29 févr. 2024, 23:00
À la recherche du temps perdu  + 
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Précedemment avec Erza McGowan - Prendre le Temps
Personnages

Mattew Thomas & Erza McGowan
Thème musical

Merry-Go-Round of Life (from 'Howl's Moving Castle')
Joe Hisaishi
Ouverture
26 mai 2046
Abords du Lac de Poudlard

@Erza McGowan

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· ❣︎ ·


❝ Contemplation ❞


Tel le voyageur de Caspar David Friedrich1 devant sa mer de nuages, le jeune garçon se tenait face à la rive. Observant avec recueillement ces eaux troubles au teint bleuté presque noir ; théâtre d'une obscurité resplendissante, son regard semblait embrasser l'étendue, marquant son respect devant la splendeur et la puissance indomptable de cette nature.
Parmi les flots légers qui, poussés par le souffle de la brise baignant le petit matin, venaient se déverser sur les berges bordées de minuscules gravillons, en un doux et gracieux clapotis, on pouvait lire le reflet d'une silhouette fine et élégante, au regard bleu pâle mais scintillant d'une étrange fascination, s'élevant face aux eaux colorées de cette noire transparence.

Il faisait déjà chaud, non pas de cette chaleur accablante et étouffante qui vous écrase comme une chappe de plomb lors des longs mois d'été, mais plutôt une sensation délicate d'équilibre venant vous étreindre l'âme, rassérénant corps et esprit.
Le soleil était bien rond, poursuivant son ascension dans le ciel dégagé, encore légèrement obstrué des nuages de la veille, qui filaient par-delà l'horizon avec nonchalance, suivant le rythme équilibré du vent.
Les premières lueurs de la journée avaient chassées depuis peu les dernières traces de la rosée matinale.
L'herbe rase se mouvait selon les courants d'air. Les plantes semblaient avoir revêtues leur plus belle tenue, et choisies les couleurs les plus rayonnantes pour la journée. Les branches des arbres se balançaient avec légèreté, en un enivrant mouvement de balancier. Du haut de celles-ci, quelques oiseaux se risquaient à de premiers chants. Du haut d'un petit buisson, un troglodyte mignon2 semblait profiter des premières heures pour se livrer à quelques flâneries. Plus près du sol, de petits papillons s'amusaient à voleter au milieu des fleurs. L'air y était pur et raffiné. Les effluves de la nature venaient caresser les naseaux avec délicatesse.
Faune et flore formaient ainsi un mélange éclatant d'homogénéité, concordant autour de la présence solitaire de ce jeune garçon. Absorbé dans sa délicieuse rêverie, il s'imprégnait de l'ensemble - dont il faisait partie intégrante - pour se libérer l'esprit.

Caractéristique de ces rares moments d'évasion qu'offrait le hasard des conjonctures, l'esprit parvenant à s'apaiser parmi les tumultes incessants de l'existence, l'instant était une bulle. Une bulle intemporelle.
Pétillante de vie et de liberté, elle maintenait - funambule imperturbable - l'équilibre entre le Temps et l'Espace.
Orchestre aussi étrange que majestueux, les sonorités de la nature s'y muaient en musique. Les violons sonnaient avec douceur, improvisant une partition toujours plus originale. Le chœur quant à lui, chantait avec ferveur une poésie lente et passionnée. Plus haut, des bois entamaient une petite mélodie à peine audible, les cuivres prenant un peu de retrait. Les tambours menaçants s'étaient tus, un soliste venait d'entamer un nouvel air. Les accents, resplendissants de lumière, faisaient ressortir avec génie la virtuosité de l'artiste.
Soudain, le bruit des instruments s'estompait. Lorsqu'il reprit, ce fut avec une dévotion renforcée que les musiciens vinrent s'appliquer à leur ouvrage. À l'unisson, leurs sonorités réunies formaient un murmure, un hymne, une ode à la vie.
La Symphonie des Sens pouvait jouer en harmonie.
Tout semblait parfait.

De cette même droiture physique qui semblait le définir, le jeune garçon continuait d'examiner l'espace avec autant de considération. Sa chevelure, mi-longue et d'un châtain foncé, ondulait paisiblement suivant les impulsions du vent. Teintée de lumière en quelques mèches tendant vers le blond, cette obscure clarté ressortait en de surprenants éclats ensoleillés, reflétant les rayons incandescents de l'astre flamboyant.
Sa chemise, légèrement entrouverte et retroussée aux manches, flottait paisiblement dans l'air mouvant. Torse redressé et bras détendus, ses mains étaient confortablement logées dans les poches de sa veste. La tenue légère laissait entrevoir un petit essaim de papillons tatoué sur le bras gauche, ainsi qu'au poignet du même côté une jolie montre qui, quoique vieillie par les années, conservait étonnamment une fière allure. Ses jambes, fines et élancées, étaient enveloppées d'un large pantalon gris tombant jusqu'aux pieds. Disposés en un léger décalage quasi indécelable, ceux-ci étaient chaussés d'une paire confortable mais légère, adaptée à la saison.
Sa posture, distinguée, accompagnait le cadre harmonieux de la scène. On aurait presque pu croire ce profil sculpté du marteau de Rodin si son immuabilité n'avait été infirmée par le clignement de ses yeux et le soulèvement de sa poitrine, venant à intervalles irréguliers rompre cette impression d'immobilité, et rappeler sa pleine vitalité.

Soudain, la petite scène s'anima. Éclair, élan d'inspiration ; tentation nouvelle.
Le jeune garçon retrouva la mobilité.
Courbant l'échine, il ramassa un galet qui se trouvait là, l'observa un instant, puis se recula à pas prudent. Prenant ses appuis avec précaution, il arma le bras pour finalement effectuer un lancer vif et précis. La trajectoire se profila en direction du lac, décrivant une courbe aussi étonnante qu'audacieuse.
Jusqu'alors, il s'était toujours révélé médiocre dans la pratique de cette discipline et pourtant, heureux hasard, bizarrerie sublime, le tir s'accorda avec merveille en une jolie succession de ricochets.
Surprise, admiration imprévue, satisfaction inespérée, il observa le fruit de cette chance invraisemblable.
Conscient de la simple coïncidence du geste, il convint de ne pas retenter l'exercice, et se contenta de regarder le galet disparaître happé par les eaux noires, rattrapé par les lois de la physique.
Il s'assit finalement à quelques mètres du rivage, étendant ses jambes sur l'herbe mêlée des petits gravillons, et fit un rapide tour d'horizon.
Le panorama qui lui était offert était en tout point splendide.
Partout, les montagnes ressortaient par leurs reliefs, leurs crêtes leurs amas rocheux, chacun plus original l'un que l'autre. Des arbres s'y étendaient dans une infinité de forêts, abritant chacune des habitats grouillants de vie. Quelque part au loin, une cascade coulait inlassablement le long des roches, où les années d'érosion y avait creusées une maigre rivière.
Le grand lac noir reflétait cette symbiose de couleurs.
Le château, puissamment bâti sur la roche, tutoyait les eaux.
Spectateur impassible, il se contentait de faire régner son ombre gigantesque.
Petit grain de poussière, le jeune garçon profitait du spectacle à ses côtés.
*Tout semblait parfait*

Au bout d'un certain temps - il aurait été vain de se demander combien - une étrange sensation. Le sentiment d'être observé par un voisin indiscret qui le scrutait depuis les hauteurs. Son regard perçant sonda les environ en quête de réponse. Ne parvenant à déceler de présence terrestre, il se détourna brusquement lorsqu'un signal vint alerter son attention, accompagné d'une certitude : cette présence-là n'était pas terrestre, elle était aérienne. Sa tête se tourna alors vers le ciel, où régnait un majestueux rapace. Le faucon, seigneur de l'azur, planait avec une aisance déconcertante. Il observa cet étrange personnage qui osait venir troubler soudainement ce moment si particulier. Et par la même occasion, prit conscience des facultés exceptionnelles de cette chose-là. Ce chasseur des airs le surpassait. Vigueur, vivacité, acuité visuelle. Tout semblait tourner à son avantage.

Un temps. Le sentiment d'une éternité. Deux regards, se croisant aussi furtivement qu'intensément. Le sien, de ce bleu étrange presque gris, empreint de curiosité mais également de résolution. Comme une sorte de défi face au maître ultime de ces hautes altitudes.
La puissance de l'échange, cette observation profonde et infaillible, l'estimation de l'autre. Les yeux jaunes du rapace calqués dans les siens. La sensation soudaine d'une trop grande clarté, l'aveuglement.
Le temps de se couvrir les yeux, ne subsistait plus la moindre trace du faucon. En guise d'explication, un puissant battement d'aile se faisant déjà lointain, ne tardant pas à disparaître. N'était-ce là qu'un simple mirage ? La question resta simple pensée.
Déjà il avait détourné la tête et était revenu à ses observations, bien qu'il sembla n'avoir aucunement oublié l'épisode survenu. Il s'attarda un temps sur le château, symbole de la célèbre école de sorcellerie. Son regard - outre l'émerveillement éternel que lui procurait la vue de la construction - reflétait d'un état de méditation complexe.
Pourtant, ce regard empreint de réflexion et à l'apparence si déterminée trahissait une personnalité fragmentée, un esprit qui, bien qu'éclairé, se devait de composer avec une fâcheuse tendance à se perdre dans sa propre immensité.
Des questionnements, des divagations sans issues véritables - éternels voyages vers des destinations inconnues - qui semblaient en amener encore à chaque instant en quantités abondantes. Des incertitudes, qui dévoraient tout le reste avec une rare voracité.
Un brouillard invisible et immatériel qui finissait par envelopper le petit être, le ballotant en tous sens sans qu'il ne puisse plus rien y opposer comme vaine résistance. Lâchant alors prise, il se laissait chuter dans ce gouffre béant de noirceur, emporté par cet ouragan de ténèbres. Juste le temps que les nuages se dispersent, et que le ciel se dégage à nouveau. Mais à force, le bleu semblait commencer à ternir, à perdre de sa substance et de son étincelle originelle. Les signaux étaient inoffensifs pourtant, les germes étaient bien là.
Ce jour, cet instant, constituait une exception à ces manifestations étranges.

Quittant finalement des yeux la pierre sombre de l'extraordinaire édifice, il tira d'un geste lent un petit livre gris foncé aux allures vieillies, puis dans un second temps, saisit d'une autre poche une plume ainsi qu'un petit encrier.
Il ouvrit alors le livre, qui s'avéra être un carnet, aux pages obscurcies par une multitude de notes.
Portant un dernier regard à la noirceur des eaux, il trempa sa plume dans l'encrier et posa ces quelques lignes sur le papier jauni :


"Deuxième Bulle"

"Contemplation muette. Magie étrange.
Les flots m'étourdissent. Inlassable délectation. Précieux présent.
Je m'essaie à un ricochet. Surprise, celui-ci me répond.
L'instant est beau. Il est une bulle.
Soudain, les brumes ressurgissent et m'emportent à nouveau.
Tourbillon nauséabond. Tourments. Chute ?
Tonnerre invisible.
Un puissant rapace traverse les cieux. Il me regarde. Je sais qu'il me regarde.
Son regard me perce au plus profond de mon âme.
M'aveugle. Déjà je ne le vois plus. Il a disparu.
Mais l'énergie qu'il m'a transmise est intacte. Je la transpose sur le papier.
Harmonie."


Il releva la plume. Derrière les grands arbres, le bruit étouffé d'un pas délicat sur l'herbe fraîche venait à se faire entendre. Tout en restant face à la rive, le jeune garçon focalisa la totalité de ses cinq sens sur cette manifestation soudaine. La moindre touffe d'herbe remuée, la moindre branche craquant sous un pied un peu trop brusque, aucun bruit ne devait pouvoir échapper à sa vigilance. Contre toute attente, et aussi vite qu'il était arrivé, ce bruit s'estompa brusquement. L'inconnu semblait hésiter.
Silence. De nouveau les seuls sons qu'étaient ceux de la pleine nature, le temps de quelques instants, puis à nouveau cinq pas supplémentaires. Plus de place au doute, ils étaient bien dans sa direction, on venait à sa rencontre.
Deux pas de plus. Et encore un supplémentaire. Le jeune garçon suivait la progression avec rigueur et précision bien que réduit dans ses capacités visuelles par sa position. Fixant avec détail l'eau noire, sa concentration était telle que l'on pouvait percevoir une goutte de sueur perler à son front.
Le bruit de pas atteignit les buissons, à seulement cinq mètres derrière lui. La personne était là, cachée par cette ultime barrière, semblait l'observer. Et puis rien. Plus rien pendant de longues secondes qui parurent une attente interminable. La personne avait-elle finalement renoncée à se dévoiler ? Au fond de lui, il brûlait de découvrir qui l'épiait par-delà la végétation.
Un signal, le bruit de bras écartant les branches avec assurance.
Enfin, les buissons - véritables rideaux de théâtre - se mirent à se mouvoir, puis s'ouvrirent, pour amorcer l'acte second.
Une nouvelle actrice entrait en scène.


❝ Lumière ❞


· ❣︎ ·


De retour, chère Plume, merci pour la patience, l'écrit est là, tout neuf.
Me voici de nouveau par ici.
Avec la plus grande hâte de te lire à nouveau <3
Dernière modification par Mattew Thomas le 10 juil. 2025, 20:04, modifié 5 fois.

Poufsouffle ‒ 7ème année RP (Prom 44-45) #5b5b00
Chef-adjoint de la Confrérie Vampiriste du CB

18 août 2024, 18:22
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26 Mai 2046 — Lac
IIe Année


Cela fait pratiquement trois semaines que je cherche à retrouver le dénommé Mattew Thomas. J'ai eu honte de moi, en apprenant qu'il était dans ma promotion, car normalement je connais tout le monde. Même si cette information est connue uniquement de mes proches — qui sont d'ailleurs peu nombreux — j'ai failli, et ça ne doit jamais se reproduire. J'ai écumé tout Poudlard, en commençant mes recherches par sa maison. Dès que je l'eus trouvé, remonter sa piste a été très simple. J'ai du quitter mes cachots adorés pour l'observer, près de son terrier dans les cuisine. Au moment où j'allais l'alpaguer, j'ai réalisé quelque chose. Il était à Poufsouffle. La maison des nés-moldus — Aliénor étant l'exception qui confirme la règle. Depuis cet instant, mon coeur et mon esprit se livraient une féroce bataille. Devais-je découvrir son statut de sang, au risque de découvrir que c'était un sang-de-bourbe à éviter à tout prix ? Mon coeur me rappelait à quel point cette heure passée à ces côtés avait été magique. Mon esprit me rappelait que les nés-moldus étaient des pourritures néfastes pour l'humanité. Il se pouvait aussi qu'il soit sang-mêlé ou même mieux, né-sorcier, mais au plus profond de moi, j'étais persuadée du contraire.

Pourtant, me voilà près du lac. J'ai réussi à grappiller quelques informations à son sujet, et je savais que je le trouverais là. Non. Il fallait que je rebrousse chemin, immédiatement. Malgré tout, je suis incapable de faire un pas en arrière. Je distingue sa silhouette, quelques mètres plus loin. Il est assis dans l'herbe, aussi paisible que le lieu à cette heure. Un pas. Une seule et dernière fois. Après, ce sera fini, je le fuirai comme la peste. Comme Huggins, comme Holland, comme Karp, comme Corbeau. Deux pas. On va discuter cinq minutes et ce sera tout. Juste cinq minutes. De toute façon, ce ne sera pas comme la dernière fois. Maintenant que je sais, tout sera différent. Trois pas. L'herbe frémit sous mon pied. Je le vois, il se redresse. Il arrête ce qu'il était en train de faire — quoi que ce fut. Il m'a entendue. Trop tard pour faire demi tour, il se retournerait et m'appellerait. Tant pis. Il n'y a plus qu'à suivre le plan et tout se passera bien. Juste cinq minutes. Les cinq dernières. Je mets un pied devant l'autre et me rapproche de lui, jusqu'à l'atteindre enfin. Je ne sais plus quoi dire, plus quoi faire. La dernière fois, tout m'était venu si facilement, comme si ce n'était pas moi qui parlait. Maintenant, je suis redevenue gauche, je me retiens. Ne pas paraître proche de lui. Rester détachée. Je dois m'en tenir au plan. Doucement, j'amorce ma descente vers le sol. Je m'assois à ses côtés, et m'autorise enfin à tourner la tête. Un carnet posé sur ses genoux. Une plume et un encrier. Mes yeux parcourent le papier, et même si je ne distingue pas les mots, je comprends qu'il s'agit d'un poème. Voilà bien une chose dont je suis incapable. Bien sur, il y a un certain nombre de choses que je ne sais pas faire, mais c'est quelque chose que je suis sûre de ne jamais faire. À mes yeux, il faut avoir une certaine âme poétique, que bien sûr je n'ai pas. Ma créativité réside dans le Quidditch et les duels. Lui, c'est un véritable artiste. Il dessine, il écrit, son âme doit être belle. Je me dis qu'un jour, lorsqu'on meurt, quelqu'un ou quelque chose viendra sonder notre âme. Je sais déjà toute la noirceur qu'il verra dans la mienne. Je reporte mon attention sur le lac. Je me sens tout de suite apaisée. L'eau a toujours eu cet effet sur moi. Comme si je ressentais une connexion particulière entre elle et moi. Je m'interdis de penser qu'une connexion du même genre avait eu lieu avec lui.

Mattew Thomas.

Pas de bonjour, je reprends juste la conversation là où nous l'avions laissée, trois semaines plus tôt. Pendant un instant, j'ai oublié le plan. J'ai oublié ce qu'il était sûrement. Je suis de nouveau dans la cour de la tour de l'horloge, assise sur le rebord de la fontaine, avec un papier dans ma main. Vidée. À présent, c'est comme si le vide laissé après son départ avait été comblé. Je le laisse poursuivre ce qu'on a commencé, ce qu'il doit réparer pour de bon.

Me voilà enfin Plume.
Merci de me replonger dans l'Erza de deuxième année, même si je crois que son revirement est déjà amorcé.

Patriote 2021 et 2022 • je déteste j'aime Mélo • Préfète inRP pendant toute l'année 2048-2049

10 juil. 2025, 20:03
À la recherche du temps perdu  + 
Deux mots. Juste le temps pour lui de se retourner ; elle était déjà là. Le suspense avait finit par tomber. Car ce n'était plus une étrangère qui se tenait devant lui. Tout de sa silhouette jusqu'au timbre de sa voix lui était familier.
Ce n'est qu'alors qu'un détail le frappa. Quelque chose qui avait manqué de le faire tressaillir lorsqu'elle s'était enfin révélée. Elle l'avait appelé par son nom. Mattew Thomas. Ne manquaient que son second prénom, insignifiant, et le dernier, hérité d'un aïeul dont il ne savait rien. A vrai dire il n'y avait jamais vraiment réfléchi, de toute manière cela ne revêtait aucune importance dans le moment présent. Il en revint à son constat précédent, comme diable avait-elle su son nom ? L'avait-elle suivi, pisté, demandé des renseignements ? Toutes les hypothèses les plus farfelues traversèrent son esprit en seulement quelques secondes, tant la surprise lui était grande. C'est pourtant avec une voix légère, d'un air presque désintéressé, qu'il lui demanda d'où elle tirait l'information, comme si au final cela n'avait rien d'extraordinaire.

- Comment tu sais comme je m'appelle ?

Tout compte fait, le principal restait qu'elle soit là, qu'ils se soient enfin retrouvés. Mattew avait rencontré cette fille quelques semaines auparavant, complètement par hasard, alors qu'il traînait dans la cour de la tour de l'horloge. Même sans avoir une mémoire parfaite, il se souvenait aisément de ces instants. Parce qu'ils avaient eu une saveur particulière. Un moment de tranquillité, d'évasion, sans jugement. Un moment hors du temps.
Avant la chute. Car à présent celle-ci lui revenait.

- Alors nous revoilà...

Quelques phrases maladroites de sa part qui avaient suffit à briser cet instant magique. Il s'en était voulu, alors comme il n'avait pas eu de courage, le garçon avait pris la fuite, sans plus lui laisser le temps de le retenir. Mattew s'était senti comme un lâche. Mais désormais il était temps de reprendre là où il s'en étaient arrêté.
Son regard se posa sur le carnet qu'il tenait encore entre les mains, sur lequel les mêmes lignes d'encre étaient griffonnées. Par réflexe, il s'empressa de le ranger dans son sac, tout en sachant pertinemment qu'elle l'avait vu. Il ne se sentait pas à l'aise à l'idée de partager ses créations, ce n'était pas nouveau, et cela qu'il s'agisse de dessin ou d'écriture. Les mots qu'il inscrivait dans ce carnet relevait d'une profonde intimité pour lui, ils lui appartenaient. C'était pour Mattew plus que de simples poèmes. C'était de véritable fragments d'âme. Il releva la tête vers elle.
Ses yeux se plongèrent dans les siens. Ils savaient tous deux qu'ils avait besoin de finir cette conversation, avec ce même sentiment qu'il leur restait encore beaucoup à se dire.

- Content de te revoir. On en était où ? Et temps qu'à faire, comment tu t'appelles toi aussi ?

Les deux acteurs étaient sur scène, prêts à improviser. L'entracte était finie, la pièce pouvait reprendre.

@Erza McGowan,
Je propose qu'on rebascule sur du Rp + uniquement,
J'étais un peu à cours de mots sur la fin :sweatingbullets:

Poufsouffle ‒ 7ème année RP (Prom 44-45) #5b5b00
Chef-adjoint de la Confrérie Vampiriste du CB

2 sept. 2025, 13:14
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Il ne me connait pas. D'un côté, c'est évident, car sinon il connaîtrait mon prénom, mais cela veut surtout dire qu'il ne sait pas qui je suis réellement. Ce que je fais. Ce que je pense. À l'inverse, moi sais qui il est. J'en suis malheureusement intimement convaincue. C'est comme si malgré lui, c'était écrit sur chaque parcelle de sa peau, de son uniforme, de la tête aux pieds. Quand il comprendra, tout changera à nouveau. Comme d'habitude. Je ne compte pas le nombre de fois où cela est arrivé. J'ai vécu désillusions sur désillusions.

Il est d'abord perplexe. Ne comprend pas pourquoi je connais son nom. Puis il se souvient. Je crois que tout aurait été plus simple s'il m'avait oublié depuis. J'aurais pu faire marche arrière, éviter la catastrophe qui va arriver. Éviter de briser encore quelque chose. Je sais que je vais m'empêcher d'être naturelle. Je vais me retenir, m'empêcher de me laisser porter par l'instant. Peut-être qu'il le remarquera, peut-être pas. Je ne sais pas ce qui serait le mieux. Je ne sais toujours pas pourquoi je suis venue. Je crois que j'espère que mon nom lui dira quelque chose. Pour qu'on en vienne directement aux faits. Qu'il ouvre les yeux sur qui je suis. Peut-être qu'il connaît Charlotte, Lily-Rose ou encore Elena. Peu importe, il en connaît sûrement. Il va s'en rendre compte.

*Content de te revoir*. Non je n'en suis pas si sûre. Non tu n'es pas content. Tu crois que tu vas m'apprécier, mais tu te trompes. Personne ne peut m'apprécier. *On en était où ?* Au moment où tu vas comprendre qui je suis. Au moment où tu vas enfin me détester comme je le mérite. C'est de toute façon tout ce que je mérite. *Comment tu t'appelles toi aussi ?* Tu ne veux pas savoir. Tu ne dois pas savoir. Tu dois savoir. Je sais, je ne suis que contradictions. Mais je ne suis pas blanc et noir à la fois. Je suis simplement un gris qui est devenu pratiquement noir. Je pense alors qu'il doit vraiment vivre dans une cave — ou plutôt dans un tonneau — pour ne pas du tout me connaître. Je suis tout de même joueuse de Quidditch, même si c'est depuis peu. Mais bon, il doit sûrement faire partie de ceux qui trouvent ce sport stupide, qui ne veulent même pas assister aux matchs de leur équipe. En bref, voilà une raison de plus pour que je l'apprécie encore moins. Il est temps de lui donner mon prénom tout de même. Sinon, il va comprendre les choses de travers.

Erza McGowan

Je n'ai prononcé que son nom, et maintenant le mien. Comme pour nous lier, alors que tout nous sépare, et que l'on sera bientôt à nouveau opposés. Quand il aura compris la vérité. Ce n'est pas si grave après tout. Il me détestera — avec raison — et pourra en parler avec ses amis, du démon qui est à Serpentard. De mon côté, rien ne changera. Je serais toujours la même. Et ça ne changera sûrement jamais.

Pas de soucis @Mattew Thomas

Patriote 2021 et 2022 • je déteste j'aime Mélo • Préfète inRP pendant toute l'année 2048-2049

2 mars 2026, 23:49
À la recherche du temps perdu  + 
L'eau semblait être définitivement un élément qui les reliait. Une fois de plus, c'était auprès d'un de ces points de fraicheur que le hasard les avait amené à se retrouver. Et le présent lieu était bien plus propice à leur rencontre que le précédent. La cour était certes fort agréable, mais il y traînait toujours tout un tas de gens. C'était aussi s'exposer à des regards, prendre le risque d'être dérangés par le bruit. Le lac quant à lieu était un temple de tranquillité. Qui plus est à cette heure de la journée, où la plupart profitait d'une grasse matinée pour entamer leur weekend. Le contexte leur était favorable.

Pourtant elle restait là, immobile. C'était d'ailleurs un bien étrange échange. Son regard indifférent toisait le sien, curieux et surpris. Dans une brève prise de parole, un nouveau nom venait de lui être jeté. Suffisant pour faire écho quelque part en lui. Ce nom-là lui venait des tribunes de Quidditch, plus particulièrement des braillements des commentateurs. Il n'avait pas l'habitude de se mêler aux autres, c'était une chance qu'elle soit dans une équipe. Sinon probablement qu'il ne l'aurait jamais connue. La voix du garçon brisa alors de nouveau le silence, d'un ton accueillant et rassurant, comme une invitation.

Et bien... Enchanté Erza !

Le Poufsouffle se redressa et rajusta son sac sur une de ses épaules. Maintenant ils étaient face à face, à même hauteur, à égalité. C'était bien elle, en chair et en os. La boucle était bouclée. Cela restait un peu étrange que de reprendre une discussion avec une personne que l'on connaissait à peine, surtout avec plusieurs semaines d'écart. Pourtant sa mémoire était encore fraîche. Et il avait l'intime conviction que ce n'était pas pour rien s'ils s'étaient retrouvés. Qu'importait la teneur de leur ancienne discussion. C'était l'heure de faire tomber les masques, révéler leurs vrais visages, leur identité. Les noms n'étaient que des mots, suffisant pour nommer des choses, pas pour les comprendre ni les appréhendé. Ils avaient partagé ce moment, ils pouvaient donc s'entendre. Il ne leur restait plus qu'un pas, un seul, pour s'apprivoiser.

Que... Qu'est-ce que tu sais de moi ?

@Erza McGowan

Poufsouffle ‒ 7ème année RP (Prom 44-45) #5b5b00
Chef-adjoint de la Confrérie Vampiriste du CB

3 juin 2026, 17:52
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Le voilà qui semble déjà perturbé par ces retrouvailles impromptues. Je le savais, c'était une erreur. Je n'aurais jamais du suivre le bout de papier qui symbolisait déjà la feuille déchirée et irréparable. Aucun fil ne nous relie.

Son enthousiasme va bientôt être réduit à néant lorsqu'il comprendra. À moins qu'il ne soit comme ces Poufsouffles qui n'ont qu'un petit poix à la place du cerveau, mais malheureusement il ne m'a pas donné cette impression la dernière fois.

Avant que j'ai le temps de préparer mes défenses, il attaque directement avec une question qui doit lui brûler les lèvres. Par la barbe de Merlin, il me met dans de la bouse de dragon... Il va falloir que je sois brève et froide pour qu'il comprenne que je ne veux rien. Mais bon, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. C'est moi qui me suis mise dans ce pétrin toute seule. Je m'envoie à l'abattoir en connaissance de cause. Je sais ce qu'il est. Dans un dernier acte de bonté je veux simplement éviter la confrontation, qu'il me laisse tranquille afin que je ne le détruise pas comme les autres. Et à chaque fois, en m'emportant au passage.

J'ai juste demandé à droite à gauche. Mais bon maintenant que je t'ai rendu ton papier je vais pouvoir te laisser.

Pourtant, je ne trouve pas la force de reculer de plus d'un pas. J'essaie de me rassurer en me disant que c'est uniquement parce que j'attends son au revoir mais je sais que je me mens. Je ne fais que ça de toute façon. Je mens à tout le monde si bien que je ne sais même plus ce qui reste encore de vrai en moi. Sauf si le mensonge est devenu tellement un automatisme qu'il en devient une vérité.

@Mattew Thomas

Patriote 2021 et 2022 • je déteste j'aime Mélo • Préfète inRP pendant toute l'année 2048-2049