RPG+ La loi de la plus forte

Je guette les réactions de la barmaid. Surprise, amusée... je la vois même frissonner un instant, sans trop savoir pourquoi. Elle finit par pouffer de rire avant de m'affirmer qu'elle se moque royalement de ce que je fais avec d'autres que Solène. C'est la première fois que je me retrouve à séduire une autre femme depuis mon mariage, aussi j'annonce clairement les faits :
"Tu es la première de ces inconnues. Et la dernière."
J'ai très mal choisi ma cible dit-elle ? Déjà, ça n'est pas moi qui l'ai choisie, mais Merinda. Et je suis d'avis qu'au contraire, elle est la cible parfaite. Malgré notre mauvais départ, je la trouve désormais très intéressante.
"Tu te trompes, assuré-je en buvant quelques gorgées de ma boisson, ignorant l'ombre qui traverse son visage. Qui d'autre ici aurait pu me surprendre comme tu l'as fait ?"
D'un geste de la main qui tient ma cigarette, j'englobe les clients attablés dans la pièce, laissant un instant mon regard se promener. Je me reconnais dans plusieurs jeunes femmes, je les scrute plus que les autres, et je me questionne. Qu'est ce que je pense de cette période de ma vie ? De ces soirées où l'alcool ou une femme me tenaient compagnie ? Je frissonne au souvenir des nuits où j'étais seule. Je ressens soudain ce noir qui m'entourait et m'étouffait comme pour me rappeler que l'abandon m'avait choisie dès ma naissance. Je me prends à ne plus sentir l'air atteindre mes poumons, jusqu'à ce que je cligne des yeux pour me ramener au présent. Ces souvenirs-là, je les hais. Autant que je hais mon père. C'est dire.
Mais que faire des souvenirs où j'avais de la compagnie ? De ceux où je partageais le sentiment d'exister avec quelqu'un ? Quelques minutes, quelques heures, quelques jours... Ca n'a jamais duré bien longtemps, mais ça tenait la nuit et mes pensées sombres à l'écart. C'était ça, le bonheur, pendant le début de ma vingtaine. Quelques sourires et quelques nuits.
Je croie que je ne dois pas renier ce bonheur éphémère que je m'était créé à l'époque. Je ne dirais pas qu'il m'a aidée à avancer, mais il m'a aidée à vivre. C'est bien assez pour que je le garde en mémoire.
Je me surprends à sourire à ces filles dans lesquelles je me reconnaît. Peut-être ai-je été marquée par cette période de ma vie sans que je ne m'en rende compte, parce qu'elles me répondent par leurs sourires tristes. Comme si elles m'avaient reconnue comme une des leurs. Comme une de ces brisées qu'elles sont et que j'ai été.
Je me rappelle soudain que je parlais avec la barmaid. Me détournant des jeunes femmes que j'observais, je reviens plus ou moins à la discussion. Rieuse, la barmaid me dit que je n'ai pas compris. Je n'ai pas compris quoi ? La détresse de ces femmes ? Elle ignore que j'ai été comme elles.
"Parce que tu les comprends, toi ?" répondis-je d'une voix amère.
Je réalise qu'elle ne me parlait pas de ça. Pas grave. Je la regarde se tourner vers Merinda. Je ne comprends pas leur petit échange, mais je suis trop concentrée à me réimplanter pleinement dans l'instant présent pour m'en inquiéter.
Lorsque la barmaid revient vers moi, je suis enfin de nouveau apte à reprendre le fil.
"C'est la fille de ma cousine... Et je croie qu'elle ne compte pas me demander de l'aider, si jamais son honneur était en danger. Je suis présente pour elle... mais je sais qu'elle préfère régler ses problèmes toute seule. Les personnes qu'elle fréquente ? Je comptais lui demander des nouvelles pour savoir comment se passe sa première année, justement."
Je réalise que je ne connais toujours pas le prénom de celle avec qui je discute depuis maintenant un bon moment :
"Au fait, tu t'appelles comment ?"
@Stéphanie Lilith

"quand je suis en colère, je ne hurle pas je brûle" - Rupi Kaur
4A RP, 15 ans inRP / #047c38 / Présidente de l'OURAGAN / Fiche PR / PNJs / La Péliade

RPG+ La loi de la plus forte
Je continue d'admirer l'échange entre Llo et la barmaid, accrochée à leurs mots, jusqu'à ce que je voie Llo se tourner vers les tables et le reste du Chaudron. J'ai soudain l'impression qu'elle perd pied et que ses pensées prennent le dessus sur le présent. Elle commence même à suffoquer, comme si elle n'avait plus assez d'air. J'attrape sa main à la cigarette et la presse fort. Heureusement, elle cligne des yeux et retrouve son souffle. Mais le voile qui semble obscurcir ses yeux ne s'est toujours pas relevé. Elle sourit soudain, d'un air triste, à quelqu'un que je ne voie pas. Je suis son regard et je remarque une jeune femme - la vingtaine peut-être - dont le visage semble être ravagé par l'alcool et la tristesse. D'autres comme elle sont assises parmi les tables. Cette inconnue renvoie un sourire à Llo. Exactement le même que celui qu'elle a reçue. Comme si elles se connaissaient. Je sourit à mon tour à la jeune femme, mais elle se détourne et porte son verre à ses lèvres. Etrange. Qu'est-ce qui l'a poussée à répondre au sourire de Llo mais pas au mien ? Je me promets de questionner Llo là-dessus quand on ne parlera plus avec la barmaid.
Llo semble soudain revenir à la raison et elle se retourne vers nous. Je ne comprends pas la réponse qu'elle donne à la barmaid, mais je croie que ça a un rapport avec les jeunes femmes qu'elle regardait si intensément.
Je focalise de nouveau mon attention sur la Legilimens. Peut-être, grâce à son don, a-t-elle mieux compris que moi ce qu'il vient d'arriver à Llo. Elle se contente cependant de me répondre.
"Peut-être bien. Dans tous les cas, je sais que tu l'as vue, et que tu as passé du temps avec elle."
Elle connaît Honor, j'avais raison. Je décide de m'expliquer à haute voix, même si elle peut sans doute tout lire dans mes pensées. Llo ne le peut pas, elle. Or elle a le droit de comprendre de quoi on parle.
"J'ai passé cinq jours chez Honor Brando, si nous parlons bien de la même personne. Je suis amie avec son fils. Narcisse."
Je me tourne ensuite vers Lloryhann avec un grand sourire :
"Ouais, ça se passe bien à Poudlard. Y'a juste une prof sadique qui traumatise les élèves, mais je t'expliquerais ça en détail. Sinon, on s'entraîne tous les matins avec Narcisse. 'Fin on parlera de ça après !"
Pas besoin d'étaler toute ma vie sous les yeux de la barmaid, même si elle a pas l'air méchante, mais elle en sait déjà sûrement trop rien qu'avec mes pensées.
@Stéphanie Lilith

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Perplexe face à la déclaration de Llo, je laissai échapper un haussement de sourcils, avant d'à nouveau porter mon verre à mes lèvres. Elle avait pourtant l'air plus que rompue à l'exercice de la drague. Quoiqu'un peu lourde, en toutes autres circonstances, j'aurais continué de jouer son jeu sans aucune difficulté. J'aurais pu la faire tourner en bourrique de très longues minutes avant que quelque chose n'arrive, j'en étais certaine. Je pouffai de rire lorsqu'elle insinuait que je me trompais, démontrant bien qu'elle n'avait aucune idée de pourquoi elle n'aurait eu aucune chance, comment aurait-elle pu ? Son odeur devient ensuite plus effacée durant un court instant, où elle se perd dans la contemplation de mes clients, totalement oublieuse de ma présence et même de celle de la petite qui l'accompagne. Pis encore, sa question lorsqu'elle revint à elle semblait n'avoir ni queue ni tête, elle semblait en tenir une belle couche celle-là...

Je souris, au moins, peu de chance de s'ennuyer avec elle, je coulai un regard malicieux vers l'enfant qui s'avéra être la fille de sa cousine. Un nouveau petit rire m'échappa lorsqu'elle parle à nouveau de son honneur, le fait que ma conversation avec sa petite cousine lui échappe m'emplissait de jubilation, et je dissimulai mon sourire derrière mon verre. Puis je le lève légèrement dans sa direction en hochant la tête.

- Lilith, ma dame.

Puis je portai à nouveau le verre à ma bouche pour en boire une longue gorgée.

Et je manquai de m'étouffer. L'eau remonta jusque dans mes narines, et je ne réussi à conserver ma contenance que par un effort de volonté proprement surhumain, main se plaçant devant ma bouche. Je réprimai ma toux, n'en revenant pas de mes oreilles. Cette gamine connaissait donc bien Honor, mais avait en plus passé tout un séjour chez elle ?! Mais surtout, l'information la plus extraordinaire, celle qui avait manqué de me tuer par étouffement, elle avait un fils ???

Rarement dans ma vie, je révélai lorsque j'étais surprise, mais en cet instant, je fus totalement incapable de dissimuler mon émoi. Mes yeux s'écarquillèrent et je demeurai suspendue aux lèvres de cette petite. J'écarte totalement l'information sur la prof sadique, je n'en ai rien à faire. Mon regard se perd dans le vide, mes souvenirs m'assaillant sans merci, la main sur ma bouche, le coude sur la table. Elle avait un fils... Ma curiosité me dévorait les entrailles sans merci, et je me désintéressai brusquement de l'adulte pour concentrer mon attention sur l'élève.

- Elle... a un fils ?

Mes doigts revinrent caresser mes lèvres distraitement. Mon index et mon pouce vinrent se frotter l'un contre l'autre.

- Comment est-il ?

Comme elle ? Pire qu'elle ? Jamais, de ma vie, je n'eus autant envie de tout apprendre sur la vie d'une personne.

Les mots en italique sont en français.

Quelque part, perdue avec Sixtine.

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La barmaid soulève un sourcil, surprise d'apprendre qu'elle est la première que je drague depuis que je suis mariée. Tirant sur ma cigarette et expirant la fumée, je dis, sans qu'elle ne m'ait rien demandé pourtant :
"Tu es surprise ? Je suis fidèle depuis que je suis mariée, mais j'ai eu une vie avant, tu sais."
Va-t-elle faire le lien avec le moment où je me suis perdue dans la contemplation de ces jeunes femmes ?
Elle place dans sa réponse lorsque je lui demande comment elle s'appelle un mot français. Elle a été longue à repérer mon accent, dis donc. Elle se nomme donc Lilith. Elle ne va pas me faire gober que c'est son prénom. Je souris en levant mon verre moi aussi, espérant que ses connaissances du français ne s'arrêtent pas au "madame".
"Aucune de nous deux n'a dit son vrai prénom, n'est-ce pas Lilith ?" Demandé-je dans un français parfait, dénué d'accent anglais ou canadien.
Elle me ressemble plus que je ne le croyais. Je bois une gorgée, puis reprend en anglais, mon sourire toujours au coin des lèvres :
"Lloryhann. Et toi, ton prénom ?"
Soudain, Lilith manque clairement de s'étouffer lorsque Merine lui dit qu'elle connaît une certaine Honor Brando et qu'elle vient de passer cinq jours chez elle parce qu'elle est amie avec son fils, un garçon nommé Narcisse. C'est qui lui, son mec ? Faudra que je demande plus d'infos à la petite.
Mais là j'avoue être paumée. Lilith connaît la mère de l'ami de Merine mais ne sait pas qu'elle a un fils ? Bien évidemment, je ne montre pas que je suis perdue, même si ça a dû se voir avec mes répliques précédentes.
"Ca fait combien de temps que t'as pas vu Honor, pour ignorer qu'elle a un gamin ? Demandé-je à la barmaid, avant de me tourner vers la fille de Talya : Une prof sadique ? C'est la prof de quoi ?"
Puis je reviens à Lilith. Elle semble vraiment surprise par le fait que cette femme, Honor, ait un enfant, alors je ne peux m'empêcher de continuer à la questionner :
"Tu savais qu'elle avait un compagnon, au moins ?"
Je réfléchis un peu plus, tentant de décrypter la réaction de cette femme. Elle a été surprise - et pas qu'un peu. Elle semble avoir bien connu Honor, mais ne l'a pas vue depuis longtemps, au moins 11 ans, puisque le copain de Merine a minimum son âge. Et maintenant, elle cherche à en savoir le plus possible. Soudain, j'ai la clef. Du moins je crois. Sa réaction me fait penser à celle que j'ai eu lorsque j'ai appris que Solène avait des enfants.
Un sourire taquin se dessine sur mes lèvres tandis que je me penche sur le comptoir, tirant sur ma cigarette avant de rejeter doucement la fumée vers la barmaid.
"Dis Lilith... tu savais qu'elle aimait les hommes, déjà ? Ou t'espérais qu'elle préfèrait les femmes ?"
Je reste accoudée au comptoir en la regardant dans les yeux, sans me rendre compte que ma position remet en avant mes atouts morphologiques. Je suis curieuse quant à la relation qu'a eu la barmaid avec cette fameuse Honor. J'ai clairement sous-entendu ma pensée dans ma question, et je suis impatiente de la réponse.
Peut-être suis-je trop indiscrète ? Sûrement. Mais j'ai l'impression que cette soirée nous dévoile toutes. Moi lorsque je me suis perdue dans les regards des clientes attablées, maintenant Lilith avec sa connaissance de Honor. Le tour de Merine viendra peut-être.
@Stéphanie Lilith T-)

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Lilith manque de s'étouffer lorsque j'évoque Narcisse. Elle ne savait pas qu'Honor avait un enfant. Ainsi, elle n'est pas du tout Legilimens, en fait ! Je réponds d'abord à Llo :
"C'est la prof de Défense contre les Forces du Mal."
Je laisse Lloryhann questionner Lilith par rapport à ce qu'elle savait de Honor. Moi aussi je veux tout savoir.
Je suis décontenancée par la question de la barmaid. Comment est Narcisse ? C'est assez vague quand même... Bon, je vais essayer de faire de mon mieux.
"Euh... Physiquement, il a les cheveux noirs, les yeux noirs aussi, et il est assez petit. Ensuite, son caractère... Il est toujours super joyeux, il va vers les gens et tout, j'ai l'impression qu'il connaît tout Poudlard !"
Je pouffe un peu en disant ça, parce que c'est tellement vrai ! Il salue toujours tout le monde en disant leurs prénoms, alors que à part les Serpentards et les gens de mon année, je connais pas grand monde comparé à lui !
"Et puis il est super courageux aussi, il a été parler à la prof de Défense contre les Forces du Mal pour lui dire qu'il était pas d'accord avec ce qu'elle faisait, et vous savez quoi ? Il s'est fait pendre par les pieds ! Sinon, on s'entraîne ensemble : il m'apprend le Coup de Vitesse qui lui a appris sa maman, et moi je lui apprends le karaté que j'apprends chez les Moldus ! D'ailleurs, c'est comme ça qu'on est devenus amis, et c'est un peu pour ça que j'ai été chez lui ces derniers jours ! Il m'avait proposé que Honor m'entraîne, du coup j'étais forcément partante ! Et c'était vraiment gé-nial !"
J'ai les yeux qui pétillent, et je hoche la tête en parlant. Honor m'a poussée à bout, j'ai adoré !
"Bon après, Narcisse aime pas enfreindre le règlement, c'est assez dommage mais faut faire avec ! Ah et il sait pas mentir, aussi ! J'ai essayé de lui apprendre et tout, mais c'est impossible, il devient rouge comme une pivoine et il fait des grimaces hyper marrantes !"
Je rigole encore puis cherche de nouvelles informations, mais je vois pas quoi dire de plus sur Narcisse... Si, une dernière chose !
"Et aussi, il est trop fort en magie !"
Voilà, je crois avoir tout dit !
"Vous voulez savoir autre chose ?" demandé-je à la barmaid.
De son côté, Llo pose deux dernières questions, et j'écarquille les yeux à la dernière. Lilith aurait été amoureuse de Honor, selon l'intuition de Lloryhann ? Oh, et si elles avaient été ensemble pendant un temps !? Mes oreilles sont grandes ouvertes, et je scrute le visage de la barmaid en espérant y trouver des indices.
@Stéphanie Lilith !

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J'ignore totalement la remarque sur l'apparente liberté sexuelle de Llo avant qu'elle se case, ce n'était pas mon problème, et en cet instant, rien n'aurait pu m'être plus indifférent. En revanche, je fronce légèrement les sourcils lorsqu'elle parle français. Qu'est-ce qu'elle raconte celle-là ? Elle croit que je suis bilingue avec cette langue barbare ? J'hausse les sourcils.

- Tu penses vraiment que je comprends cette langue ?

Je pouffai de rire, avant de me frotter la nuque.

- Tsk, c'était donc ça... Tu parles d'un nom à coucher dehors. Et Lilith, c'est bien moi, je n'aime pas mon prénom.

Pourquoi je lui racontais ça, on s'en fout ! C'est pas le moment. Je claque de la langue lorsqu'elle me questionne, et je crois que je commence de moins en moins à apprécier ses petites remarques. En voilà une qui se croit trop maligne. Mais je la joue fine.

- Suffisamment longtemps. Elle était déjà mariée à l'époque, mais de là à avoir un enfant...

Non, ce n'était vraiment pas son genre à l'époque, mais... Je me redressai à la question suivante. La fumée sur mon visage, son sourire taquin. Ma lèvre supérieure dévoile brièvement mes dents. Je prends une lente inspiration, la colère m'envahissant doucement, sans raison particulière. On disait toujours que je dégageais quelque chose quand je m'énervais, ce qui m'arrivait rarement. Mais quand ça m'arrivait, rare étaient ceux et celles qui réussissaient à soutenir mon regard, voire même à rester impassible lorsqu'ils étaient proches de moi.

En voilà une bien vilaine curieuse, je lui fis un sourire parfait. De façade, mais parfait. J'abaissai mes yeux pour regarder sans vergogne sa poitrine qu'elle exhibait.

- N'avez-vous pas honte d'exposer ainsi vos atouts face à une interlocutrice qui en a si peu ?

Mon sourire devint plus vrai, ma remarque m'avait moi-même amusé. Plaisanter sur mes seins me faisait toujours rire, et je me sentais plus à même de répondre.

- Je m'en foutais à l'époque, hommes, femmes, ils étaient tous aussi chiants. Et elle, je m'en foutais encore davantage.

Affirmation qui était à moitié vraie, mais aucune chance qu'elle ne puisse déceler le moindre mensonge. Je redirigeai mon attention sur la jeune, avant de me plonger dans ses explications. Petit ? Cette femme était une géante, et son fils était petit ? Voilà qui me fit sourire. Mais ce ne fut rien à côté de son caractère. Joyeux ? Ne sait pas mentir ? Était-il réellement son fils ? Il devait davantage tenir du père. Du moins c'est ce que je pensais jusqu'à ce qu'elle m'expose ses qualités. Bon, en voilà une qui était bien mordue, et j'étais certaine que Llo ne l'avait pas manqué non plus. Ma main passa sur le bas de mon visage.

- Rien que le fait qu'elle ait eut un enfant est une information qui me laisse sans voix...

Je reposai ma main sur la table, croisant mes doigts avec l'autre.

- Rassure-moi petite, tu as aussi été choquée de la différence entre la mère et le fils, n'est-ce pas ? Quand je l'ai connu...

Ma main glissa seule jusqu'à ma gorge, les souvenirs remontant, je déglutis avec plus de difficulté que d'habitude.

- Elle était particulièrement violente cette femme. D'une sauvagerie sans borne. J'ai appris un peu auprès d'elle, mais... je n'ai jamais réussi à poser la main sur elle, si elle apprend à son fils...

Je pouffai de rire.

- Quel étonnant cocktail cela pourra donner...

Quelque part, perdue avec Sixtine.

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Ainsi, Lilith ne comprend pas le français finalement.
"J'espérais, mais je suis déçue..." sourié-je lorsqu'elle me demande si je pense vraiment qu'elle comprend cette langue.
Je note cependant le passage du vouvoiement au tutoiement. Enfin ! Je ne suis pas si vieille que ça non plus.
J'ai un nom à coucher dehors ? Elle n'est pas la première à me faire la remarque, mais elle est la seule qui me la fait tout en ne voulant pas dévoiler son propre prénom...
"Peut-être, mais qui entre nous n'ose pas dévoiler son prénom ? Ca n'est pas moi..." murmuré-je.
Lilith claque de la langue suite à ma première question, répond, et se redresse à la question suivante. Je sens la colère l'envahir et monter en elle, et elle dégage quelque chose qu'elle ne dégageait pas avant. Je vois sa lèvre supérieure se soulever un instant, et je m'amuse à la fixer dans les yeux, un sourire taquin presque invisible au coin des lèvres. J'aime contempler ce que je provoque chez les gens, et cette barmaid étant assez mystérieuse, je me prends encore plus au jeu.
Lilith semble s'être transformée avec la montée de sa colère, et je la trouve particulièrement sensuelle désormais... même si je garde Solène bien en tête. La fumée de ma cigarette se disperse lentement autour d'elle, renforçant l'effet que la colère a sur elle et la rendant plus mystérieuse encore.
Elle sourit désormais, sans pour autant répondre à ma question. Je ne comprends pas ce changement, mais je sens le début de sa colère toujours présent en elle. Je me surprends à ne pas être particulièrement gênée lorsque ses yeux s'abaissent et regardent ma poitrine. Je ne bouge pas d'un iota, et sourit à sa réplique, même si elle est repassée au vouvoiement, et je laisse mon regard se déplacer sur sa chemise pour vérifier ses dires.
"La poitrine ne fait pas tout Lilith, ne t'inquiète pas, plaisantais-je en relevant mes yeux et en buvant quelques gorgées de ma boisson rouge sang. Et tu peux arrêter de me vouvoyer, ça sert à rien, j't'assure."
Elle répond enfin, et je la crois. Je n'abandonne cependant pas mon hypothèse : l'amour peut être inconscient. Mais je ne m'arrête pas là.
"Et maintenant ? Les gens sont moins chiants ou c'est toi qui a changé ?" demandé-je.
Je tire sur ma cigarette dont j'avais presque oublié l'existence, avec toute cette conversation. Expirant la fumée lentement, je fixe toujours Lilith lorsqu'elle se tourne vers Merine, et j'écoute la petite décrire son ami Narcisse. Eh bien, que de compliments ! Je ne sais pas si Talya est au courant que sa fille tombe amoureuse, mais si elle ne l'est pas, qu'elle ne compte pas sur moi pour lui rapporter les émois de sa fille, surtout si cette dernière elle-même ne se rend pas compte de ses sentiments.
Je ne peux me retenir de pouffer lorsque Lilith dit qu'elle n'a jamais réussit à poser la main sur elle. Je sais qu'elle parle de pendant des combats d'arts martiaux, mais mon esprit comprend sa phrase autrement, et je ne peux pas m'empêcher de faire la blague :
"T'as vu que tu ne te foutais pas d'elle, Lilith... dis-je avec un sourire taquin. T'as essayé de poser la main sur elle, mais t'y es jamais arrivé..."

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Bon, j'aimais bien le numéro de Llo et Lilith au début, mais là ça commence à parler taille de poitrine et, vraiment, c'est juste inintéressant. Qu'est-ce qu'on s'en fout de leurs seins ! 'Fin apparemment y'a que moi qui m'en fout, parce qu'elles se livrent à une petite contemplation de leurs atouts personnels, et c'est quand même assez dérangeant, surtout que Llo est mariée à Solène, par la barbe de Merlin ! Je prends une inspiration, me répétant en boucle que Llo n'a jamais trompé sa femme, jusqu'à ce que j'en sois à peu près convaincue. Parce qu'on peut pas dire qu'elle fait tout pour me montrer sa fidélité, là.
Bon, la barmaid n'était pas amoureuse de Honor, c'est nul, j'pourrais pas raconter ce scoop à Narcisse. Je commence à me désintéresser de leur conversation, me concentrant sur le "sirotage" de mon 4 maison.
Enfin, Lilith se retourne vers moi. Finie, la démonstration de poitrine, finie, la drague ! Revenons-en aux choses sérieuses. Non, pas trop sérieuses non plus, sinon c'est aussi inintéressant. Bref, je me comprends.
Ainsi, Lilith est surprise du fait qu'Honor ait un enfant ?
"Pourtant, elle adore Narcisse, vraiment. Elle est totalement différente avec lui ! Beaucoup moins froide et dure. Elle tient énormément à lui, et on dirait qu'elle est tout le temps en train d'essayer de le protéger de quelque chose."
J'écoute la suite, jusqu'à la fin, avant de répondre.
"La différence entre Honor et Narcisse... En vrai, je dirais que ça dépend des fois. Evidemment que lui il sourit tout le temps et qu'elle elle est tout le temps sur ses gardes... Mais quand ils sont ensemble, elle change vraiment beaucoup, c'est plus trop la même. Du coup oui, j'ai été un peu choquée, mais comme je savais déjà qu'elle avait fait l'armée, qu'elle était super douée en Coup de vitesse et tout, je me l'étais imaginée assez dure, donc elle collait bien avec mes pensées. Mais je crois qu'elle a changé depuis que vous l'avez connue, parce qu'elle ne m'a pas parue "d'une sauvagerie sans borne", ni "particulièrement violente". Haha, moi non plus j'ai pas du tout réussit à poser la main sur elle, mais j'ai beaucoup appris. Notamment à dépasser mes limites."
Je n'avais pas vu le double-sens de la phrase de Lilith, mais lorsque Llo le relève, je ne peux pas m'empêcher de pouffer. J'essaie tout de même de me contenir, pour pas que la barmaid croit que je me moque d'elle, et je me redresse, prenant une grande inspiration pour chasser mon rire. De plus j'ai moi aussi réutiliser l'expression à double-sens dans ma réponse à Lilith, mais je ne m'en était pas rendue compte.

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Claquement de langue et roulement d'yeux, je détournai mon visage de cette arrogante femme bien trop sûre d'elle. Elle me donnait envie de taper là où ça faisait mal, simplement pour la faire réagir. Si on jouait, on allait jouer, mais qu'elle ne vienne pas chialer après. Un regard aux alentours me ramena cependant à la réalité. Mieux valait me tenir un peu, il était trop tôt pour quitter mon job. Tapotement de doigts sur le bois de la table.

- Mon prénom est d'un ridicule ennuyeux, et sans intérêt pour la conversation.

Éventuellement, si elle avait réellement eu pour projet de me draguer, je lui aurais révélé. Mais en l'occurrence, je n'avais plus aucune envie de lui dire. Tout d'un coup, je n'appréciais plus trop le regard qu'elle posait sur moi. J'aimais plaire, mais que ça n'aille pas plus loin. Je pouffai d'un rire méprisant à sa remarque sur la poitrine, quelle classe...

- "Et ceux qui avaient tout dirent à ceux qui n'avaient rien : ne jalousez point ce que nous avons, vivez en paix."

Un nouveau rire, j'eus envie de fumer, mais je me retins. Une étrange sensation me poussait à préserver les poumons de cette jeune fille. Lorsque je m'entraînais avec Honor, la simple vue d'une cigarette causait sa fureur, aussi préférais-je me contenir. Je m'adossais à la chaise, de moins en moins intéressé par cette inconnue qui aimait faire son intéressante, et de plus en plus intriguée par ce que la petite avait à dire.

- Les gens sont toujours aussi chiants.

J'écarquillai les sourcils face à sa remarque. J'étais peu à l'aise face à ce genre de sous-entendus, qui réveillaient en moi des émotions que je n'appréciais guère. Je lui lançai un regard noir, avant de rediriger mon attention sur la plus jeune.

Plus elle m'en apprenait sur le fils d'Honor, plus ma surprise grandissait. Et je souris d'un air amusé en imaginant cette femme terrifiante s'occuper d'un marmot qu'elle adorait. J'écoutais ensuite ses longues explications détaillées, preuve qu'elle avait laissé traîner ses yeux un peu plus que nécessaire. Je laissai échapper un claquement de langue lorsqu'elle dit qu'elle avait pu dépasser ses limites. Une drôle de nostalgie m'envahit.

- Ouais... C'est ce qui a tendance à arriver lorsqu'on se tient près d'elle.

Impossible de se contenter du minimum avec Honor. Ou on se dépassait, ou on crevait, c'était simple. Et comme j'avais été suffisamment teigneuse pour survivre, j'en étais ressortie grandie et renforcée.

Le passage de Dianne non loin de notre table me ramena à la triste réalité de ma condition de barmaid. J'avais un boulot. Je me levai souplement, avant de poser mes mains sur mes hanches.

- Sur ce, mesdames, à moins que vous ayez encore besoin de mes services...

Quelque part, perdue avec Sixtine.