Il y aura toujours une lune et un soleil Oxford solo++

16 juillet ????, 19h38
avec Alice Weger (PNJ)


TW : violence infantile


L'été est agréable cette année. Cela ne peut que égailler d'avantage Adonis qui d'ailleurs profite de ce temps splendide pour explorer sa ville natale. Un an, ça use un lieu. Alors, quand il observe les rues, il remarque les changements. Il remarque les nouveaux lampadaires, les boutiques qui ont mis la clé sous la porte, les panneaux qui changent la circulation. Des détails anodins qui laissent la plupart des gens indifférents mais qui modifient petit à petit ses souvenirs d'enfance. Et Adonis lui, veut conserver ses souvenirs, alors il se souvient des détails.

À force d'observer sans même se soucier de la direction de son périple, Adonis fini par mettre les pieds près de l'university park. Cet endroit isolant un peu de nature du vacarme continu de la rue était un petit havre de paix à Oxford. Flânant tranquillement sur la route sud, il rejoint les aires de jeux de son enfance. Il avait passé beaucoup de temps sur ces plaines vertes, une enfance heureuse et épanouie. Mais les enfants ne sont plus là à cette heure-ci, du moins pas les plus jeunes. Il reste ceux qui avoisinent les onze ans. Ceux qui commencent à doucement entrer dans l'adolescence.

Le long d'un chemin biscornu, Adonis s’engouffre entre les arbres - un petit raccourci qu'il connait depuis quelques années. La route un peu boueuse et glissante ne le dérange pas. Les lacets de ses baskets bien serrés, il trottine presque pour sentir le vent lui caresser le visage. Les feuilles des arbres viennent doucement effleurer ses bras dénudés, il ne porte qu'un débardeur. Au bout de se chemin se trouve une plaine, immense, souvent vide, où la nature peut un peu reprendre ses droits. Adonis aime venir rêvasser ici, étudier même parfois. Quand il n'essaye pas de rendre fou sa mère en faisant les quatre cents coup, c'est un garçon plutôt calme.

Ce soir là il s'assoit dans les hautes herbes en observant le soleil descendre lentement dans le ciel. Il est presque seul au monde jusqu'au moment où une petit silhouette se dessine, tout juste sorti du chemin qu'il venait d'emprunter. Adonis, intrigué, observe cette petite fille de loin. Elle doit avoir cinq ans tout au plus, porte un pull au col roulé bien trop grand pour elle et semble un peu boueuse et éraflée. De toute évidence, elle est tombée. Le garçon attend deux ou trois minutes pour voir si un adulte arrive pour venir chercher cette enfant, mais personne. Que faisait une jeune fille seule au milieu d'un parc à 20h30, pleine de terre et d’égratignures ?

Quelque chose posait problème. Adonis se redresse et s'avance doucement vers la petite, il ne veut pas l'effrayer. Il ne faut pas qu'elle se sauve, elle est peut-être perdue. Il arbore son sourire habituelle tout en essayant de capter le regard de l'égarée. Quand il s’aperçoit que la fillette pleur, il fini par prendre la parole. "Salut. Comment ça va ?" Un peu bateau mais ça ferait l'affaire pour que la petite n'est pas l'impression qu'il veuille lui tirer les verres du nez. Elle lève de grand yeux ronds et humides vers lui avant de baragouiner à mi-voix "Je-je... j'suis où ?".

La pauvre petite semble se noyer dans son pull et ses longs cheveux qui lui tombent devant les yeux. Si Adonis ne parle pas très souvent aux plus jeunes, il se doute bien que cette fille a besoin de son aide. "Tu es dans un parc, à University Park. Mais pourquoi tu es toute seule ? Tu t'es perdue ?

- ...non. Je veux pas rentrer."


Bon. Cette affirmation complique la situation. Adonis décide de s'assoir et la petite fait de même. Il essaye de la motivé à s'expliquer un peu plus. "Pourquoi ?

- J'aime pas la maison.

- C'est tes parents qui t’embêtent ?

- ...papa il cri. Et comme y'a plus école, bah je suis tout le temps à la maison et maman elle est pas contente. Elle m'a dit de sortir pour faire du silence et j'ai pas envie de rentrer. Je sais pas si j'ai le droit."


Adonis commence à un peu comprendre même si évidement, il n'a pas tous les éléments. Il se doute que cette petite a des problèmes chez elle, peut-être un divorce, ou des parents violents... Mais la situation ne peut pas être réglée par un jeune de treize ans en une soirée. Il fallait que la fillette rentre chez elle sinon elle allait passer la nuit dehors. "Et tu t'appelles comment ?

- Alice.

- D'accord Alice, moi c'est Adonis. Bon tu sais ce qu'on va faire, je vais te raccompagner chez toi. Tu peux pas rester dehors dans la nuit alors on va rentrer à la maison.

- Mais... maman elle veut peut-être pas...

- Je pense pas que ta maman veuille que tu passes ta nuit dans la rue.

- D'accord.

- On retourne en ville et tu me montres ? "


Et la seule réponse d'Alice fut un hochement de tête. Ils sortirent alors ensemble du parc pour rentrer chez Alice.

« Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit. »
Passes à travers la Dame Grise, ça porte chance promis !
#4E6370 • #705735