Premiers battements d'ailes
D’aussi loin que remontaient ses souvenirs, Ernest n’avait jamais montré d’intérêt particulier pour le vol. Et s’il était fasciné par toutes les possibilités qu’offrait la magie, celle de voler n’en faisait pas partie. Pas comme ça en tout cas. Pas sur un vieux manche à balai aussi fragile et cassant qu’une vieille branche d’arbre. Sur un dragon ou un hippogriffe à la limite. Mais ça, ça restait du domaine du fantasme. À Londres de toute façon, personne ne se déplaçait en balai. Il y avait les réseaux de cheminette, les portoloins et le transplanage. Issu d’une famille mixte sorcière et moldue, son moyen de transport privilégié restait encore le bus ou le métro. C’est donc sans beaucoup d’enthousiasme que le gamin s’était mis en route pour son premier cours de vol.PREMIERS BATTEMENTS D'AILES
Cours de Vol - Terrain d'entraînement
Jeudi 5 septembre 2047
Traînant les pieds, le petit brun avait pris le chemin du terrain avant de croiser une ribambelle de premières années qui rebroussaient chemin pour rejoindre la salle de classe. Mauvais endroit, mauvais rendez-vous. Ce qui voulait dire qu’il était en retard. Comme tout le monde probablement. Mais Ernest n’aimait pas être en retard. À l’heure pour lui, c’était arriver avec dix minutes d’avance. Minimum. Le visage rougit par la course mais surtout par la honte, il n’avait pas fait le fier en saluant pour la première fois le Professeur Mason. Tu parles d’une première impression ! Avec un peu de chance, l’adulte ne se souviendrait pas de lui. Il y avait tellement d’élèves à Poudlard de toute manière.
La bonne nouvelle, c’est qu’il ne semblait pas près de monter sur un balai. La théorie avant toute chose. Dans une autre matière, il n’aurait pas tenu en place à l’idée d’attaquer la pratique. Pour le cours de Vol, Mr Mason pouvait bien faire autant de théorie qu’il voulait. Apprendre par cœur, ce n’était pas un problème. Il avait rapidement dégainé parchemin et plume mais le peu d’entrain qu’il avait s’était rapidement dissous dans le néant en entendant l’adulte souligné l’importance du cours de vol et le fait qu’il s’agissait d’une compétence fondamentale pour tout sorcier qui se respecte.
Contre toute attente, Ernest n’était pas le seul que l’idée de voler mettait mal à l’aise. Certains abordèrent des problèmes de vertige. Le petit brun n’avait pas peur du vide mais bien du sol bien dur qui amortirait sa chute. Les peurs des autres n’avaient rien de réconfortant. Il continua néanmoins de prendre des notes et dédia une page entière aux consignes de sécurité. C’est qu’il allait y jouer sa vie. Enfin, il exagérait mais mieux valait prévenir que guérir. Son visage se décomposa quand le Professeur annonça que la seconde partie du cours serait dédiée à la pratique.
Arrivé sur le terrain, le petit brun se plaça près d’un balai au hasard. Pour lui, c’était tous les mêmes. Et aucun ne serait plus sûr qu’un autre. Il inspecta l’équipement décrit par Mr Mason et tenta de l’enfiler. Différencier les genouillères des coudières n’était pas une mince affaire, aussi Ernest observa ses camarades à l'œuvre un long moment avant d’arriver à s’équiper correctement. L’adolecent ramassa son balai et sous les directives du professeur, commença à inspecter son état. Pour lui, ce n’était rien de plus qu’une vieille branche mais force était de constater qu’il n’avait pas l’air trop abîmé. Le manche ne portrait aucune trace d’usure et les brindilles semblaient en bonne état.
Le moment fatidique approchait. Ernest plaça sa main au-dessus de son balai, hésitant. Son regard balayait la rangée d’élèves dont les résultats étaient relatifs. Certains s’en sortaient mieux que d’autres. Il se décida finalement à prononcer la formule “Debout”, le visage légèrement crispé comme s’il redoutait que le balai ne s’envole ou pire, explose. Mais rien ne se passa. Il se concentra à nouveau, tentant d’oublier les élèves qui l’entouraient, leurs exclamations, les rires qui fusaient parfois. Nouvel essai, nouvelle déconfiture. Le gamin suivait pourtant les consignes à la lettre. Au troisième essai, le balai resta aussi inanimé qu’un simple accessoire de ménage. Ernest s’était pourtant appliqué pour la visualisation. Et si c’était sa magie qui ne fonctionnait pas correctement ?
Le quatrième essai n'aurait pas lieu car déjà le professeur enchaînait avec la suite du cours. Embarrassé, le petit brun se baissa pour ramasser son balai au sol et poursuivre le cours. Les deux mains farouchement agrippées au manche, le Serpentard l’enfourcha, évitant de regarder autour de lui et de croiser le moindre regard. Toute son attention était focalisée sur le professeur de vol et les conseils que ce dernier prodiguait. Malgré tout, Ernest hésitait à s’appuyer sur son balai. Cette histoire de siège, ça ne lui inspirait pas confiance. Lui avait plutôt l’impression d’avoir une branche entre les jambes qu’un fauteuil Louis XVI. Il tenta donc de corriger sa position pour se sentir un peu plus à l’aise mais la différence restait anecdotique.
Après plusieurs minutes à essayer de caler ses petites fesses de manière satisfaisante, il était temps de se lancer. Le petit brun inspecta son périmètre pour voir si la voie était libre et se préparer à donner l’impulsion. Un tout petit coup sur le sol. Timide. Rien ne se passa. L’adolescent senti l’agacement poindre et ses mains se serrèrent un peu plus sur le manche. Légèrement contrarié par ses échecs répétés, il donna un coup un peu plus violent dans le sol. Trop violent. Pour un débutant comme lui en tout cas. Surpris par sa propre impulsion, il en oublia de contrôler son manche. Ce dernier pointé vers le sol avec aplomb entraîna le balai en piqué dans un élan spectaculaire.
L’avant du manche se planta dans le gazon et Ernest se retrouva rapidement propulsé par dessus, emporté dans un soleil fantastique. Et le sol était bel et bien aussi dur qu'il se l’était figuré. Il se releva tout crotté et les membres endolories. En plus des moqueries, le Serpentard avait attrapé deux belles ecchymoses. Une sur l’épaule et une au genou. Au moins, il portait un casque, ce qui serait probablement sa seule source de réconfort. Cette leçon-là, était bien rentrée.
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -
Premiers battements d'ailes
J'attendais ce premier cour de vol depuis mon arrivée au château. Je crois que je ne m'étais jamais autant dépêché de manger pour arriver en avance, ce qui pour autant n'était pas le cas. Le vol sur balai était tout pour moi depuis tout petit. Il n'y avait rien de mieux que le vent dans les cheveux et cette sensation de liberté incroyable. J'avais tendance à être irréversiblement maladroit mais sur un balai je me déplaçais avec autant d'aisance qu'une personne normale au sol.
Quelques élèves arrivèrent en retard, plus que moi ce qui constituait déjà un exploit. Un me fit sourire avec son visage couleur rapeltout mais je ne m'en occupais pas plus que ça. Le cour avait commencé.
Je ne pus m'empêcher d'être déçu en sachant que nous commencerions par la théorie. Je sortis néanmoins un parchemin et une plume et commençais à écrire tout ce que le prof disait. Je soupirais en apprenant que nous n'étudierons pas le Quidditch en première année mais ne perdais pas ma bonne humeur. Même lorsque le professeur annonça pour rassurer une élève ayant le vertige que nous ne volerions pas haut. Comment pouvait-on avoir peur de monter sur un balai ? Cela me paraissais totalement impossible.
Je continuais d'écrire jusqu'à ce que le prof dise que l'on se rendait sur le terrain. Je sautais alors sur mes pieds et lui emboitais le pas. Une fois arrivé, j'enfilais à contrecœur les protection indiquées sans la moindre problème et regardais les balais. J'en choisi un et me plaçais à côté de lui. Sans m'en rendre compte, je m'étais retrouvé juste à côté du garçon tout rouge de tout à l'heure. Le professeur nous montra comment faire venir notre balai dans nos mains. Il me fallut deux tentatives, à la première, le balai décolla sans pour autant venir jusqu'à moi. A la deuxième il arriva avec un peu trop de force mais je l'attrapais quand même. J'enfourchais ensuite mon balai comme demandé et trouvais tout de suite l'endroit du "coussin" ayant l'habitude de me tenir dessus. Pour finir, je tapais du pieds contre le sol pour m'envoler.
L'effet fut immédiat, je décollais du sol. Je ne montais pas trop haut pour l'instant, préférant regarder les autres. Mon voisin justement, eu comment dire… un peu de mal. Ou bien son balai lui en voulait. Quoi qu'il en soit il se retrouva par terre, son balai planté dans le sol. Je descendis de mon balai, ayant pour but de lui demander s'il allait bien mais les mots ne vinrent pas. A la place, je déplantais son balai et le posais sur le sol. Je réussi tout de même à chuchoter un petit "Tout va bien ?" sans aucun espoir qu'il m'ai entendu avant de redécoller.
Je ne le savais pas encore, mais je regretterais de n'avoir eu le courage d'aller lui parler. De rien que lui demander comment il allait. Je n'étais rien de plus qu'un lâche. Mais ça aussi, je le découvrirais plus tard. Grâce à ce même garçon dont je ne connaissais pas encore le nom.
512 mots
@Ernest Stevens pour la mention, merci pour cette occasion !!
Quelques élèves arrivèrent en retard, plus que moi ce qui constituait déjà un exploit. Un me fit sourire avec son visage couleur rapeltout mais je ne m'en occupais pas plus que ça. Le cour avait commencé.
Je ne pus m'empêcher d'être déçu en sachant que nous commencerions par la théorie. Je sortis néanmoins un parchemin et une plume et commençais à écrire tout ce que le prof disait. Je soupirais en apprenant que nous n'étudierons pas le Quidditch en première année mais ne perdais pas ma bonne humeur. Même lorsque le professeur annonça pour rassurer une élève ayant le vertige que nous ne volerions pas haut. Comment pouvait-on avoir peur de monter sur un balai ? Cela me paraissais totalement impossible.
Je continuais d'écrire jusqu'à ce que le prof dise que l'on se rendait sur le terrain. Je sautais alors sur mes pieds et lui emboitais le pas. Une fois arrivé, j'enfilais à contrecœur les protection indiquées sans la moindre problème et regardais les balais. J'en choisi un et me plaçais à côté de lui. Sans m'en rendre compte, je m'étais retrouvé juste à côté du garçon tout rouge de tout à l'heure. Le professeur nous montra comment faire venir notre balai dans nos mains. Il me fallut deux tentatives, à la première, le balai décolla sans pour autant venir jusqu'à moi. A la deuxième il arriva avec un peu trop de force mais je l'attrapais quand même. J'enfourchais ensuite mon balai comme demandé et trouvais tout de suite l'endroit du "coussin" ayant l'habitude de me tenir dessus. Pour finir, je tapais du pieds contre le sol pour m'envoler.
L'effet fut immédiat, je décollais du sol. Je ne montais pas trop haut pour l'instant, préférant regarder les autres. Mon voisin justement, eu comment dire… un peu de mal. Ou bien son balai lui en voulait. Quoi qu'il en soit il se retrouva par terre, son balai planté dans le sol. Je descendis de mon balai, ayant pour but de lui demander s'il allait bien mais les mots ne vinrent pas. A la place, je déplantais son balai et le posais sur le sol. Je réussi tout de même à chuchoter un petit "Tout va bien ?" sans aucun espoir qu'il m'ai entendu avant de redécoller.
Je ne le savais pas encore, mais je regretterais de n'avoir eu le courage d'aller lui parler. De rien que lui demander comment il allait. Je n'étais rien de plus qu'un lâche. Mais ça aussi, je le découvrirais plus tard. Grâce à ce même garçon dont je ne connaissais pas encore le nom.
512 mots
@Ernest Stevens pour la mention, merci pour cette occasion !!
4A 2050/51 | Filière Sport & Soin | PR | Commentateur de l'Ombre | L'élève Béni
Petit Hobbit d'après Leo | Préfère les poubelles aux poumoches
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Premiers battements d'ailes
CINQUIEME JOUR DU MOIS DE SEPTEMBRE 2047
Il est l'heure d'apprendre à voler
Il est l'heure d'apprendre à voler
La journée s'annonçait mauvaise. J'avais pris l'habitude de ne pas utiliser de réveil et de faire pleinement confiance à mon horloge interne qui ne me décevait que rarement. Aujourd'hui était l'une de ces exceptions. Elle pressentait certainement la mauvaise augure qui planait au-dessus de cette journée. Je m'arrachai à mes draps à contre cœur avec presque une heure de retard et retirai mon pyjama. Je troquai mon pantalon à carreaux et mon tee-shirt Radiohead contre l'uniforme de sport et l'indétrônable cape noire. Malgré mon retard, je décidai de faire un détour par la salle de bain pour me passer de l'eau sur le visage et me brosser les dents. La personne que je voyais dans le miroir ne me plaisait pas. Le reflet me présentait une silhouette chétive, noyée dans une cape sans forme qui ne flattait rien sinon ma peau déjà en manque de soleil qui se séparait doucement de ses tâches de rousseur. Je soufflai. Je ramenai mes paumes contre mes oreilles et tentait de percevoir dans leurs reliefs le chant de la méditerranée. La mer m'évoquait la maison, mais c'était celle d'Écosse que j'avais côtoyé cet été en prévision de ma rentrée au château. Mes doigts continuèrent leur chemin jusque dans mes boucles avant de ressurgir au niveau de ma nuque. Maman m'avait convaincue que couper mes longues mèches brunes avant les cours serait une idée judicieuse. Elle avait dit que cela marquerait symboliquement un nouveau départ, une sorte d'acte de transition. Le propos avait initialement su me séduire, mais à peine ma tête s'était elle libérée de son vêtement que des larmes de regret avaient dévalé mes joues. A présent, je me fichais bien de marquer le coup, ou que les sorciers de Londres ne comprennent pas, ou que cela soit plus compliqué à entretenir : mes cheveux me manquaient. En temps normal, mon crâne aurait accueilli un chapeau pointu sous lequel masquer mon inconfort mais le cours de vol de ce matin appelait à s’en détacher, sous peine de le retrouver perché au sommet de l’une des branches du saule cogneur. Je saisis à la volée deux barrettes plates qui me serviraient à plaquer de chaque côté de mon visage les boucles qui me battaient le front. Je soufflai de nouveau. Le silence autour de moi m’indiquait que les Aigles avaient déserté les lieux pour rejoindre leur classe respective et que, si je comptais arriver dans les temps à la mienne, je ferais mieux de me hâter.
Les six étages de la tour ouest glissèrent sous mes semelles, je marquai une brève pause devant la porte de la Grande Salle avant de décider qu'il serait plus judicieux d'affronter mon premier tour sur balai le ventre vide. Cette image me serra l'estomac d'appréhension et je pestai contre l'administration de rendre le vol sur balai obligatoire à l'étude. Tous les accidents possibles - de la fracture à la mort - me traversèrent l'esprit et ce fut Mr Mason que je voyais s'avancer au loin qui me décida à courir. J'arrivai essoufflé mais dans les temps au niveau de la salle. Le professeur nous invita à entrer pour prendre place à une table. Les sacoches s'ouvrirent dans un cliquetis unanime et des poignées de mains en sortirent plumes, encre et parchemins. Ne pas être directement jeté sur le terrain me rassurait et je priai pour que la théorie s'étire au maximum. La pièce se remplissait de manière hétérogène à mesure que les retardataires, lesquels étaient nombreux, faisaient leur entrée. La plupart d'entre eux ne me marquèrent pas plus que ça, ils n'étaient encore qu'une série de visages sans noms. J'en notai tout de même un, un Serpentard brun qui salua en passant la porte et paraissait abusivement désolé. Il y avait de l'ironie à voir le vert de son haut toucher sa peau teintée du rouge des Gryffons. Mon regard s'attarda sur lui le temps qu'il s'installe puis sa présence disparue, engloutie dans le flot de mes tracas.
Lorsque Mr Mason expliqua les règles de sécurité et la façon la plus adaptée de surmonter son vertige je pris des notes assidues, comme si graver ces paroles les changerait en sorte de totem qui éloignerait de moi les possibilités de malheur. Une bouffée de chaleur me monta au visage quand le claquement de main marquant le terme du cours théorique retenti. Je sentais mon cœur battre dans mes oreilles. J'agrippai les bords de ma table à en rendre blanches mes phalanges et me forçai à ralentir mon souffle en comptant intérieurement selon un schéma de méditation que Caelena m'avait enseignée. Certains élèves, à mon image, rechignaient à ranger leurs affaires et trainaient des pieds pour rejoindre le terrain. D'autres se bousculaient en courant pour choisir leur balai les premiers. Ces derniers s'alignaient côté à côte sur un terrain plat qui s'étalait sans obstacles apparents. Je jetai mon dévolu sur celui en bout de rangée. J'espérais secrètement qu'ainsi mes camarades me dissimuleraient à la vue du professeur et que je réussirais à éviter la virée aérienne. De toute façon, la plupart des présents ne décolleraient même pas... N'est-ce pas ? Hélas ! A peine le départ sifflé, une dizaine de voix s'exclamèrent "Debout !" à l'unisson et empoignèrent le manche de leur monture en levant leur jambe simultanément. Le balai enfourché, mes camarades semblaient reproduire une chorégraphie parfaitement maîtrisée dont le secret de l'enchaînement se réservait à une élite. Un coup de pied les envoya dans les airs et je me brisai la nuque pour observer les cercles confiant qu'ils décrivaient au-dessus de nous. Eux là-haut, mon plan de cachette tombait à l'eau.
A mon tour, je commandai à mon balai de se dresser en omettant volontairement la volonté pour qu'il reste sagement couché. Manque de chance, je sentis le regard du professeur s'attarder sur moi alors je prétendis d'essayer sincèrement et à l'issue d'un second appel le manche en bois claqua contre ma paume. D'une main, je vérifiai nerveusement l'ajustement de mon casque, mes genouillères (étaient-ce des coudières ?) et mes gants. Je dus me rendre à l'évidence : tout allait pour le mieux, de mon équipement à l'état du balai. Le froid me saisit. J'y vis les prémices de la panique. Balloté de tremblements, je songeai à Papa, si avide de vol, et m'emparai de son courage pour poser ma seconde main sur le manche. Mes paupières se rencontrèrent puis continuèrent à se fondre l'une dans l'autre jusqu'à ce qu'un pli se forme à leur extrémité. Mon pied s'enfonça dans le sol, mon genou se fléchit et ma cuisse se contracta douloureusement. Mon corps s'affaissa vers l'arrière alors que je me postai en position assise. Je songeai aux courbatures qui me meurtriraient les jambes ce soir mais il était trop tard pour regretter de ne pas avoir fait de sport avant. Je me surpris moi-même en étirant mes membres. Un cri m'échappa alors que je m'élevai, le sol déjà loin de ma portée. Étonnamment, je trouvais agréable l'adage du balai qui filait sur le vent, saisissant les courants aériens pour imiter les oiseaux. Le baiser froid de la brise léchait mes cuisses alors que je jouais de mon poids pour ajuster ma trajectoire. Sans regarder en bas, par connaissance de mon vertige, je décollai prudemment mes mains pour tâter de mes doigts la surface vernie du manche. Je méditai un instant sur la pensée que je pourrais y prendre goût avant de redescendre en planant maladroitement. Mes pieds retrouvèrent la terre ferme en même temps que le manche du balai du garçon à ma gauche. La vue de son saut périlleux m'arracha un éclat de rire que j'étouffai presque aussitôt, par politesse, en me mordant l'intérieur des joues. Je vis qu'il s'agissait du même Serpentard qui était arrivé en retard un peu plus tôt et je voulus le rejoindre pour m'enquérir de son état lorsqu'un Gryffondor me devança, suspendu à sa monture, et formula du bout des lèvres une phrase qui ne me parvint pas avant de repartir avec grâce se promener avec Éole.
@Ernest Stevens merci pour cette chouette idée !