Exhalation
Galway, Noël 2045
Dans l’obscurité, allongé, bordé, les paupières closes depuis plusieurs minutes, Hjúki s’était mis en position. Seul Morphée manquait à l’appel. Son esprit demeurait en éveil, tout particulièrement son ouïe. De diffus sifflements lui parvenaient, la preuve de la respiration manquant de fluidité mais active de son Opa. L’adolescent se faisait du souci lorsqu’il était au loin, enfermé à Poudlard, mais entendre et percevoir physiquement les efforts qu’exigeait désormais le quotidien à son Beschützer rendait l’œuvre de Géras plus tangible encore. S’il arrêtait de se tenir à l’affût et sombrait, risquait-il de manquer une variation dans son Souffle ? Opa avait pourtant survécu à bien des nuits sans lui, ses craintes étaient irrationnelles, mais tant qu’il ne saurait comment remédier aux faiblesses qui le liaient, son esprit ne saurait trouver pleinement le repos. Ses bras s’extirpant du drap, son buste se releva, au sommet duquel sa tête papillonnait pour permettre à ses Perles-de-Nótt de s’accoutumer avant que les jambes ne suivissent et le guidassent au bureau.
La baguette un instant caressée et jaugée du bout des doigts fut repoussée d’un hochement négatif du menton. En tirer quelque chose hors de l’enceinte écossaise lui était permis depuis un moment mais il se sentirait sale, visqueux de recourir à la magie pour les tâches utilitaires ou des effets qu’une autre voie offrait tout aussi bien. Une allumette grattée embrasa la mèche d’une bougie et le mage l’observa insouciant du temps, conscient que la flamme ne serait le foyer de festins comme dans un conte d’Andersen. Le chuchotis de la lumière formait un contrepoint sur la respiration de Opa et dessinait les contours d’une Silhouette presque-adulte qui aurait parut si imposante à son soi d’antan. Son corps glissa en direction de ses effets mi-déballés mi-enfouis pour en tirer l’un des ses manuels dont un affleurement de quelques millimètres trahissait la présence de la feuille qui y était conservée. Le posant sur la tranche, il laissa deux moitiés tomber autour du croquis. Précisément ce ‘soi d’antan’, auquel se superposait le visage de la fillette qui l’avait immortalisé. Récupérant un papyrus, sa main se dirigea instinctivement vers un flacon d’encre Ocre, la plume s’engageant dans une danse de boucles ponctuellement interrompue.
La pointe levée, sa main libre se pose sur l’ombre que la bougie rend visible alors qu’il songe à l’époque où celle de Opa se découpait plus souvent sur ce mur, où il pouvait se réfugier sans réserve dans le cocon de ses bras chaleureux – même sa peau était devenue plus froide.Elizabeth Merrow,
La première respiration d’un air différent de celui du château se présente depuis la rentrée. Je reviens en Irlande, la terre de mon enfance. Chaque retour se présente nouvellement, je grandis et j’apprends que cela arrive même aux adultes.
Dans ses premières années, l’adolescent n’avait atteint cette balance, mais il souhaitait guère à autrui de vivre dans un conflit impliquant jusque sa propre magie.J’apprécie regoûter la berceuse des parfums qui me sont familiers et que Poudlard n’abrite pas. As-tu au cours de tes premiers mois d’exploration des lieux perçu des nuances nouvelles qui ont marqué ta palette, se mêlent-elles bien aux tiennes, t’en manque-t-il ? J’espère que tu parviendras à forger un équilibre entre les contours du château et les tiens.
Écrivait-il ainsi en raison du souffle devenu ronronnant de son aïeul qu’il n’avait cessé de surveiller auditivement ? Le jeune Anastase n’y réfléchit pas et entama des pliages à partir des coins pour qu’apparaisse la forme d’une mèche de pinceau en pointe avant de la transmettre à un messager ailé.Belles Respirations-en-Roche,
Hjúki Anastase
Exhalation
Arc I: Début des troubles
Oakley Street, Londres, lendemain de Noël 2045Hjúki Anastase
Allongée sur son lit, Elizabeth luttait difficilement contre le sommeil. À vrai dire, la soirée de la veille l'avait épuisé, et elle avait peu dormi la nuit dernière. Elle ne devait pas dormir en pleine journée, sinon elle allait, sans aucun doute, avoir du mal à se coucher le soir, et le même problème persisterait. Elle n'avait pas envie de dessiner ou de lire, encore moins de continuer ses devoirs pour Poudlard. Éviter de dormir était assez épuisant comme ça. Cependant, elle décida subitement de se lever, pour faire un tour chez elle: peut-être qu'en marchant, son sommeil allait se dissiper ? La jeune Merrow descendit donc les marches des escaliers du premier étage pour se diriger vers la cuisine, où elle trouverait très probablement un encas pour l'occuper. Au moment où elle arriva devant la table centrale, elle vit un hibou devant la vitre: c'était par-ici qu'ils recevaient le courrier du monde magique. Au moment même où elle compta crier le nom de son père pour l'avertir, elle vit que son nom était marqué sur l'enveloppe. Curieuse, elle ouvrit la fenêtre, prit doucement l'enveloppe, et nourrit en passant l'oiseau qui devait avoir faim après un tel voyage. Elle ouvrit le courrier et comprit instantanément qui était l'auteur de la lettre. Son sommeil était enfin dissipé. Pour le moment. Elle quitta la cuisine discrètement pour éviter que sa famille ne la questionne au sujet de la lettre: elle n'avait aucune envie d'en parler, à part de la lire de manière concentrée pour y répondre. À vrai dire, depuis sa dernière rencontre avec Hjúki, elle avait de nombreuses fois tenté de lui écrire, mais elle n'était jamais satisfaite de ses lettres, les trouvant vides et sans intérêt. Ou bien, par manque de temps, elle ne les finissait jamais. Et avec ses cours et son nouvel environnement, son temps d'adaptation lui avait pris une grande partie de son quotidien, lui faisant oublier tout le reste. Une fois enfermée dans sa chambre et installée confortablement sur son lit, elle ouvrit complètement la lettre et débuta sa lecture. Elle apprit que le jeune homme était en Irlande pour les vacances, qui était son pays d'origine. Elizabeth fit une pause dans sa lecture, se rendant compte qu'elle aurait pu s'y trouver également pour passer Noël avec sa famille du côté paternel. L'aurait-elle vu ? Elle ne put s'empêcher de se poser la question. Après avoir explorer les différentes possibilités qui auraient pu s'offrir à elle, la fillette s'empressa de continuer sa lecture: elle comprit, par les mots de Hjúki, qu'à chaque fois qu'il revenait chez lui, de nouvelles expériences s'offrait à lui, et que ses connaissances ne cessaient de se développer à ce sujet. Elizabeth fronça les sourcils: peut-être que son interprétation n'était pas correcte ? Elle n'arrivait pas à ressentir la même chose; du moins, c'était la première fois qu'elle revenait chez elle après un aussi long moment, peut-être que cela lui arrivera dans quelques mois ? Elle garda cette pensée de côté, préférant se concentrer sur la suite de l'écrit. La jeune Poufsouffle comprit qu'il était heureux d'être revenu chez lui, et elle le comprenait: un endroit familier était toujours réconfortant. Puis une question suivit: malgré l'avoir relu plusieurs fois, elle n'arrivait pas à déduire le véritable sens. Elle avait dessiné plusieurs paysages du château, sa salle commune, le parc, la Grande Salle, les Serres, la Tour d'Astronomie et bien d'autres encore. Cependant, pour la plupart, elle n'avait pas réussi à y ajouter sa touche personnelle, notamment la salle de classe de Botanique, ou certaines salles du château. Elle avait plutôt l'impression qu'elle devait avoir une attache personnelle avec le lieu pour pouvoir y inculquer ses propres perceptions. C'était le cas de la vue du ciel depuis la Tour d'Astronomie. Voulait-il parler de cela en lui posant la question ? Surtout en parlant de contour ? Elle l'ignorait. Mais n'était-elle pas libre de l'interpréter comme elle le souhaitait ? Probablement. Sans aucune hésitation, elle s'installa à son bureau, attrapa un parchement, sa plume et son encrier de couleur sombre, et débuta sa réponse:
Cher Hjúki,
Je suis agréablement surprise que tu m'aies envoyé un hibou pendant les vacances ! À vrai dire, ça faisait longtemps que j'avais tenté plusieurs fois de te rédiger une lettre, mais je n'étais jamais convaincue du contenu.
Pour ma part, je passe mes vacances à Londres, là où j'habite avec ma famille. J'ai failli être en Irlande à cette même période, ce qui aurait été une drôle de coïncidence. Je comprends que tu sois heureux d'être rentré, à vrai dire l'idée de rester trop longtemps loin de chez moi ne me plaît pas. Même si je suis à Poudlard depuis presque quatre mois maintenant, je n'ai pas encore l'impression d'être totalement intégrée et de m'être habituée à mon nouvel environnement, mais ça arrivera dans pas trop longtemps je pense. Je me sens bien dans ma salle commune, ça ne devrait pas tarder pour le reste du château.
En parlant de Poudlard, j'ai dessiné pas mal de paysages depuis notre dernière rencontre. Et je te remercie de m'avoir posé cette question, j'ai des choses à dire à ce sujet. J'ai pu représenté au moins une dizaine de lieux différents, comme ma salle commune, le parc, la Grande Salle, les Serres ou encore la Tour d'Astronomie. Mais pour la plupart ce sont des croquis inachevés car je n'ai jamais réussi à y intégrer ma touche personnelle. Et j'ai l'impression que si j'affectionne un endroit en particulier, je pourrais facilement finir le croquis. Sinon... Ça reste compliqué. C'est un vrai problème, tu ne crois pas ? Je ne sais pas si toi aussi tu dessines, ou si tu as une activité avec laquelle tu arrives à comprendre ce que je veux dire, mais j'espère que ça ne t'arrives pas. En général, dessiner n'importe quoi en y mettant de soi, c'est normal pour les personnes qui dessinent régulièrement, non ? C'est étrange que ce ne soit pas le cas pour moi. Mais j'essaye de travailler dessus.
Je te joins à ma lettre la vue du ciel depuis la Tour d'Astronomie qui est plutôt bien réussie à mon avis, ainsi qu'un dessin des Serres de botanique qui n'est pas achevé. Tu verras peut-être mieux de quoi je veux parler.
J'espère que ces quatre mois à Poudlard n'ont pas été trop éprouvant pour toi,
Passe de bonnes vacances et... joyeux Noël un peu en retard !
Elizabeth Merrow
Elle ne relut pas la lettre, ne corrigea pas ses fautes d'orthographe et surtout plia doucement le parchemin pour le ranger dans une enveloppe. Après avoir noté les informations nécessaires, elle se rendit de nouveau dans la cuisine où elle choisit le hibou familial pour envoyer sa réponse: elle était encore fatiguée, mais son cerveau continuait de fonctionner, et une multitude de questions sans réponse fusaient. Une chose était sûre, elle était prête à accueillir la réponse du jeune homme.
Info sur le TDI- 5e année RP - cofondatrice de la PTC #D9603B - Inspectrice Elisabête, experte en déstabilisation des Bôs Debilus - Traîneuse de catastrophes comme un boulet attaché à sa cheville- Retard RP- L'entarteuse de Poudlard (Senku<3)
Exhalation
Hiver 2045/46
La première fois qu’il avait lu les lignes parcourant le parchemin enroulé autour de ses doigts, les murs familiers de chez Opa l’entouraient encore, pas si loin des Falaises mais à bonne distance de Londres. C’était une impression exprimée dans les premières phrases qui glissaient à présent sur sa peau qui l’avait convaincu que ce n’était le lieu approprié, il avait senti le besoin d’être dans les mêmes décors décrits pour gagner une vision plus claire. La lettre avait été gardée de côté jusqu’au retour nécessaire à Poudlard. Sans se balader avec, le contenu savait traîner dans ses pensées, l’adolescent avait regardé ces lieux, essayant d’adopter cette perspective où ils étaient de petits fragments, les organes d’un corps plus vaste. Les temples de l’Ouranos et de Déméter avaient retenu son attention en regard des représentations qu’Elizabeth en avait faites, mais l’objet le plus intriguant était la salle commune. Sa première scène… Hjúki n’avait pas vraiment idée de comment était celle de la maison de Helga, il avait du moins été conduit à scruter celle où il avait été assigné. Peut-être qu’elles étaient à quelques dizaines ou centaines de mètres l’une de l’autre, en dépit de cette proximité il ne doutait pas qu’en connaître une ne rendait pas forcément imaginables les voisines. Depuis les dortoirs, ses Perles-de-Nótt avaient maintes fois salué Máni, c’était toutefois différent de l’expérience qu’il menait. De jour, posté devant l’une des fenêtres, il absorbait ce qui s’offrait à hauteur de visage. Peu enclin à se diriger délibérément vers ses camarades au sol, se présentaient ainsi essentiellement des éléments volants : créatures, bouts de végétaux, balais parfois. Cet air étrange, impalpable, si ordinaire, si proche et loin de la terre, grouillant à sa manière. Au travers duquel circulaient néanmoins jusqu’aux mots. Les siens, ponctuellement. Sans un regard en arrière, le jeune Anastase ne se souciait guère de ce qui se tramait dans la salle, trop fixé sur les Yeux qu’elle avait sur l’étroit monde que constituait le château. Lassé de la vision, il écoutait alors le vent chanter contre les pierres sa froide mélodie d’hiver. Ce ne fut qu’à une aube où l’espace se montra pour ainsi dire dépeuplé qu’elle s’approche du cœur, du foyer. Non, plutôt là où étaient émises les respirations, la cheminée crépitante, soufflant un air jusque dehors. Ce qu’il aurait aimé jeter une lettre au feu pour qu’elle se reconstitue dans les flammes, pourquoi pas celles de la salle des Poufsouffle. La poudre de cheminette pour les objets, mais il craignait que le circuit ne fût verrouillé et ne laissât cours à sa fantaisie. L’exhalation de fumée aurait été belle. Après des jours à se repaître du même spectacle, différent à chaque session, comme au théâtre, Hjúki se décida à poser sa réponse d’une encre bleu ciel.
Roulant le papyrus, il le confie à une créature ailée en soufflant dans l’air glacé pour créer dans son sillage les volutes d’un faux feu dont la fumée aurait emmené les mots jusque sa cheminée.Chère Elizabeth,
J’espère que ton séjour à Londres auprès de ta famille était agréable. Il est intriguant et intéressant de lire comment tu appréhendes Poudlard et ses parties par le dessin, cela m’a encouragé de les observer en me demandant l’empreinte que j’en tirerais. Voit-on les choses telles qu’elles sont ou cette touche personnelle serait-elle le filtre qui se pose sur ce que l’on regarde ? Cela me rappelle un conte où un faux mage persuade une cité entière que tout y est vert car l’accès et la résidence n’y sont permis qu’à condition de porter des lunettes – aux verres verts. Une telle variation n’est pas si personnelle, soit, mais il doit y avoir bien des façons de regarder. C’est ce que je tire de mes observations dans la salle commune – je suis d’ailleurs curieux ce que tu vois dans la tienne, que tu présentais comme plus chaleureuse que d’autres paysages. Nous pouvons regarder la cible, ou ce qu’elle voit, ou ce que nous y voyons. Un lieu voit-il ce qu’il accueille ou ce que ses ouvertures donnent à voir ? Il existe à Poudlard une salle dont l’intérieur est changeant ; toutefois son Regard, ses fenêtres, continuent de donner sur le même monde, n’est-ce pas ? Des mythes imaginent des entités de la Nature, nymphes ou dryades attachées à leur cours d’eau ou arbre qui voyaient un décor et ses variations en conservant la même essence. Dans la tour j’ai écouté le chant du vent, contemplé ses mouvements et ce qu’il transportait, senti sa respiration dans le feu. Je laisse cette image s’envoler à toi.
Hjúki Anastase
Exhalation
Oakley Street, Londres, début janvier 2046
La rentrée à Poudlard approchait à grands pas, et Elizabeth ignorait si elle avait hâte d'y retourner ou non. En effet, son avis sur l'école de sorcellerie était toujours mitigée, au point où elle ne savait plus vraiment quoi en penser: plus elle réfléchissait sur la question, plus ses pensées s'embrouillaient et plus elle se perdait entre les avis de tout le monde sans trouver le sien. Parfois, il lui arrivait de soudainement penser à "Oui, j'aime Poudlard c'est évident !". Et parfois, d'autres avis lui venaient en tête comme "Je n'ai vraiment pas envie d'y retourner... Je ne me sens pas vraiment chez moi...". Mais bien trop d'éléments pesaient le pour et le contre. En parler avec sa famille ne l'aiderait en aucun cas, entre des avis trop passifs ou d'autres qui ne répondaient pas à sa question, la fillette n'avançait pas. Puis, un après-midi, elle s'était simplement dit que la meilleure solution était de ne pas y penser. Bien sûr, c'était complexe, très complexe, mais cela allait alléger sa conscience pendant quelques temps. Et pour ne pas penser à quelque chose, la meilleure solution selon Elizabeth était de faire quelque chose de totalement différent qui lui occuperait l'esprit. Elle avait fini depuis quelques jours ses devoirs pour la rentrée, et avait dessiné tout ce qui lui était passée par la tête, bien que sur son bureau s'étalait des dizaines de croquis, fini ou pas. À priori, la seule option qui lui venait à l'esprit était de s'allonger sur son lit et de tenter de trouver le sommeil: faire une petite sieste allait l'aider à passer le temps. Elizabeth s'avança donc vers son matelas, s'allongea lentement et, sur le dos, elle ferma les yeux, avant de les rouvrir quelques secondes plus tard: elle n'était pas habituée à dormir à des horaires autre que celle dont elle était habituée. Trouver les bras de Morphée allait être plus difficile que prévu.
Poudlard, janvier 2046, matinée
Tandis qu'Elizabeth prenait son petit-déjeuner seule dans son coin, elle rêvassait sans pour autant penser à quelque chose en particulier. Elle fut interrompue par deux hiboux: le premier venait de son père. Il lui parlait de profiter de Poudlard et de ses amis, et de rester comme elle était. Le discours habituel en somme. Cependant, Elizabeth percuta devant le mot "amis". Charlotte Dwight, une camarade de sa promotion, s'en rapprochait probablement le plus, car la jeune Poufsouffle la trouvait très sympathique et lumineuse et voudrait en apprendre plus sur elle, mais sans plus. Même si la première année s'était plusieurs fois demander si elle aurait du lui envoyer un hibou pendant les vacances de Noël, par politesse et pour en apprendre plus sur sa camarade. Elle laissa son idée de côté et se reconcentra sur la deuxième lettre. En ouvrant le courrier en question, elle comprit immédiatement qui en était l'auteur, et avant de lire le contenu, elle se demanda si elle pouvait considérer Hjúki Anastase comme un "ami". Comment, lui, la voyait-il ? Tout comme pour Poudlard, elle avait beau réfléchir à la question et à la retourner dans tous les sens, mais aucune réponse ne lui venait à l'esprit. Elle aurait voulu lui poser la question, mais elle se ravisa, préférant laisser la question sans réponse. Probablement par peur de l'apprendre. En lisant le parchemin lentement en prenant le temps d'assimiler les mots du jeune homme, la première année se leva de sa table et se dirigea vers sa salle commune le plus rapidement possible. Une fois arrivée à destination, elle attrapa dans ses affaires de quoi écrire, et le plus important, de l'encre rouge. Elle avait sa propre interprétation des couleurs, surtout pour écrire à un hibou, mais elle n'y pensait pas pour le moment.
Navrée du retard...
@Charlotte Dwight pour la mention
La rentrée à Poudlard approchait à grands pas, et Elizabeth ignorait si elle avait hâte d'y retourner ou non. En effet, son avis sur l'école de sorcellerie était toujours mitigée, au point où elle ne savait plus vraiment quoi en penser: plus elle réfléchissait sur la question, plus ses pensées s'embrouillaient et plus elle se perdait entre les avis de tout le monde sans trouver le sien. Parfois, il lui arrivait de soudainement penser à "Oui, j'aime Poudlard c'est évident !". Et parfois, d'autres avis lui venaient en tête comme "Je n'ai vraiment pas envie d'y retourner... Je ne me sens pas vraiment chez moi...". Mais bien trop d'éléments pesaient le pour et le contre. En parler avec sa famille ne l'aiderait en aucun cas, entre des avis trop passifs ou d'autres qui ne répondaient pas à sa question, la fillette n'avançait pas. Puis, un après-midi, elle s'était simplement dit que la meilleure solution était de ne pas y penser. Bien sûr, c'était complexe, très complexe, mais cela allait alléger sa conscience pendant quelques temps. Et pour ne pas penser à quelque chose, la meilleure solution selon Elizabeth était de faire quelque chose de totalement différent qui lui occuperait l'esprit. Elle avait fini depuis quelques jours ses devoirs pour la rentrée, et avait dessiné tout ce qui lui était passée par la tête, bien que sur son bureau s'étalait des dizaines de croquis, fini ou pas. À priori, la seule option qui lui venait à l'esprit était de s'allonger sur son lit et de tenter de trouver le sommeil: faire une petite sieste allait l'aider à passer le temps. Elizabeth s'avança donc vers son matelas, s'allongea lentement et, sur le dos, elle ferma les yeux, avant de les rouvrir quelques secondes plus tard: elle n'était pas habituée à dormir à des horaires autre que celle dont elle était habituée. Trouver les bras de Morphée allait être plus difficile que prévu.
Poudlard, janvier 2046, matinée
Tandis qu'Elizabeth prenait son petit-déjeuner seule dans son coin, elle rêvassait sans pour autant penser à quelque chose en particulier. Elle fut interrompue par deux hiboux: le premier venait de son père. Il lui parlait de profiter de Poudlard et de ses amis, et de rester comme elle était. Le discours habituel en somme. Cependant, Elizabeth percuta devant le mot "amis". Charlotte Dwight, une camarade de sa promotion, s'en rapprochait probablement le plus, car la jeune Poufsouffle la trouvait très sympathique et lumineuse et voudrait en apprendre plus sur elle, mais sans plus. Même si la première année s'était plusieurs fois demander si elle aurait du lui envoyer un hibou pendant les vacances de Noël, par politesse et pour en apprendre plus sur sa camarade. Elle laissa son idée de côté et se reconcentra sur la deuxième lettre. En ouvrant le courrier en question, elle comprit immédiatement qui en était l'auteur, et avant de lire le contenu, elle se demanda si elle pouvait considérer Hjúki Anastase comme un "ami". Comment, lui, la voyait-il ? Tout comme pour Poudlard, elle avait beau réfléchir à la question et à la retourner dans tous les sens, mais aucune réponse ne lui venait à l'esprit. Elle aurait voulu lui poser la question, mais elle se ravisa, préférant laisser la question sans réponse. Probablement par peur de l'apprendre. En lisant le parchemin lentement en prenant le temps d'assimiler les mots du jeune homme, la première année se leva de sa table et se dirigea vers sa salle commune le plus rapidement possible. Une fois arrivée à destination, elle attrapa dans ses affaires de quoi écrire, et le plus important, de l'encre rouge. Elle avait sa propre interprétation des couleurs, surtout pour écrire à un hibou, mais elle n'y pensait pas pour le moment.
Bien que la fillette ait barré la dernière phrase de son hibou, son écriture restait entièrement lisible. Elle n'arrivait pas à savoir si elle l'avait fait exprès. Mais une chose était sûre: elle allait envoyer son hibou le plus rapidement possible.Cher Hjúki,
Sache que ton hibou arrive pile au bon moment ! Je n'expliquerai pas pourquoi parce que je pense que ça ne t'intéresse pas, mais... merci.
Pour mon séjour à Londres, je m'étais ennuyée assez rapidement. Mes parents travaillaient et je n'avais pas grand chose à faire, et pas non plus envie de faire grand chose à part de rester chez moi. J'espère que de ton côté tu t'étais ressourcé et que tu t'étais bien amusé ! Ou en tout cas, que tu te plais beaucoup en Irlande !
La question que tu poses concernant la vision des choses est intéressante ! Sans lire la suite de ton hibou, j'aurai sûrement dit que la réponse à cette question est plutôt difficile, mais j'arrive à comprendre ton point de vue. Surtout avec l'exemple du conte et ce que tu dis par la suite qui reflète, à mon avis, la réalité des salles communes, comme tu l'as bien dit. Je te joins un de mes dessins de ma salle commune, le meilleur que j'ai pu dessiné. J'y ai ajouté de la couleur, et elle me parait tellement chaleureuse... À part si je veux la voir comme ça et que je me suis convaincue que c'est le cas ?
Et puis quand tu parles de la Salle sur demande... Je suis curieuse. Je n'ai jamais eu l'occasion d'y aller, mais peut-être un jour ? Mais y aller... Est-ce que c'est vraiment intéressant ? Tu l'as bien dit: le monde reste le même, même si elle nous montre ce qu'on veut voir. Avec n'importe quel lieu, ça revient au même: la base reste la base. Tout dépend de la vision qu'on lui donne... C'est bien ça ?
Le chant du vent... Je trouve ça... envoûtant ?
Elizabeth Merrow
PS: dernière chose... je ne voulais pas vraiment te le demander mais j'aime bien écouté tes avis qui... m'ouvrent les yeux sur certaines choses... qu'est ce que l'amitié ? Ou qu'est ce que t'en penses ?
Navrée du retard...
@Charlotte Dwight pour la mention
Info sur le TDI- 5e année RP - cofondatrice de la PTC #D9603B - Inspectrice Elisabête, experte en déstabilisation des Bôs Debilus - Traîneuse de catastrophes comme un boulet attaché à sa cheville- Retard RP- L'entarteuse de Poudlard (Senku<3)
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Pré-au-Lard, Hiver mourant 2046
La fin du mois du janvier avait été un temps de haute fébrilité pour Hjúki, qui sentait son corps prêt à trembler de son cœur à ses extrémités s’il ne se contrôlait pas, ses lèvres prêtes à s’agiter pour libérer des ribambelles de fragments dissociés de pensées lorsqu’il déambulait d’une salle à la prochaine. Tant et tant avait besoin de tri dans son esprit, ne laissant guère d’espace pour s’occuper des lettres ou même pour se soucier de l’actualité du château. Sa tête comme empaquetée par un épais nuage, l’adolescent avait compris que le château s’apprêtait à s’abaisser à devenir le théâtre de la barberie à la faveur de quelque marché tordu gravitant autour d’un sombre récipient, une idée répugnante qui ne méritait même pas d’occuper le premier plan de ses pensées. Avoir été le spectateur de Opa dépendant, requérant des soins, l’avait retourné. Ce n’était plus seulement un tuteur plus âgé que la moyenne, c’était devenu concret. Dans l’attente de la bonne nouvelle, de son rétablissement et retour à domicile, le jeune Anastase avait été en ressassement. Il songeait également à l’occasion à celle qui avait croisé son chemin, l’échange troublant et accélérant, l’étrange initiation. Un vécu dense, inexplicable à certains égards, une agitation qui l’échappait mais l’habitait. Le trépignement, persistant, avait tout doucement desserré son étreinte et l’opportunité de visiter le village voisin aux frontières enfin ouvertes fut saisie pour respirer un autre air. Dans les ultimes semaines de l’hiver, il était froid, pas rude et asséchant comme lors des heures les plus mordantes de la saison, plutôt d’une fraîcheur qui tapissait sa peau d’une sensation agréable, un souffle qu’il était plaisant de sentir s’infiltrer depuis sa tête jusque ses poumons.
Le pli avait été pris, et autant son nécessaire à écriture que le courrier non traité étaient transportés. Aucun lieu de prédilection ne lui était attaché, et l’adolescent s’éloigna des veines commerçantes pour relire tranquillement la réponse d’Elizabeth reçue en une période où elle s’était noyée entre d’autres préoccupations. Le dessin avait été laissé dans ses effets à Poudlard et, beaucoup plus facile à contempler que d’appréhender les mots, les traits avaient fini par s’imprimer au point que Hjúki n’en avait plus besoin pour visualiser l’image que l’enfant avait de sa salle. Même s’il ne voulait pas y prêter trop attention, ses Perles-de-Nótt glissèrent comme la première fois jusqu’à la fin biffée, étrangement liée à sa propre expérience de l’endroit évoqué un peu plus haut. Naviguant dans le nuancier de ses Encres, une teinte s’était imposée et sa plume trempa dans un liquide d’un bleu pâle, de la Glace que l’on observe à travers un ciel d’hiver.
L’adolescent s’accorda ensuite un peu de marche, durant laquelle ses doigts s’agitaient autour du papyrus pour le façonner de la forme d’un cristal de glace en attendant de le transmettre à une chouette de la volière.Chère Elizabeth,
Mes passages en Irlande sont en effet pour moi des parenthèses bienvenues aux périodes châtelaines. Merci pour le partage de ta vision de ta salle commune. Les Sens ne trompent pas, si cette chaleur parvient à t’atteindre par une sensation palpable, alors je crois qu’elle est plus forte qu’une impression sans fondement ou simple auto-conviction.
Le temps ne te manque guère pour découvrir la salle sur demande si l’envie ou même le besoin te viennent. Tu peux t’imaginer Poudlard comme la statue en pierre d’une Silhouette en ronde-bosse, autour de laquelle nous pouvons tourner. La plupart du temps, seul l’avant de ce genre de figure attire l’œil, cette salle en serait comme l’arrière, coincé contre le mur. Façonné de la même pierre et de la même main, tu y exploreras peut-être des reliefs nouveaux, tels qu’il ne s’en présente pas sur la face offerte aux regards. Son pouvoir demeure sous un certain angle illusoire, si tu rêves d’évasion, l’ailleurs ne pourra être que d’apparence, car la salle est bien ancrée à Poudlard.
L’air, de ses mélodies à ses caresses, a sans doute un caractère envoûtant. Peut-être que l’amitié, c’est réussir à transmettre ce genre d’impressions personnelles, partager et apprendre, qui sait ?
Hjúki Anastase
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Poudlard, début mars 2046, fin de journée
Comme à son habitude, Elizabeth finissait ses journées à la bibliothèque. Elle pouvait y retrouver tranquillité, calme, et pouvait aussi bien faire ses devoirs, que dessiner tout ce qui lui passait par la tête. Depuis plusieurs semaines, elle se contentait de rester extrêmement discrète, en faisant ses devoirs et en respectant son emploi du temps à la lettre. Elle avait envie, cependant, de rentrer à Londres: elle se sentait étrangement de moins en moins chez elle, à Poudlard. Pourquoi ? Elle n'arrivait pas à identifier la cause. Ayant fini ses devoirs, elle avait devant elle un parchemin vierge et un crayon, et tentait tant bien que mal d'essayer de trouver la cause de son sentiment de rejet. Elizabeth trouvait que Poufsouffle était une maison formidable, chaleureuse et accueillante, comme une vraie famille. Même l'ambiance de la salle commune était faite pour que les élèves s'y sentent bien. Mais quand la première année prenait du recul sur la situation, elle finissait par penser que c'était l'image qui voulait être renvoyée, et qu'à force d'y penser, les étudiants en étaient convaincus. Mais la jeune Merrow y croyait de moins en moins. Elle finit par soupirer bruyamment avant de laisser tomber sa tête sur la table en bois, l'esprit vide. En réalité, pourquoi se poser la question ? Même si elle finissait par comprendre pourquoi est-ce qu'elle ne se sentait pas bien au château, son père ne pourra, et ne voudra, jamais la sortir de là. Les enfants sorciers étaient obligés de passer sept ans de leur scolarité à Poudlard. La jeune Poufsouffle se frotta les yeux, avant de chercher dans les poches de sa robe sa baguette magique, dans l'optique de s'entraîner un peu en sortilèges pour dissiper ses pensées. Mais elle sentit une enveloppe sous ses doigts, et la sortit, intriguée, ne se souvenant pas d'avoir mis une lettre dans sa poche. En l'ouvrant et en découvrant le contenu, elle comprit immédiatement qui était l'auteur de l'écrit, et ne se demanda même plus quand est-ce qu'elle l'avait reçu, mais plutôt quoi répondre. Elle prit sa plume et son encre bleue nuit, avant de commencer à écrire.
Comme à son habitude, Elizabeth finissait ses journées à la bibliothèque. Elle pouvait y retrouver tranquillité, calme, et pouvait aussi bien faire ses devoirs, que dessiner tout ce qui lui passait par la tête. Depuis plusieurs semaines, elle se contentait de rester extrêmement discrète, en faisant ses devoirs et en respectant son emploi du temps à la lettre. Elle avait envie, cependant, de rentrer à Londres: elle se sentait étrangement de moins en moins chez elle, à Poudlard. Pourquoi ? Elle n'arrivait pas à identifier la cause. Ayant fini ses devoirs, elle avait devant elle un parchemin vierge et un crayon, et tentait tant bien que mal d'essayer de trouver la cause de son sentiment de rejet. Elizabeth trouvait que Poufsouffle était une maison formidable, chaleureuse et accueillante, comme une vraie famille. Même l'ambiance de la salle commune était faite pour que les élèves s'y sentent bien. Mais quand la première année prenait du recul sur la situation, elle finissait par penser que c'était l'image qui voulait être renvoyée, et qu'à force d'y penser, les étudiants en étaient convaincus. Mais la jeune Merrow y croyait de moins en moins. Elle finit par soupirer bruyamment avant de laisser tomber sa tête sur la table en bois, l'esprit vide. En réalité, pourquoi se poser la question ? Même si elle finissait par comprendre pourquoi est-ce qu'elle ne se sentait pas bien au château, son père ne pourra, et ne voudra, jamais la sortir de là. Les enfants sorciers étaient obligés de passer sept ans de leur scolarité à Poudlard. La jeune Poufsouffle se frotta les yeux, avant de chercher dans les poches de sa robe sa baguette magique, dans l'optique de s'entraîner un peu en sortilèges pour dissiper ses pensées. Mais elle sentit une enveloppe sous ses doigts, et la sortit, intriguée, ne se souvenant pas d'avoir mis une lettre dans sa poche. En l'ouvrant et en découvrant le contenu, elle comprit immédiatement qui était l'auteur de l'écrit, et ne se demanda même plus quand est-ce qu'elle l'avait reçu, mais plutôt quoi répondre. Elle prit sa plume et son encre bleue nuit, avant de commencer à écrire.
Soudainement plus apaisée et joyeuse, Elizabeth rangea sa lettre avant de noter dans un coin de son esprit d'aller l'envoyer dès qu'elle en aura l'occasion. Sûrement le lendemain.Cher Hjúki,
Je suis heureuse de savoir que l'Irlande te plait. J'ai eu l'occasion d'y partir de nombreuses fois, et visuellement parlant, les paysages sont magnifiques et vraiment très intéressants à dessiner. Merci à toi pour ton avis sur la question de la salle commune, je me sens plus apaisée. J'y réfléchissais justement il y a quelques instants.
J'irai donc dans la Salle sur demande dès que j'en aurais besoin. Si j'y vais sur un coup de tête maintenant, je doute que les portes de la salle s'ouvre... Car je n'ai pas spécialement envie d'y aller. J'ai... disons peur de voir ce qu'il y aura à l'intérieur. Et je trouve ça assez ridicule, parce qu'elle nous montre que ce que l'on veut voir, ou ce qu'on a besoin de voir ou d'avoir... Je crois. C'est drôle de se dire qu'une telle salle existe à Poudlard non ? Même si on est dans une école de sorciers, une salle où nos désirs ou besoins apparaissent... Ça reste étrange pour moi. Mais utile pour beaucoup, en tout cas c'est ce que je pense.
Le chant du vent, une fois qu'il commence, je n'ai plus vraiment envie d'arrêter de le sentir et de l'entendre. En plus, je n'arrive pas à le dessiner. En général, quand je ne peux pas dessiner quelque chose, je suis frustrée, mais là... Étrangement ça me réjouie et m'envoûte encore plus !
J'aime beaucoup ta vision de l'amitié... Aussi captivante que le chant du vent !
Elizabeth Merrow.
Info sur le TDI- 5e année RP - cofondatrice de la PTC #D9603B - Inspectrice Elisabête, experte en déstabilisation des Bôs Debilus - Traîneuse de catastrophes comme un boulet attaché à sa cheville- Retard RP- L'entarteuse de Poudlard (Senku<3)
Exhalation
Galway, Printemps 2046
Les congés imminents avaient été retardés à la dernière minute, sans ménagement, au nom de l’application d’un stupide décret tombant pile pour son ultime période hors des murs avant la fin de son temps à Poudlard, alors qu’il était majeur depuis longtemps et théoriquement hors du champ de la Trace. Il n’aimait pas passionnément sa baguette ni n’avait développé de dépendance à son égard ; c’était l’idée que des gens puissent changer les règles d’un coup de tête au milieu de l’année, même pas pour une rentrée, qui le répugnait. Hjúki doutait de sa capacité à supporter ce contrôle sur son présent, sur son avenir ne serait-ce que pour quelques années supplémentaires. Ses espoirs d’émancipation se voyaient contrariés en constatant à quel point tout se trouvait étroitement lié à ce conseil, même ses perspectives d’études. Indécis, troublé, ces vacances délayées n’avaient été aussi apaisantes que l’adolescent l’aurait souhaité. Dans ses derniers jours en Irlande, il était retourné à la fontaine. C’était rare, mais il lui tardait de retourner en Écosse, songeant aux Perles-de-Lune familières et à ce qu’il pourra y déverser. En attendant, il écoutait la musique des jets d’eau qui contrastait au vide de son cœur n’émettant aucun chant. S’il avait emprunté l’instrument de Opa, son silence intérieur l’aurait empêché d’en expulser quoique ce soit. Il ne restait que ce clapotis mécanique. Le jeune Anastase aimerait apprendre que tout ce qui se produisait d’inattendu depuis des semaines, des mois – l’absurde mise au défi, la faiblesse de son Beschützer, l’Étoile Noir d’Encre – fût le fruit d’un rêve étrange, que telle Alice il retrouverait le paisible jardin. Pourtant, ses actes au Pays des Merveilles, tout comme ceux de Dorothée à Oz, n’avaient pas été sans conséquences. Contrairement à elle, avait-il su être attentif à la porcelaine ? Ou avait-il été de ces figurines vulnérables au souffle d’une étrangère ? Closant ses paupières, Hjúki tut ses pensées et laissa le chant de l’eau enfler pour remplir le champ de sa perception. Loin de la puissance non contenue des gerbes s’écrasant sur les falaises, le flux était plus régulier mais implacable. Des souvenirs d’enfance de son petit corps enveloppé dans les bras d’Opa, devant l’océan berçant de ses va-et-vient refluèrent. Cette chaleur et l’assurance d’être au bon endroit s’étaient depuis évanouies. À la place, l’adolescent essayait de se stabiliser sur un flot artificiel, permettant à toute cette eau de la traverser en gardant néanmoins les yeux au sec ; la mélodie de la fontaine primait.
Comme statufié par le bouleversement temporel concernant la pause pascale, il n’avait pas oublié les éléments mis en suspens. À distance prudente des projections, Hjúki ne cherchait pas à humecter la missive lue une première fois moins d’un mois plus tôt, plus aisée à traiter à présent. Ironiquement, il y revenait précisément en Irlande. Il opta cette fois pour une couleur métallisée, évoquant non plus l’eau mais ce qui la transportait dans les mécanismes hydrauliques.
Chère Elizabeth,
Je crois pour la salle sur demande que le plus simple serait de la laisser venir à toi plutôt que l’inverse. Sans y penser, elle te proposera sûrement l’endroit qu’il te faut au moment adéquat. Elle peut également créer un espace de partage, où y côtoyer d’autres personnes.
Je n’ai pas encore sillonné l’Irlande dans toutes ses aspérités, je me souviens t’avoir vue pour la première fois aux Falaises, où le vent mêlait sa symphonie à celle de l’eau. J’ai toujours apprécié vivre en face de l’océan, à cette force d’immensité s’opposent les cours aux tracés dessinés des fleuves, dont le Corrib traverse ma ville. Je me laisse ici bercer des mélodies irlandaises de l’eau, inaudibles à Poudlard. Je perçois le chant des éléments comme un mouvement, pour le saisir, est-il possible de former une image qui n’immobilise ? Ce n’est pas forcément impossible.
Hjúki Anastase
Exhalation
Poudlard, fin avril 2046, fin de journée
Allongée dans son lit, la fillette regardait le plafond sans vraiment se concentrer sur ce qu'elle voyait. Les mains jointes posées sur son estomac serraient dans ses mains une feuille de papier qui était légèrement froissée. Elle se sentait très étrange. En effet, ses émotions étaient aussi indescriptibles et indomptables que le chant de la mer. Pourtant, les lettres de ses proches arrivaient à les contrôler quelques instants, sauf d'une personne. Cette dernière les manipulait d'une façon qu'Elizabeth pensait impressionnante voire même effrayante. Comment les simples hiboux Hjúki pouvaient avoir autant d'effet sur elle ? Comment cela était-il possible ? Et surtout, pour quelle raison ? La jeune Poufsouffle n'arrivait vraiment pas à comprendre sa situation, et elle était tellement exaspérée qu'elle enchaînait une succession de soupirs alliée de froncements de sourcils et de marmonnements incompréhensibles. Après quelques minutes de réflexion qui ne menaient à rien, elle se releva soudainement et attrapa une plume, de l'encre bleu foncée qui lui rappelait l'océan, et un parchemin neuf pour entamer sa réponse:
encore navrée pour mon retard...
Allongée dans son lit, la fillette regardait le plafond sans vraiment se concentrer sur ce qu'elle voyait. Les mains jointes posées sur son estomac serraient dans ses mains une feuille de papier qui était légèrement froissée. Elle se sentait très étrange. En effet, ses émotions étaient aussi indescriptibles et indomptables que le chant de la mer. Pourtant, les lettres de ses proches arrivaient à les contrôler quelques instants, sauf d'une personne. Cette dernière les manipulait d'une façon qu'Elizabeth pensait impressionnante voire même effrayante. Comment les simples hiboux Hjúki pouvaient avoir autant d'effet sur elle ? Comment cela était-il possible ? Et surtout, pour quelle raison ? La jeune Poufsouffle n'arrivait vraiment pas à comprendre sa situation, et elle était tellement exaspérée qu'elle enchaînait une succession de soupirs alliée de froncements de sourcils et de marmonnements incompréhensibles. Après quelques minutes de réflexion qui ne menaient à rien, elle se releva soudainement et attrapa une plume, de l'encre bleu foncée qui lui rappelait l'océan, et un parchemin neuf pour entamer sa réponse:
"Impressionnant" ? Elle ricana silencieusement devant ce qu'elle venait d'écrire. Certes ça l'était, elle n'était pas contre ce qu'elle venait d'écrire, mais le terme "idéal" conviendrait mieux selon elle. Mais bien entendu, il était absolument hors de question de l'écrire. Elle avait envie de revoir le jeune homme pour discuter avec lui, mais le fait de se retrouver dans la salle sur demande serait une situation bien trop extraordinaire pour la fillette. Elle soupira avant de continuer sa lettre:Cher Hjúki,
C'est vrai que la salle sur demande est plus utile quand elle vient à nous au moment où on en a le plus besoin... Et quand tu dis "côtoyer d’autres personnes" ça veut dire que je peux y trouver quelqu'un même si on n'y rentre pas ensemble au même moment ? Par exemple si j'en ai besoin pour une quelconque raison et toi aussi, on peut s'y retrouver ? C'est quand même impressionnant...
Allait-elle réellement continuer à se remémorer en boucle leur inaugurale interaction face à la mer ? Elle ne pouvait pas s'en vouloir si c'était lui qui le lui rappelait, n'est-ce pas ? Puis, elle ne se souvenait pas réellement de leur discussion, ou plutôt de ses propres mots: elle avait le souvenir que ses mots n'étaient pas réellement les siens. Même si elle commençait à s'y habituer. De plus, le fait que Meghan Merrow l'avait laissé seule "quelques instants", selon ses dires, n'avait pas réellement dérangé la fillette. Elle avait pu discuter avec Hjúki et établir un premier contact avec lui. Elle lui en était reconnaissante cette fois-ci.En Irlande, lorsque j'ai l'occasion d'y aller, c'est pour principalement rendre visite à mes grands-parents, à Gleann Cholm Cille. Cependant, lors de notre première rencontre, c'était un pur fruit du hasard grâce à mon père. Il voulait que je passe du temps avec ma mère, même si, à mon jeune âge, je me suis retrouvée toute seule près des falaises. Enfin seule... Non, pas vraiment. Tu étais là.
Plus tôt dans la journée, la fillette avait lu et relu la lettre, en buttant sur "le Corrib". Elle ne l'avait jamais vu de sa vie et s'était ruée à la bibliothèque pour en comprendre le sens. Enfin, elle avait deviné que c'était une sorte de fleuve, mais souhaitait être sûre d'elle. Après quelques minutes de recherche, elle découvrit que c'était bien un fleuve, situé sur la côte ouest de l'Irlande dans le comté de Galway. Elle en prit note, légèrement gênée de ne pas connaître correctement la géographie du Royaume-Uni. Mais cela restait tout à fait normal pour une fille de son âge.Vivre face à la mer ? Ça a toujours été une chimère pour moi... Je vis en ville hors Poudlard et mes grands-parents habitent au milieu d'une campagne. Mais peut-être que c'est mieux comme ça: quand je me retrouve face à l'océan, l'aspect magique de la nature ne me lassera jamais.
Elle signa sa lettre, comme à son habitude, avant de la relire plusieurs fois et de se laisser retomber sur son lit: elle l'enverrait le lendemain, pour l'instant, elle en profitait pour se coucher, tant que ses émotions étaient calmes et apaisées... comme la mélodie de l'eau en plein été.J'aime la façon dont tu décris ton environnement en Irlande... J'ai bien envie d'y retourner maintenant ! Mais du côté de la mer, pas chez mes grands-parents. J'ai presque l'impression d'entendre cette mélodie dont tu parles, même si elle doit être différente de la réalité, étant donné qu'elle ne m'est pas familière.
"une image qui n’immobilise"... J'ai envie de tenter l'expérience en essayant de le dessiner. Je pense que c'est possible, mais il faudrait que j'ai le paysage sous mes yeux... Si j'ai l'occasion d'y retourner un jour, compte sur moi pour t'envoyer le résultat !
Elizabeth Merrow
encore navrée pour mon retard...
Info sur le TDI- 5e année RP - cofondatrice de la PTC #D9603B - Inspectrice Elisabête, experte en déstabilisation des Bôs Debilus - Traîneuse de catastrophes comme un boulet attaché à sa cheville- Retard RP- L'entarteuse de Poudlard (Senku<3)
Exhalation
Galway, Fin d’été 2046
Versatile. Ce n’était pas une qualité à ses yeux. Une source d’irritation, plutôt. Les boussoles virevoltantes ne sont pas fiables. À la rigueur, amusantes, quand on ne cherche pas à maintenir un cap. En dépit du tressautement de répulsion que pouvait lui susciter ce caractère, ce mot résumait sans doute au mieux son état depuis son ultime période scolaire et les semaines qui suivirent. Son aiguille, jusqu’à un certain point, n’avait pas failli. Hjúki pensait voir une belle route bien définie, aussi nette que le serait le chemin de briques jaunes et sa destination claire, la cité d’Émeraude. Pourquoi rechigner à emprunter la voie dorée et le joyau promis à son terme ? Le mensonge. Quand on connait l’histoire, la réponse n’est pas bien difficile. Le serpentin aux écailles scintillantes mène à un charlatan, qui n’a rien de plus à offrir que ce qui est déjà en la possession de ses visiteurs. Qui, entre le personnage qui ne reconnaît pas la richesse en ou sur soi et celui qui invente une solution à un problème infondé, ment ? L’école est une fiction et ses devoirs sont des mensonges. Jusqu’alors, l’adolescent les avait proférés, ayant opté pour une traversée sans ondes. Néanmoins, quand il a été question de façonner son futur par une fable de plus, quelque chose l’avait retenu. Sa conviction qu’un tranquille tracé n’attendait que ses pas avait été dépassée par des convictions. À l’impossibilité d’être vrai, faut-il être faux ? Brique par brique, ses projets s’étaient effrités. L’énigme interrogeant quoi ériger à la place avait occupé son esprit et affolé sa boussole interne. Cette agitation l’avait ébouillanté mentalement et incessamment modifié la nature des courants composant l’eau de ses pensées. Cela avait impacté sa correspondance, tout le monde ne peut recevoir la partie semblable à la surface d’une bouilloire, de gerbes et vibrations, et l’adulte en devenir n’aimait pas l’idée de se déverser des courants qui auront eu le temps de disperser avant qu’ils n’aient terminé de voyager. Versatile en somme, car pléthore d’idées l’avaient traversé, tantôt l’une tantôt l’autre avait été prise pour celle qui à coup sûr prévalait sur le reste. Une même question aurait appelé des sensations divergentes d’une semaine à la suivante. Un semblant de stabilité acquis, ses doigts se resserrèrent sur une plume de corbeau et trempèrent la pointe dans une encre se voulant d’un bleu de mer intense, encore échauffée mais plus dansante.
Chère Elizabeth,
Croiser une personne ayant formulé le même besoin est bien une possibilité, tout comme il est possible de souhaiter d’emblée un lieu à partager avec quelqu’un.
J’espère que tu as eu un été ressourçant. Gardes-tu de belles images de ta première année en Écosse ?
Je confirme que la probabilité de se rencontrer vers Gleann Cholm Cille aurait été plus mince, les Falaises ont rempli la fonction bienvenue de passerelle entre nos contrées. Je compte précisément explorer de plus près cette île dont Poudlard m’a tenu éloigné durant les années nécessaires à achever mon cursus. Parfois, on ne soucie pas de regarder réellement ce qui est sous nos yeux, et je suis certain qu’il y a matière à explorer en Irlande. Ses paysages, sa faune et sa flore, ses espaces historiques ou culturels, ses histoires, certaines sans doute liées à notre héritage magique. Je pense pouvoir y apprendre plus que si je me limitais au cadre de quelque école supérieur. Cela présage une rupture nette avec la vie au château, mais je me réjouis de franchir ce portail vers un monde à la fois connu et nouveau.
Hjúki Anastase
Exhalation
Oakley Street, Londres, veille de la rentrée 2046,
Avachie sur son bureau, Elizabeth regardait son mur dans le blanc des yeux: elle discutait avec lui pour passer le temps. Elle rentrait en deuxième année à Poudlard dans quelques heures, et la fatigue ne venait pas: la seule solution qu'elle ait trouvé était de discuter avec la façade, qui n'allait jamais lui répondre. Même dans le monde magique, l'impossible existait. Que lui racontait-elle ? Tout et rien à la fois. Des pensées qui lui traversaient l'esprit sans logique apparente.
- ... alors que je préfère largement utiliser des crayons de papier pour dessiner. Et seulement des crayons. Je sais que la couleur ça rend le dessin plus vivant, mais je pense que j'ai rien à rajouter à ce que je dessine. Quand quelque chose est complet, pourquoi forcer pour en rajouter ?
Ses sujets de conversations à la limite de l'incongru avec son interlocuteur muet lui faisait simplement oublier qu'elle retournait à l'école. Après avoir passé un an là bas, elle ne se sentait toujours pas chez elle: en prenant du recul elle trouvait l'établissement exceptionnel, mais il y avait un mais. Quelque chose l'empêchait de s'y sentir bien. Et Elizabeth n'avait toujours pas trouvé la réponse à cette énigme. Après avoir longuement parlé de son style de dessin, elle se releva et chercha du regard l’appareil que son père lui avait donné quelques mois plus tôt. C'était un téléphone pour pouvoir contacter Lyam, son ami de longue date. Bien entendu il ne fonctionnait pas à Poudlard, mais son père lui avait expliqué que c'était bien moins suspect de contacter Lyam par téléphone que par lettre. De plus, Jack Merrow avait pris l'habitude d'appeler lui même le jeune garçon en période scolaire car il savait que sa situation familiale n'était pas des plus stable, même après plusieurs années. La jeune Poufsouffle attrapa l'appareil et regarda l'heure: 23h16. Pouvait-elle l'appeler maintenant ? Elle avait besoin de parler et de se changer les idées, même pendant quelques minutes. Après quelques minutes de réflexion, elle pianota sur l'écran tactile et finit par contacter le jeune moldu. Le silence de sa chambre fut bientôt interrompu par les bips réguliers du téléphone, jusqu’à ce que Lyam décroche :
- Alloooooaaaah ? dit-il en baillant à l'autre bout du fil. Pourquoi tu m'appelles à cette heure-ci Eliza ?
- Il est pas si tard que ça quand même... répondit-elle en souriant légèrement. Je t'ai réveillé ?
- Absolument pas, j'étais absolument pas en train de dormir parce que demain c'est la rentrée. Tu m'appelles pas pour rien j'pense ? Ou p't être que si parce que t'arrives pas à dormir ?
- Tu commences à me connaitre. J'arrive pas à dormir parce que demain c'est la reprise... Puis comme je suis à Poud... dans un internat ahem, je reviens pas jusqu'aux prochaines vacances...
- On avait parlé rapidement de ton internat, tu te sens pas bien là bas c'est ça ?
- Oui, c'est très bizarre.
- Hmmm, tu peux pas demander à tes parents de te retirer de cet établissement et que tu viennes au collège avec moi ? Ou pas nécessairement, parce que t'habites plus à côté...
- Non... Je t'avais dit que quand tu commences là bas, faut tout finir, jusqu'à ce que tu rentres à l'université...
- ...
- C'est un problème sans solution c'est ça ?
- Non ! Y a forcément une solution, mais ça se trouve pas rapidement parce que ça serait trop facile sinon... Laisse moi réfléchir...
- Ça ira Lyam, j'avais juste besoin de dégager ce que j'avais en tête, je te laisse dormir.
- Eh mais att...
Et Elizabeth raccrocha. Elle lui était éternellement reconnaissante d'être toujours à ses côtés et de toujours vouloir l'aider, mais elle ne voulait pas abuser de sa gentillesse. Cette fin de conversation était aussi un signal : il était temps d’aller se coucher, même si le sommeil restait introuvable. Elle décida de compter les hippogriffes — une technique qui ne fonctionnait jamais, mais c’était mieux que rien. En s’allongeant sur son lit, elle sentit un papier sous son dos. Elle avait probablement oublié de ranger ses dessins. Lorsqu’elle l’attrapa, elle se rendit compte que c’était la lettre de Hjúki, reçue quelques jours plus tôt. Elle le relit attentivement et se rendit compte qu'écrire au garçon allait peut-être lui permettre de trouver des pistes concernant son mal-être à Poudlard, même après un an là-bas. Elle s'installa à son bureau, prit sa plume et un parchemin, et commença à écrire au fil de ses pensées:
Avachie sur son bureau, Elizabeth regardait son mur dans le blanc des yeux: elle discutait avec lui pour passer le temps. Elle rentrait en deuxième année à Poudlard dans quelques heures, et la fatigue ne venait pas: la seule solution qu'elle ait trouvé était de discuter avec la façade, qui n'allait jamais lui répondre. Même dans le monde magique, l'impossible existait. Que lui racontait-elle ? Tout et rien à la fois. Des pensées qui lui traversaient l'esprit sans logique apparente.
- ... alors que je préfère largement utiliser des crayons de papier pour dessiner. Et seulement des crayons. Je sais que la couleur ça rend le dessin plus vivant, mais je pense que j'ai rien à rajouter à ce que je dessine. Quand quelque chose est complet, pourquoi forcer pour en rajouter ?
Ses sujets de conversations à la limite de l'incongru avec son interlocuteur muet lui faisait simplement oublier qu'elle retournait à l'école. Après avoir passé un an là bas, elle ne se sentait toujours pas chez elle: en prenant du recul elle trouvait l'établissement exceptionnel, mais il y avait un mais. Quelque chose l'empêchait de s'y sentir bien. Et Elizabeth n'avait toujours pas trouvé la réponse à cette énigme. Après avoir longuement parlé de son style de dessin, elle se releva et chercha du regard l’appareil que son père lui avait donné quelques mois plus tôt. C'était un téléphone pour pouvoir contacter Lyam, son ami de longue date. Bien entendu il ne fonctionnait pas à Poudlard, mais son père lui avait expliqué que c'était bien moins suspect de contacter Lyam par téléphone que par lettre. De plus, Jack Merrow avait pris l'habitude d'appeler lui même le jeune garçon en période scolaire car il savait que sa situation familiale n'était pas des plus stable, même après plusieurs années. La jeune Poufsouffle attrapa l'appareil et regarda l'heure: 23h16. Pouvait-elle l'appeler maintenant ? Elle avait besoin de parler et de se changer les idées, même pendant quelques minutes. Après quelques minutes de réflexion, elle pianota sur l'écran tactile et finit par contacter le jeune moldu. Le silence de sa chambre fut bientôt interrompu par les bips réguliers du téléphone, jusqu’à ce que Lyam décroche :
- Alloooooaaaah ? dit-il en baillant à l'autre bout du fil. Pourquoi tu m'appelles à cette heure-ci Eliza ?
- Il est pas si tard que ça quand même... répondit-elle en souriant légèrement. Je t'ai réveillé ?
- Absolument pas, j'étais absolument pas en train de dormir parce que demain c'est la rentrée. Tu m'appelles pas pour rien j'pense ? Ou p't être que si parce que t'arrives pas à dormir ?
- Tu commences à me connaitre. J'arrive pas à dormir parce que demain c'est la reprise... Puis comme je suis à Poud... dans un internat ahem, je reviens pas jusqu'aux prochaines vacances...
- On avait parlé rapidement de ton internat, tu te sens pas bien là bas c'est ça ?
- Oui, c'est très bizarre.
- Hmmm, tu peux pas demander à tes parents de te retirer de cet établissement et que tu viennes au collège avec moi ? Ou pas nécessairement, parce que t'habites plus à côté...
- Non... Je t'avais dit que quand tu commences là bas, faut tout finir, jusqu'à ce que tu rentres à l'université...
- ...
- C'est un problème sans solution c'est ça ?
- Non ! Y a forcément une solution, mais ça se trouve pas rapidement parce que ça serait trop facile sinon... Laisse moi réfléchir...
- Ça ira Lyam, j'avais juste besoin de dégager ce que j'avais en tête, je te laisse dormir.
- Eh mais att...
Et Elizabeth raccrocha. Elle lui était éternellement reconnaissante d'être toujours à ses côtés et de toujours vouloir l'aider, mais elle ne voulait pas abuser de sa gentillesse. Cette fin de conversation était aussi un signal : il était temps d’aller se coucher, même si le sommeil restait introuvable. Elle décida de compter les hippogriffes — une technique qui ne fonctionnait jamais, mais c’était mieux que rien. En s’allongeant sur son lit, elle sentit un papier sous son dos. Elle avait probablement oublié de ranger ses dessins. Lorsqu’elle l’attrapa, elle se rendit compte que c’était la lettre de Hjúki, reçue quelques jours plus tôt. Elle le relit attentivement et se rendit compte qu'écrire au garçon allait peut-être lui permettre de trouver des pistes concernant son mal-être à Poudlard, même après un an là-bas. Elle s'installa à son bureau, prit sa plume et un parchemin, et commença à écrire au fil de ses pensées:
Je n'ose même pas qualifier mon retard tellement il est énorme, j'en suis désolée... Voilà donc ma réponse après de longs mois d'attente.Cher Hjúki,
Encore une fois, ton hibou tombe à pic. Je ne sais pas si c'est le hasard qui fait vraiment bien les choses, ou juste de la chance, mais dans tous les cas j'en suis bien contente et je ne vais pas me plaindre.
Je retourne à Poudlard demain, et je n'arrive pas à dormir. Parce que j'appréhende justement le fait d'y retourner. Pour répondre à ta question: je sais pas vraiment quoi penser de ma première année. L'école est incroyable je le sais. Mais je pense que j'y suis pas à ma place. Ou que j'ai pas encore vraiment trouvé ma place. C'est bizarre dit ça comme ça, parce que je suis qu'une élève qui doit simplement travailler et respecter les règles. Donc pourquoi trouver "ma place" ? Je sais pas exactement ce que je cherche je crois. Je pense que je vais me concentrer dessus cette année.
J'ai oublié tout ça pendant l'été et j'avoue que je me suis bien reposée. J'ai eu l'occasion d'aller avec mon père au Musée des arts décoratifs et de l'histoire à Dublin, je ne sais pas si tu as déjà fait un tour là bas, mais le musée était très intéressant ! Enfin c'était super de faire une sortie avec mon père, j'avoue qu'il y avait beaucoup de cailloux exposés là bas, et pas beaucoup de tableaux. Je trouve ça dommage. Mon père m'a dit que les cailloux étaient un patrimoine culturel important. Je le crois mais bon, à mon avis l'histoire derrière un tableau est plus longue et plus intéressante que celle derrière un caillou.
Tu veux explorer l'Irlande ? Waouh je suis impressionnée ! C'est incroyable. C'est sûr que ça changera de la vie à Poudlard. C'est excitant de plonger dans l'inconnu, mais le bel inconnu. Ou du moins quand on a une bonne idée de la chose. Tu me donnes envie de jouer les exploratrices, je pourrais dessiner les paysages d'Irlande ! Je pense qu'il y en a pleins, tous différents les uns que les autres. Vu ce que tu écris, je suppose que tu ne comptes pas continuer d'études pour le moment ? Je pense que de mon côté ça sera obligatoire, enfin mes parents ont fait de grandes études et ont des postes très respectables, ils attendent donc la même chose de ma part. Mais j'ai encore le temps n'est-ce pas ?
Bon je pense que je vais aller dormir sinon la journée de demain va être chaotique,
Je te joins avec mon hibou un dessin que j'ai fait dans le musée: on y voit mon père qui observe une sculpture. Ça a l'air d'être un simple croquis vu que c'est au crayon de papier et que les traits n'ont pas l'air complet, mais c'est ma façon de dessiner les choses: je pense que j'ai rien à rajouter à ce que je dessine.
Porte toi bien !
Elizabeth M.
Info sur le TDI- 5e année RP - cofondatrice de la PTC #D9603B - Inspectrice Elisabête, experte en déstabilisation des Bôs Debilus - Traîneuse de catastrophes comme un boulet attaché à sa cheville- Retard RP- L'entarteuse de Poudlard (Senku<3)