Sale temps pour l'Ecossaise PV Narcisse Brando

Lorsque son camarade posa sa main chaude sur son épaule frêle, et lui dit qu'il ne la laisserait pas aller toute seule voir l'infirmier de Poudlard, Susan ne put s'empêcher de pousser un très léger soupir de soulagement. Elle avait voulu lui donner un échappatoire, une porte de sortie s'il souhaitait s'en aller, mais il avait décidé de l'accompagner et de rester avec elle. En vérité, elle n'attendait que ça, effrayée de devoir à nouveau faire face à un soignant alors qu'elle avait pu l'éviter jusqu'ici cette année. Elle ne put retenir un regard plein de gratitude envers Narcisse, et hocha doucement la tête. Un merci silencieux mais très puissant semblait illuminer son visage, sans qu'elle n'ait besoin de dire un mot.

Puis elle vit qu'il se questionner, lorsqu'elle lui avait expliqué sa maladie. Il avait l'air d'hésiter à lui poser des questions, cherchant dans son esprit s'il avait déjà des bribes d'informations passées à ce sujet, mais à priori ce n'était pas le cas. La Lionne sourit face à cette délicatesse, soucieux de la ménager avec ses questions, mais aussi face à sa curiosité qui prenait le pas et le poussait à vouloir en savoir plus. Toujours secouée régulièrement des mêmes spasmes, et tenant sa main blessée avec son autre membre, Susan bougea légèrement pour s'installer plus confortablement. Elle était prête à lui expliquer mieux, s'il le souhaitait. Après tout, il s'occupait d'elle sans y être obligé, elle lui devait bien ça.

- Oui, c'est un peu comme une petite tour. Répondit-elle en riant doucement face à la candeur de sa question. Elle laissa planer un petit moment de silence lorsque Narcisse demanda si c'était grave, semblant réfléchir elle-même au sujet. Grave, j'sais pas trop. Juste ils savent pas d'où ça vient, et pis y'a plein de symptômes différents en fonction des gens. Et puis quand tu deviens grand, ça peut presque disparaître, ou alors ça peut devenir encore pire !

A cette pensée, Susan fut parcourue d'un frisson. C'était sa hantise. Elle savait qu'elle avait une certaine forme de chance, que ses symptômes n'étaient pas si prononcés. Mais si cela venait à s'aggraver, à devenir beaucoup plus présent et handicapant, elle ne savait pas comment elle réagirait et c'était un sujet qu'elle tentait régulièrement d'occulter, sachant pertinemment qu'elle n'aurait pas de réponse à tout ça avant plusieurs années encore.

- Moi, ça m'fait faire un peu n'importe quoi. Je fais pas exprès de faire des grimaces, ou de bouger mes bras, tout ça. C'est mon corps qui fait ça tout seul. Mais j'ai juste ça, y'en a qui crient des choses grossières, ou qui ont des tics super forts et vraiment tout l'temps. Moi ça devient chiant quand j'ai peur ou que j'suis stressée ou fatiguée enfin tu vois quoi. Mais en général ça va, je m'en rend plus trop compte. Et au moins je crie pas des trucs bizarres, j'pense que c'est le pire, parce que les gens croient que t'es fou.

Elle s'arrêta un instant après son monologue d'explications, son regard noisette tourné vers le Lac, évitant de regarder son camarade. Elle préférait observer la nature lorsqu'elle expliquait tout ça, de peur de ressentir une pointe de jugement ou de peur chez son interlocuteur, alors qu'elle était si bien lancée pour expliquer ses symptômes.

- Du coup j'ai des médicaments à prendre tous les jours. C'est un truc personne sait d'où ça vient, y'a pas beaucoup de gens qui l'ont, ça se soigne pas, donc j'aurai ça toute ma vie sûrement. La petite brune haussa les épaules, d'un air fataliste. Mais ça s'aggrave pas pour le moment, c'est même mieux que si j'prends pas mes traitements donc c'est plutôt cool. Mais bon, des fois quand j'ai ces tics j'me fais mal... Comme là. Ajouta-elle en levant légèrement sa main blessée en direction de son camarade, sur lequel elle reposa ses jolis yeux noisette, signe qu'elle avait fini de lui expliquer. Susan lui adressa un sourire un peu las, mais montra qu'elle était ouverte s'il avait d'autres questions, en restant confortablement installée et tournée vers lui.

Après un moment de silence, elle posa une question semblant venue de nulle part.

- Pourquoi t'aimes pas l'infirmerie ?

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Toujours accroupi à côté de sa nouvelle amie, Narcisse lui rendit son hochement de tête dans un sourire. Puis il posa ses coudes sur ses genoux, croisant ses mains face à son visage et posant son menton sur ses pouces, tendant ses index devant ses lèvres. Il l'écouta ensuite avec grande attention, les sourcils froncés sous la concentration, hochant régulièrement la tête en analysant ses mots. Il ne comprit pas l'entièreté de ses dires, mais dit le maximum pour en assimiler le plus possible. Son visage passa de la perplexité à l'inquiétude, puis à la compassion, avant de se remettre à sourire doucement. Il décroisa ses mains pour tapoter l'épaule de Susan, laissant son sourire s'agrandir joyeusement.

- Hey t'inquiète pas ! Ça va s'arranger j'suis sûr ! Et puis tu vas gérer tu vas voir !

Il tapota une nouvelle fois son épaule avant d'avoir un rire léger et cristallin, lorsqu'elle lui demande pourquoi il n'aimait pas l'infirmerie. Il se mordit la lèvre inférieure en se figeant un instant, avant de regarder sur le côté en penchant la tête, ramenant son bras pour les croiser sur sa poitrine. Ses yeux se levèrent au ciel, l'un de ses sourcils se fronça sous la réflexion.

- Mh...

Il n'était pas certain de comprendre exactement pourquoi il ressentait cette peur panique lorsqu'il devait y aller, le simple fait d'y penser le plongeait dans une anxiété certaine. Mais jamais de sa vie, il n'avait vraiment pris le temps d'y penser en profondeur. Et même s'il l'avait fait, à son âge, il n'aurait pas été capable de comprendre totalement pourquoi il avait cette phobie. Il se contenta de hausser les épaules, avec un sourire confus.

- Euh... j'sais pas trop... Je, j'me souviens qu'quand j'étais plus p'tit, j'avais pas peur quand j'allais voir ma mère à l'hôpital. Et j'y allais souvent pourtant ! J'saurais pas t'dire pourquoi, mais dès qu'j'pense à un endroit qui ressemble à un hôpital, j'pense à ma mère, et paf, j'me sens mal !

Il haussa de nouveau les épaules, avant de se mettre à rire en rougissant, puis se racla la gorge et se releva souplement. D'un claquement de langue, il fit revenir Klee, qui coopéra à contrecoeur en roulant jusqu'à son épaule. Puis il se tourna vers Susan et lui tendit la main, le regardé décidé et déterminé, un sourire aux lèvres.

- Bon, faut qu'on file à l'infirmerie, allez vite !

Son ton était certes bienveillant, mais se laissait pas de place à la discussion, il l'accompagnerait quoi qu'il arrive !

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La Lionne observa longuement Narcisse, lorsqu'il lui expliqua pourquoi il avait peur de l'infirmerie. Il n'avait pas vraiment l'air de savoir d'où ça venait, si ce n'est le rapport avec sa maman. Elle allait souvent à l'hôpital quand il était plus jeune ? Mmmmh. Hésitant un moment à poser une autre question, peut être autant de peur de le mettre mal à l'aise que de la réponse en elle-même, elle s'y aventura tout de même.

- Elle était souvent malade ta maman ? Et maintenant ça va mieux ?

Sa voix était douce, et on y sentait une pointe de malaise, espérant ne pas le pousser sur un sujet qui le rendrait triste, mais elle était incapable de taire la curiosité que la réponse de son camarade avait fait naître dans son esprit d'adolescente.

Puis Susan observa la petite boule de poils rouler jusqu'à l'épaule de son maître lorsqu'il l'appela, affichant un petit sourire. Elle avait l'air d'être un vrai compagnon pour le Poufsouffle, et semblait assez amusante avec son caractère de cochon !

- Elle est mignonne, elle s'appelle comment ?

En vérité, la Lionne ne savait pas s'il s'agissait d'une fille ou d'un garçon, encore bien novice dans sa reconnaissance des créatures magiques, mais c'était simplement sa couleur rose vif qui l'avait orienté vers le sexe féminin, bien ancrée dans les clichés habituels. Peut être que si Klee avait été bleue, alors elle aurait supposé que c'était un mâle ? Elle n'avait même pas réfléchit à l'éventualité d'autre chose, à vrai dire. C'était le genre de question qui était à mille lieux de sa réflexion actuellement.

Continuant de masser légèrement sa main douloureuse, elle s'appuya sur l'autre pour se lever lorsque Narcisse fit de même. C'était le moment de partir, et de se confronter à l'infirmier de Poudlard ! Poussant un petit soupir d'appréhension lorsque son camarade annonça la suite des évènements, elle hocha simplement la tête en guise d'approbation. Pas le choix. Et puis après tout, elle avait vraiment mal à la main.

Elle se mit en route doucement vers le château, la chaleur de la journée tombant à nouveau comme un fardeau sur ses épaules alors qu'elle avait mis en marche son petit corps. Au moins, à l'intérieur, il y avait moins le soleil qui tapait et toujours un petit courant d'air qui semblait passer dans les couloirs. Elle y trouverait peut être un peu plus de fraîcheur, et ce serait bienvenue puisque le stress qu'elle commençait à ressentir lui donnait d'autant plus chaud.

Regardant à côté d'elle pour vérifier que son camarade tenait sa parole et l'accompagnait bien, elle ralentit un moment.

- Tu sais s'il est gentil, l'infirmier ?

Dans sa voix fluette, toute l'appréhension qu'elle ressentait était palpable. Susan, qui était souvent un peu plus mûre que ses camarades, avait besoin encore une fois d'être rassurée. Finalement, elle n'était rien d'autre qu'une enfant qui avait du mal à gérer ses peurs.

@Narcisse Brando, je suis tellement désolée du temps de réponse !!

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Narcisse commença à marcher en direction du château, gardant un œil attentif sur Susan, au cas où elle manifeste le moindre signe de douleur. Ce n'était décidément pas la première fois qu'il ramenait une élève à l'infirmier... S'il avait été plus suspicieux, il aurait commencé à penser que l'infirmier pourrait finir par le voir d'un mauvais œil. Klee mâchouilla le tissu de ses vêtements sans se soucier de rien, le regard vide. Il soupira doucement avant de regarder Susan lorsqu'elle lui posa sa première question, il sourit doucement, avant de lever les mains pour les croiser derrière sa tête.

- Oh non, elle est jamais malade ma maman. Mais elle était militaire, du coup elle était souvent blessée. Y'a eu des fois plus graves que d'autres, des fois très graves et d'autres pas du tout. Mais maintenant elle y va presque plus, à part pour des examens, parce qu'elle a une grosse cicatrice juste là.

Il fit glisser son index du haut de l'épaule gauche jusqu'à sa hanche droite.

- Et du coup faut la surveiller un peu, mais tout va bien !

Si l'envie de raconter comment elle l'avait eu lui avait traversé l'esprit, il l'aurait fait, mais en l'occurrence, il n'y pensa même pas. Sa main libre vint tapoter la tête de Klee, son sourire s'agrandissant. Il avait malgré lui perdu son sourire lorsqu'il avait parlé de sa mère, l'inquiétude et l'angoisse l'en ayant privé un court instant.

- Elle s'appelle Klee ! Et t'y fie pas trop, si tu relâche trop ton attention, elle va t'bouffer !

Il éclata de rire sans se retenir, s'essuyant une larme d'euphorie au coin de son œil, avant de ralentir en même temps que sa camarade. Ses mains revinrent au niveau de sa poitrine, sur laquelle il croisa ses bras.

- Oh oui ! Il est super gentil Mister O'Belt ! Il a même pris sur son temps pour aller voir ma maman et essayer d'soigner sa cicatrice ! Vraiment ça va bien s'passer t'inquiète pas !

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Susan écouta avec attention son camarade lui raconter pourquoi sa mère allait à l'hôpital. Ah ouais, militaire ? En réfléchissant un moment pour retrouver ce que c'était, militaire, la petite brune se rappela que c'était un métier moldu, des gens qui avaient choisi comme métier de défendre leur pays, et qui faisait tout le temps du sport. Elle avait vu ça dans un livre moldu qu'elle avait lu. Mais elle ne savait pas que les mamans pouvaient faire ça comme travail, elle avait toujours lu des histoires sur des hommes qui se battaient et, souvent, qui mourraient d'ailleurs.

- Ah ouaaaais, mais c'est énorme comme cicatrice wow ! La pauvre ça doit faire super mal !! Tu m'étonne qu'il faut surveiller, woow...

La Gryffonne affichait des yeux ronds, de deux fois leur taille normale, quand Narcisse lui avait montré la taille de la cicatrice de sa mère. Elle réfléchit un moment à ce qui avait pu provoquer une telle blessure, mais elle ne réussit à rien faire d'autre que d'augmenter son anxiété en imaginant des diffindo coupant la moitié du corps, ou une méchante bestiole qui, avec ses griffes acérées, pouvait éviscérer quelqu'un. Bref, de charmantes images pour une jeune fille de onze ans !
Ah mais non, si elle est militaire, sa maman, c'est que c'est une Moldue, du coup ça peut pas être un diffindo. Ou alors c'était pendant la guerre entre les Sorciers et les Moldus ? Mmmh..

Un peu pâle après ses recherches mentales et les films d'horreurs qu'elle venait de visualiser dans son esprit, Susan se décida à demander quand même la raison de cette balafre.

- Elle a eu ça pendant la guerre entre les sorciers et les moldus ? Pfiou, elle doit être super forte ta maman pour avoir survécu à ça !

Impressionnée par l'image qu'elle se faisait de maman Brando, la petite brune pensa qu'elle faisait bien pâle figure avec sa main blessée par un caillou. Haha. Continuant d'avancer avec son camarade, elle se tenait toujours la main, et rit à la remarque de Narcisse sur Klee. La boule de poils roses semblait pourtant tranquille, à mâchouiller les vêtements de son maître, il était difficile de l'imaginer caractérielle, avec son regard vide !

- Hahaha j'savais pas qu'les boursouflets était des carnivores agressifs !

La Lionne hocha ensuite la tête d'un air grave en écoutant le Poufsouffle la rassurer sur l'infirmier. Bon, au moins il était sympa. Parce qu'avec tous les soignants qu'elle avait déjà rencontré, elle pouvait affirmer sans ciller que certains étaient vraiment pas gentils ni patients !

Alors qu'ils discutaient, passant du rire au sérieux, les deux enfants arrivaient tranquillement aux portes du château. Derrière elles, le grand escalier qui les mèneraient jusqu'au troisième étage, et à l'infirmerie. Une petite brise fraîche s'échappa de l'édifice alors qu'ils entraient, ce qui attira un soupir de contentement à la jeune fille. Quelle chaleur étouffante !

@Narcisse Brando

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Narcisse n'arrivait pas à savoir exactement ce qu'il ressentait lorsque Susan manifesta sa forte impression après qu'il lui eut parlé de sa la cicatrice de sa mère. De la fierté ? De la révolte ? Trouvait-il cela indécent et impoli, ou bien réussissait-il à tirer quelque chose de positif de cette pseudo-admiration éclairée ? Il n'en avait aucune idée. Et le temps qu'il réfléchisse à tout ça, son index tapotant sa lèvre, et son regard se perdant dans les hautes herbes, elle eut le temps de lui poser ses questions. Ses mains se posèrent sur ses hanches, et il prit une profonde inspiration en levant ses yeux vers le ciel, prenant son temps pour réfléchir par où commencer.

Il finit par la regarder de nouveau, l'air un peu plus grave qu'auparavant, malgré sa volonté de maintenir sa bonne humeur.

« Ouaip, c'était pendant cette période. Un truc avec un incendie au Ministère. Miss Vermillon en a beaucoup parlé avec moi et ma famille. Elle était juste à côté, en tant que consultante, un truc comme ça. Mais du coup, elle s'est pris un truc, et... et puis boom. »

Malgré lui, sa gorge se serra, et il croisa les bras sur sa poitrine, en reprenant sa respiration. Puis il pencha la tête sur le côté, avant de la hocher pour finalement récupérer un sourire de fierté.

« Mais ouais, elle est vraiment trop forte, ses blessures étaient vraiment hyper graves, mais elle a rien lâché ! Genre vraiment, même pas trois mois plus tard, elle était déjà débout en train de reprendre ses entraînements ! »

Il serra le poing au niveau de la poitrine, un sourire discret sur les lèvres, puis il reprit sa marche vers le château, avant d'éclater d'un rire cristallin, mais un peu tendu.

« Ah non mais j'crois pas qu'tous les boursouflets soient comme ça ! Klee c'est un peu une exception. Déjà quand j'l'ai rencontré, elle m'a mordu l'doigt ! »

Une fois arrivé au portes du château, Narcisse n'hésita pas une seconde avant de prendre la direction du troisième étage, l'air déterminé, voulant accompagner Susan jusqu'au bout, au cas où.

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