Diagnostic D.O'

Mercredi 04 novembre 2048
Dans la matinée
@Diarmuid O'Belt
Comme prévu aujourd'hui, je me prépare, non pas pour donner un cours particulier à Lukas Sharp, mais pour rendre une petite visite à l'infirmier de l'école. Depuis plusieurs jours voir, plusieurs semaines, je sens que quelque chose ne va pas. Je me sens de plus en plus faible et le simple fait de tenir sur mes jambes relève du miracle.

Lorsque je me lève, je croise mon reflet dans le miroir, je ne peux que constater les dégâts. Depuis la rentrée, je n'ai dû perdre que 2 ou 3 kilos et pourtant, mon corps donne l'impression d'en avoir perdu 10. Je vois mes joues se creuser, mes bras s'amincir, mes cheveux se ternir et bientôt, j'aurai vraiment le corps d'une moldu de 50 ans. J'essaye de m'arranger comme je le peux avant de quitter mes quartiers et de me rendre directement à l'infirmerie. D'un coup de baguette, je tourne ce miroir pour ne plus avoir à supporter ma propre image et quitte mes appartements.

Sur le chemin, je fais mon possible pour éviter les élèves ou les adultes de ce château et surtout, j'implore Merlin pour ne pas tomber sur le concierge. Enfin, après de longues minutes de marche à travers les couloirs, j'arrive enfin devant l'infirmerie. Je suis soulagée en constatant que personne ne se trouve à l'intérieur de cette pièce, la salle d'attente est vide. Je m'y installe en attendant que le fils O'Belt vienne à ma rencontre. Toutefois, je reste sur mes gardes et m'apprête à quitter ce lieu si le moindre élève ose pointer le bout de son nez ici.

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Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.

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Faire faire des bilans de santé tenait particulièrement occupés Diarmuid et Ruby mais aussi les locaux de l'infirmerie. Il y en avait d'ailleurs plusieurs de prévu dans le courant de la journée, entrecoupés de plages suffisamment conséquentes pour ne pas se mettre en retard dans leurs autres tâches ou bien tout simplement pour accueillir les élèves qui en avaient besoin. Aussi, même s'il était absorbé par ce qu'il était en train de faire - porte close - il allait à intervalle relativement régulier voir si personne ne se trouvait dans la salle d'attente.

Et c'était exactement ce qu'il venait de faire, pousser la porte séparant la salle de consultation où il travaillait à celle d'attente ou une âme patientait. Sauf que la personne n'était pas un élève comme dans plus de quatre-vingt-dix-neuf pourcent des cas. Non, c'était une professeur, fait assez rare suffisant pour qu'il soit surpris, même s'il le masqua. "
Bonjour Sixtine." Elle avait une mine affreuse. Il n'avait pas fait attention jusque là mais il ne la croisait pas forcément. Entre ses horaires qui n'étaient pas forcément calés sur la vie du château et le fait qu'il n'avait pas la nécessité d'interagir avec elle au quotidien... Et bien il était passé à côté. "[color=#351C75d]Entrons.[/color]" L'invita-t-il à le suivre d'un geste pour qu'elle passe devant lui et puisse aller s'installer. Lorsque ce fut le cas et que la porte fut soigneusement fermée, il s'autorisa alors à demander un peu plus. "En quoi puis-je t'aider?" Toute consultation commençait toujours par le patient qui expliquait ce qui l'amenait.

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Le fils de celui qui avait été autrefois un camarade était enfin arrivé jusqu'à la salle d'attente et rapidement, après quelques salutations, il était entré dans le vif du sujet me demandant en quoi pouvait il bien m'aider. Je le soupçonnais de le savoir, mais n'étant pas l'infirmière de cette école, j'avais décidé de me plier à ses règles.

- Je ne suis pas en très grande forme en ce moment. Comme tu l'as sans doute remarqué j'ai perdu du poids, j'ai beaucoup de mal à m'alimenter et je ne te parle pas des maux de tête ou autre désagréments qui m'empêchent la bonne réalisation de mon travail. Lui avais je répondu tout en m'installant sur l'une des deux chaises face à son bureau. L'instant d'après je ne supportais déjà plus cet endroit. J'avais envie de quitter cette pièce tout en m'excusant d'être venue jusqu'ici, mais, par respect pour l'infirmier, je restais sur ma chaise, tout en laissant ma jambe trahir mon anxiété de par ses nombreux va et viens. Diarmuid, je ne sais pas ce qu'il m'arrive et qu'importe ce que c'est, tu dois trouver un moyen de me faire tenir jusqu'à la fin de l'année scolaire. Ensuite, j'improviserais. Le plus importait était de pouvoir assurer les cours de défense contre les forces du mal jusqu'à la fin de l'année scolaire et, si tel devait être ma sentence, en juillet prochain, je quitterais mes fonctions de professeure à moins que l'infirmier me trouve une solution miracle.

Assise dans cette salle de consultation, je ne voyais l'avenir qu'en noir. Aucune n'éclaircit. J'avais cet horrible sentiment qu'aucun remède ne pourrait venir à mon secours. En attendant la réponse de l'infirmier de l'école, mon esprit ne se calma pas et les pires scénarios défilèrent sous mes yeux.

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Sixtine était entrée sans attendre et n'avait pas rechigné à lui décrire ses différents symptômes. Il avait hoché la tête quand elle mentionna la perte de poids qui était effectivement visible et ne devait pas aller en s'arrangeant si elle ne parvenait pas à manger. Il lui aurait bien demandé plus de détails mais l'agitation de la jambe de sa collègue le préoccupa au moins autant que la phrase qui suivit. "Il n'y a pas de raison qu'on ne trouve pas ce qu'il t'arrive." Dit-il d'un ton rassurant et surtout en gardant pour lui le risque existant qu'il se retrouve dans l'impasse. Et là, la difficulté serait de convaincre son aînée d'aller consulter un confrère ou une consœur à la Nouvelle Sainte Mangouste qui concentrait mine de rien les meilleurs spécialistes. Ou du moins une grande concentration de spécialistes.

- "
Tu veux bien t'installer sur la table d'auscultation? On va commencer par les sorts usuels." L'informa l'irlandais qui la laissa se diriger à l'endroit désigné, patientant derrière le paravent jusqu'à ce qu'elle lui dise être prête. A ce moment là il la rejoignit et, sortant sa baguette, il posa d'autres questions: "Est-ce que tu peux m'en dire plus sur les autres désagréments dont tu parlais? Ils sont de quel ordre?" Il attendit la réponse puis demanda à l'anglaise s'il pouvait procéder aux premiers sorts, il ne lui manquait que son aval pour les lancer et ainsi, commencer à discriminer les pistes, parce qu'à ce stade, les possibles étaient trop grandes. Sauf qu'il n'obtint pas vraiment ce à quoi il s'attendait. Les constantes de la quinquagénaires étaient dans les normes et il y avait bien une fatigue physique et magique mais... rien ne l'expliquait pour le moment. "Il faudrait que je fasse une auscultation magique, pour vérifier ton flux magique." Pour cela, elle devait le savoir, il allait devoir poser ses mains sur elle.

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La voix rassurante du fils O'Belt avait fait son effet, je me sentais déjà un peu plus en sécurité et, lorsqu'il me demanda de m'installer sur la table d'osculation, je le fis sans appréhender la suite des événements. Les premières questions de l'infirmier tombèrent et j'avais dû recentrer toutes mes idées pour n'oublier aucun élément. C'était difficile à dire, ne sachant pas réellement depuis quand les symptômes étaient là. Je n'avais aucune envie d'oublier un détail qui pourrait être important alors, j'avais pris le temps de refaire le fil de cette histoire avant de lui apporter une réponse.

- J'ai d'abord eu des migraines assez faibles au début puis, elles sont vite devenues handicapantes. Puis la nausée, des vertiges, et cette impression très étrange que je perds de la puissance magique.

Avant de commencer sa batterie de tests, en bon infirmier, Diarmuid me demanda mon accord qu'il reçut, bien évidemment. J'étais là pour ça alors autant ne pas faire traîner les choses. J'avais besoin de réponse et j'attendais qu'il me les donne. Aucun des premiers tests de l'infirmier ne furent concluant sinon, il n'aurait pas eu besoin de demander la vérification de mon flux magique. Je sais qu’il va devoir poser ses mains sur moi alors qu’en ce moment, je repousse le moindre contact physique, je soupire avant de lui faire un signe de tête en guise de confirmation, il peut. Il peut poser ses mains sur moi pourvu qu’il trouve la cause et la solution.

Je redoute le moment où il me dira ce que je ne souhaite pas entendre. Je sens que peu importe l'annonce qu'il aura à me faire, elle ne me fera pas plaisir. J'établis déjà une liste de toutes les choses que je vais devoir faire avant de rendre mon dernier souffle. Et je commence à penser à l'explication que je vais devoir donner à certains... Que vais je pouvoir dire à Sharp qui va attendre mes explications ? Et, inévitablement, toutes mes pensées s'enroulent autour de Suileabhan. À cet instant précis, j'aurais voulu l'avoir près de moi, j'aurais aimé entendre ses mots doux et rassurants, j'aurais aimé sentir le contact de sa peau sur la mienne, qu'il plonge ses yeux dans les miens comme il sait si bien le faire. Mais il n'est pas là, je suis seule avec l'infirmier et instinctivement, je ferme les yeux pour ne pas affronter la terrible réalité qui viendra bientôt me frapper.

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Diarmuid commençait à accumuler la liste des symptômes dans sa tête et, au fur et à mesure, il devait bien s'avouer qu'une nouvelle piste s'offrait à lui. Mais d'abord, il voulait procéder à cette auscultation magique. Et comme Sixtine lui avait donné son accord, il put la faire dans la foulée du reste. Très vite, il eut de quoi confirmer à la professeur ce qu'elle avait ressenti par elle-même. "En effet, le flux magique est faible. Ce n'est pas alarmant, mais ça vient en confirmation de ce que les sorts ont déjà dit, un fatigue généralisée physique et magique." Informa le jeune homme en retirant ses mains de l'épaule et du genou de la femme aux cheveux bruns.

Il fit ensuite venir à lui une potion et un petit récipient. Jamais il n'avait eu à l'utiliser jusque là et, pour tout avouer il préférait encore que ce soit avec une professeur et non une élève. La fiole et le tout petit godet se posèrent doucement sur le guéridon à ses côtés. "
Pour la suite j'aurais besoin d'un prélèvement de sang, quelques gouttes au bout du doigt suffiront." Il était à peu près persuadé que l'ancienne Auror avait déjà dû vivre ce genre de piqûre par le passé. Les médicomages pouvaient aussi en avoir besoin pour des tests de santé. Baguette en main, il n'attendait que l'accord de la femme pour procéder au geste qui permettrait de savoir avec certitude si ses présomptions étaient bonnes ou non.

Quand ce serait fait, il fit perler le sang et tomber juste ce qu'il fallait dans le godet. Maintenant, il fallait patienter un peu et Diarmuid, posé se permit de demander. "
De quand date tes dernières menstruations?" Du coin de l'œil, il surveillait la potion, pour le moment, la couleur n'indiquait rien qui puisse faire pencher le test dans un sens ou dans l'autre. "A ce stade, tout laisse à penser que c'est lié au cycle menstruel." Qu'elle soit dans un syndrome pré-menstruel particulièrement fort, enceinte ou bien au tout début de la ménopause, il ne pouvait pas dire plus vrai.

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L'infirmier venait de confirmer mes doutes, mon flux magique était plus faible que d'habitude. Mais, le fait de le savoir ne me rassura pas, bien au contraire, je sentais petit à petit le stress m'envahir et bien que je sache le contrôler, je savais qu'il ne me laisserait pas dormir ce soir.

Il préleva un peu de mon sang pour procéder à un autre test, car il lui fallait faire toujours plus de test pour comprendre mon état. Il avait attendu durant quelques minutes ou n'était ce que quelques secondes ? Le temps me paraissait incroyablement long, je voyais avec beaucoup de détail chaque scène qui se déroulait sous mes yeux. J'avais cette impression que tous mes sens étaient exacerbés. Et la question tomba. Mes menstruations. J'étais de nouveau plongée dans ce cercle vicieux que j'avais déjà vécu à Poudlard alors que je m'apprêtais à être une jeune diplômée. Et voilà que le même scénario se rejouait. Déjà à l'époque, Suileabhan était là pour moi et maintenant, ou était il ? Et cette chose depuis quand était elle là.

- J'étais tellement préoccupée que je ne suis pas rendu compte de cette absence de menstruation. Je ne pourrais pas donner de date. Dites moi qu'il est possible de le retirer.

Cet enfant je n'en veux pas, je ne veux pas m'infliger une conversation avec celui qui est censé être le père de cet enfant, je ne veux pas assumer la responsabilité de m'occuper d'un enfant, je ne souhaite pas voir mon corps changer. Je ne veux pas infliger à cet enfant une mère telle que moi. J'essaye de contrôler chacune de mes émotions pour ne pas me laisser emporter, je calme ma respiration mais, dans mon esprit j'imagine déjà le visage de cet enfant, je l'imagine rire et jouer avec son père. Je me vois le chérir et l'aimer comme personne ne m'a jamais aimé. Je me vois être une mère alors qu'en réalité, j'en suis incapable.

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Alors que Sixtine lui répondait qu'elle n'était pas capable de lui en dire plus sur son cycle parce qu'elle n'y avait pas porté d'attention pour une raison qu'elle n'évoqua pas. Il n'en avait pas besoin au demeurant et n'était pas de ceux qui creusaient sans raison valable dans la vie privée de ses collègues. Ce qui ne l'empêcha pas de se demander si les préoccupations évoquées n'étaient pas en lien avec l'ami de son père. Briac n'avait pas été très clair dans ses propos, mais la distance qui existait entre Sixtine et Suileabhan depuis la rentrée était évidente pour qui savaient qu'ils se fréquentaient.

Quand la professeur lui demanda de retirer ce qui causait tous ses symptômes, Diarmuid vit la potion virer de couleur. La teinte était sans appel et il lui semblait que la femme un peu plus âgée que sa mère avait déjà compris ce qui lui arrivait. "
Le test confirme ton intuition, mais pour te répondre il faut que je sache depuis combien de temps tu es enceinte. Je veux bien me mettre en porte à faux si tu es à moins de sept semaines. Je peux obtenir la recette de la potion, mais au delà je n'ai pas les compétences et j'ai peur qu'il faille suivre la procédure légale." La loi était assez claire, il fallait l'avis de deux gynécomages, pour obtenir l'accès à l'interruption volontaire de grossesse. Lui était pédiatromage, c'était hors de son activité. Pour une adolescente il aurait refusé. Pour la femme allongée sur la table d'auscultation c'était différent pour plusieurs raisons, même si lui même n'était pas à l'aise avec l'idée d'arrêter une vie à peine naissante. Si c'était à l'aide d'une potion, c'était à la femme de prendre la décision de la boire ou non. Dans l'autre cas, un médicomage était impliqué... Il savait que lui ne pourrait pas le faire.

- "
Il faudrait que je sache où en est son développement pour en dire plus. Et donc que je fasse un examen dans ce sens. Je peux?" Demanda-t-il à sa patiente du moment en désignant son ventre, le seul moyen d'avoir une idée de la date du début de grossesse et donc de ce qu'il était en pouvoir de faire ou non. Et puis il y avait une autre chose... Il ouvrt la bouche pour le mentionner et se ravisa.

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Je n'avais plus aucun doute mais il affirme ce que je sais déjà. En revanche ce que je n'avais pas pris en compte, ce que je n'avais pas calculé c'était le nombre de semaine. Le calcul était simple et rapide, le père de cet enfant ne pouvait être personne d'autre que Suileabhan. Rapidement, j'essaye de compter le nombre de semaine et plus le chiffre augmente plus je sens mon sang circuler moins vite dans mon corps pour s'affoler jusqu'à mon cerveau.

- 10 semaines environs...

Je sais que je vais de voir garder cet enfant, je sais aussi que je lui ai déjà fait beaucoup de mal sans le vouloir. J'ai déjà peur de le tuer, de le priver d'une vie radieuse qu'il n'aura peut être jamais à cause de la mère affreuse qu'il aura eu. Je prie Merlin pour que cet enfant survive, qu'il puisse avoir tout l'amour qu'il mérite, qu'il ne soit pas une victime de plus de mes erreurs. Je cherche déjà un moyen de l'éloigner de moi tout en le protéger ou pour le protéger. La voix de l'infirmier me tire vers la réalité, je suis encore à l'infirmerie.

- Oui bien sur...

J'essayais pas n'importe quel moyen de ne pas replonger dans le flot de mes pensées et ainsi, l'infirmerie ne m'avait encore jamais paru aussi détaillée. Je parviens à sentir chaque odeur et je ne les apprécie pas forcément. Voilà le retour de mes nausées.

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Dix semaines... A la manière dont elle posait cette durée dans la conversation, Diarmuid comprenait que c'était le temps qui s'était écoulé depuis la dernière fois qu'une conception aurait pu se faire. C'était donc la durée minimum de cette grossesse en cours, soit bien au delà du délai d'action possible avec une potion. Et Sixtine l'avait bien compris. Elle connaissait aussi la loi. En admettant que son état date bien de dix semaines et pas plus, elle avait encore la possibilité de choisir, plus ou moins, la suite.

Mais il devait d'abord s'en assurer par l'examen qu'il venait de lui demander. Il n'était pas expert dans l'estimation de l'âge d'un foetus, mais il avait cet espoir un peu fou de pouvoir être plus précis pour sa collègue. L'irlandais laisse la temps à la femme de s'installer puis posa doucement ses mains, avec son accord. La magie fit ensuite son œuvre. "
Je pense que ça fait entre dix et douze semaines. Je ne sais pas ce que tu souhaites faire mais dans tous les cas il va falloir que tu rencontres un gynécomage." Expliqua-t-il doucement à sa patiente dont le regard était dans le vide et le teint particulièrement pâle. Il lui dit la laisser quelques instants seule, il allait même jusqu'à placer le paravent et s'affaira dans le reste de la pièce, notamment récupérer une potion qui calmerait les désagréments dans mettre en danger l'enfant si elle décidait de poursuivre la grossesse. Il lui prépara une note pour la posologie puis patienta qu'elle revienne vers lui.

Le jeune homme, au delà de ses convictions personnelles, voulait simplement donner des précisions à la femme. Comme le fait qu'elle ne devait pas rester seule quelque soit sa décision. Il se mordit la langue pour ne pas évoquer le père potentiel de l'enfant, oui pour lui elle devait le lui dire mais... comment allait-elle recevoir ce message de la part d'un homme? Voilà qu'il était tiraillé entre le secret médical et son expérience personnelle de la question. Fichu dilemme. Il lui donna aussi l'information que les praticiens en cabinet étaient souvent plus ouvert sur les questions d'arrêt de grossesse qu'à Godric's Hollow à son avis et stipula qu'il pouvait lui faire un courrier si elle le souhaitait. Pour le peu de poids que ça pouvait avoir... Diarmuid lui confia enfin la potion avant de la libérer, sauf si elle voulait discuter plus. Mais il en doutait.



PLUS TARD DANS LA JOURNÉE

Cette histoire avait travaillé Diarmuid une bonne partie de la matinée puis de la journée. Pas tant le choix de Sixtine mais ce que lui ferait ou pourrait dire à Annaëlle si jamais ils étaient dans cette situation. Lui en parlerait-elle, même si leur relation était tendue? Il l'espérait. Mais surtout quel était son avis sur la possibilité de ne pas poursuivre une grossesse? Il était tout à fait capable de comprendre que ça soit une perspective effrayante. Il l'avait été lui aussi. Et il l'était toujours quelque part. Bientôt vingt-cinq ans pour lui, vingt-quatre quelques mois plus tard pour sa petite-amie... La seule conclusion possible à son cheminement de pensées était qu'il faudrait bien un jour en discuter. Mais comment pouvait-on amener pareil sujet sur la table au juste?


Je me suis permis de conclure. Si jamais, il est toujours possible de me contacter.

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