Sa lettre N.P.

Jeudi 24 Septembre 2048
Un peu avant 9h


Il y a moins d'une heure, elle avait reçu au petit-déjeuner une missive portée par une chouette grise au masque blanc. Cette-dernière d'un air revêche l'avait pincé lorsqu'elle détachait doucement la lettre de sa patte. Machinalement, à cette pensée, Constance frotte doucement du pouce là où le bec était entré en contact.
L'enveloppe contenait son nom et l'intitulé du château, dans une écriture qui lui était inconnue.
Alors qu'elle était d'humeur insouciante, plongée dans son bol de porridge et suivant distraitement les discussions en cours, la châtaine s'était de suite figée. Déglutissant sa bouchée, elle avait décacheté avec prudence la missive.
La seule personne qui pourrait lui envoyer du courrier dont elle ne connaissait par l'écriture était sa Tante à qui elle avait envoyé une lettre quelques jours plus tôt. Était-ce elle ?

Le coeur battant un peu plus fort, elle avait déplié la missive avec une relative fébrilité, avait parcouru les premiers mots et avait replié aussi sec la lettre sur elle-même. Le regard dans le vide, elle exultait intérieurement bien qu'elle tâchait de ne rien montré sur son visage. Elle voulait la lire au calme, seule, sans les éventuelles interrogations de ses camarades et amies. La poufsouffle l'avait donc glissé dans sa poche et avait terminé son porridge, ses pensées filant vers le fond de celle-ci.

Elle avait cours de Potions ce matin, au sous-sol. Le dortoir plein de remue-ménage, tout comme la salle de bains, Constance avait patienté pour rouvrir la lettre et la lire.
Elle était sortie assez rapidement du Terrier, sa besace en cuir battant le tempo contre sa hanche, sa lettre toujours bien enfouie dans sa profonde poche. Elle la sentait au creux de ses doigts.

La châtaine avait trouvé refuge dans la cour de la Tour, s'asseyant sur un banc à l'écart et avait enfin déplié la missive qui mettait ses pensées sans dessus dessous.

Elle m'a écrit, elle m'a répondu ! Seigneur, elle m'a répondu. Et la lettre laissait clairement envisager que sa tante, que Judith, était encline à la laisser entrer dans sa vie. Et vice versa.

La lettre précieusement tenue entre ses mains, elle posa celles-ci contre sa poitrine, le regard dans le vide, un sourire se dessinant sur ses lèvres.
Le temps filait aussi vite qu'une astéroïde dans le ciel et elle sursauta lorsque la sonnerie de cours retentit sèchement. La ramenant à la réalité.

Zut ! Déjà ?! Oh mince c'est pas possible ! Potions ! J'ai potions ! Il était 9h et le cours allait commencer. Si elle ne se levait pas de suite, elle allait être en retard. Enfin, je suis en retard du coup !

Fourrant sa lettre dans sa poche, elle saute sur ses pieds, saisissant l'anse de sa besace. Ses pieds se mettant d'un coup en mouvement. C'est alors que l'impensable se produisit. La lettre fourragée à la va-vite, dépassant de sa poche, prit la poudre d'escampette et un coup de vent lui fit prendre son envol alors que les longs cheveux de Constance auréolait son visage stupéfait.
Non ! Nooooon ! Non non non non !
Ses mains écartées dans un geste désespéré, elle commence à poursuivre la lettre repliée qui virevoltait dans la cour.
Pose toi ! Stop ! Fichu maudit vent !

A l'abord du cloître, la lettre se pose enfin sur les pavés anthracites éclaircis par le temps.
Le coeur battant, pestant contre sa malchance, elle s'avance vite pour la récupérer.
C'est alors que la réalité de la Cour qu'elle avait occulté, obnubilée par la missive, lui revint en pleine face : une main saisit la lettre. Ses prunelles noisettes remontent le long du bras pour tomber sur le visage de l'adulte. Mr Pearce. Oh crotte.

626 - @Neven Pearce, et voilà une Constance en retard, le regard inquiet qui tombe nez à nez à avec son prof d'Astro qui tient la lettre si importante de Judith :lol: T-)

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Sa lettre N.P.
Une fois n'était pas coutume, Neven s'était levé aux aurores. En cette fin septembre, quelques jours après la pleine lune, les nuits n'étaient de toutes façons pas propices à l'observation des astres. Le temps d'une courte semaine, le gallois adoptait ainsi un rythme de vie un peu plus conventionnel, lui permettant entre autres de corriger les nombreuses copies qui s'empilaient sur son bureau. Il avait en effet, au cours de ce premier mois d'enseignement, choisi d'évaluer le niveau de l'ensemble des élèves qui suivaient sa matière.

Avant de se cloîtrer dans son obscur bureau pour s'atteler à la tâche, l'astronome s'accorda une grande bouffée d'air frais après le petit déjeuner. La cour de la tour de l'horloge était un endroit qu'il affectionnait déjà tout particulièrement lorsqu'il était encore élève à Poudlard. Les clapotis de la fontaine centrale avaient toujours eu ce côté apaisant, puisqu'ils masquaient les conversations autour de lui. Comme à l'époque, le désormais professeur Pearce s'était installé un peu à l'écart, sur l'un des murets de pierre qui entouraient la cour et servaient de bancs. Adossé sur l'une des arcades, plongé dans son bouquin - Affronter l'ennemi sans visage - il ne prêtait aucune attention aux élèves présents. Ceux-ci ne tarderaient de toutes façons pas à rejoindre leurs salles de classe, rendant au lieu toute sa quiétude.

Un élément vint pourtant le distraire dans sa lecture ; un simple parchemin, plié en quatre, virevolta au gré du vent jusqu'à venir se déposer à ses pieds. Esquissant une légère grimace, Neven se redressa et replia le recoin de la page qu'il était en train de lire, avant de se lever pour ramasser la feuille de parchemin. En la dépliant, il constata rapidement qu'il s'agissait d'une lettre - qui ne lui était d'ailleurs pas adressée - et la retourna dans le bon sens. Ses yeux passèrent rapidement de la date d'expédition au signataire : une certaine Judith Moore. Ce nom lui disait bien quelque chose. Il fronça les sourcils et parcourut en diagonale le courrier, s'arrêtant, dubitatif, sur les mentions d'"Écosse" et de "Réserve des Hébrides" Il leva finalement les yeux vers la jeune fille qui se pressait dans sa direction. « Ne devriez-vous pas être en classe, Mademoiselle ? » l'interpella-t-il, impassible.

Aïe aïe aïe, je suis navré pour cet énorme délai... :/

« J’ai aimé les étoiles trop tendrement pour avoir peur de la nuit. »
#3a4f79 - Per aspera ad astra

Sa lettre N.P.
Il la regardait de toute sa hauteur, son visage impassible après avoir parcouru rapidement sa missive.

Depuis quand, lorsqu'on est prof, on a le droit d'ouvrir le courrier des autres et le lire ? s'indigne-t-elle brièvement jusqu'à ce qu'il pose son regard sur elle.

Froid, distant. Comme toujours n'est-ce pas ? Elle ne se souvenait pas à quand remontait la dernière fois qu'elle l'avait vu sourire. Entrouvrant les lèvres pour répondre à sa question, elle se sentit stoppée par le sentiment que peu importait ce qu'elle allait dire, il considérait qu'elle était en tort et que plus elle se justifierait plus elle prenait le risque d'en prendre pour son grade.
Crotte de crotte de crotte ! Pourquoi a-t-il fallu que ce soit lui ? Pourquoi pas Miss Lydon ou M'sieur Charleston ? Non, il fallait que ce soit lui.
Un sentiment de froid s'insinuait sous sa peau et elle n'avait qu'une envie, limiter la casse.

Mr Pearce était le nouveau professeur d'Astronomie qui s'était assez vite fait une réputation de professeur sérieux, sévère et distant. Alors qu'il ait sa lettre entre les mains, qu'il l'ai lu, et qu'en plus qu'elle était en retard pour son cours de potions... elle cumulait et faisait carton plein !

Que dire ? S'excuser ? Hocher la tête et prendre ses jambes à son cou ? Ou au contraire secouer la tête à la négative et dire qu'elle n'avait pas cours à cette heure-là ?
Oui, mais ce serait mentir...
Et Dieu savait combien elle était nulle à ce truc-là. Ce serait Eli, elle saurait y faire, pense-t-elle avec une pointe d'envie honteuse.

Alors Constance ? On hoche la tête, on la secoue ou bien... on ne dit rien ?
Inspirant abruptement, Constance pinça les lèvres dans un sourire contrit et s'avança d'un pas.
- Bonjour Mr Pearce. Erm... c'est ma lettre que... (elle lui montre du doigt fébrilement avant de sourire maladroitement) puis-je la récupérer s'il-vous-plaît ?

Occulter la vérité et éluder la question ? Mais oui, quelle idée géniale.

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Devant lui, la fillette ne semblait pas tout à fait décidée à répondre à son interrogation. À croire qu'elle discutait avec elle-même, pesant le pour et le contre. La jaugeant du regard, le gallois replia machinalement le parchemin, la tapotant entre ses doigts en signe d'impatience. Il n'avait jamais été du matin, sauf lorsqu'il s'agissait d'observer un alignement de planètes ou tout autre phénomène céleste à l'aube.

Les paroles de la jeune Poufsouffle lui firent froncer les sourcils. Ni excuse, ni véritable réponse à sa question. « Bonjour Mademoiselle... reprit-il sans masquer son agacement. Ne devriez-vous pas être en classe ? » répéta-t-il une nouvelle fois. Appuyant ses dires, Neven jeta un coup d'œil rapide à sa montre en gousset en argent, puis glissa la lettre dans son livre, tel un marque-page, avant de fourrer l'ouvrage dans la poche de sa cape sombre.

À l'exception d'eux, la cour de l'horloge avait désormais été désertée par les élèves comme par les adultes de l'école. Sans attendre de nouvelle réponse, l'astronome se dirigea vers les coursives du château, incitant la jeune sorcière à en faire de même. « Vous êtes déjà en retard... commenta-t-il. Vous pourrez récupérer cette lettre après les cours, en fin d'après-midi, dans mon bureau. Maintenant, filez en classe si vous ne voulez pas vous attirer des ennuis ! » conclut-il, passablement contrarié de voir sa bouffée d'air matinale ainsi écourtée. Il ne lui restait plus qu'à se mettre à ses corrections de copies, perspective qui le fit soupirer intérieurement.

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La façon qu'il a de la saluer pourrait faire frissonner n'importe quel première année. Mais elle était en troisième année que diable ! Alors elle allait...
Il répète sa question et soudain, sa détermination à limiter la casse se renforça tandis que sa volonté de ne pas se laisser impressionner fondit comme neige au soleil.
- Euh... à vrai dire...
Le mouvement nonchalant de Mr Pearce l'arrêta net dans sa vaine tentative d'explication. Avec effroi, elle le voit glisser la lettre - sa lettre - dans son bouquin comme s'il s'agissait d'un simple marque-page.
Ma lettre ! s'offusque Constance mentalement, ne pouvant détacher ses yeux légèrement écarquillés de la poche où a disparut le livre.
MA lettre !!

Tout d'un coup, la jeune fille sentit une grande vague de froid la saisir et elle écoute avec horreur l'adulte qui commence à tourner les talons. La récupérer après les cours ? En fin d'après-midi ?! Dans son bureau ? Seigneur ! Non non non ! Non-non-non-non-non-non-non !

- Monsieur ! s'écrie-t-elle alors, toujours immobile comme foudroyée sur place. Monsieur, s'il vous plait !
On pouvait sentir une certaine fébrilité dans sa voix et elle priait pour qu'il se retourne.
Elle n'était pas sanctionnée et pouvait partir sans sermon ? En d'autres circonstances, elle l'aurait remercié mentalement et cela aurait même adoucit son jugement sur le professeur si sévère, mais là ! Là ! Il lui avait tout bonnement piqué sa lettre ! Pourquoi ? Pourquoi ?!
C'était injuste ! Injustifié ! Et il était hors de question qu'elle reste là sans rien faire !

Alors oui, elle pourrait obtempérer bien docilement, aller en cours de potions, s'excuser auprès de la professeure pour son retard, prier pour ne pas écoper d'un sermon ou une punition en lien avec son cours et attendre patiemment la fin des cours pour se rendre au bureau de Mr Pearce mais...
Mais elle ne voyait pas pourquoi elle devrait prendre tout ce détour pour une lettre !
Pour elle, cette missive avait de l'importance, beaucoup même, mais pour lui ?
Que cela signifiait-il ? Avait-il reconnu quelque chose dans les propos de Judith ?

Et puis même si c'était le cas, il avait beau être professeur, il s'agissait de sa lettre, à elle, et donc d'un courrier personnel qui ne le regardait nullement !!
Non non non ! Elle ne pouvait rester sans rien dire. Elle s'en voudrait toute une après-midi sinon.

- Mr Pearce, l'interpelle-t-elle donc - avec toute la politesse dont elle était capable en cet instant - en comblant la distance entre eux en longues enjambées.
Son esprit en ébullition, sans dessous sous l'accablante avalanches de pensées pêle mêle, elle se plante sous le regard sévère de son professeur.
Considèrera-t-il qu'elle s'adresse à lui avec aplomb ? avec assurance ? Elle l'espérait car en vérité, elle n'en menait pas large.
La trouvera-t-il irrespectueuse ? Ce n'était pas son intention.

Une fois devant lui, elle se rendit compte qu'elle avait deux options : tenter la méthode douce ou... celle plus serpentesque. Bon, elle n'était pas Poufsouffle pour rien...
- Je suis désolée si je vous ai agacé d'être présente encore à cette heure dans la cour mais... je venais tout juste de lire ma lettre et je n'ai pas vu l'heure. Puis-je récupérer ma lettre s'il vous plait dès maintenant ? Elle est très importante pour moi... et je ne comprends pas pourquoi je dois venir la récupérer plus tard. Si... (inspiration pour se donner du courage) si vous êtes si fâché, je préfère que - elle ne pouvait plus reculer, allez c'était maintenant ou jamais ! - vous me grondiez dès maintenant et... et repartir avec ma lettre. S'il-vous-plait. Monsieur.

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Neven lâcha un soupir en s'immobilisant devant les marches qui menaient au hall. Qu'est-ce qui lui avait donc pris de se lever aux aurores ? s'agaça-t-il devant l'insistance de la jeune sorcière, fustigeant intérieurement le peu de respect de l'autorité de cette nouvelle génération. À mon époque... Il réprima une grimace en attendant que la Poufsouffle ne revienne à sa hauteur.

Le professeur d'astronomie écouta le plaidoyer de la retardataire sans chercher à masquer son air contrarié. « Bien... Puisque cette lettre vous empêche visiblement de vous rendre en classe... grinça-t-il entre ses dents, avant de plonger sa main dans la poche de sa cape. Après quelques instants, il en tira la missive quelque peu froissée. Comprenez que je suis surtout navré de voir que vous accordiez si peu d'importance à vos études... » ajouta en lui tendant le parchemin, sans pour autant le lâcher.

Son regard appuyé se planta dans celui de la troisième année. Il doutait que rendre cette lettre ne l'aide à se concentrer en cours, mais le gallois ne comptait pas parlementer plus longtemps. « Il ne vous appartient cependant pas de décider quand vous vous faites sermonner ou non... Vous devriez déjà être en cours, tout comme moi devant la pile de copies qui m'attend. Maintenant, filez en classe et tâchez de ne pas plus vous faire remarquer. Je vous attends toujours en fin d'après-midi dans mon bureau. indiqua-t-il avant de relâcher son emprise sur la lettre de la jeune Poufsouffle. Cela vous laissera, je l'espère, la journée pour réfléchir à l'importance de vos études. »

Je suis terriblement désolé pour ce délai... :wry:

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Sa lettre N.P.
La haute silhouette du professeur se fige alors qu'elle arrive à sa hauteur, le coeur battant furieusement. L'air contrarié qu'il arborait ne laissait aucun doute sur l'agacement qu'il ressentait face à sa détermination à récupérer sa lettre coûte que coûte. Mais elle s'était embarquée dans cette mission "sauvetage de missive" et ferait de son mieux pour parvenir au bout. Il s'agissait de la lettre de sa tante, bon sang !
Les premiers mots tombent, grinçants et secs et s'il ne s'était pas agit de la lettre de Judith, Constance aurait sûrement déglutit d'embarras ou d'effroi mais, en cet instant, elle se forçait à soutenir le regard de l'adulte afin de ne pas flancher.
Le seconde phrase était quant à elle une véritable pique qui la fit ciller, tour à tour indignée et désappointée. Alors voilà, c'était ça qu'il pensait d'elle ? Qu'elle négligeait ses études ? Parce qu'elle voulait récupérer sa lettre ? Mais c'est injuste... c'est pas vrai... J'les prends au sérieux... vous vous trompez.

Mais ravalant ses pensées au fond de sa gorge, la châtaine préfère ne piper mot pour ne pas aggraver son cas. Elle tend la main vers le parchemin, son rythme cardiaque plus effréné comme s'il oscillait entre le soulagement et la crainte que Mr Pearce se ravise. C'est alors que l'enseignant ne lâche pas son côté du parchemin et le coeur de Constance manque un battement. Ses sourcils se froncent sous l'incompréhension tandis que ses prunelles tombent sur la main de Mr Pearce avant de remonter à son visage. Monsieur ?
- Il ne vous appartient cependant pas de décider quand vous vous faites sermonner ou non...
Oh merde. Intérieurement, Constance clos les yeux, priant pour qu'il lâche sa lettre, s'attendant déjà au pire. Alors voilà, j'ose aller jusqu'au bout pour récupérer ce qui me revient de droit et j'aggrave mon cas auprès du Professeur le plus sévère de l'école. Mais quelle journée de m-
- Vous devriez déjà être en cours, tout comme moi devant la pile de copies qui m'attend. Maintenant, filez en classe et tâchez de ne pas plus vous faire remarquer. Je vous attends toujours en fin d'après-midi dans mon bureau.

Le ton était froid, cassant et ne laissait place à aucune réplique. Constance qui soutenait toujours le regard de son enseignant se sent pâlir davantage. Tout ça pour une lettre. Mais pas n'importe laquelle, en même temps.
Au moment où elle acquiesce en silence, le professeur lâche enfin le parchemin et spontanément, Constance plaque la missive froissée contre sa poitrine - un geste non-réfléchi qui démontrait malgré elle l'importance de ce courrier.
- Cela vous laissera, je l'espère, la journée pour réfléchir à l'importance de vos études.

Déglutissant enfin, la jeune fille baisse les yeux vers son parchemin froissé, l'indignation gonflant dans sa poitrine. Elle était convoquée dans le bureau de Mr Pearce en fin de journée, alors qu'il lui remonte déjà les bretelles maintenant et en plus, elle a le mauvais pressentiment qu'il allait toucher deux mots à sa DDM. Ce qui n'était pas "bon" pour son matricule. Mais alors qu'il en rajoute une couche, encore, pour insinuer qu'elle ne prenait pas assez à coeur ses études, cela était tellement... rageant.
Surtout, tais-toi. Tais-toi, tais-toi, tais-toi. Acquiesce, remercie et vas-t-en.
Serrant les lèvres, contrariée comme jamais, elle relève ses prunelles noisette vers le visage contrarié de son professeur. Mon Dieu qu'elle avait envie de lui déblatérer ses quatre vérités. Vous êtes tellement... injuste !
- Bien, articule-t-elle du bout des lèvres, se forçant à se montrer polie jusqu'au bout. Merci, Monsieur.
Bref acquiescement de tête et sans demander son reste, la Troisième Année tourne les talons et se dépêche de mettre autant de distance que possible entre Mr Pearce et elle. Pourvu que Miss Xarinez ne soit pas trop fâchée. Au pire, j'lui dit qu'j'suis tombée sur Mr Pearce et que c'est lui qui m'a retenue. Ouais voilà... pense-t-elle spontanément, un brin revancharde. Pas sûr, néanmoins, qu'elle ose arborer cette colère devant sa professeure de Potions.

***

Elle aurait pu prétexter avoir zappé - avec les cours qui s'étaient écoulés entre l'épisode de ce matin et cette fin de journée - ou compter sur le fait que Lui, ait oublié. Mais la Poufsouffle restait une adolescente sérieuse et puis... l'idée qu'il n'ai pas oublié et qu'elle ne se pointe pas à son bureau avait de quoi lui donner des suées. C'était hypothétique n'est ce pas. Ça s'trouve, il a vraiment oublié et... et... je suis pile dans la situation où l'on dit que tu tends le bâton pour te faire battre. Bon, s'il n'est pas dans son bureau là maintenant, je fais demi-tour fissa, pense-t-elle alors qu'elle arrive devant la porte du bureau de Mr Pearce.
Bon, en même temps, en vrai, il y a peut être peu de chance qu'il ai oublié, pense-t-elle amèrement. Après tout, elle avait aperçu son regard du coin de l'oeil - bien qu'elle avait affecté de rien, souhaitant se comporter comme d'habitude bien qu'assise plus au fond de la classe que d'ordinaire - au cours d'Astronomie en début d'après-midi. Heureusement, ce n'était qu'une heure simple et elle avait filé sans demander son reste en cours de Sortilège dès que la sonnerie avait retenti.
Deux heures et une pause récré plus tard, là voilà dans le couloir de la Tour d'Astronomie, le visage de marbre bien que son esprit ruminait.

826 - @Neven Pearce, j'espère que cela te convient ^^

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