D'un dédale à un labyrinthe, en passant par pleins d'enchevêtrements

RP avec @Constance Nelson
07 décembre, 13h24


Marilya n'imaginait pas, avant d'arriver à Poudlard, que s'y sentir à l'aise lui demanderait tant d'énergie. C'était d'autant plus démoralisant pour la fillette de voir que ses camarades ne semblaient pas autant souffrir de leur présence ici. Ses parents, sa maison, lui manquaient. Tout se passait bien, mais elle conservait l'impression écrasante, sans être capable de le nommer, de ne pas être à la hauteur. De ne pas être prête et le regard désespéré que lui lançait le portrait d'un gros monsieur n'arrangeait rien. Pourtant la fillette faisait de son mieux.

"Je suis désolée... Je ne comprends pas où est-ce que je dois aller... Vous voulez bien m'accompagner ? S'il-vous-plait."

Cela faisait trois ou quatre fois qu'elle repassait devant ce même élève sans le vouloir et qu'elle lui demandait de l'aide à chaque fois. Le gros jeune homme en avait visiblement mare. Il refusa donc et plaça un journal devant son visage en affirmant d'un ton tranchant (selon Marilya) que "savoir retrouver son chemin seul faisait partie de l'apprentissage de base à Poudlard". La blonde en tira la conclusion qu'elle était réellement en-dessous de ses camarades.

Désespérée, complètement perdue, elle n'eut pas d'autre choix que de tenter une nouvelle fois de suivre les indications de l'élève, mais cela la fit déboucher dans un lieu dans lequel elle ne s'était encore jamais retrouvée. Marilya s'arrêta et fronça les sourcils. Elle hésita à faire demi-tour quand une autre élève de sa maison apparut soudainement au fond du couloir. Timidement, encore perturbée par son échange avec l'autre élève, la blaireaute interpela son ainé.

"Excuses-moi, je suis désolée de te déranger, mais j'ai perdu mon groupe en sortant de la Grande salle et je me suis perdue. Comment on fait pour aller à la bibliothèque ?"
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D'un dédale à un labyrinthe, en passant par pleins d'enchevêtrements
Lundi 7 décembre 2048

Elle venait de descendre de la volière où elle avait posté une lettre pour ses meilleurs amis moldus et se rendait d'un pas habitué et régulier vers son prochain cours de la journée : Soins aux Créatures Magiques. Son cours préféré et en plus, là, elle allait à un cours en option. La zone de cours se trouvant trois étages en-dessous, à l'extérieur, elle vérifiait machinalement qu'elle avait bien ses gants et son bonnet avec elle dans son éternelle besace de cuir battant contre sa hanche.
En tout cas, elle avait bien son écharpe moutarde de Poufsouffle autour du cou.
C'était déjà ça. Mais ça serait bien si j'avais toute la panoplie pour éviter de faire un crochet par le Terrier.

Heureusement, elle fini par dénicher le deuxième gant tout au fond de son sac et le sortit, un air triomphant barrant ses lèvres durant un fugace moment.
Soulagée, elle agrandit sa foulée, la tête déjà dans ses pensées, toutes plus ou moins tournées vers le prochain cours.

C'est alors qu'une silhouette se dessine dans son champs de vision. Une petite blonde au visage presque familier qui semblait venir à sa rencontre.
Alors qu'un sourire poli étire brièvement ses lèvres, elle fini par définitivement ralentir puis arrêter son pas lorsque la petite l'interpelle. Son visage lui disait quelque chose car elle était de Poufsouffle, vu les couleurs de son uniforme.
Fronçant doucement les sourcils, Constance écoute sa requête bien que se doutant déjà que la première année fut perdue. Vu son air si grave, perturbé, c'était soit ça soit quelque chose de plus grave.

La Grande Salle ? La bibli ?!
Surprise, Constance tourne machinalement son regard alentours. Elles étaient dans un coude de couloir du Troisième étage, bien "loin" des deux lieux cités qui se trouvaient quant à eux trois niveaux plus bas.
Ah oui, elle est bien, bien, bien perdue, là. La pauvre.

- Salut, euh non, t'inquiète, ça arrive, mais là... erm... t'es au Troisième et les deux endroits - la Grande Salle et la Bibli - dont tu m'parles, ben... (rit, un peu gênée) ils sont au rez-de-chaussée. J'm'd'mande bien comment t'as fait pour atterir là. Mais, eh ? C'est pas grave, justement je descendais pour me rendre en cours dehors. Donc, tu peux venir avec moi pour redescendre et éviter de te retrouver perdue entre un placard à balai et un passage secret, tente de plaisanter Constance pour détendre un peu sa cadette. T'es à poufsouffle, non ? T'avais une peluche au p'tit dej, l'autre jour. Nounours c'est ça ? se rappelle-t-elle avec un sourire doux pour mettre à l'aise sa cadette.

C'était il y a cinq jours, dans la Grande Salle justement. Les bancs avaient été ensorcelés par des lutins farceurs et faisaient "péter" de façon tonitruante des élèves au hasard. Et là, la p'tite blonde avait débarqué avec son ours en peluche. Drôle de scène.

@Marilya Sowell ;)

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Marilya écarquilla les yeux. Parce qu'il y avait VRAIMENT des passages secrets à Poudlard ? Comme chaque élève, elle en avait entendue parler, espérait secrètement en trouver, mais se l'entendre confirmer par une élève plus âgé rendait l'information soudainement beaucoup plus... réel ? Excitant ? La petite princesse regarda partout autour d'elle comme si un passage allait soudainement s'ouvrir dans l'un des murs. Cela dit, un adulte aurait sans doute eu bien plus peur d'apprendre qu'une telle information venait de "tomber" aux oreilles d'une gamine avec de si forte capacité à se perdre ! Marilya non, elle n'envisagea pas une seule minuscule petite seconde que celui puisse devenir un problème.

Trente secondes auparavant, la blaireaute s'était sentie misérable de s'être ainsi perdue, mais les mots rassurant de l'ainé eurent vite fait de la rassurer. En plus, la belle Poufsouffle se souvenait de Nounours !

"Oui c'est ça !" s'enthousiasma-t-elle à la fois pour sa maison que pour son ourson. "Et toi ? T'es à Poufsouffle depuis longtemps ?" Marilya eu immédiatement un petit rire gêné et sa tête rentra ses épaules, lui donnant malgré elle un air adorable. "Désolééé, parfois les mots sortent avant que j'n'ai le temps de réfléchir".

Cette phrase ne venait pas d'elle, mais de ses parents qui le lui disait souvent. Apparemment, son esprit se retrouvait vite subm... "AH !" (On à dit vite, souvenez-vous !). Marilya se cacha derrière Constance par réflexe, brandissant sa baguette des deux mains.

Je te laisse imaginer ce qui lui a fait peur, simple armure qui bouge ou danger de mort, je suis OK ;)

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Constance ne pu retenir un sourire amusé face à l'enthousiasme grandissant de l'enfant. Amusement qui se métamorphosa en stupéfaction aussi vite qu'un vif d'or en plein match.
- Euh. (bref rire surpris) 'fin, oui, j'suis en 3ème année. Après, ça fait qu'un peu plus de deux ans que j'arpente les couloirs mais, bon... voilà... Ah okay, sourit Constance suite à la précision de la blonde. Très spontanée, du coup. C'est noté ! ajoute-t-elle avec un regard complice.
La descente promet d'être drôle.

A peine ces mots ont traversé son esprit qu'un cri perçant jaillit des lèvres de la première année qui se réfugie illico devant elle comme si un truc monstrueux se trouvait dans son dos. Sursautant face à l'injection, Constance fronce les sourcils et jette un regard prudent par-dessus son épaule.

Une armure se trouve en travers du couloir, immobile, bien qu'elle n'était pas là quelques secondes auparavant. Et malgré son apparente inertie, quelque chose se dégageait d'elle. Comme si elle était en attente. De quelque chose. C'était étrange et un brin malaisant. Sa cuirasse métallique luisait doucement des reflets des torches et de la luminosité ambiante, tandis que le trou béant dans son heaume ne laissait deviner d'une intense noirceur.

Constance avait l'habitude de croiser des armures au quotidien. Elles étaient là, dans les couloirs, à monter la garde. Bien qu'elle n'en ai jamais vu de ses yeux sortir de son poste.
Pour elle, ces armures faisaient davantage partie du décorum qu'elles n'étaient réellement pourvues d'une identité propre. On parlait d'armure là, vide, pas d'un chevalier en armure.

Un court silence s'installe dans le couloir et la châtaine perçoit désagréablement qu'elles sont seules dans le corridor avec l'armure inanimée. Bien qu'elle a sa baguette dans la profonde poche de sa robe de sorcière, Constance n'aurait pas été contre la présence d'un élève lambda passant nonchalamment par ici. Mais qu'est-ce qu'c'était qu'cette histoire ? D'où que les armures prenaient vie tout d'un coup et... et... se mettait en travers du couloir, zieutant d'un air lugubre les élèves présents ?

Mais la poufsouffle n'était pas seule et en tant qu'aînée, elle se devait non seulement de montrer le bon exemple pour la jeune blonde cachée derrière elle, mais se montrer rassurante. Faire preuve de sang froid. Cette réalité revenant comme un boomerang, Constance coula un regard vers la fille-au-nounours qui tenait maladroitement sa baguette comme un naufragé se tient à un bout de bois.
- Tu vas pas aller très loin comme ça, si tu la tiens de cette façon, dit-elle d'abord platement avant d'expirer. Détend-toi, redresse-toi, souffle. Ca va... aller.

Sa main se rapproche discrètement de sa propre poche de sa robe de travail tandis qu'elle darde un nouveau regard sur l'armure.
- Il y a quelqu'un ? demande-t-elle à la cantonade, espérant en son for intérieur qu'elle entendra quelqu'un glousser.

Quoique. Depuis une semaine, y'a apparemment des lutins qui arpentent le château. Et farceurs de surcroît. Ca s'trouve, c'est de leur fait.

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Les bras tendus devant elle, la baguette tenue des deux mains, Marilya jeta un regard mi-soupçonneux mi-inquiet vers l'armure qui restait là, parfaitement immobile face aux deux élèves. Bizarre... Une force maléfique aurait attaqué de suite, non ? Par ailleurs, les armures bougeaient aussi souvent que les tableaux dans l'école, ce qui n'aidait pas les nouveaux à s'orienter. La preuve aujourd'hui !

Marilya se détendit complètement en entendant les recommandations de son ainée : elle retrouva une posture normale, affichant un sourire mi amusé mi-gêné, la main derrière la tête. C'était bien la première fois qu'elle dégainait sa baguette pour autre chose qu'un cours ou un exercice. Il lui arrivait parfois de s'entraîner à la manier faire la belle devant son miroir, mais rien ce comparable avec ce qu'elle vivait maintenant. "Heureusement que je ne connais pas beaucoup de sors !" pensa-t-elle avec humour. Imaginez la catastrophe !

- Il y a quelqu'un ?

La blonde reporta son attention sur sa camarade, réalisant soudainement que si voir une armure bouger à Poudlard était commun, la voir se comporter ainsi l'était moins. Elle se décala de derrière son ainé pour mieux la voir et jugea bon de ne pas se laisser envahir par la peur. Rien ne pouvait leur arriver après tout ! Poudlard était un endroit parfaitement sécurisé !

Engaillardie par le courage, il lui sembla logique de s'approcher. Elle continua ainsi jusqu'à ce que l'armure tourne doucement le visage vers elle, dans un grincement glaçant. Un frisson horrible la fit se trémousser jusqu'au côté de la 3e année.

"La gentille armure à l'air d'être occupée. On pourrait peut-être passer ailleurs ?"

L'armure fit un pas. Marilya recula, la boule au ventre. L'armure fit un deuxième pas. Marilya recula d'un deuxième, à la limite de la panique. L'armure fit un troisième pas... Marilya attrapa la main de l'autre Poufsouffle et se mit à courir. Un bruit sourd et métallique lui indiqua que le monstre de métal les poursuivait désormais, elle eut l'impression que son cœur allait lâcher !

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Seul le silence résonna face à sa question. Alors qu'elle fronçait le sourcils, l'incompréhension et la vigilance étreignant son être, quelle ne fut pas sa surprise de voir la petite blonde se détacher de son ombre et s'avancer naturellement vers l'armure immobile.

Mais qu'est-c'que... Recule ! Non mais elle est tombée sur la tête ou quoi ?!
Avant même qu'un son ne franchisse ses lèvres, le heaume de l'armure se tourne dans la direction de la petite première année. Dans un son... dérangeant. On s'croirait dans un vieux film d'horreur, Seigneur. Quelqu'un va surgir soudainement avec une hache ou quoi ?

L'instinct de survie ? Un courant de sagesse qui la traversa soudainement ? Peu importe, la petite blonde rebroussa vite chemin vers Constance qui se sentait comme rigidifiée au niveau des jambes.
Ni une ni deux, ses doigts qui étaient à mi-chemin pour trouver le bois rassurant de sa baguette, saisirent celle-ci lorsque l'armure effectua un pas vers elles.
Lashlabask ? Protego ? Experlliamus ?

Les sorts appris depuis qu'elle était scolarisée ici passaient à vitesse Grand V à travers son esprit... Lequel pouvait être le plus efficace ?

Ce fut comme si un courant d'air glacé s'enroulait autour de ses membres, de sa taille alors que l'armure avançait pas à pas vers elles. Reculant en miroir de sa cadette, une brève pensée la frappa : et si elles se mettaient à courir, est ce que l'armure courrait aussi ? Est ce que ça déclencherait l'armure comme un lion après une gazelle ? Nom d'une bombabouse, c'est quoi ce délire ?!

Car s'il y avait bien une chose que Constance était certaine, c'était qu'en trois ans ici, jamais elle n'avait vu d'armures bouger hors de leurs postes. Et l'attitude de celle-ci était glaçante. Menaçante. Seigneur, que se passait-il ici ?

Et fuir, c'était tout sauf courageux n'est-ce pas ?
Alors que cette certitude la frappait de plein fouet, renforçant son idée qu'elle avait quelques sorts en réserve pour les protéger un minimum, la petite main de sa cadette se logea dans la sienne et avant même qu'elle ai le temps de réagir, que la voilà tiré en arrière, forcée de battre en retraite !

Ses jambes se mirent en mouvement d'elle-même alors que son cerveau tentait de réagir :
- Arrête, arrête...
Mais le bruit métallique derrière elles, bien que plus si proche, donnait une désagréable impression : elles se faisaient pourchasser par l'armure ?!! What the heck !

Dans cet élan de panique "collective" qui caractérisait le moment, les deux pouffys ne se rendirent pas vraiment compte qu'en réalité l'armure ne les poursuivait pas sur la durée.

De fait, un bref regard par-dessus son épaule, l'oreille alerte, elle accéléra, passant devant la petite blonde :
- Okay, accélère... là ! là !!
Aussitôt dit, aussitôt fait : elle poussa une porte sur le côté, tirant sa camarade derrière elle sans ménagement. Elle se rabattit avec force sur le battant, les refermant dans l'obscurité...d'un petit cagibi.

Aussi soudainement que le silence les enveloppa, Constance se plaqua sur le battant de la porte, au cas où. Le sternum contracté, le souffle court, la châtaine se mit à "prier".
Oh Lord, je t'en prie, qu'il ne vienne pas, qu'il ne vienne pas !!

Quelques secondes s'égrenèrent et finalement le silence et l'immobilité étaient leurs seules compagnes.
Debout contre la porte dans l'obscurité épaisse du placard à balais, Constance se demanda si enfin, elles pouvaient sortir.

Le souffle encore un peu court, elle expira sèchement avant de demander d'une voix qu'elle espérait assez neutre à la benjamine :
- Est-ce que ça va ?
Dernière modification par Constance Nelson le 26 févr. 2024, 20:49, modifié 2 fois.

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Baboum, baboum, baboum...
Par réflexe, instinct de survie, la princesse tenta de crier pour demander de l'aide, mais personne, pas même un tableau ne lui répondit. Qu'est-ce qu'on leur avait dit en début d'année déjà ? Les tableaux seront toujours prêts à aider ? Tu parles !

Baboum, baboum, baboum...
La troisième année les fit entrer dans un placard sombre, en pensant "on est morte ! On est vivante, mais on est morte !" Elle ne remarqua pas tout de suite que plus rien n'était à craindre, comme elle n'avait pas remarqué non plus que l'armure ne les poursuivait en réalité pas.

Puis tout redevint moral. La première année, se souvenant qu'elle était une sorcière -bah quoi ? ça arrive !- glissa sa main dans sa cape et prononça pour la première fois un sortilège en dehors des cours et des révisions : ✨ Lumos ✨. Une douce lueur émergea tandis qu'elle se tournait pour faire un grand sourire à sa camarade.

"Est-ce que ça va ?

-Oui, ça va. Au fait, je m'appelle Marilya. Et toi ?

- Belle de Larose, la dernière épouse d'un loup-garou qu'on appelait la Bête. Merci de demander. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas vu d'élève. Que vous arrive-t-il ?"

Le temps de comprendre d'où venait la voix, Marilya avait, évidemment, de nouveau paniquée et s'était cette fois mise devant sa camarade, toujours la baguette pointée des deux mains en direction du "danger". Cette fois, il s'agissait apparemment d'un vieux tableau oublié. Oookayyyy...
Dernière modification par Marilya Sowell le 27 févr. 2024, 15:43, modifié 2 fois.

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Au moment où les mots quittent ses lèvres, elle entend une formule qu'elle avait entendu et elle-même prononcé à maintes reprises depuis 3 ans.
Alors qu'une faible lumière vacille au bout de sa baguette, la petite blonde répond par l'affirmative, un grand sourire sur ses lèvres.
Constance est quelque peu surprise. Est-ce l'adrénaline qui la rend comme ça ? La petite benjamine est en effet passée d'un état de panique pure à un état où elle est capable de ressentir assez d'espoir pour réussir un sort d'allumage de baguette. Bien que la lueur est assez faible, elle est tout de même là.
Alors la châtaine observe sa cadette et lui adresse un sourire encourageant :
- Tant mieux.
La petite semble avoir sa langue qui se délie alors et donne son prénom, lui demandant le sien.
Devant tant de spontanéité - bien que la petite devait avoir besoin de savoir ce genre d'info à laquelle se raccrocher - Constance sourit. La spontanéité était quelque chose chez les gens qui lui avait toujours plu.

Au moment où elle ouvre la bouche pour répondre, une voix surgit de nulle part, répondant à sa place. Son sternum se contracte, un frisson courre sur sa peau. Quoi encore ?
Etrangement, la lueur de la baguette de Marilya ne fit que chanceler et éclaira à temps un tableau posé contre un mur, par terre.

Une femme élégamment vêtu, d'un certain âge, les regardait avec ravissement. Que faisait-elle dans un placard à balai ? Une farce de mauvais goût ? Un souci avec son cadre ? Ou bien cette femme à l'apparente gentillesse cachait-elle un démon sous la surface ?

Difficile de choisir parmi ces hypothèses bien que Constance préférait clairement la seconde. Mais c'était bizarre, s'il y avait un problème avec son cadre, alors... les elfes ou le concierge y auraient remédié.
- Bonjour Dame De Larose, commence-t-elle avec prudence, nous avons expérimenté une course poursuite avec une armure, voyez-vous. Oui, assez étrange, vous en convenez, concède-t-elle devant l'air stupéfait de la femme peinte mais vivante. Et j'm'appelle Constance, ajoute-t-elle à l'intention de sa cadette cette fois-ci.
- Je vois. En effet, ceci est fort surprenant, surtout dans une école où la sécurité des étudiants est censée être une priorité. Mais, j'imagine qu'il doit y avoir une explication, répond la dame du tableau.

Toujours pas de bruit d'armure derrière la porte. Ainsi, Constance sort sa propre baguette et expirant profondément, convoque l'émotion nécessaire au lancer de ce sort :
- Lumos. Voilà qui est mieux, dit-elle à voix basse.
Ce sort qui était appris en début de première année était complètement maîtrisé pour Constance - et heureusement - de sorte que le placard à balai s'illumina autant que si elle avait allumé une lampe torche.
- Explication ou non, cette armure avait une attitude étrange, glaçante, dit-elle autant pour elle-même que pour la dame De Larose. Ce n'était pas... normal.

La question du pourquoi ce tableau était là brûlait les lèvres de Constance mais sa prudence la titillait tout autant. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était de sortir de ce placard à balai sans pour autant se prendre un coup par une armure démente. Si seulement il y avait un moyen de savoir si l'armure était là, dehors... Car mise à part son audition, elles allaient devoir tenter leur chance...
- Bon... Marilya, il va bien falloir qu'on sorte d'ici. Je...

La châtaine plaque alors son index sur sa bouche, les yeux légèrement écarquillés.
- Quoi, qu'avez-vous entendu ? s'exclame la dame du tableau.
- Shhh... lui intime Constance en plaquant son oreille contre le battant de la porte.
Quelques secondes s'égrenèrent - où la dame du tableau alterne un regard désapprobateur et un autre inquiet - et finalement Constance se décolle de la porte, son regard plongeant dans celui de Marilya.
- J'avais cru entendre un bruit mais... j'crois que la voie est libre. Mrs De Larose, Mr Kohler sait-il que vous êtes ici ?

Si le concierge n'est pas au courant, elles n'auraient qu'à prendre le tableau et le lui rendre. Si au contraire, il l'est, alors elles n'avaient pas à se faire davantage de soucis et pourraient la saluer simplement.
N'attendons pas trop, l'armure pourrait revenir...
Dernière modification par Constance Nelson le 26 févr. 2024, 20:44, modifié 1 fois.

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Le danger écarté, en sécurité dans le cagibi, Marilya réalisa vite à quel point elle avait put se montrer... Excessive ? De même, lorsqu'une voix mystérieuse s'était fait entendre derrière elle. La première année devait bien reconnaître que la situation demeurait plus amusante que drôle, la dame dans le tableau ressemblant même à une vieille, mais belle princesse dans sa robe jaune.

"Un loup-garou ? Cool !"

La petite princesse aimait les histoires d'amour. Alors apprendre l'histoire d'une dame mariée et amoureuse d'un homme que n'importe qui d'autre aurait considéré comme un monstre, elle trouvait ça beau. Peu importe qu'on le surnomme la Bête ou qu'elle n'ait jamais précisé en être amoureuse. La blonde ne vit pas davantage la grimace de celle-ci face à l'évocation de son époux.

En fait, c'est seulement lorsque la baguette de Constance éclaira mieux le local qu'un petit quelque chose, ni comprit ni identifier par la petite, la fit douter et prendre un peu de la confiance retrouvé. Elle était là depuis quand, la madame ? Perdue et oubliée de tous... Et eux, combien de temps resteraient-elles ici aussi ? Le placard à balais semblait soudainement bien plus petit qu'à leur arrivé.

Marilya ne souriait plus désormais, même si elle restait encore parfaitement calme. Mais quelque chose gonflait, gonflait, gonflait dans sa poitrine sans qu'elle ne puisse rien y faire. Les paroles du tableau et de Constance à propos de leur situation n'arrangèrent rien. Alors l'amure avait un problème ? Ce n'était pas habituel comme situation ? Dangereux donc ?

"Bon... Marilya, il va bien falloir qu'on sorte d'ici. Je..."

La princesse acquiesça vigoureusement, le poing serré sur sa baguette, prête à s'en servir comme d'une épée ou à la lancer sur l'ennemi... "pour jeter un sort, prête pour un jeter un sort Marilya ! Tu es une sorcière, une super sorcière ultra puissante avec des pouvoirs magiques" se corrigea-t-elle mentalement, exagérant largement la vérité pour se donner du courage.

" J'avais entendu un bruit, mais... j'crois que la voie est libre. Mrs De Larose, Mr Kohler sait-il que vous êtes ici ?

- Monsieur ?" débuta le tableau avant de se reprendre. "Oh ouiiii, ouiii. Ne vous en faîtes pas jeune demoiselle et retournez donc pourfendre votre drôle d'amure."

Pendant ce temps, les yeux toujours fixés vers la porte, la blonde vit une belle araignée toute noire, de la taille d'un gros raisin, descendre juste devant son nez. Désormais terrifiée, mais pas du tout par l'insecte, elle la récupéra délicatement et la posa plus loin :

"Ce n'est pas le moment", murmura-t-elle gentiment avant de se tourner vers Constance, le visage bien plus grave : "On peut y aller maintenant ?"

Marilya en était arrivée au stade ou l'idée de rester pour toujours dans ce placard à balais lui faisait infiniment plus peur que n'importe quoi d'autre.

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La dame au tableau sembla dubitative au premier abord, mais bon, vu son âge, peut être que sa mémoire lui jouait des tours parfois. Bon, allez, elle a dit que c'était bon...

Hochant du chef, elle tourne son regard vers Marilya qui récupéra un truc en l'air pour la déposer plus loin. Mais qu'est'c'quelle fait ? Bah sûrement une bestiole. Tant mieux qu'elle soit pas du genre à l'écraser ou à criser.

La petite blonde se tourne alors vers elle, lui demandant si elles pouvaient s'en aller. Son visage grave indiquait qu'elle n'était pas très à l'aise. En même temps, vu l'étroitesse et l'obscurité du cagibi, c'était pas une situation très agréable.
- Ouais, on y va, répond donc simplement Constance avant d'actionner tout doucement la poignée de la porte.

Sa baguette contre elle, toujours dressée, elle baisse avec sa volonté, la puissance de luminosité de son sort. Comptant dans sa tête jusqu'à trois, l'oreille dressée, elle pousse lentement le battant de la porte vers l'extérieur.
Aucun bruit. Pas même un souffle de vent.
Inspirant calmement, Constance avance un pied dans l'ouverture puis prudemment sort dans le couloir plongé dans l'obscurité.
Hein ? Mais pourquoi les lampes torches sont-elles éteintes ?
Seule la lumière de son catalyseur éclairait son visage. Celui-ci, l'air grave, se tourna vers sa cadette.
- Il n'y a personne. Mais, Marilya, reste près de moi. Bizarrement, les lampes se sont éteintes. Alors, on va rester prudentes.

Elle referme doucement la porte derrière la benjamine et d'un signe du menton, l'invite à lui emboîter le pas.
Tandis que leurs pas claquent dans un bruit sourd sur les dalles de pierres, leurs ombres s'allongent sur les murs.
Vigilante, sa baguette toujours dressée contre elle, le bout lumineux éclairant autour d'elles, Constance vérifie de temps en temps que la première année suit toujours.
Au bout de deux minutes, elles arrivent à un coude de couloir et se retrouve, après le tournant, dans un couloir à nouveau éclairé.
Baissant sa baguette, elle souffle un Nox pour l'éteindre, ralentissant le pas.

Le couloir est tout aussi désert que le premier mais mine de rien, les torches allumées donnent un semblant de normalité, qui est bien évidemment le bienvenue après les péripéties étranges dans lesquelles elles se sont retrouvées.
- Bon, j'crois que les choses retournent un peu à la normale. Tant mieux. Ca va ? demande-t-elle avec sollicitude à la petite blonde.

C'est vrai que la première année, vu son jeune âge, devait être assez impressionnée et inquiète, aussi la troisième année s'arrêta tout bonnement pour lui laisser quelques secondes.

Puis, lorsque Marilya lui aura indiqué qu'elle va bien, Constance reprend sa marche.
- C'était la bibli où tu voulais aller, c'est bien ça ? tu vas y étudier quoi ? j'veux dire, quelle matière ? demande-t-elle dans l'idée de faire un brin de conversation.

Machinalement, Constance regarde sa montre - tenant toujours sa baguette au cas où, elles s'étaient retrouvées après tout dans une situation tout sauf anodine il y a quelques instants - il ne fallait pas qu'elles traînent : son cours de Soins aux Créatures Magiques n'allait pas tarder à commencer et il était hors de question pour la jeune fille d'être en retard à son cours favori.

Machinalement, elle agrandit un peu sa foulée.
- J'suis désolée, faut pas qu'on traîne trop. Malgré toutes ces histoires de couloirs, perso j'dois toujours me rendre en cours. Donc si ça te va qu'on accélère un peu le pas... dit-elle avec un sourire poli.

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