7 févr. 2024, 02:24
OS King’s Cross Me voilà
01 septembre 2035
Owen a 11 ans.

Me voilà - Bryam Adams


Gare de King’s Cross


Owen s’était réveillé tôt ce matin là, partagé entre l’excitation et l’appréhension. C’était le jour du grand départ vers la découverte d’un nouveau monde, d’une nouvelle vie. Il avait si hâte ! Prêt bien avant l’heure, ils était ainsi partis, lui et ses parents, en avance en direction de King’s Cross. Pour des raisons de facilités, son père ne pouvant voyager par voie magique, ils avaient pris une chambre d’hôtel la veille non loin de la gare. Le jeune garçon marchait d’un bon train, même le long des quais, cherchant avidement du regard les quais 9 et 10. Un sourire rayonnant s’était alors affiché sur son visage lorsqu’il fut arrivé entre les deux… sourire qui était bien vite retombé en se souvenant de ce que lui avait dit sa mère. Son père ne pourra pas passer. Son père ne le verra pas monter dans le train, il ne pourra pas lui dire au revoir. Ses jambes s’arrêtèrent alors de fonctionner, il lâcha son trolley, se crispa. Face au mur, à quelques mètres, Owen était tétanisé. Des larmes commençaient à rouler sur ses joues tandis que ses parents inquiets s’étaient rapprochés de lui et mis à sa hauteur, tentant de comprendre la situation et de le rassurer.

Mais c’est également au même moment que le jeune garçon les repoussa brutalement, tentant de s’enfuir en courant. Heureusement, son père l’avait stoppé net dans sa progression. A présent il se débattait face à son père qui l’empêchait d’avancer, criant en pleurant des « NOOON JE NE VEUX PAS Y ALLEEER », des cris et pleurs de détresse. Ses poings frappaient du vide, ses pieds glissaient sur le sol, il finit par se laisser tomber à genoux. Non il ne voulait pas y aller quand bien même il mourrait d’envie de découvrir tout ce que sa mère lui avait décrit, non il ne voulait pas laisser son père ici, non il ne voulait plus être different de lui. Il avait peur de ce monde inconnu, peur de ne pas s’y intégrer, peur de passer plusieurs mois loin de ses parents entourés d’inconnus, peur d’échouer et de faire tout cela pour rien, peur de ne plus jamais être comme avant. Papa, je ne veux pas, je ne veux plus, avait-il finit par ajouter dans un sanglot, suppliant, sans toutefois pouvoir le regarder dans les yeux.

Tyler Locke s’était alors agenouillé à hauteur de son fils, posant ses mains sur ses épaules avant de l’attirer contre lui, les yeux humides. Cela lui faisait de la peine de voir son enfant dans cet état, cela lui faisait d’autant plus mal qu’il comprenait la tempête émotionnelle qu’il traversait et que lui aussi avait le coeur serré à l’idée de ne plus le voir pendant de longues semaines. Une main carressant son dos, une autre ses cheveux, il vint déposer un baiser dans ces derniers avant d’obliger plus ou moins Owen à lui faire face. Regarde-moi Owen, avait-il commencé tout en essayant de capter son regard. Je sais que tu es triste, je sais aussi que tu as peur, et c’est normal, tu as le droit de ressentir tout ça, continua-t-il pour lui montrer qu’il ne cherchait pas à dévaloriser ses sentiments. Mais penses à toute ces belles choses que tu vas découvrir, à ce nouveau monde plein de surprises et de nouvelles joies qui t’attend. Tu as la chance de pouvoir connaître à la fois le monde non magique et magique, c’est extra-ordinaire, beaucoup ne peuvent pas s’en vanter ! Tu es curieux et tu as un grand coeur, c’est ce qui fait ta force, et tu auras là-bas la possibilité d’exprimer tout ce potentiel dont tu disposes. Tu vas en revenir heureux et grandi, avec une ouverture d’esprit qui ferait des envieux. Tu seras différent, parce que tu pourras enfin être pleinement toi, tu seras différent mais en mieux ! Owen qui écoutait alors avidement, buvant les paroles de son père jusque là, avait enfin trouvé le courage de soutenir son regard. Vraiment ? Mais comment pouvait-il en être sûr ? Et si jamais ils s’était trompés ? On sera fiers de toi quoiqu’il arrive, tu ne nous décevras pas. Et on sera toujours là pour toi. On pourra communiquer aussi souvent qu’il le faudra grâce aux hiboux de l’école. Le jeune garçon acquieça tout en déglutissant pour dénouer sa gorge. Son père avait raison, il le savait. Et pourtant que c’était difficile à croire qu’on a que onze ans et que l’on quitte pour la première fois le nid familial. Il eut à ce moment là un mouvement instinctif vers sa mère, restée en retrait, qui confirma d’un signe de tête affirmatif dans un sourire tendre. Tu sais ce qu’on va faire ? ajouta son père tout en dénouant de son poignet un bracelet en cuir tressé. Ma mère me l’a donné lorsque je suis parti de la maison… c’est le tien à présent, continua-t-il tout le resserant autour du poignet de son fils. A chaque fois que tu le regardera, tu repensera à ce que je t’ai dit, et si je me suis trompé quelque part tu m’écriras sur le champ une lettre pour me le faire savoir, comme ça on en discutera pour trouver un moyen de régler la situation.

Owen avait instinctivement resserré ses doigts autour du bracelet à son poignet, une vague de chaleur et de sentiment de protection l’envahissant alors. C’est également le moment que choisit son père pour se redresser. C’est que le temps filait et ils avaient tout juste encore un peu d’avance pour des au-revoir en bonne et due forme et se diriger vers le train. Tyler avait rejoint sa compagne, laissant un Owen dans ses pensées avant qu’il ne remarque que son père s’était déplacé. Dans un sourire discret mais sincère, il avait alors accouru pour se jeter une dernière fois dans les bras de son père, accompagnant le geste d’un merci des plus sincères.

Quelques longues secondes plus tard, il se détâchait à regret de lui et allait reprendre son chariot. Et, après un dernier regard en arrière, ferma les yeux et courru tout en poussant ledit chariot vers le mur entre les quais 9 et 10, sa mère suivant derrière.



Voie 93/4


Lorsqu’il rouvrit les yeux, il découvrit émerveillé le grand train rouge et la foule de sorciers sur le quai, enfants prêts à embarquer et parents aidant aux derniers préparatifs. Il y avait une sacré agitation ! La même qu’il avait connu sur le chemin de traverse en y allant avec sa mère pour la première fois. Il était impressionné et la séparation avec son père semblait d’ores et déjà loingtaine, en arrière-pensée. Sa mère le guida vers la soute à bagages pour qu’il y dépise les siens. Après un dernier checkup, tout était monté à bord, à l’exception d’Alfred, son lézard qu’il préférait garder avec lui, de sa robe de sorcier, sa baguette et quelques mornilles. Il était prêt. Un dernier au-revoir douloureux à sa mère et le voilà qui montait à bord, la boule au ventre mais non sans un sourire. Owen s’était ensuite installé dans un compartiment vide, et avait ouvert grand la fenêtre pour faire un dernier coucou à sa mère tandis que le train démarrait. Ça y est, il était parti, il le faisait, il se laissait emporter dans ce monde nouveau si intriguant et terrifiant à la fois. Mais il était confiant, il voulait l’être. Poudlard, me voilà.


Thèmes à la folie - Monde

#EkipFamily for ever
“You know what’s cooler than magic ? Maths !” - Peter Parker
Montage avatar par Elam T.|#008080|Boys Band de Gryffondor