Momenta

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Le 27 aout 2048, dans la cabane du garde-chasse.
Cillian revenait au château pour la première fois depuis dix ans. Étonnamment, rien n’avait vraiment changé. Enfin, en réalité, si. L’air avait peut-être la même texture, le château la même saveur, mais beaucoup de choses étaient différentes. Ces nouveaux arbres étranges dans le parc. Le lac qui encerclait à présent totalement le château.
La cabane, elle, semblait inchangée. Mais ce n’était pas un endroit auquel il avait vraiment fait attention lorsqu’il était élève. Il y été passé, bien sûr. Il avait même déjà parlé à Mr Hagrid plusieurs fois. Mais il connaissait bien mieux les couloirs, où les serres de Botanique.
Il avait été averti, Mr Hagrid était de sortie. Au début, il avait pensé que de cette manière, ce serait plus simple de se familiariser avec les lieux, sans une présence inconnue – plus ou moins. Mais maintenant, entrer dans cette maison qui n’était pas la sienne lui semblait étrange. Il venait de franchir la porte, tenant tant bien que mal ses trois malles dans ses mains, Fougère sagement perchée sur son épaule. Il se sentait comme un intru. La cabane était grande, en bazar, mais un bazar accueillant. En réalité, si des caisses, paniers et autres pots s’amoncelait autour de la pièce, la petite – toute proportion gardée – table entourée de deux chaises était accessible, proche d’un large canapé et d’un fauteuil un peu enfoncé. Le sol en parquet crinçant était recouvert de plusieurs tapis, renforçant l’aspect confortable de la cabane. Il y avait une large cheminée, mais aussi une petite cuisinière en fonte fonctionnant au bois, permettant sûrement de cuisiner à l’occasion, même si à part quelques seaux et caisses de pommes ou d’oignons, il n’y avait en apparence pas beaucoup de denrées comestibles dans la cabane. Quoiqu’avec tous les légumes du potager, cela ne devait en réalité pas manquer.
Au fond se trouvaient deux portes, la plus grande menant probablement à la chambre d’Hagrid. Elle était fermée, tandis que la plus petite était entrouverte, ce qui laissait d’autant plus Cillian penser que celle-ci lui était destinée. Il traversa la pièce, Fougère sautant de son épaule pour atterrir au sol et le suivre, non sans manquer de renifler tout autour d’elle, probablement déstabilisée, ou intriguée, par l’odeur du chien que Cillian savait Hagrid avoir.
Le jeune homme poussa la porte qu’il avait supposé être la bonne, pour tomber sur une petite chambre, meublée uniquement d’un lit double mais étroit, d’un bureau en bois et d’une petite et haute armoire, avec un portemanteau accroché au mur d’un côté du lit, et une bougie sur un petit support en métal de l’autre. Un petit poêle en métal se trouvait également en face du lit, et un tapis recouvrait le sol. Il y avait une unique fenêtre, et la pièce était dans son ensemble assez sombre. Heureusement que Cillian avait sa réserve de bougies volantes, et sa lanterne magique qu’il avait achetée avant de venir. De quoi éclairer la pièce comme il fallait. Il aimait la lumière du jour bien sûr, mais il ne passerait probablement pas tant de temps dans cette pièce, et cela suffirait totalement.
Le lit était fait, les draps étaient propres, avec une odeur de lessive à la lavande, mais ennuyeux. La pièce, bien que petite et de circulation compliquée avec son lit, lui semblait trop vaste et vide. Cela manquait de vie.
Il posa ses malles dans l’ouverture de la porte, et ouvrit la plus grande sur le lit. Il en sorti deux couvertures bien pliées. L’une était en courtepointe, fabriquée par sa mère, de couleurs orange et vertes comme la forêt, les feuilles mortes et les citrouilles. La seconde était en laine épaisse, tricotée en de grosse maille, de couleur crème. Il l’avait faite lui-même.
Il sortit ensuite une petite boite en bois, qui contenait dix bougies volantes. Il les avait acheté à Pré-au-lard quand il était venu en repérage un mois plus tôt. Pendant quelques temps, il avait pensé vivre là-bas, mais il n’avait pour l’instant pas les moyens pour. Il était adepte des petites dépenses, et n’avait pas pensé devoir économiser pour une maison ou même un appartement. Vinrent ensuite, soigneusement emballées dans d’épais tissus, son vase jaune, son plateau en pierre et son bol à herbes. Il posa temporairement le vase et le plateau sur le bureau, avec quelques sachets en tissus qu’il avait sortis dans le même temps, puis posa le bol à herbe sur le poêle. Une bouilloire enchantée l’y rejoignit.
Le reste de sa malle ne trouverait pour l’instant pas de place dans la pièce, tant par manque de place que parce qu’il s’agissait de matériel de botanique, à l’exception peut-être d’un long morceau de bois, qui avait éveillé la curiosité de sa sœur quand il l’avait mis dans la malle. Il l’accrocha en haut d’un mur avec quelque difficulté, utilisant un sort de glue – non perpétuelle – et posa à côté, le fixant de la même manière, le petit pot de son lierre. Bientôt, celui-ci étendrait ses branches et s’enroulerait autour de la branche, décorant joliment le mur. Il rangea ensuite la malle dans l’espace entre le côté gauche du lit et le mur, puis ouvrit la seconde. Elle contenait ses vêtements : des pulls de laines, des chemises, des vieux jeans ou pantalons, une veste qu’il avait mis beaucoup d’amour à décorer, bien sûr des robes de sorcier… Il rangea tout cela dans l’armoire, puis la malle vint s’empiler sur la précédente. Décidant que cela lui ferait office de table de nuit, il y posa le vase, qui accueillerait bientôt des fleurs, peut-être des tournesols, et le plateau de pierre. Il ouvrit ensuite ses sachets : la plupart contenait des herbes attachées en bottes ou de l’encens, ainsi qu’une bougie pour l’un. Il mit les herbes dans leur bol, puis posa l’encens et la bougie sur le petit plateau. Il lui restait sa malle à livre, mais n’ayant pas de bibliothèques, elle resterait posée près du bureau, pour plus tard accueillir l’entassement des livres qu’il en sortirait.
À présent, la pièce semblait déjà plus vivante. Il manquait encore quelques plantes au goût de Cillian, mais c’était déjà un bon début. Il lui faudrait aussi un griffoir pour Fougère, afin de s’assurer qu’elle ne s’attaque pas au canapé d’Hagrid. Cillian pris la trublionne en question dans ses bras et ressortis de la chambre. Il allait essayer de faire quelques présentations. Avant de sortir, il s’arrêta devant la table avec les deux chaises. Un vase en verre, décoré avec des cordes, y trônait, vide. Cillian sortit sa baguette et, prononçant la formule, lança un orchideus, faisant apparaître à l’intérieur un bouquet de sauge des bois et de chardons, un mélange qu’il trouvait assez esthétique.
#595d2b
Tu peux me tutoyer horsRP !

