Les Vapeurs de Hangzhou
15 novembre 2048
Lina a 11 ans
Hangzhou est une ville en Chine, près de Shanghai. Il y a plus de mille ans, elle était la capitale de la Chine. Aujourd'hui, elle abrite de jolies pagodes qui bordent le lac Xihu, le Lac de l'Ouest, qui fait sa renommée. Le lac est si connu qu'il se trouve sur les billets de 1 yuan et est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est de là que sont originaires mes parents. Aussi incroyable que cela puisse être, ils se sont rencontrés à Londres, sans savoir qu'ils venaient de la même ville de l'autre bout du monde. Il faut dire qu'à leur époque, la région de Shanghai approchait les 100 millions d'habitants, et donc beaucoup de Shanghaïens quittaient parfois le pays pour gagner mieux leur vie ailleurs. C'est le choix qu'ont fait mes deux parents.
Mon père s'appelle Qian. Ça veut dire "beau" en mandarin. Ma mère dit qu'il était quand même plus beau quand il était plus jeune. Moi, j'en sais rien, j'ai l'impression qu'il n'a pas changé depuis que je suis toute petite.
À 20 ans, il a fini sa formation de cuisinier à Shanghai et trouvé un restaurant dans lequel il pouvait exercer son activité. De ce que me raconte mon père, le patron de son restaurant à Shanghai était un homme très directif qui ne voyait en la cuisine qu'un moyen d'amasser de l'argent. C'était un très bon homme d'affaire, mais il connaissait peu l'art culinaire et mon père ne s'entendait pas avec lui. Son travail le démoralisait.
Shanghai est une ville ouverte sur le monde. Elle attire de nombreux touristes qui viennent d'ailleurs que l'Asie. Le restaurant dans lequel travaillait mon père accueillait souvent des européens en quête d'une expérience originale dans leurs voyages. Une occasion d'essayer la nourriture locale. La cuisine de mon père plaisait à ces étrangers. Il s'adaptait à ce public en épiçant moins les plats, et les européens aimaient cette attention. Il arrivait régulièrement qu'ils revenaient dans les jours qui suivaient pour tester une autre recette du menu.
Un jour, un anglais qui était déjà venu la veille et avait sympathisé avec mon père l'a vu fatigué et démoralisé par les conditions de travail dans lesquels il exerçait. Alors, il lui a dit :
— Vous feriez un tabac en vous installant à Londres. Votre nourriture est bonne, et les conditions de travail seraient sûrement meilleures.
Mon père n'y a accordé que très peu d'importance sur le coup, mais en y repensant plus tard, il a eu le déclic qui a changé sa vie. Il fallait qu'il déménage à Londres, coûte que coûte. Il a travaillé très dur pour se payer des billets d'avion et de quoi commencer sa vie sereinement. Ses parents, mes grands-parents, l'ont aussi beaucoup aidé financièrement. Il leur est très redevable, et encore aujourd'hui, il leur envoie une partie de ses bénéfices pour les remercier de leur sacrifice. C'est ainsi qu'à 22 ans, en 2032, il est arrivé à Londres et a ouvert son propre restaurant, les Vapeurs de Hangzhou.
2è année RP
Lina a 11 ans
Hangzhou est une ville en Chine, près de Shanghai. Il y a plus de mille ans, elle était la capitale de la Chine. Aujourd'hui, elle abrite de jolies pagodes qui bordent le lac Xihu, le Lac de l'Ouest, qui fait sa renommée. Le lac est si connu qu'il se trouve sur les billets de 1 yuan et est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est de là que sont originaires mes parents. Aussi incroyable que cela puisse être, ils se sont rencontrés à Londres, sans savoir qu'ils venaient de la même ville de l'autre bout du monde. Il faut dire qu'à leur époque, la région de Shanghai approchait les 100 millions d'habitants, et donc beaucoup de Shanghaïens quittaient parfois le pays pour gagner mieux leur vie ailleurs. C'est le choix qu'ont fait mes deux parents.
Mon père s'appelle Qian. Ça veut dire "beau" en mandarin. Ma mère dit qu'il était quand même plus beau quand il était plus jeune. Moi, j'en sais rien, j'ai l'impression qu'il n'a pas changé depuis que je suis toute petite.
À 20 ans, il a fini sa formation de cuisinier à Shanghai et trouvé un restaurant dans lequel il pouvait exercer son activité. De ce que me raconte mon père, le patron de son restaurant à Shanghai était un homme très directif qui ne voyait en la cuisine qu'un moyen d'amasser de l'argent. C'était un très bon homme d'affaire, mais il connaissait peu l'art culinaire et mon père ne s'entendait pas avec lui. Son travail le démoralisait.
Shanghai est une ville ouverte sur le monde. Elle attire de nombreux touristes qui viennent d'ailleurs que l'Asie. Le restaurant dans lequel travaillait mon père accueillait souvent des européens en quête d'une expérience originale dans leurs voyages. Une occasion d'essayer la nourriture locale. La cuisine de mon père plaisait à ces étrangers. Il s'adaptait à ce public en épiçant moins les plats, et les européens aimaient cette attention. Il arrivait régulièrement qu'ils revenaient dans les jours qui suivaient pour tester une autre recette du menu.
Un jour, un anglais qui était déjà venu la veille et avait sympathisé avec mon père l'a vu fatigué et démoralisé par les conditions de travail dans lesquels il exerçait. Alors, il lui a dit :
— Vous feriez un tabac en vous installant à Londres. Votre nourriture est bonne, et les conditions de travail seraient sûrement meilleures.
Mon père n'y a accordé que très peu d'importance sur le coup, mais en y repensant plus tard, il a eu le déclic qui a changé sa vie. Il fallait qu'il déménage à Londres, coûte que coûte. Il a travaillé très dur pour se payer des billets d'avion et de quoi commencer sa vie sereinement. Ses parents, mes grands-parents, l'ont aussi beaucoup aidé financièrement. Il leur est très redevable, et encore aujourd'hui, il leur envoie une partie de ses bénéfices pour les remercier de leur sacrifice. C'est ainsi qu'à 22 ans, en 2032, il est arrivé à Londres et a ouvert son propre restaurant, les Vapeurs de Hangzhou.
Dernière modification par Lina Zhao le 2 juin 2024, 13:24, modifié 2 fois.
2è année RP
Les Vapeurs de Hangzhou
Ma mère s'appelle Jing. C'est un joli prénom qui veut dire "la paix" ou "le calme". Mon père dit que plus jeune, elle était tout sauf calme. Moi, j'en sais rien, mais je trouve qu'aujourd'hui, ce prénom lui va plutôt bien. Ma mère est toujours celle qui va apporter une dose de tranquillité et d'amour quand les choses ne vont pas bien au restaurant ou dans notre foyer. Elle est la seule qui sache calmer mon père quand il est énervé, et même quand elle n'est pas contente après moi, ses remontrances restent des caresses qui laissent transparaître toute la tendresse qu'elle ressent pour moi. Mon père dit souvent qu'elle n'est pas assez dure avec moi. C'est vrai que lui, il s'énerve plutôt fort parfois. Mais moi, je préfère qu'elle me gronde avec gentillesse. Dans tous les cas, même si elle n'est jamais en colère, je n'aime pas la décevoir et savoir que j'ai jeté un caillou dans le lac si calme qui forme son cœur.
Elle aussi vient de Shanghai. Elle n'était pas destinée à devenir la serveuse que tout le monde aime aujourd'hui. Elle se destinait plutôt à devenir une incroyable médecin. Après avoir passé son Gaokao, l'examen chinois qui donne accès aux études supérieurs, elle a demandé à étudier à l'étranger. Ma mère dit qu'elle voulait découvrir le monde et obtenir une éducation qui ne soit pas uniquement celle donnée par la Chine. Ses parents, mes grands-parents aussi, qui sont des personnes aisées ayant profité de bonnes positions au sein de la société chinoise, ont été très réticents. Mais ma mère n'a jamais abandonné son rêve d'une vie plus occidentale, et mes grands-parents ont fini par lui accorder cette faveur. Ils ne lui ont payé que le billet d'avion, sa première année et de quoi survivre les premiers jours. C'est ainsi, un peu perdue, qu'elle est arrivée à Londres aux environs de ses 19 ans.
Très vite, il a fallu qu'elle trouve un emploi pour pouvoir vivre et économiser pour payer les années d'études qui suivraient. L'université en Angleterre, c'est cher. Et ça, mes parents me le disent souvent. Ma mère a donc cherché du travail accessible pour une jeune chinoise n'ayant que l'équivalent du A-level. Naturellement, elle s'est tournée vers les épiceries et les restaurants asiatiques, où elle retrouvait un peu le confort de ce qu'elle connaissait. Après du temps à avoir cherché, elle a trouvé un poste de serveuse dans un restaurant tout neuf qui venait d'ouvrir et remplacer un fast-food de burger, au 22 Bateman Street, en plein cœur de Londres, et qui portait le nom d'une ville pas loin de chez elle : les Vapeurs de Hangzhou.
2è année RP
Elle aussi vient de Shanghai. Elle n'était pas destinée à devenir la serveuse que tout le monde aime aujourd'hui. Elle se destinait plutôt à devenir une incroyable médecin. Après avoir passé son Gaokao, l'examen chinois qui donne accès aux études supérieurs, elle a demandé à étudier à l'étranger. Ma mère dit qu'elle voulait découvrir le monde et obtenir une éducation qui ne soit pas uniquement celle donnée par la Chine. Ses parents, mes grands-parents aussi, qui sont des personnes aisées ayant profité de bonnes positions au sein de la société chinoise, ont été très réticents. Mais ma mère n'a jamais abandonné son rêve d'une vie plus occidentale, et mes grands-parents ont fini par lui accorder cette faveur. Ils ne lui ont payé que le billet d'avion, sa première année et de quoi survivre les premiers jours. C'est ainsi, un peu perdue, qu'elle est arrivée à Londres aux environs de ses 19 ans.
Très vite, il a fallu qu'elle trouve un emploi pour pouvoir vivre et économiser pour payer les années d'études qui suivraient. L'université en Angleterre, c'est cher. Et ça, mes parents me le disent souvent. Ma mère a donc cherché du travail accessible pour une jeune chinoise n'ayant que l'équivalent du A-level. Naturellement, elle s'est tournée vers les épiceries et les restaurants asiatiques, où elle retrouvait un peu le confort de ce qu'elle connaissait. Après du temps à avoir cherché, elle a trouvé un poste de serveuse dans un restaurant tout neuf qui venait d'ouvrir et remplacer un fast-food de burger, au 22 Bateman Street, en plein cœur de Londres, et qui portait le nom d'une ville pas loin de chez elle : les Vapeurs de Hangzhou.
2è année RP
Les Vapeurs de Hangzhou
Ma mère a intégré le restaurant en tant que serveuse. C'était une serveuse très dynamique, qui avait de l'énergie à revendre. C'est sans doute pour cette raison que mon père dit qu'elle n'était pas calme. Comme elle étudiait en journée, ma mère ne pouvait que travailler le soir. Mon père dit qu'il voyait la différence quand elle était là. Sa présence illuminait le restaurant de son énergie. Elle était pour lui une aide précieuse dans son entreprise qui ne faisait que naître. Il dit aussi que les autres serveurs peinaient à être meilleurs que ma mère. Mais cette activité était une contrainte pour ses études. Elle appréciait servir les Vapeurs de Hangzhou, mais c'était au détriment de ses résultats universitaires. Un jour, elle a été totalement dépassée, et elle a donné sa démission auprès de mon père.
Mon père a été attristée par la lettre de ma mère qui lui disait ne plus vouloir venir au restaurant. Depuis ces quelques mois, ils avaient développé une amitié et une complicité qui leur était propre. Leur duo semblait inséparable et fidélisait les clients du restaurant qui trouvait en eux une stabilité forte et agréable. Mon père ne voulait pas perdre sa meilleure serveuse aussi facilement. Alors, il est allé chez elle un soir, pour discuter. Ma mère lui a expliqué la difficulté de ses études, la peine qu'elle éprouvait à cumuler son travail avec la médecine, ses notes qui dégringolaient, sa fatigue qui s'accroissait. Elle était dans le dilemme le plus dur de sa vie : arrêter ses études, décevoir ses parents et ne pas savoir quoi faire ensuite ; ou arrêter de travailler pour continuer ses études, et ne pas pouvoir faire de deuxième année par manque d'argent. Tous les chemins menaient à l'abandon de ses études. Mon père lui dit alors :
— Continue tes études, je t'aiderai comme je peux pour te les financer. Quand tu peux, viens m'aider au restaurant. Mais reste focalisée sur tes études, un jour tu seras un médecin fantastique.
Alors, tous les jours qui ont suivi, ma mère restait à étudier le soir. Tous les jours, après son service, mon père apportait les restes de la journée pour les offrir à ma mère, et ils mangeaient ensemble. Leur vie était faite de simplicités, ils étaient contents de continuer à se retrouver tous les jours. Ils étaient heureux.
À la fin de l'année, ma mère a échoué aux examens lui permettant l'accès à la deuxième année. Mon père est peut-être bon pour rassurer les gens, mais c'est un très mauvais prophète. Ma mère ne sera jamais un médecin fantastique. Alors, il lui proposa une place à plein temps dans son restaurant. Et comme ils s'aimaient, ils ont emménagé ensemble. Leur bonheur a pu perdurer.
Quatre ans plus tard, le 15 novembre 2037 est le jour où je suis née. Je m'appelle Lina, ça veut dire "beauté précieuse". Et franchement, j'aurais préféré que ça veuille dire "ninja invincible" ou "tornade de l'extrême". En mandarin, mon prénom s'écrit 莉娜. Le premier caractère, 莉, signifie "Jasmin", et a la même prononciation que le mot Lì 力, la "force". C'est pourquoi, quand j'étais plus petite, j'avais demandé la réécriture de mon nom en 力娜. Mais mes parents ont refusé. Parce que, je cite :
— Ce n'est pas un prénom, ça ne veut rien dire, ma chérie.
— Mais ça se prononce exactement pareil, maman ! Et ça me convient mieux !
— Ne dis pas de sottise, Lina. Ton prénom est très joli comme ça, tout comme toi.
— D'accord, papa...
Mais moi, je m'en fiche d'être jolie !
Aujourd'hui, plusieurs années plus tard, je m'en fiche toujours d'être jolie. Si mes parents ne m'attrapent pas avant que je parte à l'école, j'y vais les cheveux en pétard, et ça ne me gêne pas. Sauf quand il faut démêler le sac de nœuds qu'ils sont devenus le soir.
Aujourd'hui, les gens continuent de m'appeler Lina. On est le 15 novembre 2048, j'ai 11 ans, et c'est mon anniversaire.
2è année RP
Mon père a été attristée par la lettre de ma mère qui lui disait ne plus vouloir venir au restaurant. Depuis ces quelques mois, ils avaient développé une amitié et une complicité qui leur était propre. Leur duo semblait inséparable et fidélisait les clients du restaurant qui trouvait en eux une stabilité forte et agréable. Mon père ne voulait pas perdre sa meilleure serveuse aussi facilement. Alors, il est allé chez elle un soir, pour discuter. Ma mère lui a expliqué la difficulté de ses études, la peine qu'elle éprouvait à cumuler son travail avec la médecine, ses notes qui dégringolaient, sa fatigue qui s'accroissait. Elle était dans le dilemme le plus dur de sa vie : arrêter ses études, décevoir ses parents et ne pas savoir quoi faire ensuite ; ou arrêter de travailler pour continuer ses études, et ne pas pouvoir faire de deuxième année par manque d'argent. Tous les chemins menaient à l'abandon de ses études. Mon père lui dit alors :
— Continue tes études, je t'aiderai comme je peux pour te les financer. Quand tu peux, viens m'aider au restaurant. Mais reste focalisée sur tes études, un jour tu seras un médecin fantastique.
Alors, tous les jours qui ont suivi, ma mère restait à étudier le soir. Tous les jours, après son service, mon père apportait les restes de la journée pour les offrir à ma mère, et ils mangeaient ensemble. Leur vie était faite de simplicités, ils étaient contents de continuer à se retrouver tous les jours. Ils étaient heureux.
À la fin de l'année, ma mère a échoué aux examens lui permettant l'accès à la deuxième année. Mon père est peut-être bon pour rassurer les gens, mais c'est un très mauvais prophète. Ma mère ne sera jamais un médecin fantastique. Alors, il lui proposa une place à plein temps dans son restaurant. Et comme ils s'aimaient, ils ont emménagé ensemble. Leur bonheur a pu perdurer.
Quatre ans plus tard, le 15 novembre 2037 est le jour où je suis née. Je m'appelle Lina, ça veut dire "beauté précieuse". Et franchement, j'aurais préféré que ça veuille dire "ninja invincible" ou "tornade de l'extrême". En mandarin, mon prénom s'écrit 莉娜. Le premier caractère, 莉, signifie "Jasmin", et a la même prononciation que le mot Lì 力, la "force". C'est pourquoi, quand j'étais plus petite, j'avais demandé la réécriture de mon nom en 力娜. Mais mes parents ont refusé. Parce que, je cite :
— Ce n'est pas un prénom, ça ne veut rien dire, ma chérie.
— Mais ça se prononce exactement pareil, maman ! Et ça me convient mieux !
— Ne dis pas de sottise, Lina. Ton prénom est très joli comme ça, tout comme toi.
— D'accord, papa...
Mais moi, je m'en fiche d'être jolie !
Aujourd'hui, plusieurs années plus tard, je m'en fiche toujours d'être jolie. Si mes parents ne m'attrapent pas avant que je parte à l'école, j'y vais les cheveux en pétard, et ça ne me gêne pas. Sauf quand il faut démêler le sac de nœuds qu'ils sont devenus le soir.
Aujourd'hui, les gens continuent de m'appeler Lina. On est le 15 novembre 2048, j'ai 11 ans, et c'est mon anniversaire.
2è année RP
Les Vapeurs de Hangzhou
Les Xiao Long Bao sont des raviolis typiques de la ville de Nanxiang, une ville voisine de Shanghai. Pour les préparer, il faut de la poitrine de porc, des légumes (mon père met de la ciboule et du gingembre) et un bouillon soigneusement confectionné. Ce bouillon est fait à base des mêmes légumes et des os de porc qu'il reste. Il est ensuite gélifié et mélangé à la farce. Lors que les bao sont farcis, puis cuits, la soupe gélifiée se liquéfie à nouveau pour envelopper la farce de ses saveurs. Ce mode de confection vaut à ces raviolis le surnom de boulettes de soupe auprès des européens qui côtoient notre restaurant. J'aime beaucoup les Xiao Long Bao, ceux de mon père ont beaucoup de goût. Leur odeur de légumes vapeurs et de bouillon parfume les pièces de l'établissement jusqu'à l'étage où se situent nos appartements. J'aime cette odeur... sauf à huit heures du matin, lorsque je viens de me réveiller. Je n'ai même pas mangé mon petit-déjeuner que j'ai déjà des odeurs de légumes dans le nez. Merci papa.
Je descends dans le restaurant pour avaler en vitesse un bol de céréales. Il est déjà prêt, posé sur la table, laissé par ma mère. On est dimanche, mais mon père est déjà en cuisine pour préparer le service du midi. Il travaille beaucoup. Tous les jours, même. Il dit que c'est comme ça que le restaurant tient debout.
Nous sommes situés en plein cœur du quartier de Soho, proche du Chinatown londonnien. C'est un quartier très dynamique avec beaucoup de monde, mais il y a aussi beaucoup d'autres restaurants et bars. Les Vapeurs de Hangzhou a beau être un bon restaurant, il reste situé à Bateman Street : une petite rue moins passante que les autres. La concurrence est rude, mais mes parents ont réussi à fidéliser quelques clients. J'en connais certains, qui me parlent comme une petite fille de la famille.
— Qu'est-ce que tu grandis vite, Lina !
Si mon père arrivait à attirer la population européenne à Shanghai, c'est la population chinoise qu'il attire ici à Londres. Le monde est parfois si illogique.
Ma mère, quant à elle, ne travaille pas. Comme je n'ai pas école, elle a tenu à garder ses weekends pour me tenir compagnie. D'ailleurs, la voici qui arrive dans la pièce du restaurant.
— Bon anniversaire, ma chérie.
Elle dépose un baiser sur mon front alors que je fais atterrir ma cuillère dans mon océan de céréales. Elle enchaîne tout de suite.
— Tu ferais bien de te dépêcher, tu vas encore être en retard.
— Je me dépêche, réponds-je la bouche pleine.
Et oui, même pour moi, les dimanches ne sont pas un jour de repos, et mon anniversaire ne fait pas exception. A neuf heures pétantes, j'ai mon cours de violon avec madame Stewart.
Madame Stewart est très jeune. Elle a de jolis cheveux blonds très soignés. Tout l'inverse des miens. Elle fait du violon depuis qu'elle a sept ans. Mais professeur de violon, ce n'est pas son métier. Son métier, c'est d'être étudiante en droit. Enfin... elle apprend son futur métier d'avocate. Pour payer ses études, elle donne des cours de violon. Je l'aime beaucoup madame Stewart, elle est très gentille et elle aime bien rigoler avec moi. Parfois, elle me donne des bonbons à la fin des cours, et ça j'aime bien.
Mais je n'ai pas toujours eu madame Stewart comme professeure de violon. Quand elle n'était pas encore étudiante, j'avais un autre professeur. Je fais du violon depuis mes neuf ans. Ça va faire bientôt deux années, et je progresse bien.
— Lina !
Ça, c'est encore ma mère. Elle veut que je me dépêche. Et elle a raison, ça fait cinq minutes que j'ai les yeux fixés sur la télévision du restaurant, la cuillère dans la bouche. J'engouffre le reste des céréales et cours m'habiller. Je récupère mon violon et ma pochette de partitions et rejoins ma mère.
— Tu ne t'es encore une fois pas brossé les cheveux... Râle ma mère.
Mais nous n'avons plus le temps, alors elle me fait signe de l'accompagner. Nous sortons du restaurant.
— J'espère au moins que tu t'es lavé les dents.
— Bien sûr !
... que non !
— Lina...
Ma mère me connaît trop bien.
2è année RP
Je descends dans le restaurant pour avaler en vitesse un bol de céréales. Il est déjà prêt, posé sur la table, laissé par ma mère. On est dimanche, mais mon père est déjà en cuisine pour préparer le service du midi. Il travaille beaucoup. Tous les jours, même. Il dit que c'est comme ça que le restaurant tient debout.
Nous sommes situés en plein cœur du quartier de Soho, proche du Chinatown londonnien. C'est un quartier très dynamique avec beaucoup de monde, mais il y a aussi beaucoup d'autres restaurants et bars. Les Vapeurs de Hangzhou a beau être un bon restaurant, il reste situé à Bateman Street : une petite rue moins passante que les autres. La concurrence est rude, mais mes parents ont réussi à fidéliser quelques clients. J'en connais certains, qui me parlent comme une petite fille de la famille.
— Qu'est-ce que tu grandis vite, Lina !
Si mon père arrivait à attirer la population européenne à Shanghai, c'est la population chinoise qu'il attire ici à Londres. Le monde est parfois si illogique.
Ma mère, quant à elle, ne travaille pas. Comme je n'ai pas école, elle a tenu à garder ses weekends pour me tenir compagnie. D'ailleurs, la voici qui arrive dans la pièce du restaurant.
— Bon anniversaire, ma chérie.
Elle dépose un baiser sur mon front alors que je fais atterrir ma cuillère dans mon océan de céréales. Elle enchaîne tout de suite.
— Tu ferais bien de te dépêcher, tu vas encore être en retard.
— Je me dépêche, réponds-je la bouche pleine.
Et oui, même pour moi, les dimanches ne sont pas un jour de repos, et mon anniversaire ne fait pas exception. A neuf heures pétantes, j'ai mon cours de violon avec madame Stewart.
Madame Stewart est très jeune. Elle a de jolis cheveux blonds très soignés. Tout l'inverse des miens. Elle fait du violon depuis qu'elle a sept ans. Mais professeur de violon, ce n'est pas son métier. Son métier, c'est d'être étudiante en droit. Enfin... elle apprend son futur métier d'avocate. Pour payer ses études, elle donne des cours de violon. Je l'aime beaucoup madame Stewart, elle est très gentille et elle aime bien rigoler avec moi. Parfois, elle me donne des bonbons à la fin des cours, et ça j'aime bien.
Mais je n'ai pas toujours eu madame Stewart comme professeure de violon. Quand elle n'était pas encore étudiante, j'avais un autre professeur. Je fais du violon depuis mes neuf ans. Ça va faire bientôt deux années, et je progresse bien.
— Lina !
Ça, c'est encore ma mère. Elle veut que je me dépêche. Et elle a raison, ça fait cinq minutes que j'ai les yeux fixés sur la télévision du restaurant, la cuillère dans la bouche. J'engouffre le reste des céréales et cours m'habiller. Je récupère mon violon et ma pochette de partitions et rejoins ma mère.
— Tu ne t'es encore une fois pas brossé les cheveux... Râle ma mère.
Mais nous n'avons plus le temps, alors elle me fait signe de l'accompagner. Nous sortons du restaurant.
— J'espère au moins que tu t'es lavé les dents.
— Bien sûr !
... que non !
— Lina...
Ma mère me connaît trop bien.
2è année RP
Les Vapeurs de Hangzhou
Vous n'aimez pas la sensation des dents qui collent ? Moi, j'aime beaucoup. Parce que ça veut dire que j'ai eu le droit à des sucreries, et j'aime beaucoup ça, les sucreries. Madame Stewart m'a donné une sucette au cola pour mon anniversaire, et je n'ai pas attendu de repartir avec ma mère pour l'ouvrir et l'enfourner dans ma bouche. J'aimais déjà beaucoup madame Stewart, mais maintenant, je l'aime encore plus. Mon admiration s'achète assez facilement. Mais ça ne fait pas très plaisir à mes parents que je mange trop de sucre. Ma mère dit que je vais tomber malade plus tard si je continue à trop en manger. Mon père m'interdit d'en consommer de trop. J'y ai quand même le droit à quelques occasions particulières, comme aujourd'hui. Je profite donc de ce goût qui m'est cher. Même après avoir croqué dans le bonbon, je continue de passer ma langue sur mes molaires pour profiter des morceaux de cristaux accrochés à mes dents. Ça fond toujours trop vite.
Parmi les autres exceptions auxquelles j'ai le droit le jour de mon anniversaire, il y a les hamburgers ! Mes parents n'aiment pas beaucoup manger à l'extérieur : ils trouvent ça cher. Moi, je trouve que c'est aussi cher que dans notre restaurant, sauf que nous, on ne paye pas dans notre restaurant. Mes parents disent que mon père cuisine quand même mieux. Je suis d'accord, mais je serais encore plus d'accord si mon père faisait aussi des hamburgers !
Aujourd'hui, ma mère m'a emmenée dans un burger shop près du Jubilee Gardens. C'est un très joli parc au bord de la Tamise, au pied du London Eye, ce manège en forme de roue immense qui permet de voir la ville depuis les hauteurs. J'ai toujours rêvé de monter dedans, mais mes parents disent que cela ne vaut pas le coup, et que c'est surtout un attrape-touriste. Le monde d'adulte n'est quand même pas très amusant, tout est question d'argent ou d'intérêt. Moi, je pense que tous les plaisirs sont bons à prendre, c'est pour ça que j'aime tant les bonbons de madame Stewart.
— Maman, tu pourras demander à papa de m'apprendre à faire des hamburgers ? Quand je serai grande et que j'aurai mon émission de cuisine, je pourrai apprendre à tout le monde comment en faire !
Quand je parle de ce que je veux et vais faire plus tard, j'ai l'impression que ça amuse beaucoup ma mère. Je sais ce que pensent mes parents : ils veulent que je fasse un vrai métier, et que présentatrice télé n'est qu'un rêve d'enfant. Pourtant, du haut de mes onze ans, je suis très sérieuse, et prend cette ambition beaucoup à cœur.
— Je lui dirai, me dit-elle enfin.
2è année RP
Parmi les autres exceptions auxquelles j'ai le droit le jour de mon anniversaire, il y a les hamburgers ! Mes parents n'aiment pas beaucoup manger à l'extérieur : ils trouvent ça cher. Moi, je trouve que c'est aussi cher que dans notre restaurant, sauf que nous, on ne paye pas dans notre restaurant. Mes parents disent que mon père cuisine quand même mieux. Je suis d'accord, mais je serais encore plus d'accord si mon père faisait aussi des hamburgers !
Aujourd'hui, ma mère m'a emmenée dans un burger shop près du Jubilee Gardens. C'est un très joli parc au bord de la Tamise, au pied du London Eye, ce manège en forme de roue immense qui permet de voir la ville depuis les hauteurs. J'ai toujours rêvé de monter dedans, mais mes parents disent que cela ne vaut pas le coup, et que c'est surtout un attrape-touriste. Le monde d'adulte n'est quand même pas très amusant, tout est question d'argent ou d'intérêt. Moi, je pense que tous les plaisirs sont bons à prendre, c'est pour ça que j'aime tant les bonbons de madame Stewart.
— Maman, tu pourras demander à papa de m'apprendre à faire des hamburgers ? Quand je serai grande et que j'aurai mon émission de cuisine, je pourrai apprendre à tout le monde comment en faire !
Quand je parle de ce que je veux et vais faire plus tard, j'ai l'impression que ça amuse beaucoup ma mère. Je sais ce que pensent mes parents : ils veulent que je fasse un vrai métier, et que présentatrice télé n'est qu'un rêve d'enfant. Pourtant, du haut de mes onze ans, je suis très sérieuse, et prend cette ambition beaucoup à cœur.
— Je lui dirai, me dit-elle enfin.
2è année RP
Les Vapeurs de Hangzhou
Ma mère m'a baladée un peu partout dans Londres, cet après-midi. On aurait dit qu'elle avait encore moins envie que moi de rentrer à la maison. J'aime bien bouger, alors je ne m'en plains pas, mais je commence tout de même à avoir mal aux pieds à force de les traîner sur le goudron.
— Maman, tu peux me porter, j'ai vraiment mal aux pieds !
— On est bientôt rentrées, tu ne reconnais pas le quartier ?
Si, mais c'est encore loin la rue d'à-côté...
On arrive enfin au restaurant, ma mère me tient alors la porte pour que je puisse rentrer. Je traîne alors les pieds de manière exagérée, pour bien montrer à mon père que l'on a beaucoup marché et que je suis fatiguée. Mais alors que je pensais retrouver mon père dans le restaurant, je le vois accompagné. Il y a des invités, je reconnais Suzanne, ma meilleure amie, et ses parents.
— Mǎ1 !
Ni une ni deux, je cours vers elle pour la saluer. Ma mère ne peut retenir une remarque sur le fait que je n'avais soudainement plus mal aux jambes. C'est pourtant bien vrai, Mǎ m'a guérie ! Elle me tend alors un paquet cadeau que je récupère. Je la remercie d'une accolade. Je me tourne vers mes parents.
— Je peux l'ouvrir maintenant ?
— Lina...
Je connaissais bien évidemment la réponse. Il y a une étiquette en Chine qui veut que l'on ouvre les cadeaux une fois que les invités sont partis. D'après mes parents, c'est parce que l'on doit accorder plus d'importance aux invités qu'à ce qu'ils nous ont ramenés. Mais moi, j'ai tellement hâte de voir ce que mon amie m'a offert ! Au lieu de ça, mon père me tend à son tour un paquet.
— On a reçu ça pour toi, ce sont tes grands parents qui te l'ont envoyés.
Je récupère alors le carton. Il vient de loin, et je le reconnais à tous les tampons et timbres qu'il y a dessus. Je n'ai vu mes grands-parents qu'à travers les appels vidéos que je fais avec mes parents à côté. Ça me rend triste de ne pas pouvoir leur parler pour de vrai et de ne les avoir jamais vus. Les parents de mon père sont si gentils et attentionnés. Même à travers l'écran du téléphone et les 9200 kilomètres qui nous séparent, j'arrive à ressentir l'amour qu'ils ont pour nous. Alors, je sais déjà que leur cadeau sera le plus beau. N'en déplaise à Mǎ.
Ding ding !
Je connais ce son de cloche par cœur. Ça veut soit dire que quelqu'un est entré dans le restaurant, soit que quelqu'un en sort. En l'occurrence, ce sont Mǎ et ses parents qui repartent. Le tintement annonce pour moi le début de la course : je salue encore de loin Mǎ qui s'en va, et je sprinte illico presto en direction de mes cadeaux, manquant de renverser une chaise sur le passage sous le râle rauque de mon père.
Le paquet de Mǎ contenait du matériel de dessin. De nouveaux feutres et crayons de couleurs, j'avais tout ce qu'il me fallait pour faire les plus belles oeuvres d'art de toute l'Angleterre. Ma meilleure amie me connaissait beaucoup, et elle savait que cela me plairait énormément.
Je vais lui faire un dessin pour demain !
Mais avant ça, j'avais un autre coli à ouvrir. De toutes mes forces, j'arrachais les bouts de rubans adhésifs et le carton qui m'empêchait d'accéder à mon précieux cadeau. Une fois en mille morceaux, je découvrit alors son contenu. Il y avait dans le coli un petit dragon rouge en peluche. Autour de son cou, une petite carte manuscrite qui commençait par « 我们的小莉娜... », notre petite Lina. Il ne fallut pas une seconde de plus pour hisser la nouvelle mascotte au rang de peluche préférée.
Avec ta petite tête rouge d'amour, je vais t'appeler Xinlian2 !

____________________
1 Lire Soho good to learn pour comprendre.
2 心脸 : mot composé de coeur (xin) et visage (lian). Se prononce Shin-lièn [ɕi(n)li̯ɛn].
2è année RP
— Maman, tu peux me porter, j'ai vraiment mal aux pieds !
— On est bientôt rentrées, tu ne reconnais pas le quartier ?
Si, mais c'est encore loin la rue d'à-côté...
On arrive enfin au restaurant, ma mère me tient alors la porte pour que je puisse rentrer. Je traîne alors les pieds de manière exagérée, pour bien montrer à mon père que l'on a beaucoup marché et que je suis fatiguée. Mais alors que je pensais retrouver mon père dans le restaurant, je le vois accompagné. Il y a des invités, je reconnais Suzanne, ma meilleure amie, et ses parents.
— Mǎ1 !
Ni une ni deux, je cours vers elle pour la saluer. Ma mère ne peut retenir une remarque sur le fait que je n'avais soudainement plus mal aux jambes. C'est pourtant bien vrai, Mǎ m'a guérie ! Elle me tend alors un paquet cadeau que je récupère. Je la remercie d'une accolade. Je me tourne vers mes parents.
— Je peux l'ouvrir maintenant ?
— Lina...
Je connaissais bien évidemment la réponse. Il y a une étiquette en Chine qui veut que l'on ouvre les cadeaux une fois que les invités sont partis. D'après mes parents, c'est parce que l'on doit accorder plus d'importance aux invités qu'à ce qu'ils nous ont ramenés. Mais moi, j'ai tellement hâte de voir ce que mon amie m'a offert ! Au lieu de ça, mon père me tend à son tour un paquet.
— On a reçu ça pour toi, ce sont tes grands parents qui te l'ont envoyés.
Je récupère alors le carton. Il vient de loin, et je le reconnais à tous les tampons et timbres qu'il y a dessus. Je n'ai vu mes grands-parents qu'à travers les appels vidéos que je fais avec mes parents à côté. Ça me rend triste de ne pas pouvoir leur parler pour de vrai et de ne les avoir jamais vus. Les parents de mon père sont si gentils et attentionnés. Même à travers l'écran du téléphone et les 9200 kilomètres qui nous séparent, j'arrive à ressentir l'amour qu'ils ont pour nous. Alors, je sais déjà que leur cadeau sera le plus beau. N'en déplaise à Mǎ.
Ding ding !
Je connais ce son de cloche par cœur. Ça veut soit dire que quelqu'un est entré dans le restaurant, soit que quelqu'un en sort. En l'occurrence, ce sont Mǎ et ses parents qui repartent. Le tintement annonce pour moi le début de la course : je salue encore de loin Mǎ qui s'en va, et je sprinte illico presto en direction de mes cadeaux, manquant de renverser une chaise sur le passage sous le râle rauque de mon père.
Le paquet de Mǎ contenait du matériel de dessin. De nouveaux feutres et crayons de couleurs, j'avais tout ce qu'il me fallait pour faire les plus belles oeuvres d'art de toute l'Angleterre. Ma meilleure amie me connaissait beaucoup, et elle savait que cela me plairait énormément.
Je vais lui faire un dessin pour demain !
Mais avant ça, j'avais un autre coli à ouvrir. De toutes mes forces, j'arrachais les bouts de rubans adhésifs et le carton qui m'empêchait d'accéder à mon précieux cadeau. Une fois en mille morceaux, je découvrit alors son contenu. Il y avait dans le coli un petit dragon rouge en peluche. Autour de son cou, une petite carte manuscrite qui commençait par « 我们的小莉娜... », notre petite Lina. Il ne fallut pas une seconde de plus pour hisser la nouvelle mascotte au rang de peluche préférée.
Avec ta petite tête rouge d'amour, je vais t'appeler Xinlian2 !

____________________
1 Lire Soho good to learn pour comprendre.
2 心脸 : mot composé de coeur (xin) et visage (lian). Se prononce Shin-lièn [ɕi(n)li̯ɛn].
2è année RP