Quidam Rosae PV

Le vendredi 12 juillet 2047,
Godric's Hollow



La première maison de ma famille à Godric's Hollow était une sorte de labyrinthe, avec des portes penchées et des pièces enchevêtrées avec une façade extérieure parfaitement carrée. Avec les modifications architecturales de la nouvelle ville et sa réorganisation, cette maison a disparu en laissant place à une flopée d'immeubles accueillant des appartements. Je patiente justement dans la rue, au pied de l'un de ses immeubles. Fort heureusement, et je suis sûre que c'est en partie grâce au poste de mon oncle au Conseil, tout cet immeuble et ses cinq étages sont pour les membres de ma famille.

En attendant ma tante Alice et mon cousin Owen, je scrute la façade de l'immeuble. Je ne sais pas si c'est parce que la semaine passée ici m'a habituée à son apparence ou si elle l'est vraiment, mais j'ai le sentiment que les pierres apparentes sont moins brutes et moins sombres que les autres bâtiments. Je me retourne pour vérifier... Je ne suis toujours pas certaine.

Quoi qu'il en soit, et même si cela me fait mal de l'avouer, cet immeuble familial est un endroit plutôt agréable. Je me tiens au pied de l'immeuble et du grand escaliers en colimasson qui serpente entre les cinq étages. Les deux premiers étages sont pour Harriet, son mari et ses trois enfants. Et bien oui, ce sont les plus nombreux ! Ensuite c'est Alice, son mari et ses deux enfants, puis mon oncle Neville, sa femme et ma cousine Jane et finalement mes parents.

Aujourd'hui, l'immeuble est calme. Harriet et ses enfants sont sortis pour l'après-midi, les adultes travaillent et il n'y a que tante Alice et Owen qui sont dans le coin. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils m'ont proposés d'aller au Café Rosier.

Si je suis en train de poireauter dans la rue, en habit sorcier, sous la chaleur écrasante d'un début de juillet en pleine après-midi (heureusement que des nuages passent pour couvrir le soleil, et que je porte mon chapeau de sorcière pour m'en protéger), c'est que j'ai accepté. Eh bien oui, si j'ai mis longtemps avant d'apprécier ma tante Alice, depuis que je ne suis plus son élève, elle est devenue ma tante préférée de Godric's Hollow. Je dois bien l'avouer, ma tante préférée c'est Anabeth.

Mais j'entends des bruits de pas, les chaussures à talons de ma tante et les baskets de mon cousin qu'il cachera sûrement sous sa robe.

Lorsque je peux voir leur visage dans l'embrasure de la porte, je souris. Alice ferme magiquement la porte de l'immeuble et j'en profite pour observer Owen. Je n'ai pas souvent l'occasion de le regarder comme ça, et puis il sera bientôt trop grand pour accepter de passer du temps avec moi. Ses joues sont encore rondes et roses, comme celles d'un enfant, il est encore un peu plus petit que moi, d'une petite tête, mais je sais qu'il me dépassera bientôt. Et dire qu'il entrera en première année à la rentrée !

« Tu vas voir, le Café Rosier est un lieu exquis !
- Mais un peu ennuyant... »

Ajoute mon cousin en m'adressant un rire dans le dos de sa mère qui marche devant nous. Nous empruntons les rues et les ruelles en suivant sa silhouette élancée et le bruit de ses talons sur les pavés, jusqu'à l'endroit dont elle nous parle. Un café à la française, dit-elle, un endroit pour faire des rencontres, en général, un lieu qui devrait me plaire, moi qui adore les livres et autres occupations intellectuelles.

Voyons cela ! Je pense alors que nous passons devant la boutique dans laquelle travaillent mes parents, Ascente vente de potions, gérée par Elisabeth, aussi hypocrite que bonne en affaires. Dans la même rue, qui rejoint le centre-ville, la boutique des mes oncles. Baculum & frères confection de baguettes.

Bientôt, nous arrivons devant le café.

« C'est là ?
- Oui, entrez donc ! »

Je pousse la porte et suis surprise par un tintement. Ma tante Alice se met à rire en me poussant un peu plus à l'intérieur. Je scrute l'endroit un instant alors qu'Alice et Owen se sont déjà choisi une place : ils sont assis sur des fauteuils aux formes baroques et aux motifs à grosses fleurs rougeâtres, autour d'une table blanche ornementée.

@Aliosus Nerrah

Animagus renard polaire
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Quidam Rosae PV
L'hotel particulier Nerrah à Godric's Hollow, sis Promenade des Sirènes, bâtiment pour ainsi dire neuf d'à peine un peu plus d'un an, n'était pas un lieu où l'on aurait songé trouver une pièce telle que celle dans laquelle se tenait Willow Nerrah et son fils. La sorcière, pestant toujours contre le monde entier, Poufsouffle, anglais et modernité sorcière par dessus-tout, avait entrepris dès son emménagement d'investir les larges et profondes caves de la maison afin d'en faire ce qu'elle appelait coquettement son bureau, les termes de repaires, ou d'antre, seraient venus plus naturellement à l'esprit de n'importe quel observateur extérieur. Sur le sol de terre battue, elle allait pieds nus, de ci, de là tenant là un crâne animal, ici un bouquet d'herbes séchées, à la lueur des bougies Aliosus regardait son manège et pensa aux anciennes gravures des livres d'histoires qui représentaient les siècles passés et les anciennes pratiques. Elles étaient loin d'avoir disparues, Aliosus vivait plongé dedans depuis sa naissance.

Il tenait dans ses mains un large plat en argent poli rempli d'eau, de l'eau de la Towy, la rivière adjacente, prélevée par Willow elle même à minuit, cinq jours auparavant, lors de l'éclipse lunaire du dimanche 7 juillet. Il était immobile, au centre de la cave, encerclé de bougies d'origines animales, de tracés à la craies et d'idoles plus ou moins humaines. Combien de temps cela faisait-il ? Il en avait perdu la notion. La boue qui couvrait son visage en d'étranges motifs tracés par les doigts délicats de sa mère avait séchée et craquelée depuis bien longtemps si bien qu'elle lui tirait la peau, mais la participation aux rituels maternels semblaient si naturels au garçon qu'il ne lui venait pas à l'esprit de s'en plaindre. Il songeait aussi à sa cousine, Aiobhe, qui l'avait initié à d'autres pratiques de ce genre.

Le visage rayonnant - d'aucun diraient fou - de Willow remplit son champs de vision, son sourire allait d'un bout à l'autre de son visage, craquelant lui aussi les motifs sombres tracés sur sa peau.
«Nous y voilà mon fils, merci, merci encore de votre aide. Elle saisit le lourd plat d'argent dans ses mains pâles tachées de boue et le leva sans difficulté apparente au dessus de sa tête. Embrassez-moi à présent.» Aliosus s'exécuta, enserrant sa mère, posant sa joue contre son sternum et fermant les yeux avant de sentir l'eau de la Towy versée sur eux, les trempant complètement. Il s'écarta un peu, et rendit son sourire à celui de sa mère qui paraissait tant euphorique que soulagée qu'il lui semblât qu'elle avait rajeunie. Elle prit son visage dans ses mains et entreprit d'effacer les restes de boue encore collés au front de son fils.
«Merci pour tout, nous serons protégés à présent.»
«Je sais mère, je me sens mieux moi aussi.»
Elle le serra fort contre lui, agrippant ses cheveux aussi sûrement qu'un rapace, sa proie.
«Allons nous sécher et nous changer, je vous emmène en ville, je suis épuisée et j'ai bien besoin d'un remontant.»

Traversant la place Malefoy en direction du Café du Rosier, Willow ajustait son chapeau tandis qu'Aliosus se disait qu'il y avait quelque chose à apprendre de cette façon qu'avait sa mère de faire cohabiter des choses qu'on aurait pensé aussi éloignées que le rituel salissant qu'ils venaient de quitter et cette blouse immaculée aux petits boutons nacrés qui lui donnait une allure incroyablement élégante, lui, dans une ample chemise en lin surmontée d'une demie-cape, suivait ses pas décidés.
«J'ai une folle envie de macaron, j'espère qu'il y a de nouveaux goûts...»

Une clochette tinta à leur entrée dans le café, Aliosus n'y était pas allé souvent mais il reconnu aussitôt l'odeur du lieu qui lui donna soudain si faim qu'il la soupçonna d'être un stratagème magique pour faire consommer ses clients. La mère et son fils fient quelques pas vers une table inoccupée avant qu'Aliosus retint Willow en lui touchant le bras. Il y avait là une de ses connaissances très chère et il n'était pas question de passer à côté de l'opportunité de faire les présentations. Macbeth. Sa petite silhouette aux cheveux noirs qu'il aurait reconnu entre mille, posée dans un fauteuil en compagnie d'une femme qui lui ressemblait, aux cheveux très courts, et d'un bambin encore joufflu à peine en âge de provoquer de la magie.
«Mère, attendez, je voudrai vous présenter quelqu'un. Il la mena vers la table de la Gryffondor devant laquelle il salua en s'inclinant en direction de la femme inconnue. Bonjour, je vous prie d'excuser mon interruption, Aliosus Nerrah, et voici ma mère Willow Nerrah. Mère, voici M...Adaline Macbeth, ma camarade de Gryffondor.»

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Quidam Rosae PV
Je prends le temps de regarder tout autour de moi. L’agitation d’un lieu public comme celui-ci est bien quelque chose d’inhabituel pour moi, mais un regard vers mes compagnons de ce jour m’indique que tante Alice s’en accommode très bien et qu’Owen en est même ravi. Tous deux sont de nature plutôt sociale, bien que j’ai mis longtemps à noter ce trait de la personnalité de ma tante. Il faut dire qu’elle est mariée avec un ultra-social, il devait bien y avoir de cela en elle.

Alors que je m’assieds sur un fauteuil un peu moins baroque, qui n’est ps couvert de fleurs anciennes en broderie tout aussi ancienne, je jette des coups d’œil autour de nous. Je n’ai jamais été en France mais c’est bien comme cela que je me la représente, un café qui a tout d’un salon de thé. Probablement est-ce du au fait que tout ce que je sais de la France vient de ma tante Alice, autrefois ma préceptrice, qui s’extasie d’ailleurs du lieu. Il y a bien cet oncle que je déteste qui venait de Paris, et qui est reparti avec tante Amanda et ses détestables enfants, quand la situation ici s’est gâtée. Pour ne jamais revenir. Cette inimité m’empêche donc de connaître la France. Mais après tout, ce n’est pas là quelque chose que je déplore particulièrement ! Je suis déjà bien occupée à ma formation Animagus et au Gobelbabil. D’ailleurs, je ne fais une pause dans mes apprentissages que pendant ces deux semaines à la Citadelle.

Avant même que nous commandions quoi que ce soit, alors que ma tante Alice parle avec Owen pour lui expliquer les éléments d’architecture, à l’évocation desquelles je tends l’oreille, une voix me sort de mes contemplations.

Mon étonnement dissimulé, aussi habilement que me l’a appris celui qui m’a surpris, j’affiche un grand sourire en plantant mes yeux sur le visage du garçon. Aliosus Nerrah se tient là, près de notre table, et il salue noblement ma famille. À ses côtés se tient une dame, d’une aura impressionnante, d’une certaine classe et d’une assurée grandeur. Alors que mon camarade fait les présentations, je me lève pour saluer sa mère d’une sorte de courbette.

« Enchantée Madame Nerrah. »

À mon tour, je montre d’un mouvement théâtral de la main la femme qui se tient assise derrière elle et le garçon qui est bien moins noblement avachi sur son fauteuil. Tante Alice est coiffée d’un chignon haut et vêtue d’une robe de sorcière aux tons violets. Un col noir remonte et s’enroule autour de son cou. En voyant ma réaction, et entendant les mots et le ton employé par ce garçon qui vient nous saluer, elle comprend tout de suite l’attitude qu’elle doit adopter. Ses gestes ne sont d’habitude pas particulièrement nobles mais elle sait se comporter en société. Elle se redresse sur son fauteuil prête à se lever, en redressant d’une main légère mais directrice son garçon sur son fauteuil. Le gamin, bien loin des mondanités que j’ai appris à utiliser, se redresse poliment et je l’en remercie d’un sourire.

« Je vous présente ma tante Alice et mon cousin Owen. Il entre d’ailleurs à Poudlard en septembre ! »

L’un après l’autre, ils saluent Aliosus Nerrah et sa mère.

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Aliosus s'était visiblement trompé sur le jeune garçon, il lui aurait bien donné deux ou trois ans de moins. Il allait falloir qu'il se refasse à l'idée que les première année ressemblaient à cela maintenant qu'il avait de grande chance de revenir dans l'équipe préfectorale, au plus haut placé. Willow quant à elle rayonnait de cet échange imprévu, elle affichait un sourire superbe.

«Moi de même, miss Macbeth, je ne rencontre que trop rarement les personnes qui partagent le quotidien de mon fils.Elle s'inclina en direction de la tante et du cousin de la Gryffondor. Miss. Jeune homme. Félicitation pour votre rentrée prochaine, je ne doute pas que vous ferez la fierté de votre famille en étant répartie dans une glorieuse Maison !»

Il allait sans dire qu'elle ne rangeait pas toutes les maisons dans la catégorie glorieuse, Aliosus espérait que personne ne prendrait la mouche ni ne demanderai plus de détails sur l'avis de sa mère quant aux maisonnées.

«Si vous vous connaissez, cela veut sans doute dire que vous suivez la même filière non ? Auror est-ce bien ça Aliosus ? Beaucoup de magie de baguette d'après ce que j'ai compris.»

«A vrai dire mère, non, nous sommes pas dans la même filière
Il n'alla pas plus loin, conscient de l'écart qu'il venait de commettre, confirmé par le regard, imperceptiblement furieux, de Willow. Il n'avait pas à intervenir alors qu'elle s'adressait à Adaline, c'était effroyablement malpoli. Il s'était arrêté Dieux merci à temps pour ne pas complètement soustraire la Gryffondor à sa propre réponse, ce qui aurait été aussi impardonnable qu'un sortilège du même nom.

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Alors que je me félicite silencieusement de présenter à la famille Nerrah ma propre famille sous ses meilleurs jours - il faut dire qu'ils ne se prêteraient pas tous à ce jeu des convenances sociales pour me faire plaisir - la conversation prend une autre tournure. Mes connaissances des us et coutumes nobles, comme je les imagine, apparaissent finalement limitées : je ne comprends pas très bien ce qui se passe entre Nerrah et sa mère.

Comme je connais bien Aliosus Nerrah, à force de le cotoyer, je sens que son visage change. En fait, c'est drôle, mais je me rends comptes que je le connais vraiment bien. Probablement mieux que je connais n'importe qui d'autre. En y réfléchissant bien, je ne vois pas trop qui est-ce que je pourrais connaître mieux que lui... Il y a bien Chems mais je ne le vois plus assez souvent, il y aussi Cinead mais notre relation n'est pas du tout la même, et maintenant Bristyle qui fait bizarrement partie des gens que je vois le plus souvent. Si on met à part ma grand-mère, parce qu'elle n'a pas mon âge et qu'elle n'est pas à proprement parlé mon amie, c'est Aliosus Nerrah que je connais le mieux. Lui qui se tient devant moi avec un air contris - légèrement ! Mais assez pour que je le remarque.

Oh, je crois que je comprends. En regardant sa mère un bref instant, elle a le même air que lui quand Bristyle se comporte mal devant lui. Ce n'était pas à lui de répondre, mais à moi.

Un sourire flotte sur mes lèvres, pour détendre l'atmosphère, alors que je m'apprête à répondre en espérant effacer l'impolitesse de mon ami.

« C'est exact ! J'ai choisi la filière Complète pour garder les enseignements principaux. C'est pour cette raison que nous avons toujours des cours en commun, comme les sortilèges et la défense contre les forces du mal. »

Mon sourire se fait plus franc cette fois. Je remarque que le temps passé auprès de Nerrah et de son aisance à l'oral, ainsi que les quelques cours que j'ai donné à mes complices de notre société secrète, m'ont fait progresser.

« Votre fils est très doué d'ailleurs. »

Je m'arrête là.

Dans mon dos, le regard de ma tante et surtout de mon cousin commence à peser. J'essaie de me donner un air plus guindé que d'habitude, même si je ne m'exprime jamais mal, et ça doit les surprendre. Je ne les ait pas prévénus que Nerrah et sa famille avaient des manières aussi nobles ! Comment aurai-je pu ? J'espère seulement que ces regards ne sont pas malpolis - je préfère ne pas me retourner tant que ma conversation ne sera pas terminée.

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Aliosus se sentit profondément soulagé lorsqu'Adaline répondit rapidement à la question posée par Willow. Plus vite elle reprenait le cours de la conversation, plus rapidement son écart de politesse passerait aux oubliettes, si l'on était suffisamment optimiste pour imaginer Willow Nerrah comme quelqu'un oubliant facilement de tels impairs, autrement dit, considérablement optimiste.

«Complète, voyez-vous ça. Miss Macbeth, auriez-vous des doutes quant à votre orientation ?»

Aliosus brûlait intérieurement, il savait pertinemment qu'elle posait une question légèrement déplacée afin de voir si son fils allait intervenir de nouveau, et il devait en effet se retenir malgré l'envie de lui dire que sa remarque n'avait pas lieu d'être. Il fit néanmoins son possible pour rester impassible alors que sa mère mettait sa camarade dans cette situation inconfortable, devant sa famille en plus...

«Jeune fille, si mon fils vous porte de l'intérêt, je ne doute pas que vous aussi vous soyez particulièrement douée. Prenez votre temps pour vous figurer votre avenir, vous avez bien raison, je ne doute pas que vos horizons seront larges à votre sortie de Poudlard. Elle avait décidément le don de souffler le chaud et le froid pensait son fils. Veuillez m'excuser à présent, je dois aller m'entretenir avec Miss Leroy. Tante Alice, cousin Owen, miss Macbeth, je vous souhaite une très belle journée.»

Aliosus la regarda prendre congé, elle considérait visiblement qu'il était suffisamment grand pour se débrouiller seul. C'était certes le cas, mais il aurait nettement préféré n'être en compagnie que de sa coreligionnaire.
«Votre nièce vous a-t-elle dit qu'elle parlait très bien la langue gobeline ?» lança-t-il à la fameuse tante Alice afin de ne pas rester planté comme un dictame.

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Quidam Rosae PV
Je tombe des nues. Alors que je pensais avoir fait une bonne impression à la mère d’Aliosus Nerrah, voilà qu’elle me rembarre avec une remarque qui me pique au plus profond du cœur. C’est comme si une grande main squelettique et blanche pinçait mon cœur entre ses doigts. Parce que si la mère de mon ami me trouve minable, ça va forcément avoir un impact sur son opinion de moi… pas vrai ?

Je fais tout mon possible pour rester stoïque, éviter de couvrir de honte mon ami, plus que ce n’est déjà le cas. C’est mon enthousiasme qui ne lui a pas plu ? C’est simplement le fait que je n’ai pas choisi une filière spécifique ?

Mes muscles se détendent lorsqu’elle enchaîne avec… des éloges. En tout cas, ça y ressemble. Je me permets un nouveau sourire - que je n’aurai pas pu réprimer de toute façon ! Je hoche la tête pour remercier cette grande dame et pour la laisser s’en aller. Tout d’un coup, je ne doute plus de moi et de mes choix, j’ai le sentiment de voir clairement le chemin que je suis en train d’emprunter. Grâce à un seul compliment.

« Bonne après-midi Madame Nerrah. »

Dis-je, appuyée par la voix de ma Tante Alice qui salue d’un discret signe de la main cette femme en train de s’envoler.

Lorsqu’Aliosus Nerrah mentionne ma maîtrise de la langue gobeline, je ne peux m’empêcher de laisser s’échapper un rire. Probablement parce que la tension créée par la mère de Nerrah était trop grande et sa remarque dénote vraiment avec l’ambiance précédemment instaurée.

Owen aussi se met à rire, alors que Tante Alice rétorque calmement :

« Et tu n’as jamais voulu nous en faire la démonstration ? »

Ce à quoi, du tac au tac, comme un instinct de survie pour empêcher mon cousin de me forcer à parler le Gobelbabil, j’ajoute :

« Lui aussi parle très bien le gobelin ! Lui aussi ! »

C’est en riant aussi bien qu’en le défiant que je réponds. J’aimerais bien le voir parler Gobelbabil devant Tante Alice et cousin Owen parce qu’il n’oserait pas le leur refuser - enfin, je crois.

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Quidam Rosae PV
Aliosus s'était crispé en entendant sa mère alterner des hauts et des bas envers Macbeth, heureusement qu'elle n'avait pas trop joué au chat et à la souris avec elle car elle ne méritait pas cela. Il surveillait d'un œil les réactions de sa complice et sentait bien qu'elle était déstabilisée jusqu'à ce que Willow décide de mettre un terme à cette interaction. Comme premier contact, ça n'était finalement pas si mal, pas de contact physique inapproprié ou bien de prédictions mystique déstabilisante, elle n'était pas ivre non plus, ce qui les avait sans doute privé de son rire aux éclats magnifique et terrifiant, mais ça, il s'en doutait, sa comparse aurait un jour l'occasion de l'entendre.

Mais alors qu'Aliosus essaye de son mieux d'orienter cette rencontre vers quelque chose de plus consensuel et constructif, voilà qu'il était aussitôt jeté sous les rails par Adaline, qui le poussait littéralement sur le devant de la scène en l'obligeant à faire démonstration du résultat de ces nombreuses heures tardives à s'user la gorge sur les vocables gobelins. A la fois outré et amusé par la réaction très spontanée d'Adaline à laquelle il n'est pas habitué et qu'il prend comme une preuve tangible d'une proximité bien plus grand, bien que non-dite, qu'une simple association de grands esprits, il sourit d'une façon qui l'aurait fait passé trait pour trait pour son père aux yeux de n'importe qui connaissant Magnus Nerrah.

«Je suis enchanté de faire votre connaissance.» décortica-t-il du mieux qu'il pu en langue gobeline.

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Quidam Rosae PV
Pendant un instant, j'oublie que je me tiens dans un café en présence de tout un tas de sorciers que je ne connais pas. Il me semble que le temps se suspens alors qu'un sourire amusé naît sur mes lèvres. Autour de moi, l'agitation n'est plus rien. C'est probablement la pression de cette rencontre, pour le moins importante, qui retombe.

Le gobelbabil est une langue gutturale, qui peut faire sourire les plus polis et rire les moins aguerris.

Et je sais que mon cousin n'est ni poli ni aguerri. Je m'attends à entendre son rire se prolonger alors que mon comparse prononce une phrase dans un gobelbabil tout à fait correct. Mais il n'en est rien. Derrière moi, tante Alice et cousin Owen se sont tus. Je ne vois pas leur visage mais je devine, au sourire vainqueur de Nerrah, qu'ils sont impressionnés. Je ne crois pas que, ni l'un ni l'autre, aient déjà entendu une phrase en Gobelbabil.

« Et ça veut dire quoi ? demande Owen, après un instant de silence.
- Qu'il est enchanté de faire votre connaissance.
- Ooooh... »

L'admiration dans les paroles de mon cousin, et dans son visage que je vois en me retournant vers lui pour lui répondre, font monter un sourire emprunt de fierté sur mon visage.

La conversation se poursuit alors, avec tante Alice qui se prend de curiosité aussi bien pour la matière que pour la manière de l'enseigner. Tout y passe : à quoi ressemble notre professeur, comment se déroulent les cours, est-ce que notre gorge gratte après avoir parlé, est-ce qu'il y a un alphabet, est-ce qu'on trouve notre professeur pédagogique...

Pendant un moment encore, j'alterne la parole avec Nerrah, nous répondons chacun notre tour avec la plus grande politesse et le plus grand soin.

Finalement, il prend congé de nous, nous salue et nous souhaite une belle journée.

Tante Alice, pendant tout le temps que nous resterons assis là, et plus encore, complimentera mon acolyte. Et si, devant elle, et surtout devant Owen, je fais mine que ces compliments sont un tantinets exagérés, je n'en pense pas moins - sinon deux fois plus. Mais, à la moindre faiblesse, Owen ne manquera pas de me tanner avec ce qu'il pensera être mon amoureux.

Fin.

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