3 nov. 2023, 14:43
 PV  Derrière la porte
1er Novembre 2048
Avec @Sixtine Valerion



Préparations et cérémonies de Samain oblige, entre autres devoirs, cela faisait quelque jours que Suileabhan n'avait pas eu le temps de pouvoir déposer quelque objet au pied de la porte de Sixtine. Ce temps gagné à ne pas passer ni penser à tous ces déplacements, ces idées, ou encore à ne pas être vu, le concierge avait pu le dépenser à quelque chose de plus constructeur : façonner un nouvel objet. Celui-ci avait pris la forme d'une rose d'ébène, ouverte et taillée dans le moindre détail, pour que le toucher plus que la vie soit le sens révélateur de l'art qui se cachait derrière. Et si cette rose possédait des piquants, elle possédait surtout, caché entre chaque pétale, un ensemble de runes symbolisant tout ce que l'homme ressentait pour celle qui depuis plus deux mois hantait ses nuits d'une manière bien différente qu'auparavant.

Beaucoup plus sobrement, Suileabhan avait aussi taillé un petit vase de bois, classique, à base carrée et ouverture en losange. La simplicité du contenant n'était ici présente que pour sublimer la fleur unique, ou plutôt son amour, sa peine, ses regrets et souvenirs, qui en étaient le contenu. Et puis, alors qu'il était presque arrivée à la porte tant de fois laissée derrière lui. Ce qu'il craignait se produisit. Sixtine, là, toute proche, si proche qu'il pouvait déjà presque la sentir. Il eut à peine le temps de rattraper la sculpture qui lui fillait entre les doigts de surprise qu'il aperçut la porte se fermer à toute vitesse, laissant la sorcière à l'intérieur, et lui, à l'extérieur. Désorienté, il ne put faire qu'une seule chose : atterrir devant la porte ou plutôt contre elle, assis, comme épuisé par la tournure des évènements.

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3 nov. 2023, 17:47
 PV  Derrière la porte
Hier soir j'ai réussi à ne pas le croiser, à ne presque pas penser à lui alors évidement lorsque je le croise dans ce couloir menant à mes quartiers je me précipite à l'intérieur de mes appartements et je m'enferme. J'ai accéléré le pas comme si j'avais eu peur de lui alors qu'il ne m'effraie pas. Depuis plusieurs jours je vois bien toutes les attentions qu'il laisse devant ma porte et, même si je n'en ai gardé aucune, je ne peux pas dire qu'il était facile pour moi de les faire disparaitre.

Lorsque je claque la porte, je laisse mon corps glisser le long de cette porte en bois. Je suis presque certaine qu'il est là, de l'autre côté et qu'il agit probablement de la même manière. Je ferme les yeux et je le vois. Je vois sa tête reposer contre ma porte, je vois ses coudes appuyés contre ses genoux et je ne peux pas m'empêcher de me retourner pour poser mes mains sur la porte en bois ayant cette impression d'être un peu plus proche de lui. Naturellement, mon front se pose contre la porte.

- Jamais je n'aurais pensé qu'un jour mon sourire pourrait me manquer plus que le tien...

Les larmes me montent et je ne les retiens car je n'ai pas la force, je les laisse couler, je me laisse pleurer là, face à cette porte. Je me sens ridicule, ridicule de m'adresser à une porte, ridicule de pleurer pour quelqu'un, ridicule de ressentir autant d'émotions en si peu de temps.

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Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.

3 nov. 2023, 22:23
 PV  Derrière la porte
- Sixtine, je..

Sa voix se brise, sa gorge se serre, il ne sait plus quoi lui dire. Aucun de ces milliers de mots, de ces centaines de ces sentiments qu'elle lui a inspiré durant ces trop longues semaines n'arrive désormais à traverser la barrière de son esprit. Tout ce qu'il a chaque fois imaginé lui dire lorsque viendrait le temps d'à nouveau se faire face s'est dissout alors qu'il ne se retrouve que devant du bois. Du bois, une porte, et derrière, il le sait.. Sixtine.

Sans trop s'expliquer pourquoi, comme s'il ressentait le besoin impérieux de le faire, il pose sa main libre sur cette entrée fermée devant laquelle il a trop souvent erré. Et puis, il l'entend. Comme un murmure, si faible qu'au premier mot, il croit rêver. Mais non, c'est bien elle, elle est là, elle aussi, derrière cette porte, presque à portée de main..

- Jamais je n'aurais cru mieux ressentir l'absence de ton odeur que la présence de ton parfum autrefois..

Sa voix grave désormais douce s'éteint dans un soupir alors que l'ombre d'une larme achève sa course sur sa joue. Une partie de lui s'étonne un instant de n'être devenu qu'un homme puéril se comportant en adolescent tourmenté mais cette pensée parasite est bien vite rattrapée par la réalité de la situation. L'absence de Sixtine laissé un trou béant dans sa vie, qu'il ne veut, ni ne peut combler.

- Tu te souviens ? Joyce.. Ophelius je crois, avec toi à Serpentard. Il était.. on rigolait beaucoup sur son regard fou alors qu'il n'était pas plus haut que nous, et personne n'avait envie de se retrouver en binôme avec lui. Et puis, il a rencontré sa copine, la blonde de Poufsouffle, j'ai oublié son nom. Par contre, je n'oublierai jamais à quel point son comportement et surtout son visage ont changé depuis ce jour là.

Et le voilà maintenant qui se mettait à penser à des camarades qu'il n'avait pas vu depuis plus de trente ans... Suileabhan n'avait pas finit de parler, mais continua dans un murmure, la voix serrée.

- Je ne veux pas devenir ce qu'il était. Sans toi, je n'arrive pas à être capable de rester qui je suis..

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4 nov. 2023, 17:40
 PV  Derrière la porte
J'entends mon prénom résonner de l'autre côté de la porte, il est bien là. Entendre mon prénom avec sa voix me ramène à des souvenirs, voilà des mois que je ne l'avais pas entendu, écouté. Des mois que le son de sa voix hante mes pensées uniquement et voilà qu'aujourd'hui, le son de sa voix est réel. Je l'écoute, je sens dans sa voix qu'il est au moins aussi triste que moi. Étrangement, sa tristesse me rassure, elle me fait du bien et je me sens un peu moins seule. J'entends que sa voix se casse à cause d'une larme et mon cœur se serre à l'idée de le savoir en train de pleurer par ma faute. Je ne supporte pas de le savoir assez triste pour oser pleurer, mais j'essaye de faire abstraction de ce que je ressens pour l'écouter, encore.

Lorsqu'il me parle d'Ophelius et de son regard de fou, je ne peux pas m'empêcher de rire. Évidemment que je ne l'avais pas oublié et repenser à ces années me fait sourire. À cette époque, lorsque j'étais à Poudlard, j'étais bien. J'étais une jeune fille normale ou presque. Je détestais devoir rentrer chez moi et aujourd'hui, je déteste devoir rester entre ces murs, enfermée avec lui.

- Je..

Je ne parviens pas à finir ma phrase qu'une violente nausée m'empêche de finir ma phrase. Je quitte rapidement la porte et reste un long moment dans la salle de bain me demandant si revenir auprès de cette porte est vraiment nécessaire. Peut-être qu'il allait simplement finir par partir. Je me souviens, en panique, après quelques minutes que je n'ai pas protégé la porte et qu'il peut entrer.

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4 nov. 2023, 21:45
 PV  Derrière la porte
L'entendre rire, même d'un étau bercé de larmes, retentit comme un éclat cristallin aux oreilles de Suileabhan. Quand était-ce, la dernière fois qu'il l'avait entendue rire ainsi aux souvenirs, à la vie, à leur insouciance de jadis ? Ce n'était pas que Sixtine et lui n'avaient jamais ri au cours de l'année dernière, mais plutôt qu'ils ne faisaient plus sonner leur rire comme avant, et cela était normal. Mais, pour la première fois depuis son retour et surtout depuis leur séparation, il avait entraperçu une ombre frêle et passagère de ce qu'ils avaient pu être, il y'a bien longtemps. Et soudain, ce qui manquait au concierge le frappa, apparaissant au grand jour dans son esprit : Sixtine avait perdu une part d'elle-même, cette année-là, et d'autres depuis lors.

Oh, il n'était pas ni idiot, il n'était plus naïf, alors cela ne vint pas à l'esprit de Suileabhan qu'il puisse être seul responsable de ce que Sixtine avait pu perdre, il n'était pas si important que cela. Mais ce qui lui fit mal, c'était de constater à quel point sa présence, ses actions, ou plutôt, son absence et son inaction, qu'elles soient volontaires ou non, aient pu tant blesser la sorcière. Il avait certes toujours eu conscience de la plaie béante, irrémédiable qu'il avait causé. Mais, pour la première fois, il prenait véritablement conscience de ce que cela avait pu signifier pour la jeune Sixtine à peine sortie de l'enfance.

Et en même temps. En même temps qu'au fond de lui, la part de son cœur qui aimait la sorcière plus que toute autre existence essayait de le convaincre qu'il devait cesser de la faire souffrir davantage avec le son de sa voix, en même temps, son rire lui faisait du bien. Quelques notes discordantes au milieu de deux tristesses infinies pour appaiser des blessures que Suileabhan ne pensait même pas posséder. Et puis, Sixtine commença une phrase.. qu'elle ne termina jamais. L'irlandais avait bien cru entendre une sorte de bruit, mais imaginait sûrement que comme lui, l'émotions, les souvenirs et bien d'autres choses encore l'empêchaient de formuler des mots qu'elle ne savait peut-être même pas qu'elle voulait prononcer.

Alors, doucement, Suileabhan décolla ses lèvres fatiguées et se remit à parler. Il racontait l'histoire d'un jeune Serdaigle qui se liait d'amitié avec une puissante Serpentard, un récit inédit, jamais conté, dans lequel le premier rôle masculin expliquait comment le plus fort des liens s'était à ses yeux finalement transformé en de l'amour, alors que lui-même n'en avait pas conscience. Un conte avec pour seule morale, les qualités de la jeune sorcière qu'elle n'avait jamais perdues. Bientôt, l'histoire fut terminée, et son auteur et acteur se tut, la gorge sèche. S'était-il trompé ? S'en était-elle allé, las de l'écouter ?

- Sixtine..?

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5 nov. 2023, 09:14
 PV  Derrière la porte
J'essaye de prendre appui sur chaque élément de la pièce qui est à portée de main, je me hisse vers le haut pour me tenir debout, abandonne mes chaussures vers le sol et me rends, tant bien que mal jusqu'à la porte de mes appartements. Je suis soulagée en constatant qu'elle est toujours fermée et qu'il n'est pas entré.

Lentement, mes pieds me guident jusqu'à la porte et j'ai soudain l'impression que cet appartement n'a jamais été aussi grand qu'aujourd'hui, à cet instant. Chaque pas que je fais me brûle l'ensemble de mes muscles et me demande un effort que je trouve sur humain. Mes poumons me brûlent et je maudis cette sale habitude que j'ai eue de fumer dès que la vie m'a semblé trop difficile. Chaque inspiration me plie presque en deux et, lorsque j'arrive enfin devant la porte, je l'entends prononcer mon prénom. C'est ce moment précis ou mes genoux décident de ne plus me soutenir, ils décident simplement de m'abandonner, comme chaque chose à laquelle je tiens. Mon corps basculement brusquement en avant et mon premier réflexe est de sortir ma baguette pour amortir ma chute sur le sol. Si mon corps s'en sort sans trop de dégâts, ma tête a frappé la porte et mon arcade sourcilière s'est ouverte. Je passe ma main sur ce que je présume être une plaie et constate que j'ai vu juste.

Je laisse mon corps s'étaler sur le sol, je laisse le contact froid de la pierre me rappeler que mon corps est encore là. Je soupire bruyamment, je sais qu'il va m'entendre soupirer. Il sait aussi que je n'ai pas pour habitude de soupirer alors je prends la parole avant qu'il ne me pose trop de questions.

- Qu'est ce que tu veux ?

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8 déc. 2023, 20:21
 PV  Derrière la porte
Le silence. Un bruit sourd. Un soupir inhabituel.

- Sixtine ! Tout va bien ?

- Qu'est-ce que tu veux ?

Elle est bien là. Nouveau silence. Qu'est-ce qu'il veut ? Quelle scène étrange s'était-elle dérobée à ses yeux, déroulée sous ses oreilles ? L'espace d'une seconde, Suileabhan fut tenté d'essayer d'ouvrir cette porte, qu'elle soit fermée ou non, voir ce qui se déroulait derrière, parce qu'il sentait, il savait qu'il y avait quelque chose. Le concierge arrêta finalement son geste au bout de quelques secondes. Quoi qu'il fasse à la porte, Sixtine était derrière. Cela aurait été étonnant qu'elle, elle ait pu laisser une porte ouverte par mégarde, elle qui ne laissait jamais rien la prendre au dépourvu. Cela ne lui aurait pas ressemblé. Cela ne les aurait pas rassemblés.

Que voulait-il ? La question se répétait, tourbillonnait dans sa tête, amplifiée par la fatigue accumulée qui baissait depuis plusieurs jours déjà mais était toujours là, toujours présente, tapie dans l'ombre, prête à prendre possession de sa conscience, de sa lucidité. Ce qu'il voulait, c'était rentrer, n'importe où pourvu qu'elle soit là, la serrer de nouveau dans ses bras. Lui raconter son passé et son avenir avec elle, la faire danser dans ses bras, dans ses draps. Lui dire simplement je t'aime, la regarder une dernière fois. Et que dans un soupir, un rêve immaculé, ils se retrouvent à la fin comme ils se trouvèrent au début.

Le soupir, Suileabhan le poussa, à son tour, avant de se relever douloureusement, pour son cœur plus que pour ses muscles bien entraînés.

- Je t'aime. Bonne nuit, Sixtine.

Lentement, il s'éloigna. Il ne voulait pas être là quand elle lui répondrait. Ou pire encore, s'apercevoir qu'il n'existait déjà plus de réponse à ce qui n'était pas une question.

<3

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