Des ruines de Babel...
29 décembre 2048 – entre 10h et 12h.
En compagnie de @Iphis Diotimē, et de sa mère Maïa.
En compagnie de @Iphis Diotimē, et de sa mère Maïa.
Profitant d’une matinée de congé bien méritée, la galloise avait eu comme projet de rester bien loin de l’infernal brouhaha de la patinoire, bien que celle-ci fermerait bientôt ses portes. Cependant, alors qu’elle avait passé sa soirée bien au chaud dans son appartement, ses pensées avaient dérivé une fois de plus sur l’avenir, et sur ce que cette imminente fin d’année signifiait pour l’ancienne voyageuse. Et rien de réellement joyeux ou précis ne lui venait, ce qui n’avait rien d’étonnant, compte tenu de son passif plus que tortueux avec l’incertitude. D’autres objectifs, il me faut d'autres objectifs. Voilà la conclusion qui avait fini par l’amener à errer dans les allées de la librairie sorcière depuis son ouverture. Il y avait quelque chose de mystérieusement chaleureux dans l’atmosphère de Fleury & Bott, surchargé par les livres et leurs odeurs si caractéristiques. Un effet qu’avait la grande majorité des librairies cela dit, surtout les plus anciennes, non affectées par ce que les moldus considéraient être de la modernité.
Ses pérégrinations la menèrent finalement devant une section bien particulière, où ses pas s’arrêtèrent pour contempler les reliures des ouvrages de langue. Une nouvelle langue, voilà ce qu’il lui fallait, se disait-elle, telle une toute nouvelle évidence.
Il était étrange pour une personne ayant tant de mal à s’exprimer parfois, d’avoir autant d’attrait pour les mots et les lettres inconnues. Mais la galloise n’y pouvait rien, cela faisait comme partie d’elle-même, et ce, depuis ces premières leçons de gallois et d’allemand. Peu importait à l’époque, que ce soit Morwen elle-même qui lui en faisait l’apprentissage ou de sévère tuteur. Pour apprendre à parler le dragon, il fallait bien en affronter quelques-uns sur le chemin – chose qu’elle avait davantage en poursuivant son apprentissage auprès de Krimrok et de tant autres figures éphémères de son propre univers.
Mais pour la première fois, elle se trouvait devant le choix du langage. Quelle serait donc le langage qui capturerait son intérêt pour les prochains mois, et les prochaines années ? Ses bras se croisèrent et se sourcils se froncèrent légèrement, tout en continuant sa réflexion contemplative.
J'espère que cela te convient, n'hésite pas à me dire s'il faut modifier quelque chose
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
Des ruines de Babel...
29 DÉCEMBRE 2049, AU MATIN
[23e Ποσειδεῶν, Olympiade 706-4]
Fleury et Bott, Chemin de Traverse
Iphis, 1ère année, 12 ans
Maïa, 44 ans
[23e Ποσειδεῶν, Olympiade 706-4]
Fleury et Bott, Chemin de Traverse
Iphis, 1ère année, 12 ans
Maïa, 44 ans
Depuis le voyage, les livres m’appellent. Ces noms encore opaques, croisés au cœur d’un musée, effleurés du bout de l’âme lors d’une étrange conversation, il me faut me les procurer. C’est une nécessité qui s’impose. Un besoin profond. Mes doigts tremblent d’impatience. L’attente est pourtant teintée d’appréhension : ouvrir des ouvrages m’étant encore étrangers est une aventure folle, une décision soudaine. Mais le monstre d’avidité qui se love en moi n’a de cesse de découvrir. Je me dois de le nourrir, de tenter en vain de le rassasier. Jamais il ne sera satisfait. Mes journées occupées par une douzaine d’heures de recherche se fondent en semaines, en mois puis en années, sans que mon désir ne faiblisse. La recherche de Sens est à jamais inachevée, d’où sa beauté. Elle ne peut me faillir, cette nécessité de plongeon vers le savoir, à travers le temps et l’espace. Je me livre toute entière à elle. Le Château tente parfois de m’en empêcher, mais le Château ne fait qu’essayer de me restreindre, et j’ai décidé il y a plusieurs mois déjà que je ne lui céderai jamais. Mes repas et mes pauses sont déjà dédiés à la recherche, à la lecture, à la création. Si je dois rester éveillée la nuit pour continuer à apprendre, je le ferai. Si je dois sacrifier les quelques instants de repos que je m’accorde durant la journée, je le ferai. Seuls mes résultats ne peuvent être délaissés au profit de la recherche, moins parce qu’ils m’importent —ce n’est pas le cas, ces notes me laissent souvent indifférente— que parce qu’être une élève parfaite est le meilleur moyen de ne pas être dérangée. D’être invisible, d’abord, puis d’être reconnue. Les professeurs sont toujours plus loquaces avec une personne qu’ils perçoivent comme étant investie et assidue, peu importe si leur cours me semble insupportable et inutile. Pour l’instant, entre toutes les sources auxquelles j’ai accès, je n’ai que rarement besoin de cet atout auprès des adultes. Mais le futur attend, et il contient des ouvrages plus complexes d’accès, des savoirs encore dissimulés.
Aujourd’hui, cependant, je me dirige vers des œuvres trouvables dans des sections d’une librairie banale. Elles n’ont pourtant rien de banal pour moi, tant elles représentent une avancée vers des univers entiers à appréhender. Ces derniers jours, mes pensées ne cessent de voguer vers les fragments de connaissance que je possède à leur sujet, si fugaces et inconstants. Ainsi, j’ai été particulièrement distraite. Pas lorsque je travaille, bien évidemment ; dans ces instants, rien ne peut me faire vaciller. Mais à table, près de ma famille, pendant des discussions, je divague plus encore que d’habitude. Face à ma soudaine obsession, Ma a d’elle-même proposé de m’emmener au Chemin. Je m’y rends si rarement, et crains son apparence lors des vacances hivernales. Mais elle souhaitait s’y rendre pour son travail, et je ne pouvais manquer l’opportunité de pénétrer dans une librairie.
À la porte, j’hésite. La Foule se presse dans les rues, attirée par le marché de Noël que j’ai vaguement aperçu. Si l’affluence de la boutique est similaire à ce flot incessant, je risque d’étouffer. Au final, Ma dépose sa main sur mon épaule et me fait signe d’entrer, et je ne peux qu’obéir. Le lieu est encombré, mais il l’est davantage par les livres que par les gens, ce qui est particulièrement agréable. La tension s’évanouit de mes épaules. En quelques secondes, je laisse Ma derrière moi et me dirige vers une section que j’avais aperçu lors de ma dernière visite, où s’entassent les ouvrages à propos des mythes et cultures. J’y saisis bien vite les œuvres qui m’intéressent, mon pouce caressant brièvement leur tranche. Edda de Snorri ; Edda poétique ; Cycle mythologique. D’autres attirent mon œil, le reste des Cycles celtiques, mais j’hésite à tout acheter d’un coup. Ils se trouvent sans doute à la Bibliothèque du Château, frustrante sur de nombreux points mais comportant tout de même des œuvres comme celles-ci. Les trois livres dénichés, je m’extirpe donc de ce rayonnage. Me mouvoir dans un lieu si encombré est complexe, une main occupée par les ouvrages, l’autre me soutenant grâce à ma canne. Mais si je reste ici, il me faudrait tout lire, tout noter, et je suis forcée d’admettre que ce n’est pas possible en cet instant. Un ordre doit être établi.
Vers la section linguistique, je retrouve ma mère. Elle me libère du poids des ouvrages, puis retourne à sa propre contemplation des titres. Mon regard dérive vers une autre femme, se tenant également dans cette section, puis glisse de nouveau vers Ma, qui semble hésiter devant divers titres. Je ne sais pas ce qu’elle cherche précisément, n’ayant pas pris le temps de m’en préoccuper plus tôt. Maintenant que les ouvrages tant cherchés sont à ma portée, je peux m’attarder sur sa propre quête.
« Que cherches-tu ? Runes, italien, arabe ou français ? » je souffle, à peu près certaine que Ma doit souhaiter approfondir une des langues qu’elle ne maitrise pas à la perfection. S’il s’agissait de notions complexes dans les langues déjà maitrisées, elle n’aurait pas à se rendre ici. La bibliothèque du Domaine comporte déjà de nombreuses œuvres avancées portant sur la linguistique, l’évolution ou les dialectes précis de ces langues là. Mais elle hausse les épaules, comme incertaine. Mon prochain murmure détourne donc le sujet vers mon propre cas, « Παρεμπιπτόντως, Mαμά*, penses-tu que je devrais débuter l’apprentissage des runes ? J’ai peur que cela me ralentisse pour les autres langues, peut-être qu’en ajouter une quatrième serait contre-productif... Mais je n’ai aucune envie d’attendre la troisième année pour suivre le cours. »
Depuis quelques instants, j’ai un morceau de culture nordique à ma disposition, les Eddas qui m’ont intriguée si soudainement. Peut-être le language devrait-il être découvert en même temps que la littérature. L’arabe aussi m’attire, tant mes origines sont teintées par cette langue ; et mon frère l’apprend, je le sais. Mais à ce rythme, je pourrais également commencer à lire un ouvrage sur l’hébreu. Et le Château, dans un de ses rares aspects positifs, propose de nous instruire à certaines langues magiques. Tout m’intrigue. Impossible de me satisfaire, j’aimerais découvrir tous les dialectes et langages de ce monde.
*“Au fait, Maman”
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De même, dis-moi si je dois modifier quoi que ce soit.
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De même, dis-moi si je dois modifier quoi que ce soit.
premier cycle
solit[air]e
solit[air]e
Des ruines de Babel...
Peut-être aurait-elle du pousser davantage sa réflexion avant de venir dans la boutique, pour ne pas perdre tant de temps. Au fil des années, la sorcière avait été confronté à plus d’une langue, certaines plus mystérieuses que d’autres, mais maintenant qu’elle avait le choix, tout lui semblait être inconnu. Elle se rappelait de ce vieux livre en sanskrit que son mentor lui avait confié, bien des années auparavant, qui avait été un véritable calvaire de traductions et de sortilèges, pour la galloise qui n’en connaissait un mot ou une lettre. Il y avait une multitude de langues et de dialectes associés à l’Inde qui devait être passionnant à étudier – mais il fallait être réaliste, cela deviendrait très vite limitant en terme de moyen d’apprentissage, en restant en Grande Bretagne. Une langue européenne serait plus simple.
Bien que concentrée dans son interrogatoire silencieux des oeuvres, Morgan n’en était pas non plus totalement ignorante des mouvements et des passages autour d’elle, bien au contraire – chaque distraction était bienvenue dans son indécision. Alors, lorsqu’une femme se joignit à elle dans la section des langues, suivit quelques minutes après par une jeune fille, la noiraude ne put s’empêcher de prêter attention à leur présence, et leurs paroles. La galloise ne comprit mot de certaines des paroles de l’enfant, mais il lui sembla reconnaitre une sonorité grec. Et ce qui la fit davantage tiquer ne fut pas ces mots inconnus, mais le « quatrième ». Trois langues à son âge… Enfin, Morgan ne pouvait pas juger cela, ayant elle-même eut de l’allemand, du gallois et des bases de latin relativement tôt dans sa vie – mais plutôt par obligation que de par sa propre initiative.
Bien que concentrée dans son interrogatoire silencieux des oeuvres, Morgan n’en était pas non plus totalement ignorante des mouvements et des passages autour d’elle, bien au contraire – chaque distraction était bienvenue dans son indécision. Alors, lorsqu’une femme se joignit à elle dans la section des langues, suivit quelques minutes après par une jeune fille, la noiraude ne put s’empêcher de prêter attention à leur présence, et leurs paroles. La galloise ne comprit mot de certaines des paroles de l’enfant, mais il lui sembla reconnaitre une sonorité grec. Et ce qui la fit davantage tiquer ne fut pas ces mots inconnus, mais le « quatrième ». Trois langues à son âge… Enfin, Morgan ne pouvait pas juger cela, ayant elle-même eut de l’allemand, du gallois et des bases de latin relativement tôt dans sa vie – mais plutôt par obligation que de par sa propre initiative.
mode espionne trop curieuse
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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