8 mai 2023, 19:57
La petite maison près des marais salants

Juliette Martin, 10 ans
Ars-en-Ré, Île de Ré.
Printemps 2012.
Je joue au trampoline dans le jardin, pour passer le temps. Mon but est d'observer le rivage le plus loin possible quand je suis dans les airs. Je saute assez facilement, mais j'ai du mal de voir aussi loin que je le voudrais. Je ne suis pas très grande. J'entends les mouettes me narguer. Elles, n'ont pas besoin d'effort spécifique pour pouvoir voir l'horizon. De temps en temps, en revanche, j'arrive à apercevoir les lignes que forment naturellement les marais qui font face à mon jardin. Je voudrais prévoir le moment où papa et maman rentrent du travail en les observant, mais je ne vois rien. J'arrête de sauter sur le trampoline. Je m'ennuie.
La couleur du ciel est un peu orangée maintenant. Elle était plus bleue rose quand je suis sortie. Je m'apprête à rentrer dans la maison, quand j'entends la cloche du portail sonner. Je me retourne et vois un homme, grand et blond, qui me regarde et me sourit. Il me demande si c'est bien la maison des Martin. Je lui dis que oui. Je devrais lui demander son identité et ses intentions, mais n'en fais rien. Je suis intimidée par sa prestance. On voit bien qu'il est plus riche et raffiné que nous. Je préférerais que mes parents viennent lui parler, mais ils ne sont pas encore rentrés. Je pense qu'il décèle mon inquiétude. Il me demande si je suis bien Juliette Martin. Je ne réponds pas, mais cours dans la maison et ferme la porte. Je n'ai pas l'habitude des étrangers car tout le monde se connaît, sur l'île de Ré. Surtout ici, à Ars-en-Ré, petite bourgade de quelques centaines d'habitants.
J'entends des voix au-dehors. Je reconnais celle de papa, puis celle de maman. Rapidement, ils entrent dans la maison avec l'homme inconnu. Quand je le vois, je cours au premier étage. J'entre en trombe dans la chambre de ma grande sœur en criant son nom comme si ma vie en dépendait.
"Annaaaaa !" je hurle de ma voix aiguë. "Y a un monsieur dans la maison !"
Ma sœur ne m'écoute pas. Elle crie à son tour pour que je sorte, ce que je ne fais pas. Alors elle m'attrape violemment par le bras et me pousse dehors avant de claquer la porte. Elle me fait tomber au passage, mais elle s'en fiche. Ma sœur, c'est une ado stupide. Elle ne pense qu'aux One Direction et aux garçons. Elle est de plus en plus méchante avec moi. Je crois qu'on devient comme ça quand on a 16 ans. Je ne veux pas grandir, parce que je ne veux pas être bête comme elle.
Printemps 2012.
Je joue au trampoline dans le jardin, pour passer le temps. Mon but est d'observer le rivage le plus loin possible quand je suis dans les airs. Je saute assez facilement, mais j'ai du mal de voir aussi loin que je le voudrais. Je ne suis pas très grande. J'entends les mouettes me narguer. Elles, n'ont pas besoin d'effort spécifique pour pouvoir voir l'horizon. De temps en temps, en revanche, j'arrive à apercevoir les lignes que forment naturellement les marais qui font face à mon jardin. Je voudrais prévoir le moment où papa et maman rentrent du travail en les observant, mais je ne vois rien. J'arrête de sauter sur le trampoline. Je m'ennuie.
La couleur du ciel est un peu orangée maintenant. Elle était plus bleue rose quand je suis sortie. Je m'apprête à rentrer dans la maison, quand j'entends la cloche du portail sonner. Je me retourne et vois un homme, grand et blond, qui me regarde et me sourit. Il me demande si c'est bien la maison des Martin. Je lui dis que oui. Je devrais lui demander son identité et ses intentions, mais n'en fais rien. Je suis intimidée par sa prestance. On voit bien qu'il est plus riche et raffiné que nous. Je préférerais que mes parents viennent lui parler, mais ils ne sont pas encore rentrés. Je pense qu'il décèle mon inquiétude. Il me demande si je suis bien Juliette Martin. Je ne réponds pas, mais cours dans la maison et ferme la porte. Je n'ai pas l'habitude des étrangers car tout le monde se connaît, sur l'île de Ré. Surtout ici, à Ars-en-Ré, petite bourgade de quelques centaines d'habitants.
J'entends des voix au-dehors. Je reconnais celle de papa, puis celle de maman. Rapidement, ils entrent dans la maison avec l'homme inconnu. Quand je le vois, je cours au premier étage. J'entre en trombe dans la chambre de ma grande sœur en criant son nom comme si ma vie en dépendait.
"Annaaaaa !" je hurle de ma voix aiguë. "Y a un monsieur dans la maison !"
Ma sœur ne m'écoute pas. Elle crie à son tour pour que je sorte, ce que je ne fais pas. Alors elle m'attrape violemment par le bras et me pousse dehors avant de claquer la porte. Elle me fait tomber au passage, mais elle s'en fiche. Ma sœur, c'est une ado stupide. Elle ne pense qu'aux One Direction et aux garçons. Elle est de plus en plus méchante avec moi. Je crois qu'on devient comme ça quand on a 16 ans. Je ne veux pas grandir, parce que je ne veux pas être bête comme elle.
Compte PNJ inactif. Pour toute information, merci de contacter Nora Starks.
9 mai 2023, 18:53
La petite maison près des marais salants
Faisant mine de pleurer, mon caprice est coupé net par la voix de ma mère qui me demande de descendre immédiatement. Je sais que l'homme est toujours là, alors je ne veux pas, mais je sens que je n'ai pas le choix. Je ravale mes fausses larmes et descends prudemment le vieil escalier de bois grinçant. Quand il me voit pointer le bout de mon nez, l'homme me sourit. Mes parents ont l'air déroutés. Pourtant, je n'ai pas fait de bêtise récemment, alors je ne comprends pas trop ce qu'il se passe. Mon père regarde le sol, la tête entre ses mains. Ma mère me fait signe d'approcher et me fait m'asseoir à côté d'elle. Quand elle me regarde, on dirait qu'elle a vu un fantôme. Je regarde papa, puis maman, puis papa à nouveau, et finalement l'homme inconnu. Personne ne parle. Le silence est lourd, pesant, et je donnerais tout pour quitter la pièce.
Ma mère rompt le silence en s'adressant à moi. "Cet homme est venu pour te voir..." elle dit d'un ton tremblant. Je crois qu'elle se retient de pleurer. Le silence s'installe à nouveau.
"Si vous permettez..." dit l'homme. Il me regarde et se penche pour se mettre à ma hauteur. Il me sourit. "Juliette, je suis Thomas Rochelle. Je suis ravi de faire ta connaissance. J'enseigne à l'académie de Beauxbâtons."
Je ne sais pas de quoi il parle, et je ne comprends pas pourquoi il est ici. Son école doit être loin parce que je n'en ai jamais entendue parler. Cette introduction me rend nerveuse, car j'ai peur que mes parents m'envoient en pensionnat. Ils n'ont pourtant pas les moyens financiers de le faire, mais dans les films quand les enfants y vont, ils sont toujours tristes et en colère.
"L'académie où je travaille est un peu particulière, pour des enfants un peu particuliers. Des enfants comme toi. C'est pour ça que je suis venu vous voir, tes parents et toi."
À ces mots, j'entends un gémissement provenant de ma mère. Je crois qu'elle étouffe ses pleurs. Mon père renifle et je vois du coin de l'œil qu'il se frotte les sourcils. Mon anxiété augmente.
"L'académie de Beauxbâtons enseigne la magie aux enfants dotés de pouvoirs, aux enfants sorciers." il m'explique, avant de laisser le silence s'installer un peu. "Tu dois sans doute te souvenir de moments assez... inexplicables dans ta vie ? Des moments où tu as provoqué quelque chose qui semble impossible ?"
Je crois que cet homme est fou, et je ne comprends pas pourquoi papa et maman ne lui disent pas de partir. Je me raccroche au pull en coton de ma mère. Cet homme raconte des bêtises, mais personne ne lui dit d'arrêter, et je ne comprends pas. Puis je comprends. Quand j'avais 7 ans, j'ai fait bouger mon assiette d'épinards sans la toucher et elle s'est cassée par terre. Quand j'avais 9 ans, j'ai éclaboussé de boue Gaëtan Labourie, le garçon stupide qui n'arrêtait pas de m'embêter à la récré, sans même m'approcher de lui. À mes 10 ans, j'ai fait voleter le paquet de biscuits qui était posé sur le buffet de la cuisine, jusqu'à la table. Il y a deux semaines, j'ai fait un bond deux fois plus haut sur le trampoline pour pouvoir voir le rivage, alors qu'il n'y avait pas de vent. Alors... je suis une sorcière ?
Ma mère rompt le silence en s'adressant à moi. "Cet homme est venu pour te voir..." elle dit d'un ton tremblant. Je crois qu'elle se retient de pleurer. Le silence s'installe à nouveau.
"Si vous permettez..." dit l'homme. Il me regarde et se penche pour se mettre à ma hauteur. Il me sourit. "Juliette, je suis Thomas Rochelle. Je suis ravi de faire ta connaissance. J'enseigne à l'académie de Beauxbâtons."
Je ne sais pas de quoi il parle, et je ne comprends pas pourquoi il est ici. Son école doit être loin parce que je n'en ai jamais entendue parler. Cette introduction me rend nerveuse, car j'ai peur que mes parents m'envoient en pensionnat. Ils n'ont pourtant pas les moyens financiers de le faire, mais dans les films quand les enfants y vont, ils sont toujours tristes et en colère.
"L'académie où je travaille est un peu particulière, pour des enfants un peu particuliers. Des enfants comme toi. C'est pour ça que je suis venu vous voir, tes parents et toi."
À ces mots, j'entends un gémissement provenant de ma mère. Je crois qu'elle étouffe ses pleurs. Mon père renifle et je vois du coin de l'œil qu'il se frotte les sourcils. Mon anxiété augmente.
"L'académie de Beauxbâtons enseigne la magie aux enfants dotés de pouvoirs, aux enfants sorciers." il m'explique, avant de laisser le silence s'installer un peu. "Tu dois sans doute te souvenir de moments assez... inexplicables dans ta vie ? Des moments où tu as provoqué quelque chose qui semble impossible ?"
Je crois que cet homme est fou, et je ne comprends pas pourquoi papa et maman ne lui disent pas de partir. Je me raccroche au pull en coton de ma mère. Cet homme raconte des bêtises, mais personne ne lui dit d'arrêter, et je ne comprends pas. Puis je comprends. Quand j'avais 7 ans, j'ai fait bouger mon assiette d'épinards sans la toucher et elle s'est cassée par terre. Quand j'avais 9 ans, j'ai éclaboussé de boue Gaëtan Labourie, le garçon stupide qui n'arrêtait pas de m'embêter à la récré, sans même m'approcher de lui. À mes 10 ans, j'ai fait voleter le paquet de biscuits qui était posé sur le buffet de la cuisine, jusqu'à la table. Il y a deux semaines, j'ai fait un bond deux fois plus haut sur le trampoline pour pouvoir voir le rivage, alors qu'il n'y avait pas de vent. Alors... je suis une sorcière ?
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17 sept. 2023, 00:23
La petite maison près des marais salants
Je finis par froncer les sourcils. J'ai l'impression d'être un personnage de film, dont le monde a été chamboulé de force par une nouvelle grave qu'il ne voulait pas recevoir. Alors, comme ce personnage de film, je fais une sortie dramatique. Je me lève, je crois en direction de la porte, puis je cours en direction du portillon au fond du jardin, puis je cours en direction de je-ne-sais-quoi, loin de la maison. Je traverse le village en courant comme je le peux, mais je m'essouffle trop vite à mon goût. Je finis par parcourir quelques mètres de plus en titubant, avant d'aller m'asseoir sur un banc sous les arbres, près de la côte. Je regarde le bout de mes chaussures avec un air dur et méchant. Je me sens très contrariée par ce qu'il se passe, car je ne comprends pas tout. Bien que les paroles du monsieur fassent sens, d'une certaine manière, je ne peux pas les croire. Dans les films, le héros est arraché à sa famille pour devenir extraordinaire. Mais ce ne sont que des films, même moi je le sais.
Il ne se passe pas très longtemps avant que l'homme étrange s'asseye à mes côtés. Décidément, on ne peut jamais échapper aux adultes aux grandes jambes.
"Je te comprends" il dit simplement. "Moi aussi, je viens d'une famille comme la tienne. Je ne connaissais pas la magie avant qu'un professeur de l'académie ne vienne nous rendre visite, à ma famille et moi."
Je le regarde d'un air mauvais, le détaillant de la tête au pied comme les divas. J'ai du mal à le croire.
"Je suis sûr que tu ne me crois pas" continue-t-il avec son air calme et bienveillant. "Pourtant, c'est le cas. Nous venons tous de quelque part." Je trouve sa remarque stupide. "Je sais à quel point c'est déroutant, de comprendre que notre monde est bien plus riche et complexe qu'on ne le pensait, et de comprendre qu'on n'est pas ce qu'on croyait être. Ta famille n'a pas de pouvoir magique, on les appelle les moldus. Toi, tu en as au fond de toi. Tu es une sorcière. Cette différence ne change pas ton lien avec ta famille, mais elle change ton destin. Si tu viens avec moi à Beauxbâtons dès la rentrée prochaine, tu pourras apprendre à connaître ton nouveau monde, et à maîtriser tes pouvoirs. Et tu pourras toujours rentrer pour venir voir ta famille, pendant les vacances. Étudier à l'académie ouvrira le champ des possibles pour toi, pour ton avenir. Ça va t'aider à trouver ta place."
Je ne suis pas convaincue par son monologue, mais je pose quand même une question par curiosité. "On peut faire quoi avec des pouvoirs magiques ? Est-ce qu'on peut voler comme les fées ? Est-ce qu'on peut devenir invisible comme Susan Storm ? Est-ce qu'on peut détruire des choses avec la pensée comme Jean Grey ? Si c'est pas le cas, c'est nul." je dis.
Il ne se passe pas très longtemps avant que l'homme étrange s'asseye à mes côtés. Décidément, on ne peut jamais échapper aux adultes aux grandes jambes.
"Je te comprends" il dit simplement. "Moi aussi, je viens d'une famille comme la tienne. Je ne connaissais pas la magie avant qu'un professeur de l'académie ne vienne nous rendre visite, à ma famille et moi."
Je le regarde d'un air mauvais, le détaillant de la tête au pied comme les divas. J'ai du mal à le croire.
"Je suis sûr que tu ne me crois pas" continue-t-il avec son air calme et bienveillant. "Pourtant, c'est le cas. Nous venons tous de quelque part." Je trouve sa remarque stupide. "Je sais à quel point c'est déroutant, de comprendre que notre monde est bien plus riche et complexe qu'on ne le pensait, et de comprendre qu'on n'est pas ce qu'on croyait être. Ta famille n'a pas de pouvoir magique, on les appelle les moldus. Toi, tu en as au fond de toi. Tu es une sorcière. Cette différence ne change pas ton lien avec ta famille, mais elle change ton destin. Si tu viens avec moi à Beauxbâtons dès la rentrée prochaine, tu pourras apprendre à connaître ton nouveau monde, et à maîtriser tes pouvoirs. Et tu pourras toujours rentrer pour venir voir ta famille, pendant les vacances. Étudier à l'académie ouvrira le champ des possibles pour toi, pour ton avenir. Ça va t'aider à trouver ta place."
Je ne suis pas convaincue par son monologue, mais je pose quand même une question par curiosité. "On peut faire quoi avec des pouvoirs magiques ? Est-ce qu'on peut voler comme les fées ? Est-ce qu'on peut devenir invisible comme Susan Storm ? Est-ce qu'on peut détruire des choses avec la pensée comme Jean Grey ? Si c'est pas le cas, c'est nul." je dis.
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27 sept. 2023, 20:13
La petite maison près des marais salants
L'homme rit doucement. Je ne sais pas s'il se moque de moi ou s'il est amusé parce qu'il comprend la logique de mes références.
"C'est un peu comme ça, mais pas totalement." il dit. Il sort un morceau de bois travaillé de sa poche. "Tu vois, nous, on utilise un catalyseur pour utiliser nos pouvoirs magiques. Sans ça, nous n'y arrivons pas. Nous utilisons des baguettes magiques, comme celle-ci."
Je regarde la chose en question, mais ne la touche pas. D'ailleurs, je trouve que son geste de démonstration trahit sa crainte que j'essaye de la saisir. Le morceau de bois est assez long et fin. On voit qu'il a été travaillé pour être joli, car il n'a rien d'un bâton ordinaire.
"On utilise aussi des balais volants pour voler."
Je le regarde, prête à rire. "Comme Kiki ?" je pouffe. Il me répond qu'il ne sait pas qui est cette personne. Il ne connaît pas ses classiques, mais comme il vit dans un monde différent, je le pardonne. Je lui explique brièvement de quoi parle le fameux film d'animation, bien connu des moldus. Alors il me répondit que oui, on vole comme Kiki. J'apprécie l'effort que l'homme fait pour utiliser ce que je connais de mon monde afin de mieux comprendre le sien. Enfin, le nôtre. Cette notion me semblait encore bien abstraite, mais je commençais à réellement m'intéresser à ce monde dont on me parlait, et dans lequel on essayait de m'introduire.
"C'est un peu comme ça, mais pas totalement." il dit. Il sort un morceau de bois travaillé de sa poche. "Tu vois, nous, on utilise un catalyseur pour utiliser nos pouvoirs magiques. Sans ça, nous n'y arrivons pas. Nous utilisons des baguettes magiques, comme celle-ci."
Je regarde la chose en question, mais ne la touche pas. D'ailleurs, je trouve que son geste de démonstration trahit sa crainte que j'essaye de la saisir. Le morceau de bois est assez long et fin. On voit qu'il a été travaillé pour être joli, car il n'a rien d'un bâton ordinaire.
"On utilise aussi des balais volants pour voler."
Je le regarde, prête à rire. "Comme Kiki ?" je pouffe. Il me répond qu'il ne sait pas qui est cette personne. Il ne connaît pas ses classiques, mais comme il vit dans un monde différent, je le pardonne. Je lui explique brièvement de quoi parle le fameux film d'animation, bien connu des moldus. Alors il me répondit que oui, on vole comme Kiki. J'apprécie l'effort que l'homme fait pour utiliser ce que je connais de mon monde afin de mieux comprendre le sien. Enfin, le nôtre. Cette notion me semblait encore bien abstraite, mais je commençais à réellement m'intéresser à ce monde dont on me parlait, et dans lequel on essayait de m'introduire.
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28 sept. 2023, 19:51
La petite maison près des marais salants
Dans ce nouveau monde, le champ des possibles a l'air absolument infini. Je ne sais pas si ça devrait me fasciner ou me faire peur, mais ça m'intrigue au plus haut point. Je me demande ce que j'apprendrai à faire, et quel genre de personne je serai quand je serai plus grande. Je m'imagine déjà lancer des sorts à tout-va comme Sabrina Spellman - la baguette magique en plus. Peut-être que, comme ce même personnage, je pourrais accomplir des choses extraordinaires, et ennuyer les gens que je n'aime pas. Je pourrais peut-être me venger sans me faire prendre, grâce à la magie. Peut-être que je pourrais donner une bonne leçon à ma débile de grande sœur, par exemple... Voilà qui me semble des plus intéressants. J'aimerais poser plus de questions sur les sorts qu'on peut utiliser à cet effet, mais je sens que ça ne serait pas bon pour moi. Mieux vaut conserver cette image de petite fille émerveillée qui ne pense qu'aux papillons.
"Quel genre de choses on apprend, dans votre école ?" je lui demande, curieuse malgré tout.
Il prend une seconde pour réfléchir. "Mmh... Il y a beaucoup de possibilités, mais nos enseignements regroupent principalement des thèmes comme les différentes manières de pratiquer la magie, l'histoire de notre monde et différents arts. On y apprend aussi à devenir un adulte poli et accompli, pour faire honneur à l'académie."
Je hoche la tête sans prononcer mot. Je ne sais pas trop si je suis intéressée par les arts, je ne me suis jamais posée la question. Ici, je passe plutôt mon temps à jouer dehors, courir partout ou à regarder la télé. Parfois, on dit de moi que je suis un peu garçon manqué. Je ne suis pas sûre que ça soit vrai, mais ça l'est sans doute si on me compare à Anna. Tout le monde me compare tout le temps à elle et ça m'agace. Mais maintenant au moins, plus personne ne pourra jamais nous comparer. Comment peut-on faire un parallèle entre la princesse et la grenouille, ou encore entre le lion et le cafard ?
L'homme interrompt le silence que j'ai laissé. "Et si on rentrait chez toi ? Tes parents vont s'inquiéter."
Je soupire, puis me lève. Aujourd'hui, je rentre. Mais dans quelques mois, je m'en irai d'ici et ne reviendrai - peut-être - jamais.
"Quel genre de choses on apprend, dans votre école ?" je lui demande, curieuse malgré tout.
Il prend une seconde pour réfléchir. "Mmh... Il y a beaucoup de possibilités, mais nos enseignements regroupent principalement des thèmes comme les différentes manières de pratiquer la magie, l'histoire de notre monde et différents arts. On y apprend aussi à devenir un adulte poli et accompli, pour faire honneur à l'académie."
Je hoche la tête sans prononcer mot. Je ne sais pas trop si je suis intéressée par les arts, je ne me suis jamais posée la question. Ici, je passe plutôt mon temps à jouer dehors, courir partout ou à regarder la télé. Parfois, on dit de moi que je suis un peu garçon manqué. Je ne suis pas sûre que ça soit vrai, mais ça l'est sans doute si on me compare à Anna. Tout le monde me compare tout le temps à elle et ça m'agace. Mais maintenant au moins, plus personne ne pourra jamais nous comparer. Comment peut-on faire un parallèle entre la princesse et la grenouille, ou encore entre le lion et le cafard ?
L'homme interrompt le silence que j'ai laissé. "Et si on rentrait chez toi ? Tes parents vont s'inquiéter."
Je soupire, puis me lève. Aujourd'hui, je rentre. Mais dans quelques mois, je m'en irai d'ici et ne reviendrai - peut-être - jamais.
FIN
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