Un chagrin partagé est un demi-chagrin

Mardi 08 janvier 2047
Lendemain de rentrée des vacances
Sortie des cours - pause de midi
Constance est en première année


Cela fait 2 jours que j'ai quitté Londres. Deux nuits et un jour que je suis rentrée à Poudlard. Et 2 semaines que je n'ai pas de nouvelles d'elle. A part un "Je vais bien. Bon retour."
Ca peut paraître ridicule de compter ainsi le temps qui passe alors qu'au précédent trimestre, nos échanges épistolaires étaient assez maigres. Sauf que depuis, une après-midi pluvieuse a eu lieu. Une après-midi de révélations. Qui a tout changé.
Notre relation a été abimée par mon arrivée dans le monde sorcier. Enfin, plus exactement, elle a été abimée par mon éloignement ici en Ecosse. Puis lors de cette après-midi pendant les vacances où j'ai voulu tout leur raconter.
Entre les deux, on s'était échangé quelques lettres. Faisant comme quand on était petites avec les cartes postales. Et j'aurais pu décider de maintenir cela, de me contenter de cela. Mais je n'ai pas pu. Je voulais qu'elle sache la vérité. La lui cacher, c'était comme lui mentir.
Pour Michael aussi, ça a été une étape. Mais contrairement à Johann, il a plus rapidement accepté la situation. Juste avant le nouvel an, il est revenu vers moi et on a pu parler.
Cette année, on avait prévu de fêter le nouvel an tous les trois mais avec ces circonstances, on peut dire qu'il y a eu un changement de plan. Michael, mal à l'aise par rapport à Johann, a décidé de rester le fêter avec sa famille. Il a bien fait, cela aurait éveillé les soupçons chez les miens qui ne sont pas au courant de ce que j'ai fait. Le nouvel an a donc été morose de mon côté. N'ayant pas de téléphone portable, je ne pouvais pas laisser de messages compromettants sur ceux de mes parents. Donc pas de messages pendant le nouvel an ni après. J'ai eu Michael au téléphone - avant mon retour - qui m'a assuré qu'il en parlerai avec Johann. Suite à cette conversation, mon père avait reçu un message de la part de cette-dernière à mon intention : "Je vais bien. Bon retour."
J'avais assuré à mes parents que Johann entendait par là qu'elle se remettait d'une grippe ou d'une gastro qu'elle avait attrapé. Un mensonge. Mais bon, je ne me voyais pas leur dire que j'étais allée à l'encontre de leur ordre. Et à l'encontre du Secret Magique.

L'heure de cours terminée, je rassemble mes affaires et sors à la suite des autres. Normalement, je me dirigerais vers le terrier pour aller poser mes affaires de cours avant de filer au repas de mi-journée mais pour être honnête je n'arrive pas à me sortir cette histoire de la tête.
Depuis que je suis revenue à Poudlard, j'ai comme cette sensation de tristesse, de chagrin qui m'étreint. Je n'en ai parlé à personne. Pas même à mes camarades avec qui je m'entends bien.
La nuit dernière, je n'ai pas non plus hyper bien dormi. Je me sens mal. J'ai aussi un peu mal à la tête. Et je sais au fond de moi, que cela est lié.
L'anse de mon sac sur une épaule, mes pas ralentissent, laissant le flux d'élèves s'éloigner de moi.
Je me sens tellement seule là maintenant, même si je ne peux en vouloir à personne d'autre que moi-même. Après tout, je n'ai parlé à personne de ce qui me tracasse. Mais le savoir n'allège en rien ma peine.
Même pas faim, j'ai comme l'envie de m'asseoir et d'enfouir ma tête dans mes bras, fermer les yeux et me rendre compte que tout ça n'est qu'un mauvais rêve.
Mon coeur se serre alors que je visualise à nouveau le visage fermé de ma meilleure amie alors qu'elle referme la porte d'entrée de chez elle. Une vague de détresse m'étreint alors que je pense alors au message bref, froid, distant reçu quelques jours plus tôt.
Du coin de l'oeil, j'aperçois une porte sur ma droite. Des toilettes. Parfait. Je m'y engouffre alors que je sens les larmes me monter aux yeux.
Inspire. Expire. Inspire...
Et si elle ne me pardonnait jamais ?
Et si notre amitié prenait fin maintenant ?
Je nous revois assise dans son jardin, en train de rigoler. Je nous revois dans la cour de récré avec Michael. Oh.

Le bruit de mon sac qui s'écrase au sol emplit la pièce tandis que mes mains s'abattent sur mon visage.
Un sanglot que je n'arrive pas à contrôler, à maintenir enfoui en moi, me prend.
J'essuie mes joues alors que mes yeux embués rendant ma vision floue me guident jusqu'au mur du fond. Je me laisse glisser au sol sur la pierre froide, mon dos contre le mur froid.
Je n'ai même pas allumé la lumière en entrant de sorte que je me retrouve dans la pénombre des toilettes des filles. Seule. Assise, la tête dans les bras. Laissant ma tristesse prendre le dessus.


j'assume que les toilettes du 4ème étage inRP ne sont pas les seules et qu'il y en a aussi au premier - Constance vient de sortir de HdlM ;)
831

5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's :fire:

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
Le retour des vacances était toujours compliqué, surtout lorsque Renn les passait à Edimbourg. Elle était tellement bien chez les moldus, comme si tout était toujours plus simple là-bas que dans le monde des sorciers. Quand elle allait à Godric's Hollow, il y avait toujours des problèmes, des disputes ou des mauvaises nouvelles à n'en plus finir. Alors qu'avec sa mère, il y avait moins de problèmes, et pas de petit frère pour cafter ses bêtises à son père, pas de petite soeur qui ne la lâchait pas d'une semelle et parlait sans arrêt de son "amoureux" qui ne l'aimait d'ailleurs même pas en retour... Bref, en Ecosse, elle était seule avec sa mère et elle-même, et c'était nettement plus simple à gérer.

Toute la journée du mardi, Renn n'avait pas cours. D'habitude, elle en profitait pour rester dans la salle d'études pour travailler, mais ce jour-là elle n'avait pas réussi. A vrai dire, elle n'avait pas beaucoup de devoirs, et encore moins l'envie de travailler. Alors elle était aussitôt ressortie de la salle, pour finir par vagabonder entre les couloirs, son dortoir et le parc avec toute cette neige qui recouvrait le sol. Et là, alors que l'heure de midi venait de sonner, Renn avait filé aux toilettes, alors qu'elle aurait très bien pu y aller avant. « Je te rejoins dans la Grande Salle ! » lança-t-elle à Nolan avant d'ouvrir la porte, le laissant partir seul pour le repas.

Renn alluma la lumière d'un coup sec, ce qui l'éblouit le temps d'un instant, avant que ses yeux s'habituent à l'absence de pénombre et tombent sur... un fille par terre ? « Wow ! » Qu'est-ce qu'elle fichait là, même ? Surtout qu'il y avait un peu plus propre que le carrelage des toilettes pour s'asseoir comme ça. Elle fixait la fille sans comprendre, qu'elle idée de venir pleurer dans des toilettes, il y avait plus réconfortant comme endroit ! Genre, le parc, le lac, mais pas des toilettes... « Ça va pas ? »

@Constance Nelson Voilà ! Dis-moi s'il faut modifier quelque chose :happy:

रेन #241431 — 7ème année, 18 ans
« elle viendra un jour de pluie dessiner le soleil »

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
Les yeux clos, mes paupières écrasées fort contre mes paumes, je me sens envahie d'un tsunami de tristesse, de mal être. Tsunami que j'ai repoussé depuis quelques jours.
La poitrine compressée comme un vulgaire chiffon trempé, j'ai la désagréable sensation que le monde se referme sur moi. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Pourquoi est ce que j'ai fait ça ?! Je sais au fond de moi que c'était pour une bonne raison, mais une partie de moi regrette étrangement de ne pas être restée dans le mensonge.
Et ça, ça me fait mal. Je lui ai dit la vérité et elle me ferme la porte. Pourquoi ? Pourquoi ??
J'ai besoin de toi, Johann, tu es ma meilleure amie. J'ai besoin de toi, de vous.
Mon esprit est brouillé, les larmes coulent sur mes joues sans que j'y puisse faire quoique ce soit.
Qu'est ce que je vais faire sans vous ? Qu'est ce que je vais devenir sans vous ? Une autre personne ? Une inconnue. Je veux pas. Je veux pas. Je veux que tout redevienne comme avant.

Oui, Michael a finalement compris la situation et ne m'en veut plus. Oui, il dit que la situation va s'arranger. Mais si ce n'était pas le cas ? Si le fait que je sois une sorcière, une apprenti-sorcière pour être exacte, change vraiment la donne ? Je suis pourtant la même. Je suis toujours la même. Avec de la magie en moi.
Est ce que c'est le signe que cette magie est une malédiction ? Au lieu d'être un don ?

Respire, respire, respire... une petite voix m'exhorte à me calmer mais je n'arrives pas à lui obéir. Depuis combien de jours ai-je parvenu à garder ce masque ?
Deux semaines sans l'avoir revue, sans avoir eu l'opportunité de lui parler, de tenter de la convaincre que je suis toujours la même. Je me sens si mal. Est ce qu'elle se sent mal elle aussi ? Est ce que je lui manque ?

Alors que dans une tentative d'inspiration, les paumes essuient mes joues et mes yeux, un éclat de lumière me fait plisser les yeux, me heurtant de plein fouet.
La lumière. Les toilettes. Je suis assise, là, pathétique, dans les toilettes. Merde.

« Wow ! »


Je redresse vivement mon visage pour me rendre compte que je ne suis plus toute seule ici. Une fille se démarque là, devant la porte donnant sur le couloir, fermée derrière elle.
C'est elle qui a allumé la lumière.

Un méli-mélo d'émotions m'envahit alors : l'envie de laisser tomber, de ne pas tenter une nouvelle fois de prétendre que tout va bien et pleurer dans mes mains, la honte de m'être fait surprendre dans une telle position de faiblesse, et puis l'envie de dire, de répondre l'automatique "si si, tout va bien".

Sauf que je ne vais pas bien. Mentir une nouvelle fois, même à cette inconnue, ce serait - étrangement - comme m'arracher un nouveau bout de coeur. J'en ai ras le bol des secrets. Ras le bol du mensonge.
Mais les mots se coincent dans ma gorge. La pauvre. Que va-t-elle penser de moi ?
Pauvre, pauvre petite fille qui a un petit chagrin ?
Cette sensation amère d'ironie me fait serrer les dents l'espace d'une seconde mais la voir, là debout, complètement dans l'incompréhension, me fait penser que je me fais sûrement des idées.
Je baisse les yeux, un air accablé se peignant sur mes traits.
- Je suis désolée.
Je sens une vague de détresse monter de nouveau, les larmes vont revenir d'une minute à l'autre. Non non non, respire, respire, respiiiire !
- Non, ça va pas trop.

@Renn Saeunn - c'est très bien au contraire, désolée de la bonne humeur de Constance !

5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's :fire:

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
Mais dans quoi Renn s'était-elle fourrée, bon sang ? Elle avait devant elle une fille, assise au milieu des flaques d'eau (et encore qu'ils étaient plutôt propres, les toilettes, pour une fois), l'air plus perdue que jamais, prête à pleurer de nouveau à tout moment ; alors qu'elle voulait juste vider sa vessie, à la base. Et elle ne savait absolument pas comment réagir. En même temps, elle n'était pas connue pur être la Gryffondor avec le plus de tact, ça s'était même pas très bien terminé la dernière fois qu'elle avait essayé. « Je suis désolée » Encore mieux, tiens ! Maintenant la fille s'excusait de pleurer ! S'il y avait bien une chose que Renn avait retenu de ce que lui disait sa mère quand elle n'allait pas bien, c'est de surtout pleurer si elle en ressentait le besoin, et de ne pas s'excuser de le faire parce que c'est que comme ça qu'elle pouvait aller un peu mieux.

La brune soupira, en essayant d'être discrète, mais la pièce était si silencieuse que son soupir se répercuta sur les murs, et, autrement dit, était bien audible. Quitte à être là, autant essayer de faire quelque chose. Elle n'allait ni ressortir comme une voleuse, ni s'enfermer dans une cabine alors qu'elle avait une petite triste en face d'elle. Elle vint s'installer à côté de la fille, et ne pût s'empêcher de lâcher un « Beurk... » lors que ses fesses touchèrent le carrelage. « Eh t'aurais pu choisir un meilleur endroit, enfin bref. »

*Bon, qu'est-ce qu'elle m'aurait dit, maman, à moi ?* Renn avait sa réponse, seulement elle connaissait sa mère, et celle-ci l'aurait prise dans ses bras avant même de lui parler. Sauf qu'elle n'allait pas faire un câlin à une inconnue comme ça sans raison, c'était trop bizarre ! Elle ramena ses jambes contre elle et les entoura de ses bras, avant de se tourner vers la petite. « Qu'est-ce qui se passe ? » Elle essayait de ne pas parler trop brusquement, sans savoir si elle y parvenait vraiment.

रेन #241431 — 7ème année, 18 ans
« elle viendra un jour de pluie dessiner le soleil »

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
Je l'entends plus que je ne la vois soupirer, cette respiration ricochant sur les murs de la pièce vide.
Et voilà. Je l'ai saoulé et elle va s'en aller. Elle aussi.
Mes yeux s'embuent de nouveau et j'essuie d'un mouvement sec mes yeux avant qu'ils ne débordent à nouveau. Alors voilà, ça y est, on y est ? Je serais la p'tite élève de deuxième année qui fait fuir tout le monde à cause de ses petits problèmes ?

M'attendant à entendre le bruit de la porte se refermer sur la Grande ou bien le bruit de ses pas se dirigeant sans cérémonie jusqu'à l'une des cabines de WC, je suis surprise de l'entendre se rapprocher.
Mes poings se serrent machinalement sur l'étoffe de mon uniforme un peu froissé.
Sa voix résonne de nouveau et je lève furtivement un regard vers elle, réalisant ce qu'elle vient de dire.
Ah. Ah bah oui, je suis assise par terre.
Je n'avais pas même une seconde réfléchi à ça, et au fait que ça pouvait être considéré comme tout sauf hygiénique.
Bah ! D'toute façon, on est dans un château de pierre. Composé de pierre. Et nettoyé, entretenu par les elfes de maison et par je-ne-sais-quel sort magique. Forcément. Vu la surface !
Et pis, j'm'en fiche. Mon coeur est dans un bien pire état que le sol, clairement.

Mais la jeune fille ne s'enfuit pas à l'idée de s'asseoir là et je me prend à me demander si elle fait ça par pitié. Ou par réelle compassion.
Bah ! J'en fiche un peu aussi. Pourvu qu'elle... qu'elle... Que va-t-elle faire au juste ?
Tenter de me réconforter ? Essayer de comprendre ? Pour cela, il faudra que je lui dise ce que j'ai fait. En suis-je capable ? Ira-t-elle tout répéter aux adultes ? M'enverra-t-on dans une sorte de bagne pour les jeunes sorciers irrespectueux des règles de société ?
Ou bien me traitera-t-elle de stupide pour avoir déroger à LA règle de la communauté magique ?

Le truc, c'est que je pourrais rien dire. Mais je ne m'en sent pas la force. Mon coeur est comme tout piétiné et l'idée d'inventer, de formuler ne serait-ce qu'un vague mensonge semble au-dessus de mes forces.

Toutefois, je redoute ce moment où elle finira par me demander la raison de ma peine, de ma détresse.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Cinq petits mots qui semblent si lourds, si... cruciaux. Alors qu'elle formule tout haut son intérêt, je ferme mes yeux et les enfouis contre mes genoux que je remonte davantage.

Une petite voix dans ma tête me susurre qu'elle ne me connaît pas et pourtant, qu'elle est restée. Et qu'elle s'est assise à mes côtés alors que le fait de s'asseoir au sol lui semblait abject une seconde plus tôt. Un signe qu'elle est digne de confiance ? Cette toute petite voix m'assure que oui, et qu'il est peut être temps de me décharger de ma peine.
Sauf que j'ai peur. Peur de le dire à haute voix. Comme si c'était pas déjà assez réel hein ?
Pis, que va-t-il se passer une fois ces mots dits à haute voix ?

Soupesant toutes ces questions, je finis par relever centimètre par centimètre mon visage, le regard dans le vide.
- J'ai, j'ai fait quelque chose. De pas très bien. Mais... il le fallait. C'était pour le mieux, continuais-je en chuchotant presque.

Ces derniers mots fait ressurgir le visage de Johann alors qu'elle fermait la porte d'entrée de chez elle.
Ce qui provoque une nouvelle bouffée d'angoisse dans mon être esseulé.
- Mais... au final, ça s'est pas très bien passé. concluais-je alors que je sens ma voix s'étrangler.
"Pas très bien passé"... ça, c'est un euphémisme, n'est ce pas ?
@Renn Saeunn

5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's :fire:

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
Renn était mal à l'aise. Elle n'avait pas l'habitude de réconforter les gens, et ne savait absolument pas comment s'y prendre. Elle avait bien essayé de demander à la petite ce qui n'allait pas, histoire de savoir un peu sur quel pied danser pour l'aider, mais la réponse qu'elle avait obtenue était plus que floue. Apparemment, la Poufsouffle avait fait quelque chose qu'elle ne devait pas faire, mais elle l'avait fait quand même, et ça ne s'était pas super bien passé, même pas du tout, à entendre sa voix brisée. *Bon*. Autrement dit, Renn n'était pas plus avancée, et elle ne savait pas quoi dire.

En même temps, comment trouver les mots pour réconforter quelqu'un sur une situation qu'elle ne connaissait pas ? Sa mère aurait réussi, c'était sûr, mais pas elle. Parce que Renn n'était pas Detlan, et cela suffisait à compliquer toute la donne. « J'imagine, vu l'état dans lequel ça te met. » La brune appuya l'arrière de son crâne contre le mur froid. Peut-être que la fraîcheur des dalles en pierre l'aiderait à trouver quoi dire ? « Mais c'est quoi que t'as fait qu'il fallait pas faire ? » Et la fille était petite, une première ou deuxième année grand maximum, alors son niveau de gravité ne devait même pas être le même que celui de Renn. « Tant que t'as pas essayé de mettre le feu à l'école, je pense pas que ce soit très très grave non plus... »

Elle espérait que la Poufsouffle n'allait pas répondre vaguement comme précédemment, parce que sinon, Renn ne pourrait vraiment rien faire. Elle n'était pas assez douée pour ça, déjà que là elle improvisait totalement dans un domaine qu'elle ne maîtrisait pas du tout, et où elle avait l'impression d'être plutôt nulle.

रेन #241431 — 7ème année, 18 ans
« elle viendra un jour de pluie dessiner le soleil »

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
La brune à mes côtés m'écoute en silence, et finalement une remarque s'échappe de ses lèvres, à laquelle je ne réponds pas, en proie à la tristesse et la peur.
Lorsque finalement elle demande des explications, des précisions, je déglutis et tourne rapidement mon regard vers elle. Puis-je vraiment lui faire confiance ?
Le truc, c'est que je ne la connais même pas.
Mais y'a aussi le fait que je ne me vois pas lui fermer la porte. Elle se propose de m'écouter, elle est là, je ne sais pourquoi et elle tente d'être apaisante.

Mes yeux attrapent les siens en amande, le temps d'un instant, se noyant dans leur brun chaleureux. Je remarque aussi un petit grain de beauté sous l'oeil gauche. Je n'sais pas pourquoi, je remarque ça d'ailleurs. J'expire enfin avec comme impression d'avoir fait un cent mètres en brasse dans le Lac Noir.

- Tant que t'as pas essayé de mettre le feu à l'école, je pense pas que ce soit très très grave non plus...
Dans d'autres circonstances, j'aurais sûrement rit à sa boutade mais pas là. Pas maintenant. Pas en ces circonstances.
Si tu savais. J'ai peut être pas mis le feu à l'école mais je l'ai fait dans ma vie, là-bas à Londres.

Je baisse donc les yeux sur mes genoux, cherchant mes mots.
- Si je te le dis, tu garderas ça pour toi ? lui demandais-je d'une petite voix que je ne pouvais m'empêcher de trouver pathétique bien que je ne pouvais décidément pas la contrôler. C'est quand même quelque chose d'assez grave, insistais-je. J'ai pas mis le feu à l'école mais... c'est tout aussi grave, dis-je avec sincérité bien que cette réalité me pesait. C'est pour ça que... qu'il faut que ça reste secret. J'en ai parlé à personne.

Me mordillant la lèvre inférieure, je tourne de nouveau mon regard suppliant vers elle.
Va-t-elle soupirer et m'envoyer sur les roses ou va-t-elle rester ?
Si elle reste, je lui dirais, je lui raconterais, décidais-je avec espoir.
Un espoir assez mince, il est vrai, mais présent car elle m'offrira la possibilité de me décharger d'un poids énorme qui m'oppresse, m'emprisonne, m'enserre.

@Renn Saeunn :eyes:

5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's :fire:

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
Mais quelle question ! A qui pouvait-elle bien raconter le secret de la Poufsouffle ? Nolan, peut-être, mais Renn n'avait absolument aucune raison de le faire. Surtout si la petite ne voulait pas qu'elle en parle. Renn avait beau être bavarde et parler sans réfléchir, elle savait garder des secrets. Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais sa camarade la coupa, insistant sur la gravité de son secret. Qu'avait-elle bien pu faire qui soit aussi grave qu'elle le dit ? A moins que sa perception de la réalité soit biaisée parce qu'elle était bien plus petite que Renn. Elle devait avoir l'âge de Rosa, et Renn savait que sa sœur avait tendance à trouver certaines actions, certaines bêtises, super graves alors qu'en fait, elles ne l'étaient pas vraiment.

Elle croisa le regard de la Poufsouffle, qui attendait une réponse. « Je te promets, je le dirai à personne. » Elle sourit, pour confirmer ses propos. Puis Renn ajoute, d'un air qui se voulait solennel, surtout parce qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de raconter n'importe quoi, même dans des moments sérieux : « j'emporterai ton secret jusque dans ma tombe, s'il le faut ! »

Maintenant, plus qu'à attendre que la Poufsouffle lui raconte son histoire. Et Renn était curieuse, elle voulait vraiment savoir. Peut-être qu'elle n'allait pas réussir à l'aider, et puis de toutes façons elle ne pouvait pas résoudre les problèmes du monde entier, mais elle savait que juste une oreille pour écouter c'était déjà beaucoup. En tous cas, pour elle, ce la marchait bien, et elle aimait bien imaginer que cela marchait aussi pour les autres.

रेन #241431 — 7ème année, 18 ans
« elle viendra un jour de pluie dessiner le soleil »

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
Un ange passe. Le silence assourdissant des toilettes vides de toutes occupantes à part nous résonne à mes oreilles. Et finalement. Son regard brun, chaleureux s'ancre dans le mien. Sa voix teintée de sincérité, de gravité, me conforte dans ma décision de me décharger, un peu, de ce fardeau si pesant.
Ses mots s'ancrent dans le silence aussi épais qu'on pourrait le couper au couteau et j'ai dû mal à détacher mon regard de ses yeux alors que ses lèvres s'étirent dans un léger sourire. Les miens s'embuent un peu et je finis par rompre le contact visuel, déglutissant, me forçant à respirer le plus profondément possible. Sa boutade tranche de nouveau le silence et un coin de mes lèvres se réhausse à peine. Ca fait tellement solennel. Mais en même temps...

Expiration sèche. Allez, c'est le moment. Allez !
- J'ai... J'ai deux meilleurs amis. Ils sont... non-sorciers.
Je pourrais utiliser ce mot utilisé partout ici - "moldu" - mais là... il me paraît plus segmentaire qu'autre chose. Pourquoi s'arrêter à ça. A l'origine du sang.
- On se connait depuis... depuis toujours en fait. Johann et Michael.
Dire leurs noms me blessent - j'ai l'impression de les trahir, je ne sais pourquoi - autant que cela me fait du bien. Trop bizarre.
- Aussi loin que je puisse m'en souvenir. Le jardin d'enfants du quartier. Et à partir de là on est devenus inséparables. Même nos parents sont devenus amis.
C'est comme si j'avais besoin de me justifier. Donner une raison, la raison, pour laquelle j'ai enfreint la loi.
- On ne s'est jamais... jamais menti. Au contraire. Mais... Mais pourtant, quand j'ai découvert ma double identité, j'ai... j'ai dû leur mentir. Ne rien leur dire.

Mes doigts froissaient, défroissaient, tournaient, enserraient le tissu de mon uniforme, mes yeux dans le vague, je parlais tour à tour d'une voix neutre et d'une voix incertaine. Parfois, alors que je parlais, des images du passé affluaient à la surface de mon esprit. J'étais au trente-sixième dessous, glacée, triste mais aussi... le fait de parler de tout ça... ça me faisait du bien. Parler d'eux, de ce que cela m'avait fait de leur mentir...

- Du jour au lendemain, j'ai dû faire ce qui me répugnait le plus au monde, vraiment, le plus au monde. Leur mentir. Leur dire sans raison apparente que je devais les quitter en septembre. Que je partais pour un pensionnat en Ecosse. Et que y'aurait très peu de réseau là-bas... tellement peu qu'j'pourrais communiquer que par la poste. Et ils étaient choqués. Et horriblement tristes. Faut que tu comprennes, on était, on est, comme des frères et soeurs nous trois et... et... et...
Une vague de mal être me submerge et deux larmes descendent silencieusement sur mes joues, creusant un sillon apparent semblable à celui intérieur.
- Et je leur ai menti. Je leur ai menti parce que... parce que on me l'a demandé. Parce que il y a une loi qui sépare nos deux communautés. Une loi stupide et méchante.

J'avale ma salive et m'essuie les yeux avec ma manche humide de larmes. Je me sens tellement mal. Et pourtant on est pas encore arrivé totalement au coeur du problème.
- Je sais que je ne suis pas la seule ici, dans cette école, qui a laissé un pan de sa vie derrière soi. Mais... c'était pas juste deux amis. Ni de très bons amis. C'était, ce sont, mes deux meilleurs amis, comme des frère et soeur. Ma famille de coeur. Et je leur ai menti. J'ai très mal agi. Et pas juste cette fois-là.

Je lève mon regard embué vers la Grande à mes côtés.
- Je leur mens depuis plusieurs mois. Des mois ! Et... et... c'est devenu tellement pesant. Là, ma main se pose sur le milieu de ma poitrine. C'est devenu trop. T'imagine, mentir à ton frère ou ta soeur sur qui tu es vraiment ?
C'est vrai, je ne la connais pas, je ne sais même pas si elle est fille unique comme moi ou non mais ce n'est pas vraiment le sujet, n'est-ce-pas ?
- C'est comme une fêlure au début. Puis ça devient une cassure. Ca devient une... une fracture.
J'étais très sérieuse et mettre des mots à voix haute sur ce que j'avais tu depuis le début était un brin libérateur, c'est vrai.
- Et je pouvais pas... je pouvais pas continuer comme ça.

@Renn Saeunn :eyes:

5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's :fire:

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
Les liens dans l'histoire de la petites se faisaient tous seuls dans sa tête. Et plus les pièces du puzzle s'assemblaient, plus Renn la comprenait. Parce qu'ils faisaient écho à sa propre histoire, et cela ne lui plaisait pas du tout. Quand la Poufsouffle parlait de mentir à ses amis, Renn se revit en train d'inventer des matières scolaires qu'elle n'étudiait pas, des éléments de la vie chez son père, à Poudlard, qu'elle ne pouvait dire à sa mère parce qu'on lui interdisait. Alors petite, elle notait tout ce qu'elle ne pouvait pas raconter dans un carnet, parce qu'il fallait quand même bien que ça sorte. Mais là, elle avait quatorze ans, elle se contentait juste de garder les anecdotes pour elle, ou de les remodeler en les racontant à sa mère. Elle n'aimait pas cette partie-là. Elle n'aimait pas se confronter à cette réalité qu'elle avait presque oublié tellement c'était devenu naturel. C'était devenu naturel de mentir. Sa mère et elle n'étaient pas du même monde, mais elle aurait tellement aimé que ce soit le contraire, juste pour pouvoir lui dire la vérité et ne rien lui cacher...

Ses bras se resserrèrent autours de ses jambes à mesure que la petite continuait son histoire. Renn ne voulait pas penser à ça. Elle s'y était fait, depuis toute petite, pourquoi remettre en question cette règle après dix ans à l'appliquer ? Et puis son père ne voudrait jamais qu'elle en parle. Ce n'était déjà pas la grande joie avec lui, elle n'allait pas risquer d'empirer les choses. Pas maintenant. Elle n'en avait pas le courage. « T'imagine, mentir à ton frère ou ta sœur sur qui tu es vraiment ? » Elle ferma les yeux, se força à inspirer, tremblotante. Elle avait envie de pleurer. Parce qu'elle faisait presque pire, finalement, et qu'elle ne s'était jamais dit que ça pouvait en être autrement. *Pense à autre chose, pense à autre chose*.

« Je- » Sa voix se brisa. *Merde.* « Je comprends... vraiment » Ne vivait-elle pas presque la même chose, après-tout ? « Donc... » Pour une fois dans sa vie, elle hésita. Ne devait-elle pas laisser la Poufsouffle parler, dire les choses par elle-même, au lieu de l'interrompre et faire une supposition qui était peut-être complètement fausse ? Elle soupira. « Tu leur as tout dit, à tes amis ? »

@Constance Nelson :ninja:

रेन #241431 — 7ème année, 18 ans
« elle viendra un jour de pluie dessiner le soleil »