Après tant d'années A.D PNJ

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Judith Moore PNJ validé
La voix d'Aki était apaisante et empathique. Judith garda son regard baissé, se sentant vulnérable bien que reconnaissante de tant de gentillesse. Lorsque son ancienne collègue lui indiqua qu'elle acceptait de l'aider, la brune releva son regard pour croiser le sien. Vraiment ? Elle acceptait ?!
Bien que l'asiatique précisa que retrouver des gens n'était pas son domaine de prédilection mais qu'elle ferait son possible pour au moins trouver un "point de départ", l'anglaise hocha imperceptiblement du menton.
Elle sentait comme une douce vague qui montait montait montait dans sa poitrine. Du soulagement ? D'avoir partagé ce qu'elle ressentait ? D'avoir quelqu'un qui acceptait de l'aider ? Sûrement un peu des deux mais la dragonologiste resta immobile l'espace d'un instant, se rendant compte qu'elle pouvait véritablement oser espérer réussir.
- Merci. Merci Aki, finit-elle par articuler, son regard vrillé à celui de la noiraude.
***
Maman se tenait là, immobile à deux mètres de la table où siégeait le sosie de sa soeur, ma tante disparue. Mon regard alerte, effrayé, allait et venait entre Maman qui se tenait là debout au milieu de ces tables de pub, avec l'air d'avoir vu un fantôme, et la dame brune qui ne l'avait apparemment pas encore entendu et qui était plongée dans une discussion avec une femme asiatique.
J'ai une boule dans la gorge que je tente d'avaler. Mais en vain. Mes mains crispées au rebord de la table, je dois rassembler tout mon courage pour me lever.
- Maman, l'appelais faiblement.
Je m'avance, un pas, deux pas.
- Maman, s'il-te-plaît.
Ma main atteint enfin son avant-bras dans une légère pression.
- Viens, viens t'asseoir. C'est... c'est pas elle. C'est pas possible hein... elle est en Roumanie. Pas ici.

Mais Maman ne bouge pas d'un iota, son regard vrillé sur la femme brune.
Puis doucement, elle secoue son visage consterné.
- C'est pas possible. C'est forcément elle. J'en suis sûre.
J'ai l'impression qu'elle se parle plus à elle-même qu'à moi et je ne sais pas quoi dire de plus. Mes doigts ne la lâchent pas, tels ceux d'un naufragé à un bout de bois.
J'ai peur. J'ai peur pour Maman. Pour la désillusion. Pour son coeur qui sera meurtrit une nouvelle fois. Une fois de trop.
Je n'ai qu'une envie. Qu'on parte vite d'ici. Au diable l'enquête. Je la reprendrais plus tard. Mais là, il faut qu'on s'en aille.

Sauf que. Ce qu'il se passe dans ma tête est bien différent de ce qu'il se passe dans la sienne. Et le contact maintenu par mes doigts se rompt alors qu'elle avance davantage.

Mes pieds ne bougent pas et mes yeux s'écarquillent. Non. Non, revient.
Mon amour pour elle, mon inquiétude grandissante, mon envie de la protéger, tout ça me pousse à bouger. Agir, il faut que j'agisse. Que j'essais de stopper cet engrenage.

Mais il est trop tard. Là voilà, debout, tout près de la table, s'incrustant dans la bulle d'intimité entre les deux femmes attablées.
Au moment où je me retrouve derrière Maman, me sentant complètement impuissante, celle-ci prononce de nouveau son nom :
- Judith ? Est-ce bien toi ?
***

C'est alors que le temps semble se suspendre. Irréel. Deux regards se croisent. L'un emplit de douleur, de doute, d'angoisse. L'autre sidéré, incertain, choqué.

552 - @Aki Davis :eyes:

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La balafrée comprenait à quel point cette situation devait être difficile pour elle, elle savit combien se remettre d’un tel événement était difficile. Même si leurs expériences étaient différentes, Aki était elle aussimarquée par un accident et hormis ceux ayant vécu une expérience similaire, elle se sentait bien souvent seule et incomprise.

Ne sachant quoi ajouter aux remerciements de Judith, la noiraude se contenta de la regarder et lui sourit doucement, essayant de la réconforter davantage. Son interlocutricd semblait submergée par un mélange d'émotions, mais Aki pensait voir de l'espoir naître dans son regard. C'était une étape importante vers la résolution de ce mystère qui pesait sur Judith. La métisse comprenait que ce n'était que le début d'une route difficile, elle espérait que leur collaboration les rapprocherait de la vérité sur la disparition de la famille de son ancienne collègue, apportant ainsi la paix à cette âme tourmentée.

Mais alors que les deux sorcières continuaient à converser, la Responsable de la Réserve sentit la présence de deux individus s’approcher d’elles. Elle jeta un coup d’œil en coin et n’eut pas le temps d’analyser la situation que l’adulte prit la parole, s’adressant directement à Judith. Et si Aki n’en croyait pas ses yeux, elle demeura impassible malgré tout, se redressant simplement sur sa chaise avant de regarder Judith dont la réaction promettait d’être intense.

membre de l’UDS - #841373

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Le sourire d'Aki valait mille mots pour Judith qui lui retourna le même avec pudeur. Maintenant que le sujet brûlant avait été abordé, la brune ne savait sur quel pied danser. Elle était profondément reconnaissante envers la noiraude pour son empathie, sa proposition d'un rendez-vous pour un éventuel poste et son acceptation pour l'aider à retrouver les siens. Cela ne sera pas facile, que ce soit au niveau "pratique" comme "émotionnel". Mais nécessaire.
Toutefois, l'anglaise sentait qu'il lui fallait trouver un autre sujet de conversation, Aki ne le faisant pas. Rester sur ce sujet si délicat laissait un silence d'ange entre les deux femmes.
Alors Judith ouvrit la bouche de nouveau et plaquant un sourire poli, sensé redonner un peu plus de légèreté à leur échange, elle entreprit de poser des questions à Aki concernant la Réserve où elle travaillait. Parler de travail, tout le temps, ce n'est peut être pas très sain, mais pour Judith, c'était un peu le centre de son monde. Ce à quoi elle s'accrochait.

C'est alors qu'une présence se matérialisa près de leur table, cela, elle le vit au regard en coin d'Aki qui l'incita à suivre son regard.
Le sien se figea au même titre que sa respiration. Et cette voix. Ce visage.
Elle avait la sensation de faire face à un fantôme, un fantôme du passé.
Seigneur, comment est-ce possible ? Mary. C'est elle, c'est Mary.
Son visage s'imposait à ses rétines, à son esprit et Judith eut l'impression de se prendre une gifle magistrale et restait complètement... sidérée.

Tellement d'années avaient passé. Et là, se retrouver face à face après tant de temps alors qu'elle souhaitait elle-même retrouver sa trace, c'était aussi improbable qu'un dragon crachant des pissenlits.
Judith n'était pas très portée sur l'astrologie ou la divination. Elle savait que le destin, toutefois, existait mais jusqu'ici, on ne peut pas dire qu'il lui avait été très favorable.
Voilà un retournement de situation qu'elle n'avait vraiment, vraiment pas prévu. La scène lui semblait irréelle et machinalement, la brune se pinça discrètement la paume gauche de sa main droite. Non. Tout ceci était bien réel.

En face d'elle, une femme, la trentaine passée, brune aux yeux d'un brun aussi sombre, la fixait atterrée. Pâle comme un linge, il n'était pas anormal que Judith l'ait prise pour un fantôme.
Derrière elle se tenait une jeune fille, ses longs cheveux châtains lui tombant dans le dos. Ses yeux noisettes témoignaient de son inquiétude.

Lorsque les regards des deux soeurs se croisèrent, toutes deux eurent comme la respiration coupée, aucune des deux ne produisirent un son. Les deux femmes se ressemblaient bien que Judith est une ligne de mâchoire plus carrée, plus prononcé, les cheveux courts alors que Mary avait un visage aux traits plus doux et ses cheveux plus longs attachés rapidement. Mais tout observateur ne pouvait qu'avoir cette étrange impression de parenté.

Constance voyait cet échange de regard incertain mais elle se refocalisa rapidement sur sa mère contre qui elle s'avança davantage.
- Maman ? J'crois pas qu'c'est elle, elle est sensée être en Roumanie, non ? chuchote-t-elle.
Bref regard vers les deux femmes attablée, son visage ne parvient pas à leur accorder ne serait-ce qu'un sourire poli : elle est bien trop soucieuse. Elle a l'impression que les battements de son coeur a ralenti, très étrange comme sensation.
Sa mère semble revenir à la réalité au contact de sa main et secoua lentement la tête, son regard toujours vrillé à celui de sa soeur.

Celle-ci sembla elle aussi sortir de sa torpeur et coula un regard sidéré vers Aki du genre "tu y croies toi ?".
Mais la question prononcées deux secondes plus tôt flottaient toujours entre elles.
S'humectant les lèvres, Judith finit par acquiescer lentement.
- Oui, c'est moi. Et tu... vous êtes Mary. Ma soeur.

Le dire à voix haute était à la fois étrange et libérateur. Cela rendait cette situation plus réelle. Terrifiante, sidérante, incroyable, et d'une certaine manière... engageante.

L'intervention de cette jeune fille rencontrée plus tôt, et ce mot - Roumanie - provoqua un léger frisson chez Judith.
Elle l'avait appelé "Maman" ?!

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Il ne fallut que quelques instants à Aki pour qu’elle se sente plutôt mal à l’aise, elle avait la désagréable sensation d’être de trop, de s'immiscer dans une situation qui ne la regardait absolument pas.

La balafrée demeura silencieuse, observant la scène avec une curiosité mêlée d'inquiétude. Judith, semblait un peu déconcertée, comme si les souvenirs de leur enfance étaient lointains et flous, et c’était le cas évidemment. La métisse remarqua la façon dont son ancienne collègue de travail scrutait le visage de sa sœur avec une légère perplexité, comme si elle essayait de graver chaque trait dans sa mémoire, cherchant désespérément des fragments du passé qu'elle avait du mal à retrouver.

Aki pouvait presque sentir le poids des années non partagées entre les deux femmes, le silence qui avait rempli le vide laissé par leur éloignement, sans parler de l’enfant qui se tenait là, elle représentait chaque année passée loin l’une de l’autre.

Se sentant encore plus mal à l'aise face à cette intimité troublée, Aki ne savait pas quoi faire. Devait-elle intervenir, ou laisser les retrouvailles se dérouler naturellement ? Elle se sentait tiraillée entre le désir de soutenir Judith et le respect de leur intimité familiale. Finalement, elle prit une grande inspiration, et se décida à intervenir avant que la conversation ne se lance vraiment. « Je crois que je devrais vous laisser… nous rediscuterons de tout ça une prochaine fois Judith… », dit alors la trentenaire qui commençait à se lever pour quitter les lieux.


250 mots

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Le regard toujours vrillé à celui de la brune, sa mère semblait comme déconnecté de la réalité. Le visage pâle, elle resta silencieuse, attendant le verdict. La réponse de la femme qui lui ressemblait beaucoup. Constance se mordilla la lèvre, soucieuse pour sa mère qui faisait face à un sosie d'un fantôme de son passé. Elle-même avait été sidérée un peu plus tôt dans l'après-midi lorsqu'elle l'avait croisé.
Mais l'improbabilité que tout cela soit réel, véridique était bien trop forte aux yeux de la poufsouffle.
C'est alors que la femme attablée prononça ces mots qui allaient tout changer.
"Oui, c'est moi. Et tu... vous êtes Mary. Ma soeur."


Ecarquillant les yeux, Constance tourna un regard choqué vers la brune au carré. Pardon ? Vous avez dit quoi ? Vous êtes... vous êtes... elle ?! Non. Vraiment ?

Mais son regard déterminé brillait d'un éclat qui ne mentait pas.
Oh mon Dieu. Je ne m'étais pas trompée. Tout à l'heure.
Se sentant chancelante, Constance recula d'un petit pas, sa main se portant à ses lèvres avant d'attraper l'avant-bras de sa mère. Maman...

***

Judith se sentait étrangement calme. Comme si toute cette situation était un rêve et qu'elle n'était pas vraiment là. Elle voyait celle qui était sa soeur, qu'elle n'avait pas vu depuis une quinzaine d'année, son visage qui avait subtilement changé, ses traits qui, bien que toujours doux, avait gagné en maturité. Sa petite soeur... elle n'avait que 19 ans quand elle l'avait vu la dernière fois. Elle rentrait à l'Université de King's College alors qu'elle prenait son envol pour la Roumanie. Tellement de temps s'était écoulé depuis. Tellement d'années...

Le silence qui s'était installé, naturellement, entre elles deux, fut brisé par la voix familière d'Aki. Papilllonant un peu des yeux, comme si elle sortait d'une transe, Judith tourna un regard mal à l'aise vers son ancienne collègue. Elle devait se sentir de trop car elle décidait de prendre congé. Se mordillant la lèvre, Judith était partagée entre l'envie de lui demander de rester et celle de la remercier une nouvelle fois. Aki était celle à qui elle avait osé demander de l'aide pour retrouver sa famille. Et bien qu'elle n'avait apparemment rien avoir avec cette rencontre digne d'un grand coup du Destin, Judith se dit que c'était une sacrée coïncidence et que mine de rien Aki représentait en cet instant non seulement une bouée, une invitation à la vie (et non pas à la survie) grâce à cet éventuel poste à la Réserve et la promesse d'une relation amicale, mais également une sorte de bonne étoile.

Plongeant son regard dans le sien, la dragonologiste se leva en même temps qu'elle, en miroir.
- Je te remercie pour ton temps, fit-elle avec une voix vibrante de sincérité. Oui, bien évidemment, ton hibou sait où me trouver.

Elle tendit sa main pour serrer la sienne "A bientôt !" avant de la suivre du regard l'espace de deux-trois secondes. Elle tourna alors son visage vers celui sororal qui s'était rapproché de la table.

Du regard, la tante de Constance avisa alors la tenue de moldue de sa soeur, son sac-à-main croché sur son épaule. Puis elle pensa à la raison de sa présence ici. La jeune fille de la librairie.

@Aki Davis merci beaucoup pour ce premier RP ensemble :happy: ce fut un plaisir ! ;)

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La mère comme la fille suivirent le court échange entre les deux femmes et Mary adressa un bref sourire cordial à l'asiatique lorsque celle-ci prit congé tandis que Constance s'interrogeait déjà sur l'identité de cette inconnue.

L'intervention de celle-ci l'avait ramène à la réalité Mary et à ce qu'elle venait de faire. Où elle se trouvait. Et pourquoi.
Tournant un regard vers sa fille, elle remarqua son air soucieux et essaya de la rassurer avec un mince sourire. Voilà. Celle que tu voulais tant rencontrer.
Elle remarqua alors le contact de la main de Constance et la tapota machinalement avant de s'avancer davantage vers la table, ses mains s'agrippant par réflexe au dos du siège laissé vacant par la femme asiatique. Elle ne savait par où commencer et se sentait comme une petite fille avec milles questions en tête mais qui ne pouvait en poser qu'une seule.
Prenant une grande inspiration, la mère de Constance osa alors briser le silence qui s'était installé entre elles. Que dire, et comment, à la soeur qu'on vient de retrouver après 15 ans, qu'on croyait peut-être morte ? Inspirer, expirer...
- Tu es revenue depuis longtemps ?

De son côté, Constance suivit sa mère, telle une ombre, lorsqu'elle s'avançât davantage. Son regard alternativement posé sur ces deux visages ressemblants.

- Non. Dimanche soir. Je...
Secouant la tête, Judith se passe une main dans les cheveux, comme pour démêler ses méninges et ses pensées. D'un geste de la main, elle invite sa soeur à s'asseoir.
- Je t'en prie.

Puis son regard tombe sur la châtaine, celle qui avait appelé sa soeur "Maman".
Cette donnée la met un brin mal à l'aise. Cette jeune fille était une étrangère et une preuve de toutes ces années d'éloignement. Elle avait manqué tant de choses. Est ce que nos parents sont-ils seulement en vie et en bonne santé ?

Bref sourire maladroit à l'intention de Constance avant de reporter son attention sur sa soeur. Celle-ci semblait aussi mal à l'aise qu'elle. En même temps, c'était des retrouvailles pour le moins particulières. Et elle ne savait pas pour Mary, mais de son côté, bien que retrouver sa soeur aussi brusquement semblait un cadeau tombé du ciel, cela faisait beaucoup pour son esprit. Et celui-ci était partagé entre diverses émotions. Sidération. Peur. Malaise. Incrédulité.

La femme qui lui faisait face hoche la tête mais reste debout, ses mains se contractant un peu, comme si elle se retenait de perdre pied.
- Tu es ici pour... combien de temps ?
- Longtemps, j'espère. Je... je suis de retour.
- On n'avait plus de nouvelles. Depuis toutes ces années. On a envisagé le pire.
A ces mots, Judith baissa le regard, partagée entre la honte, la culpabilité, la colère - car une partie d'elle prenait ombrage de ce simili reproche à peine voilé mais aussi car elle se sentait impuissante - et l'usure à l'idée de devoir s'expliquer.
- C'est compliqué. Mais... Je sais que tu attends de moi des explications mais... je... (soupir, agacée de ne pas réussir à prononcer au moins une phrase intelligible)
- Que s'est-il passé Judith ?
Cette phrase prononcé dans un souffle, comme on prononce un secret, était lesté de toute cette attente qui l'avait étreint pendant des années.

Constance se sentait comme en apnée et observait avec attention les traits du visage, ses expressions, son intonation, de celle qu'elle avait tant cherché à connaître, et comprendre. Elle est là. En face de moi. C'est réel. C'est dingue. Mais c'est réel. Que dois-je faire ? Je sens que Maman est en... proie à un mélange d'émotions inextricables. On peut pas faire ça ici. N'est ce pas ? Pas ici. Au milieu de tous ces gens.
Lorsque Judith précise qu'elle est revenue pour de bon, la châtaine sentit son coeur battre un peu plus fort, son espoir de happy ending, et l'excitation en résultant, comblait chaque cellule de son être.

- C'est compliqué. Et long à raconter.
Mary fronce les sourcils, observant sans détours le visage autrefois tant aimé.
Secouant machinalement son visage d'habitude si doux et maintenant empreint de chagrin, elle sentit ses yeux s'embuer.
- Long à raconter ?! Tu...
Portant une main à ses lèvres, elle baissa le regard pour tâcher de reprendre contenance.
De son côté, Constance avait perçu son trouble et bien qu'elle se doutait que ce n'était peut être pas forcément ce dont sa mère avait envie, elle crocheta son bras autour du sien, son autre caressant son dos.
- Maman ? Ca... ça va aller ?

Prenant une grande inspiration, Mary hocha du chef en silence et papillonant des yeux pour chasser ces larmes qui ne sauraient couler sans son accord, elle finit par rétorquer d'une voix légèrement tremblotante.
- Et si tu venais à la maison ? Je... (elle farfouille dans son sac, l'émotion au pas de la porte de ses lèvres) Je te passe l'adresse et... et... mon numéro de téléphone. Et tu me passes le tien. Et... on arriveras bien à se trouver un créneau en commun, non ? Judith... tu... après tant d'années, je crois qu'on a besoin de parler de tout ça.

Disant tout cela, elle finit par dénicher d'une main tremblante son agenda sur lequel elle annote les informations citées et en détache le feuillet qu'elle pose sur la table.
- Je n'ai pas de téléphone. Mais oui. Tu as raison. On... il faut qu'on parle, répond Judith malgré sa gorge qui se serre.
Elle reporte malgré elle son regard sur la plus jeune.
- Comment t'appelles-tu ?

Constance était jusque là une observatrice silencieuse qui s'était détaché de sa mère alors que celle-ci cherchait frénétiquement de quoi noter. Alors lorsque la femme s'adressa à elle, elle écarquilla un peu les yeux, étrangement surprise d'être intégrée à cette conversation "intime".
- Constance. En... enchantée.
La femme acquiesça d'un bref mouvement de tête, un très mince sourire se dessinant sur ses lèvres. Et la châtaine eut la sensation d'être scrutée jusqu'au tréfond de son coeur. Déglutissant, une vague de timidité emplit alors sa poitrine et elle fuit alors le regard tant cherché.

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Le billet de papier avait quitté ses doigts et glissé sur la table entre elles. Lorsque sa voix retentit de nouveau, ce fut pour s'adresser à Constance. Mary se figea et laissa ses prunelles brunes tomber sur le visage de sa fille. Cela faisait des mois, davantage même, que Constance se posait des questions sur cette tante disparue. Des mois qu'elle tentait d'enquêter sur cette partie de la famille qui lui était inconnue et sur laquelle Mary avait tant de mal à s'épancher. Et là, brutalement, le passé revenait au galop et se confrontait à la réalité du présent. Autant tout cela était bouleversant pour elle, autant cela devait être vraiment étrange pour sa fille. Mary Nelson se fait alors silencieuse, laissant Constance répondre.
Une Constance tant intimidée qu'elle ne parvint pas à soutenir le regard de cette personne qui l'intriguait tant...

Un silence tomba entre les trois parentes et Constance osa couler un regard intimidé vers sa mère, ses mains s'entrelaçant nerveusement.
Elle avait tant de questions. Mais elle savait que, là, ce n'était ni le lieu ni le moment.
Elle avait envie de dire quelque chose mais elle avait beau tourné dans sa tête les éventuelles phrases, elle les trouvait toutes aussi nulles que les autres. Donc, pour une fois, elle se contenta du silence et chercha de l'aide dans les traits maternels.

- Bon, je crois qu'on va te laisser. On ne va pas te déranger plus longtemps. Je... Je te propose vendredi ? Si tu es disponible bien entendu.

De son côté, Judith eut envie de s'écrier qu'elles ne la dérangeaient pas, qu'elle était juste sous le choc mais la dragonologiste, par pudeur, se contenta de sourire poliment et d'acquiescer du menton, son regard passant alternativement entre Mary et Constance.
Cette-dernière avait des yeux plus clairs, mais... la forme du visage... oui, elle retrouvait là des traits familiers maintenant qu'elle observait avec attention.
- Oui, je serais disponible.

Tandis que les deux soeurs s'accordaient sur une horaire, Constance les observa avec attention, toujours silencieuse. Elle sentait son coeur battre contre sa cage thoracique. D'excitation, de joie, d'inquiétude ? Sûrement des trois. Mais ce qu'elle savait au fond d'elle-même, ce qu'elle sentait là, dans son coeur, c'était qu'un nouveau chapitre commençait. Un tournant dans son histoire. Et il promettait de sacrés rebondissements.

~ FIN DU RP ~

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