Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l'été !

Ernest grimaça à l’interrogation d’Eileen. Depuis le début des vacances, il avait déjà eu le temps de lire ou de relire quelques livres. Bien évidemment, il avait déjà parcouru les programmes de l’année qui allait venir dans toutes les matières. Et il s’était retrouvé confronté à plusieurs obstacles quant à la manière d’organiser ses notes et de les répertorier. Principalement le fait que la magie, c’était un tout et que bien souvent un cours de métamorphose se recoupait avec un cours de botanique, qui se recoupait avec un cours de sortilèges et ainsi de suite.

“J’ai pas réussi à décider encore… En attendant… bin… j’ai un carnet de vacances… enfin… mais p’t’être que j’vais reprendre tous mes cours pendant les vacances… Il me faudrait peut-être un grand tableau aussi quoi… ou un mur… pour avoir une vue d’ensemble…”

Chez lui à Camden Town, ce ne serait pas difficile. Il suffirait qu’il décroche les vieilles affiches rétro de dragon que sa mère lui avait fait encadrer. Quelques punaises et ça ferait l’affaire. Mais à Poudlard, il ne pourrait pas s’octroyer un morceau de mur des dortoirs comme ça, juste parce qu’il en avait envie. Ou besoin. La question d’Eileen le sorti de ses rêveries.

“Ah non non… l’oïdium c’est un champignon… enfin à la base… et ça d’vient une maladie cryptogamique… enfin ça se transmet… enfin c’est le champignon qui cause la maladie… et euh… bin ça a le même nom…”

À cet instant, le garçon réalisa que son discours devait paraître être du Gobelbabil. Avec Lucy, sa mère, ça paraissait beaucoup plus simple de parler de plantes. Plus évident. D’ailleurs d’une certaine manière, c’était peut-être un langage entre eux deux. Et c’était probablement pour cette raison qu’il se sentait beaucoup plus à l’aise avec le Pr Charleston qu’avec tous les autres professeurs.

“Si tu veux… c’est comme une poudre blanche qui attaque les feuilles des végétaux… Et ça va sur pleins de plantes différentes… les courges… les tomates… les vignes… les chênes aussi je crois… mais tu vois… le champignon sur le chêne, il ira pas sur la tomate… mais c’est le même… sauf qu’il est un peu différent… chacun son hôte…”

Il lui adressa un sourire timide en l’entendant dire qu’elle adorait discuter avec lui et ses pommettes se colorèrent une nouvelle fois d’un léger rose avant qu’il ne baisse les yeux. Il s'abstient néanmoins de la contredire. Ou de trouver une raison pour justifier quoi que ce soit. Cette fois, il se contenta seulement d’accepter ses paroles, comme une légère caresse sur la joue.

Ernest ne put s’empêcher de faire la moue en entendant la rouquine parler de sa mère. Il savait qu’elle avait raison. Il savait que l’important était qu’elle y trouve son compte. Mais n’empêche, avec tout ce qu’elle savait, elle aurait pu être une super exploratrice. Écrire des livres super pointus sur des plantes hyper rares. Devenir une référence et faire comprendre aux gens à quel point chaque geste compte.

“Ouai… nan… c’est sûr… c’est bien…”

La conversation prit un virage pour atterrir sur les créatures magiques et la communication entre les espèces. Après tout, eux aussi étaient des créatures. En tout cas, ils étaient des mammifères et magique ou non, ils avaient tous des points en commun.

“J’vais souvent parler à ma plante dans la Serre de M’sieur Charleston. Des fois je me dis qu’elle communique aussi… c’est juste qu’on a pas encore appris à les entendre… ou que les gens écoutent pas suffisamment fort… p’t-être… ?”

Dans un nouvel élan, la demoiselle saisit son bras pour l’emmener vers la suite. Son enthousiasme était communicatif. Et puis Ernest était dans son élément. Un sourir bien plus franc pour réponse, il pointa le doigt vers une autre imposante Serre.

“On peut aller voir la Serre de la Princesse de Galles, c’est encore plus impressionnant… c'est limite un labyrinthe ! J’crois que c’est ma préférée…”

649 mots

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Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l'été !
La jeune fille sentait une sorte d'inquiétude dans l'explication du jeune brun. Il cherchait encore. Elle n'aimait pas qu'il se sente en difficulté. Aussi proposa-t-elle une idée.
- "Est-ce qu'un reducio sur un tableau ne serait pas utile ? Tu l'agrandirais quand tu auras besoin de le faire..."

C'était la première chose qui lui était venue mais elle se demandait si c'était le meilleur des avis qu'elle avait eu... Elle savait qu'il n'irait pas sur un classeur ou un système de fiches comme elle. Il voulait garder un rangement par carnet. Ils l'avaient suffisamment évoqué ensemble lors de leur première rencontre à la bibliothèque. Comment faire pour rentrer dans un carnet toutes les connaissances et les réflexions d'un jeune garçon sur sa scolarité ?
- "Quand certains éléments sont associés à une matière en particulier, tu peux éventuellement choisir un code couleur. Par exemple, le jaune pour les sortilèges, le vert pour la DCFM... Comme ca, si tu as un sort en lien avec la botanique, tu peux mettre les deux codes couleur... Qu'en dis-tu ?"

Eileen restait curieuse et profondément intéressée par les actions de son ami, aussi lui demanda-t-elle :
- "Tu me diras quand tu auras trouvé ton organisation ?"
Elle sentait que c'était comme une épine de son pied et qu'il serait très enthousiaste lorsqu'il aurait trouvé une solution à son dilemme. Elle voulait profiter de la joie de son interlocuteur lorsque l'éclair de génie se ferait dans son cerveau.

Il avait déjà tellement de brillantes inventions qui germaient dans son esprit, dont il n'avait pas conscience. Pour lui, il était normal de penser à mener des expériences avec les sortilèges qu'ils apprenaient en classe, il était naturel de produire autant d'idées, d'avoir autant d'envie d'apprendre, de tout savoir. Il ne se rendait pas compte de la gemme qu'il était. Il avait seulement besoin de prendre conscience que toutes les personnes à qui il laissait une porte s'ouvrir sur son monde ne pouvait que l'apprécier. Elle avait eu cette chance et elle remerciait le jour où il s'était ouvert à elle. Elle se demandait parfois si Felix felicis n'aurait pas été versé dans son jus de citrouille ce jour-là par erreur. Une erreur bénéfique, qu'elle bénissait presque. Elle voulait l'aider à prendre confiance en lui. Il méritait tellement d'être heureux.

Elle écouta avec attention l'explication sur le champignon. Il avait beau croire, il savait se mettre à sa portée quand elle ne connaissait pas un terme, il le lui racontait très bien.
- "C'est un peu comme le lierre en quelque sorte. C'est une plante envahissante mais elle n'envahit pas tout..."
Après une réflexion, elle ajouta :
- "Le problème d'une poudre, c'est qu'elle peut plus facilement s'envoler qu'un lierre qui rampe. Donc ca doit être plus gênant comme envahisseur..."

En proposant une plante un peu similaire, elle faisait de la reformulation, s'assurant qu'elle comprenait bien tout en relançant le sujet de conversation et tentant de trouver un exemple prouvant qu'elle avait bien emmagasiné ce qu'il venait de lui dire.

Il avait l'air dubitatif au sujet de sa mère. Il avait de grandes ambitions pour elle mais l'ambition n'était peut-être pas son truc...
- "C'est ta mère sorcière n'est-ce pas ? Elle était à Poudlard ? Dans quelle maison ? Peut-être que son ambition à elle est de prendre soin de ses plantes et de sa famille..."

Lorsque l'adolescent lui expliqua qu'il parlait aussi aux plantes, elle se sentit un peu moins gênée de le faire aussi et son raisonnement se tenait parfaitement :
- "Tu crois qu'un jour on pourra parler le langage des plantes ? Ca doit être quelque chose de pouvoir échanger avec un arbre qui a des centaines d'années !"

Rapidement, ils se dirigèrent vers la serre de la Princesse de Galles. Elle était si enthousiaste de cette journée qu'elle sautillait presque au bras de son ami.
- "Allons-y ! Dis, pourquoi elle s'appelle comme ca ? Pourquoi c'est ta préférée ?"

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Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l'été !
Ernest ouvrit de grands yeux. C’est qu’elle en avait des idées, Eileen. Et elle avait l’air de connaître tellement de sortilèges. Il avait déjà entendu parler du sortilège de réduction, mais ça ne devait pas être un sortilège de deuxième année, ni même de troisième année, sinon il en aurait su plus. Quoi qu’il en soit, le problème restait toujours le même. Il ne connaissait pas ces sortilèges et il n’était pas certain d’être capable de les lancer. Dans sa tête germait déjà l’idée d’essayer malgré tout. Une idée qui butait contre le souvenir confus de s’être évanoui en tentant de jeter un sortilège plus puissant.

“Mais.. je sais pas le lancer, Reducio… et… bin j’crois pas que ça existe des sortilèges qu’on puisse actionner comme ça, comme en appuyant sur un interrupteur… enfin, je suis pas sûr…”

Voilà une toute autre question, une nouvelle hypothèse qui s’allumait dans un coin de sa tête. Il avait lu le chapitre sur les artefacts du manuel de deuxième année mais pas encore eu le temps de creuser la question. Est-ce que ça existait un artefact qu’on allume et qu’on éteint ? Un peu comme un rappeltout ? Il y avait tant à faire ! Et les listes qui s’étendaient toujours plus. Il se frotta l’arrière du crâne en tentant de visualiser les couleurs. Ça ne coûterait rien d’essayer. Mais il avait l’intuition que la réponse qu’il cherchait se trouverait dans l’indexion. Il ne savait juste pas encore comment.

“J’essaierais pendant l’été, avec mes notes de l’année dernière… je te dirais…”

Léger frémissement des lèvres. Nouveau coup de rougeur. Ernest collectionnait les promesses d’avenir que lui tendait la jeune fille sans s’en rendre compte. Ou peut-être que si. Implicitement, ils semaient les rendez-vous sur le chemin à venir.

Quand ils commencèrent à parler de plantes, de champignons, et de flore en tout genre, l’adolescent était d’un aplomb extraordinaire. La maîtrise lui donnait plus de confiance en lui et il oubliait la timidité face à ces choses qui paraissaient si naturelles pour lui.

“Ouai, le lierre aussi… il parasite… mais il rend pas nécessairement la plante malade… il peut l’étouffer cela dit… Mmm.. c’est pas vraiment une poudre qui vole… mais par contre, ça se propage avec l’eau, quand il pleut… ça s’appelle le splashing… tu vois… les gouttes éclaboussent et…’fin… ça va un peu partout…”

Des plantes, la discussion dévia sur Lucy, sa mère. Ernest n’avait pas l’habitude d’en parler beaucoup. À Serpentard, il se défendait bien d’aborder le sujet de la famille quelque soit les circonstances. Blair était la mieux informée. Noah avait sûrement dû faire des suppositions, ils partagaient la même chambre. Il en avait un peu parlé avec Alaska. Parce qu’elle aussi, était une sang-mêlée.

“Euh… nan.. Lucy, c’est ma mère moldue… c’est elle, les plantes… Ma mère sorcière, Elianor, elle est auror… enfin elle était… maintenant… elle travaille toujours au conseil mais… ‘fin je suis sûr de ce qu’elle fait exactement… elle en parle pas beaucoup… Elle était à Serpentard aussi…”

La fameuse. Si Ernest admirait ses deux mères et les aimaient toutes les deux profondément, il avait mis Elianor sur un piédestal qui le forçait à lever les yeux jusqu’au soleil pour l’y apercevoir. Ou alors c’était elle, le soleil.

“Je crois que c’est déjà un peu le cas… les plantes nous disent déjà vachement de chose… elles nous donnent des informations sur la météo… sur la composition des sols… sur le passé aussi… c’est comme tout plein d'indices qu’elles laissent derrière elles pour nous faire comprendre des trucs…”

C’est de cette manière que sa mère lui avait appris à l’envisager depuis qu’il était enfant. Observer, écouter et interpréter les signes.

“T’as pas dit que tu voulais apprendre le Botrucs… ils sont considérés comme des créatures… mais si tu réfléchis bien… c’est quand même un peu des végétaux… enfin entre les deux… alors si on peut leur parler à eux…”

Les hypothèses se formaient dans son esprit aussi vite que les réflexions entre les deux adolescents s’échangeaient. Et tout en marchant, le petit brun s’enthousiasmait à nouveau.

“Cette serre est incroyable ! Les moldus arrivent à créer au moins une dizaine de zones climatiques différentes qu’ils contrôlent avec leurs ordis… Et puis c’est un vrai labyrinthe et il y en a de tous les côtés… chaque fois que tu poses tes yeux quelque part, tu découvres un nouveau truc… et puis… c’est là qu’il y a les plantes carnivores…”

L’une des grandes passions d’Ernest. Il en élevait d’ailleurs quelques spécimens dans leur serre, à l’aide de sa mère pour les plus fragiles.

764 mots
Dernière modification par Ernest Stevens le 18 nov. 2023, 20:12, modifié 1 fois.

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Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l'été !
Eileen n'avait aucune idée de quand ils apprendraient à jeter le sortilège de reducio. Elle en avait entendu parlé, elle ne savait plus comment et avait trouvé l'idée intéressante. Comme beaucoup de choses, l'information avait rejoint un coin de son cerveau, reléguée à un moment où elle pourrait servir.
- "Il y a des sorts qui sont par défaut dans les objets donc pourquoi pas ! " Elle pensait par exemple à tous les sortilèges qu'il devait y avoir sur un balai pour qu'il pusse voler. Sa mère avait aussi jeté un sort sur le sac dans lequel elle transportait Mochara pour que celle-ci ne souffre pas du trajet.

Elle aimait beaucoup l'idée de son condisciple :
"L'idée d'un interrupteur ce serait quelque chose à explorer ! Tu appuies ca réduit, tu rappuies ca remet à la taille normale. Un peu comme l'électricité qui permet de faire "jour/nuit"..."
Si les moldus y étaient parvenus, pourquoi les sorciers ne le pourraient-ils pas ?
- "Il faudrait en parler à Miss Priddy ou à quelqu'un qui est doué en bricomagie."

Les couleurs semblaient ne pas convenir non plus au garçon pour son carnet mais il était le plus à même de savoir ce qui lui irait le mieux. Aussi acquiesca-t-elle quand il lui promit d'essayer et de le revenir sur ce qu'il avait mis en place.
- "J'ai hâte que tu me dises !" lanca-t-elle avec ferveur, consciente du fait que ca signifierait un nouvel échange avec son ami dans un futur pas si lointain, consciente aussi du fait qu'il partagerait avec elle son bonheur d'avoir réalisé une nouvelle expérience. Elle aimait le voir heureux.

Eileen avait bien fait de reformuler car cela lui permit de mieux identifier l'erreur qu'elle avait faite. Elle comprenait mieux le problème :
- "Ca passe uniquement dans l'eau en surface ou ca s'infiltre aussi dans les racines ?" inquiète "Ca dévaste tout en fait..." demanda-t-elle apeurée.
Comme les Humains, les plantes avaient besoin d'eau. Si l’oïdium s'immisçait dans la terre, ca pourrait être dangereux pour les sols, les arbres, les plantes... Elle imaginait d'ici la catastrophe naturelle.

Elle avait vu une fois une forêt ravagée par une tempête. Elle avait eu mal au cœur de voir ces arbres arrachés, les trous dans les ramures et les espacements au sol. Elle avait presque souffert physiquement de voir cette désolation. Comme si un grand cri silencieux avait surgit de la multitude de la nature décimée. Ca avait été une sorte de génocide de la nature. Les adultes n'avaient pas semblé appréhender la souffrance qui irradiait des végétaux... mais elle, elle avait entendu ce cri qui avait percé son être et l'avait marqué profondément. La forêt était comme morte, en deuil. A tel point que le bruit des animaux avait fait place à un grand silence, révoltant en un lieu si plein de vie.

Elle tressaillit puis revint à la conversation. Attentivement, elle prit note mentalement des explications de l'adolescent. Elle s'était rendue compte qu'elle mélangeait ses deux mères.
- "Désolée, je me suis emmêlée les pinceaux... Donc c'est Lucy qui t'emmène au marché des fleurs et c'est Elianor à qui tu voudrais ressembler" conclut-elle.
Et quelque part, il lui ressemblait déjà, cherchant l'excellence et étant dans la maison qu'elle.

Elle adorait la vision d'Ernest sur les choses. Il avait le don pour lui ouvrir des perspectives. Le faisceau d'indices sur les plantes, elle n'y avait jamais pensé en ces termes.
- "Tu as raison ! Quand on y pense, un botaniste est un enquêteur en herbe" rit-elle, fière de sa trouvaille.
Elle riait mais une ampoule s'était allumée dans son esprit : un archéologue étudiait le passé à travers les pierres, un botaniste à travers les plantes...

Elle imagina un Mr Charleston en mode détective, avec une pipe et une loupe, penché sur les plantes. Enfin, ce serait probablement plus un microscope. L'image la fit sourire, aussi la partagea-t-elle :
- "Ca irait bien à notre professeur l'imper de Sherlock Holmes ! Par contre, il n'a pas de Watson... à moins que ce ne soit Mr Dawson. Ils ont l'air de s'être beaucoup rapproché en fin d'année."

La remarque du garçon sur les langues reçut un vif hochement de tête :
- "C'est vrai ! Les botrucs sont des plantes qui parlent ! J'ai tellement hâte de pouvoir échanger avec eux... Je sais que je vais devoir être patiente pour apprendre leur langue mais je suis certaine qu'ils ont beaucoup à nous apprendre ! Et toi, tu aimerais apprendre une langue magique ?"

Eileen vit le brun s'enflammer. Ses yeux pétillèrent lorsqu'il lui expliqua ce qui l'attendait pour la suite de la visite.
- "Je ne m'y connais pas du tout en plante carnivore. Tu veux bien m'initier ?"
Elle se doutait que ce sujet de conversation permettrait un nouvel échange instructif entre eux.

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Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l'été !
Eileen suivait sans peine le cheminement de pensées de l’adolescent, pour son plus grand plaisir. Cette idée d’interrupteur titillait méchamment sa curiosité. Avec toutes ces discussions et ses hypothèses, le carnet ferait peut-être mieux de ne pas retourner dans le sac. C’est qu’il y en aurait des choses à chercher, à tester, à explorer. La plupart devrait attendre d’être à Poudlard cela dit. Il y avait toujours les livres et maintenant qu’il avait le droit de se rendre seul sur le Chemin de Traverse, ça facilitait la tâche. Mais Fleury et Bott n’était pas une bibliothèque. On finirait par le remercier poliment s’il y passait tout son temps à lire des livres qu’il n’achèterait jamais.

Il pouvait aussi demander sa mère. Mais elle n’était pas souvent à la maison. Elle rentrait tard, était souvent occupée ou fatiguée. Et puis il n’osait pas toujours. Il avait souvent l’impression qu’il la dérangeait. Elle ne lui avait pourtant jamais formulé ainsi mais c’est de cette manière qu’il interprétait les silences et les discussions à mi-voix entre ses deux parents. Le ton qui retombait quand il passait à proximité.

S’il admirait énormément sa prof de Sortilèges qu’il mettait sur le même genre de pied d’estale que sa mère ou que sa Directrice de maison, Ernest déployerait tous les moyens de recherches à sa disposition avant d’oser aller demander directement quelque chose à un professeur. Pourtant, c’est vrai qu’elle devait certainement être la mieux placée pour lui répondre.

“Je vais déjà essayer de chercher de mon côté et puis si on trouve, on pourra toujours se l’écrire…”

Pour continuer cette correspondance qu’ils avaient entamé. Il n’avait pas été dit explicitement qu’elle continuerait mais Ernest espérait bien qu’Eileen continue de lui écrire une fois qu’elle serait rentrée en Irlande. Ses lettres rythmaient ses longues journées de vacances où il s’ennuyait à en mourir.

L’adolescent secoua la tête en signe de négation.

“Non, non, ça ne s’attaque qu’aux feuilles, aux tiges et éventuellement aux fruits… et puis enfin.. ça dépend aussi du stade de la plante… si elle est composée de plus de matière carbonée ou azotée… enfin vieille ou jeune quoi…”

L’adolescent posa un instant sa main sur l’épaule de la jeune fille pour la rassurer une nouvelle fois. Comme lorsqu’il avait parlé des chats et des animaux laissés à l’abandon, la souffrance des créatures et des plantes semblaient toucher Eileen à un niveau peu commun.

“Nan mais… ça va pas sur les autres plantes… ça se propage pas comme ça, t’inquiète… ça peut pas tout dévaster… et puis… c’est le cycle de la nature… un peu comme la chaîne alimentaire des plantes si tu veux… c’est juste la vie…”

Il trouvait dans ces cycles toute la logique et la rationalité dont il avait besoin pour se sentir en sécurité. Ce qui ne voulait pas dire qu’il n’éprouvait pas de compassion mais il louait un grand tout qui avait ses propres objectifs et il respectait ça. Il acceptait de ne pouvoir avoir de prise sur les éléments et c’était probablement les seuls moments où il était capable d’accepter son impuissance. Face à une nature bien plus grande que lui. Mais pas face aux Hommes.

Une légère moue se dessina sur son visage à l’expression d’Eileen. Ernest n’aimait pas être pris en flagrant délit de préférence entre ses mères. Il les aimait de la même manière. De tout son cœur.

“Nan… ‘fin… Elles sont toutes les deux supers douées quoi… supers intelligentes aussi… J’voudrais juste… bin qu’elles soient fières de moi… toutes les deux…”

Derrière ce bout de phrase se cachait la partie immergée de l’iceberg. En glanant des informations de ci de là, Ernest en avait appris plus de cette famille qu’il ne connaissait pas. Sur ces sorciers de sang pur et de lignées anciennes. Et il avait l’impression de faire tâche au bout de cet arbre généalogique. L’impression que sa mère avait rompu la branche qui la reliait à cette même famille pour l’amour de sa mère, et de lui. L’impression qu’il fallait qu’il soit à la hauteur de cet amour étant donné tous les sacrifices qu’elle avait fait.

Un nouveau sourire élargit son visage. Enquêteur en herbe, c’était plutôt bien trouvé. Il aimait beaucoup l’expression. Et c’est vrai qu’il aimait enquêter et explorer les zones d’ombre autant que la nature et son jardin. C’est vrai que le Professeur Charleston, avec sa moustache, il aurait un peu la touche d’un Sherlock de la botanique.

“Je… connais pas encore vraiment le prof de Soins aux créatures magiques… mais t’en parles toujours avec beaucoup d’enthousiasme…”

Le Professeur Dawson était effectivement le Directeur de maison des Serdaigle et ces derniers ne tarissait pas d’éloge à son sujet. C’était bien différent dans la maison des verts et argent. D’ailleurs, à bien y réfléchir, Ernest avait rarement vu sa directrice dans la salle commune de Serpentard.

“J’voudrais bien m’inscrire aux ateliers Jobarbille ouai… mais je sais pas encore trop quelle langue… elles ont l’air toutes bien et puis y en a pas une qui semble plus importante que les autres quoi… elles sont toutes différentes et intéressantes dans leur genre…”

La question tournait depuis presque une année dans sa tête. La première langue qui lui était venu était celle des centaures. Mais il n’y en avait que de faibles communauté et ce n’était vraiment pas quelque chose qu’on utilisait tous les jours. C’était probablement utile pour l’astrologie et même si Ernest aimait beaucoup cette matière, il ne pourrait pas les suivre toutes arrivé en troisième année.

S’il y avait bien un sujet sur lequel Ernest aurait pu s’épancher des jours et des nuits, c’était bien les plantes carnivores. Depuis qu’il était petit, elle le passionnait. Il avait reçu son premier spécimen pour son cinquième anniversaire et avait appris, à l’aide sa maman, à s’en occuper. Un bon moyen de se responsabiliser. Plus facile qu’un chat ou qu’un chien et tellement plus intéressant qu’un poisson rouge.

Ce fut au tour d’Ernest de prendre une nouvelle fois la main de la demoiselle pour l’entraîner avec lui. Son enthousiasme était un peu comme un shoot de caféine. Il semblait survolté.

“Viens ! Je vais te montrer !”

Tout en marchant. Si on pouvait encore appeler ça marcher, il commença la leçon d’histoire.

“Quand ils ont construit la serre, ils ont enterré une capsule temporelle avec les fondations… dedans ils ont mis pleins de graines de plantes potagères… des variétés anciennes et tout… des espèces menacées… C’est comme un trésor sous la serre…”

1079 mots

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Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l'été !
Lorsqu'Ernest proposa de lui écrire la réponse quant à la question de l'interrupteur, elle acquiesça vivement :
- "Tu crois que tu trouveras cet été avant notre retour à Poudlard ? Sinon, tu me diras là-bas..."
Elle se demandait si c'était un trop grand espoir que d'imaginer qu'Ernest pensait déjà à lui écrire pendant les prochaines vacances... A moins, qu'il ne veuille lui écrire à l'école... mais ils pouvaient se parler, se voir à Poudlard... Il n'y avait pas besoin de mots sur du papier, n'est-ce pas ?

Soudain inquiète, elle tenta de cacher son trouble par un sourire maladroit. Elle ne voulait pas gâcher le moment par une anxiété inadaptée, elle ne voulait pas non plus avoir de doute, elle voulait cacher cette crainte, l'évacuer, la voir s'envoler. Aussi osa-t-elle :
- "De toute façon, on s'écrira pendant les prochaines vacances n'est-ce pas ?"
Un fol espoir vrillait dans sa voix, comme si sa vie en dépendait. Et si elle l'avait analysée en cet instant, elle se serait peut-être rendue compte qu'il y avait du vrai dans cette affirmation. Elle ne se voyait pas rompre le contact, elle voulait toujours le garder près de son cœur

Qu'est-ce qu'il pouvait être savant lorsqu'il parlait de plante, elle devait lui sembler bien ennuyante à poser des questions. Pourtant, elle aimait comprendre et c'était presque plus fort qu'elle :
- "Carbonée ? Azotée ? Tu veux dire que les molécules de la plante changent en fonction de leur âge ? Un peu comme les hormones chez un être humain ?"

La main sur son épaule lui fit du bien. Elle apprécia le contact, comme elle avait apprécié sa main dans la sienne. C'était doux, c'était chaud et ca faisait quelque chose dans sa poitrine, c''était réconfortant. Comme son explication d'ailleurs. Finalement, l'oïdum était...
- "En fait, c'est plutôt sain dit comme ça..." lui dit-elle en même temps qu'elle lui dédiait un sourire.

Ses insécurités revenaient sur le tapis. Elle ne comprenait pas comment un garçon aussi intelligent pouvait à ce point souffrir de manque de confiance en lui. Qui donc avait sapé cet être et lui avait enlevé la fierté d'être ? Si elle parvenait à en identifier la cause, peut-être que le symptôme serait plus facile à soigner, un peu comme un médecin qui préférait soigner l'os brisé plutôt que la douleur causée par l'os rompu... Le rassurer faisait parti de guérir le symptôme, mais c'était un essentiel aussi : qui était en capacité de supporter la douleur d'un os cassé ?
- "Pourquoi crois-tu qu'elles ne sont pas fières de toi ? Tous les parents sont fiers de leurs enfants ! C'est dans la nature des choses !"

Elle poursuivit :
- "En tout cas, je peux t'assurer que si tu étais le fils de mes parents, ils seraient très fiers de toi ! Tu n'imagines pas toutes tes qualités, toutes tes connaissances, toutes tes compétences... C'est... magique !" Un sourire illumina son visage en même temps qu'elle sortait ce terme qui entendu par n'importe qui parmi eux n'aurait pas eu la signification qu'ils pouvaient y mettre, mais qui pour eux prenait tout son sens.

Mr Dawson aussi était magique et la jeune fille était persuadée qu'il plairait beaucoup à Ernest :
- "Il est bienveillant, il sait écouter et il est très pédagogue. Il a fait beaucoup lorsque je suis arrivée à Serdaigle au début de l'année. Je n'étais pas tout à fait à l'aise, d'être éloignée ainsi du monde dans lequel j'avais grandi... et il a su me rassurer. Pas forcément lui en personne, mais tout le système qui existe dans notre maison pour accompagner les petits nouveaux." avoua-t-elle rêveuse. "Et il adore les animaux ! Quelqu'un qui aime les animaux ne peut être qu'une bonne personne, tu ne crois pas ?"

Eileen comprenait bien ce qu'expliquait Ernest concernant le système Jobarbille : même si son choix était arrêté concernant les Botrucs, elle trouvait intéressant de pouvoir apprendre toutes les langues proposées, même si certaines lui plaisaient plus que d'autres.
- "Tu as raison ! Je me demande si on peut apprendre plusieurs langues en même temps. Ce serait bien, tu ne crois pas ?"

Bien sûr, lorsque leurs mains se rencontrèrent et qu'il l'entraina, la demoiselle ne put que le suivre. Elle était totalement à sa merci, elle l'aurait suivi où il voulait... d'autant plus quand il voulait lui évoquer ce qu'il aimait.
- "Wahou ! C'est un peu comme une banque de graines alors ? Une sorte de sauvegarde protégée dans un coffre pour éviter qu'on les perde !"

762 mots

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Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l'été !
La perspective de percer un nouveau mystère enthousiasmait beaucoup l’adolescent. Et puis si Eileen s’y mettait aussi, ils avaient d’autant plus de chances de trouver une réponse. Surtout elle. Elle était persévérante. Et lui aussi. Nul doute qu’ils feraient de fameux explorateurs. L’idée de maintenir une correspondance scientifique était d’autant plus plaisante qu’Ernest espérait vraiment continuer à écrire à la demoiselle. Parce qu’en y pensant, il détestait la pensée de mettre fin à cet échange. Les lettres, c’était un peu comme de poursuivre cette journée et refuser qu’elle prenne jamais fin. Ne jamais rompre le contact.

“On pourra se tenir informer de nos avancées et de nos découvertes…”

Ses joues rosirent une nouvelle fois. C’était plus facile de se cacher sous le prétexte d’une question de sortilège que de simplement dire qu’il serait ravi de continuer à lui écrire durant tout l’été. D’avouer également, qu’il passait des heures à lorgner le ciel depuis sa terrasse dans l’espoir d’apercevoir Hybou apparaître à l’horizon. Ce qui faisait beaucoup sourire ses mères et s’échanger des regards de connivence. Mais bien évidemment, elles ne le relevaient jamais pour ne pas mettre l’adolescent dans une position de gène. C’est qu’elles le connaissaient bien.

Un nouveau sourire vint fendre la visage du garçon. Peu de gens savaient réellement de quoi étaient faites les plantes alors qu’elles les entouraient au quotidien. Ou peut-être que ça n’intéressait pas grand monde. Mais ça l’intéressait, elle. Il acquieça vivement avant de se frotter le front, en plein réflexion.

“Euh… je sais pas trop… je… j’m’y connais mieux en plante qu’en gens… mais enfin, c’est de la chimie et j’crois que c’est plutôt très universel la chimie… j’en ai fait juste un peu au collège… mais des trucs pas compliqués…”

Un monde qui ne demandait qu’à être découvert. C’était peut-être son seul regret quand il avait terminé sa dernière année de classe moldue. Dire adieu aux matières scientifiques. Pourtant, elles le rassuraient. Il aimait comprendre jusqu’à la composition de la matière. Apprendre et comprendre, c’était une manière de maîtriser son environnement. Le monde sorcier était bien loin des considérations scientifiques des moldus. Il s’en tenait même très séparé. Ce qui n’empêchait pas l’adolescent d’aller se perdre dans les bibliothèques ou les librairies moldues de temps à autre, tout comme il l’aurait fait sur le Chemin de Traverse.

Rassurée par le discours du garçon, la rouquine avait rapidement retrouvé le sourire, pour le plus grand plaisir d’Ernest. C’est qu’à force de l’observer, il commençait à les reconnaître et à les différencier, sans pour autant être capable de les identifier. Dans sa tête, un nouveau tiroir s’était ouvert. Une nouvelle collection. Les sourires d’Eileen.

Le petit brun fronça les sourcils à la remarque de la jeune fille. Il baissa les yeux et observa un instant le bout de ses baskets, la mâchoire légèrement serrée. Ses mains retrouvèrent leur espace de sécurité, dans ses poches. Bien au fond. Le plus au fond possible. Son esprit lui aussi s’enfonçait. Et ses pensées divaguèrent presque un an plus tôt. Dans un souvenir vivace, coupant. Ce regard vert et froid posé sur lui. Rien que d’y pensé, ça lui filait la chair de poule. Et la manière dont sa mère avait perdu toute assurance, elle qui était généralement plutôt verbeuse, qui n’avait jamais peur de rien. L’auror qui affrontait tous les dangers.

Il se rappelait du reflet qu’il avait eu de lui-même à travers le regard de cette femme qu’il identifierait un peu plus tard comme sa grand-mère. Comme une tare. D’ailleurs le mot qu’elle avait employé n’en était pas loin. Bâtard. Ça non plus, il ne l’avait pas compris tout de suite. Pourtant, en se tournant vers sa mère, il avait entraperçu la fêlure dans son regard. Non, tous les parents n’étaient pas fiers de leurs enfants. Cela n’avait rien à voir avec la nature. Il secoua la tête, tentant de chasser ces pensées de son esprit et de trouver une raison logique à son cheminement de pensée. Quelque chose à répondre à Eileen. Un os à lui mettre sous la dent, peut-être.

“Nan mais… enfin… mes mères elles disent toujours qu’on doit rien considérer comme acquis… les choses… ou même les gens… que sinon, on oublie leur vraie valeur…”

C’était un peu maladroit comme formulation. Jamais l’une ou l’autre n’aurait dit à Ernest qu’il se devait de mériter leur amour et elles n’avaient jamais agit de manière à ce qu’il puisse le penser. Pourtant cette idée avait germé quelque part dans un coin de sa tête.

Un nouveau sourire et des pommettes rosit par le compliment, il releva son regard sur elle.

“L’important avec les connaissances et les compétences, c’est ce qu’on en fait, non… ?”

Ernest n’avait jamais eu la prétention d’être le meilleur. D’ailleurs il savait pertinemment qu’Eileen était plus douée que lui malgré son acharnement. Mais c’était peut-être aussi ce qui faisait son charme. Enfin… son intérêt quoi. Elle était intéressante. Ce qu’il voulait, c’était donner le meilleur de lui-même. Pour ne pas avoir de regrets. Pour ne pas culpabiliser. Pour qu’on ne puisse jamais rien lui reprocher.

La discussion dévia sur Poudlard et sur le professeur de Soins aux Créatures magiques. Une nouvelle fois, le gamin se demanda ce qu’aurait été cette année s’il avait été envoyé dans une autre maison. Serdaigle par exemple. À en juger par le discours d’Eileen, elle avait son Directeur de Maison en très haute estime. Ils semblaient même assez proche de ses élèves. Ce qui était déroutant. Ce n’était pas comme ça qu’Ernest envisageait cette fonction. En tout cas, ce n’était pas l’image qu’en avait présenté Miss Valerion.

“Woaw… vous… discutez avec lui ?”

C’était cocasse comme idée. Il ne s’imaginait pas aller frapper au bureau de sa directrice de maison pour taper la discut’ ou lui parler de ses problèmes. Il avait bien eu une conversation avec elle en aparté cela dit et il ne savait toujours pas quoi en penser. Elle avait écouté ce qu’il avait à dire. C’était déjà beaucoup plus que nombre d’adultes.

L’adolescent savait qu’il faudrait qu’il fasse un choix à la rentrée concernant les langues magiques. Mais il n’était pas prêt. Il ne le serait probablement pas jusqu’au dernier instant. Ce qui ne l’empêchait pas de dresser d'innombrables listes de pour et de contre. D’avantages et d’inconvénients pour trouver la meilleure. Celle sur laquelle il jetterait son dévolu. Mais forcément, s’il n’avait pas à choisir, ce serait bien plus arrangeant. Il les apprendrait bien toutes s’il le pouvait.

Dans son élan, le petit brun se retourna à la remarque d’Eileen et plongea ses yeux clairs dans les prunelles de la rouquine. Elle avait mis exactement le doigt sur tout l’intérêt de sa remarque.

“C’est exactement ça…”

1117 mots

4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
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Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l'été !
La réponse qui lui fut apportée était digne d'Ernest. Sous couvert d'avancées et de découvertes, il acceptait de poursuivre leurs échanges épistolaires. Sa phrase affirmative et sans bégaiement signifiait probablement plus. D'ailleurs, la certitude qui émergea de sa voix était réconfortante pour la jeune fille. Elle trahissait d'autres sentiments, qui eux allaient au-delà de l'intérêt scientifique...

D'ailleurs, en parlant d'intérêt scientifique, le brun évoqua la chimie des plantes. Les matières scientifiques n'étaient pas vraiment l'apanage de l'irlandaise lorsque celle-ci était en cours. Elle était clairement beaucoup plus littéraire.

Etrangement, apprendre par cœur des formules pour faire des maths lui avait semblé abscons, sans intérêt... alors qu'apprendre par cœur des formules de sortilèges était utile dans sa vie quotidienne et pour sa vie future. Elle pouvait tout de suite mettre en application.

Les maths donc ne lui avait pas convenu. La physique et la chimie étaient plus dans son centre d'intérêt même si déjà, il ne lui en restait pas grand chose. De la physique, elle retenait l'importance d'un circuit fermé pour que circule l'électricité avec des pôles positif et négatif. De la chimie, elle se souvenait surtout de la blouse, des béchers et d'un fameux jour où il fallait créer un savon... Elle serait bien en peine aujourd'hui de le refaire !

Alors que l'anglais était pour elle. Elle aimait lire, elle dévorait littéralement tout ce qui lui tombait sous la main. Principalement des romans, mais pas que ! Elle avait l'impression de découvrir des univers, de voyager avec les héros des romans, de s'évader dans des mondes extraordinaires décrivant des pays, des cultures, des expériences qu'elle-même pourrait faire, ferait peut-être un jour !

Sur ce point, les deux enfants ne se rejoignait peut-être pas. La jeune fille était extravertie et s'était naturellement tournée vers les mots, vers un langage parfois aléatoire alors que le jeune garçon était introverti et semblait apprécié beaucoup plus des matières fiables et rassurantes où 1 + 1 égalait 2 et ne pouvait pas faire 3.

Pourtant, elle avait peut-être manqué d'un professeur qui aurait été en capacité de la motiver sur ces éléments chimiques. Peut-être avait-elle trouvé en Ernest un coéquipier qui pourrait l'amener à apprécier la matière. Aussi lui proposa-t-elle :
- "J'ai jamais été très bonne dans les matières scientifiques mais je suis sûre que je pourrais m'améliorer si tu m'aidais. On pourrait peut-être travailler ensemble pour aller plus loin en chimie... Qu'en dis-tu ? "

Elle lançait une pierre dans la mare. elle espérait qu'elle serait rattrapée au bond. Cela permettrait déjà d'assurer la continuité des échanges épistolaires sur leurs "avancées et (...) découvertes" et ca leur donnerait un point commun à l'école, s'ils avaient encore le temps de s'y pencher. Tout était bon à prendre au final pour continuer à parler avec Ernest !

Eileen n'apprécia pas l'état dans lequel sa question concernant la fierté de ses mères le mettait. Il y avait définitivement strangulot sous roche ! Et la réponse qu'il apporta était étonnante vis-à-vis de leur échange précédent. Elle sentait bien qu'il tentait de noyer le poisson. Elle tenta :
- "Il ne faut jamais considérer une relation comme acquise mais s'il y a bien une personne sur cette Terre qui est forcément heureuse que tu sois né, qui soit fière de la personne que tu es, qui porte un amour inconditionnel à qui tu es quoique tu fasses, c'est une mère !"

A l'entendre parler de ses mères qu'il mettait sur un pied d'Estal, l'ancienne auror bien plus que la botaniste - mais elle aussi un peu tout de même, elle était convaincue de ce qu'elle affirmait. Ses mères avaient une relation d'amour profond avec leur fils. Jamais elles n'auraient volontairement mis en doute ce lien vis-à-vis de lui.

Elle pensa tout de même qu'un doute pouvait avoir germé en lui, par elle ne savait quelle manière. Elle imagina la plus crédible dans un monde magique où la seule discrimination majeure qu'elle connaissait était le sang. Or, il était un sang-mêlé comme elle.

Cela avait créé des difficultés dans sa famille à elle. La soeur de sa mère avait rompu avec elle à cause de cela... Se pourrait-il que la famille d'Ernest du côté d'Elianor en est fait autant ? Que potentiellement Ernest ait surpris une conversation et l'ait mal interprété ? Ou qu'il ait vécu une vexation de la part de cette "famille" sorcière qui s'était éloignée d'eux ? Car à n'en pas douter, Ernest ne voyait pas ses grands-parents. Il ne les évoquait jamais. Une cause au symptôme de manque de confiance en lui commençait à émerger dans l'esprit de la demoiselle.

Elle tenta d'aborder le sujet en douceur, se fondant sur l'idée que son intuition n'était pas mauvaise :
- "Parfois, il y a des ruptures dans les familles à cause de choses que l'on peut considérer comme futiles. Comme le statut de sang. Comme le fait que l'on soit un sang-mêlé qui ternit la réputation de sang-pur de la famille... "

Elle laissa un instant le silence planer avant de reprendre :
- "La sœur de ma mère a été très critique vis-à-vis du choix de maman. Elle a eu droit à beaucoup de noms d'oiseaux. Je pense que la relation filiale qu'elles avaient a été totalement polluée par les croyances infondées de celle que je devrais appeler "ma tante" mais qu'au final, je ne considère pas du tout car elle ne mérite pas ce nom. Elle est au final une étrangère pour qui je n'ai aucun intérêt, pour elle comme pour ses opinions. Si elle n'apprécie ni mon père ni moi, grand bien lui fasse, elle pense ce qu'elle veut, mais ca n'a pas à m'atteindre."

Elle espérait que ses paroles trouveraient un écho chez son ami. Partir d'un exemple concret lui donnerait peut-être à réfléchir. C'était tout ce qu'elle demandait.

La discussion tourna ensuite en direction de son directeur de maison :
- "Je n'ai jamais discuté avec lui en bilatéral mais je sais qu'il m'écoutera si j'ai une question. Je pense d'ailleurs que je vais aller le voir pour lui parler des filières à la rentrée ! Je voudrais son éclairage sur les options possibles. Et je pense que je vais en profiter pour lui demander si on peut faire un stage en zone de soins aux créatures magiques, j'aimerais bien travailler avec les animaux !"

Au ton d'étonnement qu'elle avait perçu dans la question, elle se douta que ca ne se passait pas si bien avec Mrs Valerion. La connaissant comme professeure, elle ne s'en étonna pas. Elle n'était pas la plus ouverte et la plus accueillante des enseignantes. D'ailleurs, elle imaginait mal la casquette de DDM sur les épaules de sa professeure de DCFM. Elle devait être lointaine, voire cassante vis à vis des élèves qui osaient pénétrer son territoire.

Elle se demandait si ca passait mieux avec les préfets ou à défaut avec d'autres figures d'autorité. Il était vrai que les Serpentards étaient pour la plupart très indisciplinés, il fallait probablement une poigne de fer pour les tenir. Mais le gant de velours pouvait tout de même faire son apparition pour ceux qui le méritaient, non ? Et si quelqu'un le méritait, c'était à n'en pas douter Ernest !

- "A Serpentard, vous n'avez pas de discussions avec vos préfets ou une autre personne en lien avec l'équipe éducative ?" s'inquiéta-t-elle. Clairement, elle ne trouva pas utile de mentionner leur directrice de maison, connaissant d'emblée la réponse ou en tout cas l'anticipant fortement...

Les yeux dans les yeux après la remarque qu'elle venait de faire sur la banque de graines, Eileen fut soufflée par ce qu'elle vit. Elle en perdit momentanément le souffle. Une certaine fierté de voir qu'elle avait compris, une reconnaissance aussi de quelqu'un avec qui il pouvait échanger en toute confiance sur les sujets qui lui tenaient à cœur.

Elle qui adorait échanger avec Lui se retrouva muette, contemplant uniquement le regard qu'il lui jetait. L'échange dura peut-être quelques secondes -intenses faut-il le noter. Bien sûr, elle eut le temps de rougir. Ses pommettes s'enflammèrent et son regard finit par se détourner avec une sorte de toux provoquée pour masquer sa gêne.

Rapidement, elle chercha quoi dire et trouva sans difficulté :
- "Elle est où cette capsule temporelle ? On peut la voir ? Où elle est trop
profondément enterrée ?
"

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Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l'été !
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de l’adolescent. Pour une fois, c’était Eileen qui avouait avoir des faiblesses alors que ce n’était absolument pas justifié et il sentait une certaine satisfaction de pouvoir lui rendre la pareil en termes de compliment.

“Tu as quand même eu plus de 16 à l’examen de potions… et puis la potion, bin c’est de la chimie en fait… un peu comme la pâtisserie…”

16,8 exactement. D’ailleurs les Potions étaient probablement la seule matière où Ernest avait dépassé la demoiselle. Dès lors que les résultats étaient tombés, le gamin avait peu à peu enregistré les notes de tous ses camarades de classe. Surtout ceux qui l’avaient dépassé. Et contre toute attente, alors que ce n’était pas sa matière de prédilection, Ernest avait battu les records de potions. Tout comme la botanique, il s’agissait pour lui de quelque chose de naturel. Parce qu’il y avait des règles à suivre. Et tout comme la botanique avec sa mère, il avait l’expérience de la pâtisserie avec son Pops. Des heures passées dans le labo du salon de thé à mélanger des ingrédients, à travailler la minutie et la précision. Il s’agissait également des seuls aliments sucrés auxquels il avait accès. Mais la qualité des pâtisseries de son père faisait plier Lucy face à ses règles. La complicité du grand-père et du petit fils aussi certainement.

“Et puis la physique, elle est partout… dans la magie aussi quoi qu’on en dise… quand tu utilises un sortilège de lévitation, faut bien prendre le poids, la gravité et ce genre de truc en compte…”

Ernest observa Eileen les yeux ronds. Il aurait aimé que ce soit si simple, aimé être convaincu par ce qu’elle disait. Mais ce n’était pas le cas. Il avait vu le mépris avec lequel sa grand-mère avait considéré sa mère. Il avait vu la fêlure dans le regard d’Elianor. La douleur qu’engendrait le rejet. Il n’avait aucune idée de la relation qu’avait pu entretenir les deux femmes. Sa mère n’en parlait jamais. Depuis toujours, ça faisait partie des sujets qu’on abordait pas. Cette famille fantôme sur laquelle il ne savait presque rien. Cette famille invisible à laquelle il tentait de s’identifier sans avoir le moindre indice. Ou peut-être juste un. Serpentard. Mais cet état de fait renforçait peut-être plus ses incertitudes, lui qui doutait toujours d’avoir été réparti dans la mauvaise maison.

Eileen mis, sans s’en rendre compte, le doigt sur une blessure dont le gamin n’avait pas conscience qu’elle était aussi douloureuse. Pourtant il savait qu’elle était là. Comme une croûte qu’on ne cessait de gratter et qui empêchait la plaie de se refermer, de cicatriser. Et tout avait commencé chez Serpentard. De ses élèves hautains et arrogants qui se mettaient au-dessus de tous les autres. Tout avait commencé avec elle. Lavinia. Une ridicule piqûre de moustique. Mais chacun de ses regards méprisants, au quotidien, avaient été comme un venin qui s’était insinué dans ses veines et qui avait fini par infecter son cœur. Laissant peu à peu un goût amer à ce choix qu’il avait pourtant fait avec toute sa volonté. Il voulait être à Serpentard.

Et invariablement, la discussion tourna autour de cette maison qui était la sienne. Celle où le choixpeau avait décidé de le placer. Celle qu’il avait demandé pour des raisons bien plus émotionnelles que rationnelles. Une nouvelle fois, il enviait Eileen. Son rapport aux autres avait l’air si naturel, si facile. Et la chance que ce serait de pouvoir passer du temps avec les créatures magiques. Il espérait qu’elle ne fasse pas chou blanc. Même s’il l’enviait, il était déjà en mesure de se réjouir pour elle.

Ernest rougit légèrement, comme s’il avait été pris en faute. La question de la rouquine sonnait plutôt comme un reproche. Pas nécessairement envers lui. Mais il n’était pas particulièrement affable et sa timidité l’empêchait d’aller vers les autres, alors c’était peut-être aussi de sa faute.

“Euh… nan… je… Antonn… euh… c’est un gars occupé… enfin il a l’air… et puis Erza McGowan… euh… je la connais que de vue… Mais euh… Miss Valerion, parfois elle est… différente… enfin… c’est arrivé… que je lui parle… une fois… elle m’a pas punie alors que j’étais en retard pour le couvre-feu…”

Un aparté dans les cuisines et puis dans le couloir devant la salle commune. Ça n’avait pas duré longtemps. Et il n’avait pas été réellement capable de tenir une vraie discussion. Certaines choses avaient été dites. D’autres avaient été entendues. Une rencontre bien trop impromptue qui avait laissé le garçon dans un brouillard opaque là où il cherchait des repères et de la stabilité.

La discussion reprit le chemin de la Serre de la Princesse de Galles. Et dans ces échanges sur des sujets qui le passionnaient tant, Ernest trouvait en Eileen une oreille attentive. Mais pas seulement. Il s’agissait de plus que ça. De la rencontre de deux esprits. De la reconnaissance des idées et de la compréhension innée. Le temps qu’un ange passe. Que les joues s’échauffent une nouvelle fois. Les deux gamins étaient perchés sur un nuage, enveloppés dans un doux coton qui les séparait du reste du monde.

“Euh… je… nan… ‘fin, j’veux dire… on… on peut pas la voir… elle est dans le sol… et… enfin… c’est caché quoi…”

Les mots s’embrouillaient dans son esprit et passait les frontières de ses lèvres de manière désordonnée, signe évident que ces moments de grâce lui faisait perdre ses moyens. Ce qui n’était pas nécessairement une mauvaise chose.

917 mots
Dernière modification par Ernest Stevens le 19 déc. 2023, 06:28, modifié 1 fois.

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Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l'été !
Eileen écouta avec attention Ernest, comme toujours. Et cette fois, ce fut lui qui la ramena à la raison sur ses capacités. Elle n'avait jamais imaginé la magie avec des idées de chimie et de physique et pourtant, il avait parfaitement raison. Une fois de plus. Elle ne comptait pas le nombre de fois où son raisonnement avait trouvé écho en elle, où elle s'était rendue compte de la justesse des remarques de son ami. Cela faisait longtemps qu'elle n'aurait plus eu de doigts pour le faire, même en considérant ses orteils !

Elle médita ses paroles. Elle était impressionnée par les parallèles qu'il faisait. Par sa mémoire aussi, par rapport à ses propres notes à elle qu'elle-même avait oublié une fois le bulletin reçu. Ce n'était pas le plus important pour elle. Elle voulait comprendre, elle voulait apprendre, elle voulait donner le meilleur d'elle-même. Et les notes suivaient. Au moins, pourrait-elle probablement prétendre aux études de son choix, sans être restreindre par des initiales sur un bout de papier.

- "Maintenant que tu le dis, tu as raison... Mais tu es beaucoup plus doué que moi en chimie quand même ! Et tes expériences te donnent une maitrise de la physique que je n'ai pas..."

Etonnamment les potions et la cuisine étaient le domaine de sa mère. Elle l'avait aidé de maintes fois. C'était un plaisir pour la jeune fille. Mais à l'école, ce n'était pas pareil. Elle n'avait pas l'intérêt filial et trouvait beaucoup moins amusant de rester concentré devant une marmite pour y mettre scrupuleusement et dans un ordre précis des ingrédients. Définitivement, cette matière, si elle le pouvait, elle s'en débarrasserait dès qu'elle le pourrait. Sa mère comprendrait !

L'irlandaise semblait avoir mis le doigt sur quelque chose. Elle se doutait que le garçon n'évacuerait pas en un instant la douleur perçue. Mais au moins, il avait entendu ce qu'elle avait dit. Il pourrait y revenir plus tard, y réfléchir.

Il ne voulait pas en parler, elle ne força pas les choses. Elle était là pour lui. Il était important pour elle qu'il le sache. Elle lui serra le bras, en silence, lui faisant un signe d'assentissement silencieux, comme un signe de reconnaissance. Il devait savoir qu'elle était là pour lui, quelque soit le moment, quelque soit le sujet.

Le rougissement du brun l'étonna lorsqu'elle parla de l'équipe éducative. Le bégaiement aussi. Elle en voulait à ces adultes, à ces préfets, qui ne faisaient rien pour rassurer un garçon qui avait besoin d'être accompagné. Elle ne connaissait pas cet Antonn et cet Erza. Elle s'étonna de la réaction de la directrice de maison. Au moins, Miss Valerion pouvait être moins sévère parfois. C'était positif ! Mais on était quand même loin d'un cocon chaleureux dans lequel un enfant peut s'épanouir. C'était peut-être le lot des Serpentards. Mais, ce n'était pas normal pour la jeune fille. Tous les enfants du monde avaient le droit d'être aimés, consolé, choyés et entourés !

- "Ce n'est pas à toi de faire des efforts ! Si tu as besoin, je suis certaine que tu peux t'ouvrir de difficultés à Mr Dawson et qu'il saura t'écouter ou Mr Charleston !"

Elle se doutait que les relations de la maison des verts et argents ne devaient pas être de tout repos. Elle le voyait déjà dans leur promo. Elle n'osait imaginer ce que c'était quand ils étaient dans leur salle commune.

La boite au trésor pleine de graines étaient cachée, comme bien d'autres choses en somme. Elle l'invita à poursuivre leur chemin d'un geste de la main.

Puis, après un instant de silence, elle se tourna vers lui et plongea son regard dans le sien. Elle asséna :
- "Quoique les gens en disent, quels qu'ils soient, tu es exceptionnel, Ernest. Personne n'a le droit de te faire remettre ça en doute ! Et je crois même que le fait que tu sois un sang-mêlé te rend encore meilleur que si tu étais un sang-pur... Je crois en toi !"

Bien sûr, cette déclaration eut pour effet de la faire rougir. Mais elle tint bon, plongea son regard dans celui qu'elle appréciait, lui démontrant ainsi toute la valeur de ce qu'elle venait de dire. Elle avait dit la vérité, elle n'en avait pas honte !

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