+ Don't Hurt Yourself

J'ai déjà commencé à réfléchir à comment j'allais aborder ma troisième année à Poudlard. Je dois m'améliorer. En tout. J'ai pas géré mes examens cette année, j'ai déconné au Quidditch et j'ai été presque aussi méchante que Voldemort lui même — enfin peut-être pas quand même... Je souffre le martyr. Une part de moi se dit que je ne peux pas être aussi nulle, aussi mauvaise que ça, mais l'autre ne cesse de me rappeler ce que j'ai fait. Chaque mot, chaque geste tourne en boucle dans mon esprit, ne me laissant aucun répit. Finalement, peut-être qu'être avec Scary sera moins pire, au moins elle m'occupera. L'incapacité de Scary à tenir une conversation me répugne. Je suis pourtant la moins douée pour ce genre de chose, mais comme je n'ai pas le choix, je me force à dire quelques mots. Elle ne fait vraiment aucun effort.

Nous partons donc en chemin vers la plage. Plage est un bien grand mort en vérité, puisqu'il s'agit d'une petite crique de cailloux et l'eau tourne autour de 15 degrés. La réponse de Scary m'exaspère encore plus. Elle n'aime pas Poudlard. Qui aime Poudlard de toute manière ? On nous fait croire que ça va nous aider, mais ce n'est que des mensonges. La direction nous ment, les autres nous mentent, le gouvernement nous ment, et surtout, on se ment à nous même. On vit dans le mensonge, et à chaque parole que l'on prononce on s'y enfonce un peu plus encore. Comme je le dis, le mensonge est une seconde nature chez moi. Il fait parti de moi. Rapidement, je répond à ma cousine.

Y a t il seulement des choses que tu aimes dans la vie ?

Je sens que cette blague va l'énerver au plus haut point. Je l'imagine déjà répondre : quand tu es loin de moi, ou d'autres débilités du genre. Cela ne m'atteindrait pas le moins du monde. En vérité, je crois qu'il y a peu de choses qui peuvent encore m'atteindre réellement. Peut-être ne plus jamais voir Ivy. Ou bien qu'elle me déteste.

Et je me demandais... Est-ce qu'il y a un moyen qu'on ne se déteste plus ou t'aimes la perspective de passer des vacances comme ça ?

Pourquoi je lui ai posé cette question ? Je l'ignore complètement. Je sens qu'elle va m'ignorer royalement ou me lancer un regard noir dans l'espoir vainc que je la prenne pour un être supérieur ou que sais-je d'autre. Si elle me déteste parce que Mariana m'aime beaucoup plus qu'elle, ce serait n'importe quoi. Je suis née avant elle, et ce n'est pas de ma faute si elle ne vient jamais ici. Il y a largement assez de chambres pour tous et le lieu est assez grand pour qu'on puisse s'éviter si besoin. Norman est un abruti, et tout le monde le sait. Elle pense sûrement la même chose de Fred, mais lui, au moins, sait aimer les gens. Je ne veux pas avoir à faire à Norman de tout le séjour. Plus il sera loin de moi, mieux ce sera.

À peine en retard 😌

Patriote 2021 et 2022 • je déteste j'aime Mélo • Préfète inRP pendant toute l'année 2048-2049 • Avatar par Brillantes Écailles

+ Don't Hurt Yourself
Ma bouche s’entrouvre lorsqu’elle ose me demander si j’ai des choses dans la vie. Pour l’amour de ces choses, je meure d’envie de ramasser un caillou et de lui ouvrir le crâne avec. C’est une rage féroce que celle qui m’envahit, et je laisse avec plaisir mon sang bouillant se réchauffer dans mes veines. Parfois, ces émotions intenses me font sentir particulièrement vivante. Bien plus que lorsque j’étouffe tout ce que je ressens, qui se polarise ensuite en un simple froncement de sourcils. Avec Erza, c’est bien plus : un défouloire à tout ce que j’accumule et qui menace de sortir. Elle a cette force explosive qui fait que quoi que je lui dise, ma colère ne la brisera pas. C’est à la fois ce que je déteste chez elle et ce qui me rend le plus grand service.

Cependant, je ne réponds rien — le paysage agressif purge mes émotions de lui-même. C’est un vert sombre que celui des fortes d’Écosse — sombre comme nos cœurs, et il n’est pas rare de voir au détour d’un chemin une chute d’eau rendant la pierre suintante. La terre humide amortit nos pas, rendant la marche agréable, des senteurs boisées se répandent dans nos narines, et je retombe en enfance. Je me souviens très bien des soirées d’été lorsque nous nous balancions sur la balançoire faite de nos propres mains, lorsque nous nous roulions dans les herbes sauvages, et que nous allions nous laver les pieds à la rivière. Nous étions frères, et tout était facile. Cela faisait longtemps que penser à Norman ne m’avait pas arracher un sourire. Je me demande aussi avec mélancolie comment nous avons pu en arriver là.

La question d’Erza ne gâche rien à mon plaisir. Je suis tentée de lui répondre que je ne l’ai jamais détesté à proprement parler, mais je me souviens de mes envies de violence quelques minutes plutôt et la remarque acerbe qui me brûlait les lèvres meurt avant de les avoir franchies dans ma bouche. Amusée, je réponds :

Hum… cela se discute. Mais oui sans doute cela devrait être faisable. Puisque pour toi je n’aime rien, tu conviendras que je n’aime pas non plus passer mes vacances dans une ambiance …

Une grimace déforme mes beaux traits. Quel dommage ! Il faut que j’arrive à convaincre Norman de partir le plus vite possible d’ici — pour mon propre bien, le sien, celui d’Erza et même celui de Fred. Les grands frères n’échappent pas à la règle puisque cela semble être tradition que de se détester entre cousins. En même temps, il faut bien admettre que Norman est tellement… arrogant. Cet homme est pire qu’une vipère. Quant à Fred, il est tout simplement trop. A chaque fois que je le vois, sans pouvoir l’expliquer, Fred me donne envie de vomir. Je crois que je ne pourrais jamais m’y faire. Je reprends pour Erza :

De toute façon, on ne va pas s’éterniser. Ma mère devrait arriver dans la soirée et nous repartirons ensemble demain après midi. Norman ne fera pas de vague devant elle, donc je te conseillerais de ne pas rentrer au manoir avant qu’elle n’arrive.

Entre temps, nous étions arrivés à la petite plage. D’un geste négligé, je jette ma serviette criante sur la crique de galets, et m’assieds non pas fatigué mais pour mieux contempler.

Navrée pour ce retard ><

Septième année RP, puzzle sans cadre ⊱ fichefiche PRs

+ Don't Hurt Yourself


Nous avons peu parlé sur la plage. Je me suis contentée d'observer la mer, bercée par la bruit des vagues qui se mêle à celui du vent, tandis que Scary, après avoir fait comme moi, s'est plongée dans un livre. J'ai marché sur quelques mètres, mes pieds sur les galets durs, tandis que je me rapprochais inexorablement de la mer. Bien évidemment, l'eau été froide, mais je suis restée là, assise sur un rocher, balançant mes jambes qui trempaient légèrement. Je me suis repassée mon année toute entière. La mer, mais les Highlands en général ont toujours eu cet effet sur moi. J'ai réfléchi, j'ai fait des plans, et je suis passée par toutes les émotions en me remémorant tout ce que j'avais vécu. En un mot, j'ai complètement déraillé. J'ai fait du mal à tous ceux que j'ai rencontré, à ceux que j'aimais, à moi même tout ça pour passer ma colère. On nous dit tout le temps que c'est du à notre jeunesse, on vit les choses à cent à l'heure, à 2000% mais je crois que ça dépend pas mal de chaque personne, de chaque histoire. Je n'en peux plus de ma vie, j'ai besoin de tout casser, d'hurler à en perdre haleine, dans le but de me vider de tout en espérant que ça me permettra de m'en sortir. Je crois juste que je suis maudite. Maintenant que j'ai foiré une fois, il n'y a plus de retour en arrière possible. Je n'ai pas d'autre choix que d'accepter mon destin, de ne pas pouvoir être "bien".

L'après-midi ayant filé à toute vitesse, on récupère nos affaires pour retourner au manoir. La mère de Scary — nos liens sont si minimes que je ne la considère pas vraiment comme ma tante — doit très certainement être arrivée à l'heure qu'il est. Avec Scary au moins, je suis sure de ne pas parler pour ne rien dire. Nous effectuons le trajet retour en silence. Finalement, c'est peut-être comme ça qu'on est le mieux. Notre attitude parle pour nous, et je pourrais presque dire que j'ai passé un après-midi plaisant.

En rentrant, après avoir salué poliment et furtivement Lara, je file sous la douche. Après m'être rhabillée sans grand soin — comme si ça changeait de mes habitudes — je descends pour le dîner. Nous discutons tous très poliment de banalités, mais c'est pesant. N'importe qui, même un moldu qui ne nous connait ni d'Eve ni d'Adam saurait tout de suite qu'il y a quelque chose qui cloche. J'ai bien peur que la situation ne s'améliore jamais. Il faut vraiment que les deux soeurs trouvent un moyen de discuter à deux pour remettre les pendules à l'heure. Notre famille était déjà au fond du trou, mais c'est pas de cette façon que cela va s'arranger.

Je n'ai pas dormi de la nuit. Le dîner d'hier soir m'a quelque peu ouvert les yeux. Je ne peux pas rester sans rien faire face à la désintégration qui menace ma vie. Je suis en miettes, il est vrai, mais je dois pouvoir remonter la pente pour me sauver. Je me lève, dès que le soleil apparaît à travers la fenêtre, et je vois que les affaires de Scary et de sa famille sont déjà prêtes. *Ils ont du finir ça hier soir*. Je vais bientôt pouvoir leur dire au revoir, sachant que je ne les reverrait sûrement pas de sitôt, excepté Scary bien sur.

572
Actions de Scary vues avec la plume

Patriote 2021 et 2022 • je déteste j'aime Mélo • Préfète inRP pendant toute l'année 2048-2049 • Avatar par Brillantes Écailles

+ Don't Hurt Yourself
Je suis debout sur le rebord de la plage. Périodiquement, les vagues s'échouent sur mes pieds, me rappelant la fraîcheur de l'océan qui pourtant ne parvient pas à laver ma peau sale de toute ce que j'ai pu dire ou faire depuis deux ans. Au contraire, le sel de l'eau exacerbe les vieilles blessures, et je me remets bien vite à songer à des instants que je pensais avoir enterré suffisamment profond. Je jette un vif coup d’œil à Erza, et remarque rapidement qu'elle aussi semble être retenue dans un autre monde. Tant mieux __ elle n'aura donc probablement pas remarqué mon malaise passager. Avec un peu plus de précipitation que je ne l'aurais voulu, je sors mes pieds de l'eau et installe ma serviette sur un rocher qui me semble avoir une forme plus accueillante que ses petits camarades, puis me sèche les pieds et enlève le sable qui me colle aux doigts.

Un livre qui traînait dans mon sac atterrit dans ma main. Il y a toujours un livre qui traîne dans mon sac __ les livres servent à traîner partout. De cette façon, il y en a toujours un lorsque l'on en a besoin. Par exemple, pour ne pas se laisser emporter par le spectacle hypnotisant des vagues, même si je dois avouer qu'elles sont particulièrement tentantes aujourd'hui. Si mes yeux parviennent à se focaliser sur les lignes, mes oreilles ne peuvent ignorer la mélodie récurrente caractéristique de la vague qui se fracasse sur le rocher accompagnée par une rafle de vent.

Le temps s'écoule remarquablement rapidement si bien que ni l'une ni l'autre ne s'attendait à voir tourner l'horloge aussi rapidement. Nous ramassons en vitesse nos affaires, ne laissant aucune trace de notre passage sur la plage. Le retour se fait en silence, ce qui est sans doute préférable. Inutile que des mots ne viennent détruire l'ordre fragile qui s'est installé en une courte après-midi entre nous __ et qui sera toujours plus solide que celui qui maintient les branches de notre famille ensemble. Une fois arrivée, je poursuis ma lecture dans la chambre d'Erza en attendant qu'elle sorte de la douche, avant d'y filer moi-même, en prenant tout de même la peine de me sécher les cheveux et de paraffiner leur coiffure. Le dîner se passe. Rien ne dénote de mes attentes, les sourires, les paroles échangées. Le fait que ma mère n'ai toujours pas complètement digéré le moldu et par là même, son attitude fuyante à l'égard d'Erza qu'elle tente de ne pas mépriser, mais qu'elle a toujours considéré au fond d'elle comme une sorte de déchet. Mère est ainsi : elle ne pardonne pas. Et ça n'est sûrement pas le pire de ses défauts. Je m'éclipse à la fin du repas avec Norman : on nous a chargé de gérer toutes les affaires et les préparatifs de départ. Cela avance rapidement. Mon frère a toujours été doué pour faire des plans d'actions. Il est sans aucun doute le plus méthodique de la famille (et c'est aussi sans doute ce qui le rend si froid).

J'accueille la nuit en vieille amie. Même enveloppée dans des draps qui ne sont pas les miens, je trouve rapidement le sommeil. Non pas que la journée ait été particulièrement éprouvante, mais l'atmosphère de la chambre m'invite au sommeil. Le calme et le silence me bercent sans que cela ne soit pesant, et je tombe rapidement dans les bras de Morphée. Le lendemain se déroule sans accro. Les bagages déjà préparés par mon frère et moi, le plan du jeune homme parfaitement huilé ne s'arrête à aucun imprévu. Nous quittons les McGowan après avoir salué ma tante, ma grand-mère, ma cousine et son frère, direction la maison.

FIN.

Septième année RP, puzzle sans cadre ⊱ fichefiche PRs