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Sigmund était très fier de son pigeon, surtout qu'il dégageait de fabuleuses paillettes qui ne pouvaient que plaire à l'enfant. Hallie se sentait certainement très honorée d'être en compagnie d'un volatile aussi majestueux. De toute façon, s'il y avait bien une chose que Sigmund avait comprise, c'était que les moldus se satisfaisaient de peu, et c'était d'autant plus vrai pour les enfants. Hallie n'était pas une moldue, mais elle avait grandi comme telle. Immensément fier de sa prestation, le professeur de botanique ne répondit à la demande d'un « remboursement » que par un aimable sourire.

Monsieur MacCruimein demandait une rencontre avec la directrice de Poudlard. Sa femme revint dans le salon au même moment. Alors qu'il écoutait sa requête, le sourire du professeur se mua en une expression plus peinée. Évidemment qu'il comprenait leurs inquiétudes, il n'y avait rien de plus normal. Sigmund ne s'offensa pas de la nouvelle insulte que lui faisait l'enfant ; son esprit était bien trop occupé à compatir aux tourments de ses parents pour se soucier de sa métamorphose. Le pigeon retrouvait d'ailleurs déjà sa forme, première, gonflant d'abord jusqu'à ressembler à un gros poulet avant de retrouver tous les attributs d'un vase. Les paillettes soufflées sur les visages étaient retournées dans le matériel initial et l'objet se trouvait à nouveau intact, à son emplacement do'irigne.

« Désolé pour ton défi, ma grande. L'ornithologie, c'est pas trop mon domaine. Tiens, regarde plutôt ceci. » Il déposa devant elle une chocogrenouille, célèbre friandise sorcière. Quand l'enfant ouvrirait l'emballage, elle pourrait constater que la petite grenouille en chocolat ne restait pas bien longtemps en place avant de sauter partout. La confiserie devrait distraire quelque temps l'enfant. L'homme posa un regard qu'il espérait rassurant sur ces deux parents transis d'inquiétude.

« Si vous souhaitez rencontrer un deuxième représentant de l'école, ce n'est pas un problème. Je transmettrai votre requête à la directrice de l'école. Permettez-moi tout de même d'insister sur le fait que, dans tous les cas, Hallie est d'ores et déjà inscrite. Il n'y aura pas de démarches supplémentaires si vous consentez à ce qu'elle rejoigne Poudlard à la rentrée. »

Il restait des coûts, malheureusement, et notamment ceux dus aux fournitures scolaires. L'uniforme, les manuels et la baguette magique - et ce n'était qu'une brève partie de la liste - constituaient des éléments qui creusaient des trous dans n'importe quel porte monnaie, aussi bien garnis soit-il. Voilà qui n'aiderait pas cette famille à prendre une décision... déjà plus ou moins actée puisque Hallie devait dans tous les cas apprendre la magie.

« Et pour votre question, j'ai des enfants, oui. » Il comptait techniquement parmi ses enfants toute personne d'au moins quinze ans sa cadette. Il était donc père d'une immense famille. « Ma fille va sur ses vingt-cinq ans. Ça a été... difficile pour moi aussi de la laisser aller à Poudlard. Je suis un peu papa poule. Ma famille n'est constituée que de sorciers depuis de nombreuses générations, alors nous sommes tous pourtant habitués à ce que nos enfants aillent en internat à partir de leur onze ans. Nous ne sommes jamais vraiment prêts à nous éloigner de nos petits. » Son regard navigua entre les parents et leur fille, Hallie. S'amusait-elle avec sa Chocogrenouille ? Et Poudlard, est-ce que l'école lui plairait ?

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Hallie ne fut pas plus surprise que cela de voir le médiocre pigeon se déformer pour retrouver sa forme d'origine. Elle était plus concentrée sur le fait que le botaniste n'avait pas pu répondre à sa demande, là où il avait été le premier à le challenger. Alors qu'elle s'apprêtait à tourner la tête en guise de frustration, elle vit le moustachu lui offrir un présent : il s'agissait d'une petite boîte hexagonale dans laquelle quelque chose semblait l'attendre.

De leur côté, les parents d'Hallie, Duncan et Lyubov, continuèrent leur interrogatoire afin d'en apprendre plus sur cette mystérieuse école, pour les prétendus sorciers. ils furent rassurés d'apprendre que la rencontre entre la directrice et eux-même allait pouvoir s'opérer. On n'inscrit pas son enfant dans un établissement avant d'y avoir rencontré le personnel, magique ou non ! D'entendre qu'Hallie était déjà inscrite, et qu'ils n'avaient pas grand mot à dire par contre, leur était resté au fond de la gorge. Dans ce cas, pourquoi cette mascarade ? Pourquoi cette illusion du choix ? Quoi que fut leur décision, cette dernière se révélait futile. La sensation d'être piégé dans un coin, dans un lapin dans une cage, renforça le sentiment d'insécurité chez la famille MacCruimein : quelle était la différence entre le retirement de la garde de leur enfant, et la décision d'accepter l'inscription d'Hallie dans une école de magie inconnue ?

Un cours silence régnait dans la salle, venant des deux parents au fur et à mesure que M. Charleston expliquait sa situation familiale. Ces derniers semblaient réfléchir à ce qui venait être dit.

Hallie succomba à la curiosité, et déballa la mystérieuse boîte pour y trouver une friandise : une grenouille en chocolat ! Elle n'en croyait pas ces yeux. Pour elle ! Elle s'en saisit et la porter à sa bouche, lorsque la friandise lui glissa des mains, et fit un bon d'au moins un mètre pour atterir sur le sol, derrière elle. Les yeux globuleux, la petite se retourna aussi vite que l'éclair, et fit un bon en dehors du canapé pour essayer de capturer la grenouille sauvage qui s'empressa de s'éclipser sous les yeux impuissants d'Hallie. Malheureusement pour elle, c'était tout ce dont elle était capable de faire : elle retrouva vite sa forme originelle de chocolat grenouille, le sort se dissipant rapidement.
Hallie effectua un autre saut afin de rejoindre la grenouille. Elle rigolait toute seule face à l'absurdité de la chose. Et puis, sauter comme une grenouille, c'était aussi très drôle !

Lyubov jeta un regard sur sa fille, vérifiant que tout allait aussi bien que possible. Rassurée de voir qu'Hallie s'amusait à faire la pitre afin de gagner l'attention de son auditoire, elle se retourna rapidement vers M. Charleston. « J'ai d'autres questions. Mon mari ici présent travaille à l'usine comme sellier de voiture. Moi je travaille comme aide à domicile. Ensemble, on peut payer le loyer de l'appartement d'Aviemore, régler les factures, et nous nourrir. A la fin du mois, il ne nous reste pas grand chose : soit nous le mettons de côté, soit nous faisons un tout petit cadeau à Hallie. Mais vous savez, ce ne sont que de petites livres sterlings. Si j'ai bien compris... Votre école, Poudlard là, c'est une école privée, n'est-ce pas ? Son regard se maintenu dans les yeux du professeur, cherchant une confirmation non-verbale. Ça veut dire que l'école est libre d'instaurer ses règles, n'est-ce pas ? Or, qui dit école privée dit nouvel uniforme scolaire. Ma question est très importante : existe-t-il des bourses d'études que l'on attribue aux premières années pas magiques de naissance, euh, à des gens comme nous ? On va être franc avec vous : nous n'avez aucun moyen pour pouvoir subvenir à l'inscription de notre fille chez vous, d'acheter du matériel ou des vêtements. Si c'est un point qui pose problème, soit il va falloir lui trouver une alternative, soit elle ne pourra pas aller à Poudlard. On ne peut pas invoquer de l'argent là où il existe pas. »

Hallie avait quitté la pièce, non sans discrétion, en fait, à toute allure, pour se rendre dans sa chambre située dans la mezzanine de l'appartement. Les bruits lourds des marches se firent entendre, alors que les adultes conversaient sérieusement dans le petit salon. Elle fouilla son étagère parfaitement rangée, et ne prit que très peu de temps avant de trouver le livre d'image qui l'intéressait : précis d'ornithologie pour les enfants, édition 2. Sommaire, sommaire, C, la lettre C. Son doigt parcourait les différentes lettres, et s'efforça de trouver la page correspondant au choucas des tours. « AH ! Le voici !, s'écriat la jeune fille. Très fière de sa semi-découverte, elle redescendit les marches à toute allure pour se précipiter vers les genoux du Professeur SuperChelou, tout en lui tenant le précis. Je l'ai trouvé ! Maintenant, p'tête que vous pouvez mel'faire ce choucas des tours ! Allez s'viouplaît, ils sont beaucoup trop cools et mignons ! ». A ces mots s'ajoutèrent une expression faciale irresistible en face de laquelle n'importe quel parent aurait cédé.

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Avec un sourire attendri, Sigmund suivait du regard les jeux de Hallie. Si les chocogrenouilles l'amusaient tant que ça, il ne se gênerait pas pour lui en offrir régulièrement à l'école. Et puisque ses parents ne semblaient pas lui avoir refusé la friandise - ils ignoraient peut-être simplement que c'en était une - Sigmund était venu à la conclusion qu'il n'y avait aucun obstacle entre ses envies de nourrir cet enfant, et la possibilité de le faire. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à croiser les doigts pour que cette petite fille rejoigne Gryffondor ! Il avait d'ailleurs très hâte de rencontrer les nouveaux membres de sa maison, à la rentrée.

Venait la question des finances. Il écouta les parents avec une gêne désolée, et accueillit toutes les questions avant de tâcher d'y répondre au mieux. Accompagnant ses propos de brochures et de la liste des fournitures pour s'inscrire à Poudlard, il évoqua toutes les possibilités qui s'ouvraient à eux, et les solutions à leurs potentielles problèmes pour les frais de scolarité de leur enfant. Ses finances avaient toujours été compliquées avec son ex-femme, et scolariser leur fille à Poudlard avait demandé à chacun de travailler dur pour lui offrir tout ce dont elle avait besoin, neuf et de qualité. Beth avait été fille unique, enfant d'un père fils unique et d'une mère provenant de la classe moyenne. Combiné au fait qu'elle était née baignée dans la magie et eux aussi, ils n'avaient au final pas tant rencontré d'obstacles que se plaisait à se souvenir parfois Sigmund. « Il y a dans tous les cas des solutions, » achevait-il après de longues explications. « Concernant les fournitures scolaires de Hallie, je l'accompagnerai personnellement sur le chemin de traverse pour effectuer ses achats. Malheureusement, les personnes non-magiques n'y sont pas autorisées. Il nous faudra pas plus de quelques heures, je pense qu'on pourra programmer ceci sur la fin du mois d'août, si tout vous convient. Hallie et moi pourrons nous tourner vers des articles de seconde main, ça devrait alléger les coûts. »

Il se garda bien de préciser qu'il connaissait toutes les bonnes petites affaires ; lui qui ne savait jamais se taire avait souvent tendance à trop partager. S'il comprenait les inquiétudes des parents de l'enfant -elles étaient après tout parfaitement fondées, il ne les partageait cependant pas : Sigmund avait personnellement pris comme mission de s'occuper de tous les besoins de Hallie. Sous son aile, la petite fille ne manquerait de rien.

Et justement, cette dernière revenait comme un cognard vers lui, un livre à la main. C'était presque si l'appartement n'avait pas tremblé sous les petits pieds vifs de la fillette. Elle lui désigna un oiseau qui ressemblait en tout point à un pigeon, arguant qu'il s'agissait de la bestiole demandée peu avant. Tout pour répondre aux besoins de Hallie, se disait-il un peu plus tôt ? « Ce n'est pas un pigeon ? » demanda-t-il pour confirmation tant à Hallie qu'à ses parents, vers qui il jeta un regard interrogateur (l'ornithologie n'étant manifestement pas enseignée à Poudlard, de ce qu'ils pourront comprendre...) Il prit le temps de bien analyser l'oiseau pour s'en faire l'image la plus précise possible. Quand en fermant les yeux, il put parfaitement visualiser le volatile, il réitéra le sortilège opéré précédemment pour obtenir cette fois un parfait petit choucas des tours. « Et voilà ! » lança-t-il, tout content. Les paillettes, les couleurs ? Ça manquait, mais l'oiseau ressemblait à un vrai !

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Dépités, les parents écoutèrent avec attention les explications du botaniste en herbe. Ils comprenaient difficilement que l'on puisse imposer une école à leur enfant, et de surcroît, que celle-ci soit payante. Durant son école primaire, la jeune fille avait grandi dans son uniforme, au départ trop grand pour elle. Duncan et Lyubov n'avaient pas pu se permettre de lui racheter des vêtements auprès de l'école, chaque année. Lorsque questionnés sur son uniforme trop grand, les deux parents eurent pris le temps de bien expliquer les tenants et les aboutissants de leur décision. Ils eurent évoqué, entre autres, leur situation de précarité à l'école, et pourquoi cette dernière ne pourrait espérer avoir des vêtements à sa taille. À l'époque, après avoir attentivement écouté ses parents, Hallie avait hoché la tête et s'était contentée de dire, simplement, « oh d'accord, c'est dommage ! ». Aujourd'hui, la rouquine s'était habituée à sa condition, et ce qui la dérangeait vraiment, plus que son petit confort, était les critiques désobligeantes que pouvaient lui faire ses camarades de classe. Il y en avait toujours un chaque année pour trouver quelque chose à dire.

Lyubov prit la main de son époux, et la serra fort, autant que son cœur ne l'était. Ils trouveraient bien un moyen, et allaient bien prendre les devants pour écrire à la directrice de cette école pour en savoir un peu plus sur d'éventuelles bourses scolaires. Pour ce qui est des habits, il devait exister une sorte de Gumtree sorcier sur ce fameux chemin de traverse. Les deux parents espéraient juste que, sur place, l'enseignant ne céderait à aucun caprice de leur fille, au risque de recevoir une facture dépassant leurs moyens. La petite savait qu'elle ne devait pas faire n'importe quoi, et lorsque ses parents lui demandaient, elle leur obéissait au doigt et à l'œil. Cette dernière avait compris que l'argent était précieux, et qu'il ne devait pas être gaspillé, même si la notion de combien coûtait quoi était encore abstraite.

Tout pour le bonheur de leur fille.

Celle-ci, qui était affalée sur les genoux de Sigmund, avait assisté à la magnifique transformation du pigeon en choucas des tours. Le pauvre oiseau battait rapidement des ailes, égaré dans le petit appartement clôt. Hallie se précipita vers la fenêtre du salon, et l'ouvrit à la hâte en manquant de casser le gond. Bien décidé à sauver ce misérable, elle tenta désespérément de guider le volatile hors de cette cage oppressante qu'était leur appartement. Il perdait tellement de plumes lié au stress ! Avec de la persévérance, la petite arriva à ses fins, et le choucas des tours, précédemment pigeon, était hors de danger. Légèrement essoufflée, mais toute fière, la jeune fille déclara solennellement, le torse bombé, « et voilà !!! ».

Lyubov leva les yeux au ciel, et esquissa un sourire. De qui pouvait-elle bien tenir ? Certainement pas d'elle, ni de son mari... La réponse finale devait être confirmée par Hallie : le choix lui appartenait. Voyant que les adultes semblaient avoir terminé leur conversation, elle revint à petits pas vers le canapé, où tout ce joyeux petit monde était installé.
— Nous avons beaucoup discuté, Холлі. Maintenant, le choix te revient. Veux-tu aller dans cette école où l'on t'enseignera la magie ?
Les sourcils d'Hallie se froncèrent. Qu'avait-elle à y gagner si ce n'est de perdre sa famille, ses amis et tout ce qu'elle connaît ? Elle se rappela pendant un bref moment de l'incident qui l'avait faite se déscolariser, et songea. Ces derniers, bien que pas aussi dramatiques, s'étaient révélés de plus en plus fréquent, et Hallie avait bien eu du mal à trouver des explications qui justifiaient ces événements l'impliquant. Intriguée, elle demanda à Sigmund sur un ton ferme. « Est-ce que si j'vais avec vous, j'vais pouvoir faire arrêter les trucs bizarres qui m'arrivent ? Des fois les lumières clignotent, j'ai même vu le feu de la gazinière d'Hisham s'emballer au bar. Est-ce que ça se calme après ou pas ? J'ai que 11 ans !
Si c'est le cas, alors ma réponse est oui, j'accepte. Mais seulement si j'ai le droit de prévenir mon amie. »

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Pendant sa conversation avec Maman et Papa MacCruimein, il n'avait pas échappé à Sigmund que la petite Hallie tentait de faire échapper son vase métamorphosé. Parvenant à gérer deux tâches à la fois - chose rare chez un homme et encore plus un du calibre de Sigmund Charleston, le botaniste parvint à maintenir la conversation à flot et à récupérer l'objet. Ce qui se tramait dans la tête de la fillette était un total mystère pour lui, mais il ne pouvait dans tous les cas laisser un vase métamorphosé en oiseau se balader librement dans une ville moldue : celui-ci retrouverait bien vite sa forme initiale et... bon, vous savez, le secret magique et tout. Dès que l'enfant avait ouvert la fenêtre, le sorcier avait opéré une légère distraction pour qu'elle détourne brièvement le regard - juste le temps de faire disparaître le choucas des tours.

Une fois qu'elle l'aurait certainement pensé envolé, il l'avait dans un soupir fait réapparaître à sa place : sur la petite table bordant le canapé du salon. Secoué par les sorts successifs, l'oiseau avait entrepris sa grotesque métamorphose vers la forme de vase, passant de formes alambiquées et peu flatteuses à des visions de pure horreur tant l'oiseau était déformé. Mais l'outrage était de courte durée : le vase avait son apparence initiale avant que la petite-fille ne revienne vers les adultes.

Lyubov et son époux avaient décidé de laisser Hallie faire son choix. Sur l'instant, le sorcier se félicita d'avoir si habilement - malgré ses piètres compétences en magie - caché aux yeux de l'enfant le sort réservé à son petit oiseau. Voilà qui n'aurait pas plaidé en la faveur de Poudlard. Attendez encore qu'elle découvre qu'on lançait des sorts sur des êtres vivants, et qu'on en disséquait dans les cours de Soin aux créatures magiques... heureusement, le détail du programme scolaire était passé à la trappe pendant les échanges.

Il écouta les questions de l'enfant et secoua négativement la tête à sa requête, désolé.
« Ce que tu appelles des trucs bizarres, ce sont des manifestations de ta magie. Tu vas justement apprendre à utiliser ton don à Poudlard, et à contrôler ta magie. Ce n'est pas un don qui disparaîtra. Mais le fait d'apprendre à le contrôler et à l'utiliser, oui, ça va t'aider à ne plus avoir de manifestations spontanées comme celles que tu as vécu. C'est aussi le but de Poudlard. Notre nature magique ne nous permet pas de grandir et vivre librement parmi les personnes non-magiques sans jamais apprendre à contrôler nos pouvoirs. » Quant à son amie, elle en avait encore une fois déjà la réponse. Le sujet du secret magique avait déjà été évoqué. « Tu ne peux pas dire à ton amie que tu vas dans une école de magie. Mais tu peux évidemment lui dire au revoir, et la prévenir que vous vous verrez moins souvent. » Il s'adressa autant à ses parents qu'à la fillette. « Généralement, les parents moldus indiquent que leur enfant part dans un internat privé, pour justifier de leur soudaine absence. Hallie, c'est ce que tu pourras dire à ton amie. Que tu vas dans un internat loin de chez toi, mais que tu reviendras pendant les vacances. »

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DERNIÈRE RÉPONSE AVANT LA FERMETURE DE CE RP POUR MON PERSONNAGE. Je te laisse clore l'histoire Sig !


C'était non sans avoir essayé. Hallie tapa du pied, mécontente de la réponse que lui avait apporté Sigmund. « Mais alors à qui je peux le dire dans ce cas ?!, s'écria la jeune fille. Morven et Lynn, maon cousaine, sont les gens que j'aime le plus. Si j'peux pas leur dire, ça va trop m'peser à l'esprit ! ». Elle fit la moue, les sourcils, naguère arqués avec une vivacité espiègle, s'affaissèrent comme deux arcs contrariés. Hallie n'était fort douée pour réguler ses émotions, et lorsqu'elle avait quelque chose sur le cœur, les personnes qui l'entouraient s'en apercevait généralement très rapidement. Lyubov avait répondu très rapidement au professeur concernant l'absence de leur fille et regardait maintenant sa fille avec attendrissement. Ce n'était, pour une fois, guère de l'attention que la rouquine recherchait, mais bel et bien une grande frustration qu'elle ne savait comment gérer. La perspective de se retrouver seule dans cette aventure la troublait terriblement.

« Mes ami-es, c'est mes ami-es. En plus Lynn c'est ma famille. Ok iels vont p'tête pas p'voir venir avec moi, mais au moins iels ont le droit de savoir ! C'est super injuste c'que vous m'dites ! J'vous aime pas ! ». A ces mots, Hallie, le regard furieux, croisa les bras et détourna le regard, refusant momentanément tout contact visuel. Lyubov se leva de son siège pour accompagner sa fille dans la salle à manger, loin de la fâcheuse pièce commune. Elle trifouilla dans les casiers du meuble et y trouva une petite pile de papier, qu'Hallie ne connaissait que trop bien. La maman se saisit d'un stylo qu'elle donna à sa fille, pour ensuite lui tendre la feuille. Hallie, bougonne, s'installa sur la chaise et ignora délibérément la feuille pendant quelques minutes, là où Lyubov était repartie voir M. Charleston. Hallie jeta un regard rapide à la feuille, intitulée "Comment te sens-tu ?". Lyubov avait pris l'habitude d'asseoir sa fille lorsqu'elle pétait les plombs, et de la faire réfléchir sur les raisons pour lesquelles elle ressentait une telle émotion, et ce qu'elle pouvait faire pour résoudre la situation, ou pour prendre du recul sur ce qu'elle ressentait. Résignée, et s'empara de la fiche, et se mit à y répondre, avachie sur sa chaise.

De retour au salon, Duncan avait lancé une autre conversation. Il avait résumé les informations qu'ils avaient pu recevoir, et demandait confirmation au professeur. Duncan voulait également savoir ce que la petite allait apprendre à l'école de magie, et ce, plus précisément. Il avait par ailleurs évoqué la nécessité de pouvoir joindre Sigmund au moindre besoin ; il avait besoin d'échanger leur numéro de téléphone.

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Sigmund secoua la tête, désolé.

« J'ai conscience qu'en tant que née-moldue, ton sort n'est pas le plus enviable. Les autres enfants, nés-de-sorciers, ne connaissent pas cette rupture soudaine avec tout ce qu'ils connaissaient. Je suis désolé, Hallie. »

Qu'elle dise ne pas l'aimer, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Il ne le prenait pas personnellement : les petits, ça le connaissait bien. Plus que les adultes qui apprenaient en général à gérer leurs émotions, les enfants avaient cette tendance à déverser naturellement tout ce qui leur pesait sur le cœur. À vrai dire, elle pourrait penser sincèrement ses propos qu'il ne s'en offusquerait pas. Il était celui qui était venu lui faire la grande annonce, celui qui l'arrachait à son quotidien, sa famille et ses amis pour la propulser dans un lieu inconnu. Ses révélations allaient changer drastiquement sa vie et à ce stade, Hallie ne pouvait pas savoir si ces changements s'annonçaient positifs ou négatifs pour elle.

Il laissa sa mère s'occuper d'elle et se fit la remarque, soulagé, qu'il avait bien de la chance que les parents se montrent cette fois totalement coopératifs. Resté dans le salon avec le père de l'enfant, Sigmund achevait d'échanger avec lui toutes les informations qui lui traversaient l'esprit - et répondaient avec soin aux nouvelles questions qui en découlaient.

« ... Histoire de la magie, Botanique, Vol - sur balai évidemment, et Astronomie. Ça fait un total de neuf matières en première année... non, euh... » il compta rapidement sur ses doigts, « ... huit. Et ça peut monter jusqu'à, » reprit-il en levant lentement quatre doigts supplémentaires, « douze matières différentes, à partir de la troisième année. Ah et, on apprend pas les mathématiques chez nous, ou d'autres matières de mol... de personnes non-magiques. Rassurez-vous, on a quand même des cours de langues. Hallie s'intéressera peut-être au langage des Centaures. Ou celui des trolls, qui sait, hein ! »

Lyubov et sa fille étaient de retour dans le salon quand Duncan et Sigmund échangeaient les dernières informations.

« J'ai bien un appareil téléphonique mais il est non fonctionnel, malheureusement. Si ça vous intéresse, j'ai aussi la traditionnelle cabine téléphonique rouge, elle sert parfois de refuge aux gnomes l'hiver. Tenez, envoyez votre courrier à cette adresse. » Il lui fourra dans la main l'adresse de Poudlard destinée aux parents moldus. Acheminé à un bureau de poste qui faisait l'intermédiaire, le courrier serait ensuite confié naturellement à un hibou - les vraies bonnes et fiables méthodes. « Un hibou vous apportera réponse.»

Près de la porte d'entrée - cette fois-ci, il quittait les lieux de son propre gré, Sigmund avisa un instant Hallie avec une note de fierté. Il lui épargna le tapotement amical sur l'épaule - qui savait dans quelle humeur elle se trouvait, et ne la gratifia que d'un large sourire perdu sous sa moustache.

« À bientôt, ma grande. On se retrouvera pour faire les boutiques, tu verras, ça sera super chouette. » Il hocha la tête avec bonhomie. « Madame. Monsieur. À bientôt. » Et ainsi s'achevait sa première rencontre avec des parents d'élèves moldus...
- FIN -

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