Été 48 Portree Ecosse

Lorsque ma question atteint ses oreilles, le soupire que je reçois me fait douter. Il me semble que trop d'informations sont passées dans sa tête et que j'en ai loupé la moitié, mais son ton ne change pas suffisamment. Du moins, pas assez pour me faire penser que son soupire est dû à mon oubli de baguette. Un léger soupire de soulagement accompagne le sien et me permet d'écouter ce qu'elle a à me dire.

Attiré par les bouteilles qu'elle pointe de son index à l'ongle noir, j'apprends à les regarder différemment, à voir l'image dont elle parle. A notre image, comme elle le souligne. Je souris tendrement face à cette métaphore qui nous unie et commence à accepter que cette professeure puisse réparer autre chose que des bouteilles. A sa remarque, je constate que non, je n'avais pas noté la fragilité provoquée par ses destructions ; je n'avais pas noté qu'elles aussi n'étaient pas réparables à l'infini et que tôt ou tard, elles finiraient par être totalement fêlées, voire détruites. Et alors que je continue d'observer le spectacle de la réparation sans fin, il m'est impossible de cacher ma surprise lorsque Valerion me tend sa baguette. Je tends alors ma main lentement, paume ouverte pour réceptionner l'objet avec délicatesse et l'observer attentivement. Je n'ai jamais vu son catalyseur d'aussi près et il est maintenant entre mes mains. Je referme mes doigts dessus et m'y connecte instantanément. Ce n'est pas une connexion qui viendrait invalider ma propre baguette, mais une connexion qui signifie que cette passation est juste.

Je hoche la tête à l'ordre donné par ma professeure et fixe les bouteilles qui ne demandent qu'à être brisées une nouvelle fois. Je pointe la baguette et ressens l'énergie souhaitée parcourir mon corps, comme si elle n'attendait que ce moment depuis le dernier jour où elle avait été appelée.

- Flipendo !, lâché-je sans mal en regardant l'objet se briser sous l'effet du puissant catalyseur. Je jette un œil à celle assise à mes côtés et lui souris, fièrement.

La prochaine étape me prend légèrement plus de temps, je dois me poser les bonnes questions. Je fixe la bouteille, cherchant à savoir si je tiens réellement à ce qu'elle se répare. Je me pince les lèvres, comme pris dans un dilemme qui ne devrait pourtant pas exister et je lutte contre l'envie de la laisser détruite. Sauf que voilà, aujourd'hui, je choisis la réparation.

- Reparo, soufflé-je avec une légère déception dans ma voix.

Une fois l'exercice fini, la baguette m'est reprise et je ressens déjà le manque de son utilisation. Je veux continuer, je veux en lancer d'autres, sous sa demande et tous les réussir. Je veux les enchainer jusqu'à épuisement. Je veux des sorts de destruction, des sorts utiles, des sorts qui demandent de s'y connecter. Mon corps entier les réclame, à en juger les poils qui se hérissent sur mon bras tendu.

Ses doigts s'entremêlent aux miens et me déconnectent alors de la sensation magique qui parcourt mon corps. Je reviens à Portree, au manoir, aux escaliers et à Valerion avant de relever la tête vers elle.

- Vous m'aiderez à apprendre d'autres sorts ? Des sorts utiles, je veux dire ?

Depuis septembre, je ne comprends pas l'intérêt d'apprendre à nettoyer à l'aide d'un sort, ou à faire couler le nez de quelqu'un. Pour moi, la magie, c'est attaquer ou se défendre, et rien d'autre, et mon père venait de me faire passer dans l'attaque. A partir de ce moment-là, mon objectif venait de changer et en fixant la baguette de Valerion, je ne vois plus que ma détermination.

Fiche PR - 4e année RP

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- Tous les sorts sont utiles, vous n'êtes simplement pas encore assez expérimenté pour y voir l'intérêt. Mais, rassurez vous, la deuxième année sera plus intéressante en termes de contenu.

Elle plaça ses deux mains sur ses genoux pour s'aider à se relever puis, elle laissa Lukas un moment, le temps pour elle de trouver une bouteille encore pleine à amener aux Sharp. Une fois le présent trouvé, elle était revenue dans la grande entrée, jeta un regard sur Lukas. Ce petit garçon avait déjà tant grandi depuis septembre dernier. Les traits de son visage avaient changé, Sixtine avait comme l'impression qu'il lui ressemblait de plus en plus comme si, elle influençait ses changements physiques et cette simple idée lui plaisait bien. La main de la professeure se tendit en direction de l'élève pour qu'il puisse la saisir et partir ensemble de ce manoir.

- Les premiers rayons du soleil sont là, nous devons rentrer. Une fois que Lukas eut posé ses petits doigts d'enfant dans la main de Sixtine, elle ajouta : il va falloir que j'arrange la situation avec votre mère, je crois qu'elle ne m'apprécie pas, cela dit, je ne suis pas sûre de l'apprécier non plus, mais parfois, il faut savoir ranger son ego pour le bien de tous et surtout le vôtre.

Puis, les portes du manoir s'ouvrirent par la laisser quitter ce lieu. Elle jeta un dernier regard derrière elle, envoya un dernier sort dans les vitres du manoir, pour son simple plaisir et quitta définitivement les lieux. Le reste du trajet, elle n'ouvrit pas la bouche, trop pensive. Elle s'était repassé tous les événements de la veille, tous les mots qu'elle avait utilisés, toutes les expressions de la mère du garçon. Elle cherchait une solution, une solution pour que cette mère comprenne les agissements de Sixtine, qu'elle la laisse agir comme bon lui semble. La violence n'était vraisemblablement pas une solution, elle aurait pu simplement la vider de tout souvenir avec son fils, mais ce n'était pas son genre. Elle avait beau aimer l'idée, elle ne souhaitait pas passer du côté obscur.

Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps, elle et Lukas étaient déjà de retour en ville, à Portree, dans le quartier de l'enfant.

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Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.

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Bien que vexé par son commentaire, je me mords la joue pour m’empêcher de lui asséner un commentaire puéril et reste silencieux. S’il faut attendre la rentrée pour apprendre des sorts intéressants, alors j’attendrai. Ce n’est pas comme si j’avais le choix de toute façon.

Je saisis la main tendue de Valerion, cette main qui dirige, éduque et protège, et salue ce manoir que peut-être je ne reverrai plus de si tôt. Je tourne la tête vers celle qui m’énonce le plan de retour : parler à ma mère. L’idée ne m’enchante guère car moins j’en dis à mes parents, mieux je me porte. Toutefois, je crois qu’elle a raison, l’affection que doit ressentir ma mère pour ma professeure ne doit, à l’heure actuelle, pas être très grande, voire inexistante. Imaginer les deux discuter ensemble me semble pouvoir aller nulle part d’autre que dans un mur, mais si c’est pour mon bien.. Je prends une grande inspiration, et me retourne vers Valerion.

Vous auriez fait une super maman, lâché-je les joues rougies par cet aveu. Si elle n’avait pas parlé de faire quelque chose pour mon bien, peut-être que je n’aurais pas été touché de la sorte, peut-être que je n’aurais rien dit. Je m’empresse de détourner le regard et me rue sur la porte d’entrée, l’empêchant de répondre quoi que ce soit.

Le retour est silencieux. Seuls les merles et les rouges-gorges font entendre leur voix, et mes bâillements viennent s’ajouter à la liste des quelques sons aigus. L’émotion m’a fait tenir jusqu’au matin et maintenant, tout ce dont je rêve, c’est de mon lit.

Alors que je m’endors presque en marchant, la porte d’entrée de ma maison me fait sursauter, et c’est ma mère qui en sort, se débattant avec mon père qui tente de la retenir.

Une nuit ?! Vous êtes partis une nuit ?! Mais qui.. Son regard se tourne vers la droite, croisant celui du voisin, alerté par la scène à laquelle il assiste, et reçoit une main qui le salue et un sourire gêné. Ma mère ne me regarde pas. Aucun regard ne m’est adressé, c’est ma professeure qu’elle fixe en un regard aussi noir que ses chaussures et reste silencieuse. Si je lui savais un quelconque don de superhéro, je penserais qu’elle serait en train de communiquer par la pensée. Peut-être l’équivalent d’un « rentrez que je vous fasse cracher vos boyaux » ou « rentrez que je vous crève les yeux et vous ne pourrez plus jamais voir mon fils ». Je déglutis à toute pensée horrible qui me passe par l’esprit et me tourne vers Valerion.

S’il vous plait, ne venez pas chez moi, je ne crois pas que ce soit une bonne idée, chuchoté-je.

Pas d’humeur à ce que son fils s’immisce dans son échange de regards noirs, et toujours sans quitter le regard de ma professeure, elle s’adresse enfin à moi.

Monte dans ta chambre ! Le ton est sans appel, et cette fois, je ne cherche pas à négocier. J’ai déjà suffisamment abusé. Je fonce vers la porte d’entrée, m’y engouffre sans saluer mon père et monte les escaliers jusqu’à l’étage. Je m’arrête net à la sixième marche lorsque j’entends ma mère.

Est-ce que vous voulez rentrer ? Difficile de savoir si son ton est cordial ou très faux.

Hors de question de me priver de leur échange, j’attendrai là, accroupi devant les barreaux. Je me prépare à l’éventualité de.. Oh, ma baguette ! Je me relève, me rue sur mon catalyseur toujours posé sur mon bureau et reviens à l’endroit initial. Je suis prêt à intervenir.

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La mère de famille sort de chez elle. Elle me semble paniquée, je le sais, elle est sur le point de balancer des horreurs. Elle va me cracher au visage toute la haine qu'elle a pour moi et je vais la regarder et accepter, je ne vais pas bouger parce que j'ai l'habitude des mots blessants et que ça ne me touche plus. Je suis surprise lorsque sa main se lève et qu'elle regarde sur sa droite. Je n'ai jamais eu de voisins, je suis perplexe face à cette situation et je décide de l'imiter en faisant le même geste à destination du voisin.

Le petit garçon qui m'avait tenu compagnie toute la nuit me chuchota de ne pas entrer chez lui. Je pouvais lire la fatigue et la crainte sur son visage. Il s'inquiétait pour moi au lieu de s'inquiéter pour sa mère, n'avais je finalement pas déjà gagné cette bataille ? Je n'ai pas le temps de lui répondre, sa mère lui ordonne de monter dans sa chambre et il s'exécute. Puis, c'est à moi qu'elle s'adresse, elle me propose d'entrer mais j'ai du mal à savoir si elle est soudainement devenue aimable ou si elle cherche à me tendre un piège. Dans tous les cas, j'avais prévu d'entrer avec ou sans son accord. J'incline simplement la tête pour accepter sa proposition puis, j'entre dans leur tanière.

La première chose qui me saute aux yeux se sont les lumières, toutes les pièces semblent éclairées par un Lumos définitif... Je reste dans l'entrée en attendant qu'elle m'invite à m'installer à moins qu'elle ne préfère les actes à la parole et dans ce cas là, peut être qu'il faudra de nouveau que je lui rappelle son infériorité. Je préfère désamorcer le problème avant qu'il ne se présente et je lui tends la bouteille que j'ai ramené du manoir.

- En gage de bonne foi.

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Du haut de mes escaliers, je peux voir le hall, ma mère entrer et Valerion la suivre. Évidemment qu’elle est entrée, évidemment qu’elle a accepté l’invitation. Plus loin, mon père, droit comme un i est assis sur son fauteuil impeccable. Garder les apparences, ça, ils savent faire. Sa colère est communicative ; mais lorsque la sienne est dirigée vers le monde magique, celle de ma mère l’est que contre ma professeure. Je soupire, tendu par cet échange que je considère être de ma faute. Il m’aurait juste fallu obéir à ma mère : l’écouter et rester dans mon lit, comme un gentil petit garçon, mais il a fallu que je choisisse l’autre camp. Je reste cramponner aux barreaux et à ma baguette, tendant l’oreille pour ne rien louper, ouvrant les yeux pour me préparer à réagir. Les deux s'avancent et ma mère semble désabusée face à cette bouteille qu'elle saisie et place aussitôt sur le comptoir, sans aucun remerciement. Les plis de son visage ne se détendent pas, ni même ceux de mon père. Il faut croire qu'une bouteille ne lui fera pas oublier que son fils a été enlevé une nuit entière.

Ma mère s'avance jusqu'à la hauteur du fauteuil où est assis mon père et ramène les bras vers sa poitrine pour les croiser ; habitude qu'elle a lorsqu'elle veut se donner un certain aplomb, comme pour se convaincre qu'elle est en train de faire la bonne chose et qu'on la félicitera pour ça. La scène m'enrage car je vois deux pions contre Valerion. Certes, parmi ces pions, il y a un moldu, mais combien de points valent les arguments d'un père déçu dans une bataille comme celle-ci ?

Je respecte vraiment Poudlard et l’enseignement qui y est donné, mais ça… Non, je ne comprends pas.

Elle aurait pu dire qu'elle ne cautionnait pas, mais elle a choisi de dire qu'elle ne comprenait pas, comme si une part d'elle se reprochait de ne pas adhérer complètement au fonctionnement de Poudlard. Son ton se veut contrôlé, mais je sens que sa colère est bien cachée derrière, enfouie sous l’admiration qu’elle porte pour son école et qu’elle n’ose pas remettre en question face à un membre représentant, pour elle, l’autorité. Ma mère a peut-être confiance en l’éducation qu’elle me donne, confiance en ses capacités, mais tout est remis en question quand quelqu’un ou quelque chose de plus grand s’impose à elle.

Et si retirer un enfant à ses parents... Elle tend sa main en signe de stop.. et ne me dites pas qu'il est venu de son plein gré, il a onze ans ! Elle baisse sa main et reprend. Si retirer un enfant à ses parents est quelque chose qui se fait au nom de l'école.. Et bien sachez que je n'ai pas signé pour ça et que je préfèrerais encore l'envoyer au Canada, là où l'on m'assurera une éducation normale.

Comme un discours qu'elle aurait répété toute la nuit, son ton est sec mais sa voix tremble légèrement. Elle ne connait peut-être pas cette professeure qui se tient face à elle, mais sa honte et son humiliation parlent à sa place et lâchent peu à peu ce qui retient la prochaine émotion : la colère. Mon père se lève, soutenant les paroles de sa femme, évidemment bien trop heureux d'imaginer son fils revenir à son monde à lui, et s'imaginant sûrement déjà reprendre ces samedis après-midi à faire du basket.

Ma main se crispe sur ma baguette. Impossible d'imaginer ma vie sans Poudlard. Impossible de revenir à ce monde sans magie.

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Elle prend la bouteille et ne me remercie pas. Je retiens ma langue de lui rappeler les règles de politesse chez les sorciers car, peut être qu'à force de trainer avec le peuple moldu elle en a oublié les bonnes manières. Je me contente de pincer mes lèvres pour étouffer tout les sons qui voudraient en sortir.

Je décroche mon regard de la femme pour observer le moldu qui se lève pour rejoindre sa femme et s'avancer vers moi. Il ne parle et se contente d'être là pour sa femme, un beau geste. Elle, en revanche, entame la conversation. Je l'écoute et je lui accorde toute l'attention qu'elle réclame. Certains termes qu'elle utilise me donne envie de lui couper la parole pour la reprendre mais je me retiens, je ne suis pas chez moi, ce ne sont pas mes règles. Je sens que je m'agace lorsqu'elle mentionne l'âge de son enfant. Je m'agace car elle me donne l'impression de le traiter comme un gamin ignorant hors, il n'est pas un gamin ignorant, nous ne parlons pas de Brando mais de Sharp. Elle n'a donc pas conscience des qualités de son propre enfant. J'inspire et expire profondément pour ne pas lui dire à quel point Lukas s'en sortirait mieux avec moi qu'avec eux.
Lorsqu'elle mentionne le Canada, ma mâchoire se crispe. Je prends pleinement conscience que c'est à moi de régler ce problème, que je suis la seule en capacité de la faire changer d'avis et qu'une confrontation directe ne servira à rien.

Je prends un instant pour quitter l'entrée et me diriger vers ce qui semble être le salon. Avant d'y prendre place, je demande la permission pour m'installer. Si ils acceptent, je me mets dans l'un des siège disponible avant de prendre la parole sur un ton neutre mais qui se veut rassurant.

- J'ai agit en tant que personne et non en tant que professeure de Poudlard. Vous deviez certainement connaitre ma famille si vous habitez à Portree depuis longtemps. Le nom Valerion ne doit pas vous être inconnu. Si ce n'est pas le cas, permettez moi de vous raconter rapidement mon histoire. Je marque un temps de pause pour qu'elle fuisse refuser si tel est son choix. Si elle ne me coupe pas, je reprends. Ma génitrice est morte en me donnant naissance et c'est mon géniteur qui m'a donné une éducation dans le manoir qui se situe dans la forêt. Avant d'aller à Poudlard j'ai du faire ma scolarité au manoir, et les seuls enfants que j'ai connu sont mes cousins et la seule présence féminine que j'ai connu est celle de ma tante qui nous rendait visite une fois par semaine. Vous comprendrez donc aisément pourquoi j'ai du mal à comprendre vos réactions. Je n'avais aucune intention de vous retirer votre enfant, je comptais vous le ramener mais je considère Lukas comme un garçon qui sait ce qu'il veut. Vous le considérez peut être comme un enfant mais je peux vous assurer que parmi tous les enfants de son âge, Lukas est de loin le garçon le plus réfléchi. Il a parfaitement conscience du monde qui l'entoure et il est capable de prendre des décisions. Ne l'envoyez pas au Canada, vous en feriez un enfant en colère.

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Un échange de regards se produit entre ma mère et mon père lorsque ma professeure demande à s'asseoir. Est-ce qu'ils se disent qu'en acceptant, ils ont déjà perdu une partie de leur bataille ? Pensent-ils qu'ils en ont pour une heure de plus que prévue ? Ma mère hoche de la tête pour signifier son accord, mais ses épaules se redressent. Elle cherche à occuper l'espace, à se montrer plus forte qu'elle ne l'est. En attendant, Valerion a beau être la seule assise, c'est bien elle qui domine.

Je descends discrètement d'une marche pour m'assurer d'entendre parfaitement le discours de la directrice de maison et observe les réactions de ma mère. Est-ce qu'elle connait la famille des Valerion ? Je ne vois aucun étonnement sur son visage, mais est-ce pour ne pas perdre la face qu'elle se fige ainsi ? Je ne l'ai jamais vue si tendue, à contrôler autant ses mouvements et sa posture. Le discours s'enchaine car ma mère acquiesce de la tête. Bien sûr qu'elle va la laisser parler et bien sûr qu'elle commence à regretter son ton lorsqu'elle entend l'histoire qui lui est comptée. Par sororité ou pour son rôle de mère, elle éprouve de l'empathie ; et moi, j'ai l'impression que je ne devrais pas connaître toutes ces informations. Ce n'est pas à moi qu'on les partage, mais mes pieds sont collés au sol. Impossible de partir, je ne veux rien louper de leur échange. Je gèrerai la culpabilité plus tard.

Je souris à l'évocation de mon prénom. Un garçon qui sait ce qu'il veut. A cet instant, je réfléchis à ce que cela signifie et au fait que je n'aie pourtant pas l'impression de savoir ce que je veux. Mis à part le fait de vouloir rester à Poudlard. Le sourire de fierté s'agrandit au compliment suivant. Elle ne me voit pas, mais c'est l'expression de ma professeure que je fixe, qui m'intéresse. Je loupe celle de mes parents et cela m'est égal. Est-ce qu'ils partagent cette idée ? Est-ce qu'ils le savent eux aussi ? Je force mon esprit à se souvenir de ce moment pour ne jamais l'oublier. Si j'avais encore mon jouet d'enfant, ma petite pensine en bois, c'est ce souvenir que j'y mettrais.

Parti dans mes pensées, je sursaute lorsque mon père prend la parole, visiblement piqué par la dernière remarque de Valerion.

— Mais pour qui vous vous prenez à nous dire ce qu'on doit faire ou pas ? Lukas est déjà en colère, et ça depuis qu'il est dans votre école ! Ma mère lui fait un geste lui demandant de baisser d'un ton, mais il n'a pas l'air de vouloir écouter. Avant, c'était un garçon sage qui souriait, qui sortait, maintenant, avec vos trucs de magie, vous l'avez transformé en un...

Fiche PR - 4e année RP

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Aucun des deux parents de Lukas ne daignent s'asseoir, ils se contentent de m'observer de haut comme si leur taille pouvait les sauver, pouvait les rendre supérieurs. Je les laisse faire, si ça peut les rassurer, s'ils se sentent plus fort ainsi alors soit. J'observe leur réaction pendant mon petit discours, je me doute que toutes mes paroles ne leur plaisent pas. Et, lorsque le moldu du groupe décide de prendre la parole, je l'écoute. Il est en colère et me le fait comprendre à travers le ton qu'il décide d'employer avec moi. La sorcière me semble plus intelligente puisqu'elle essaye de le calmer et lui demandant de baisser d'un ton, ce qu'il ne fait pas.

Lorsqu'il commence sa dernière phrase, je me lève pour le couper dans son élan. Il est hors de question que je le laisse finir. La surprise de me voir me lever si vite et me placer face à lui ne lui permet pas de terminer sa phrase. Pour autant, je ne le considère pas et c'est à sa femme que je m'adresse.

- Faites le taire ou je m'en occupe moi-même, je ne le laisserais pas insulter son propre fils.

J'ai bien conscience que je viens peut-être de briser le petit lien que j'avais réussi à créer avec la mère de famille, mais je ne pouvais pas le laisser parler plus longtemps. Je me félicite de ne pas l'avoir privé de la parole dès la seconde où j'ai senti qu'il allait trop loin. Je refais face à l'homme, le paternel pour lui dire le fond de ma pensée.

- Vous ne connaissez même pas l'origine de sa colère et vous osez accuser l'école ? Écoutez-moi bien, si Lukas est en colère, c'est uniquement à cause de vous. Vous l'avez abandonné parce que vous ne supportez pas qu'il soit un sorcier, vous ne supportez pas l'idée qu'il soit un peu plus comme nous et un peu moins comme vous. Vous l'avez abandonné et maintenant, vous rampez pour le récupérer, de quoi avez vous peur ? La différence n'est pas une mauvaise chose, arrêtez de le repousser pour ce qu'il est et acceptez le.

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Mes yeux déjà embués par la colère de mon père, ces derniers rendent ma vision plus trouble encore lorsque Valerion se lève pour l'interrompre. Alors que ma poitrine se soulève et s'abaisse plus vite encore, mon rythme cardiaque s'accélère, et je serre ma baguette pour me garder ancré et concentré. A ma grande surprise, c'est ma mère qui reçoit l'ordre de faire taire mon père. Pourquoi ne s'adresse-t-elle pas directement à lui ? Le regard de celle qui est visée est étonnant lui aussi. Affectée par le discours de son mari, affectée par ce qu'elle entend et par l'ordre qui lui est donné, elle est pourtant incapable de bouger et de faire quoi que ce soit. Son regard se tourne vers mon père et on dirait qu'elle prend conscience, enfin, que comme l'affirme Valerion, c'est son fils qu'il insulte. Comme en décembre dernier, il insulte la magie, son fils, mais elle aussi. Leur pacte est bien loin et elle se sent s'éloigner de l'homme qui se trouve à ses côtés, à chaque colère que je provoque.

Le discours glaçant de ma professeure vient s'abattre sur mon père et ma mère ne le regarde pas. C'est Valerion qu'elle fixe avec soulagement. Un soulagement d'entendre les mots qui ne sortent plus et qu'elle se retenait de lâcher. Un soulagement de voir qu'elle avait bien cerner le problème et qu'elle n'inventait rien. Un soulagement qui la ramène dans le monde de la magie dont elle s'était éloigné, croyant bien faire. Si elle veut sauver son fils, ce n'est pas en fuyant au Canada avec son mari qu'elle le sauvera, mais c'est en le fuyant lui, l'homme avec qui elle partage sa vie. A cet instant, ses yeux se troublent aussi et lorsqu'elle tente d'ouvrir la bouche, c'est mon père qui cherche à se défendre.

— Je crois qu'il est temps que vous partiez de chez nous, maintenant !, lâche-t-il en haussant le ton en faisant un mouvement de recul à peine perceptible. Evidemment, perdre la face, chez mon père, provoque ce genre de réaction : une phrase sans argument, aucune écoute et une fuite de sa part ou qu'il provoque chez celui ou celle qui le met dans cette situation. Il a l'habitude de me voir fuir, de lui laisser gagner toutes les batailles car je n'ai pas la voix suffisante, mais face à Valerion, il ne peut tenter de s'imposer en ordonnant la fuite. Car c'est tout ce qui lui reste.

Ma mère, sûrement en plein conflit interne, ne cesse de fixer Valerion et je peux lire de la colère en elle. Je ne comprends pas. Ne se trompe-t-elle pas de destinataire ? Impossible que l'écho colérique de mon père l'ait autant affectée ? Je vois sa main se diriger vers son flanc et tirer sa baguette de sa poche. L'inspiration qu'elle prend me fait réagir et je descends d'une marche, espérant que le craquement ait été suffisamment sourd pour ne pas dévoiler ma présence. Sa baguette se lève et le dernier mot que j'entends est : assurdiato.

Le bourdonnement me fait plaquer aussitôt mes mains sur mes oreilles, et je constate que mon père en est victime aussi. Sous le choc, il s'est laissé tomber sur son fauteuil et j'en ai fait tomber ma baguette. Ma mère s'approche de Valerion qui, elle, est imperméable au sortilège jeté et je peux voir ses lèvres bouger. Un message est transmis et je ne peux rien entendre.

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
Les yeux de celle qui a donné naissance se remplissent de larmes alors que je m'adresse à son mari. Lui, ne comprend pas, ne veut pas comprendre et se contente de m'aboyer dessus pour les vérités affligeantes que je viens de lui énumérer. Il m'ordonne de quitter sa maison mais lorsque je regarde cette femme, je ne peux pas partir. J'arrive à sentir sa peine, je peux lire sa peur et sa déception qui ne met pas destiné. Je connais bien ce sentiment, elle me renvoie à mes propres souvenirs, elle me renvoie à l'époque ou je n'osais pas fuir un homme qui ne m'apportait rien de bon. Je vois sa main attraper sa baguette et je sens la mienne frémir également, je sais qu'elle sera prête si je dois l'utiliser mais pour l'instant, je ne la touche pas.

Quelques secondes plus tard, elle a plongé son mari et son enfant dans un monde sans bruit pour nous laisser seules. Je capte toutes les émotions qu'elle peut ressentir et j'en viens à me demander si c'est comme ça que ce sent un Légilimens même si, je me doute que non. Elle s'approche de moi pour me parler, je ne recule pas, je veux qu'elle sache que je suis là et que je comprends. Elle me remercie, s'excuse pour sa réaction et me demande si je peux continuer de veiller sur son fils. J'ai besoin de rompre le contact physique pour qu'elle comprenne que je suis là, que je l'ai entendu. Je prends sa main libre pour appuyer mes propos.

- Jusqu'à ce que la magie quitte mon corps à jamais. Lui dis-je avant de relâcher sa main et de m'éloigner doucement. Avant de quitter définitivement cette maison, je me tourne une dernière fois vers cette femme. Le manoir Valerion est à votre disposition, vous pouvez y aller aussi longtemps qu'il le faudra. Sur ces mots, je quitte enfin la maison de Sharp en adressant un dernier regard à Lukas.

Mais quel RP incroyable, merci <3.

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
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