Hallie, suis-moi à Poudlard ! PV

Il n'eut guère à attendre avant que la porte ne s'ouvre devant lui. L'idée de baisser le regard lui fit défaut, ainsi il n'aperçut la petite silhouette qui lui fonçait dessus qu'une fois celle-ci déjà fesses par terre, devant lui. S'il n'avait pas ressenti le choc, il avait en revanche bien senti le précieux gâteau lui échapper des mains. Adieu, les deux heures de pâtisserie, le glaçage et les décorations faites à la main, et la demi-heure passée assis devant le four à entretenir doucement les flammes avec sa baguette pour assurer une cuisson parfaite (noire comme le chocolat).

Mais bon, ça ce n'était pas grave. Hallie n'était pas tombée de bien haut (sa taille, soit quelque chose comme quatre pieds), mais elle avait tout de même fait une sacrée chute. Le visage du botaniste s'étira en une expression inquiète.

« Ça va ma grande, tu ne t'es pas fait mal ? » s'enquit-il en tendant une main pour l'aider à se relever. Le pantalon de l'enfant était un peu tâché de la crème chantilly qui avait gentiment retapissé l'entrée en explosant sur le sol. Malheureusement pour le ménage qui s'annonçait, la vie en appartement était trop peu discrète pour que le sorcier se permette de lancer des sortilèges ménagers dans l'entrée. Une fois l'enfant relevée, il s'agenouilla lui-même par terre et sortit un simple mouchoir en tissu de sa sacoche. C'était insuffisant, mais ça ne l'empêcha pas de mettre toute son énergie à récurer l'énorme gâteau avec son simple et malheureux carré de tissu.

« Dis-moi, Hallie, » demanda-t-il alors qu'il commençait au mieux son nettoyage, « ton papa et ta maman sont bien présents tous les deux ? Je revenais pour parler de.. tu sais quoi. Enfin, si tu vas bien. Tu as peut-être besoin de te reposer après cette chute ? Vous disposez bien de l'appareil électroménager LAVE-LINGE pour tes vêtements souillés, dis-moi ? » Il donnerait beaucoup pour voir l'appareil en question et voulait déjà tout savoir : fonctionnait-il bien à l'électricité ? Combien la machine avait-elle de programmes, se branchait-elle sur une ou deux prises ? Quelle était sa durée de garantie à la vente et fonctionnait-elle avec un système d'obsolescence programmée qui semblait très populaire chez les moldus ?

Il en oubliait presque que la jeune fille avait subi une terrible chute et qu'elle s'était peut-être brisé le coccyx. Il en oubliait aussi la durée de préparation de son gâteau au destin brisé, et tout l'amour qu'il avait versé dedans. Il oubliait qu'il voulait voir Madame et Monsieur MacCruimein pour discuter de l'inscription de leur fille à Poudlard. Non, Sigmund avait désormais un nouvel objectif : il voulait voir la machine à laver à l'œuvre.

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Les sourcils froncés, Hallie fit la moue. Bien frustrée des événements qui allaient en découler, elle décida instinctivement de faire mentalement barrage au professeur. Elle n'était pas du tout excitée à l'idée de voir cet individu sordide se présenter à nouveau devant sa porte. Aujourd'hui allait être son jour de sortie, non un jour de punition à la maison.

Le gâteau giseait toujours à côté de la jeune fille. Ou du moins, les restes d'un gâteau autrefois supposément splendide. Il n'en restait plus rien à sauver. Lorsqu'elle tourna la tête, Hallie le vit, inerte, sur le pallier de son appartement. Une partie avait attéri sur son pantalon, mais l'autre était belle et bien sous ses yeux.
Elle sentit un picottement au coeur à sa vue, ainsi détourna-t-elle le regard rapidement.
Aussitôt tombée, aussitôt sur pieds. Le professeur avait accouru à sa rescousse, et lui proposa son aide pour se relever. Il semblait être au petit soin avec elle, un peu comme sa mère. Visiblement, il ne paraîssait pas très habile de ses mains car malgré ses meilleurs efforts, Sigmund ne parvint pas à enlever les énormes taches qu'avait causées Hallie lors de son irruption. Pourquoi ne demandait-il pas une serpillère ? Pourquoi ne pas demander pour des produits d'entretiens ? Qu'espèrait-il accomplir avec un mouchoir de poche ?

Hallie l'observa mystérieusement alors qu'il s'agenouilla pour s'afférer à la tâche. Incrédule, elle lui demanda alors :
« Vous savez m'sieur, si vous voulez pas vous faire assassiner par ma mère vis-à-vis de son entrée, il vous faudrait mieux demander de l'aide. » Le botaniste n'eut pas le temps de répondre avant que cette dernière ne reprenne. Le ton était hésitant et sur la défensive. « Et non, il n'y a que ma mère actuellement qui est en train d'aller se préparer pour faire son trois-huit. Attendez un peu, je reviens. »
La rouquine accourut dans le cagibi située près de la cuisine, où étaient rangées l'aspirateur ainsi que les autres produits ménagers. Très rapidement, elle sut quel appareil choisir, comme si ce n'était pas déjà la première fois qu'un tel incident survenait. Armée de son super aspirateur, d'une serpillière qui méritait une bonne retraite, et de vinaigre, elle revint en trombe en apposant ses outils sous le nez du professeur. Toujours rancunière, elle avait pour idée de laisser le prof chelou se débrouiller seul. Cependant, lorsqu'elle revit les restes de gâteau au chocolat au sol, Hallie se sentit mal. Elle brédouilla quelques mots que le professeur ne put entendre. « Je vais vous aider. J'allume l'aspirateur démoniaque ! » Ce dernier portait les marques d'un usage intensif, ainsi que les graffitis d'une enfant : sur le haut du tuyau rouge port figurait des marques de marqueurs noirs en forme de cornes. Quelle ironie lorsque la marque de l'aspirateur était Devil Dust.

Le nettoyage était en cours, et Hallie se souvenait des questions que l'énergumène lui avait posées, et qui étaient restées sans réponse.
Vous disposez bien de l'appareil électroménager LAVE-LINGE pour tes vêtements souillés, dis-moi ?
Oui ? Non ? Hallie n'était pas sûre d'avoir correctement entendu. Pourquoi avait-il mis l'emphase sur le mot "lave-linge" ? Quelque chose ne tournait définitivement pas rond chez ce type. Il agissait comme s'il n'avait jamais vu de lave-linge de ses propres yeux auparavant. Cela expliquerait peut-être la tenue sordide dans laquelle il était habillé...
Désireuse de lui donner le bénéfice du doute une dernière fois, Hallie pointa vers le cagibi où y était installée la machine à laver. « On a bien une machine pour nos vêtements dans cette pièce. Ma mère me met souvent de corvées. »
Elle regarda ses vêtements salis par la chute : son pantalon était foutu pour foutu, et son bustier jaune-vert avait reçu de légères taches. Fort heureusement, les plumes d'oiseaux avaient été épargnées. Hallie regarda sa montre. Déjà quinze heures trente. Si elle voulait avoir une chance de retrouver Morven à l'heure convenue (l'heure était l'heure après tout !), il était dans tout son intérêt d'expédier cette rencontre illico-presto.

Hallie porta ses mains à sa taille, et se mit à retirer son pantalon taché. Il n'était pas question de rencontrer Morven dans cet état. De plus, sa mère subierait probablement une syncope si elle venait à apprendre les bêtises de sa fille. Pas de saleté dans sa maison, pas même sa souillone de fille. Une fois retiré, elle fourra son pantalon écrémé dans les bras du pauvre homme, avec un regard qui semblait vouloir dire : et bien vas-y, puisque tu aimes tant les appareils électroménagers, va faire mes corvées.

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N'était présente que sa mère ? Un rendez-vous avait pourtant été convenu pour que les deux parents soient présents. Il n'était pas dans les habitudes de Sigmund de se tromper de jour ou d'horaire. Quoi qui n'ait pas fonctionné, la rencontre allait encore une fois être éconduite. Le professeur décida de rester pour aider au ménage, après quoi il toucherait un mot à la maman avant de convenir d'un autre jour de passage. Il avait l'impression d'être un de ces facteurs moldus qui ne tombaient - selon la légende - jamais au bon moment.

Débarrasser un gâteau entier au sol avec un simple mouchoir n'était pas chose facile. Aussi gentille que serviable, la petite Hallie revenait déjà avec le matériel de nettoyage. Le professeur de botanique admira les outils moldus avec une profonde satisfaction et fut plus heureux encore quand il aperçut l'aspirateur. Ses études de l'appareil ne lui avaient jamais enseigné que l'ASPIRATEUR pouvait servir à aspirer du gâteau plein de crème, mais il croyait sincèrement aux compétences de la petite fille qui contrairement à lui était née dans le milieu moldu. Tandis qu'elle s'amusait à bouger la fabuleuse machine-mange-tout, Sigmund chercha le câble du regard et remonta le long de celui-ci pour trouver la prise. Alors, prise simple ou multiprise ?

À deux, le ménage s'opéra assez rapidement. Il était surprenant qu'encore une fois, la maman ne pointe pas rapidement le bout de son nez en entendant du bruit dans l'entrée. Il s'apprêtait à demander à la voir quand la fillette, à la mention du lave-linge, entreprit d'enlever son pantalon avant de lui jeter dans les bras. Surpris, le professeur de botanique écarquilla les yeux et se figea sur place. C'était quoi, cette môme mal élevée qui se désapait dans l'entrée de son habitation avec une personne adulte inconnue dans les parages ? Interdit, il resta dans l'entrée sans bouger alors qu'elle semblait lui indiquer la direction du lave-linge.

« Va me chercher ta maman s'il te plaît, ma grande. Je vais juste définir à nouveau une date avec elle et y aller. » indiqua-t-il avec douceur en lui redéposant dans ses bras le pantalon souillé.

Il resta immobile dans l'entrée et attendit que l'enfant revienne avec son parent. Après le retour du parent, il s'excusa d'être encore venu au mauvais moment et s'enquit de ses disponibilités. Cette affaire était définitivement très compliquée ; et dire qu'il n'avait même pas de prime pour ce genre de mission !

Deux jours plus tard, Sigmund se trouvait pour la troisième fois à l'entrée de l'appartement des MacCruimein. Cette fois-ci, il allait enfin découvrir d'autres pièces. Après le funeste destin connu par son premier gâteau, il s'était bien gardé d'en confectionner un second. Il venait les mains vides - ou presque - car il avait également un second exemplaire de la lettre d'inscription de Hallie (des fois que la première se serait perdue) et la liste des fournitures scolaires. Après de brèves salutations, Sigmund prit place dans un fauteuil de leur salon. Il y avait cette fois le père et la mère, et la promesse de retrouver bientôt l'enfant qui avait disparu. Il n'y avait plus qu'à passer aux choses sérieuses - enfin !

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Fière comme Artaban, la petite MacCruimein affichait un sourire indescriptible en regard du méfait accompli. Hallie attendit avec impatience la réaction du professeur SuperChelou, mais contre toute attente, il se contenta de lui rendre simplement ses affaires l'air de dire ce sont les tiennes, c'est à toi de t'en occuper.

Elle le regarda quelques secondes, avant de se rendre compte du ridicule de la situation. Il faut le dire, maintenant que le moustachu lui avait rendu son pantalon écrémé, elle avait un peu honte. C'était lui, l'adulte, qui avait eu le dernier mot, et il n'y avait rien de plus qui insuportait Hallie. Les discussions de "grands", les "va jouer, on doit parler entre grandes personnes", les "je peux voir ta maman ?"... Elle était là, elle, et, bien qu'à moitié nue comme un vers, se tenait devant lui ! Elle existait ! Et elle voulait absolument le faire remarquer et reconnaître à cet adulte. Bougonne, elle marmonna quelques mots. « C'est toujours comme ça de toute façon », déclara la jeune fille en tournant légèrement la tête. C'est alors qu'elle s'écria devant le professeur déboussolé : « Je suis là moi, vous savez ! » Aussitôt avait-elle prononcé ses paroles qu'elle s'était enfuie chercher sa мама, courant à travers les pièces. Le pantalon avait été jeté à travers la pièce dans la machine à laver, mais avait manqué de peu sa cible. Ainsi, la moitié trainait hors de l'appareil, tandis que l'autre était abritée.

Le professeur SuperChelou l'attendait dans l'entrée, elle devait faire vite, surtout que plus la situation s'éternisait, plus elle serait en retard à son rendez-vous avec Morven. Rien ne la stressait plus que d'être en retard à un rendez-vous fixé à une heure précise. Après avoir traversé le couloir à toute allure, ce qui lui prit exactement sept secondes, elle toqua haut et fort contre la porte de la chambre des parents, avant de s'inviter sans y avoir été conviée.

Le spectacle fut des moins théâtral : sa fille se retrouvait en petite culotte devant elle, en ayant des taches de ce qui semblait être une sorte de crème dans ses cheveux roux, l'implorait de venir se présenter à l'entrée, car elle prétendait que le professeur SuperChelou était de retour. Consternée, Lyubov porta une de ses mains sur son visage comme pour traduire son accablement. Quand est-ce que cet enfant allait enfin pouvoir lui laisser un peu de répit ? Elle était presque prête pour se rendre au travail ! Qu'est-ce qu'il y avait encore ?
Elle se fit tirer par la manche de sa blouse par sa fille, qui la pressa de venir dans le salon-entrée. « Hallie par pitié, ne reste pas en culotte devant les invités bon sang ... » Sourde quant aux plaintes de sa mère, la petite fille fit mine de ne rien entendre en chantonnant, et une fois sa mission effectuée, elle s'en alla de nouveau en courant dans sa chambre pour se changer afin de pouvoir quitter la maison en paix.

Lyubov rencontra Sigmund Charleston, et tous deux convinrent d'un autre rendez-vous. Entendant les excuses de ce pauvre monsieur tout ébourrifé, la rouquine d'âge mûr se hâta de lui présenter des excuses quant au comportement de sa souillone de fille. « Effectivement, vous nous aviez dit que vous repasseriez, vous vous n'avez pas donné de dates précise ! Les premiers jours, nous étions tendus, puis nous avons commencé à nous détendre et penser que vous ne viendriez pas au fur et à mesure que la semaine avançait, se justifia la mère, les bras sur les hanches. Mon mari et moi sommes disponible dans deux jours, ce dimanche. Nous voulons bien vous accueillir ce jour-ci. »





Dimanche
Début d'après-midi
Image postée par le membre
Musique pendant qu'Hallie marche dans la rue


Hallie était ravie. Elle, Lucas et ses amis avaient joué leur session de D&D avec brillot. Son personnage Halflin avait pu se faufiler à travers les tunnel pour dérober le trésor, tandis que la mage humaine avait lancé un dôme protecteur auprès du petit pour éviter les attaques surprises. Leur quête était terminée, mais pas leur aventure ! C'est donc toute joyeuse qu'elle rentra chez elle, soucieuse de raconter toutes ses aventures à son père. Elle se perdit mommentanément dans ses pensées et revint sur sa seconde rencontre avec le professeur SuperChelou. Ainsi était-il donc capable de se comporter en tant qu'adulte, et d'avoir un minimum d'autorité... Elle se stoppa net sur son chemin, les yeux écarquillés, la bouche entrouverte. Son premier réflexe fut de vérifier l'heure sur sa montre au poignet.
AAAH MER- cria-t-elle en pleine rue. Elle se dépêcha, et se mit à courir. Cinq minutes plus tard, elle était arrivée devant le pallier de sa porte. Fichtre ! Elle se disait bien qu'elle avait oublié quelque chose ! La visite du moustachu ! L'école bizarre de magie et de dragon ! Sa réponse !

Hallie fit une entrée fracassante dans la pièce à vivre-salon, et vit ses parents assis à côté du cinquantenaire au style dépareillé. Son père était assis sur une chaise, les bras croisés tandis que sa mère était avachie dans le canapé, les jambes croisées. Tous deux avaient été interrompu dans leur conversation importante par leur empotée de fille.
Elle prit soin de passer derrière Duncan, pour s'assoir à côté du professeur sur le canapé. Gênée, elle pria d'excuser son retard à tous.tes celleux qui étaient dans la pièce. De brefs hochements de tête se firent, avant que la conversation ne reprenne. Hallie n'était pas tant concentrée sur ce qui était en train d'être dit, que par le language corporel de son père : les bras musclés et croisés, des épaules larges, sa barbe proéminante, ainsi que ses jambes écartées, il semblait prêt à un affrontement sur le ring de catch. De toute évidence pour Duncan, la présence de cet homme n'était pas la bienvenue chez lui. Lyubov elle, semblait apprécier de plus en plus cet homme, éloquent, aux manières délicates, malgré un début de relation chaotique entre les deux partis. Son père semblait déterminé à ne pas laisser sa petite fille chérie la quitter. L'air bourru, il reprit la parole et s'enquit de quelques questions. Son accent écossais était fort, et sa manière de parler était typique des ouvriers, écorchant de nombreuses syllabes et ayant son propre jargon.

« Mfph. Si j'comprends bien, vous v'lez emporter ma p'tiote loin d'ici, aye ? C'est ma chair, mon sang, c'est nous qui l'avons élevée ! Pourquoi on d'vrait vous l'confier ? déclara-t-il sanguinement. Ma p'tite bonn'femme m'a tout raconté. J'voulais pas la croire au début, j'pensais qu'c'était des délires d'sa part, mais v'là qu'maintenant ma p'tiote m'sort qu'elle a vu un DRAgON dans ma maison, et qu'la magie ça existe pour sûr ! »

Ses sourcils étaient froncés, et il commença à battre du pied pour indiquer son agacement. Son expression n'affichait aucun sourire, et avait de quoi rendre mal à l'aise n'importe qui l'entourant. Il reprit :

«On a fait d'nôt mieux pour l'élever cell'là ! On l'a même changé d'écol. La seule chose qui a été bizarre avec elle c'qu'elle savait paler à un an ! Z'allez pas m'dire qu'c'est d'la magie ça, pardi. Quand bien même, c'quoi vôt école ? Comment j'sais qu'elle s'ra en sécurité là-bas ? »


Toute la famille attendit la réponse de Monsieur Charleston avec impatience.

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Enfin assis dans le canapé des MacCruimein, Sigmund attendait une tasse de thé qui ne venait jamais. Il s'était pourtant lentement et douloureusement humecté les lèvres pour faire comprendre à ses hôtes qu'il souffrait du terrible maux de la soif, et les avait complimenté sur leur magnifique micro-onde (qui selon ses sources chauffait aussi l'eau !) mais rien n'y faisait.

Ce n'était pas très grave puisqu'il y avait autre chose qui le consolait parfaitement bien. Le papa MacCruimein. L'homme avait une barbe parfaitement bien fournie comme le moustachu les aimait, des muscles puissants et un petit air rustre caché sous une inquiétude toute paternelle envers son enfant. C'était comme ça que Sigmund aimait les messieurs. Il avait le même accent que son époux et affichait des traits quelque peu similaires, ce qui confortait le professeur dans le fait que l'homme à côté de lui était parfaitement à son goût.

Néanmoins, il n'en montrait rien. Il n'était pas là pour dragouiller le premier monsieur (ou la première dame) venu mais pour parler à des parents inquiets de l'école Poudlard, à laquelle leur fille unique était inscrite. L'arrivée tardive de l'enfant n'avait pas réellement posé problème : il y avait bien des sujets à discuter entre adultes et ce court répit sans une petite fille agitée de onze ans avait été sagement mis à profit. Quand Hallie arriva, Sigmund la salua avec enthousiasme ; il se retint tout juste de faire apparaître un nouveau dragon devant elle, ne souhaitant pas effrayer le monsieur qui semblait encore peu convaincu par son argumentaire.

« Une école de magie. Poudlard est une école de magie. Comme je vous expliquais plus tôt, il y a de nombreuses matières qui sont enseignées pour assurer une éducation complète aux étudiants. La plupart d'entre elles contiennent de la magie, car il est essentiel pour les sorcières et sorciers de premier cycle d'apprendre à contrôler et utiliser leurs pouvoirs. Malheureusement, si Hallie n'apprend pas à réguler sa magie, avec le temps elle se mettra en danger elle-même, et son entourage. »

Il fit une courte pause, embêté par la question de sécurité. Il ne lui semblait pas opportun d'évoquer les quelques... failles notées par moment dans la sécurité au sein de l'école. Il n'évoqua donc ni l'attentat récent du Poudlard Express et ses nombreux étudiants menacés, ni les incidents du Dominion et ses conséquences, ni l'attentat des Néo-Mangemorts quelques années plus tôt, ni le préfet tué au sein de l'école du temps de sa fille. Sur un plan un peu plus positif, il n'y avait techniquement pas eu de morts depuis longtemps. Du moins, du côté des élèves de l'école. Seulement parfois quelques blessés, et une psychomage bien occupée pour mener les différentes thérapies.

Lui-même avait voulu retirer son enfant de l'école une dizaine d'années plus tôt, après l'incident impliquant la mort d'un jeune préfet. Il était mal placé pour dire que Hallie ne risquait rien. D'ailleurs, son estomac se tordait encore quotidiennement en imaginant tous les malheurs qui pourraient arriver à Elian. C'était un point commun entre Evelyn et lui.

« Je veillerai sur votre enfant. » Ça, il pouvait le faire. « Poudlard compte de nombreux sorciers talentueux parmi ses enseignants. Votre fille sera davantage en sécurité dans une école, avec d'autres enfants de son âge qui vivent les mêmes choses qu'elle et qui apprennent aussi la magie, que chez vous où elle devra inévitablement faire face un jour à ses pouvoirs magiques. Vous aurez également de ses nouvelles aussi souvent que Hallie voudra bien vous en donner, et elle pourra revenir pendant les vacances scolaires. »

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Duncan écouta attentivement son confrère quinquagénaire l'informer sur ce qu'était cette fameuse école qu'ils appelaient "Poudlard". L'homme le fixait droit dans les yeux, et ses oreilles semblaient absorber tous les sons qui sortaient de la bouche du moustachu ; il n'en perdait pas une miette. A plusieurs reprises, il avait voulu interrompre le professeur dans sa lancée, mais il s'était retenu, jugeant qu'il fallait mieux le laisser finir ses explications plutôt que de poser une question redondante qui aurait pu être répondu s'il avait fait preuve d'un peu de patience.

Le paternel essaya de synthétiser ce qui venait d'être dit, et demanda confirmation au professeur Charleston. « Donc, si j'bien compris, é va pas s'en sortir dans la vie si él va pas apprendre la magie, aye ? » s'enquérit l'homme d'âge mûr. Une certaine tension régnait dans le petit salon-séjour. Les deux parents voulaient faire de leur mieux pour être sûr de ne pas mal interpréter les informations prodiguées par M. Charleston. Il réfléchit quelques secondes, pensant avoir décelé une faille dans le système qui lui été proposé. « Vous avez dit qu'c'était fondamental les premières années, p'tête que c'est qu'pour son p'voir soit pas hors-contrôle, ça jen'sais pas, pour sûr. Dans c'cas, pourquoi n'pas lui apprendre les bases ici ? Si é suit plus ses cours d'anglais à l'école, ses maths, qu'est-ce qu'é va d'vnir la p'tiote ? J'prêt à travailler encore plus pour qu'é manque de rien moi, vo'savez ! »
L'expression renfrognée de Duncan s'était muée en un regard déterminé. Il semblait presque défier l'autre homme qui lui faisait face. Malgré les promesses et affirmations de cet hurluberlu, il n'était pas question de laisser partir sa fille dans une école dont personne n'avait entendu lieues !

« Duncan enfin, interrompit Lyubov. On n'en a d'jà parlé ensemble. T'sais très bien qu'Hallie rencontre actuellement beaucoup de difficultés malgré l'fait qu'elle ne les mentionne pas toujours. Elle se pencha en avant et se tourna vers sa fille, cherchant validation. Hein Hallie ? » Prise de court, la rouquine se contenta de bouder pendant quelques secondes. Elle s'ennuyait beaucoup en cours, et était première de la classe malgré un comportement exécrable au collège. Elle savait aussi que les incidents n'arrêtaient pas de se multiplier, aussi légers étaient-ils, malgré tous ses efforts pour réprimer ses sentiments dans des situations de crise. Elle était incapable de lâcher autre chose qu'un faible « Ouais ... » Regardant maintenant son mari, elle lui confia :
« J'pense que de toute façon, nôt rôle à nous, c'est de s'assurer que tout est sécurisé pour elle. La décision ultime lui revient. C'est ça nôt rôle de parent. » Elle se rassit confortablement dans le canapé, et dans un ballet de regard, se tourna vers ce cher représentant de Poudlard, les yeux charmeurs mais aussi interrogateurs. « Monsieur, je n'ai pu m'empêcher de remarquer votre réponse évasive quant à la sécurité de nôt enfant. Il y a moins d'une semaine, vous avez littéralement fait apparaître un dragon dans mon salon. Bon sang, mais qu'est-ce que vous allez lui enseigner, et surtout, comment dans une école où des élèves inexpérimentés invoquent des bêtes féroces, on peut vous croire sur parole qu'il ne lui arrivera rien ?! »

Hallie écoutait avidement. Sa décision avait déjà été prise, mais tout pouvait changer suivant les réponses apportées par le professeur. Elle avait replié ses jambes en tailleurs, qui étaient partiellement recouverte par sa robe marron tombante. Elle aussi avait beaucoup d'inquiétude. Elle avait du mal à concevoir de quitter ses parents, quitter saon cousaine préféré.e Lynn, et bien sûr Morven. Bon sang, qu'allait-elle pouvoir lui dire si elle venait à accepter de partir ? La vérité ? Un mensonge ? Quoi qu'elle lui dirait, leur relation en serait affectée à jamais. Hallie n'était pas prête à voir sa vie basculer de si jeune âge. Elle leva la tête, en direction du botaniste châtain, les yeux emplis d'un mélange d'espoir et de tristesse. Elle espérait qu'il serait là pour elle, si elle venait à accepter sa proposition, dans les moments les plus difficiles.

682 mots :chocogrenouille: plutôt court pour une fois.

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« Elle a effectivement besoin d'apprendre à maîtriser ses pouvoirs,» confirma Sigmund quand le père de l'enfant commença à récapituler les différentes informations transmises. Il sourit à l'idée de l'apprentissage à domicile. Si ça avait été aussi simple, lui aussi aurait gardé sa petite Beth à la maison. Malheureusement, même les familles les plus aisées ne s'y risquaient en général pas au delà de l'enfance, du moins dans les îles britanniques où l'école Poudlard constituait naturellement la meilleure option pour tout jeune sorcier. Pour les familles moldues, c'était quasiment impensable : il était bien trop compliqué pour des personnes éloignées du système magique de trouver des professeurs compétents pour enseigner à domicile. Les risques d'un apprentissage dans un milieu totalement moldu présentait également des risques bien trop importants par rapport au maintien du secret magique. C'était quelque chose de complexe à expliquer et Sigmund fit attention à trouver les mots justes. Il veilla à expliciter chaque point avec justesse, et pris d'un enthousiasme qui lui était tout naturel, il poussa ses explications jusqu'à les accompagner de schémas qu'il dessina à la hâte sur des parchemins qu'il cachait au fond de son sac banane. Il finit avec la gorge encore plus sèche et toussa en reniflant, tristounet de ne toujours pas avoir sa fichue tasse de thé.

Finalement, ils souhaitaient faire reposer le choix sur leur fille. La pauvre enfant semblait perdue. Elle le serait certainement encore plus quand elle aurait mis les pieds à Poudlard, où absolument tout serait nouveau pour elle et où elle ne connaîtrait personne. Lui-même descendait d'une famille de sorciers : même s'il avait comme tous les jeunes sorcières et sorciers expérimenté la vie en internat dès ses onze ans, il n'avait pas connu une grande rupture dans son mode de vie. Baigné dans la magie dès l'enfance, Poudlard avait toujours été une étape logique de sa scolarité, à laquelle il s'était préparé dès son plus jeune âge.

Sigmund sortit sa baguette magique. « Draconifors » Un petit dragon en tout point semblable à celui de la dernière fois apparut. La petite créature d'une vingtaine de centimètres vola un instant dans la pièce avant de se poser sur les genoux du professeur. « Ça, c'est une illusion. Ce n'est pas un vrai dragon. Et ce n'est pas trop dangereux, ça peut juste cracher un peu de feu si on ne fait pas attention. Comme vos lance-flammes ! » dit-il avec un grand sourire. « Ce n'est pas quelque chose qu'on apprend aux élèves dans leur première année. Et d'ici à ce qu'elle soit capable de faire apparaître une illusion de dragon capable de cracher du feu, elle a un long chemin de plusieurs années à parcourir. Hallie, comme les autres enfants de premier cycle, n'utilisera sa magie qu'à Poudlard, dans un cadre sécurisé avec des professeurs prêts à intervenir à tout moment. Les jeunes sorciers ne sont pas autorisés à pratiquer la magie en dehors de l'école. Vous ne la verrez pas faire la moindre démonstration de magie chez vous avant sa majorité, ne vous en faites pas. » Il se tourna ensuite vers Hallie, tout sourire. « Tu veux que je te montre d'autres sorts intéressants ? Mets-moi au défi. Qu'as-tu envie de voir ? » De voir, qui ne casse pas le mobilier des parents et ne réduise pas en cendre leur appartement...

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Bien que les parents avaient accordé la décision ultime à leur enfant, cela ne les empêchait pas d'être circonspects. De multiples questions fusèrent à l'esprit de Duncan et de Lyubov : où était l'école de Poudlard ? qui en étaient les responsables? Si Hallie décidait de partir, combien de temps passeraient-ils avec leur fille unique ? Pourquoi jeter les bases d'une éducation non-magique ? Qui lui enseignerait l'anglais et les mathématiques ? quelle était la meilleure décision à prendre pour prendre soin de leur fille, et la préparer au mieux à un avenir sain ?

Malgré son air soutenant, et enjoué, Luybov cachait une terrible affliction qui la rongeait de l'intérieur : elle souhaitait voir sa fille s'épanouir, mais elle souhaitait aussi pouvoir la voir, l'aimer comme un parent devrait montrer à son enfant tous les jours. Du jour au lendemain, on lui avait annoncé que sa fille allait la lui être enlevée. Car au fond, c'était cela : un enlevement dissimilé sous la forme d'un choix meilleur. Choisir ce qui est le mieux pour sa fille n'enlevait en aucun cas le déchirement ressenti dans son coeur, bien au contraire, il s'emplifiat en doublant. C'était avec regret que Lyubov devait laisser le choix à sa jeune Холлі car c'était sa vie. Elle ne pouvait qu'apporter des informations, et la guider du mieux qu'elle pouvait. En dépit de cette réalité indéniable, la situation était trop dure pour la mère désemparée.

Elle se leva du canapé, et dans l'ombre d'un sourire, Hallie cru apercevoir des lèvres crispées qui tremblaient. Lyubov pria de s'excuser et se dirigea vers la cuisine afin de s'isoler temporairement. Inquiète, Hallie la suivit du regard, jusqu'à ce que son père se rapproche de sa fille, et la saisisse par l'épaule d'un geste qui se voulait affectueux, mais secoua la rouquine compte tenu de la taille impressionnante de Duncan. On aurait dit un boeuf qui renversait un chaton. Son regard se portait à sa gauche, en direction du professeur de botanique, déterminé à en tirer plus d'information. L'homme bourru savait : après 10 ans de mariage, il savait lire sa femme comme un livre. Elle n'avait même pas besoin de parler pour voir qu'elle avait besoin de s'isoler un certain temps. Dans ces moments, il reprenait la situation en main, du moins, là où elle avait été laissée.
Il croisa les bras, et s'adressa au moustachu en marmonant un ou deux mots avant qu'il ne fut interrompu par ce dernier par un sourire démesuré, et une apostrophe à Hallie. Lorsque l'intrépide future élève vit la créature magique, elle se sentit pousser des ailes. Tant que celle-ci n'était pas un cheval, elle était conquise !

Des paillettes aux yeux, elle fixait avec intérêt l'illusion invoqué par M. Charleston, et s'essaya à la toucher. Avant même qu'elle ne puisse l'atteindre, la partie raisonnable de son esprit la mit en garde, et elle décida que ce n'était pas une bonne idée. Au lieu de cela, elle s'exclama à haute et vive voix, avec une excitation palpable : « Waaaaaaaaaaaaa trop méga super cool !!! » Elle se tourna instantanément vers le professeur qui la mit au défi d'invoquer une autre créature, n'importe quoi, ce qu'elle souhaitait. Une liste infinie de possibilité pénétra son esprit. Devant autant de choix, elle était incapable de choisir. Hallie aimait tellement de choses, qu'il lui était difficile d'en sélectionner qu'un. Elle prit de bonnes secondes pour réfléchir, tout en gardant sa bouche ouverte, prête à reprendre la parole à tout bout de champ. Enfin, elle déclara : « J'veux voir un choucas des tours luminescent, et pailleté. C'est ça que j'veux. »

#6a1fe9 - La fiche réputation
Épaulard franc

Hallie, suis-moi à Poudlard ! PV
Embarrassé, Sigmund se tassa un peu dans son fauteuil en voyant la mère prendre congé. Il n'aimait pas être cette personne qui bouleversait le quotidien tranquille d'une petite famille. Pourtant, il fallait bien que des professeurs s'en occupent et si ce n'était pas lui, la tâche revenait alors à ses collègues. Lui voyait une forme d'injustice à priver des parents de leurs enfants - et c'était d'autant plus vrai quand ces derniers n'étaient prévenus que quelques semaines avant. Ils devraient se préparer à la hâte, faire des au revoir qui leur paraîtrait à tous les trois étranges. En tant que parent, Sigmund était bien placé pour connaître ce sentiment, et pourtant lui s'était préparé au départ de sa fille en internat pendant des années. Onze ans, c'était jeune, et bientôt Hallie ferait certainement sa rentrée à Poudlard. Certains parents ne s'y faisaient jamais : c'était le cas de son meilleur ami. Evelyn se tuait tous les jours à imaginer tous les malheurs pouvant arriver à son fils, et se faisait encore dévorer quotidiennement par un manque qui ne disparaissait pas, même six ans après.

L'enthousiaste du professeur de botanique s'était un peu tue. Il n'était cependant pas trop mauvais pour cacher ses émotions - une aptitude acquise bien récemment sur scène pendant ses drag show - alors il offrait simplement son sourire le plus rassurant au père et à la petite fille, qui semblait soudainement bien intéressée à l'idée de le mettre au défi. Très bien, lui, ça lui changerait les idées.

Elle lui demanda un choucas des tours luminescent et pailleté. Il leva promptement sa baguette magique, prêt à s'exécuter, avant de stopper net son élan.

Euh.

C'est quoi, un choucas des tours ? Les goujats des tours, ça lui parlait : c'était les messieurs qui tentaient de le tripoter pendant ses drag show. Si Diarmad ou Evelyn étaient dans les parages, les goujats en question finissaient saucissonnés et jetés dehors. Mais le choucas des tours ? Sigmund dut fouiller loin dans sa mémoire pour revoir son petit fils, Nana, penché au-dessus d'un imagier d'oiseaux. Le p'tit marmot tendait son doigt boudiné vers une bestiole ailée en bredouillant un « Chouca-chouca » qui semblait être le nom de l'espèce. Bon, en gros, c'était un oiseau. Totalement dans les cordes de Sigmund, et bientôt dans celles de Hallie puisqu'il s'agissait d'un sort accessible aux élèves les plus jeunes. Enfin, pour Avifors... Il y avait également Avis, mais si le professeur pouvait travailler avec une base matérielle, ça l'aidait beaucoup. Il avisa le premier objet apparu dans son champ de vision - c'était un vase qui semblait n'avoir absolument rien de particulier - et estima que celui-ci serait parfait pour son sort. « Avifors. » La lumière magique frappa aussitôt le vase, et celui-ci se remodela et changea du tout-au-tout pour devenir un magnifique, et très gros, pigeon pailleté. La grosse bête dégageait une faible lumière clignotante, comme l'avait demandé (ou presque) la petite fille. Mais surtout, ce bon vieux pigeon était recouvert de petites paillettes dansant dans son plumage.

« Et voilà ton gou.. choucas des tours. » lui dit-il avec un sourire. Il observa ensuite à nouveau le père, essayant de déchiffrer les expressions sur son visage. La maman n'était pas encore revenue, il lui demanda avec hésitation : « Est-ce que tout va bien ? Avez-vous d'autres questions ? »

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Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen

Hallie, suis-moi à Poudlard ! PV
Fort content de sa prestation, le professeur cinquantenaire fit son plus beau sourire à la petite fille, qui elle, non contente de ce dont elle avait été témoin, fit la moue. L'oiseau virevolta un temps, avant d'émettre un son de roucoulement alors qu'il se posait doucement sur le repose bras du canapé, tout près d'Hallie. Ce dernier créa ainsi une pluie de paillettes qui s'abbatu sur Duncan, et la jeune fille, décorant ainsi leurs cheveux. L'oiseau fut bien trop aisément identifié par la rouquine, qui pensait alors que le professeur s'était moqué d'elle. Il s'agissait de toute évidence d'un pigeon, et non d'un choucas des tours. N'importe qui vivant en ville était capable de le dire. Elle avait demandé un choucas des tours, pas un PI-GEON. Qu'est-ce que c'était que ces bêtises ?

Le pigeon reprit de plus belle, et roucoula de plus en plus fort comme pour faire remarquer sa présence à Hallie. Il entreprit d'effectuer une petite dance, en tournoyant sur lui-même, et en basculant sa tête d'avant en arrière. Ses bruits devinrent de plus en plus forts.

La petite MacCruimein secoua la tête de droite à gauche afin de se débarasser des paillettes, et émit un gloussement lorsqu'elle se retourna et vit son paternel - habituellement trop sérieux - briller sous la lumière de la maison. Duncan ressemblait à un de ces hommes en retard sur la nouvelle génération, auquel on aurait appliqué un filtre numérique pour le rendre plus "d'jeunes". Sa barbe fournie scintillait maintenant d'un violet éclatant, et sa peau était recouverte d'un bleu azuré.
Pour autant, il était trop loin de la fenêtre pour y entrevoir une quelconque réflexion. Ainsi ne remarqua-t-il pas la transformation cocasse qui s'était opérée sur lui. Duncan souffla fort, comme un buffle expirant tout l'air de ses naseaux, puis relâcha sa fille et se tourna vers le professeur pour ensuite prononcer ces paroles, empreint d'un sérieux implacable :
« Y va falloir payer pour c'vase. Ma bonn'femme va pas ête contente. C'tait un cadeau de sa belle-mère, Teasag, enchérit le bloc de muscle, avant de revenir au sujet de conversation principal. On n'en a long'ment discuté avec Lyubov, et on pense que ce s'rait mieux de pouvoir rencontrer le directeur de l'école avant d'y inscrire la p'tiote. Aye, j'pense qu'on est en droit de p'voir avoir plus d'info sur l'fonctionnement d'vôt école. »
Hallie qui se cachait légèrement devant le bloc qu'était son père, écoutait attentivement ce qui était dit, affichant une mine dépitée. Son choucas des tour n'était pas là, ce prof était un peu pathétique... Elle se demandait s'il était même qualifié pour lui enseigner quoi que ce soit. Ça n'avait pourtant pas l'air d'un sort si difficile, l'invocation, surtout pour un adulte venant d'une soit-disant école très prestigieuse. Dubitative, elle plissa les yeux en direction du professeur. Duncan, lui, croisa les bras en attendant une réponse de M. Charleston. Il régnait une certaine tension dans la pièce, non malveillante, mais d'inquiétude. C'est à ce moment que Lyubov revint dans la pièce et fit son apparition. Son visage affichait une mine tristounette, et ses yeux étaient rouges, comme si elle avait pleuré.

La femme rousse soupira, puis se saisit des rebords de sa longue jupe pour s'asseoir dans le fauteuil précédemment occupé par son mari. D'un air assuré, elle ouvra la discussion. « J'ai pu entendre ce que vous aviez pu dire. Il n'y a pas besoin de répéter. J'suis du même avis que Duncan ici. J'sais que ce s'ra trop difficile de la scolariser ici, d'autant plus que nous n'avons pas les moyens financiers de le faire. Sinon, on commencerait sûrement par lui acheter plus de vêtements neufs, au lieu qu'elle vole impudemment ceux de sa copine, hein Hallie ? » La mère se tourna vers sa fille avec de gros yeux, l'accusant d'un méfait qu'elle savait qu'elle avait commis. Cela fit sursauter la jeune fille qui ne s'attendait pas à se faire reprendre à ce sujet en plein milieu d'une discussion publique. Elle reprit après quelques secondes. Ce s'ra sa décision, mais nous, on doit aussi s'assurer que ce s'ra un bon endroit pour elle, quelque chose qu'elle peut pas forcément s'apercevoir puisque c'est une enfant ! J'espère que vous comprennez notre raisonnement. » Elle hésita avant de lui demander. « Est-ce que vous avez des enfants ? Est-ce que vous savez c'que c'est de vous séparer de votre coeur aussi tôt ? »

Avant même de pouvoir répliquer, Hallie sorti de sa cachette, hautaine, et choisit le pire moment pour évoquer son insatisfaction. Son ton était calme et posé, et elle ne cria pas. Cependant, il était très sec et était aiguisé comme un couteau. « Vous avez pas l'air très doué quand même. Vous êtes sûr que vous zêtes prof dans une école de magie ? Ça c'est un pigeon, n'importe qui vivant dans une ville peut l'dire. J'ai d'mandé un choucas des tours... Vous avez perdu vot' défi. » Elle regarda candidement le professeur dans les yeux. Il n'y avait aucune malice dans les yeux de l'enfant, seulement de la franchise.

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