20 oct. 2023, 22:11
Je voue mes nuits à l'assassinsomnie
Nuit du 14 au 15 Octobre 2048
Entre 1h et 2h du matin



Moins d'un an. Moins qu'une année, c'était tout ce qu'il avait fallu pour tout faire basculer autant, peut-être pire qu'autrefois. Mais cette fois, Suileabhan ne pleurait pas. Non, il ne pleurait pas. Il avait grandit, muri. Il ne s'était pas enfui. Il ne s'enfuirait plus. Mais devant l'ampleur de la situation, de ce qu'il vivait, seul, chaque nuit, il attendait chaque fois le sommeil qui ne venait jamais. Alors, depuis trois semaines, il avait cessé d'essayer. Lorsqu'il terminait son dernier signe de tête, sa dernière marche, sa dernière ronde nocturne, Suileabhan sortait pour se recueillir.

Il ne priait pas. Il ne priait plus. Lui qui n'avait jamais cessé durant toutes ces années de s'en remettre aux forces spirituelles bien que moins qu'à ses propres compétences, n'en voyait plus l'utilité aujourd'hui. Mais rien d'affolant. Pas de quoi en pleurer. Non, comme la quarante-cinquième fois en quarante-cinq jours, Suileabhan était sorti dans la cour de l'horloge. Il s'asseyait là où, un an plus tôt, il s'était assis en compagnie de son amour. Là où, trente ans plus tôt, il s'était assis en compagnie de son amie. Là où, aujourd'hui, il s'asseyait seul.

Lentement, presque comme un cérémonial, l'irlandais sortit une cigarette qu'il fit glisser dans sa bouche, encore éteinte. Il la reprit dans ses mains répétant une fois, deux fois, un geste qui avait été si familier et qu'il avait pourtant arrêté bien avant son retour en Grande-Bretagne. Et puis, il rangea une fois encore la même cigarette qui n'avait toujours pas été entamée. Les yeux fixés sur des souvenirs qui n'existaient plus, Suileabhan ne pleurait pas. Non, ce soir, il pleuvait fortement dans la cour de l'horloge. Mais Suileabhan ne pleurait pas. C'était la pluie, une pluie silencieuse, presque salée, tout simplement. Et quelle pluie..

Concierge de Poudlard inRP depuis Septembre 2047.
Rejoignez l'UDS !

26 oct. 2023, 00:38
Je voue mes nuits à l'assassinsomnie
Lorsqu'il appela à lui, dans un sursaut mêlant émotions et souvenirs en une harmonie de douleur, la mémoire de ce moment où, pour la première fois, il avait posé autrement ses yeux, ses mains, et finalement ses lèvres sur son amie d'enfance, la pluie se fit plus forte encore. Chaque morceau de vie commune et d'absence mutuelle venait creuser la peau du concierge d'une goutte claire qui laissait des sillons autour des yeux cernés de Suileabhan. Et c'était ici qu'ils avaient quitté Poudlard, laissé leur enfance derrière eux pour se trouver, puis se perdre à des milliers de lieues de là. Et c'était ici qu'ils s'étaient retrouvés, dans leur cœur autant que leurs corps, une année plus tôt.

Soudain, une goutte plus ancienne, plus salée, plus marquante que les autres fit son chemin, glissant le long du nez de l'irlandais. Alors, aux prises de cet instant passé, il s'arracha de l'emprise de la mémoire pour l'ancrer dans le présent et entreprit de frotter, nettoyer à l'aide de l'humidité ambiante les pierres d'un mur qu'il avait bien connu. Et soudain, cette pièce d'un passé lointain se révéla à ses yeux rougis. L'inscription était là, recouverte mais pas effacée. Elle avait tenu le temps, elle avait tenu la distance. Eux aussi. Fut un temps.

À iamais ens_mble
uileabhan et Sixtin


Une ou deux lettres s'étaient bien effacées, mais le message était toujours là. Eux aussi, mais si proches et pourtant si loin. Un instant, Suileabhan envisagea de raviver les mots gravés. Mais à quoi bon ? Ce qui donnait de la saveur aux lettres, c'était elle. Et elle ne voulait plus de ses mots.

Concierge de Poudlard inRP depuis Septembre 2047.
Rejoignez l'UDS !

26 oct. 2023, 00:58
Je voue mes nuits à l'assassinsomnie
Ces mots, les paroles échangées ou pire encore, celles qui ne l'avaient pas été, Suileabhan les ressentait plus que jamais aujourd'hui. Un éclair de conscience illumina le ciel pluvieux du sorcier. Soudain mu par une inflexion qu'il n'avait pas ressentie depuis bien longtemps, il fit d'un geste de baguette un petit trou au pied de l'inscription, avant d'y glisser une lettre qui n'était destinée à personne en particulier. C'était une lettre que Sixtine et lui avait déjà vécu, lue par le passé, et ne comprenait pas bien lui-même pourquoi il ressentait aujourd'hui le besoin de l'enterrer ici. Devant l'enveloppe désormais tachée de terre et de regrets, le concierge resta ainsi quelques instants immobiles, l'adrénaline déjà envolée.

Très lentement, au rythme des battements d'un cœur fatigué par les insomnies qui consumaient son énergie à petit feu, Suileabhan glissa ses doigts dans la poche de sa veste pour en ressortir un objet arrondi. En son centre, l'espace nécessaire pour y glisser un doigt, mais pas n'importe lequel. Celui de la main d'une femme à la chevelure noire qui hantait ses jours et ses nuits d'éveil. Déjà, l'irlandais ne voyait plus la bague qu'il avait prévu de lui passer mais les dizaines d'heures de travail qu'il avait passé, seul chez lui ou en secret de Sixtine à son bureau pour façonner de lui-même l'ornement en bois précieux qui brillait plus qu'un métal pur. L'après-midi à réfléchir avec son ami pour choisir une pierre adéquate. Le sertissage final. Et toutes ces occasions manquées.

Suileabhan laissa glisser son cœur et son œuvre au fond du petit trou, contre la lettre humide, avant de le refermer d'un geste.

- Orchideus.

Son âme désormais recouverte de fleurs violette, le concierge repartit lentement en direction du château. L'aube était proche.

Concierge de Poudlard inRP depuis Septembre 2047.
Rejoignez l'UDS !

26 oct. 2023, 14:51
Je voue mes nuits à l'assassinsomnie
Nuit du 15 au 16 Octobre 2048
Entre 3h et 4h du matin



Suileabhan avait cessé de compter le nombre de nuits qu'il avait passé dans cette cour depuis la rentrée, cessé de réfléchir, cessé même d'essayer, d'espérer trouver le sommeil. Après sa dernière ronde, il s'était simplement laissé guider par sa lassitude jusqu'à ce qui avait été jusqu'à peu un invisible, un invincible symbole de sa relation avec la directrice de Serpentard. Cette fois, il s'était contenté de s'installer contre la pierre, vidé de toute passion, de toute énergie. Seul le vent froid de la nuit répondait à la peine qui s'envolait depuis son cœur. L'Irlandais n'avait pas besoin de faire revenir à lui souvenirs et émotions. Ses yeux étaient déjà emplis, hantés des milliers d'images qui avaient composé sa vie, et son âme était ce soir aussi vide que son regard.

Désormais, incarnation de Sisyphe, les secondes étaient minutes, les heures étaient jours, dans la cour qui était désormais son Tartare. Finalement, bien avant que la première tête blonde ne s'éveille dans le château, Suileabhan se releva, paré à pousser le rocher qui lui servait de corps jusqu'au bout de cette nouvelle journée, où il finirait par s'effondrer à nouveau juste ici. En soupirant, le sorcier essaya de se donner une contenance, toucha les portes, inspira. L'instant d'après, Suileabhan sentit sa tête se rapprocher dangereusement du sol alors qu'il sombrait dans...


Comme prévu, @Diarmuid O'Belt, je crois que quelqu'un a besoin d'un peu d'aide

Concierge de Poudlard inRP depuis Septembre 2047.
Rejoignez l'UDS !

26 oct. 2023, 23:46
Je voue mes nuits à l'assassinsomnie
Ce soir là, Diarmuid aurait dû rentrer chez lui et retrouver Annaëlle. Sauf qu'ils s'étaient prévu, avec Ruby, de faire le point sur la série de trois temps d'information sur la puberté et la sexualité. Il y avait eu du positif de constaté et fait en retour par les élèves, aussi plusieurs points à améliorer. Il voulait donc tout poser tant que c'était encore frais avant de se replonger dedans pour voir à des modifications un peu plus tard. Et après ça, Diarmuid était allé dans sa chambre de fonction où il avait pu utiliser son mini-laboratoire avant d'aller se coucher.

L'irlandais fut réveillé en plein milieu de la nuit par il ne savait trop quoi. Certainement un rêve un peu particulier dont les éléments lui échappait. Mais ça avait dû le marquer puisqu'il fut tout bonnement incapable de retrouver le sommeil et finit par se lever et se rhabiller quand il eut constaté l'heure. Ruby devrait certainement bientôt faire une ronde, il lui proposa de la faire à sa place, qu'elle puisse dormir une heure ou deux, même peu profondément. Le châtain n'avait jamais eu d'itinéraire particulier lorsqu'il devait parcourir les couloirs, il suivait simplement son instinct et là, il lui soufflait de descendre. Baguette allumée, il s'attira quelques représailles de tableaux mais reçu aussi des invitations à discuter. Il en accepta d'ailleurs une qui dura moins de deux minutes, jusqu'à être interrompu par un moine dont la toile se trouvait au premier étage. Affolé, il décrivait une conversation entre fantôme qu'il avait perçu. Les deux êtres avait entendu un bruit sourd inquiétant juste derrière la porte menant à la cour de la tour de l'horloge. Le pédiatromage n'hésita pas plus, il s'y rendit. Sur ses gardes, il sortit et vit très rapidement une massa au sol. Quelques pas de plus et il put l'identifier.

- "
Suileabahn?!" Dit-il précipitamment en s'agenouillant pour évaluer son état à l'aide de la magie. Les informations lui vinrent en allant, lui permettant d'imbriquer plusieurs pièces les unes dans les autres et donc de se décider à le transporter sur un brancard conjuré jusqu'à l'infirmerie. Ruby était effectivement monter dans sa propre chambre, il installa donc d'abord l'homme en consultation pour les premiers soins après lui avoir ôté plusieurs épaisseurs de vêtements pour ne laisser que ce qui ne le gênerait pas ensuite. Nouveau examens magiques plus profond à l'aide de sa baguette ou de ses mains. Prise de décision sur les soins à apporter au niveau de la tête - le plus urgent - avant de déplacer le german-irlandais jusqu'à la chambre individuelle où il serait plus tranquille. Ils seraient plus tranquilles. Car le jeune homme ne comptait pas faire autre chose que de le veiller, assis sur la chaise avec quelques revues médicales, non sans avoir d'abord lancer un revigor qui ne ferait pas de mal à l'ami de son père qui était épuisé physiquement et magiquement. Le plus jeune voulait être là quand il reprendrait conscience, pour l'empêcher de se redresser et discuter avec lui de ce qui l'avait poussé à ce qui ressemblait à une privation de sommeil.


Les effets personnels que Suileabahn avait sur lui, baguette comprise, sont dans l'armoise de la chambre, hors de portée.

Modérateur - Infirmier depuis le 11/02/2047 - color=#351C75

29 oct. 2023, 17:47
Je voue mes nuits à l'assassinsomnie
Lorsque Suileabhan se réveilla, un peu avant l'heure de la matinée à partir de laquelle il se montrait actif à l'accoutumée, il ne comprit pas de suite ce qu'il s'était passé. Il fronça les sourcils, eu mal au crâne, essaya de se relever en remarqua enfin la présence de Diarmuid. L'infirmerie. C'était ainsi donc la raison pour laquelle il n'avait aucun souvenir de s'être endormi ? En grognant, il tenta de se redresser, paume vers l'infirmier comme pour lui faire signe de ne pas intervenir. Après quelques secondes, il réussit à s'asseoir sur le côté du lit, passant une main à son front afin de se masser les tempes. L'irlandais se sentait nauséeux, mais avec un corps étrangement revigoré. Il n'en avait jamais douté, mais c'était bien ici la preuve des compétences du fils de Briac.

Mais cet état de fait lui fit honte. Honte de son attitude qui avait conduit Diarmuid à devoir perdre son temps avec lui, honte de son comportement depuis le début de l'année scolaire. Honte de l'état de sa relation avec Sixtine, honte de ce qu'il avait été avec sa stagiaire depuis près d'un mois. Honte d'avoir étouffé ses propres sentiments en sachant très bien qu'il n'était pas très doué à ce jeu là. Honte de ne pas s'être laissé aller à la souffrance plus tôt.

Sentant poindre la douleur jusqu'à ses yeux, Suileabhan ne pouvait se permettre de rester ici plus longtemps.

- Je vais prendre la journée. Merci.

L'infirmier n'était certes pas la directrice de Poudlard mais le sorcier n'avait ni le temps ni l'envie de discuter avec elle de son état. Il se contenta de demander ses affaires à Diarmuid d'un regard qui ne négociait pas, puis posa une main sur son épaule pour le remercier. Il ouvrit la bouche, comme pour lui confier que tout irait bien à présent, mais le mensonge ne put franchir ses lèvres. Suileabhan finit simplement par hocher la tête et se diriger vers ses appartements d'un pas rapide. Arrivé sur place, il ferma la porte, avant de faire pivoter son regard vers le seul miroir de la pièce. Ni son air débrayé, ni ses yeux cernés et rougis ne le firent réagir. Non, si enfin il laissa les larmes glisser le long de ses joues, ce n'est pas parce qu'il s'y voyait, dans ce miroir. C'est parce qu'Elle, elle ne faisait pas partie de ce reflet.

- Oh, Sixtine..

Concierge de Poudlard inRP depuis Septembre 2047.
Rejoignez l'UDS !

29 oct. 2023, 20:08
Je voue mes nuits à l'assassinsomnie
L'ami de son père ne se réveilla pas de la nuit ce qui n'empêcha pas Diarmuid de contrôler plusieurs fois son état. Petit à petit, il reprenait de l'énergie magique et physique, l'irlandais ne réutilisa donc pas de sort pour l'aider. Vu comme il l'avait trouvé, ce ne serait pas lui rendre service. Entre deux contrôles et après un passage de Ruby qui venait l'informer qu'elle restait le temps que ce patient inhabituel revienne à lui, le médicomage somnola, ce qui lui permit de se redresser alors que Suileabhan se réveillait. Sur le qui vive, il respecta son envie de faire seul. Silencieux, il l'observa lui et ses réactions, ses mimiques, ses gestes. Tout trahissait au delà de la fatigue, un mal-être. Mais son aîné ne semblait pas disposé à parler. Diarmuid ne pouvait que comprendre pourtant il ne pouvait pas ne rien faire.

Le plus jeune hocha la tête quand le concierge affirma prendre sa journée. "
Je passerai le mot." Répondit-il en allant chercher les affaires de l'homme dans l'armoire avant de prononcer quelques mots: "Mais je veux te voir ce soir avant de partir." Il était évident que ce n'était pas une question, ni même une suggestion, il ne lâcha d'ailleurs les vêtements et la baguette qu'une fois certains que le message était bien passé.

La main sur son épaule ne le dérangea pas - contrairement à ce qu'il aurait pu penser - et il répondit par le même geste. Loin de faire ici un acte médical, il s'agissait d'apporter un soutien. A quoi exactement, c'était en revanche un mystère. Le plus vieux ouvrit la bouche sans être capable de parler, le benjamin n'insista pas et le regarda partir. Il ne savait pas de quoi il retournait, mais ce soir, quitte à se fâcher avec son collègue et le meilleur ami de Briac, il ne lui laisserait pas le choix. Si ce n'était pas à lui qu'il parlait, il faudrait que ce soit à son père. C'était ça ou bien Sixtine, puis Elina.



Et voici pour cette intervention dosée. Au plaisir de se retrouver en RP ;)

Modérateur - Infirmier depuis le 11/02/2047 - color=#351C75

29 oct. 2023, 23:30
Je voue mes nuits à l'assassinsomnie
Nuit du 16 au 17 Octobre 2048
Autour de 6h du matin



Les larmes avaient coulé et, surprenamment, le sommeil perdu avait été rattrapé jusqu'à la fin du cadran. Arrivé au début de la nuit, Suileabhan avait tout aligné dans son esprit, tout ordonné auprès de Diarmuid, ses sentiments mis à nu sans pour autant se dévêtir de leur raison d'exister ; le fils de Briac n'avait pas à connaitre ni l'enfance de Sixtine, ni la formation magique du concierge. Celui-ci avait simplement revêtu le voile d'une partie de la vérité, tant auprès de l'infirmier que surtout, dans son propre cœur. Et pourtant, malgré ce lâcher prise émotionnel et la remise en place de ses pensées, l'Irlandais se sentait mal. Alors, de retour dans cette chambre qui n'était plus partagée, seulement chauffée par les froids souvenirs qui subsistaient, Suileabhan tourna pour la première fois en deux mois les yeux vers le ciel, au-delà du plafond en pierre.

D'un coffre, il avait sorti un morceau de bois parfaitement cubique, un extrait d'une de ses meilleures essences. De ses mains autant que de sa lame, il avait entamé l'ouvrage, se laissant emporter par une inspiration qui aurait pu se révéler épiphanique. Et alors qu'il achevait la dernière face, le dernier ornement, la dernière rune, Suileabhan fut à nouveau accueilli dans les bras de Morphée - en l'état, ses propres bras. Au réveil, avant l'aube, son œuvre nocturne s'était révélée à lui dans tout son éclat d'un renouveau. Il avait fait glisser ses doigts sur ces runes, ces lettres, cette prière qui ne comportait que pour seul un texte un mot, un nom : Sixtine. Alors, enfin, la lumière fut.

Prenant à peine le temps de fermer la porte de ses appartements, Suileabhan s'était précipité à travers les couloirs d'un Poudlard endormi auquel il aurait dû faire partie pour finalement entrouvrir la porte devant laquelle il avait échoué il y a peu encore. Dépassant le seuil et par là même ses propres errances précédentes, l'homme mit un genou en terre de désespoir. Il ne lui fallut qu'un geste pour en sortir le bijou, un autre pour le sertir à nouveau dans sa poche, un dernier pour reboucher le sol et ses canaux lacrymaux d'un même temps. L'avenir était au creux de sa veste, de son cœur, de ses mains. L'averse était tombée. Il était temps d'en revenir au printemps, aussi rude l'hiver soit-il.


Fin du RP

Concierge de Poudlard inRP depuis Septembre 2047.
Rejoignez l'UDS !