de l'époque de nos parents... J'adore piocher dans la bibliothèque de mon père... Bref... c'est inspiré de contes russes avec une jeune fille qui va devoir sauver les créatures des contes des démons qui s'y trouvent... Le livre part d'une base historique avec une belle touche de fantasy... Lorsque je suis dedans, il faut que je mette un réveil sinon il est possible que je ne vois pas l'heure d'aller en cours ou au lit !"

Eileen était toujours aussi perdue à propos des expériences du Serpentard :
- "Jusqu'où tu peux aller ? C'est à dire ?"

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3 août 2023, 23:09
 Fini   CdC  Être un sang-mêlé à Poudlard
Eileen avait l’air d’avoir le cerveau qui tournait à cent à l’heure. Mais à la différence d’Ernest, elle était capable de débiter ses pensées aussi rapidement qu’elles lui venaient à l’esprit. Lui, c’était plutôt des morceaux de phrases et de mots qui se bousculaient au bout de ses lèvres et finissaient par basculer hors de sa bouche de manière beaucoup moins fluide et articulée. La remarque de la serdaigle laissait l’adolescent pensif. Quelles étaient les chances pour qu’il aille voir sa directrice de maison pour lui demander conseil ? Il n’osait même pas la regarder en face.

“Uhmm… ouai… j’imagine qu’on nous laisse pas complétement démuni de toute manière… enfin, j’espère…”

L’idée de faire un métier plus tard résonnait avec celle d’être un adulte. Et pour Ernest, c’était un concept abstrait. Cela dit, s’il y avait une chose dont il était certain, c’est qu’il ne serait jamais joueur professionnel de Quidditch. À défaut de savoir quoi faire, au moins il savait ce qu’il ne voulait pas faire. Les réflexions de la rouquine résonnaient en lui. Depuis qu’il avait commencé à pratiquer la magie, il ne pouvait plus imaginer sa vie sans elle. Sûr que ça lui plairait drôlement de faire un métier qui ferait appel à ses compétences. Encore faudrait-il qu’il soit capable de les définir. Pour le moment, il s’entraînait beaucoup avec des succès et des échecs relatifs.

“Euh… j’en sais rien… quand j’étais p’tit, j’voulais être Auror, comme ma mère… mais… bin ça n’existe plus vraiment… enfin c’est différent… et maintenant… je sais pas trop… J’me débrouille pas mal en Défense contre les forces du mal… mais je suis pas le meilleur… Puis j’aime bien les sortilèges aussi, et la métamorphose… enfin pareil pour la baguette… j’aimerais bien faire un métier où je m’en servirais…”

L’adolescent observa la demoiselle d’un air légèrement incrédule. Il n’était pas certain de comprendre tout ce qu’elle lui disait mais il en saisissait l’idée générale. Il haussa les épaules comme à son habitude lorsqu’il n’était pas convaincu par une idée. En théorie, c’était facile à dire et il aurait pu être d’accord avec elle. Mais dans les faits, c’était une toute autre histoire. Ernest ne maîtrisait pas ses émotions.

La Réserve de la bibliothèque intriguait beaucoup le petit brun. S’il n’enfreignait jamais le règlement, ça ne voulait pas dire que ce qui était de l’autre côté de la ligne n’attisait pas sa curiosité. Au contraire. Ce qu’on cachait aux enfants, “pour leur bien”, c’était là que se trouvaient les vrais secrets. Là qu’on trouvait des réponses et qu’on résolvaient les mystères. Là aussi qu’on cachait la vérité.

“Moi j’aime bien les histoires de sorciers qui inventent des trucs… comme un journal de bord, tu vois… voir comment ils sont arrivés à avoir telle ou telle idée… tout le travail qu’ils ont dû accomplir…”

Ernest aussi avait un journal de bord. Ou disons un petit carnet dans lequel il tentait de consigner toutes les idées qui lui venaient à l’esprit, toutes les découvertes qu’il faisait, tous les échecs qu’il essuyait. Pour ne pas oublier. Mais aussi pour arrêter le flot incessant de pensées. Une fois dans son carnet, elles laissaient relativement en paix.

“Euh… le dernier que j’ai lu c’était Vie et habitat des animaux fantastiques… peut-être que tu connais ? C’est de Norbert Dragonneau… Je cherchais des infos sur les éruptifs… parce que j’avais eu une nouvelle carte de choco… ‘fin…voilà…”

C’était souvent comme ça que ça démarrait. Ça partait d’un détail aussi simple qu’une chocogrenouille et ça le menait dans les entrailles de la bibliothèque à chercher où, qui, comment et pourquoi. Ses questionnements menaient ses lectures et ses lectures apportaient de nouveaux questionnements. Un puit sans fond.

Ernest voyait bien ce qu’Eileen voulait dire. Il lui arrivait souvent de s’oublier. Que ce soit dans la lecture, dans la pratique des sortilèges ou dans ses divagations. Elle par contre, avait du mal à saisir l’idée quand l’adolescent parlait de ses “expériences”.

“Euh… bin, par exemple… le sortilège de lévitation… Miss Priddy a expliqué que c’était pour des petits objets pas très lourds… mais du coup vraiment… on sait pas ce que c’est la limite de “petit” ou de “lourd”... alors j’essaie avec des trucs de différents poids… de différentes forme aussi pour le centre de gravité… puis y a la distance aussi… tant que t’essaie pas, bin en fait tu sais pas vraiment… enfin je sais pas si c’est clair ?”

4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -

5 août 2023, 10:55
 Fini   CdC  Être un sang-mêlé à Poudlard
Ernest ne semblait pas très chaud à l'idée de poser des questions sur son avenir. Globalement, Eileen le sentait avide de connaissances mais elle commençait à le cerner : il aurait probablement préféré que toutes les réponses lui soient accessibles sans qu'il n'est de relations humaines. La fillette savait que sa professeure de DCFM, Mrs Valerion, était aussi la directrice de maison des Serpentard. La connaissant comme professeur, elle pouvait s'imaginer que n'importe qui puisse la voir comme intimidante. Surtout un élève introverti ou peu confiant en lui. Dans le même genre d'idée, le salon d'orientation ne semblait pas forcément pouvoir aider le jeune garçon puisqu'il devrait parler à des inconnus dans un certain nombre. Il restait deux solutions qu'elle proposa :
- "Si tu veux, on pourrait aller ensemble au prochain salon de l'orientation... ou voir le bibliothécaire... De toute façon, ce sera probablement en septembre ou en octobre..."

Elle-même pensait que ca lui serait utile d'avoir des informations supplémentaires mais elle gardait ça pour le début de sa deuxième année. Elle prévoyait d'ores et déjà d'aller voir Mr Dawson à la rentrée. La fillette avait besoin de se rassurer sur ce que lui proposait son avenir.

Les concepts de développement personnel que lui avaient expliqué ses parents et qui l'avait tant aidé n'étaient pas forcément faciles à expliquer ou à appréhender pour une personne qui ne s'y intéressait pas. Elle comprenait qu'elle avait dû être maladroite dans sa façon d'évoquer les choses à la tête de son interlocuteur. C'était un sujet qui lui tenait à cœur et elle pouvait vite s'emballer, elle s'en rendait compte. Elle l'avait fait aux dépens du jeune homme alors qu'elle voulait simplement lui partager quelque chose qui avait fortement raisonné en elle pour lui redonner confiance en elle à un moment difficile. Elle se demanda si elle devait rebondir sur le sujet et si oui comment. Après un instant de réflexion, elle décida de rester simple d'une part sur l'action des autres et d'autre part sur la façon dont elle-même avait réussi à reprendre confiance en elle.

Pour débuter, le plus simple était encore de l'interroger...
- "Quand tu rencontres quelqu'un de nouveau, est-ce que tu imagines comment cette personne te voit ? et si oui, est-ce que ca change quelque chose dans ta façon d'être avec elle ?"

... et de lui faire comprendre que tout le monde n'avait pas à avoir un impact sur notre remise en cause :
- "Quand je n'allais pas bien, mes proches m'ont permis de remonter la pente avec une astuce simple : ils m'ont chacun donner 5 qualités qu'ils voyaient en moi. A les écouter, je ne pensais pas avoir ses qualités mais quand ils m'ont tous quasiment donné les mêmes, j'ai dû les croire sur parole... Ca m'a fait énormément de bien..."

Lorsque le jeune sorcier expliqua à Eileen qu'il adorait découvrir comment untel était arrivé à telle idée, elle comprit l'intérêt qu'il avait. En général, il se cachait toujours une grosse dose d'effort derrière une réussite. Son père avait nommé cela la théorie de l'iceberg : tu es le seul à savoir que pour arriver à 20% de réussite, ce qui est visible au-dessus de la mer, tu as dû produire 80% d'efforts. Les autres ne voient pas et ne savent pas tout ce que tu es et tout ce que tu fais.
Cela allait avec l'idée que la jeune fille voulait faire passer à son nouvel ami mais ce serait probablement trop si elle en rajoutait une couche maintenant aussi ne fit-elle qu'acquiescer avec vigueur et un sourire heureux à sa remarque. Elle choisit plutôt de rebondir autrement :
- "Ca doit être passionnant de lire ces journaux de bord. Tous les capitaines de bateaux en tiennent un... Voir ce qu'il y a derrière une belle campagne en mer écrit noir sur blanc jour après jour... ca fait rêver !"

Et là encore, l'esprit de l'irlandaise vagabonda. Elle qui adorait les voyages, est-ce qu'elle se plairait comme capitaine d'un navire ? Ce serait probablement trop répétitif pour elle et trop petit pour y vivre sereinement...

L'idée de lecture d'Ernest lui plut :
- "Je crois que je vais l'emprunter. C'est un livre pour moi ! Je crois d'ailleurs que c'est un des manuels de cours de SaCM."

A présent, la rouquine voyait bien ce que le brun voulait dire avec ses expériences. Il avait besoin de données fiables pour évoluer. "Petit" n'était pas suffisamment précis pour lui.
- "Je comprends à présent ! Quand on dit "petit", qu'est ce que ca veut dire ? 2 cm ? 20 cm ? 1m ? Plus ? Ce n'est pas suffisamment explicite pour permettre d'avoir une vision claire..."

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28 août 2023, 09:06
 Fini   CdC  Être un sang-mêlé à Poudlard
Si la discussion allait bon train et que le garçon arrivait à enchaîner les phrases, c’était indéniablement Eileen qui menait la cadence. Et quelle cadence ! Le rythme empêchait Ernest de se poser trop de questions. De s’en poser moins en tout cas. Il fallait rester concentrer pour arriver à suivre le flot de paroles de la rouquine. Ce qui ne l’empêcha pas d’être interloqué par la proposition de la serdaigle. Après tout, il ne se connaissait que depuis cinq minutes et demi. Alors qu’elle lui propose d’aller ensemble à un truc qui semblait quand même relativement important, qu’elle fasse des plans à moyen terme et qu’elle propose de l’y inclure, ça le déstabilisait.

“Ah… euh… bin… je sais pas… euh… pourquoi pas…”

L’idée de ne pas se retrouver seul face à une multitude d’informations et d’incertitudes avait quelque chose de rassurant. Et si la demoiselle semblait elle-aussi avoir des interrogations, elle avait l’air beaucoup plus sûre d’elle que lui. Ses questions et ses remarques étaient pertinentes et il réalisait qu’il en partageait un certain nombre même s’il n’était pas capable de les formuler avec autant d’assurance qu’elle. Y aller ensemble, c’était peut-être une bonne chose. Si tant est que la rouquine se souvienne de lui d’ici là.

Il observa la rouquine d’un air circonspect. Il n’était pas certain de comprendre sa question. Pour cela, il aurait fallu qu’il soit capable de prendre du recul sur sa propre position et à onze ans, c’était probablement beaucoup demander. Il se posait beaucoup de questions mais n’avait jamais essayé d’analyser la manière dont il réagissait aux situations.

“Euh… je sais pas… je… enfin… j’crois pas…”

Quelle que soit la personne face à lui, Ernest se montrait d’un naturel méfiant. Parce qu’il avait peur du jugement. Il ne correspondait clairement pas au stéréotype du Gryffondor, brave et confiant. Il n’avait d’ailleurs pas été envoyé dans cette maison ce qui n’était pas un hasard. Le Serpentard était plus petit que la moyenne, pas très épais. Il était relativement maladroit dès qu’il était en présence d’autres personnes. Tout ça, il le savait. Le fait qu’il navigue entre deux mondes n’avaient probablement pas aidé non plus. Dans le monde moldu, il avait toujours dû faire attention à ne pas dévoiler son identité sorcière et en arrivant à Poudlard, il avait eu l’impression qu’il serait mieux de ne pas divulguer la partie moldue.

Il resta pensif en entendant l’exemple que lui donnait Eileen. Il avait du mal à dessiner correctement le contour de ses qualités et de ses défauts. Tout ça restait encore bien flou. Bien sûr, ses mamans lui avaient toujours fait des compliments et l’avaient toujours félicité et encouragé quand il faisait quelque chose de bien. Mais ça, c’était leur job. C’était pas vraiment objectif. Et depuis le jour où le regard de sa grand-mère s’était posé sur lui, Ernest s’était senti encore bien plus petit qu’il ne l’était déjà. Ce qui était étonnant, c’est qu’Eileen puisse ressentir ce genre d’émotions. Elle avait l’air tellement à l’aise.

“Tu… pourquoi tu croyais ça ? J’veux dire… tu donnes l’impression d’être plutôt sûre de toi… et puis t’as l’air de connaître vachement de trucs… et t’es rudement bonne en classe…”

La rouquine était probablement l’une des meilleures de leur promotion, si ce n’était la meilleure. Si Ernest ne la connaissait pas vraiment, ça ne l’avait pas empêché de remarquer ses notes. Si Alaska et lui jouaient à qui mieux mieux quand les devoirs étaient rendus, Eileen, elle, était toujours un cran au dessus. Et il aspirait à ce niveau-là plus que tout.

“J’trouve ça cool de voir comment les sorciers sont arrivés à trouver tel ou tel sortilège ou potion… essayer de comprendre pourquoi ils se sont lancés dans leur quête…”

C’était également une manière de se rassurer. Voir que les sorciers qui occupaient son panthéon - c'est-à-dire, sa collection de chocogrenouille - y étaient souvent arrivés par le travail et la persévérance. Parfois par le hasard aussi, mais ça c’était une autre histoire.

“Il est vachement intéressant. Et puis même si on a pas encore de cours de Soins au Créatures magiques, ça nous empêche pas d’aller jeter des coups d'œil aux enclos… T’étais allée voir les hippogriffes à l’automne ? Moi j’étais plusieurs fois… ils étaient vachement impressionnants…”

Ernest acquiesça, content qu’Eileen puisse suivre le fil de sa pensée. Il avait parfois du mal à mettre les mots justes sur ses expériences ou sur ses émotions. Et la demoiselle n’aurait pas pu résumer mieux la situation.

“C’est ça oui… et puis j’aime bien faire ça… à première vue, les sortilèges de première année sont hyper basiques… ça veut pas dire qu’ils sont simples, cela dit… mais parfois ont peut leur trouver des usages plus marrants…”

Il s'abstint cependant de parler des échecs cuisants et des fausses bonnes idées. Le genre qui avaient pu l’envoyer directement à l’infirmerie.

4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -

28 août 2023, 21:41
 Fini   CdC  Être un sang-mêlé à Poudlard
A la réaction du jeune garçon, Eileen comprit qu'une fois de plus, elle avait voulu aller trop vite. Le bégaiement de retour chez son interlocuteur était un signe distinctif.
- "Tu sais, je me pose plein de questions... et même si je suis en général plutôt à l'aise avec les gens... ca me rassurerait beaucoup d'y aller avec quelqu'un qui a les mêmes interrogations que moi..." Après un instant de réflexion, elle poursuivit : "Tu me rendrais service en fait je crois..."

A la remarque d'Ernest, Eileen sourit pour elle-même :
- "Il ne faut pas croire uniquement l'image que renvoie les gens. J'ai beaucoup travaillé sur moi pour avoir une bonne confiance en moi."

Eileen s'interrogea un instant sur ce qu'elle pouvait révéler de ses instants difficiles qui l'avait fait vaciller. Avait-elle vraiment tourné la page comme elle le pensait ? Serait-elle sereine de le raconter ? Elle s'imagina le dire et laissa venir à elle l'émotion qu'elle ressentirait dans ce cas... Ca lui ferait sûrement du bien lorsqu'elle aurait fini de raconter. Mais elle préférait prendre les devants.
- "Ca te dérange si on s'assoit ? Mon histoire est un peu longue et je crois que je vais avoir besoin de sentir le sol frais sous mes doigts."

D'un geste souple, la fillette décida de se mettre en tailleur, là entre deux rayonnages. Si elle devait dire ce qu'elle avait vécu, il fallait que ca sorte, maintenant, tout de suite.

- "Il y a deux ans, j'avais 9 ans, j'entrais en P6... Le monde me semblait merveilleux. J'étais en classe avec mes camarades habituels avec qui je m'entendais bien... et une nouvelle élève a fait son apparition. Elle a été le centre de l'attention car la nouveauté attire... Ca devait être la même chose dans ton école, je suppose..."

Cherchant ses mots, l'irlandaise continua son explication :
- "Tout le monde voulait être son ami. J'ai donc été heureuse qu'elle me choisisse. Au début, elle m'a dit plein de choses sympathiques... qu'elle m'aimait bien, qu'elle appréciait être avec moi... puis sans que je m'en rende compte, en quelques semaines, elle a fait preuve d'une jalousie intense envers tous mes autres amis. Et sans m'en rendre compte, je me suis isolée d'eux. Bientôt, elle n'a plus été que la seule dans mon entourage à l'école, enfin c'est qu'elle a pensé car Tara a toujours été ma fidèle amie mais ne venait jamais me voir quand elle était là... elle ne l'aimait pas... "

Prenant une grande respiration et touchant le sol de ses doigts pour se rassurer, la rouquine poursuivit :
- "Bientôt, tout ce qui arrivait était de ma faute. Si elle échouait quelque part, c'était à cause de moi. Par exemple, elle était arrivée à l'école en retard parce que j'avais été trop lente à venir la chercher chez elle. Si elle avait une mauvaise note, c'est parce qu'elle n'avait pas pu réviser car je l'empêchais de le faire... Elle était bien sûr la plus intelligente, et on devait suivre ses idées, faire ce qu'elle voulait... Ca m'a mis un gros doute sur mes capacités... Je ne devais rien faire pour la contrarier. Je recevais tellement de critiques de sa part que j'ai eu des idées sombres."

A ce moment de son histoire, Eileen avala douloureusement sa salive.
- "Lorsque Noel arriva, je n'avais plus de joie à rien. Je n'étais plus libre d'être moi car tout ce que je faisais était mal. Tara s'est rendue compte que quelque chose n'allait pas et en a parlé à mes parents. A la maison, je réussissais à donner le change mais à l'école, c'était très difficile. Mes notes ont baissé. Pendant les vacances d'hiver, mes parents ont réussi à me faire parler, car je ne LA voyais plus. Elle était partie avec ses parents en vacances. J'ai fini par déballer tout ce que j'avais sur le cœur : je n'étais pas assez bien pour que l'on m'aime, j'étais trop grande, trop rousse... trop ceci, pas assez cela... Rien ne trouvait grâce à mes yeux. "

A cet instant de son passé, elle avait commencé à revivre et de raconter ce moment permit à la jeune fille de retrouver un souffle plus régulier :
- "J'ai été voir un psy pour enfant. Mes parents m'ont fait l'école à la maison pendant les trois premiers mois de 2046. Le jour de mes 10 ans, j'avais compris l'influence de ma camarade et que c'était elle qui n'allait pas bien... pas moi... J'avoue que ca n'a pas été évident de retrouver confiance en moi. Papa est féru en développement personnel... C'est difficile d'expliquer exactement en quoi ca consiste, mais globalement, c'est une réflexion sur soi à travers des outils. Il y a des trucs bien et d'autres qui ne te correspondent pas... Ca m'a beaucoup aidé. Et le premier des outils a été de prendre conscience que le regard que j'avais sur moi n'était pas le même que celui de mes proches sur moi... Ils étaient plus nombreux, ils me connaissaient par cœur ils avaient forcément raison... et ils ne s'étaient pas parlé entre eux pour évoquer les qualités qui revenaient dans la liste qu'ils me faisaient..."

Soudain, Eileen regardait d'un œil vif le Serpentard :
- "Bref, depuis cet incident, je me suis promis que je ne laisserais plus personne me faire douter de ma valeur. Au début, je me forçais à sourire, à aller bien. Ca a été compliqué pour que ca devienne une réalité. Ca a été long pour croire à nouveau en moi, mais je l'ai fait avec des petits pas. Jour après jour. Toute l'année dernière encore... C'est vraiment parvenue en P7 que j'ai retrouvé le moi d'avant... enfin presque."

Cette longue confession avait été un peu douloureuse pour la jeune fille. Sans vraiment s'en rendre compte, elle l'avait débité quasiment d'une traite. Elle avait la gorge sèche. Elle se força à produire de la salive et à l'avaler. Elle pensait cet épisode derrière elle mais c'était plus qu'un pincement au cœur qu'elle ressentait en racontant son passé. Pourtant, de l'avoir extériorisé, elle se sentait comme libérée d'un poids. Seule sa famille et Tara étaient vraiment au courant de l'histoire... et bien sûr, ses animaux de compagnie qui avaient longtemps étaient sa seule source de consolation.

Elle offrit un faible sourire à son confident du moment. Elle n'avait jamais été dans le détail de cette histoire avec quiconque depuis qu'elle était arrivée à Poudlard. Il fallait croire qu'il déclenchait les confidences !
- "Ca m'a fait du bien de t'en parler... Merci de m'avoir écouté... Comme tu vois, parfois se faire croire qu'on est sûr de soi, ca permet d'y parvenir finalement !"

Rebondissant sur la remarque du garçon quant à ses bonnes notes, elle ajouta pour alléger l'atmosphère :
- "Crois moi, si j'ai des bonnes notes, c'est que je travaille beaucoup. Je me fais des fiches de révision dès la sortie d'un cours et je les relis chaque soir avant d'aller me coucher. Ma mémoire travaille toute seule la nuit et souvent au matin, je me souviens ce que j'ai lu la veille... Et quand je pense avoir mémorisé, je m'interroge sur la base de mes fiches. Tu n'as jamais essayé ?"
C'était une méthode qu'elle devait à sa mère. Celle-ci s'était rendue compte que sa fille avait plutôt une mémoire auditive et visuelle... Elle retenait mieux ce qu'elle entendait et voyait. Abigail avait donc pris l'habitude de demander à son enfant de faire des fiches A5, faciles à tenir à deux mains, avec des codes couleurs, et de lire dans sa tête ce qu'elle écrivait sur le papier pour s'entendre le dire... Et c'était quelque chose qui réussissait parfaitement à l'élève O'Brien qu'elle avait continué à faire à Poudlard... Ensuite, il lui suffisait de relire plusieurs fois ses fiches, et le tour était joué ! On ne change pas une recette qui marche !

Toujours prompte à rendre service, Eileen proposa :
- "Si tu veux je peux te montrer comment je fais mes fiches... On peut même en faire une ensemble !"

Elle précisa :
- "Je crois que le secret c'est de ne pas se surcharger. Au bout d'un moment, quand ma tête me dit stop, il faut que je fasse autre chose ! Et à ce moment-là, j'arrête de travailler... Il faut que je déconnecte. Dans ces moments-là, j'aime bien me retrouver avec moi-même. Je dois faire du tri dans mes idées..."

Il était vrai que bien d'un naturel ouvert sur les autres et plutôt extravertie, la jeune fille adorait ses promenades en solidaire. Elle faisait alors un tour dans les serres ou dans la zone de la SaCM... Ses pas la menaient très souvent dans ces deux endroits du parc... même si avec les beaux jours, elle aimait aussi beaucoup la cour de la tour de l'horloge et le parterre de l'amitié où elle aimait lire. Et justement, la passion ressortait rapidement lorsque l'on parlait d'animaux :
- "Tu rigoles ! J'ai adoré les hippogriffes ! C'était en novembre je crois non ? et en décembre, tu as vu les Abraxans ? Ils m'avaient tous l'air un peu serré dans l'enclos...Je trouvais ca un peu triste..."
C'était probablement son côté amoureuse de la nature qui parlait. Elle avait toujours eu du mal à voir des animaux en cage et encore plus des animaux maltraités... malheureusement, parfois son père en ramenait à sa clinique...

Elle continua son cheminement de pensée.
- "C'est quoi ton animal préféré de la zone SaCM ? Au début, je préférais les niffleurs. Mais ils sont passés en deuxième maintenant, j'adore les Botrucs ! En apprenant à les connaitre, je me suis rendue compte qu'ils sont très familles, qu'ils sont plutôt amusants et gourmands et qu'ils défendent leur arbre de toute leur force... Ils sont très proches des humains finalement ! ""

Ernest avait attisé la curiosité de son interlocutrice :
- "Tu me partagerais un usage marrant que tu as découvert ? Je pense manquer de créativité dans ce domaine..."

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6 sept. 2023, 20:51
 Fini   CdC  Être un sang-mêlé à Poudlard
Ernest releva la tête et observa la demoiselle avec un intérêt non feint. La manière dont Eileen était capable de faire part de ses incertitudes et de laisser paraître sa vulnérabilité ne laissait pas le garçon insensible. Lui n’aurait jamais eu le courage d’avouer qu’il n’osait pas poser les questions qui le taraudaient. Il ne levait jamais la main en classe, que ce soit pour demander quelque chose ou pour répondre aux professeurs. Il tentait de trouver les réponses lui-même. Dans les livres. Par des expériences. L’adolescent rougit légèrement en entendant la demoiselle lui dire que ce serait un service qu’il lui rendrait et la confiance qu’elle semblait lui accorder.

“Bin… ouai… d’accord… ok…”

Ernest évitait de se juger aux premières impressions. Elles étaient souvent fausses et il détestait se tromper. Alors il observait les gens du coin de l'œil. Et Eileen, il l’avait pas mal observé en y réfléchissant bien. Parce qu’elle était probablement la meilleure de la classe. Le bonhomme ne cherchait pas nécessairement à être au-dessus des autres mais il voulait avoir les meilleures notes possibles. Il chassait les optimals avec autant de ferveur que les cartes de chocogrenouille.

Sa réflexion s’interrompue prise de court par la demande inattendue de la rouquine. Il l’observa se mettre en tailleur sur le sol et jeta un regard d’un bout à l’autre de l’allée dans laquelle ils se trouvaient. Ernest restait intimidé mais il se plia à la demande de la demoiselle et s’accroupit contre l’étagère qu’il avait dans le dos. Et alors Eileen commença à raconter. Elle ne s’arrêtait plus de parler. Et le gamin, absorbé, buvait ses paroles. À aucun moment, l’adolescent n’osa lui couper la parole. Il avait l’intuition qu’à cet instant, raconter son histoire était important pour la Serdaigle. Il fit alors ce qu’il savait faire de mieux, écouter.

Tout au long de son récit, il l’observa avec attention. Eileen disait juste, on ne peut pas juger un livre sur sa couverture. Et le petit brun était à mille lieues de penser qu’elle cachait tout cela en elle. Si en général, son empathie était déclenchée par sa capacité à s’identifier aux problèmes des autres et si ses propres expériences ne pouvaient pas être comparées à celle de la rouquine, Ernest n’avait pourtant aucun de mal à ressentir la peine causée par cette histoire. Les gestes ne trompaient pas. À mesure qu’elle parlait, il pouvait sentir sa propre gorge s’assécher.

Et puis il y eu le silence. Pas longtemps. Ernest baissa la tête sans vraiment trop savoir quoi dire, troublé par cette confession qu’il n’avait pas vu venir. Par cet aveu de confiance qu’elle lui avait fait.

“C’est… je… j’suis désolé…”

Il l’était vraiment. Il décela un léger sourire auquel il s’empressa de répondre. Avec autant de pudeur que la demoiselle. Eileen rebondit rapidement pour chasser la lourdeur avant qu’elle n'ait le temps de s’installer. Il savait qu’elle parlait d’expérience quand elle évoquait l’idée de croire en soi. Et son récit en était la preuve. Mais le doute persistait toujours dans le cœur d’Ernest. Lourd comme un regard. Lourd comme un mot qu’il n’avait compris que plus tard. “Bâtard”... autour duquel gravitait tout une flopée d’autres expressions… “honte”, “famille”, “souillure”... qu’il se dépêcha d’enfouir au fond de lui.

Le garçon s’accrocha au nouveau sujet de conversation que la demoiselle avait lancé. Les révisions, ça c’était plus son domaine. Il y passait tellement de temps qu’il pouvait au moins tenir une conversation sur le sujet.

“J’ai un carnet où je note tout… et puis après les cours, je relis mes notes, je les réorganise… J’aime bien faire des schémas aussi… et puis en cours, je note les questions aussi et puis j’essaie d’y répondre plus tard… mais je veux bien voir tes fiches, ouai…”

Tout ce qui pouvait l’aider à apprendre de manière plus efficace et à améliorer ses notes - ne serait-ce que de quelques dixième de points - était le bienvenue. Surtout venant d’Eileen. Son regard se perdit quelques instants dans les rangées de livres qui lui faisaient face. Ernest n’avait jamais l’impression d’en avoir trop, ni que sa tête lui dise stop. Au contraire, plus il se plongeait profondément dans la lecture ou le travail et moins il pensait au reste. Il avait tout de même dû faire face à ses propres limites physiques et n’était pas étranger au phénomène d’épuisement physique.

Un sujet qu’il n’était pas prêt à aborder non plus. Qu’est-ce qu’elle penserait de lui s’il lui racontait qu’il avait fait plusieurs fois des visites à l’infirmerie parce qu’il n’avait pas su s’arrêter. Heureusement, la discussion bifurqua sur les créatures magiques, un autre sujet qu’il appréciait particulièrement. Ernest n’avait pas raté l’arrivée de la délégation de Beauxbâtons et des créatures fantastiques qui l’accompagnaient. Il s’était rendu plusieurs fois dans le parc pour les observer. Mais de loin, seulement.

“Je les ai aperçu plusieurs fois ouai, mais j’ai pas eu l’occasion de trop m’approcher des enclos à cette période…”

L’adolescent réfléchit quelques secondes à la question de la jeune fille.

“Je crois pas que j’ai de préféré… je les aime bien tous, chacun dans leur genre… j’aime bien juste les regarder…”

Le gamin pris une expression un peu gauche à la réflexion d’Eileen.

“Un usage marrant… ? Bin… j’sais pas… je…”

Il trouvait la magie divertissante de manière générale, mais de là à la trouver marrante. Il tenta tout de même de réfléchir à toutes les choses que les sortilèges appris en cours avait pu lui permettre de faire.

“Bin… avec Leviosa, j’m’amuse parfois à faire voler des avions en papier… genre… je les fais monter aussi haut que j’peux et puis je les regarde retomber…”

Ce n’était pas tordant, il en avait bien conscience et à nouveau ses joues se teintèrent de rose.

“Euh… sinon une fois… avec Noah… on a fait une pyramide de papier toilettes et puis avec Flipendo, on les faisait s'éjecter… celui qui faisait tomber la pyramide avait perdu…”

Un sourire maladroit se dessina sur ses lèvres. C’était marrant ça, nan ?

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- PRÉSENCE RÉDUITE -

7 sept. 2023, 19:32
 Fini   CdC  Être un sang-mêlé à Poudlard
Eileen fut heureuse de l'accord qu'elle reçut d'Ernest. Ainsi, ils iraient ensemble poser les questions qui les taraudaient sur l'avenir. Elle ne sut que dire si ce n'est :
- "Merci !"
Elle y mis tout son cœur et adressa un sourire heureux à son interlocuteur. Elle se sentait rassurée de se dire qu'elle ne serait pas toute seule dans cette étrange aventure consistant à choisir son avenir.

Lorsqu'elle s'était mise en tailleur, l'irlandaise avait senti un nouveau courage s'emparer d'elle en sortant son point de gravité plus proche du sol. Elle était plus stable. Elle était plus en confiance. Le sol sous ses mains l'avaient rattaché à la réalité tandis qu'elle racontait ses souvenirs. Elle avait apprécié qu'Ernest l'écoute en silence. Cela n'avait pas été facile pour elle de se confier et quand elle avait commencé, elle avait tiré le fil comme si elle suivait une pelote de laine... jusqu'à la fin. Elle ne se sentait pas de s'arrêter, elle ne se sentait pas d'observer ses réactions. Elle avait commencé à parler pour lui, elle avait poursuivi pour elle. Ca lui avait fait le plus grand bien. Elle sortit de la bulle qu'elle s'était forgée en entendant à nouveau le garçon balbutier et lui dire qu'il était désolé.
Elle eut un pauvre sourire en levant les yeux vers lui.
- "C'est gentil..."

Elle se secoua comme un oiseau mouillé se secoue les plumes puis retrouva totalement la réalité. Elle finit par conclure son histoire avec un peu de sagesse qu'elle avait tiré de cette expérience :
- "Je pense que nous avons tous une part d'ombre dans notre passé. Certains mots font plus de mal que d'autres. Surtout ceux de personnes à qui on pense devoir quelque chose. Ceux en qui on a confiance. Mais si leurs mots nous font mal c'est qu'ils ne méritent pas qu'on leur accorde notre confiance. Ils ne nous méritent pas. Ils ne méritent pas notre confiance. Aucune personne en monde ne mérite que je perde ma confiance pour elle."

Elle pensait aussi à leur situation.
- "Etre un sang-mêlé, ca ouvre aussi la porte à des gens pour nous faire du mal avec leurs mots. On peut recevoir des insultes... mais les gens ont beau dire, on a tous le même sang rouge qui coule dans nos veines. On est tous des humains. Ils ne sont pas meilleurs que nous. Ils n'ont pas à nous juger. Ils n'ont pas le droit de le faire. Et souvent quand ils le font, ils sont eux-mêmes malheureux... comme cette fille qui m'a mis plus bas que terre... En fait, elle cherchait à se rassurer en le faisant."

Soudain, Eileen saisit la main la plus proche d'Ernest et la serra de ses deux mains :
- "Ton écoute m'a fait beaucoup de bien. Merci."
Et cette fois, un sourire véritable et lumineux lui couvrit le visage. Elle se sentait comme libérée d'un poids. Le fait de raconter son histoire à quelqu'un qui ne la connaissait pas ? Etait-ce le dernier pas qu'il lui fallait faire pour s'en libérer totalement ? Elle sentait comme un poids en moins sur ses épaules, un poids qu'elle n'avait pas eu conscience de porter jusque là.

Elle lâcha brusquement la main de son confident. Elle n'était pas particulièrement tactile et se trouvait gênée de son geste spontané. Elle ne voulait pas non plus qu'une atmosphère compliquée s'installe entre eux deux. Elle n'avait pas réprimé son élan du cœur, ce n'était pas son genre, mais ce n'était pas son genre non plus de mettre mal à l'aise les gens. Elle s'en voulait presque.

Elle toussota et passa rapidement au sujet des révisions. Un sujet neutre, un sujet facile à gérer après ses révélations.
- "Je dois avoir ma fiche du cours de sortilèges d'hier avec mes affaires sur le bureau si tu veux qu'on regarde quand on ira s'asseoir..."

Le fait qu'il apprécie les schémas fit émerger une idée chez la jeune fille.
- "Pour les sujets que j'ai du mal à apprendre, j'utilise parfois des cartes mentales. C'est pratique pour mémoriser et même pour réfléchir. Pareil, je peux te montrer quand on reviendra au bureau où j'ai posé mes affaires !"

Il fallait dire qu'ils se trouvaient dans ce rayonnage depuis un petit moment maintenant, et qu'ils avaient fini par s'asseoir par terre pour faciliter l'aveu de la jeune fille. Ils ne s'étaient pour autant pas relevés.

La conversation sur les créatures fantastiques avaient ramené du baume au coeur de l'aiglonne. A la confession d'Ernest, elle rit sincèrement :
- "Ca alors ! Moi aussi j'adore les observer ! J'y passerais des heures !"

Eileen n'avait fait que rebondir sur le sujet de conversation lancé par Ernest, lui qui disait qu'il pouvait trouver un usage plus marrant pour certains sortilèges. Pourtant, elle le sentit presque penaud lorsqu'il lui avoua ce qu'il appelait marrant. Elle n'était pas dans le jugement. Ca n'avait jamais été son genre. Surtout concernant l'humour qui était quelque chose de tout à fait subjectif... mais là, elle savait bien qu'il n'avait pas utilisé le terme "marrant" comme quelque chose d'hilare. Aussi, fut elle un peu étonnée par la gêne qu'elle ressentit chez lui mais elle ne releva pas.
- "Ca doit être une sacrée expérience de faire voler les avions avec Leviosa. Tu les fais partir de haut ? Leur forme joue sur leur chute ?"

Elle était intriguée par l'intérêt du garçon et sentait que ses expériences cachaient un réel intérêt scientifique, comme lorsqu'il avait dit que "petit" n'était pas assez précis pour lui. Elle voulait comprendre.

L'histoire de la pyramide de papier toilettes lui fit penser à une sorte de jeu de quilles ou de chamboule-tout. Une version sorcière revisitée en fait. Or, elle est adorait tous les jeux ou presque. De l'admiration perçait probablement dans sa voix lorsqu'elle lança :
- "Vous avez eu une belle imagination pour mettre en place ce jeu d'adresse ! Ca me donne envie d'essayer... Je n'aurais jamais pensé à utiliser Filipendo dans ce contexte ! "

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10 sept. 2023, 08:10
 Fini   CdC  Être un sang-mêlé à Poudlard
Le rendez-vous était pris. Eileen et Ernest se rendraient donc ensemble aux réunions d’informations d’orientation. Ça avait effectivement quelque chose de rassurant. Il faudrait tout de même qu’il mette toutes ces questions à l’écrit. Pour être sûr de n’en oublier aucune. Eileen lui adressa un nouveau sourire. C’est qu’elle souriait beaucoup. Et ça devenait limite contagieux puisqu’Ernest ne put s'empêcher d’y répondre timidement.

Accroupi sur le sol, Ernest avait la sensation que l’espace se resserrait un peu plus autour d’Eileen et lui. Comme une bulle qui se formait autour d’eux l’espace de cet instant de confidence. Il s’en voulut un peu de son manque de réaction mais il ne savait pas quels pouvaient être les mots, quelle réaction adopter. Qu’est-ce qu’attendait Eileen de sa part exactement en lui racontant tout ça ? Il avait l’intuition qu’elle faisait ça pour elle-même et que la seule chose respectueuse à faire était de l’écouter avec toute son attention.

Une chose était sûre, c’est qu’elle parlait rudement bien. Il n’était pas certain de toujours comprendre tout ce qu’elle disait mais globalement, il lui semblait qu’il en saisissait l’essentiel. Ernest ne serait peut-être pas capable d’assimiler toutes ces paroles sur le champ ni de les appliquer mais elles n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Avec le temps, peut-être qu’il arriverait à se défaire de ses préjugés sur lui-même et sur le monde et à s’ouvrir un peu plus aux autres. Il se frotta maladroitement l’arrière de la tête alors que la demoiselle le remerciait.

“Bah… je… ‘fin… ”

La confiance qu’Eileen avait placée en lui en lui parlant de son expérience avait énormément d’importance à ses yeux même s’il n’en laissait rien paraître. En avait-il seulement conscience ? L’adolescent releva la tête, ouvrant des yeux ronds alors que la miss venait de saisir sa main. Ses joues s’enflammèrent mais il ne bougea pas, laissant la Serdaigle avoir ce moment. Était-il incroyablement gêné par ce geste mais une fois encore il n’était pas certain de savoir pourquoi. Ernest pouvait se montrer très tactile et câlin mais seulement dans l’intimité de sa famille. Le contact le désarçonna.

“Y a pas de quoi…”

Il rendit un sourire bien plus franc à la demoiselle, à l’image de celui rayonnant qu’elle venait de lui adresser. Eileen lâcha sa main dans une certaine précipitation et l’adolescent baissa à nouveau la tête. Pouvait-il être plus rouge qu’il ne l’était déjà ? Son rappeltout n’avait probablement jamais été aussi écarlate que l’était sa peau à présent. Après une succession de raclements de gorge et de regard évités, la conversation reprit doucement son cours. Parler de classe, de devoir et de révision, ce n’était vraiment pas un souci pour Ernest. Ils avaient ça en commun. Eileen semblait néanmoins bien plus organisée et efficace dans son travail. Pour Ernest, il s’agissait surtout d’une excuse pour se soustraire à ses peurs.

“Tu… veux me montrer maintenant ou… ?”

L’atmosphère prenait un autre virage alors que les deux adolescents abordaient des sujets de conversation plus légers réalisant qu’ils partageaient un certain nombre de points en commun. Les créatures magiques en faisaient partie. Eileen s’intéressa ensuite à ce qu’Ernest appelait “ses expériences”. S’il n’était pas sur de la pertinence de ces dernières - et c’est généralement pour cela aussi qu’il s’entraînait seul - la demoiselle semblait pourtant fort intéressé par les usages qu’il trouvait à la magie.

“Bin au début, j’perdais un peu le fil du sort… mais maintenant j’arrive à les faire monter bien plus haut… j’ai réussi à toucher le plafond de la Grande Salle… enfin ‘jcrois… J’ai jamais essayé dehors cela dit, alors je sais pas si j’peux aller plus haut… mais en extérieur y a d’autres paramètres à prendre en compte, le vent, tout ça… La forme est super importante si tu veux une bonne portance… puis ça joue aussi sur la manière dont il plane… si tu courbes un peu les ailes il descendra en spirale… c’est plus jolie… ‘fin, ça tombe mieux quoi…”

Il n’était pas avare de détails. Il fallait dire qu’il adorait ça et que ce genre d’exercice peuplait son temps libre. Pour les rouleaux de papier toilettes, il se retint de dire que c’était son idée et que Noah n’était arrivé qu’après. Mais il ne voulait pas faire son crâneur mais s’il prenait la réflexion de la rouquine comme un compliment.

“C’était un peu un mélange de chamboule-tout et de jenga, si tu vois… le but c’était d’arriver à être précis pour déstabiliser la pyramide sans la faire tomber…. c’était un bon exercice… Flipendo il peut r’tourner des trucs mais si tu te concentres bien sur la visualisation tu peux juste dégommer des cibles…”

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11 sept. 2023, 13:27
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Sans qu'elle s'en rende compte, Eileen avait fait d'Ernest son confident. C'était venu naturellement. Sans forcer. Elle s'était doutée qu'il savait écouter. Il avait un caractère à observer les choses avant de se lancer, il était réfléchi et elle était persuadée qu'il saurait réagir comme il le fallait... qu'il l'écouterait sans juger... Instinctivement, elle avait placé son histoire entre ses mains et cela lui avait fait le plus grand bien.

Elle se rendit compte que le garçon lui rendait ses sourires et sans vraiment savoir pourquoi elle rosit de plaisir à l'idée que c'était pour elle qu'il souriait.
Elle lui avait touché le bras sans volonté cachée et s'étonnait de leurs réactions à tous les deux, de leur gêne. Il faudrait qu'elle analyse cela quand elle serait seule... oui, elle y réfléchirait plus tard. Elle qui était plutôt douée à présent pour appréhender les émotions de chacun était troublée par ce qu'elle ressentait et ce qu'elle faisait ressentir à son camarade. Une analyse à froid serait forcément la bienvenue. Plus tard donc.

En attendant, elle ne boudait pas son plaisir de discuter avec Ernest. Il était vraiment de bonne compagnie. Elle se disait que le hasard était vraiment merveilleux... Comment une simple recherche sur les sang-mêlés avait-elle pu la mener à cet instant hors du temps ?

Toujours est-il qu'elle était toujours prête à aider et qu'elle lui répondit enthousiaste :
- "Je te montre tout ca quand tu veux !"

Peut-être était-il impressionné par les prouesses de la jeune fille en classe, mais c'était à présent son tour de l'être. Elle découvrait avec plaisir le monde des expériences d'Ernest. Elle se sentait privilégiée qu'il le partage avec elle.
- "Wahou ! Le plafond de la grande salle ! C'est... wahou !"
Elle était tellement admirative qu'elle en perdait ses mots.

L'explication de la genèse de la tour de papier toilettes fit comprendre à l'Aiglonne que le Serpentard en était à l'origine :
- "C'est une super idée ! Aussi bien pour l'invention d'un nouveau jeu que pour s'exercer à la pratique du sort !"

La maison Serdaigle notait que la créativité était une qualité importante, or la jeune fille pensait en manquer et quand elle voyait celle des autres, elle était toujours épatée.
- "J'en reviens pas ! J'adorerais te voir faire tes expériences..." Elle laissa passer un temps puis le regardant droit dans les yeux :
- "et y participer... si tu veux bien."
Elle ne voulait en rien obliger Ernest. C'était quelque part son jardin secret et elle ne voulait pas qu'il se sente contraint à quelque chose.
- "Si tu ne veux pas, si tu ne fais que me les raconter, je comprendrais !"

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16 sept. 2023, 17:58
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Ce n’était pas la première fois qu’Ernest avait une discussion aussi sérieuse en aparté avec quelqu’un. Avec une fille qui plus est. Les confidences, il savait les recevoir et veiller sur elles. C’était d’ailleurs le fondement de sa relation avec Blair. Discrètement mais sûrement, la petite brune avait commencé à habiter son quotidien et à l’apprivoiser peu à peu. Peut-être parce qu’ils partageaient la même maison, la même salle commune, la même table à tous les repas, il n’avait jamais ressenti la moindre gêne à son égard. Pourtant, cet instant était différent. Eileen était différente. Elle provoquait en lui des montagnes russes de sentiments. De l’enthousiasme à la pudeur, ses émotions faisaient le yoyo.

Le demoiselle semblait enthousiaste à l’idée de partager ses astuces de révisions. Et Ernest oubliait pourquoi il était venu à la bibliothèque, les cours d’Histoire de la Magie et Salazar Serpentard. Sa conversation avec elle l’avait happé dans un autre élan. Dans une réalité qui n’était généralement pas la sienne.

“Bin, c’est toi… ‘fin… j’veux dire… t’avais peut-être des trucs de prévu en fait…”

Ernest était passionné par les expériences qu’il menait. Elle nourrissait sa curiosité qui était probablement aussi gourmande que lui et l’enveloppait dans une bulle apaisante où il oubliait le monde extérieur et où son attention restait focalisée sur la beauté complexe de la magie. Alors il n’avait pas eu besoin d’être poussé beaucoup par Eileen pour que les onomatopées qui sortaient de sa bouche se transforment en mots et puis en phrases.

L’adolescent rougit une nouvelle fois devant la réaction de la rouquine.

“C’est rien d’extraordinaire, tu sais… on dirait comme ça, mais c’est pas si haut en fait… c’est juste l’impression que ça donne… le ciel magique et tout…”

Et la petite de continuer avec les compliments. Le rouge allait probablement lui coller à la peau pour de nombreuses minutes. Ainsi que ce léger sourire de satisfaction qui commençait à étirer vaguement ses lèvres et la fierté qui pointait le bout de son nez. Cela dit, l’idée de pratiquer la magie devant la Serdaigle était quelque peu intimidante. Eileen était l’une des meilleures élèves de la classe, si ce n’était la meilleure. Et les expériences du garçon n'étaient pas toujours couronnées de succès. Loin de là. Il avait essuyé un certain nombre d’échecs mais ça n’enlevait rien à sa détermination, au contraire.

“Je… j’sais pas… ça marche pas toujours, tu sais… parfois, mes idées sont nulles… et ça sert pas toujours à quelque chose… “

L’adolescent mordilla sa lèvre inférieure en réfléchissant à l’une des expériences qu’il avait déjà faite et qu’il pourrait montrer à Eileen sans se retrouver trop ridicule. Il n’allait clairement pas l’emmener dans les cachots compter les Waddiwasi comme on compterait les Mississipi pour voir combien de temps il arrivait à maintenir allumer le sortilège Lumos.

“J’pourrais te montrer un truc la prochaine fois qu’on ira en cours de botanique… Enfin après le cours…”
Dernière modification par Ernest Stevens le 25 sept. 2023, 07:38, modifié 1 fois.

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