Le pansement de la Dame de coeur
27 octobre
@Stéphanie Lilith
@Stéphanie Lilith
Voilà 3 jours que Sixtine avait quitté Pre-au-Lard. Elle avait bien reçu le petit mot de l’ancienne serveuse mais elle n’avait pas répondu. Que pouvait elle bien répondre ? Elle avait pourtant essayé de sortir sa plume, d’allonger quelques mots sur le parchemin mais rien n’était sorti. Il fallait dire que, ces derniers temps, elle n’arrivait qu’à exprimer de la colère.
Pourtant, ce mercredi la, elle pensait à cette rouquine. Sixtine avait bien conscience de ce qu’elle avait fait, elle ne resterait jamais qu’une vague connaissance aux yeux de la rouquine. Mais dans la tête de la professeure, il n’y avait qu’une personne. Un seul être humain pouvant lui faire ressentir des émotions aussi forte. Elle savait qu’elle avait besoin de quitter le château, il fallait qu’elle parte au moins ce soir, elle reviendrait sûrement dans la nuit à une heure trop tardive pour croiser celui qu’elle aimait toujours.
Elle avait retenu l’emplacement de l’appartement mais avant de s’y rendre elle s’était arrêtée chez un traiteur et avait commandé de quoi dîner pour deux personnes tout en demandant une bouteille de vin. Une fois sa commande prête, elle était repartie en direction de l’appartement de la rouquine sans s’interroger sur la nature de cette visite. Elle avait simplement besoin de ne pas être seule et son dévolu s’était jeté sur Lilith aujourd’hui.
Devant la porte, elle hésita à faire demi tour. Était-ce vraiment une bonne idée de se rendre ici, n’allait elle pas faire souffrir cette pauvre femme ? Elle lui avait assuré que non, alors, elle décida de lui faire confiance et frappa deux coups à sa porte.
Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.
Le pansement de la Dame de coeur
Enfin chez moi. Je me laissai m'affaler sur le canapé, en passant ma main sur mon visage dans un soupir, rien ne valait une bonne douche pour ôter les odeurs de suie et de brûlé. Ce foutu dragonneau... Il se croyait bien malin celui-là, à tester ma patience. Si ça n'avait tenu qu'à moi, je l'aurais simplement laissé se débrouiller seul dans la Réserve. Je pouffai de rire. Qu'est-ce que je racontais, bien sûr que non, je n'aurais pas pu faire ça.
Ma main sur le haut de mon visage pour couvrir mes yeux, je laissai mes pensées vagabonder. Et fatalement, elles trouvèrent Sixtine Valerion. Immédiatement, mon visage se mit à chauffer rien qu'à la simple pensée de cette femme. Elle n'avait jamais répondu à mon hibou. J'avais choisi de ne pas m'en préoccuper, mais malgré moi, j'y pensais. J'aurais au moins pensé que boire un café autour d'une partie de poker serait quelque chose qui la tenterait... C'était donc ça, être un plan sans lendemain ?
- Tsk.
Je laissai tomber mon bras sur le canapé, avant de secouer ma tête doucement. Allez ma grande, n'y pense plus. Après tout, tu n'as fait qu'y penser en boucle chaque heure de la journée depuis cette nuit-là, où était le problème ? Je ne pensais même pas être amoureuse d'elle, mais c'était une expérience qu'on n'oubliait pas. Mon index défit distraitement le premier bouton de ma chemise, et j'expirai de soulagement avant de me redresser, j'allais profiter de cette soirée tranquillement et me vider la tête !
Au moment où je me levai pour me rendre à la cuisine, on toqua à la porte. Je jetai un coup d’œil à ma montre. Il était bien tôt pour que Morgan soit déjà là, et elle ne toquait pas, elle se contentait de crier qu'elle avait oublié les clés d'un air grognon. J'haussai les épaules avant de me diriger négligemment vers la porte pour l'ouvrir.
J'écarquillai les yeux, et me figeai un instant, bouche-bée durant une seconde.
Confusion et curiosité m'envahirent. Je clignai des yeux, avant de reprendre ma contenance et lui sourire.
- Bonjour Sixtine. Tu t'es enfin décidée à venir te laisser plumer ?
J'aurais pouffé de rire si ce n'était pas elle, je me contentais d'un doux sourire. Non, aucun doute, ce n'était pas la même sensation que j'avais ressenti en Iran. Aucun souci à se faire. Je me décalai pour la laisser rentrer, la débarrassant de ce qu'elle avait apporté d'un air léger, l'invitant à se mettre à l'aise. Lorsque je jetai un œil à l'étiquette de la bouteille, je me souvins que j'avais déboutonné le haut de ma chemise. Rapidement et discrètement je la refermai en rougissant, avant de me racler la gorge.
- Je ne savais pas que les professeurs de Poudlard avaient le droit de sortir de cette fichue école hors du week-end. Toute ma théorie basée sur le fait que les professeurs là-bas sont des automates, dépourvus de vie privée durant la semaine, s'effondre...
Je pris un air faussement abattu, me retenant difficilement de rire tandis que je pris le chemin de la cuisine pour préparer la bouteille et sortir deux verres. Je haussai légèrement la voix pour qu'elle m'entende de la cuisine.
- Tu veux parler banalités et quotidien ? Si oui, j'ai de chouettes histoires à raconter sur un sale bébé dragon qui me cause bien du tracas à la Réserve.
Ma main sur le haut de mon visage pour couvrir mes yeux, je laissai mes pensées vagabonder. Et fatalement, elles trouvèrent Sixtine Valerion. Immédiatement, mon visage se mit à chauffer rien qu'à la simple pensée de cette femme. Elle n'avait jamais répondu à mon hibou. J'avais choisi de ne pas m'en préoccuper, mais malgré moi, j'y pensais. J'aurais au moins pensé que boire un café autour d'une partie de poker serait quelque chose qui la tenterait... C'était donc ça, être un plan sans lendemain ?
- Tsk.
Je laissai tomber mon bras sur le canapé, avant de secouer ma tête doucement. Allez ma grande, n'y pense plus. Après tout, tu n'as fait qu'y penser en boucle chaque heure de la journée depuis cette nuit-là, où était le problème ? Je ne pensais même pas être amoureuse d'elle, mais c'était une expérience qu'on n'oubliait pas. Mon index défit distraitement le premier bouton de ma chemise, et j'expirai de soulagement avant de me redresser, j'allais profiter de cette soirée tranquillement et me vider la tête !
Au moment où je me levai pour me rendre à la cuisine, on toqua à la porte. Je jetai un coup d’œil à ma montre. Il était bien tôt pour que Morgan soit déjà là, et elle ne toquait pas, elle se contentait de crier qu'elle avait oublié les clés d'un air grognon. J'haussai les épaules avant de me diriger négligemment vers la porte pour l'ouvrir.
J'écarquillai les yeux, et me figeai un instant, bouche-bée durant une seconde.
Confusion et curiosité m'envahirent. Je clignai des yeux, avant de reprendre ma contenance et lui sourire.
- Bonjour Sixtine. Tu t'es enfin décidée à venir te laisser plumer ?
J'aurais pouffé de rire si ce n'était pas elle, je me contentais d'un doux sourire. Non, aucun doute, ce n'était pas la même sensation que j'avais ressenti en Iran. Aucun souci à se faire. Je me décalai pour la laisser rentrer, la débarrassant de ce qu'elle avait apporté d'un air léger, l'invitant à se mettre à l'aise. Lorsque je jetai un œil à l'étiquette de la bouteille, je me souvins que j'avais déboutonné le haut de ma chemise. Rapidement et discrètement je la refermai en rougissant, avant de me racler la gorge.
- Je ne savais pas que les professeurs de Poudlard avaient le droit de sortir de cette fichue école hors du week-end. Toute ma théorie basée sur le fait que les professeurs là-bas sont des automates, dépourvus de vie privée durant la semaine, s'effondre...
Je pris un air faussement abattu, me retenant difficilement de rire tandis que je pris le chemin de la cuisine pour préparer la bouteille et sortir deux verres. Je haussai légèrement la voix pour qu'elle m'entende de la cuisine.
- Tu veux parler banalités et quotidien ? Si oui, j'ai de chouettes histoires à raconter sur un sale bébé dragon qui me cause bien du tracas à la Réserve.
Quelque part, perdue avec Sixtine.
Le pansement de la Dame de coeur
L'apprentie éleveuse m'ouvre la porte de son appartement, mes yeux se posent d'abord sur ses yeux avant de descendre sur son chemisier. Elle était peut être occupée, elle n'était peut être pas seule et je la dérangeais probablement dans un moment intime. Son sourire et les mots qui l'accompagnaient balayèrent toutes mes questions, j'étais la bienvenue et je n'aurais pas à trouver quelqu'un d'autre ce soir.
Elle se décale de la porte d'entrée, me débarrasse de mes affaires et j'entre dans l'appartement qui m'a accueilli quelques jours plus tôt. Je me revois sur ce canapé, je me souviens du couloir menant jusqu'à sa chambre et me souviens qu'ici rien ne me rappelle Suileabhan et c'est ce que j'aime. Je me débarrasse de mon manteau tout en l'écoutant. Je ne l'interromps pas, je veux l'écouter, je veux qu'elle me divertisse, qu'elle me fasse penser à autre chose qu'à mon chagrin.
Je m'assoie sur le canapé et j'attends qu'elle revienne dans le salon pour lui répondre. Je crois que je suis restée silencieuse pendant de longues minutes. J'entendais tout ce qu'elle me disait, j'avais quelques réponses en tête mais il était difficile d'avouer à quel point j'étais faible, d'avouer la vérité. Je n'allais pas lui dire à quel point la nuit était devenue mon cauchemar, à quel point fermer les yeux était devenu une torture. Lui dire que mon meilleur ami, mon partenaire m'a brisé le coeur, qu'il a fait remonté en moi toutes les angoisses qu'il avait lui-même effacé. Lui dire que cet homme là ne quittait pas mes pensées une seule seconde, qu'il était là, à chaque moment. Lui dire que j'avais perdu mon passé, mon présent et mon futur.
La propriétaire des lieux était revenu, elle déposa les deux verres de vin sur la table avant de prendre place à côté de moi. Je la regarde, mon regard tombant dans le sien. Je veux me sentir vivante, je veux ressentir autre chose que de la colère ou du chagrin. Mes pensées tournent si vite, elles me donnent le vertige et le seul remède que je connais à ce chagrin c'est... Je presse mes lèvres contre les siennes durant plusieurs secondes avant de lui redonner la parole et de lui répondre.
- Parle moi de ce dragon.
Elle se décale de la porte d'entrée, me débarrasse de mes affaires et j'entre dans l'appartement qui m'a accueilli quelques jours plus tôt. Je me revois sur ce canapé, je me souviens du couloir menant jusqu'à sa chambre et me souviens qu'ici rien ne me rappelle Suileabhan et c'est ce que j'aime. Je me débarrasse de mon manteau tout en l'écoutant. Je ne l'interromps pas, je veux l'écouter, je veux qu'elle me divertisse, qu'elle me fasse penser à autre chose qu'à mon chagrin.
Je m'assoie sur le canapé et j'attends qu'elle revienne dans le salon pour lui répondre. Je crois que je suis restée silencieuse pendant de longues minutes. J'entendais tout ce qu'elle me disait, j'avais quelques réponses en tête mais il était difficile d'avouer à quel point j'étais faible, d'avouer la vérité. Je n'allais pas lui dire à quel point la nuit était devenue mon cauchemar, à quel point fermer les yeux était devenu une torture. Lui dire que mon meilleur ami, mon partenaire m'a brisé le coeur, qu'il a fait remonté en moi toutes les angoisses qu'il avait lui-même effacé. Lui dire que cet homme là ne quittait pas mes pensées une seule seconde, qu'il était là, à chaque moment. Lui dire que j'avais perdu mon passé, mon présent et mon futur.
La propriétaire des lieux était revenu, elle déposa les deux verres de vin sur la table avant de prendre place à côté de moi. Je la regarde, mon regard tombant dans le sien. Je veux me sentir vivante, je veux ressentir autre chose que de la colère ou du chagrin. Mes pensées tournent si vite, elles me donnent le vertige et le seul remède que je connais à ce chagrin c'est... Je presse mes lèvres contre les siennes durant plusieurs secondes avant de lui redonner la parole et de lui répondre.
- Parle moi de ce dragon.
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Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.
Le pansement de la Dame de coeur
Son silence en dit très long. Bien davantage qu'elle n'aurait pu en dire avec ses mots. Je me sens plus perspicace qu'à notre première rencontre, mes vieilles habitudes me reviennent, et je sens que j'arrive à la lire plus aisément. Lorsque je reviens dans le salon, laissant la douceur du tapis enrober mes pieds, un doux sourire orne mes lèvres. Comme il était agréable de retrouver un peu de contrôle sur les choses. Je m'assois à côté d'elle, souplement, mon verre à la main, puis mon regard rencontre le sien. On disait souvent que les yeux sont la fenêtre de l'âme, et j'ai toujours trouvé que c'était des conneries. Mais difficile de ne pas voir la tempête d'émotions se déchaîner en elle. Et l'espace d'un instant, je redoute d'y lire l'amour qu'elle m'avait formellement interdit de ressentir, c'eut été culotté de sa part.
Lorsque j'entrouvre mes lèvres pour parler, elle m'embrasse. Je me fige et ma respiration se coupe, une brève seconde. C'était encore si nouveau pour moi, et la décharge électrique me paralyse. Mais, rapidement, je laisse mes yeux se fermer pour profiter de ce doux contact. Et aussi naturellement que je respire, je passe ma main dans ses cheveux pour maintenir son visage contre le mien, une seconde de plus.
Mon souffle s'est raccourci, et mon cœur s'est accéléré. Je sens la chaleur monter dans mes joues et dans ma poitrine, et je retiens mon envie de m'éventer avec ma main. Un sourire de pur désir éclaire mon visage.
- C'était un coup bas.
Puis je bois une gorgée de vin, aussi bien pour le goûter que pour chasser de mes pensées les milliards de questions qui tournent en boucle. Je hoche la tête, approuvant le choix de la boisson. Mes jambes se croisent tandis que j'appuie mon coude sur le dossier et ma joue sur mon poing, pour légèrement rapprocher mon visage du sien et mieux me tourner vers elle.
- Bébé dragon, je précise. Les grands, on n'y touche pas, ils vivent leur vie, et encore heureux. Les Noirs sont particulièrement territoriaux tu sais ? Ce qui peut entraîner pas mal de problème par ailleurs, mais c'est divertissant au moins. Pas un jour ne se passe sans que le sol ne tremble sous le coup des affrontements.
Une nouvelle gorgée, je dépose ensuite le verre sur la table basse avant de reprendre ma position pour la regarder. Mon sourire reflète mon amusement.
- Parfois, on retrouve un œuf abandonné. Beaucoup de raisons peuvent conduire à cela. Je dois m'occuper d'à peu près une demi-douzaine de bébés abandonnés, par année. Mais récemment... il y en a un. Oh, alors celui-là.
Je tourne mon poignet droit pour lui montrer le dos de ma main, quelques marques blanchâtres sont visibles : de futures cicatrices à en devenir.
- Tu vois ça ? Cet enfant de troll m'a mordu alors que j'essayais de le nourrir. T'y crois ça ? Il mériterait que je le laisse crever parfois !
Un éclat de rire s'échappe de ma gorge, et je couvris ma bouche du dos de ma main, le temps de reprendre mon souffle. Je pose ensuite mes coudes sur le dossier du canapé, mais en maintenant ma tête tournée vers Sixtine.
- Je plaisante évidemment, c'est que je commencerais à m'y attacher. Si jamais tu veux te débarrasser d'un élève, on peut s'arranger je pense. Tu l'amène à la Réserve, et je me débrouille pour qu'il croise son chemin !
Un nouvel éclat de rire cristallin. Certes, je déteste les gosses, mais j'espère qu'elle ne va pas me faire une proposition sérieuse. On ne savait jamais avec certains profs...
Lorsque j'entrouvre mes lèvres pour parler, elle m'embrasse. Je me fige et ma respiration se coupe, une brève seconde. C'était encore si nouveau pour moi, et la décharge électrique me paralyse. Mais, rapidement, je laisse mes yeux se fermer pour profiter de ce doux contact. Et aussi naturellement que je respire, je passe ma main dans ses cheveux pour maintenir son visage contre le mien, une seconde de plus.
Mon souffle s'est raccourci, et mon cœur s'est accéléré. Je sens la chaleur monter dans mes joues et dans ma poitrine, et je retiens mon envie de m'éventer avec ma main. Un sourire de pur désir éclaire mon visage.
- C'était un coup bas.
Puis je bois une gorgée de vin, aussi bien pour le goûter que pour chasser de mes pensées les milliards de questions qui tournent en boucle. Je hoche la tête, approuvant le choix de la boisson. Mes jambes se croisent tandis que j'appuie mon coude sur le dossier et ma joue sur mon poing, pour légèrement rapprocher mon visage du sien et mieux me tourner vers elle.
- Bébé dragon, je précise. Les grands, on n'y touche pas, ils vivent leur vie, et encore heureux. Les Noirs sont particulièrement territoriaux tu sais ? Ce qui peut entraîner pas mal de problème par ailleurs, mais c'est divertissant au moins. Pas un jour ne se passe sans que le sol ne tremble sous le coup des affrontements.
Une nouvelle gorgée, je dépose ensuite le verre sur la table basse avant de reprendre ma position pour la regarder. Mon sourire reflète mon amusement.
- Parfois, on retrouve un œuf abandonné. Beaucoup de raisons peuvent conduire à cela. Je dois m'occuper d'à peu près une demi-douzaine de bébés abandonnés, par année. Mais récemment... il y en a un. Oh, alors celui-là.
Je tourne mon poignet droit pour lui montrer le dos de ma main, quelques marques blanchâtres sont visibles : de futures cicatrices à en devenir.
- Tu vois ça ? Cet enfant de troll m'a mordu alors que j'essayais de le nourrir. T'y crois ça ? Il mériterait que je le laisse crever parfois !
Un éclat de rire s'échappe de ma gorge, et je couvris ma bouche du dos de ma main, le temps de reprendre mon souffle. Je pose ensuite mes coudes sur le dossier du canapé, mais en maintenant ma tête tournée vers Sixtine.
- Je plaisante évidemment, c'est que je commencerais à m'y attacher. Si jamais tu veux te débarrasser d'un élève, on peut s'arranger je pense. Tu l'amène à la Réserve, et je me débrouille pour qu'il croise son chemin !
Un nouvel éclat de rire cristallin. Certes, je déteste les gosses, mais j'espère qu'elle ne va pas me faire une proposition sérieuse. On ne savait jamais avec certains profs...
Quelque part, perdue avec Sixtine.
Le pansement de la Dame de coeur
Elle boit son verre de vin tout en me racontant sa péripétie avec ce bébé dragon. Elle semble si passionnée par ce qu'elle me raconte, je n'ose pas l'interrompre pour lui demander si elle connait Aki Davis. Je suis pratiquement certaine que cette Aki travaille à la réserve. Il a pensé ses blessures, il l'a regardé comme il me regardait il y a encore quelques mois. Par Merlin qu'est ce que je déteste cette jalousie. Je ne veux pas ressentir ça, je ne veux pas penser à cette femme là. Je ne veux pas penser à lui avec quelqu'un d'autre que moi.
Je suis forcée de revenir à elle lorsqu'elle me montre le dos de sa main, elle est marquée par ce bébé dragon qui n'a pas voulu se laisser faire. Quel ingrat. Elle s'énerve presque en disant que la prochaine fois, elle le laissera mourir. Je n'en crois pas un mot. Je récupère sa main blessée et dépose un tendre baiser dessus. Elle confirme mes pensées, elle ne lui fera aucun mal.
- Les cicatrices ne définissent pas qui nous sommes mais elles nous aident à ne pas oublier notre quête. Je repose sa main sur sa cuisse tout en laissant la mienne dessus. Je n'ai pas envie de rompre ce contact, pas tout de suite. Lorsqu'elle me parle de mes élèves je sens un petit rictus se former. Aucun d'entre eux ne mérite une torture aussi atroce bien que mon esprit me renvoie des images de certains élèves de 2e année... Bientôt, j'irai à la réserve mais je ne vais amener que des élèves exemplaires voilà pourquoi il n'y aura que les membres du Club Prodigium lors de cette sortie. Il est hors de question que je prenne le risque d'amener des élèves indisciplinés. Peut être que Sharp sera convié, j'y pense. Qui sera là lors de ma visite à la réserve ? Il n'aura pas fallu longtemps à mon esprit pour repenser à Aki.
Je suis forcée de revenir à elle lorsqu'elle me montre le dos de sa main, elle est marquée par ce bébé dragon qui n'a pas voulu se laisser faire. Quel ingrat. Elle s'énerve presque en disant que la prochaine fois, elle le laissera mourir. Je n'en crois pas un mot. Je récupère sa main blessée et dépose un tendre baiser dessus. Elle confirme mes pensées, elle ne lui fera aucun mal.
- Les cicatrices ne définissent pas qui nous sommes mais elles nous aident à ne pas oublier notre quête. Je repose sa main sur sa cuisse tout en laissant la mienne dessus. Je n'ai pas envie de rompre ce contact, pas tout de suite. Lorsqu'elle me parle de mes élèves je sens un petit rictus se former. Aucun d'entre eux ne mérite une torture aussi atroce bien que mon esprit me renvoie des images de certains élèves de 2e année... Bientôt, j'irai à la réserve mais je ne vais amener que des élèves exemplaires voilà pourquoi il n'y aura que les membres du Club Prodigium lors de cette sortie. Il est hors de question que je prenne le risque d'amener des élèves indisciplinés. Peut être que Sharp sera convié, j'y pense. Qui sera là lors de ma visite à la réserve ? Il n'aura pas fallu longtemps à mon esprit pour repenser à Aki.
Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.
Le pansement de la Dame de coeur
Une très légères tension s'empare de moi lorsqu'elle récupère ma main. On n'efface pas 30 ans d'habitudes en une seule nuit, aussi formidable soit-elle. Toutefois, lorsqu'elle dépose ses lèvres dessus, je me laisse aller à une lente expiration, laissant mes épaules se décrisper doucement. Je cligne lentement des yeux, savourant la légère sensation électrique parcourant ma peau. Sa main rejoint ma cuisse, démultipliant les fourmillement, je me tourne souplement vers elle, ramenant mon genou sous moi, pour mieux lui faire face. Je dépose ma propre main sur la sienne, avant de hocher la tête dans un sourire.
- Je suis bien d'accord.
Je fis imperceptiblement rouler mes épaules, tirant sur les cicatrices dans mon dos, mon visage se crispant légèrement dans un sourire.
- Enfin, il y a en a certaines plus douloureuses que d'autres.
Même si physiquement, les cicatrices recouvrant mon dos sont les plus douloureuses et les plus gênantes, celle sur ma cuisse, non loin de la main de Sixtine, peut parfois se révéler plus bien pénible. Mais en cet instant, elle ne me démange plus, c'est apaisant.
Lors de mon récit, j'observe avec attention son visage, essayant de capter ses émotions, et je m'en amuse. J'y remarque toutefois beaucoup d'hésitation, et de questionnement. Elle a quelque chose sur le cœur, ou tout du moins dans un coin de sa tête. Sa question me fait légèrement froncer les sourcils sous la curiosité. J'essaye de réfléchir rapidement à ce qu'elle peut avoir derrière la tête, avant de hausser les épaules, puis de lever sa main pour en embrasser le dos. Je la repose ensuite sur ma cuisse, déposant ma propre main dessus. Mon autre bras repose sur le dossier du canapé.
- Et bien... Il y aura moi, mais je pense que tu t'en doutais déjà. Ensuite, il y aura probablement ma patronne, Aki. Une vraie stressée du travail, mais tu verras, avec un peu de taquinerie, elle peut devenir très divertissante. Peut-être que mon chef sera là aussi, mais ne t'en fais pas.
Distraitement, sans même m'en rendre réellement compte, j'entremêlais mes doigts aux siens, une petite moue de réflexion sur les lèvres, tandis que je faisais le compte de qui pourrait ou en pourrait pas être là. J'affiche un sourire amusé après quelques secondes.
- Et évidemment, il y aura toi. J'espère que tu ne vas pas ramener de gosses indisciplinés, j'ai le droit à 10% de perte, je ne m'en priverais pas.
Mon sourire s'élargit à cette blague, que ma patronne trouvait toujours de mauvais goût, mais que j'adorais.
- Je suis bien d'accord.
Je fis imperceptiblement rouler mes épaules, tirant sur les cicatrices dans mon dos, mon visage se crispant légèrement dans un sourire.
- Enfin, il y a en a certaines plus douloureuses que d'autres.
Même si physiquement, les cicatrices recouvrant mon dos sont les plus douloureuses et les plus gênantes, celle sur ma cuisse, non loin de la main de Sixtine, peut parfois se révéler plus bien pénible. Mais en cet instant, elle ne me démange plus, c'est apaisant.
Lors de mon récit, j'observe avec attention son visage, essayant de capter ses émotions, et je m'en amuse. J'y remarque toutefois beaucoup d'hésitation, et de questionnement. Elle a quelque chose sur le cœur, ou tout du moins dans un coin de sa tête. Sa question me fait légèrement froncer les sourcils sous la curiosité. J'essaye de réfléchir rapidement à ce qu'elle peut avoir derrière la tête, avant de hausser les épaules, puis de lever sa main pour en embrasser le dos. Je la repose ensuite sur ma cuisse, déposant ma propre main dessus. Mon autre bras repose sur le dossier du canapé.
- Et bien... Il y aura moi, mais je pense que tu t'en doutais déjà. Ensuite, il y aura probablement ma patronne, Aki. Une vraie stressée du travail, mais tu verras, avec un peu de taquinerie, elle peut devenir très divertissante. Peut-être que mon chef sera là aussi, mais ne t'en fais pas.
Distraitement, sans même m'en rendre réellement compte, j'entremêlais mes doigts aux siens, une petite moue de réflexion sur les lèvres, tandis que je faisais le compte de qui pourrait ou en pourrait pas être là. J'affiche un sourire amusé après quelques secondes.
- Et évidemment, il y aura toi. J'espère que tu ne vas pas ramener de gosses indisciplinés, j'ai le droit à 10% de perte, je ne m'en priverais pas.
Mon sourire s'élargit à cette blague, que ma patronne trouvait toujours de mauvais goût, mais que j'adorais.
Quelque part, perdue avec Sixtine.
Le pansement de la Dame de coeur
Aki. Son prénom résonne dans la pièce, elle sera là le jour ou j'irai à la réserve. Mon visage ne bouge pas, mes émotions sont toujours cachées derrière mon occlumancie et mon maquillage. Je ne veux plus que personne n'est accès à mon coeur. J'essaye de ne pas penser plus longtemps à cette femme qui me rappelle irrémédiablement Suileabhan. Mes mains se détachent de la rouquine pour attraper le verre de vin qui m'attendait toujours sur la table basse.
Je le porte à mes lèvres et en bois l'intégralité de son contenu. Je n'ai pas envie de le déguster, je veux qu'il agisse même si je sais qu'il ne me fera rien. Un simple verre de vin ne pourra pas me noyer, je suis imperméable à son effet. Je le repose silencieusement sur la table avant de répondre à Lilith.
- Ne t'inquiètes pas, mes élèves ne te poseront aucun tracas, j'y veilleurais personnellement.
Je laisse un silence s'installer avant de faire venir jusqu'à nous ce que j'avais commandé un peu plus tôt pour le diner. J'invitais Lilith à manger bien que je ne sois pas chez moi puis, j'en fis tout autant.
- Raconte moi ton histoire, Lilith.
Je la regarde et j'attends qu'elle me réponde. Je veux sincèrement connaitre son passé, son histoire, l'histoire de ses tatouages et de ses cicatrices. Connaitre la raison de l'absence de premier baiser plus tôt dans sa jeunesse. Connaitre ses forces et ses faiblesses, connaitre celle qui porte le nom d'une démone.
Je le porte à mes lèvres et en bois l'intégralité de son contenu. Je n'ai pas envie de le déguster, je veux qu'il agisse même si je sais qu'il ne me fera rien. Un simple verre de vin ne pourra pas me noyer, je suis imperméable à son effet. Je le repose silencieusement sur la table avant de répondre à Lilith.
- Ne t'inquiètes pas, mes élèves ne te poseront aucun tracas, j'y veilleurais personnellement.
Je laisse un silence s'installer avant de faire venir jusqu'à nous ce que j'avais commandé un peu plus tôt pour le diner. J'invitais Lilith à manger bien que je ne sois pas chez moi puis, j'en fis tout autant.
- Raconte moi ton histoire, Lilith.
Je la regarde et j'attends qu'elle me réponde. Je veux sincèrement connaitre son passé, son histoire, l'histoire de ses tatouages et de ses cicatrices. Connaitre la raison de l'absence de premier baiser plus tôt dans sa jeunesse. Connaitre ses forces et ses faiblesses, connaitre celle qui porte le nom d'une démone.
Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.
Le pansement de la Dame de coeur
Ouh la. J'ai touché quelque chose, je le sens bien. Je fronce imperceptiblement les sourcils, curieuse. Mais j'ai beau faire, j'ai beau ouvrir grand les yeux et les oreilles, m'écouter et me faire confiance comme d'habitude, je ne peux rien lire. Pour être honnête, la seule chose que je peux remarquer, ce sont les efforts incommensurables de Sixtine pour dissimuler tout cela. Elle renferme profondément tout ce qu'elle ressent. Même moi, qui suis pourtant l'experte de la dissimulation et la déviation, de la métaphore et de l'évitement, je me vois forcée de lui tirer mon chapeau. Mon impression est confirmée par le verre vide qu'elle dépose sur la table.
Belle descente. Je tire ma baguette pour faire venir la bouteille de la cuisine, que je saisis pour à nouveau remplir le verre de Sixtine. Cependant, je le remplis légèrement moins que la première fois. Au tiers environ, puis je dépose la bouteille sur la table en m'adossant de nouveau au canapé. Je ne me fais pas prier pour récupérer ce que Sixtine nous a apporté à manger. Derrière ses airs de je m'en foutiste, elle semble très attentionnée.
Je déguste la première bouchée lorsqu'elle me pose une question qui m'intrigue. Mon histoire ? Je fronce légèrement les sourcils. Je lui rends son regard. C'est étrange. Avoir couché avec cette femme me parut, cet cet instant, une chose moins étrange que le fait de devoir raconter ma vie.
Je dépose ma nourriture, avant de m'adosser, les bras croisés sur ma poitrine, les jambes croisées l'une sur l'autre. Légèrement perturbée, je me racle la gorge, avant de prendre une grande inspiration.
- Je... Jamais personne ne m'a demandé ça. Un instant.
Juste le temps de remettre de l'ordre dans mes pensées.
- Ma famille ne m'a jamais vraiment considéré comme un membre véritable. Il faut dire qu'ils attendaient d'eux un fils qui puissent commémorer leur nom, ou au moins une fille qui pourrait leur donner un héritier.
Je pouffe de rire.
- Autant dire qu'ils l'ont bien eu en travers de la gorge, quand ils ont vu que je n'avais pas pour intention d'épouser qui que ce soit, et encore moins un homme. Non, mais, sincèrement, les gens sont chiants, tu ne trouve pas ? Beaucoup, en tout cas. Ils se contentent d'être... là. Et mes parents espéraient que je doive passer ma vie avec l'un d'entre eux ? Non vraiment, qu'ils aillent se faire voir. C'est pour ça que dès que j'ai pu, j'ai taillé la route, aussi loin que je pouvais.
Je secoue ma tête dans un soupir, avant de prendre mon verre pour en boire une gorgée. Puis, soudainement, un doute me vint, je regarde Sixtine, un sourire énigmatique sur les lèvres, et je hausse les épaules.
- Tu es sûre que ça ne t'ennuie pas ? Je peux écourter, si tu préfères.
Belle descente. Je tire ma baguette pour faire venir la bouteille de la cuisine, que je saisis pour à nouveau remplir le verre de Sixtine. Cependant, je le remplis légèrement moins que la première fois. Au tiers environ, puis je dépose la bouteille sur la table en m'adossant de nouveau au canapé. Je ne me fais pas prier pour récupérer ce que Sixtine nous a apporté à manger. Derrière ses airs de je m'en foutiste, elle semble très attentionnée.
Je déguste la première bouchée lorsqu'elle me pose une question qui m'intrigue. Mon histoire ? Je fronce légèrement les sourcils. Je lui rends son regard. C'est étrange. Avoir couché avec cette femme me parut, cet cet instant, une chose moins étrange que le fait de devoir raconter ma vie.
Je dépose ma nourriture, avant de m'adosser, les bras croisés sur ma poitrine, les jambes croisées l'une sur l'autre. Légèrement perturbée, je me racle la gorge, avant de prendre une grande inspiration.
- Je... Jamais personne ne m'a demandé ça. Un instant.
Juste le temps de remettre de l'ordre dans mes pensées.
- Ma famille ne m'a jamais vraiment considéré comme un membre véritable. Il faut dire qu'ils attendaient d'eux un fils qui puissent commémorer leur nom, ou au moins une fille qui pourrait leur donner un héritier.
Je pouffe de rire.
- Autant dire qu'ils l'ont bien eu en travers de la gorge, quand ils ont vu que je n'avais pas pour intention d'épouser qui que ce soit, et encore moins un homme. Non, mais, sincèrement, les gens sont chiants, tu ne trouve pas ? Beaucoup, en tout cas. Ils se contentent d'être... là. Et mes parents espéraient que je doive passer ma vie avec l'un d'entre eux ? Non vraiment, qu'ils aillent se faire voir. C'est pour ça que dès que j'ai pu, j'ai taillé la route, aussi loin que je pouvais.
Je secoue ma tête dans un soupir, avant de prendre mon verre pour en boire une gorgée. Puis, soudainement, un doute me vint, je regarde Sixtine, un sourire énigmatique sur les lèvres, et je hausse les épaules.
- Tu es sûre que ça ne t'ennuie pas ? Je peux écourter, si tu préfères.
Quelque part, perdue avec Sixtine.
Le pansement de la Dame de coeur
Je sais que mon sourire est léger lorsqu'elle m'avoue presque à demi-mot que personne ne lui a jamais demandé une telle chose. Car personne ne s'est intéressé à elle avant, car il est plus facile de se concentrer sur nous-même que sur les autres, car nous agissons dans nos propres intérêts. Je la laisse prendre le temps de trouver ses mots et je l'écoute lorsqu'elle se sent prête à parler.
Elle me dit que les gens sont chiants et qu'ils se contentent d'être là comme si le choix leur avait été donné. C'est à ce moment-là que je remarque le fossé qui se creuse entre elle et moi. Lilith n'est qu'une adolescente dans le corps d'une adulte. Je comprends bien qu'elle ne détaille pas son histoire, elle reste en surface et pour le moment, je m'en contente. Je m'en contente, car j'ai déjà assez d'adolescents à Poudlard et que je ne veux pas avoir à gérer une adolescente à l'extérieur.
Je m'excuse intérieurement auprès de cette femme que je vais probablement blesser, mais ma tristesse avait réfléchi à ma place ce jour-là hors aujourd'hui, je ne suis plus aussi triste qu'hier et sa présence m'ennuie, elle ne comble pas le vide que je ressens. Je dois partir, trouver ce qui comblera le trou béant laissé dans ma poitrine.
Je termine mon verre de vin, je me relève et rassemble mes affaires avant d'annoncer mon départ. Je n'ai jamais su soigner mes sorties, je n'ai jamais su quitter les gens proprement et aujourd'hui ne fait pas exception, je pars sans lui donner d'explication.
- Merci pour le vin.
Avant qu'elle ne puisse m'interroger ou me rattraper, je prends la fuite, je sors de son appartement et je transplane rapidement.
Elle me dit que les gens sont chiants et qu'ils se contentent d'être là comme si le choix leur avait été donné. C'est à ce moment-là que je remarque le fossé qui se creuse entre elle et moi. Lilith n'est qu'une adolescente dans le corps d'une adulte. Je comprends bien qu'elle ne détaille pas son histoire, elle reste en surface et pour le moment, je m'en contente. Je m'en contente, car j'ai déjà assez d'adolescents à Poudlard et que je ne veux pas avoir à gérer une adolescente à l'extérieur.
Je m'excuse intérieurement auprès de cette femme que je vais probablement blesser, mais ma tristesse avait réfléchi à ma place ce jour-là hors aujourd'hui, je ne suis plus aussi triste qu'hier et sa présence m'ennuie, elle ne comble pas le vide que je ressens. Je dois partir, trouver ce qui comblera le trou béant laissé dans ma poitrine.
Je termine mon verre de vin, je me relève et rassemble mes affaires avant d'annoncer mon départ. Je n'ai jamais su soigner mes sorties, je n'ai jamais su quitter les gens proprement et aujourd'hui ne fait pas exception, je pars sans lui donner d'explication.
- Merci pour le vin.
Avant qu'elle ne puisse m'interroger ou me rattraper, je prends la fuite, je sors de son appartement et je transplane rapidement.
Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.
Le pansement de la Dame de coeur
J'attends un court instant la réponse de Sixtine, considérant déjà les possibles réponses. Oui, non, développe, écourte, ne t'inquiète pas, tu m'ennuies, ce genre de choses. Beaucoup d'éventualités me passent par la tête alors que je porte mon verre à mes lèvres pour boire une gorgée, savourant le goût du vin. Mes sourcils se froncent, incrédules, quand elle se lève sans un mot. Le haut de mon corps se redresse, perplexe, lorsqu'elle ramasse ses affaires. Mes lèvres s'entrouvrent, sous la confusion, lorsqu'elle me remercie. Puis, avant que je puisse ne serait-ce qu'espérer réagir, un bruit de porte, et un claquement de fouet. Le silence. Mes pensées, douloureusement bruyantes, me percent le crâne pour s'insinuer dans les plus sombres recoins de mon cerveau.
Lorsqu'enfin, je reviens à moi en clignant des yeux, je me lève doucement, hésitante, pour me diriger vers la porte. J'ai toujours mon verre à la main, je n'avais pas fait attention, l'autre se lève pour se poser sur la poignée. Je stoppe le mouvement, crispant les doigts. Mes yeux se ferment, je m'adosse à la porte, dans un soupir, pour boire une nouvelle gorgée. Le vin n'est plus aussi bon qu'avant, je secoue la tête.
L'envie de faire un commentaire sarcastique me traverse l'esprit. Mais cette impulsion s'efface sous ma respiration étonnamment calme. Dire que je l'avais vu venir serait mentir, mais dire que cela m'étonnait le serait également. Que moi, je sois incapable d'anticiper le comportement de quelqu'un, je n'étais pas habituée. Je reste un long moment contre la porte, à simplement réfléchir. Ou peut-être simplement pour comprendre ce qui vient de se passer.
L'instant d'après, mes doigts avaient déjà glissé dans mon dos pour enclencher le loquet, dans un bruit mécanique. C'était pour le mieux, je pense que si elle toquait, je la laisserais rentrer, et mon égo ne le supportait pas. Un sourire se dessine sur mes lèvres. La visite à la Réserve allait être très particulière. D'un coup de baguette, je nettoie la table, avant de faire venir à moi la bouteille, que je porte à mes lèvres pour en boire de longues lampées. Cette femme avait décidément très bon goût, qu'elle en soit maudite.
Debout, dos à la porte, ma main libre s'agite doucement, mon majeur frottant contre mon pouce. Suis-je donc si ennuyeuse que ça ? Mon histoire est-elle donc si inintéressante ? Et dire que c'est elle qui...
- Tsk.
D'un geste de main, je balaye ces préoccupations. Qu'elle aille au diable ! Oui, c'est ce que je pense... peut-être ? J'en sais rien. Je soupire en prenant l'arête de mon nez entre mes doigts, les sourcils crispés, comme si une migraine venait soudainement de prendre d'assaut mes tempes. Je t'en foutrais moi, du merci pour le vin, alors que c'était elle qui l'avait ramené, rappelons-le.
La bouteille entre mes doigts, je prends la direction de ma chambre, et malgré tous mes efforts, le pincement au cœur qui me pris lorsque j'y pénètre perdura jusqu'au matin.
Si je n'étais pas assez bien pour elle, qu'elle n'attende en aucun cas de mes nouvelles. Qu'elle trouve quelqu'un de mieux. Je pouffe de rire. Je me répète ces conneries un nombre incalculable de fois, jusqu'à ce qu'enfin, mon esprit accepte de ranger ces affirmations de la catégorie "absurdités" à "probabilités". Peut-être que grandir un peu ne me ferait pas de mal, tout bien réfléchi.
Ouvrez le dictionnaire à "Imprévisible", vous y trouverez Sixtine !
Lorsqu'enfin, je reviens à moi en clignant des yeux, je me lève doucement, hésitante, pour me diriger vers la porte. J'ai toujours mon verre à la main, je n'avais pas fait attention, l'autre se lève pour se poser sur la poignée. Je stoppe le mouvement, crispant les doigts. Mes yeux se ferment, je m'adosse à la porte, dans un soupir, pour boire une nouvelle gorgée. Le vin n'est plus aussi bon qu'avant, je secoue la tête.
L'envie de faire un commentaire sarcastique me traverse l'esprit. Mais cette impulsion s'efface sous ma respiration étonnamment calme. Dire que je l'avais vu venir serait mentir, mais dire que cela m'étonnait le serait également. Que moi, je sois incapable d'anticiper le comportement de quelqu'un, je n'étais pas habituée. Je reste un long moment contre la porte, à simplement réfléchir. Ou peut-être simplement pour comprendre ce qui vient de se passer.
L'instant d'après, mes doigts avaient déjà glissé dans mon dos pour enclencher le loquet, dans un bruit mécanique. C'était pour le mieux, je pense que si elle toquait, je la laisserais rentrer, et mon égo ne le supportait pas. Un sourire se dessine sur mes lèvres. La visite à la Réserve allait être très particulière. D'un coup de baguette, je nettoie la table, avant de faire venir à moi la bouteille, que je porte à mes lèvres pour en boire de longues lampées. Cette femme avait décidément très bon goût, qu'elle en soit maudite.
Debout, dos à la porte, ma main libre s'agite doucement, mon majeur frottant contre mon pouce. Suis-je donc si ennuyeuse que ça ? Mon histoire est-elle donc si inintéressante ? Et dire que c'est elle qui...
- Tsk.
D'un geste de main, je balaye ces préoccupations. Qu'elle aille au diable ! Oui, c'est ce que je pense... peut-être ? J'en sais rien. Je soupire en prenant l'arête de mon nez entre mes doigts, les sourcils crispés, comme si une migraine venait soudainement de prendre d'assaut mes tempes. Je t'en foutrais moi, du merci pour le vin, alors que c'était elle qui l'avait ramené, rappelons-le.
La bouteille entre mes doigts, je prends la direction de ma chambre, et malgré tous mes efforts, le pincement au cœur qui me pris lorsque j'y pénètre perdura jusqu'au matin.
Si je n'étais pas assez bien pour elle, qu'elle n'attende en aucun cas de mes nouvelles. Qu'elle trouve quelqu'un de mieux. Je pouffe de rire. Je me répète ces conneries un nombre incalculable de fois, jusqu'à ce qu'enfin, mon esprit accepte de ranger ces affirmations de la catégorie "absurdités" à "probabilités". Peut-être que grandir un peu ne me ferait pas de mal, tout bien réfléchi.
Ouvrez le dictionnaire à "Imprévisible", vous y trouverez Sixtine !
Quelque part, perdue avec Sixtine.
