Une tournée solitaire

Dimanche matin, avant l'aube...


Le piaillement des oiseaux me sort peu à peu de ma torpeur, et j'ouvre les yeux, encore à moitié-endormie. La chambre, joliment éclairée par la douce lumière de fin automne, compte pour le moment toutes ses habitantes. N'ayant pas très faim, je me dirige à pas lents vers le parc, toujours habillée en pyjama.

À cause de l'heure matinale, je ne rencontrerai sans doute personne. À part les milliards de tableaux et les quelques fantômes du château, s'entend... Tout est désert dans la bâtisse. De petits ronflements retentissent de-ci de-là, mais aucune autre forme de vie. Quelque peu soulagée, j'ouvre les battants des grandes portes de bois qui protègent le lieu de toute intrusion et m'avance pied nus dans le parc.

Il a visiblement plu, cette nuit. L'herbe, fraichement recouverte de rosée, est aussi trempée que glaciale. Le lac, un peu plus loin, clapote doucement sur ses rives, le vent frais souffle de temps à autre et certains oiseaux arrivent à chanter malgré l'heure matinale, créant une atmosphère agréable et sauvage.

Rassurée par l'environnement, je commence à marcher, tout en essayant tant bien que mal de ne pas mouiller mon bas de pyjama -même si le mal est déjà plus ou moins fait... J'observe la Forêt Interdite, aussi calme que mortelle, à peine à quelques centaines de mètres de l'endroit où me je situe.
Je regarde, émerveillée, ce paysage magnifique, tandis que le soleil se lève peu à peu. Il éclaire à présent la Volière...

Une fine bruine se met à tomber et je grogne.

- Sérieux ?! Je peux vraiment pas être tranquille ! T'aurai pas pu tomber à un autre moment ?

Je continue à pester pendant quelques minutes et regarde mes habits, dépitée. Ils sont à présent aussi mouillés que si j'avais rendu visite au charmant Calamar Géant. Comme je ne peux rien y faire, je m'assoie tout de même en silence au bord de l'étendue d'eau.

L'enfer, c'est les autres.