L'abri de nos rêves
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Anastasia Farrow, John Farrow
- Lien vers la fiche du PNJ : post de l'index
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Développer sa relation à sa famille, au Conseil et à la politique Pro-Sang-Pur, évoquer plus concrètement son déménagement.
[RP libre sous conditions.
Merci de m'envoyer un hibou avant d'y répondre.
(Premier post réservé)]
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8 JUILLET 2047, 15h42,
6, AVENUE B. MULDOON, GODRIC'S HOLLOW
Alyona, 17 ans
Anastasia Farrow,
John Farrow,
6, AVENUE B. MULDOON, GODRIC'S HOLLOW
Alyona, 17 ans
Anastasia Farrow,
John Farrow,
Je descends rapidement les escaliers en passant ma main dans mes cheveux. Combien de temps reste-t-il avant qu'ils ne commencent à arriver, écrasant le silence de cette maison muette ? Dix minutes ? Quinze minutes, tout au plus ? Je retiens un soupir et lâche le pli de ma robe en arrivant au rez-de-chaussée.
Je tourne à gauche pour franchir une première porte, près de laquelle j'ai installé une jusquiame il y a quelques jours. J'ai pris plaisir à disposer plusieurs plantes comme la Julienne des dames, le chèvrefeuille ou des potentilles dans notre nouvelle demeure, jouant avec leur signification pour m'amuser à faire passer quelques messages. Un sourire glisse un instant sur mon visage quand j'observe du coin de l'œil, en passant, les nouveaux bourgeons prêts à éclore. Je traverse ensuite ce sombre couloir qui mène au bureau de ma mère avant de m'arrêter face à une porte sur ma droite. En entrant, l'odeur ronde et douce de la cuisine vient éblouir mes sens. Deesy, l'elfe de maison de ma grand-mère paternelle, est venue spécialement pour cette réception que mon père et ma mère organisent dans notre nouvelle demeure. Je n'apprécie pas tellement ce genre d'événement qui me laisse principalement mal à l'aise et me pousse souvent à me retrancher dans un coin de la maison, mais Merlin sait que j'aime les plats de Deesy.
Je referme la porte avant de me tourner vers l'intérieur de la cuisine où Deesy s'affaire encore, concentrée sur sa tâche. « Bonjour Mademoiselle. Deesy pensait que vous viendriez plus tôt, elle a déjà presque tout fini.
— Ce n'est pas grave, c'est de ma faute, j'ai pris du retard, avoué-je en souriant. » Deesy ne me connaît que trop bien, elle sait que j'ai toujours aimé la regarder cuisiner, même si je ne prépare plus à manger avec elle, elle sait que venir la voir dans les cuisines avant de manger est une habitude d'enfance que je ne cesserai de conserver.
J'attrape une chaise et m'accoude à la table, plongeant mon regard dans les mouvements si justes et réfléchis de Deesy, accordant ma respiration, sans y faire attention, à son rythme de travail.
Aujourd'hui, mon père et ma mère ont choisi d'inviter leurs amis pour leur présenter notre nouvelle demeure et prendre le thé. Cela ne m'étonne pas tellement, Maman est très fière d'habiter enfin à Godric's Hollow et d'avoir pu acquérir une demeure aussi grande que celle-ci. C'est elle qui s'est occupée de tout pour aujourd'hui. Enfin, la décoration a été choisie par mon père et ma grand-mère, mais c'est Maman qui a distribué les invitations, choisi les desserts, organisé l'événement, disposé quelques-uns de ses tableaux dans la maison et préparé celle-ci à l'arrivée de nos invités. Je crois qu'au fond, Maman a toujours aimé préparer, organiser. C'est sa manière à elle de contrôler les choses, de disposer de son pouvoir. Je sais que cette journée est importante pour elle, qu'elle a besoin de revoir tous ses amis et de les inviter chez elle, comme elle l'a déjà été plusieurs fois. Je sais qu'elle est fière de cette demeure et de la place qu'elle s'est trouvée et, plus que tout, je sais qu'elle est heureuse aujourd'hui. Peut-être que cela est la seule chose qui compte.
Mon père, lui, préfère attendre nos invités en se préparant un peu. Nous l'entendons de la cuisine réviser quelques airs au piano. Je l'imagine aisément sans le voir : droit sur le tabouret en velours, les sourcils froncés, concentré, le regard faisant des allers-retours entre la partition et le clavier. Quand il rencontre un problème, il s'arrête et grogne un peu, avec ses « Rhaa », ses « Tsss » et ses « Pfff ». Parfois, il jure avant de regarder autour de lui, vieille manie qu'il a à vérifier que ma grand-mère n'est pas là quand il laisse quelques mots désobligeants s'échapper d'entre ses lèvres, quand bien même ma grand-mère est à plusieurs centaines de kilomètres d'ici. Avec Deesy, lorsque nous l'entendons s'arrêter et râler, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous regarder et de sourire, complices. Papa n'aime pas rencontrer des difficultés au piano, mais cela fait des années qu'il en fait et il n'a jamais excellé. Il faut dire qu'il ne joue pas souvent, plus concentré sur les nouvelles activités qu'il découvre que sur les anciennes qu'il connaît déjà. Mon père, c'est un passionné qui s'égare dans ses passions, si bien qu'il s'égare aussi dans les quelques apprentissages qu'il tente de reprendre de temps en temps. Mais il n'en a que faire de tout cela ; au fond, je pense qu'il prend du plaisir à ne pas toujours réussir, ainsi, il peut nous réunir pour nous montrer ses quelques progrès et voir des sourires espiègles dévorer nos visages.
Moi, je ne sais jamais que faire avant un moment comme celui-ci. Je suis souvent prête en avance, vêtue d'une de ces robes fleuries que j'affectionne tant. Je me pose quelque part et j'attends, j'écoute. Personne ne parle dans cette maison à laquelle j'ai du mal à m'habituer, mais les murs conservent les histoires. Je sais que ma mère se prépare en haut, que mon père s'entraîne en bas, que Deesy s'active dans la cuisine, et je me contente d'observer cette douce vie qui brûle près de moi. Je suis bien, là, accompagnée de ceux que j'aime. Je suis bien, même si mon cœur se serre un peu, douloureusement ; la vie m'entoure mais la Magie se fait lointaine, tout comme la cacophonie constante qui règne à Poudlard, les murmures des tableaux, les conversations de la Grande Salle, les apprentissages qui résonnent dans les salles de cours, les présences qui illuminent le château et son parc. Tout me manque terriblement, laissant un vide quelque part au fond de moi. Poudlard et la Magie sont des lumières, des bulles de bonheur qui se baladent dans mon quotidien. Ici, à Godric's Hollow, il n'y a rien : ni Magie, ni rêves, ni solidarité, ni complémentarité. Ici, je me sens un peu seule, comme une feuille flottant à la surface de l'eau, égarée. Je ne connais personne et mes journées sont rythmées par mon programme de révision et d'apprentissage. Mais ce n'est pas grave, cela ne fait que renforcer mon bonheur quand je reviens au château.
Je m'extirpe de mes pensées en clignant des yeux. Le temps passe. Les amis de mes parents ne devraient pas tarder à arriver.
Je me redresse, salue Deesy, lisse ma robe de mes mains et quitte la pièce. Je dois rejoindre l'entrée pour me préparer à accueillir nos invités. On m'y attend probablement.
En arrivant face à la porte principale, je m'arrête près de la guimauve et me retourne vers les escaliers pour observer ma mère arriver, habillée d'une de ses robes russes fleuries. Je lui adresse un sourire sincère et me tourne vers la porte.
Il est l'heure.
Encore navrée pour ce délai ! J'espère que ce premier post et ce titre te conviennent, @Aliosus Nerrah.
Reducio
Intérieur de la demeure (rez-de-chaussée) :

Ce qu'on pourrait percevoir comme un petit orgue est en réalité un piano.
La maison est dans un style victorien plutôt sombre mais chic.

Ce qu'on pourrait percevoir comme un petit orgue est en réalité un piano.
La maison est dans un style victorien plutôt sombre mais chic.
Dernière modification par Alyona Farrow le 22 mars 2025, 23:06, modifié 1 fois.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
L'abri de nos rêves
Parmi les nombreuses réceptions auxquelles Aliosus s'était rendu ou avait été trainé de force dans sa vie, peu revêtaient une importance aussi grande que celle à laquelle ses parents et lui étaient sur le point d'arriver. Avant qu'il n'arrive à Poudlard, les fêtes mondaines n'avaient pas été si nombreuses que cela, du moins elles avaient eu un caractère moins sérieux, plus léger, peut être était-ce du à son jeune âge et son incompréhension des codes des adultes à ce moment de sa vie, mais pas seulement. Depuis mai 2044, date à laquelle le gouvernement fantoche avait été enfin mis à bas, depuis que son père Magnus, était sorti de son ermitage intellectuel, enseveli dans les ouvrages de son bureau, pour renaître et se lancer dans l'arène politique tel un fauve voyant enfin une opportunité de sortir de sa cage, les choses avaient changées, chaque fêtes, rencontre, bal, avait son enjeux propre, son objectif à atteindre, même un thé.
A la veille de son quarantième anniversaire, Magnus Nerrah se préparait à pénétrer dans le dernier cercle du pouvoir autour duquel il gravitait depuis plusieurs années. Diplomate infatigable, il avait œuvré sans relâche à nouer les liens avec les pays continentaux qui formaient désormais la Fédération Européenne de Protection des Sorciers et Aliosus voyait combien ces voyages avaient transformés son père. Il émanait quelque chose de nouveau désormais de ses sourires et de ses gestes, sa voix même et l'éclat de ses yeux, de plus en plus souvent habillés par une paire de petites lunettes rondes, semblaient avoir changé sans qu'il ne puisse exactement déterminer comment. Au bras du manteau de laine sombre de Magnus, sa mère avait troqué son exubérance habituelle pour une robe blanche à l'antique, parsemée de lien en soie soulignant sa silhouette d'une manière exceptionnellement appropriée. Aliosus les trouvaient très beaux ensembles, et se demanda fugacement quelle allure il aurait dans quelques années, et qui pourrait bien être à son bras, à lui.
Ils arrivaient bientôt à la demeure de Farrow, Aliosus apprécia l'allure et le style de la maison qui se dressait devant eux. Elle lui rappelait un peu leur éphémère maison de Pré au Lard dans laquelle il n'avait passé que quelques semaines pendant les vacances scolaires de deux années avant qu'ils n'emménagent, à l'instar des Farrow, à Godric's Hollow, lieu du renouveau de la communauté sorcière de Grande Bretagne. La verticalité de l'édifice, les linteaux ornementées, les colonnes sculptées de l'entrée... Il était en terrain connu, du moins pour le décors. Il ne savait que peu de choses des Farrow, si ce n'était leur statut de sang bien évidemment, leurs origines écossaises et russes - l'absence de sang anglais avait grandement joué en la faveur de l'acceptation de l'invitation de la part de Willow - et une fille, une élève de dernière année, Alyona, dont il ne connaissait l'existence que parce qu'elle participait elle aussi à l'échange entre écoles étrangères.
Ça y est, ils allaient être reçus.
Je ne sais pas comment justifier ce retard impardonnable, j'en suis vraiment navré.
A la veille de son quarantième anniversaire, Magnus Nerrah se préparait à pénétrer dans le dernier cercle du pouvoir autour duquel il gravitait depuis plusieurs années. Diplomate infatigable, il avait œuvré sans relâche à nouer les liens avec les pays continentaux qui formaient désormais la Fédération Européenne de Protection des Sorciers et Aliosus voyait combien ces voyages avaient transformés son père. Il émanait quelque chose de nouveau désormais de ses sourires et de ses gestes, sa voix même et l'éclat de ses yeux, de plus en plus souvent habillés par une paire de petites lunettes rondes, semblaient avoir changé sans qu'il ne puisse exactement déterminer comment. Au bras du manteau de laine sombre de Magnus, sa mère avait troqué son exubérance habituelle pour une robe blanche à l'antique, parsemée de lien en soie soulignant sa silhouette d'une manière exceptionnellement appropriée. Aliosus les trouvaient très beaux ensembles, et se demanda fugacement quelle allure il aurait dans quelques années, et qui pourrait bien être à son bras, à lui.
Ils arrivaient bientôt à la demeure de Farrow, Aliosus apprécia l'allure et le style de la maison qui se dressait devant eux. Elle lui rappelait un peu leur éphémère maison de Pré au Lard dans laquelle il n'avait passé que quelques semaines pendant les vacances scolaires de deux années avant qu'ils n'emménagent, à l'instar des Farrow, à Godric's Hollow, lieu du renouveau de la communauté sorcière de Grande Bretagne. La verticalité de l'édifice, les linteaux ornementées, les colonnes sculptées de l'entrée... Il était en terrain connu, du moins pour le décors. Il ne savait que peu de choses des Farrow, si ce n'était leur statut de sang bien évidemment, leurs origines écossaises et russes - l'absence de sang anglais avait grandement joué en la faveur de l'acceptation de l'invitation de la part de Willow - et une fille, une élève de dernière année, Alyona, dont il ne connaissait l'existence que parce qu'elle participait elle aussi à l'échange entre écoles étrangères.
Ça y est, ils allaient être reçus.
Je ne sais pas comment justifier ce retard impardonnable, j'en suis vraiment navré.
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L'abri de nos rêves
Le RP est toujours libre, si d'autres personnes souhaitent le rejoindre. Pensez simplement à m'envoyer un hibou et à lire les conditions auparavant.
Je plaque un sourire tout fait sur mon visage. Cette réception ne m'enthousiasme pas particulièrement, mais je sais qu'elle ne sera pas pour autant désagréable. Les amis de mes parents, je les connais bien peu. J'en entends souvent parler, au détour d'une conversation à laquelle je n'appartiens jamais vraiment. Parfois, j'ai comme la sensation que nous vivons dans deux mondes différents, bord à bord mais incapables de se mêler véritablement. Mes parents discutent d'astronomie, du gouvernement, des actualités, de leurs projets divers et nombreux, de leurs amis communs. Mais de tout cela, je ne connais pas grand-chose. Je vis quelques mois dans l'année dans la même maison qu'eux, nous échangeons régulièrement et poliment par hibou pour nous tenir informés des activités des uns et des autres, nous nous retrouvons lors de certains événements agréables, et c'est tout. À côté de tout cela, de cette vie que nous partageons sans partager, nous vivons dans deux mondes différents. Alors, certes, j'ai aujourd'hui l'occasion d'appartenir durant quelques heures à leur univers, de franchir les frontières qui nous séparent pour tenter de me rapprocher de leur quotidien, celui qu'ils ont quand je ne suis pas là, mais cela ne m'enthousiasme plus comme avant. Est-ce parce que je grandis, parce que je ne cherche plus à combler dès que possible la distance étrange qui nous éloigne ? Je ne sais pas, et parfois je crois que cela m'attriste.
Je cligne des yeux, une main posée sur le mur. N'est-ce pas du bruit qui nous parvient ? Des personnes seraient-elles en train de s'approcher ? Probablement, il est bientôt l'heure. Si ces sons ne sont pas associés à des invités qui arriveraient, ils le seront bientôt.
Maman pare son visage d'un masque accueillant et agréable. Avec elle, je ne sais jamais quand elle joue la comédie ou quand tout est naturel. Aujourd'hui ne fait pas exception. Pourtant, quelque part dans ses yeux aux couleurs de l'automne, je trouve un certain plaisir non feint qui me surprend presque. Ma mère, heureuse ? Ma mère, enthousiaste ? Ce n'est pas loin de rendre mon sourire plus vrai et plus sincère. Je me demande qui sont donc ces amis qu'elle a invité et dont la pensée même de leur présence la rend contente.
Le piano s'arrête brusquement, au milieu d'un morceau. Un tabouret qui bouge, des mots indiscernables et des bruits de mouvements nous parviennent. Mon regard se pose instinctivement sur la porte derrière moi, presque dissimulée par toutes ces plantes — ces petits bouts de moi dans cette maison qui nous rassemble. Mon père arrive. Il entre dans le hall, les cheveux un peu décoiffés, mais le visage lumineux. Au même moment, des sons nous parviennent de l'autre côté de la porte d'entrée. Ma mère nous jette un dernier regard, à mon père et moi, comme pour s'assurer que nous sommes concentrés et présentables. Deesy, sortie de la cuisine, se glisse jusqu'à nous pour ouvrir la porte. Elle salue les nouveaux venus avant de se retirer derrière la porte.
« Magnus ! Bienvenue ! Oh, vous devez être Willow et Aliosus, c'est cela ? J'ai beaucoup entendu parler de vous, et je suis heureuse de vous rencontrer enfin ! Vous êtes tous ravissants ! Entrez, entrez, je vous en prie. »
Ma mère se recule avant de nous présenter, mon père et moi. Presque d'une même voix, nous saluons ensuite rapidement la famille Nerrah.
« Bonjour, je suis enchanté de faire votre connaissance.
- Enchantée, lancé-je à la suite de mon père, dont la main est tendue en guide sa salutation. »
Derrière nous, Deesy s'active. Elle vérifie que personne d'autre n'attend derrière la porte avant de la refermer. Puis, elle se tourne vers les Nerrah pour leur proposer de prendre leurs manteaux, ou des affaires qu'ils souhaiteraient déposer.
De mon côté, je me contente d'observer. Le jeune Nerrah, je ne le connais que peu ; je sais qu'il a été préfet et qu'il participe aux échanges AMICO, et je sais que c'est le cousin de Sangblanc. De ses parents, je ne connais que ce que j'ai entendu dire. Ils soutiennent le Conseil et son père y a une place importante. Pour le reste, je suppose que j'en apprendrai davantage aujourd'hui.
Après quelques paroles polies, ma mère invite les nouveaux arrivants à entrer dans le salon. Je me tiens à l'écart mais reste souriante.
Silencieusement, dans le creux de mon crâne, je me demande quelle sera ma place lors de cette réception. Serai-je encore considérée comme une jeune fille et élève de Poudlard, ou serai-je invitée à discuter, à échanger, à converser ? Je suis majeure désormais, mais je me sens parfois toujours considérée comme une enfant dont les propos n'intéressent pas beaucoup.
Pas de soucis pour ce délai. Cela ne me dérange pas.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
L'abri de nos rêves
Aliosus sentit une pointe d'appréhension tandis que la porte s'ouvrait pour les accueillir. Il était conscient de l'importance de cette réception et il savait parfaitement quel comportement tenir afin de ne pas créer la moindre remarque négative, cependant il ne connaissait rien de la famille chez qui il allait pénétrer. Il s'agissait d'un nouveau cercle, celui du Conseil des Sorciers, et il ne maitrisait pas encore les codes détaillés spécifiques à cet univers à présent qu'il passait bien plus de temps loin de ses parents qu'avec eux.
Le sourire préparé mais néanmoins toujours un brin carnassier de sa mère ne lui échappa pas, tout comme son regard illuminé, comme à chaque nouvelle rencontre. Il se demanda ce qui pouvait bien rendre cette soirée si spéciale pour elle. Quant à son père, élégant et strict, il brillait toujours de son aura particulière pour Aliosus, une figure paternelle dont il avait longtemps ignoré les ambitions et la ferveur militante, trop absorbé par ses ouvrages. Il le découvrait peu à peu, tel un personnage de roman qu'on apprend à connaître au fil des pages.
La porte s'ouvrit et aussitôt les présentations s'enchaînèrent, Aliosus se prêta au jeu, saluant chaleureusement leurs hôtes avec un sourire sincère. Il était le fils d'un diplomate, après tout, et il avait appris l'art de l'échange courtois depuis son plus jeune âge.
«Anastasia ? Oh quel bonheur d'enfin faire votre connaissance, vous êtes sublimes très chère !» Willow rend bien l'enthousiasme de Mrs Farrow qu'Aliosus découvre tout en surprise car il se dégage d'elle une impression très étrange qu'il ne comprendra que bien plus tard, par son physique et ses origines, sa rousseur et son accent, sa féminité et la puissance qu'elle dégage, Mrs Farrow semble être un parfait mélange de ses propres parents.
Aux bonjours répondent les bonjours, les mains furent serrées et l'ambiance était chaleureuse. Aliosus garda un sourire poli tout en croisant sa camarade d'école, se rendant compte bêtement que s'il savait comment saluer à peu près toutes les couches de la société sorcière, cette situation précise, elle, n'en faisait pas partie. Il tendit une main de la manière la plus polie qu'il pu improviser en l'accompagnant d'un «Alyona», espérant qu'elle le lui rende et qu'elle prenne le relais.
Le sourire préparé mais néanmoins toujours un brin carnassier de sa mère ne lui échappa pas, tout comme son regard illuminé, comme à chaque nouvelle rencontre. Il se demanda ce qui pouvait bien rendre cette soirée si spéciale pour elle. Quant à son père, élégant et strict, il brillait toujours de son aura particulière pour Aliosus, une figure paternelle dont il avait longtemps ignoré les ambitions et la ferveur militante, trop absorbé par ses ouvrages. Il le découvrait peu à peu, tel un personnage de roman qu'on apprend à connaître au fil des pages.
La porte s'ouvrit et aussitôt les présentations s'enchaînèrent, Aliosus se prêta au jeu, saluant chaleureusement leurs hôtes avec un sourire sincère. Il était le fils d'un diplomate, après tout, et il avait appris l'art de l'échange courtois depuis son plus jeune âge.
«Anastasia ? Oh quel bonheur d'enfin faire votre connaissance, vous êtes sublimes très chère !» Willow rend bien l'enthousiasme de Mrs Farrow qu'Aliosus découvre tout en surprise car il se dégage d'elle une impression très étrange qu'il ne comprendra que bien plus tard, par son physique et ses origines, sa rousseur et son accent, sa féminité et la puissance qu'elle dégage, Mrs Farrow semble être un parfait mélange de ses propres parents.
Aux bonjours répondent les bonjours, les mains furent serrées et l'ambiance était chaleureuse. Aliosus garda un sourire poli tout en croisant sa camarade d'école, se rendant compte bêtement que s'il savait comment saluer à peu près toutes les couches de la société sorcière, cette situation précise, elle, n'en faisait pas partie. Il tendit une main de la manière la plus polie qu'il pu improviser en l'accompagnant d'un «Alyona», espérant qu'elle le lui rende et qu'elle prenne le relais.
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L'abri de nos rêves
Les Nerrah, quoi que soient leurs rôles, leurs opinions ou leur parcours, dégagent quelque chose de tout à fait singulier. Je crois que cela m'impressionne aux premiers abords. Ils me font penser à ma grand-mère paternelle, à son regard détaché et ses gestes mesurés, sans le froid qui se glisse dans ses mots. Ils me font penser à ma mère, à ce qu'elle paraît et devient. Ce n'est pas étonnant qu'ils se connaissent et qu'ils soient invités ici. Ils se ressemblent, eux et Maman, ils se confondent. Que partagerons-nous, sinon notre sang, quand elle sera avec moi comme elle est avec eux ? Élevée sur des apparences. Se penchera-t-elle seulement pour me regarder dans les yeux en me parlant ? L'humidité dans ma bouche a un goût d'inquiétude. Ma mère change, je la vois trop peu, et j'ai peur qu'un jour je ne puisse plus la reconnaître. Qu'arrivera-t-il alors, quand elle et moi nous serons trop différentes ? Le sang sera-t-il donc notre unique lien et attache ? Je ne veux pas imaginer cela, et je ne veux pas en arriver là. Quoi que je devienne, quoi que ma mère devienne, elle restera toujours celle qui m'a élevé et celle que, malgré nos différences, j'aime d'un amour filial.
Je lui jette un bref coup d'œil, à elle et mon père. Ils sourient, semblent ravis et dans leur élément. Mon père a grandi dans ce milieu et ma mère s'y est fait une place. Les soirées mondaines, ils en ont probablement déjà connu quelques-unes, ils en connaissent les codes et les temps, savent danser sur ce tempo-là. Pour moi, c'est assez nouveau. Il m'est déjà arrivé d'en connaître, mais jamais comme celle-ci. Avant, je restais juste dans ma chambre, quand je n'étais pas chez une de mes grands-mères. Désormais, je suis debout avec eux, à côté d'eux. Veulent-ils me voir appartenir à ce monde bourgeois dans lequel j'ai grandi ? J'observe ces adultes qui respirent le même air que moi. Je ne suis pas sûre d'être un jour comme eux. Alors, quelle sera ma place ?
L'exclamation de Willow Nerrah entraîne mon regard vers elle. C'est une femme très jolie, charismatique, qui doit, dans une pièce remplie de monde, attirer tous les regards. Je me demande comment ma mère et elle n'ont pas pu se rencontrer plus tôt.
Ma mère coule vers elle un regard pétillant, brûlant, ravi. Elle a ce sourire sur les lèvres qui me ferait presque perdre le mien.
C'est Aliosus Nerrah qui me ramène à mes obligations. La main qu'il me tend est polie et me pousse à tendre la mienne en retour pour la serrer. Si nous nous étions rencontrés à Poudlard, nous ne nous serions probablement pas serrés les mains. Quelle étrange situation. Ma peau doit être froide car la sienne me semble chaude.
Mon sourire a du mal à s'installer durablement. Il sursaute, tressaute, glisse sur mes lèvres. Pourtant, je parviens à le conserver, bien que ce soit assez maladroit. Aliosus doit être bien plus habitué que moi à ces situations, c'est pourquoi je choisis de lui rendre sa salutation sans rien ajouter.
« Aliosus. »
Ma voix est étrangement calme et polie, à croire que j'ai trouvé dans le regard du Serpentard de quoi m'appuyer. J'espère pouvoir conserver cela. Aussi surprenant que cela puisse paraître vis à vis de mon point de vue sur la situation, je ne veux pas décevoir mes parents aujourd'hui en manquant de respect à leurs amis ou en n'étant pas à la hauteur de cette soirée.
Ma mère avance dans la salle à manger et la traverse pour arriver dans le petit salon destiné à nos invités. Je la suis tandis que mon père ferme la marche. Des bouteilles et boissons différentes et nombreuses sont posées sur un petit buffet. Elles n'étaient pas là avant, n'est-ce pas ? Deesy les a probablement ramenées sur ordre de ma mère. Je reconnais parmi elles quelques boissons typiquement russes. Cela me rassure : peu importe ce que ma mère devient, ses origines lui resteront chères.
« Que désirez-vous boire ? » demande Maman, les mains posées sur sa robe. « Nos autres invités risquent d'arriver au compte-goutte, autant les attendre sans avoir la gorge sèche. Nous aurons bien le temps de boire autre chose ensemble après. »
Mes parents observent les Nerrah, attendant une réponse. Il y a parmi les boissons proposées des alcools. Dois-je demander à Aliosus ce qu'il souhaite boire, moi aussi ? Je n'en sais rien. Qu'attend-on de moi exactement ? Que je tienne compagnie ? Que je sois juste là ? Que je me fasse moi-même une place parmi tous ces adultes aux visages souriants mais à la langue fourchue ? J'ai bien l'impression qu'on ne me donnera aucune réponse. Dans ce cas, peut-être dois-je agir sans attendre qu'on m'indique ce que je dois faire. Ne suis-je pas assez grande pour savoir ce qui convient le mieux ? Je manque certes d'expérience, mais si je fais une erreur, je saurai ne plus la reproduire.
Je me tourne vers le jeune Nerrah, et cette fois-ci mon sourire ne tremble pas.
« Et toi, Aliosus ? Tu souhaites boire quelque chose ? »
J'observe le Vert droit dans les yeux. Ses iris sont aussi bleus que les miens.
Je lui jette un bref coup d'œil, à elle et mon père. Ils sourient, semblent ravis et dans leur élément. Mon père a grandi dans ce milieu et ma mère s'y est fait une place. Les soirées mondaines, ils en ont probablement déjà connu quelques-unes, ils en connaissent les codes et les temps, savent danser sur ce tempo-là. Pour moi, c'est assez nouveau. Il m'est déjà arrivé d'en connaître, mais jamais comme celle-ci. Avant, je restais juste dans ma chambre, quand je n'étais pas chez une de mes grands-mères. Désormais, je suis debout avec eux, à côté d'eux. Veulent-ils me voir appartenir à ce monde bourgeois dans lequel j'ai grandi ? J'observe ces adultes qui respirent le même air que moi. Je ne suis pas sûre d'être un jour comme eux. Alors, quelle sera ma place ?
L'exclamation de Willow Nerrah entraîne mon regard vers elle. C'est une femme très jolie, charismatique, qui doit, dans une pièce remplie de monde, attirer tous les regards. Je me demande comment ma mère et elle n'ont pas pu se rencontrer plus tôt.
Ma mère coule vers elle un regard pétillant, brûlant, ravi. Elle a ce sourire sur les lèvres qui me ferait presque perdre le mien.
C'est Aliosus Nerrah qui me ramène à mes obligations. La main qu'il me tend est polie et me pousse à tendre la mienne en retour pour la serrer. Si nous nous étions rencontrés à Poudlard, nous ne nous serions probablement pas serrés les mains. Quelle étrange situation. Ma peau doit être froide car la sienne me semble chaude.
Mon sourire a du mal à s'installer durablement. Il sursaute, tressaute, glisse sur mes lèvres. Pourtant, je parviens à le conserver, bien que ce soit assez maladroit. Aliosus doit être bien plus habitué que moi à ces situations, c'est pourquoi je choisis de lui rendre sa salutation sans rien ajouter.
« Aliosus. »
Ma voix est étrangement calme et polie, à croire que j'ai trouvé dans le regard du Serpentard de quoi m'appuyer. J'espère pouvoir conserver cela. Aussi surprenant que cela puisse paraître vis à vis de mon point de vue sur la situation, je ne veux pas décevoir mes parents aujourd'hui en manquant de respect à leurs amis ou en n'étant pas à la hauteur de cette soirée.
Ma mère avance dans la salle à manger et la traverse pour arriver dans le petit salon destiné à nos invités. Je la suis tandis que mon père ferme la marche. Des bouteilles et boissons différentes et nombreuses sont posées sur un petit buffet. Elles n'étaient pas là avant, n'est-ce pas ? Deesy les a probablement ramenées sur ordre de ma mère. Je reconnais parmi elles quelques boissons typiquement russes. Cela me rassure : peu importe ce que ma mère devient, ses origines lui resteront chères.
« Que désirez-vous boire ? » demande Maman, les mains posées sur sa robe. « Nos autres invités risquent d'arriver au compte-goutte, autant les attendre sans avoir la gorge sèche. Nous aurons bien le temps de boire autre chose ensemble après. »
Mes parents observent les Nerrah, attendant une réponse. Il y a parmi les boissons proposées des alcools. Dois-je demander à Aliosus ce qu'il souhaite boire, moi aussi ? Je n'en sais rien. Qu'attend-on de moi exactement ? Que je tienne compagnie ? Que je sois juste là ? Que je me fasse moi-même une place parmi tous ces adultes aux visages souriants mais à la langue fourchue ? J'ai bien l'impression qu'on ne me donnera aucune réponse. Dans ce cas, peut-être dois-je agir sans attendre qu'on m'indique ce que je dois faire. Ne suis-je pas assez grande pour savoir ce qui convient le mieux ? Je manque certes d'expérience, mais si je fais une erreur, je saurai ne plus la reproduire.
Je me tourne vers le jeune Nerrah, et cette fois-ci mon sourire ne tremble pas.
« Et toi, Aliosus ? Tu souhaites boire quelque chose ? »
J'observe le Vert droit dans les yeux. Ses iris sont aussi bleus que les miens.
Excuse-moi pour ce délai.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht