La décadence

Juliette Starks, 29 ans
23 Août 2031.
Hastings, demeure des Starks.
Nora court partout, et cela m'épuise. Je ne comprends pas comment une petite chose que 4 ans peut détaler aussi vite. Peut-être est-ce grâce à l'énergie qu'elle me vole lorsqu'elle est dans la même pièce que moi. Dès que je suis près d'elle et qu'elle gigote, je ressens ma force m'abandonner. Elle est un peu comme un petit Détraqueur au visage d'ange, qui me prend ma volonté de me mouvoir. Elle me donne envie de m'asseoir, vidée de toute once d'énergie. Ce sont ces moments qui me font réaliser la terrible vérité : je n'aurais jamais dû être mère. Je n'aime pas les enfants. Mon entourage le savait pertinemment, mais ils m'ont tous induite en erreur : "Tu verras, quand ce sont les tiens, c'est différent.", "Les tiens, tu les aimes forcément, même si tu n'aimes pas ceux des autres.", "L'amour prendra tout son sens.". La fatigue aussi, apparemment.
Le cheminement de mes pensées est interrompu par le hululement de la chouette d'Erwin, qui apporte fièrement le journal du matin. Le nouveau numéro de la Gazette du Sorcier nous parvient. Je congratule l'animal avec un miamhibou, puis me saisis du journal sans l'intention de le feuilleter vaguement. Cependant, je ne le fais pas. Mon regard est rivé sur la couverture, alors que mon pouls s'accélère d'une manière exponentielle. Le gros titre n'annonce rien de bon. Je dirais même, il annonce le pire.
Mes yeux restent fixés sur ce nom. Beau Savage. Mon dieu, qu'a-t-il fait... Je commence à paniquer, et heureusement il n'y a personne pour le voir. Nora est trop petite pour comprendre quoi que ce soit. En revanche, elle est aussi trop petite pour que je la laisse seule. Je lui colle un jouet enchanté dans les mains, le temps de faire mon sac. Je ne peux plus attendre : ils pourraient remonter à moi d'une seconde à l'autre. Mon cerveau essaye d'aller à cent à l'heure, sans vraiment y parvenir. Seules des bribes de pensées et des images me viennent, et le tout est parfaitement décousu. J'attrape mon sac à main sans-fond, qui en réalité est prêt depuis des semaines. J'y ajoute quelques petites choses, saisis ma baguette. Puis je fais un sac pour Nora.
Dans la précipitation, je ne ferme pas la maison. Je n'ai même pas fermé la porte d'entrée, elle reste entrouverte, de manière très négligée. Je m'en contrefiche. Je suis dans un empressement tel que je ne le remarque même pas. Le sac de Nora sous le bras et la petite de l'autre, je cours chez les voisins. Je prétexte une urgence pour leur demander de la garder, le temps qu'Erwin rentre de ces courses. Ils acceptent, eux-mêmes un peu affolés au vu de mon état, puis je me volatilise.
Le cheminement de mes pensées est interrompu par le hululement de la chouette d'Erwin, qui apporte fièrement le journal du matin. Le nouveau numéro de la Gazette du Sorcier nous parvient. Je congratule l'animal avec un miamhibou, puis me saisis du journal sans l'intention de le feuilleter vaguement. Cependant, je ne le fais pas. Mon regard est rivé sur la couverture, alors que mon pouls s'accélère d'une manière exponentielle. Le gros titre n'annonce rien de bon. Je dirais même, il annonce le pire.
Un juge retrouvé pendu ! Enquête sur le suicide de Beau Savage.
Mes yeux restent fixés sur ce nom. Beau Savage. Mon dieu, qu'a-t-il fait... Je commence à paniquer, et heureusement il n'y a personne pour le voir. Nora est trop petite pour comprendre quoi que ce soit. En revanche, elle est aussi trop petite pour que je la laisse seule. Je lui colle un jouet enchanté dans les mains, le temps de faire mon sac. Je ne peux plus attendre : ils pourraient remonter à moi d'une seconde à l'autre. Mon cerveau essaye d'aller à cent à l'heure, sans vraiment y parvenir. Seules des bribes de pensées et des images me viennent, et le tout est parfaitement décousu. J'attrape mon sac à main sans-fond, qui en réalité est prêt depuis des semaines. J'y ajoute quelques petites choses, saisis ma baguette. Puis je fais un sac pour Nora.
Dans la précipitation, je ne ferme pas la maison. Je n'ai même pas fermé la porte d'entrée, elle reste entrouverte, de manière très négligée. Je m'en contrefiche. Je suis dans un empressement tel que je ne le remarque même pas. Le sac de Nora sous le bras et la petite de l'autre, je cours chez les voisins. Je prétexte une urgence pour leur demander de la garder, le temps qu'Erwin rentre de ces courses. Ils acceptent, eux-mêmes un peu affolés au vu de mon état, puis je me volatilise.
Compte PNJ inactif. Pour toute information, merci de contacter Nora Starks.
La décadence
Le même jour.
À quelques kilomètres de Belfast, demeure de Silas Hartman.
À quelques kilomètres de Belfast, demeure de Silas Hartman.
Je viens de transplaner devant chez Silas, et je cours jusqu'à la porte. J'ai l'impression que je vais vomir mon cœur, mais je pense que mes souffrances auront disparu très bientôt. Les choses ne se sont pas passées comme prévues, alors je me permets de précipiter le plan. Je ne comprends toujours pas pourquoi, près d'un mois après le procès, nous ne sommes toujours pas partis. Silas prétend toujours avoir quelque chose à régler, et les choses n'évoluent pas. Aujourd'hui doit être le jour, celui où nous partons ensemble. Nous n'avons plus le choix.
Alors que je pénètre le manoir avec grand facilité, je ne remarque pas tout de suite que quelque chose cloche. Je suis trop pressée, trop angoissée pour remarquer quoi que ce soit. Pourtant j'aurais dû savoir : il ne devrait jamais être si facile de courir à l'intérieur de la maison d'un mage noir. Mais me voilà à courir aussi vite que je le peux jusqu'à son bureau, à l'étage. J'ouvre la porte en grand, et parle avant même d'avoir pu poser mes yeux sur lui.
"Il faut qu'on parte, maintenant. Savage s'est suicidé, ce n'est qu'..."
Je m'arrête, et parcours rapidement la pièce du regard. Non seulement il n'est pas là, mais on dirait que le lieu a été cambriolé. Les meubles sont retournés et des papiers et livres sont jonchés un peu partout. Je m'avance vers le bureau. Au passage, je marche sur du verre qui craquèle encore sous mon poids. Les tiroirs sont vidés, et le feu de cheminée, derrière le siège, brûle ce qui ressemble à du parchemin. Il ne s'agit pas d'un cambriolage. Quelqu'un a nettoyé le lieu, de toutes les choses incriminantes qu'il pouvait contenir.
Alors que je pénètre le manoir avec grand facilité, je ne remarque pas tout de suite que quelque chose cloche. Je suis trop pressée, trop angoissée pour remarquer quoi que ce soit. Pourtant j'aurais dû savoir : il ne devrait jamais être si facile de courir à l'intérieur de la maison d'un mage noir. Mais me voilà à courir aussi vite que je le peux jusqu'à son bureau, à l'étage. J'ouvre la porte en grand, et parle avant même d'avoir pu poser mes yeux sur lui.
"Il faut qu'on parte, maintenant. Savage s'est suicidé, ce n'est qu'..."
Je m'arrête, et parcours rapidement la pièce du regard. Non seulement il n'est pas là, mais on dirait que le lieu a été cambriolé. Les meubles sont retournés et des papiers et livres sont jonchés un peu partout. Je m'avance vers le bureau. Au passage, je marche sur du verre qui craquèle encore sous mon poids. Les tiroirs sont vidés, et le feu de cheminée, derrière le siège, brûle ce qui ressemble à du parchemin. Il ne s'agit pas d'un cambriolage. Quelqu'un a nettoyé le lieu, de toutes les choses incriminantes qu'il pouvait contenir.
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La décadence
Ma respiration s'accélère si fort, et si rapidement, que je suis presque en crise d'angoisse. Je me retourne et cours jusqu'à la chambre de Silas, puis à son dressing. Tout est dans un état similaire au bureau, et il ne reste rien. Pas une chemise, pas une cravate. Il a simplement disparu. J'essaye de m'asseoir sur le lit mais manque mon coup, et tombe lourdement les fesses au sol. J'ai une main glissante sur le lit, et une main portée à ma cage thoracique. Je peine à respirer. Mon esprit s'embrouille. Que faire, que faire...
Je ne sais pas quand il est parti. Peut-être que cela date de ce matin, après avoir lu la nouvelle dans le journal. Peut-être qu'il avait bien l'intention de partir avec moi, mais qu'il a lui aussi paniqué et est parti. Ou alors, peut-être que cela fait plusieurs jours. Peut-être a-t-il fait venir quelqu'un pour finir de nettoyer derrière lui, pour brouiller les pistes de son départ. Peut-être que la raison pour laquelle il repoussait sans cesse notre départ ensemble était qu'il n'avait jamais eu l'intention de le faire, en premier lieu. Quel goujat.
Finalement, je me ressaisis. À travers la fenêtre, je vois le ciel. Il me semble plus sombre, d'une couleur différente du moment où je suis arrivée ici. Combien de temps suis-je restée dans cette léthargie d'angoisse ? Je me lève péniblement. Je tremble comme une feuille. Il m'est difficile de me remettre de ce choc. J'essaye mes joues comme je le peux, mais mes membres me répondent difficilement. Je me demande que faire, et où aller. Je n'ai pas vraiment d'argent. Je comptais sur Silas pour s'occuper de moi, comme il me l'avait promis. Maintenant, je n'ai plus rien. Je pourrais me rendre chez Gringotts et vider mon coffre, puis partir loin, seule. Ou je pourrais rentrer à Hastings, prétendre avoir eu une urgence au travail, et faire comme si de rien n'était. Après tout, peut-être qu'Erwin n'a rien remarqué. Cela fait des semaines que mes essentiels sont dans ce sac sans-fond et il ne semble pas l'avoir remarqué le moins du monde, alors pourquoi l'aurait-il vu aujourd'hui ?
Je ne sais pas quand il est parti. Peut-être que cela date de ce matin, après avoir lu la nouvelle dans le journal. Peut-être qu'il avait bien l'intention de partir avec moi, mais qu'il a lui aussi paniqué et est parti. Ou alors, peut-être que cela fait plusieurs jours. Peut-être a-t-il fait venir quelqu'un pour finir de nettoyer derrière lui, pour brouiller les pistes de son départ. Peut-être que la raison pour laquelle il repoussait sans cesse notre départ ensemble était qu'il n'avait jamais eu l'intention de le faire, en premier lieu. Quel goujat.
Finalement, je me ressaisis. À travers la fenêtre, je vois le ciel. Il me semble plus sombre, d'une couleur différente du moment où je suis arrivée ici. Combien de temps suis-je restée dans cette léthargie d'angoisse ? Je me lève péniblement. Je tremble comme une feuille. Il m'est difficile de me remettre de ce choc. J'essaye mes joues comme je le peux, mais mes membres me répondent difficilement. Je me demande que faire, et où aller. Je n'ai pas vraiment d'argent. Je comptais sur Silas pour s'occuper de moi, comme il me l'avait promis. Maintenant, je n'ai plus rien. Je pourrais me rendre chez Gringotts et vider mon coffre, puis partir loin, seule. Ou je pourrais rentrer à Hastings, prétendre avoir eu une urgence au travail, et faire comme si de rien n'était. Après tout, peut-être qu'Erwin n'a rien remarqué. Cela fait des semaines que mes essentiels sont dans ce sac sans-fond et il ne semble pas l'avoir remarqué le moins du monde, alors pourquoi l'aurait-il vu aujourd'hui ?
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La décadence
Le même jour, fin de journée.
Gringotts, banque des Sorciers.
Gringotts, banque des Sorciers.
Je garde la tête baissée en marchant le long du grand couloir de la banque de Gringotts. J'essaye de ne pas faire de bruit, de ne pas me faire remarquer, mais mes talons ne peuvent s'empêcher de produire des petits clop clop clop incessants. Je laisse retomber mes cheveux en cascade devant mon visage, comme pour me protéger. Peut-être que cela paraît trop suspect, alors je relève un peu la tête et passe ma main dans mes cheveux, puis derrière mon oreille pour les y coincer. J'ai l'impression que le simple fait d'exister me rend suspecte, que tout sonne faux chez moi.
Il y a un peu de monde dans la banque, mais pas tant. Je suis relativement surprise. J'arrive sans mal à me frayer un chemin jusqu'à un guichet où l'attente n'est pas trop longue.
"Personne suivante", dit le gobelin en charge.
"Bonjour. Je voudrais accéder à mon coffre." je dis, pleine d'assurance. Ou du moins, j'essaye. Je me force à regarder le gobelin dans les yeux, fixement, sans flancher.
"Nom et baguette" répond-il en reprenant son registre.
Une sueur froide me parcourt l'échine alors que je m'imagine le pire. Et si je suis déjà recherchée, et que le gobelin est au courant ? Mais j'essaye de me maîtriser, de me calmer. Il n'y a pas de raison, ça serait bien trop rapide et efficace pour la bande de bras cassé qui sert de gouvernement ici. J'inspire.
"Juliette Starks, née Martin. Voici." je dis en tendant ma baguette, bien qu'incertaine de mon geste. Il l'étudie un moment, puis s'arrête dans l'action. Il me regarde, puis regarde la baguette, puis regarde son registre. Il se penche pour échanger un mot avec son collègue de droite. Mon cœur, lui, essaye de quitter mon corps. Quelque chose cloche, je le sens. Et je n'ai plus ma baguette, donc je panique intérieurement. Peut-être que c'était une mauvaise idée, je n'aurais pas dû venir ici...
Il y a un peu de monde dans la banque, mais pas tant. Je suis relativement surprise. J'arrive sans mal à me frayer un chemin jusqu'à un guichet où l'attente n'est pas trop longue.
"Personne suivante", dit le gobelin en charge.
"Bonjour. Je voudrais accéder à mon coffre." je dis, pleine d'assurance. Ou du moins, j'essaye. Je me force à regarder le gobelin dans les yeux, fixement, sans flancher.
"Nom et baguette" répond-il en reprenant son registre.
Une sueur froide me parcourt l'échine alors que je m'imagine le pire. Et si je suis déjà recherchée, et que le gobelin est au courant ? Mais j'essaye de me maîtriser, de me calmer. Il n'y a pas de raison, ça serait bien trop rapide et efficace pour la bande de bras cassé qui sert de gouvernement ici. J'inspire.
"Juliette Starks, née Martin. Voici." je dis en tendant ma baguette, bien qu'incertaine de mon geste. Il l'étudie un moment, puis s'arrête dans l'action. Il me regarde, puis regarde la baguette, puis regarde son registre. Il se penche pour échanger un mot avec son collègue de droite. Mon cœur, lui, essaye de quitter mon corps. Quelque chose cloche, je le sens. Et je n'ai plus ma baguette, donc je panique intérieurement. Peut-être que c'était une mauvaise idée, je n'aurais pas dû venir ici...
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La décadence
"Il y a un problème ?" je demande d'une voix claire et intelligible, avec un air un peu hautain.
Le gobelin se redresse sur sa position de travail, et sourit de manière hypocrite. "Non, bien sûr. Un moment je vous prie."
J'ai envie de le détailler, de ne pas le lâcher des yeux jusqu'à ce qu'il m'invite à aller au fond de la banque, mais je sens que ce comportement serait aussi suspicieux. À la place, je balade mon regard... ailleurs. Comme le ferait n'importe quel client en train d'attendre il-ne-sait-quoi. Je n'ai pas clairement vu ce que le gobelin avait fait, mais je remarque soudainement que l'agent de sécurité est très près de moi et regarde dans notre direction. Je sursaute presque en le voyant, car je ne l'ai pas vu arriver de ce côté du bâtiment. Mon cœur bat dans ma gorge, menace de me ressortir par la bouche. Ma respiration se coince un peu, et mes paumes deviennent moites. J'essaye de serrer mes doigts autour de ma baguette, sans succès : le gobelin ne me l'a pas rendue. Je tourne la tête vers lui pour la réclamer. Et en un instant, tout bascule. Et puis plus rien.
Je peine à reprendre mes esprits. Je ne comprends ni où je suis, ni quand nous sommes. Je commence à entendre des bribes de mots et de l'agitation autour de moi. J'essaye d'ouvrir les yeux, mais cela me demande un effort surhumain. Je finis par les entrouvrir suffisamment pour commencer à comprendre. Je me souviens être allée chez Silas... Ensuite, je suis allée à la banque. Suis-je déjà chez moi ? Ai-je pris trop de somnifères ?
"Juliette Starks ? Juliette Starks ?"
Une voix essaye de me secouer, de me sortir de ma léthargie, de mon semi-coma. Ce n'est pas celle d'Erwin, ni de Silas. Finalement, tout s'éclaire : les voix, l'environnement autour de moi. Je suis allongée sur le flanc et je ne peux bouger ni mes mains, ni mes chevilles. Je suis soudainement soulevée, comme allongée dans les airs, ligotée. Un homme inconnu, vêtu d'une longue cape noire, me parle.
"Juliette Starks, vous êtes en état d'arrestation pour usage de la magie noire, corruption d'un procès et corruption du juge Beau Savage, entraînant son suicide. Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous et utilisé lors de votre procès. Comprenez-vous ces droits ?"
Mon cœur est en panique, mais pas mon esprit. Lui, sombre aussitôt.
Le gobelin se redresse sur sa position de travail, et sourit de manière hypocrite. "Non, bien sûr. Un moment je vous prie."
J'ai envie de le détailler, de ne pas le lâcher des yeux jusqu'à ce qu'il m'invite à aller au fond de la banque, mais je sens que ce comportement serait aussi suspicieux. À la place, je balade mon regard... ailleurs. Comme le ferait n'importe quel client en train d'attendre il-ne-sait-quoi. Je n'ai pas clairement vu ce que le gobelin avait fait, mais je remarque soudainement que l'agent de sécurité est très près de moi et regarde dans notre direction. Je sursaute presque en le voyant, car je ne l'ai pas vu arriver de ce côté du bâtiment. Mon cœur bat dans ma gorge, menace de me ressortir par la bouche. Ma respiration se coince un peu, et mes paumes deviennent moites. J'essaye de serrer mes doigts autour de ma baguette, sans succès : le gobelin ne me l'a pas rendue. Je tourne la tête vers lui pour la réclamer. Et en un instant, tout bascule. Et puis plus rien.
Je peine à reprendre mes esprits. Je ne comprends ni où je suis, ni quand nous sommes. Je commence à entendre des bribes de mots et de l'agitation autour de moi. J'essaye d'ouvrir les yeux, mais cela me demande un effort surhumain. Je finis par les entrouvrir suffisamment pour commencer à comprendre. Je me souviens être allée chez Silas... Ensuite, je suis allée à la banque. Suis-je déjà chez moi ? Ai-je pris trop de somnifères ?
"Juliette Starks ? Juliette Starks ?"
Une voix essaye de me secouer, de me sortir de ma léthargie, de mon semi-coma. Ce n'est pas celle d'Erwin, ni de Silas. Finalement, tout s'éclaire : les voix, l'environnement autour de moi. Je suis allongée sur le flanc et je ne peux bouger ni mes mains, ni mes chevilles. Je suis soudainement soulevée, comme allongée dans les airs, ligotée. Un homme inconnu, vêtu d'une longue cape noire, me parle.
"Juliette Starks, vous êtes en état d'arrestation pour usage de la magie noire, corruption d'un procès et corruption du juge Beau Savage, entraînant son suicide. Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous et utilisé lors de votre procès. Comprenez-vous ces droits ?"
Mon cœur est en panique, mais pas mon esprit. Lui, sombre aussitôt.
FIN
Compte PNJ inactif. Pour toute information, merci de contacter Nora Starks.