Le mois d'août
Le lundi 10 août,
La Citadelle
Alors que je fais une énième promenade dans les rues de la Citadelle, quelque chose attire mon regard. Je m'arrête net pour observer un moment le point brillant à quelques pas. Je m'approche pour ramasser la chose... Un gallion d'or.
Pendant un moment, je tiens la pièce dans ma main et je la fixe bêtement. Mais qui peut bien laisser tomber un gallion de sa poche ? Certes, les poches des robes de sorcier ne sont pas ergonomiques mais il n'est pas facile d'en faire tomber des choses. Et puis, qui met des gallions dans sa poche. Les gallions, c'est quand même assez précieux non ? Il y aurait donc dans cette foutue ville des gens tellement riches qu'ils laissent des gallions derrière eux. Cette pensée me fait sourire vaguement et c'est à elle que je me raccroche pour fermer la main et garder la pièce.
Je me fiche un peu de l'argent. C'est probablement une pensée égoïste. Si je ne pense pas à l'argent, c'est parce que je n'en manque pas. Et c'est difficile pour moi de juger de la vraie valeur de l'argent, c'est assez tabou dans ma famille et il n'y a que tante Alisée qui parle ouvertement de ce qu'elle gagne ou de ce qu'elle ne gagne pas, le plus souvent. Autrement, tout ce que je sais, c'est que nous ne manquons de rien. Je crois que tante Amanda roule sur l'or, en France, j'en ai eu la démonstration très récemment. Mais moi, je m'en fiche. Grand-mère aussi s'en fiche, j'en suis certaine, parce qu'elle vit trop modestement.
La pièce en or en train de s'imprimer dans ma main commence à me peser sur la conscience. Après tout, cette pièce n'est pas à moi. Même si, je crois, je ne trouve pas ça immoral de prendre une pièce à quelqu'un qui en un millier, je n'ai aucune idée de qui a laissé tomber cette pièce. Mais elle est dans ma main maintenant, et je ne peux décemment pas retourner là où je l'ai trouvée pour la reposer. Et si quelqu'un de malhonnête passait derrière moi pour la ramasser ?
En rentrant, je donnerai cette pièce à Owen. Et ça apaisera probablement ma conscience.
La Citadelle
Alors que je fais une énième promenade dans les rues de la Citadelle, quelque chose attire mon regard. Je m'arrête net pour observer un moment le point brillant à quelques pas. Je m'approche pour ramasser la chose... Un gallion d'or.
Pendant un moment, je tiens la pièce dans ma main et je la fixe bêtement. Mais qui peut bien laisser tomber un gallion de sa poche ? Certes, les poches des robes de sorcier ne sont pas ergonomiques mais il n'est pas facile d'en faire tomber des choses. Et puis, qui met des gallions dans sa poche. Les gallions, c'est quand même assez précieux non ? Il y aurait donc dans cette foutue ville des gens tellement riches qu'ils laissent des gallions derrière eux. Cette pensée me fait sourire vaguement et c'est à elle que je me raccroche pour fermer la main et garder la pièce.
Je me fiche un peu de l'argent. C'est probablement une pensée égoïste. Si je ne pense pas à l'argent, c'est parce que je n'en manque pas. Et c'est difficile pour moi de juger de la vraie valeur de l'argent, c'est assez tabou dans ma famille et il n'y a que tante Alisée qui parle ouvertement de ce qu'elle gagne ou de ce qu'elle ne gagne pas, le plus souvent. Autrement, tout ce que je sais, c'est que nous ne manquons de rien. Je crois que tante Amanda roule sur l'or, en France, j'en ai eu la démonstration très récemment. Mais moi, je m'en fiche. Grand-mère aussi s'en fiche, j'en suis certaine, parce qu'elle vit trop modestement.
La pièce en or en train de s'imprimer dans ma main commence à me peser sur la conscience. Après tout, cette pièce n'est pas à moi. Même si, je crois, je ne trouve pas ça immoral de prendre une pièce à quelqu'un qui en un millier, je n'ai aucune idée de qui a laissé tomber cette pièce. Mais elle est dans ma main maintenant, et je ne peux décemment pas retourner là où je l'ai trouvée pour la reposer. Et si quelqu'un de malhonnête passait derrière moi pour la ramasser ?
En rentrant, je donnerai cette pièce à Owen. Et ça apaisera probablement ma conscience.
Fortune
Animagus renard polaire
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Le mois d'août
Le mardi 11 août,
La Citadelle
Aujourd'hui, ce n'est pas dans les rues de la Citadelle que j'ai décidé de me promener. J'ai décidé d'aller visiter l'Astronarium. Il s'avère que depuis qu'il a été inauguré, je n'ai pas eu l'occasion de m'y promener. Alors c'est avec quelques sous en poches que je me dirige vers le musée, pour prendre une entrée et profiter de la visite.
Puisque c'est un mardi, il n'y a pas grand monde. Je ne crois que j'aurais tenté une visite un samedi, je n'aime pas faire la queue pour entrer quelque part. Et puis me sentir serrée et marcher au milieu d'une foule, ça m'angoisse un peu.
J'attrape le carnet de visite et commence par le lire en entier. Je m'installe dans le grand hall d'entrée pour lire tout ce qu'il y a à savoir sur le musée. La date de la création, l'histoire des fondateurs et toutes les évolutions qui ont eu lieu au cours de la vie du musée. Je lève ensuite les yeux pour observer le grand planétarium magique, sous la coupole. Sans être particulièrement passionnée par les étoiles, je peux malgré tout comprendre l'engouement qu'ont certains sorciers pour le ciel. Moi, mon truc, c'est plutôt la terre et ses éléments qui me passionnent.
Je passe ensuite dans une salle adjacente, qui présent des instruments d'observation du ciel. Je reprends les pages du carnet de visite pour m'y fier, en lisant les panneaux qui décrivent les objets. Les Occulaires me font sourire, elles sont plutôt ridicules mais elles ont quelque chose de fascinant. Je continue d'arpenter la pièce, croisant quelques sorciers, en évitant certains autres, et en observant tout ce que je peux observer.
Et puis je finis par entrer dans une autre pièce. Encore plus intéressante que la précédente. Plongée dans la pénombre, il n'y a que le plafond qui est illuminé de plusieurs constellations. Je les observe pendant un moment, toujours dans le silence. Derrière moi, des sorciers vont et vient.
Je terminerai ma visite en ayant arpenté chacune des pièces et lu chaque information que je pouvais lire.
La Citadelle
Aujourd'hui, ce n'est pas dans les rues de la Citadelle que j'ai décidé de me promener. J'ai décidé d'aller visiter l'Astronarium. Il s'avère que depuis qu'il a été inauguré, je n'ai pas eu l'occasion de m'y promener. Alors c'est avec quelques sous en poches que je me dirige vers le musée, pour prendre une entrée et profiter de la visite.
Puisque c'est un mardi, il n'y a pas grand monde. Je ne crois que j'aurais tenté une visite un samedi, je n'aime pas faire la queue pour entrer quelque part. Et puis me sentir serrée et marcher au milieu d'une foule, ça m'angoisse un peu.
J'attrape le carnet de visite et commence par le lire en entier. Je m'installe dans le grand hall d'entrée pour lire tout ce qu'il y a à savoir sur le musée. La date de la création, l'histoire des fondateurs et toutes les évolutions qui ont eu lieu au cours de la vie du musée. Je lève ensuite les yeux pour observer le grand planétarium magique, sous la coupole. Sans être particulièrement passionnée par les étoiles, je peux malgré tout comprendre l'engouement qu'ont certains sorciers pour le ciel. Moi, mon truc, c'est plutôt la terre et ses éléments qui me passionnent.
Je passe ensuite dans une salle adjacente, qui présent des instruments d'observation du ciel. Je reprends les pages du carnet de visite pour m'y fier, en lisant les panneaux qui décrivent les objets. Les Occulaires me font sourire, elles sont plutôt ridicules mais elles ont quelque chose de fascinant. Je continue d'arpenter la pièce, croisant quelques sorciers, en évitant certains autres, et en observant tout ce que je peux observer.
Et puis je finis par entrer dans une autre pièce. Encore plus intéressante que la précédente. Plongée dans la pénombre, il n'y a que le plafond qui est illuminé de plusieurs constellations. Je les observe pendant un moment, toujours dans le silence. Derrière moi, des sorciers vont et vient.
Je terminerai ma visite en ayant arpenté chacune des pièces et lu chaque information que je pouvais lire.
Promenade
Animagus renard polaire
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Le mois d'août
Le mercredi 12 août,
La Citadelle
Je suis contente, parce que j'ai obtenu de ma tante Harriet qu'elle me laisse travailler à la boutique. Certes, lorsque je lui ai demandé, elle n'avait pas l'air emballée. Mais après avoir révisé l'astronomie au musée hier, j'ai eu envie de remettre la tête dans les potions et il s'avère que tante Harriet est toute indiquée. Quand je lui ai exposé mon projet, passer la journée à la Droguerie Macbeth pour l'aider à confectionner des potions, elle m'a regardé l'air de dire même pas en rêve. Mes arguments, préparés pendant un moment, ont fini par la convaincre. Je vais entrer en sixième année et puis j'ai eu un O à mes BUSEs de potion, je sais quand même préparer une pimentine, lui ai-je dis mot pour mot.
C'est après cette négociation, rondement menée, que je me suis levée en même temps que mes parents pour aller travailler à la Droguerie Macbeth.
Tante Harriet m'a dit qu'elle préparerait plusieurs pimentines cet après-midi et que je n'avais qu'à trouver de quoi m'occuper en attendant. Pendant un moment, je l'ai observée, mais après plusieurs regards noirs de ma tante par dessus son épaule, j'ai compris que je n'étais pas la bienvenue dans son atelier si ce n'était que pour fureter. Alors j'ai tenté ma chance à la caisse en proposant à tante Elizabeth, malgré notre inimitié, si je pouvais lui être utile. Elle m'a fait ranger les rayons, nettoyer les fioles et les bocaux avec un chiffon et conseiller quelques vieilles dames. Je n'ai pas aimé ça, mais je suis certaine que si j'avais protesté, je n'aurais pas pu rester cet après-midi pour préparer quelques potions.
Et l'après-midi arrive enfin, alors que nous terminons de manger dans l'arrière-boutique. Moi, je ne dis rien, les adultes eux discutent des affaires. Ma mère, à qui j'essaie toujours de montrer discrètement mon mécontentement, fait la liste des ingrédients qu'elle va aller dénicher dès demain.
Vient alors le moment de se remettre au travail. Je ne bouge pas d'un poil et reste debout à côté du plan de travail, en attendant les instructions. Tante Harriet et sa chevelure flamboyante se tournent vers moi pour m'ordonner de me mettre au travail, je sais quoi faire non ?
Dans cette ambiance à demi-silencieuse, je parcoure les étagères et sélectionne les ingrédients dont j'ai besoin. Les bras chargés, je retourne poser mes ingrédients dans un coin. Après un pas ici ! Mets toi plutôt là de ma tante, je finis par m'installer pour préparer ma première potion à la Droguerie Macbeth.
Le résultat est bon, même si je ne goutte pas la potion, et tante Harriet me promet qu'elle sera vendue. Mais je ne passerai pas vérifier, au risque d'être déçue.
La Citadelle
Je suis contente, parce que j'ai obtenu de ma tante Harriet qu'elle me laisse travailler à la boutique. Certes, lorsque je lui ai demandé, elle n'avait pas l'air emballée. Mais après avoir révisé l'astronomie au musée hier, j'ai eu envie de remettre la tête dans les potions et il s'avère que tante Harriet est toute indiquée. Quand je lui ai exposé mon projet, passer la journée à la Droguerie Macbeth pour l'aider à confectionner des potions, elle m'a regardé l'air de dire même pas en rêve. Mes arguments, préparés pendant un moment, ont fini par la convaincre. Je vais entrer en sixième année et puis j'ai eu un O à mes BUSEs de potion, je sais quand même préparer une pimentine, lui ai-je dis mot pour mot.
C'est après cette négociation, rondement menée, que je me suis levée en même temps que mes parents pour aller travailler à la Droguerie Macbeth.
Tante Harriet m'a dit qu'elle préparerait plusieurs pimentines cet après-midi et que je n'avais qu'à trouver de quoi m'occuper en attendant. Pendant un moment, je l'ai observée, mais après plusieurs regards noirs de ma tante par dessus son épaule, j'ai compris que je n'étais pas la bienvenue dans son atelier si ce n'était que pour fureter. Alors j'ai tenté ma chance à la caisse en proposant à tante Elizabeth, malgré notre inimitié, si je pouvais lui être utile. Elle m'a fait ranger les rayons, nettoyer les fioles et les bocaux avec un chiffon et conseiller quelques vieilles dames. Je n'ai pas aimé ça, mais je suis certaine que si j'avais protesté, je n'aurais pas pu rester cet après-midi pour préparer quelques potions.
Et l'après-midi arrive enfin, alors que nous terminons de manger dans l'arrière-boutique. Moi, je ne dis rien, les adultes eux discutent des affaires. Ma mère, à qui j'essaie toujours de montrer discrètement mon mécontentement, fait la liste des ingrédients qu'elle va aller dénicher dès demain.
Vient alors le moment de se remettre au travail. Je ne bouge pas d'un poil et reste debout à côté du plan de travail, en attendant les instructions. Tante Harriet et sa chevelure flamboyante se tournent vers moi pour m'ordonner de me mettre au travail, je sais quoi faire non ?
Dans cette ambiance à demi-silencieuse, je parcoure les étagères et sélectionne les ingrédients dont j'ai besoin. Les bras chargés, je retourne poser mes ingrédients dans un coin. Après un pas ici ! Mets toi plutôt là de ma tante, je finis par m'installer pour préparer ma première potion à la Droguerie Macbeth.
Le résultat est bon, même si je ne goutte pas la potion, et tante Harriet me promet qu'elle sera vendue. Mais je ne passerai pas vérifier, au risque d'être déçue.
Epicé
Animagus renard polaire
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Le mois d'août
Le jeudi 13 août,
La Citadelle
Mon apprentissage de la méditation ne s'est pas arrêté avec l'arrivée des vacances. Au contraire, j'ai eu beaucoup plus de temps à dédier à cette activité. Le mois de juillet m'a donné beaucoup de temps pour pratiquer et surtout, un mentor solide. Ma grand-mère est une pratiquante solide de la méditation et elle semble en maîtriser de nombreux rouages. Il s'avère que ma grand-mère passe beaucoup de temps à explorer son esprit et ses confits par la méditation, c'est ce qu'elle m'a avoué. J'aurai probablement ricané, il y a un an, mais ces mots ont résonné en moi.
La méditation me permet de me centrer sur moi-même. Je me découvre à travers de longues heures passées à réfléchir, sans bouger d'un millimètre, en écoutant le bruit que fait mon corps lorsque je le laisse me parler.
Ce matin, mon corps m'a demandé du temps. Du temps pour s'arrêter de bouger, du temps pour discuter avec mon esprit, du temps pour prendre le temps. Alors je me suis installée au pied de mon lit, les jambes croisées et les mains sur les genoux, pour me plonger dans le silence. J'ai même fait sortir mon chat, qui est trop curieux pour rester immobile aussi longtemps après avoir dormi toute la nuit.
Je commence par contrôler ma respiration, il me faut un moment pour me connecter profondément avec ce mouvement d'air qui entre et qui sort de ma poitrine. Mon attention s'agrandit, comme si je pouvais dézoomer pour voir mon corps d'un peu plus loin. De mes poumons je me connecte bientôt à mon cœur. La sensation de sentir son cœur battre, plus fort que jamais, de visualiser le mouvement de cet organe à l'intérieur de ma poitrine. Au fur et à mesure du temps, un temps que je ne maîtrise plus, je peux ressentir tous mes membres. C'est le moment présent, et le moment présent est quelque peu douloureux pour autant jouissif.
Inconsciemment, je commence à sourire, les yeux fermés, et profite pleinement de toutes les sensations que mon corps m'envoie.
La Citadelle
Mon apprentissage de la méditation ne s'est pas arrêté avec l'arrivée des vacances. Au contraire, j'ai eu beaucoup plus de temps à dédier à cette activité. Le mois de juillet m'a donné beaucoup de temps pour pratiquer et surtout, un mentor solide. Ma grand-mère est une pratiquante solide de la méditation et elle semble en maîtriser de nombreux rouages. Il s'avère que ma grand-mère passe beaucoup de temps à explorer son esprit et ses confits par la méditation, c'est ce qu'elle m'a avoué. J'aurai probablement ricané, il y a un an, mais ces mots ont résonné en moi.
La méditation me permet de me centrer sur moi-même. Je me découvre à travers de longues heures passées à réfléchir, sans bouger d'un millimètre, en écoutant le bruit que fait mon corps lorsque je le laisse me parler.
Ce matin, mon corps m'a demandé du temps. Du temps pour s'arrêter de bouger, du temps pour discuter avec mon esprit, du temps pour prendre le temps. Alors je me suis installée au pied de mon lit, les jambes croisées et les mains sur les genoux, pour me plonger dans le silence. J'ai même fait sortir mon chat, qui est trop curieux pour rester immobile aussi longtemps après avoir dormi toute la nuit.
Je commence par contrôler ma respiration, il me faut un moment pour me connecter profondément avec ce mouvement d'air qui entre et qui sort de ma poitrine. Mon attention s'agrandit, comme si je pouvais dézoomer pour voir mon corps d'un peu plus loin. De mes poumons je me connecte bientôt à mon cœur. La sensation de sentir son cœur battre, plus fort que jamais, de visualiser le mouvement de cet organe à l'intérieur de ma poitrine. Au fur et à mesure du temps, un temps que je ne maîtrise plus, je peux ressentir tous mes membres. C'est le moment présent, et le moment présent est quelque peu douloureux pour autant jouissif.
Inconsciemment, je commence à sourire, les yeux fermés, et profite pleinement de toutes les sensations que mon corps m'envoie.
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Animagus renard polaire
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Le mois d'août
Le vendredi 14 août,
La Citadelle
@Chems Daley
Poudlard me manque.
Bien que je ne sois pas seule ici, je commence à m'ennuyer des cours, à regretter l'agitation des couloirs qui m'énerve tant et à avoir envie de revoir mes amis. Ils ne sont pas nombreux, me direz-vous, mais les discussions avec Ruby au coin du feu me manquent, les entraînements avec Aliosus et Aelle me manquent, et Chems me manque tout court. En pensant à lui et à son visage lumineux, mon cœur se serre.
J'ai envie de lui écrire une lettre, alors que les souvenirs que j'ai avec lui repassent dans ma tête. Mais qu'est-ce que je pourrais dire à un ami comme celui-là ? Un ami à qui je n'ai pas parlé depuis bien trop longtemps ? Un ami que je n'ose même plus aborder car je ne sais pas quoi lui dire ?
Je pourrais probablement lui dire que ça me fait de la peine de ne plus passer du temps avec lui, que je regrette ces repas que je passais à l'écouter discuter avec ses amis ou encore que j'aimerais qu'on aille se promener à Pré-au-Lard plus souvent. Mais je crois que ne lui apportait rien, moi. Je n'égayais pas ses journées comme il pouvait le faire avec les miennes, je ne rendais pas son quotidien plus léger en le poussant à se lâcher ou encore je ne le faisais pas sourire comme une idiote.
Je me retourne dans mon lit en pensant à tout un tas d'autres choses. Des choses que je ne me suis jamais avoué à propos de notre relation.
Quelque part au fond de moi, tout un tas d'émotions renaissent. L'inquiétude de le voir mettre son nom dans l'urne ou qu'il ait été blessée dans l'attaque du bal, la peur de ne pas être à la hauteur de son amitié ou de sa joie de vivre, l'affection qui grandissait dans mon corps à chaque fois qu'il me souriait. Et toutes ses émotions se chamaillent en moi pour trouver un moyen de sortir, c'est probablement comme ça que les larmes commencent à couler sur mes joues alors que ma poitrine est contractée.
Mais je refuse de laisser les sanglots sortir, pourtant menaçant de percer à travers ma gorge nouée.
Je ne veux pas avouer que je l'aime. Je l'ai aimé comme un ami, puis j'ai perdu le fil de cette amitié en croyant y voir quelque chose de plus, et maintenant je l'aime comme quelqu'un qui a disparu. Une pensée fugace passe dans mon esprit. C'est Chase et ses cheveux blonds. Je la chasse aussi vite que possible en espérant que l'avoir laissé entré dans mes pensées, même pour un instant, ne déclenche pas un de ces rêves où il est là.
Et puis, sans m'en rendre compte, je passe mes doigts sur mes lèvres. Ces lèvres que Cinead Reid a embrassé sans me le demander. Je ne peux pas m'empêcher de penser, à cet instant, que ça aurait du être les lèvres de Chems Daley.
C'est là que les sanglots percent et que, pour les faire taire, je les étouffe dans mes draps.
Celles-là, je ne les aurait pas repoussées, je continue de penser malgré tout mes efforts pour ne plus y penser. Encore une fois, le visage de Chase m'apparaît et ses grands yeux qui me cherchent dans la foule sont braqués sur moi. Je le repousse encore, toujours, parce que je m'imagine que ce seraient avec ces yeux accusateurs qu'il me regarderait s'il savait. Pourtant, la raison me dit que ce ne serait pas le cas. Chase ne m'aime pas comme ça, je ne crois pas qu'il m'aime tout court. Alors je ne dois pas l'aimer du tout.
Toute embrouillée, je m'endormirais pour rêver de trois garçons à la fois.
La Citadelle
@Chems Daley
Poudlard me manque.
Bien que je ne sois pas seule ici, je commence à m'ennuyer des cours, à regretter l'agitation des couloirs qui m'énerve tant et à avoir envie de revoir mes amis. Ils ne sont pas nombreux, me direz-vous, mais les discussions avec Ruby au coin du feu me manquent, les entraînements avec Aliosus et Aelle me manquent, et Chems me manque tout court. En pensant à lui et à son visage lumineux, mon cœur se serre.
J'ai envie de lui écrire une lettre, alors que les souvenirs que j'ai avec lui repassent dans ma tête. Mais qu'est-ce que je pourrais dire à un ami comme celui-là ? Un ami à qui je n'ai pas parlé depuis bien trop longtemps ? Un ami que je n'ose même plus aborder car je ne sais pas quoi lui dire ?
Je pourrais probablement lui dire que ça me fait de la peine de ne plus passer du temps avec lui, que je regrette ces repas que je passais à l'écouter discuter avec ses amis ou encore que j'aimerais qu'on aille se promener à Pré-au-Lard plus souvent. Mais je crois que ne lui apportait rien, moi. Je n'égayais pas ses journées comme il pouvait le faire avec les miennes, je ne rendais pas son quotidien plus léger en le poussant à se lâcher ou encore je ne le faisais pas sourire comme une idiote.
Je me retourne dans mon lit en pensant à tout un tas d'autres choses. Des choses que je ne me suis jamais avoué à propos de notre relation.
Quelque part au fond de moi, tout un tas d'émotions renaissent. L'inquiétude de le voir mettre son nom dans l'urne ou qu'il ait été blessée dans l'attaque du bal, la peur de ne pas être à la hauteur de son amitié ou de sa joie de vivre, l'affection qui grandissait dans mon corps à chaque fois qu'il me souriait. Et toutes ses émotions se chamaillent en moi pour trouver un moyen de sortir, c'est probablement comme ça que les larmes commencent à couler sur mes joues alors que ma poitrine est contractée.
Mais je refuse de laisser les sanglots sortir, pourtant menaçant de percer à travers ma gorge nouée.
Je ne veux pas avouer que je l'aime. Je l'ai aimé comme un ami, puis j'ai perdu le fil de cette amitié en croyant y voir quelque chose de plus, et maintenant je l'aime comme quelqu'un qui a disparu. Une pensée fugace passe dans mon esprit. C'est Chase et ses cheveux blonds. Je la chasse aussi vite que possible en espérant que l'avoir laissé entré dans mes pensées, même pour un instant, ne déclenche pas un de ces rêves où il est là.
Et puis, sans m'en rendre compte, je passe mes doigts sur mes lèvres. Ces lèvres que Cinead Reid a embrassé sans me le demander. Je ne peux pas m'empêcher de penser, à cet instant, que ça aurait du être les lèvres de Chems Daley.
C'est là que les sanglots percent et que, pour les faire taire, je les étouffe dans mes draps.
Celles-là, je ne les aurait pas repoussées, je continue de penser malgré tout mes efforts pour ne plus y penser. Encore une fois, le visage de Chase m'apparaît et ses grands yeux qui me cherchent dans la foule sont braqués sur moi. Je le repousse encore, toujours, parce que je m'imagine que ce seraient avec ces yeux accusateurs qu'il me regarderait s'il savait. Pourtant, la raison me dit que ce ne serait pas le cas. Chase ne m'aime pas comme ça, je ne crois pas qu'il m'aime tout court. Alors je ne dois pas l'aimer du tout.
Toute embrouillée, je m'endormirais pour rêver de trois garçons à la fois.
Château
Animagus renard polaire
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Le mois d'août
Le samedi 15 août,
La Citadelle
Ce n’est pas dans mes habitudes de me lever tard. Moi, je suis ce qu’on appelle une lève-tôt. Je me lève avec le soleil en hiver et avec mon chat en été. Je n’aime pas rester au lit, c’est du temps de perdu. Ce que j’aime, c’est me lever pour respirer, déjeuner, lire ou aller marcher.
Ce matin pourtant, je n’arrive pas à me lever. Probablement parce que la nuit a été rude, que les sanglots qui m’ont secoué m’ont empêché de dormir et que mes pensées n’ont cessé de résonner dans ma tard à l’aube. Alors j’ai passé la matin à rattraper mon sommeil, me réveillant souvent, tiraillée entre l’envie de me lever pour rentabiliser la journée et celle de dormir pour que mes cernes n’explosent pas au visage de mes parents.
Alors je me lève difficilement à l’heure du déjeuner. Je ne m’étonne pas que mes parents ne soient pas venus voir comment j’allais, ils ont du penser que je lisais ou m’occupais tellement bien que je n’ai pas pensé à prendre le petit-déjeuner. Je tend l’oreille et me rend compte qu’ils ne sont probablement pas là.
Je me prépare en vitesse et sors de ma chambre. Personne n’est dans l’appartement, alors je descends pour trouver l’agitation d’un repas le samedi midi, même si je sais que mon père et ma tant Elizabeth travaillent à la boutique le samedi, tout le monde se réunit quand même autour de la table.
En descendant, je tombe sur mon oncle Neville.
Il s’arrête net et je me fige. Mon sang se glace presque instantanément. Du regard, il me jauge de haut en bas. Je comprends à son regard noir qu’il était monté précisément pour me voir.
« Tu sais, Adaline, aue nous ne tolérons pas les né-moldus. »
Et tout de suite, je pense à Chase. Et ça me serre le cœur. Mais je hoche la tête quand même, impossible de répondre et encore moins de protester.
« J’ai appris que tu copinais avec eux à Poudlard. Il faut que ça cesse, et vite. »
Cette fois encore, je hoche la tête docilement. Oncle Neville me domine de presque une tête, alors même qu’il se tient sur une marche inférieure, et brusquement je me prends à avoir peur de lui. Peur qu’il me fasse physiquement du mal.
« Je sais qu’il y a des groupes anti-conseil qui naissent à Poudlard. Si j’apprends que tu en fais partie… »
C’est comme un coup de poignard dans le ventre. Je n’ai jamais fait partie d’aucun groupe, ai-je envie de lui cracher au visage. Mais encore une fois je ne fais rien. Cette fois, je n’ose même pas hocher la tête. Nous sommes seuls dans cet escalier et il peut se passer absolument n’importe quoi.
« Personne ne t’attend pour dîner, tu es punie de sortie aujourd’hui. »
Sur ces mots glaçants il fait volte-face et me laisse seule dans l’escalier.
Je me retourne pour retourner à l’appartement et fermer la porte derrière moi. Je résiste à l’envie brûlante de la fermer à clé pour être sure qu’il je reviendra pas.
Ma mâchoire est si serrée que je pourrais casser toutes mes dents. Mais de quel droit est-ce qu’il me punit ! J’ai seize ans ! Je ne suis plus un enfant ! Et il n’est même pas mon père !
Pourtant, je sais très bien que je n’ai pas mon mot à dire ici. Alors je m’effondre contre la porte d’entrée et je rumine. Je rumine tellement que je me mets en tête une idée fixe : Jane Macbeth m’a poignardée dans le dos.
La Citadelle
Ce n’est pas dans mes habitudes de me lever tard. Moi, je suis ce qu’on appelle une lève-tôt. Je me lève avec le soleil en hiver et avec mon chat en été. Je n’aime pas rester au lit, c’est du temps de perdu. Ce que j’aime, c’est me lever pour respirer, déjeuner, lire ou aller marcher.
Ce matin pourtant, je n’arrive pas à me lever. Probablement parce que la nuit a été rude, que les sanglots qui m’ont secoué m’ont empêché de dormir et que mes pensées n’ont cessé de résonner dans ma tard à l’aube. Alors j’ai passé la matin à rattraper mon sommeil, me réveillant souvent, tiraillée entre l’envie de me lever pour rentabiliser la journée et celle de dormir pour que mes cernes n’explosent pas au visage de mes parents.
Alors je me lève difficilement à l’heure du déjeuner. Je ne m’étonne pas que mes parents ne soient pas venus voir comment j’allais, ils ont du penser que je lisais ou m’occupais tellement bien que je n’ai pas pensé à prendre le petit-déjeuner. Je tend l’oreille et me rend compte qu’ils ne sont probablement pas là.
Je me prépare en vitesse et sors de ma chambre. Personne n’est dans l’appartement, alors je descends pour trouver l’agitation d’un repas le samedi midi, même si je sais que mon père et ma tant Elizabeth travaillent à la boutique le samedi, tout le monde se réunit quand même autour de la table.
En descendant, je tombe sur mon oncle Neville.
Il s’arrête net et je me fige. Mon sang se glace presque instantanément. Du regard, il me jauge de haut en bas. Je comprends à son regard noir qu’il était monté précisément pour me voir.
« Tu sais, Adaline, aue nous ne tolérons pas les né-moldus. »
Et tout de suite, je pense à Chase. Et ça me serre le cœur. Mais je hoche la tête quand même, impossible de répondre et encore moins de protester.
« J’ai appris que tu copinais avec eux à Poudlard. Il faut que ça cesse, et vite. »
Cette fois encore, je hoche la tête docilement. Oncle Neville me domine de presque une tête, alors même qu’il se tient sur une marche inférieure, et brusquement je me prends à avoir peur de lui. Peur qu’il me fasse physiquement du mal.
« Je sais qu’il y a des groupes anti-conseil qui naissent à Poudlard. Si j’apprends que tu en fais partie… »
C’est comme un coup de poignard dans le ventre. Je n’ai jamais fait partie d’aucun groupe, ai-je envie de lui cracher au visage. Mais encore une fois je ne fais rien. Cette fois, je n’ose même pas hocher la tête. Nous sommes seuls dans cet escalier et il peut se passer absolument n’importe quoi.
« Personne ne t’attend pour dîner, tu es punie de sortie aujourd’hui. »
Sur ces mots glaçants il fait volte-face et me laisse seule dans l’escalier.
Je me retourne pour retourner à l’appartement et fermer la porte derrière moi. Je résiste à l’envie brûlante de la fermer à clé pour être sure qu’il je reviendra pas.
Ma mâchoire est si serrée que je pourrais casser toutes mes dents. Mais de quel droit est-ce qu’il me punit ! J’ai seize ans ! Je ne suis plus un enfant ! Et il n’est même pas mon père !
Pourtant, je sais très bien que je n’ai pas mon mot à dire ici. Alors je m’effondre contre la porte d’entrée et je rumine. Je rumine tellement que je me mets en tête une idée fixe : Jane Macbeth m’a poignardée dans le dos.
Poignard
Animagus renard polaire
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Le mois d'août
Le dimanche 16 octobre,
La Citadelle
Une trahison n’est une trahison que si elle est intentionnelle. C’est ce que je ne cesse de me répéter en pensant à ce qu’il s’est passé hier. Et j’ai eu le temps de ruminer seule dans ma chambre, après avoir été punie de sortie pendant une journée pour avoir simplement parlé avec un né-moldu. J’ai d’abord pensé à moi et à mon ego ratatiné après avoir été mise au coin comme un enfant. Puis j’ai eu le loisir de songer à ce que ça signifie. Je ne fais pas partie d’une famille qui s’assume ouvertement hostile aux nés-moldus, excepté oncle Neville, mais j’ai quand même été punie pour quelque chose d’aussi insignifiant que de discuter avec un né-moldu à l’école. Alors je n’imagine pas ce que ça doit être dans certaines famille fermement opposées aux mélanges des sangs. Cette idée seule a suffit à me révolter.
Mais j’ai aussi pu réfléchir à ce qui m’était reproché. À qui avais-je parlé au juste ? En passant en revue la liste des gens avec qui j’ai parlé ces derniers mois au château, je me suis rendue compte que d’abord elle était courte et ensuite que je ne m’intéresse absolument pas à l’engeance de mes amis. Je sais que Chems est sang-mêlé mais je ne lui ai pas parlé depuis si longtemps… ça ne peut être que ce gamin de l’âge d’Owen avec qui j’ai fait de la magie. Alors c’est ça qu’on me reproche ?
Je ne vois que Jane Macbeth pour avoir pu raconter ça et elle a probablement amplifié ce qui s’est passé pour me rendre coupable de trahison. Rendez vous compte ! C’est dans ce genre de moment que j’ai honte d’être une Macbeth - et que je préférerais être une Miller.
C’est avec cette idée en tête, qui ne m’a pas quitté depuis que j’ai reçu cette punition, que je suis allée voir Jane pour lui demander des comptes.
Postée devant la porte de leur appartement, j’ai toqué trois fois. Tante Elizabeth m’a ouvert et m’a servi un sourire affable, que j’aurais presque pu croire sincère, avant d’acquiescer et d’aller chercher Jane pour une promenade. Bien sûr, elle se doute que je ne veux pas me promener avec sa blonde de fille, mais elle ne s’y oppose pas et bientôt c’est le visage gracieux de Jane qui se pointe dans l’encadrement de la porte.
Gaiement, elle accepte de m’accompagner pour aller marcher dans Godric’s Hollow avant le déjeuner.
« Pourquoi tu m’as fait ça ?
− Fais quoi ?
– Tu m’as fait punir. En racontant des mensonges.
– Je n’ai pas menti ! J’ai raconté tes progrès en métamorphose. Je t’ai vu avec ce né-moldu et j’ai été impressionnée par tes talents. »
Le ton qu’elle emploie est différent de d’habitude. Quelque chose en moi, probablement encore et toujours mon ego, veut croire qu’elle est sincère et qu’elle n’a pas voulu me nuire.
Pendant toute la balade, elle me fait la conversation sur un ton léger, exempt de toute culpabilité, et même si elle ne s’est pas excusé, je commence à douter. Peut-être qu’elle n’a pas voulu me faire punir ? Peut-être qu’elle a simplement énoncé des faits ?
Vous vous dites probablement que c’est bête de se faire avoir comme ça, et vous avez raison.
La Citadelle
Une trahison n’est une trahison que si elle est intentionnelle. C’est ce que je ne cesse de me répéter en pensant à ce qu’il s’est passé hier. Et j’ai eu le temps de ruminer seule dans ma chambre, après avoir été punie de sortie pendant une journée pour avoir simplement parlé avec un né-moldu. J’ai d’abord pensé à moi et à mon ego ratatiné après avoir été mise au coin comme un enfant. Puis j’ai eu le loisir de songer à ce que ça signifie. Je ne fais pas partie d’une famille qui s’assume ouvertement hostile aux nés-moldus, excepté oncle Neville, mais j’ai quand même été punie pour quelque chose d’aussi insignifiant que de discuter avec un né-moldu à l’école. Alors je n’imagine pas ce que ça doit être dans certaines famille fermement opposées aux mélanges des sangs. Cette idée seule a suffit à me révolter.
Mais j’ai aussi pu réfléchir à ce qui m’était reproché. À qui avais-je parlé au juste ? En passant en revue la liste des gens avec qui j’ai parlé ces derniers mois au château, je me suis rendue compte que d’abord elle était courte et ensuite que je ne m’intéresse absolument pas à l’engeance de mes amis. Je sais que Chems est sang-mêlé mais je ne lui ai pas parlé depuis si longtemps… ça ne peut être que ce gamin de l’âge d’Owen avec qui j’ai fait de la magie. Alors c’est ça qu’on me reproche ?
Je ne vois que Jane Macbeth pour avoir pu raconter ça et elle a probablement amplifié ce qui s’est passé pour me rendre coupable de trahison. Rendez vous compte ! C’est dans ce genre de moment que j’ai honte d’être une Macbeth - et que je préférerais être une Miller.
C’est avec cette idée en tête, qui ne m’a pas quitté depuis que j’ai reçu cette punition, que je suis allée voir Jane pour lui demander des comptes.
Postée devant la porte de leur appartement, j’ai toqué trois fois. Tante Elizabeth m’a ouvert et m’a servi un sourire affable, que j’aurais presque pu croire sincère, avant d’acquiescer et d’aller chercher Jane pour une promenade. Bien sûr, elle se doute que je ne veux pas me promener avec sa blonde de fille, mais elle ne s’y oppose pas et bientôt c’est le visage gracieux de Jane qui se pointe dans l’encadrement de la porte.
Gaiement, elle accepte de m’accompagner pour aller marcher dans Godric’s Hollow avant le déjeuner.
« Pourquoi tu m’as fait ça ?
− Fais quoi ?
– Tu m’as fait punir. En racontant des mensonges.
– Je n’ai pas menti ! J’ai raconté tes progrès en métamorphose. Je t’ai vu avec ce né-moldu et j’ai été impressionnée par tes talents. »
Le ton qu’elle emploie est différent de d’habitude. Quelque chose en moi, probablement encore et toujours mon ego, veut croire qu’elle est sincère et qu’elle n’a pas voulu me nuire.
Pendant toute la balade, elle me fait la conversation sur un ton léger, exempt de toute culpabilité, et même si elle ne s’est pas excusé, je commence à douter. Peut-être qu’elle n’a pas voulu me faire punir ? Peut-être qu’elle a simplement énoncé des faits ?
Vous vous dites probablement que c’est bête de se faire avoir comme ça, et vous avez raison.
Ange
Animagus renard polaire
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Le mois d'août
Le lundi 17 août 2048,
La Citadelle
Comme j’ai promis à Owen de passer la matinée avec lui, je sors de l’appartement de mes parents avec une seule idée en tête : le rejoindre pour faire je ne sais quelle activité qu’il aura imaginé.
Alors quelle ne fut pas surprise quand, en ouvrant la porte pour mettre mon plan à exécution, je tombe sur Jane Macbeth. Un sourire apparaît sur mon visage. C’est étrange, je la détestais avant qu’elle ne me montre une face angélique et me convainque qu’elle n’a pas voulu me nuire. Il ne m’a pas suffit de grand chose pour oublier mes rancœurs. C’est probablement un peu le syndrome de Stockholm, je sais que je suis coincée ici, avec ces gens là, alors je finis par les aimer, un peu.
« On va au Café Rosier ? »
Me demande-t-elle, de but en blanc. Dans sa façon de me le demander, il y a quelque chose qui me tracasse. Elle parle comme s’il n’y avait aucune chance pour que je refuses, comme si j’étais encore une enfant malléable, comme si nous étions encore au hameau, comme si j’étais toujours sous son influence. Probablement est-ce toujours le cas.
Mais je secoue la tête.
« Je ne peux pas. J’ai promis à Owen de passer la matinée avec lui. »
Répondis-je.
Son visage change. Son sourire se transforme en grimace puis en une moue dédaigneuse. Toutes ses expressions passent sur son visage mais celle qui reste est très noire. Aussi noire que le regard avec lequel elle me transperce bientôt.
« Tu étais avec lui hier soir, il y a deux jours et aussi il y a trois jours. Presque tous les jours en fait, elle siffle entre ses dents.
– Je lui ai promis.
– Et moi ? Tu penses pas à moi. Devant mon air médusé, elle enchaîne. Tu fais tout pour m’éviter on dirait.
– Mais non !
– Si. Je le vois bien. C’est sûrement parce que tu préfères les nés-moldus aux sorciers de ton sang ! »
Je regrette instantanément d’avoir été aussi douce, d’avoir essayé de la réconforter, de faire en sorte qu’elle ne se sente pas exclue. Tout ça, je le fais parce que je suis encore sous l’emprise de son caractère changeant et de ses caprices. Et maintenant, alors que je ne réponds pas et me contente de la fixer sans rien dire, son regard n’est plus seulement noir : il est colérique. Au coin de sa bouche naît un sourire diabolique qui me glace le sang.
« Tu démens pas. Tu vois, j’ai bien fait de te balancer et d’amplifier ce que tu as fait avec ce né-moldu… Tu mériterais d’être punie de sortie tout l’été. »
Sur ces mots qu’elle me jette au visage, elle tourne les talons et disparaît.
La Citadelle
Comme j’ai promis à Owen de passer la matinée avec lui, je sors de l’appartement de mes parents avec une seule idée en tête : le rejoindre pour faire je ne sais quelle activité qu’il aura imaginé.
Alors quelle ne fut pas surprise quand, en ouvrant la porte pour mettre mon plan à exécution, je tombe sur Jane Macbeth. Un sourire apparaît sur mon visage. C’est étrange, je la détestais avant qu’elle ne me montre une face angélique et me convainque qu’elle n’a pas voulu me nuire. Il ne m’a pas suffit de grand chose pour oublier mes rancœurs. C’est probablement un peu le syndrome de Stockholm, je sais que je suis coincée ici, avec ces gens là, alors je finis par les aimer, un peu.
« On va au Café Rosier ? »
Me demande-t-elle, de but en blanc. Dans sa façon de me le demander, il y a quelque chose qui me tracasse. Elle parle comme s’il n’y avait aucune chance pour que je refuses, comme si j’étais encore une enfant malléable, comme si nous étions encore au hameau, comme si j’étais toujours sous son influence. Probablement est-ce toujours le cas.
Mais je secoue la tête.
« Je ne peux pas. J’ai promis à Owen de passer la matinée avec lui. »
Répondis-je.
Son visage change. Son sourire se transforme en grimace puis en une moue dédaigneuse. Toutes ses expressions passent sur son visage mais celle qui reste est très noire. Aussi noire que le regard avec lequel elle me transperce bientôt.
« Tu étais avec lui hier soir, il y a deux jours et aussi il y a trois jours. Presque tous les jours en fait, elle siffle entre ses dents.
– Je lui ai promis.
– Et moi ? Tu penses pas à moi. Devant mon air médusé, elle enchaîne. Tu fais tout pour m’éviter on dirait.
– Mais non !
– Si. Je le vois bien. C’est sûrement parce que tu préfères les nés-moldus aux sorciers de ton sang ! »
Je regrette instantanément d’avoir été aussi douce, d’avoir essayé de la réconforter, de faire en sorte qu’elle ne se sente pas exclue. Tout ça, je le fais parce que je suis encore sous l’emprise de son caractère changeant et de ses caprices. Et maintenant, alors que je ne réponds pas et me contente de la fixer sans rien dire, son regard n’est plus seulement noir : il est colérique. Au coin de sa bouche naît un sourire diabolique qui me glace le sang.
« Tu démens pas. Tu vois, j’ai bien fait de te balancer et d’amplifier ce que tu as fait avec ce né-moldu… Tu mériterais d’être punie de sortie tout l’été. »
Sur ces mots qu’elle me jette au visage, elle tourne les talons et disparaît.
Démon
Animagus renard polaire
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Le mois d'août
Le mardi 18 août 2048,
La Citadelle
Aller à la selle.
C’est une expression que ma grand-mère utilise, avec un petit sourire amusé, comme si c’était une blague grossière. Chez moi, c’est tabou. Personne n’a le droit de dire ce qu’il va faire aux toilettes et encore moins plaisanter sur ce que vont faire les autres.
Je n’ai jamais su si c’était propre à ma famille ou si c’est le cas chez tous les sorciers. Et les moldus alors ? Pensé-je, assise sur les toilettes.
Au fil du temps, j’ai commencé à me cacher pour aller aux toilettes, choisir ceux qui étaient les plus loin de l’agitation, m’éclipser le plus discrètement possible. Ces habitudes m’ont suivies à Poudlard, où il est plus dur que jamais de faire ses affaires en toute discrétion. J’ai du faire quelques concessions sur ce point et accepter qu’on puisse me voir entrer dans les toilettes ou encore m’entendre lorsque j’y suis.
Les coudes sur les genoux, j’ai mal au ventre. Quand je suis contrariée, c’est dur d’aller à la selle, et Jane Macbeth m’a vraiment contrariée.
En sortant des toilettes, je me résous à passer la journée avec un ventre gonflé et une douleur intestinale. Ce n’est pas rare que j’encaisse ce genre de douleurs, parfois plusieurs jours, pour éviter d’aller aux toilettes au milieu d’une foule d’adolescentes.
La Citadelle
Aller à la selle.
C’est une expression que ma grand-mère utilise, avec un petit sourire amusé, comme si c’était une blague grossière. Chez moi, c’est tabou. Personne n’a le droit de dire ce qu’il va faire aux toilettes et encore moins plaisanter sur ce que vont faire les autres.
Je n’ai jamais su si c’était propre à ma famille ou si c’est le cas chez tous les sorciers. Et les moldus alors ? Pensé-je, assise sur les toilettes.
Au fil du temps, j’ai commencé à me cacher pour aller aux toilettes, choisir ceux qui étaient les plus loin de l’agitation, m’éclipser le plus discrètement possible. Ces habitudes m’ont suivies à Poudlard, où il est plus dur que jamais de faire ses affaires en toute discrétion. J’ai du faire quelques concessions sur ce point et accepter qu’on puisse me voir entrer dans les toilettes ou encore m’entendre lorsque j’y suis.
Les coudes sur les genoux, j’ai mal au ventre. Quand je suis contrariée, c’est dur d’aller à la selle, et Jane Macbeth m’a vraiment contrariée.
En sortant des toilettes, je me résous à passer la journée avec un ventre gonflé et une douleur intestinale. Ce n’est pas rare que j’encaisse ce genre de douleurs, parfois plusieurs jours, pour éviter d’aller aux toilettes au milieu d’une foule d’adolescentes.
Selle
Animagus renard polaire
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Le mois d'août
Le mercredi 19 août 2048,
La Citadelle
Attention sujet sensible : grossophobie
Ma cousine Violet est dodue.
Et je dois bien avouer que je n'ai jamais vu à quel point cela pouvait lui faire du mal, avant aujourd'hui.
Je suis assise au fond de ma chaise autour de la table de tante Harriet. Elle nous a tous invité pour le dîner et elle a rassemblé tous les enfants au bout de la table, comme elle en a l'habitude. Dans l'ordre, ce sont les plus âgés qui sont les plus près des adultes et les plus jeunes qui sont les plus loin. Mais je comprends, tante Harriet s'occupe tous les jours de ses enfants, elle a le droit de s'accorder un repas entre adultes. Quelle n'est pas ma surprise de voir ma tante, à la flamboyante chevelure rousse, se lever bien trop souvent pour remettre les couverts de son fils en place, caresser la tête de sa grande fille ou... contrôler la quantité de nourriture de cousine Violet.
Violet est une petite fille, elle n'a que huit ans, et elle n'a jamais cessé d'imiter sa grande soeur de deux ans plus vieille. Je l'ai toujours vue essayer de lui ressembler, en portant les mêmes vêtements, en adoptant les mêmes expressions, en prenant le même ton, en rigolant aux mêmes blagues. Mais la différence entre les deux filles commence à se creuser, et aujourd'hui plus que jamais. Sa grande soeur, Rachel, est grande, élancée, mince, harmonieuse, gracieuse. Tant d'adjectifs qui décrivent, selon moi, un balai ou une lape à pied plutôt qu'une fillette. Violet, elle, est dodue, a des joues rondes et des épaules larges. Et je n'avais jamais remarqué à quel point cette différence lui fait du mal.
Je suis assise en face de toute la petite famille, et je guette les intéractions qu'ils ont entre eux. Rachel, à l'image de sa mère, enlève des boulettes de viande de l'assiette de Violet, qui se venge sur son petit frère en lui piquant son couteau. Violet se resserre, une fois, et ne peux manger que la moitié, elle se resserre une autre fois et j'entends la remarque de sa soeur. Tu serais moins grosse si tu te resservais pas !
Mes yeux s'écquarquillent. Naïvement, j'espère que quelqu'un autre de la table va réagir - parce que je suis certaine que tout le monde a entendu et que, moi, je ne peux rien dire aux enfants de tante Harriet sans risquer de me faire envoyer dans ma chambre. Mais aucun adulte ne réagit. Ils font tous mine de ne pas avoir entendu, et je ne peux pas me résoudre à la croire.
Violet repousse le poignet de sa soeur, qui veut une nouvelle fois lui ôter de la nourriture, et cette fois c'est tante Harriet qui réagit. Elle se lève presque brusquemment, faisant taire les conversations, et va prendre l'assiette sous le nez de ma cousine. Tu as assez mangé. Et ne soit pas méchante avec ta soeur, ça te rend moche. Elle ne l'a pas dit, mais j'ai presque entendu en plus d'être grosse. La violence de cette remarque me saisit et j'ai du mal à me remettre. Pourquoi personne ne réagit ?
Le visage de Violet s'assombrit et elle baisse la tête, probablement pour cacher des larmes. Et je réalise que tout ça n'est pas nouveau. Je me souviens de toutes les scènes auxquelles j'ai assisté cet été et je fais le lien. Toutes ces fois où Violet a été privée de dessert ou qu'elle a finit par en refuser elle-même, toutes ces fois où Rachel taquinait sa soeur en lui pinçant les joues ou les hanches, toutes ses fois où sa mère lui a fait changer de robe pour une taille au dessus qui cachait mieux ses bourlets. Et, très étrangement, des larmes me sont aussi montées aux yeux.
Alors, quand le dessert arrive, je décide de m'en priver moi aussi.
La Citadelle
Attention sujet sensible : grossophobie
Ma cousine Violet est dodue.
Et je dois bien avouer que je n'ai jamais vu à quel point cela pouvait lui faire du mal, avant aujourd'hui.
Je suis assise au fond de ma chaise autour de la table de tante Harriet. Elle nous a tous invité pour le dîner et elle a rassemblé tous les enfants au bout de la table, comme elle en a l'habitude. Dans l'ordre, ce sont les plus âgés qui sont les plus près des adultes et les plus jeunes qui sont les plus loin. Mais je comprends, tante Harriet s'occupe tous les jours de ses enfants, elle a le droit de s'accorder un repas entre adultes. Quelle n'est pas ma surprise de voir ma tante, à la flamboyante chevelure rousse, se lever bien trop souvent pour remettre les couverts de son fils en place, caresser la tête de sa grande fille ou... contrôler la quantité de nourriture de cousine Violet.
Violet est une petite fille, elle n'a que huit ans, et elle n'a jamais cessé d'imiter sa grande soeur de deux ans plus vieille. Je l'ai toujours vue essayer de lui ressembler, en portant les mêmes vêtements, en adoptant les mêmes expressions, en prenant le même ton, en rigolant aux mêmes blagues. Mais la différence entre les deux filles commence à se creuser, et aujourd'hui plus que jamais. Sa grande soeur, Rachel, est grande, élancée, mince, harmonieuse, gracieuse. Tant d'adjectifs qui décrivent, selon moi, un balai ou une lape à pied plutôt qu'une fillette. Violet, elle, est dodue, a des joues rondes et des épaules larges. Et je n'avais jamais remarqué à quel point cette différence lui fait du mal.
Je suis assise en face de toute la petite famille, et je guette les intéractions qu'ils ont entre eux. Rachel, à l'image de sa mère, enlève des boulettes de viande de l'assiette de Violet, qui se venge sur son petit frère en lui piquant son couteau. Violet se resserre, une fois, et ne peux manger que la moitié, elle se resserre une autre fois et j'entends la remarque de sa soeur. Tu serais moins grosse si tu te resservais pas !
Mes yeux s'écquarquillent. Naïvement, j'espère que quelqu'un autre de la table va réagir - parce que je suis certaine que tout le monde a entendu et que, moi, je ne peux rien dire aux enfants de tante Harriet sans risquer de me faire envoyer dans ma chambre. Mais aucun adulte ne réagit. Ils font tous mine de ne pas avoir entendu, et je ne peux pas me résoudre à la croire.
Violet repousse le poignet de sa soeur, qui veut une nouvelle fois lui ôter de la nourriture, et cette fois c'est tante Harriet qui réagit. Elle se lève presque brusquemment, faisant taire les conversations, et va prendre l'assiette sous le nez de ma cousine. Tu as assez mangé. Et ne soit pas méchante avec ta soeur, ça te rend moche. Elle ne l'a pas dit, mais j'ai presque entendu en plus d'être grosse. La violence de cette remarque me saisit et j'ai du mal à me remettre. Pourquoi personne ne réagit ?
Le visage de Violet s'assombrit et elle baisse la tête, probablement pour cacher des larmes. Et je réalise que tout ça n'est pas nouveau. Je me souviens de toutes les scènes auxquelles j'ai assisté cet été et je fais le lien. Toutes ces fois où Violet a été privée de dessert ou qu'elle a finit par en refuser elle-même, toutes ces fois où Rachel taquinait sa soeur en lui pinçant les joues ou les hanches, toutes ses fois où sa mère lui a fait changer de robe pour une taille au dessus qui cachait mieux ses bourlets. Et, très étrangement, des larmes me sont aussi montées aux yeux.
Alors, quand le dessert arrive, je décide de m'en priver moi aussi.
Dodu
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