Première épreuve réussie
Et voici mon vrai premier RP, écrit depuis plus d'une semaine ! N'hésitez pas à me faire vos retours
La journée touchait presque à sa fin, la chaleur de Juillet baissait enfin, quand Richard entra dans la boutique la plus poussiéreuse du Chemin de Traverse. Ses yeux avaient du mal à s'habituer à la pénombre, contraste brutal avec la clarté extérieure. Sa mère posa une main dans son dos pour le pousser vers l'avant, et il entendit son père émettre un sifflement de satisfaction devant les étagères remplies à ras bord, montants jusqu'au plafond. Malgré sa pointe de crainte face à cet environnement étonnant, Richard sentait tout son être vibrer à l'idée de cet instant : Il allait bientôt avoir sa propre baguette.
Son père avait été peu loquace à ce sujet, lui qui semblait passer son temps à perdre la sienne. En revanche sa mère, que l'on ne voyait jamais sans, avait pris soin de lui expliquer ce qu'il était bon de savoir sur le sujet :
L'histoire des baguettes, leur confection, leur caractère unique, leurs sentiments... Richard avait beaucoup de mal à s'imaginer une baguette ressentir quelque chose, ou avoir sa propre volonté - Et quand il y réfléchissait, cela lui faisait un peu peur. Et si sa future baguette était méchante, et décidait de se retourner contre lui ?
* Ah, non, pas la peine de recommencer avec ça, Maman a dit que c'était impossible... Mais pourquoi déjà ? Une question de pouvoir qu'elle tire de son sorcier... Oui mais alors, et si elle aspirait tout mon pouvoir ? Et si...*
Il secoua la tête, épuisé tant par la journée de shopping que par ses pensées inarrêtables. Il suivi sa mère qui venait de lui passer devant et l'entendit parler. Alors il la contourna pour voir à qui elle s'adressait et vit un homme d'un âge indéterminable avec une épaisse barbe grisâtre, assortie à ses cheveux. Il respirait la sagesse, la curiosité et la vivacité d'esprit. Richard fut immédiatement sous le charme, même si une part de lui, comme toujours, se méfiait. Il salua ses parents, leur demandant comment se portaient leurs baguettes respectives, et ma mère lui présenta, non sans fierté, sa baguette, lustrée malgré les années. Son père se gratta l'arrière de la tête et lui tendit la sienne, qui ressemblait davantage à un bout de bois mordillé qu'une baguette magique.
Mr Ollivander, car ainsi était son nom, leva les yeux au ciel avec un soupir à moitié retenu et pose son regard sur le jeune garçon, qui tout à coup, ne sut plus vraiment quoi faire :
- Hum... Bonjour Monsieur !
Les trois adultes sourirent et Richard se rendit compte qu'il n'aimait pas ça du tout, car cela lui donnait l'impression qu'ils se moquaient gentiment de lui. Il n'était déjà pas grand, mais quand il n'y avait que des adultes autour de lui, il avait l'impression d'être un Botruc. Le propriétaire de la boutique commença alors son art, et notre jeune homme oublia ses piètres problèmes pour se perdre dans la contemplation d'un homme qui exerce sa passion.
Volant presque d'étagères en étagères, il touchait des boîtes, longues et sombres, en marmonnant, alors parfois jusqu'à tirer sur une boîte puis se raviser et la repousser à sa place.
Il fallu un moment à Richard pour se rendre compte qu'un petit mètre ruban s'affairait autour de lui, prenant des mesures bien étranges. Il ne s'en formalisa pas, et préféra recentrer son attention sur l'artiste qui opérait sous ses yeux.
Celui-ci c'était enfin décidé pour une baguette et approcha la boîte ouvert du jeune garçon. Celui-ci la prit, naturellement, de sa main gauche, et attendit que quelque chose se passe. Il pointa le sol avec en souhaitant fort qu'il se passe une fabuleuse aventure, mais il ne se produisit rien du tout. Pas même une gerbe d'étincelles. Il fronça les sourcils, paniqué :
* Si cela ne fait rien du tout, peut-être que j'ai perdu mes pouvoirs ? Je savais que j'aurais dû m'entraîner même si Maman ne veut pas...*
Mais le regard souriant de ses parents le rassura : Il prit son mal en patience et suivit de nouveau des yeux Mr Ollivander. A chaque fois qu'il bougeait, il emmenait avec lui un volute de poussière, dont l'odeur rappelait celui de la cheminée, et du parchemin. Un coup d’œil à son père lui confirma cette deuxième sensation, car ses yeux mi-clos ne pouvaient que traduire d'une impression d'être parmi ses livres. Un instant plus tard, Richard se retrouva devant une nouvelle baguette. Cette fois-ci, quand il la prit dans ses mains, il eut un frisson de dégoût et espéra de tout son cœur que ce n'était pas la sensation qui indiquait qu'il avait trouvé sa baguette, car c'était franchement désagréable. Le bout de la baguette s'illumina et menaçait de les éblouir, alors il la reposa et se frotta les mains sur le pantalon pour effacer cette impression.
Quand le gérant se tourna pour la troisième fois vers le jeune homme, celui-ci sentit naître en lui un sentiment proche de l'intuition. Il regarda la baguette, et eut l'impression qu'elle aussi, le regardait. Le temps sembla se suspendre, plus un son ne parvenait de la rue. Il tendit la main vers la baguette, et sut que les mots que son vendeur lui chuchotait resterait gravé en lui à tout jamais. Il répéta chacun des mots pour s'en souvenir, et prit la baguette entre ses mains, délicatement.
Alors, tout au fond de son cœur, il eut un sentiment d'appartenance, presque de fusion, et il cru qu'un courant d'air chaud venait de frapper tout Londres. Quand il quitta enfin sa baguette des yeux, il vit sa mère et son père le regarder avec approbation, puis ils réglèrent les derniers détails avec le troisième homme. Il se répéta encore une fois ces quelques mots, lourds de sens à présent :
* 28cm.... Bois de cerisier.... Crin de Licorne....*
Légèrement élastique et plutôt flexible, elle semblait à la taille parfaite de sa main, lui qui était pourtant si petit. Il avait l'impression d'avoir grandit, de plusieurs centimètres en quelques secondes. Il ne voulait plus s'en défaire, plus une seule seconde.
S'il avait douté, jusqu'à ce jour, de sa volonté d'entrer réellement dans le monde sorcier, car il savait ce qu'il abandonnait - ses meilleurs amis - il ne doutait plus aujourd'hui : La clarté de son avenir que lui avait apporté sa baguette le rassurait, le comblait, et lui permettait de voir maintenant le futur avec un regard plus calme, moins angoissé. C'est donc avec une assurance toute nouvelle qu'il sortit de la boutique avec ses parents, qu'il remercia avec effusion, avant de prendre le chemin de la maison.
Ce n’est pas ce que vous avez, ni qui vous êtes, ni où vous êtes, ni ce que vous faites qui vous rend heureux ou malheureux. C’est ce que vous pensez.
#000075
La journée touchait presque à sa fin, la chaleur de Juillet baissait enfin, quand Richard entra dans la boutique la plus poussiéreuse du Chemin de Traverse. Ses yeux avaient du mal à s'habituer à la pénombre, contraste brutal avec la clarté extérieure. Sa mère posa une main dans son dos pour le pousser vers l'avant, et il entendit son père émettre un sifflement de satisfaction devant les étagères remplies à ras bord, montants jusqu'au plafond. Malgré sa pointe de crainte face à cet environnement étonnant, Richard sentait tout son être vibrer à l'idée de cet instant : Il allait bientôt avoir sa propre baguette.
Son père avait été peu loquace à ce sujet, lui qui semblait passer son temps à perdre la sienne. En revanche sa mère, que l'on ne voyait jamais sans, avait pris soin de lui expliquer ce qu'il était bon de savoir sur le sujet :
L'histoire des baguettes, leur confection, leur caractère unique, leurs sentiments... Richard avait beaucoup de mal à s'imaginer une baguette ressentir quelque chose, ou avoir sa propre volonté - Et quand il y réfléchissait, cela lui faisait un peu peur. Et si sa future baguette était méchante, et décidait de se retourner contre lui ?
* Ah, non, pas la peine de recommencer avec ça, Maman a dit que c'était impossible... Mais pourquoi déjà ? Une question de pouvoir qu'elle tire de son sorcier... Oui mais alors, et si elle aspirait tout mon pouvoir ? Et si...*
Il secoua la tête, épuisé tant par la journée de shopping que par ses pensées inarrêtables. Il suivi sa mère qui venait de lui passer devant et l'entendit parler. Alors il la contourna pour voir à qui elle s'adressait et vit un homme d'un âge indéterminable avec une épaisse barbe grisâtre, assortie à ses cheveux. Il respirait la sagesse, la curiosité et la vivacité d'esprit. Richard fut immédiatement sous le charme, même si une part de lui, comme toujours, se méfiait. Il salua ses parents, leur demandant comment se portaient leurs baguettes respectives, et ma mère lui présenta, non sans fierté, sa baguette, lustrée malgré les années. Son père se gratta l'arrière de la tête et lui tendit la sienne, qui ressemblait davantage à un bout de bois mordillé qu'une baguette magique.
Mr Ollivander, car ainsi était son nom, leva les yeux au ciel avec un soupir à moitié retenu et pose son regard sur le jeune garçon, qui tout à coup, ne sut plus vraiment quoi faire :
- Hum... Bonjour Monsieur !
Les trois adultes sourirent et Richard se rendit compte qu'il n'aimait pas ça du tout, car cela lui donnait l'impression qu'ils se moquaient gentiment de lui. Il n'était déjà pas grand, mais quand il n'y avait que des adultes autour de lui, il avait l'impression d'être un Botruc. Le propriétaire de la boutique commença alors son art, et notre jeune homme oublia ses piètres problèmes pour se perdre dans la contemplation d'un homme qui exerce sa passion.
Volant presque d'étagères en étagères, il touchait des boîtes, longues et sombres, en marmonnant, alors parfois jusqu'à tirer sur une boîte puis se raviser et la repousser à sa place.
Il fallu un moment à Richard pour se rendre compte qu'un petit mètre ruban s'affairait autour de lui, prenant des mesures bien étranges. Il ne s'en formalisa pas, et préféra recentrer son attention sur l'artiste qui opérait sous ses yeux.
Celui-ci c'était enfin décidé pour une baguette et approcha la boîte ouvert du jeune garçon. Celui-ci la prit, naturellement, de sa main gauche, et attendit que quelque chose se passe. Il pointa le sol avec en souhaitant fort qu'il se passe une fabuleuse aventure, mais il ne se produisit rien du tout. Pas même une gerbe d'étincelles. Il fronça les sourcils, paniqué :
* Si cela ne fait rien du tout, peut-être que j'ai perdu mes pouvoirs ? Je savais que j'aurais dû m'entraîner même si Maman ne veut pas...*
Mais le regard souriant de ses parents le rassura : Il prit son mal en patience et suivit de nouveau des yeux Mr Ollivander. A chaque fois qu'il bougeait, il emmenait avec lui un volute de poussière, dont l'odeur rappelait celui de la cheminée, et du parchemin. Un coup d’œil à son père lui confirma cette deuxième sensation, car ses yeux mi-clos ne pouvaient que traduire d'une impression d'être parmi ses livres. Un instant plus tard, Richard se retrouva devant une nouvelle baguette. Cette fois-ci, quand il la prit dans ses mains, il eut un frisson de dégoût et espéra de tout son cœur que ce n'était pas la sensation qui indiquait qu'il avait trouvé sa baguette, car c'était franchement désagréable. Le bout de la baguette s'illumina et menaçait de les éblouir, alors il la reposa et se frotta les mains sur le pantalon pour effacer cette impression.
Quand le gérant se tourna pour la troisième fois vers le jeune homme, celui-ci sentit naître en lui un sentiment proche de l'intuition. Il regarda la baguette, et eut l'impression qu'elle aussi, le regardait. Le temps sembla se suspendre, plus un son ne parvenait de la rue. Il tendit la main vers la baguette, et sut que les mots que son vendeur lui chuchotait resterait gravé en lui à tout jamais. Il répéta chacun des mots pour s'en souvenir, et prit la baguette entre ses mains, délicatement.
Alors, tout au fond de son cœur, il eut un sentiment d'appartenance, presque de fusion, et il cru qu'un courant d'air chaud venait de frapper tout Londres. Quand il quitta enfin sa baguette des yeux, il vit sa mère et son père le regarder avec approbation, puis ils réglèrent les derniers détails avec le troisième homme. Il se répéta encore une fois ces quelques mots, lourds de sens à présent :
* 28cm.... Bois de cerisier.... Crin de Licorne....*
Légèrement élastique et plutôt flexible, elle semblait à la taille parfaite de sa main, lui qui était pourtant si petit. Il avait l'impression d'avoir grandit, de plusieurs centimètres en quelques secondes. Il ne voulait plus s'en défaire, plus une seule seconde.
S'il avait douté, jusqu'à ce jour, de sa volonté d'entrer réellement dans le monde sorcier, car il savait ce qu'il abandonnait - ses meilleurs amis - il ne doutait plus aujourd'hui : La clarté de son avenir que lui avait apporté sa baguette le rassurait, le comblait, et lui permettait de voir maintenant le futur avec un regard plus calme, moins angoissé. C'est donc avec une assurance toute nouvelle qu'il sortit de la boutique avec ses parents, qu'il remercia avec effusion, avant de prendre le chemin de la maison.
Ce n’est pas ce que vous avez, ni qui vous êtes, ni où vous êtes, ni ce que vous faites qui vous rend heureux ou malheureux. C’est ce que vous pensez.
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