Pardonnez-nous l'enfer
Oscar, deuxième année
Deuxième jour de la rentrée de janvier 2049
Suite à l'atelier de lecture du règlement
Deuxième jour de la rentrée de janvier 2049
Suite à l'atelier de lecture du règlement
C'était l'hiver et tout était froid et triste. Oscar aussi était triste, mais il ne pleurait pas car il était grand et fier. Sa gorge lui piquait, ses yeux rougissaient un peu, il se sentait penaud, mais il ne pleurait pas.
Il avait été heureux de passer les vacances d'hiver chez lui, auprès de ses parents, heureux de leur parler de magie et des grandes choses qu'il ferait quand il serait grand, heureux de se pavaner et heureux d'être le trésor du monde quand il se regardait dans les yeux de sa mère, mais ces journées de joie avaient été considérablement assombries par le grand tracas qu'il portait depuis plus d'un mois maintenant. C'était un tracas craintif et coupable car à Gryffondor, depuis novembre, rien n'allait plus.
Il y avait presque deux mois Oscar avait été convoqué à un atelier obligatoire par le directeur de Gryffondor. Il savait que sa présence était requise mais il ne s'y était pas rendu parce qu'il n'en avait simplement pas eu envie et parce qu'il avait pensé que son absence ne se remarquerait pas. Il ne s'était guère soucié de ne pas respecter la convocation de Sigmund Charleston, sachant son professeur éternel dans le pardon, fâché par rien, joyeux par-delà toutes les trahisons et toutes les fatigues qui allaient avec la vie d'enseignant de Poudlard.
Mais les Gryffondor étaient bavards et Oscar avait entendu des rumeurs au sujet de cet atelier et de son déroulement. Il ne connaissait pas les détails exacts du dérapage mais il savait que l'atelier s'était très mal déroulé et que le professeur Charleston en était sorti assommé et stupéfait, déboussolé et même un peu triste, si l'on en croyait les bouches les plus causeuses. Oscar avait d'abord voulu faire fi de ces rumeurs, avait refusé tout net de les croire, mais il n'avait pas pu s'empêcher d'observer Charleston de près. Était-ce lui qui rêvait ou l'éternel luron semblait-il moins badin et épanoui ces derniers temps ? Observateur compulsif, Oscar avait fini par se rendre à l'évidence : cet atelier avait été un véritable enfer et le directeur des Gryffondor en avait été aussi touché qu'on le disait.
Le professeur ne disait rien, il se taisait pour eux, pour ne pas les blesser, ne pas les inquiéter, mais il voulait partir, Oscar le sentait. Il allait les quitter. Les Gryffondor avaient été trop virulents, trop agressifs, trop odieux, odieux car lui était trop gentil, trop bon, trop doux, car il avait trop pardonné, et ils le punissaient, ces imbéciles le punissaient de n'avoir pas été assez sévère ! Ils lui faisaient payer sa gentillesse, le pensant résistant à tous, se pensant invulnérables, graciés d'avance, mais ils avaient été trop loin et il allait partir. Ce n'était qu'une question de temps.
Et lui, et Oscar... blanche colombe peut-être ? N'avait-il pas sciemment ignoré la convocation obligatoire ? N'avait-il pas séché des cours ? N'avait-il pas été parfois vulgaire, n'avait-il pas ignoré le règlement, n'était-il pas un de ces bourreaux qui lui avaient fait tant de peine ? Il le savait, il était coupable. Sa gorge piquait. N'était-il pas méchant, odieux parfois, négligent, n'était-il pas désespérant durant les cours de Botanique, méprisant la passion et les efforts de son professeur ? C'était de sa faute, c'était de sa faute et sa gorge piquait, et il lui fallait rattraper le coup. Il allait partir et quoi ! Se coltiner une affreuse vieille dame désagréable comme directrice de Gryffondor, plus de bonbons, plus d'encouragements fervents ? Non, non, pas possible, il fallait se faire pardonner, il fallait le convaincre de rester, rester avec eux, continuer à cuisiner, continuer à enseigner, continuer à leur pardonner l'enfer.
Alors le petit Oscar mortifié et coupable avait profité de ses vacances pour rédiger une longue lettre au professeur Charleston. Ce matin, à l'aube, il l'avait glissée sous la porte du bureau du directeur de Gryffondor. Il n'avait pas signé.
Oscar avait pensé à ce rendez-vous toute la journée et s'était intelligemment arrangé pour ne pas croiser Sigmund Charleston de la journée, car il avait peur. Une demi-heure avant le rendez-vous il avait été cueillir dans le parc les quelques fleurs survivant à l'hiver pour en faire un maigre et ridicule bouquet. Il avait également sélectionné les cartes les plus précieuses de sa collection de Chocogrenouilles (trois cartes d'argent) et il attendait, dans le froid, sa cape chaude sur le dos, attendait son rendez-vous, espérait le pardon, espérait qu'il ne partirait pas, espérait, son misérable bouquet et ses trois cartes Chocogrenouille dans les mains, espérait qu'il vienne.Monsieur Charleton Charleston,
Bonjour monsieur. Je sais pas comment vous expliquer tout se que je veus vous dire. Ses délicats vous savez.
Je vais vous expliquer tout. Vous savez il y a eu l'atelier de lecture du règlement en novembre il y a deux mois a peu prêt près enfin un peu moins. Moi je suis pas venu même si j'aurais du pardon ses pas bien mais cest pas sa que je veux dire. Je sais que ça a n'a pas été comme vous voulez vous savez à Gryffondor il y a des gens qui ont parlé de sa ça qui on dit que sa ça a mal été. Ils disent que vous ête faché. Moi je vois que vous êtes triste. Je sais pas ce qui ses passer exactement mais je suis très faché contre eux moi aussi car ils ont été horribles avec vous apparemment.
Monsieur j'ai peur que vous partez. Jaimerais que vous restez avec nous sil vous plait. Je vais vous dire quand j'ai été réparti à Gryffondor j'étais un peu dessu car enfaite je voulais allé à Serpentard moi. Mais après quand vous êtes devenu notre directeur j'étais trop content d'être à Gryffondor car vous êtes le meilleur directeur et le professeur le plus gentil vous savez tout le monde le dit ses pas que moi je vous jure je dis pas ça pour faire plaisir ses vrai monsieur tout le monde dit que vous êtes le plus gentil et je suis d'accord avec eux. Si je pouvais aller à Serpentard maintenant je dirai non car je préfère être à Gryffondor avec vous. Aussi tous les jour je lis les mots que vous écrivez dans les panneaux d'affichage et je vous trouve très marrant à chaque fois je suis content de lire les mots que vous avé écrit.
Je suis au courant que Redose il était à l'atelier qui ses mal passer. S'il a été méchant contre vous il faut pas mal le prendre. Ses un sale type je le dis comme je le pense. Il faut pas écouter se quil dit et sa veut pas dire que vous fètes faites mal le travail c'est juste lui il y a des idiots partout comme dit ma mère. Il faut pas partir même si ça s'est mal passé l'atelier car tout le monde serait très triste y compris moi. J'espère que vous pensé pas que ma lettre est une blague car je serais triste que vous pensez ça car je suis sincère.
Sil vous plait j'aimerais que vous venez à la cour de l'horloge après les cours à 18h aujourdui aujourd'hui sil vous plait. Ses important monsieur venez.
Pardon pour les fautes monsieur je voulais faire relire à ma mère au final j'ai pas fait car je voulais pas qu'elle lise la lettre ses privé. Désolé je suis pas bon en orthographe mais tout ce que j'ai dit je le pense. Venez bien à la tour de l'horloge à 18h s'est très important.
Devant mon ordi j'attends le chaos
Troisième année RP
Pardonnez-nous l'enfer
Avoir passé du temps avec et sa famille de cœur et sa famille de sang pendant les vacances avait rechargé à bloc l'enseignant de Botanique qui, après un long mois de novembre difficile et un froid décembre, avait retrouvé une partie de son enjouement habituel. Il gambadait à nouveau tranquillement ; souriait à toute bouille qui croisait son chemin, et distribuait autant de bonbons qu'il en avait dans les poches. Il gardait le nombre exact de ces friandises et l'identité de ses bénéficiaires confidentiels, car il avait entendu une rumeur comme quoi il y avait recrudescence de cas de caries depuis quelques temps, et il avait très peur de se faire gronder par Miss Llyod - Diarmuid n'étant guère bien menaçant à ses yeux.
Ainsi, quelle n'avait pas été sa surprise de retrouver à ce petit matin une longue lettre qui de toute évidence, lui était parfaitement destinée. Empreinte de poésie et de douceur, le courrier avait déversé tout un flot d'amour sur sa personne sans crier gare ; il avait dû s'asseoir, boire un verre d'eau, et mettre ses lunettes pour être sûr de bien tout comprendre (car il était ému : que Merlin le garde de faire des commentaires sur l'écriture chaotique de certains de ses élèves). La lettre l'avait tantôt choqué, tantôt remué tout au fond de lui : et, il avait fini par moucher plus de larmes et de morve qu'il n'en avait fait couler depuis bien des semaines.
Partir, ça lui avait bien traversé l'esprit, et plutôt deux fois qu'une. Il en avait même passé des soirées à rédiger des lettres de démission, qu'il jetait et réécrivait sans réussir à trouver les bons mots - ou la véritable envie de laisser Gryffondor derrière lui. Ils étaient insupportables, ces gamins. La plupart du temps. Parfois, c'était incroyable et il se sentait à sa place, et fier d'être parmi eux. Ça rattrapait les mauvais moments, mais sur la balance, il ignorait lesquels l'emportaient réellement sur les autres. Avait-il une relation toxique avec Gryffondor ?
Évidemment, à dix-huit heures précises, Sigmund se tenait exactement là où on lui avait donné rendez-vous. Il y avait pensé toute la journée, et n'avait pas manqué de se dégager du temps pour préparer une petite douceur pour son rendez-vous-pas-si-surprise.
« OSCAR ! » l'appela-t-il dès qu'il l'aperçut. S'il n'avait pas eu les mains bien chargées par un étrange présent, il aurait volontiers agité le bras pour attirer l'attention de l'enfant. La goutte au nez et la larme à l'oeil, il franchit en deux pas seulement la distance qui le séparait du garçon et lui tendit, fier, un très gros mais surtout très lourd gâteau au chocolat. « Tu sais, j'ai reconnu ton écriture, petite bouille. Tu avais un petit creux et tu voulais grignoter un morceau avant le repas, j'ai raison ? C'est pour toi, parce que tu es vraiment un petit sucre doux. » lui dit-il sans cacher ses émotions : il avait le regard humide, le sourire tremblant et les mains agitées tant il était pressé de nourrir le garçon. Les mains du petit Oscar étaient déjà occupées - du moins, une, et le regard du professeur se posa sur un bouquet parfaitement affreux mais tout à fait mignon. « Ça alors... c'est pour décorer tes cheveux ? »
Ainsi, quelle n'avait pas été sa surprise de retrouver à ce petit matin une longue lettre qui de toute évidence, lui était parfaitement destinée. Empreinte de poésie et de douceur, le courrier avait déversé tout un flot d'amour sur sa personne sans crier gare ; il avait dû s'asseoir, boire un verre d'eau, et mettre ses lunettes pour être sûr de bien tout comprendre (car il était ému : que Merlin le garde de faire des commentaires sur l'écriture chaotique de certains de ses élèves). La lettre l'avait tantôt choqué, tantôt remué tout au fond de lui : et, il avait fini par moucher plus de larmes et de morve qu'il n'en avait fait couler depuis bien des semaines.
Partir, ça lui avait bien traversé l'esprit, et plutôt deux fois qu'une. Il en avait même passé des soirées à rédiger des lettres de démission, qu'il jetait et réécrivait sans réussir à trouver les bons mots - ou la véritable envie de laisser Gryffondor derrière lui. Ils étaient insupportables, ces gamins. La plupart du temps. Parfois, c'était incroyable et il se sentait à sa place, et fier d'être parmi eux. Ça rattrapait les mauvais moments, mais sur la balance, il ignorait lesquels l'emportaient réellement sur les autres. Avait-il une relation toxique avec Gryffondor ?
Évidemment, à dix-huit heures précises, Sigmund se tenait exactement là où on lui avait donné rendez-vous. Il y avait pensé toute la journée, et n'avait pas manqué de se dégager du temps pour préparer une petite douceur pour son rendez-vous-pas-si-surprise.
« OSCAR ! » l'appela-t-il dès qu'il l'aperçut. S'il n'avait pas eu les mains bien chargées par un étrange présent, il aurait volontiers agité le bras pour attirer l'attention de l'enfant. La goutte au nez et la larme à l'oeil, il franchit en deux pas seulement la distance qui le séparait du garçon et lui tendit, fier, un très gros mais surtout très lourd gâteau au chocolat. « Tu sais, j'ai reconnu ton écriture, petite bouille. Tu avais un petit creux et tu voulais grignoter un morceau avant le repas, j'ai raison ? C'est pour toi, parce que tu es vraiment un petit sucre doux. » lui dit-il sans cacher ses émotions : il avait le regard humide, le sourire tremblant et les mains agitées tant il était pressé de nourrir le garçon. Les mains du petit Oscar étaient déjà occupées - du moins, une, et le regard du professeur se posa sur un bouquet parfaitement affreux mais tout à fait mignon. « Ça alors... c'est pour décorer tes cheveux ? »
Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen