Inktober In Memoriam



La présentation viendra plus tard là y a pas le temps :disguise:
Le titre est celui d'une chanson des Choristes @Ernest Stevens tu m'as beaucoup trop hype :lol:
Dernière modification par Alaska Campbell le 3 oct. 2023, 16:50, modifié 1 fois.


Couleur RP : #008048 ~ Deuxième année rp ~ Fiche PR ~ Membre de la Péliade ~ 2ème année ~ 13 ans
Alaska c'est Ernest avec des couilles
Vava par la géniale Tamsin Gillies

Inktober In Memoriam

JOUR 1 : RÊVE
2045, la nuit
Maison d'?, Godric's Hollow
Alaska, 9 ans
EST-IL UNE BEAUTÉ AUSSI BELLE QUE LE RÊVE ?
~ Hymne à la nuit, Les Choristes
Une petite fille est dans une forêt. Il fait nuit, mais elle n'a pas peur. Aucune lumière ne filtre à travers le feuillage épais qui s'étire en formant une voûte au-dessus de sa tête, comme pour la protéger. Les arbres lui offrent une compagnie confortable, douce et silencieuse. Le silence, la solitude, ça fait du bien parfois.

L'enfant marche sur le sol moussu sur la pointe de ses orteils, ses pieds nus entrant à chaque pas en contact avec la terre fraîche. L'atmosphère est assez humide, lourde, cotonneuse. Elle enveloppe la petite de son manteau chaud. La température est parfaite, le moment est parfait, comme figé dans le temps. Pour une fois, ce ne sont pas ses doigts qui craquent, mais les feuilles mortes jonchant le chemin, dégageant une odeur boisée. Le son paraît comme étouffé à ses oreilles.

Une présence se fait sentir, mais la fillette n'a pas peur. Elle s'immobilise et sourit en apercevant la queue touffue de son chat. Il s'approche en ronronnant, troublant de son agréable vrombissement le calme ambiant comme l'onde d'un caillou dans une étendue d'eau. La petite le recueille dans ses bras. Son corps est doux, chaud. Sa fourrure s'emmêle dans ses doigts tandis qu'elle le caresse.

Le temps semble suspendu, admirant l'étreinte de l'animal et sa maîtresse. Au bout d'un long instant, le chat saute de cette manière féline, sauvage qu'elle aime admirer. Elle sait qu'elle doit le suivre, et reprend donc sa marche à travers la végétation accueillante. Les feuilles lui caressent les bras.

La marche dure un temps indéfini. L'enfant perd parfois de vue son animal au détour d'un chemin, mais sa queue ondulante la guide toujours au dernier moment.

L'objectif arrive en vue. Une clairière et son toit de verdure, avec en son centre un grand lit. Il à l'air si mou, si chaud, si confortable... Ses yeux se ferment d'eux-mêmes. Toujours de sa démarche flottante, la fillette entre délicatement sous l'immense couette. Ses pieds sont étrangement propres, malgré sa longue marche reposante.

Souris saute à côté de sa tête, l'enveloppant de sa présence. Elle s'endort dans ce monde de douceur et de nature sous ses coups de langues répétés,
mais je me réveille dans l'autre.

Ce lit-là n'est pas chaud. Pas agréable. Pas confortable. Il est face à une fenêtre à travers laquelle on peut voir la Lune, me provoquant un frisson. Je me retourne.

Ce lit n'est pas tout cela. Mais surtout, ce n'est pas le mien. Je suis loin de chez moi, dans une ville austère remplie de sorciers.

Le songe si doux dans lequel j'étais plongée il y a encore quelques secondes ne fait qu'enfoncer le couteau dans la plaie. Sur mes joues, il n'y a pas de coups de langue, mais des larmes salées qui dévalent sans que je m'en rende compte. Parce que Souris n'est pas là non plus. Je suis seule dans cette famille que je ne connais pas, papa n'est toujours pas arrivé. Il m'a dit qu'il viendrait quelques jours après moi. Mais quelques jours, c'est long.

J'en peux plus de cette guerre stupide. Les sorciers et les gens normaux ils s'entendent jamais j'ai l'impression. Ce serait plus simple s'ils existaient pas, les sorciers. Fin si on existait pas. J'oublie toujours.

J'ai des idées noires. J'ai lu ça dans un livre. Apparemment c'est des pensées qui font du mal, qui donnent envie de pleurer. Un peu comme papa quand maman l'a quitté.

Maman... on m'a dit que j'allais pas la revoir avant longtemps. Et même si on se dispute tout le temps, elle me manque. J'ai envie de lui parler, mais elle est normale elle, donc elle a pas besoin de se cacher. Et puis si elle voulait je sais même pas si elle pourrait. Les gens ont tous peur de ceux qu'ils appellent les "moldus", ici.

Ma tête me fait mal. J'ai envie de retourner dans la forêt, où tout était si simple. Pourquoi on peut pas rester dans ses rêves ? Pourquoi on est toujours obligés de retourner à la réalité ? La réalité je l'aime pas, moi. Elle est trop dure, trop compliquée. Je voudrais vivre dans mes rêves.
Dernière modification par Alaska Campbell le 3 oct. 2023, 17:15, modifié 1 fois.


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Inktober In Memoriam
JOUR 2 : ARAIGNÉES
Mardi 5 novembre 2041
Cour de récréation de l'école moldue d'Alaska, 6 ans
J'AIME L'ARAIGNEE ET J'AIME L'ORTIE,
PARCE QU'ON LES HAIT
~ J'aime l'araignée, Victor Hugo
Y a un rassemblement dans la cour. Ça arrive pas souvent, donc avec les copains on se dépêche d'aller voir. C'est toujours les Grands qui commencent les rassemblements. J'espère que nous aussi quand on sera grands on en fera, ce serait trop classe que tous les petits viennent voir ce qu'on fait !

Fin bref, on vient d'arriver. Moi la première, parce que Willy et Sam courent moins vite. C'est moi qui suis la plus forte ! Du coup j'essaie de faire le poisson et de rentrer dans le cercle. Je suis petite donc ça va, j'y arrive et j'ai une super place tout devant.

Au milieu du groupe bien serré qui gonfle comme un ballon, à cause de tous ceux qui s'ajoutent, y a une araignée et un groupe de Grands - je l'avais bien dit. C'est normal qu'ils la regardent tous comme ça, elle est trop jolie cette araignée ! Elle est minuscule, un insecte quoi - même si d'après le livre que Papa m'a offert à Noël c'est même pas un insecte ! - mais quand on la regarde mieux c'est comme si elle bougeait, comme si y avait plein de petits trucs sur elle. J'en ai jamais vu une comme ça.

Et pis un truc bizarre arrive. Pourquoi il enlève sa chaussure lui ? Mes yeux deviennent tout ronds tout grands quand je comprends. Il veut pas l'écraser, si ? Je peux pas le laisser faire ça, elle a rien demandé ! Je vais entre le grand et l'araignée, les mains sur les hanches comme quand Maman me gronde. Quand elle fait ça j'ai un peu peur, j'espère que ça leur fera le même effet.

- La touche pas ! Elle t'a rien demandé !

Mais il doit être vraiment méchant celui-là, parce qu'en plus de pas m'écouter, il rigole et se moque de moi ! Je vais pas me laisser faire, je suis pas comme ça.

- ты идиот ! паук elle t'a rien fait !

Quand je m'énerve, Maman et Papa se mélangent. Maman, elle me parle presque qu'en russe, et Papa il parle pas ça du coup quand il me cause c'est en anglais. Comme à l'école ! Le problème c'est que y en a qui se moquent de moi quand ils entendent ça, ils disent que je fais du charabia. Mais c'est même pas vrai, ils sont juste bêtes.

Le grand rigole et me pousse. Je tombe par terre, et j'ai des larmes de colère dans les yeux. Pourquoi il m'écoute pas ? Pourquoi il veut faire le mal ? Je peux même pas l'empêcher de tuer la pauvre bébête...

En fait, le karma ça doit vraiment exister parce que quand la chaussure tombe sur l'araignée, y a un truc de fou qui se passe : plein de bébés araignées se carapatent ! C'était ça les trucs qui bougeaient ! Tout le monde part en courant mais moi je reste là à rigoler. Bien fait pour lui ! Même si il a tué la maman, il a pas eu ses petits !
___________
Le soir, chambre d'Alaska

Quand j'enlève mon pyjama, une petite araignée tombe. Ça doit être un des bébés de tout à l'heure ! Je la ramasse. Elle est toute minuscule dans ma main, toute fragile. Ses pattes me font des guilis, je rigole tout doucement pour pas réveiller mes parents.

J'aimerais bien la garder, mais pas sûr que Maman serait d'accord. Je vais pas lui dire. Mais pour l'instant j'ai envie dormir, alors je la pose à côté de mon lit. J'espère qu'elle va rester près de moi toute ma vie et tisser sa toile au-dessus de mon lit. Je vais la protéger.

TW : photo d'une araignée-loup
Reducio
Image postée par le membre
Dernière modification par Alaska Campbell le 5 mars 2024, 11:45, modifié 1 fois.


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Post réserve


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Inktober In Memoriam
TW : réminiscence de l'annonce d'un divorce

JOUR 4 : ESQUIVE
4 octobre 2044, dans l'après midi
Chez les Alexeiovna, Édimbourg
Alaska, 9 ans, sa mère et la famille Alexeiovna
???
~ ???
Repas de famille. Mes grands-parents maternels ont traversé la Manche pour venir nous voir, donc selon maman je devrais leur être un minimum reconnaissante. Mais est-ce que je leur ai demandé, moi, de venir ? Est-ce qu'on m'a demandé avant d'organiser un énième repas barbant, où il faudra que je garde la face alors que c'était il y a un an jour pour jour ? Non.

Je suis ingrate, je le sais et je m’écœure. Mes grands-parents, mon oncle, mes cousins, je les aime vraiment et ils sont là pour fêter avec moi mes 9 ans. Dire que je n'ai que 9 ans... J'ai l'impression qu'en l'espace d'une année j'en ai pris vingt. Les gens autour de moi le remarquent, me posent des questions, et en concluent que je suis juste mature. S'il y a bien une chose que j'ai apprise depuis cet événement, c'est de cacher mes émotions, de les enfouir pour ne pas blesser les autres.

Pas comme ce que papa fait. Lui, il a toujours des sentiments aussi voyants que le nez au milieu de la figure. Du coup je fais en sorte qu'il aille mieux. C'est comme si j'aspirais tout le mal qu'il a en lui. Alors, ça marche, un peu, mais je me retrouve ensuite avec toute sa peine sur les bras. Comme si la mienne n'était pas assez grosse. Et puis, je n'ai personne pour me soulager de son poids. Alors je l'enfouie bien profondément, en espérant qu'elle y reste.

Mais revenons à ce repas. Je suis à côté de Babouchka, en bout de table. Les adultes parlent, posent des questions banales dans un mélange étrange de russe, de français et d'anglais. Si je me concentrais, je comprendrais à peu près ce qui se dit, sûrement des questions banales sur la vie de chacun. Je n'ai pas la tête à ça. En fait, ma tête tourne en boucle sur le même sujet, celui auquel justement, je ne devrais pas penser.

Il y a trop de monde pour que je me permette de flancher. Il faut garder la face, ne pas montrer ses émotions, ne pas demander d'aide. Je sais me débrouiller seule. Mais ces larmes traîtresses qui commencent à me monter aux yeux...

J'ai besoin de partir, d'air, de respirer, de m'enfuir, de m'enfouir sous une couette, tout sauf de rester assise tel un robot sur cette chaise de bois dur. Si je m'esquive, remarqueront-ils mon absence ?

- Je vais aux toilettes...

Je m'efforce de marcher calmement, un pas après l'autre, jusqu'à la porte, et dès qu'elle est franchit je cours jusqu'à ma chambre, les larmes trop longtemps retenues coulant d'elles-mêmes. Une fois effondrée sur mon lit, je n'ai plus aucun moyen de refréner les bribes de souvenirs, tranchantes comme du verre. Mes mains se collent à mes oreilles, dans un geste pathétique, un dernier espoir.

Je m'en rappelle comme si c'était hier. Depuis plusieurs mois, maman et papa se disputaient tout le temps, pour rien. C'était depuis que j'avais déclenché mes soi-disant "pouvoirs". Aujourd'hui, c'était mon anniversaire. Je ne sais pas pourquoi, mais je pensais, j’espérais tellement que tout allait s'arranger, qu'il n'y aurait plus de disputes, plus de haine, et qu'on retrouverait notre famille unie, si agréable.

Mais en me levant, l'espoir s'est éteint comme on souffle sur une bougie. Tous les deux étaient attablés au salon, et m'ont regardé avec un regard triste. Non. C'était impossible. Je ne voulais rien entendre, rien, mais je me suis exécutée quand papa m'a demandé de m'asseoir sur mon tout petit fauteuil. Ils se sont accroupis devant moi, se regardant avec toujours un léger fond d'animosité dans le regard.

- Est-ce que tu sais ce qu'on va te dire ?

Le ton de papa était doux, bien trop doux pour la nouvelle. C'était impossible. Impossible à réaliser. Mais je le savais, tous les signes étaient là, j'avais des amis dont les parents avaient... Et dans les livres que je lisais, c'était courant. Mais dans les livres, pas dans ma réalité. Alors je pris l'air le plus calme possible, tentative misérable :

- Oui, je sais, vous allez...

Et ce fut la fin de cette mascarade. Je me transformai en torrent de larmes. Je ne pouvais pas le dire, sinon ça deviendrait bien plus réel. Maman enfonça le couteau dans la plaie en m'expliquant ce que j'avais compris depuis bien longtemps, vivant dans la peur que chaque jour soit l'annonce :

- On va se séparer. Ton père et moi, on ne se supporte plus. Ça ne peut pas continuer comme ça. Tout est déjà arrangé, tu vas vivre une semaine chez lui, et l'autre chez moi. Nous allons vendre cette maison.

Je suffoquais. Ma vision était brouillée, j'arrivais à peine à respirer. C'était impossible. Je le savais depuis longtemps, mais c'était impossible. Je ne verrai plus mes deux parents. Tout ça à cause de cette fichue magie. C'était de ma faute. Ou c'était de celle de maman. Même pas capable de pardonner à celui qu'elle aimait le seul mensonge qu'il lui avait proféré. Je la détestais.


La suite, je ne m'en rappelle plus. Il y a eu des pleurs, des explications entendues à travers un brouillard, beaucoup de haine, de culpabilité, mais tout ça, je l'enfouissais, creusant un trou profond, cicatrice béante, et en empilant des mensonges dessus pour le cacher. Des mensonges essentiellement composés de haine envers maman, pour oublier que si je n'avais pas eu de magie en moi, rien ne ce serait passé.


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