2 rue Perpetua Fancourt
Présentation des PNJApril Farrell, propriétaire de la maison et grand-mère de Kathleen. Mariée trois fois, veuve deux fois. Ancienne danseuse de cabaret et chanteuse.
Kathleen Wells, petite-fille de April. Etudie à l'école Maeve Queen. Mère anglaise, père américain, voyagent beaucoup.
SOMMAIRE
: TERMINE - : EN COURS7/01/2049 - Mission Croissant : échec - avec April et Kathleen05/01/2049 - Sugar Kelpy - OS avec Kathleen01/06/2050 - Juste une minute - OS en solo
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : April FARREL, voisine et propriétaire, PNJ actif/prétexte (selon le sous-RP)
Kathleen WELLS, voisine, PNJ actif/prétexte (selon le sous-RP)
- Lien vers la fiche du PNJ : lien
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Ce RP a vocation a rassembler des moments de vie de Morgan dans son domicile, dont ces deux PNJ vivent en gravitation, et plus encore, qui permettent à Morgan de se créer un foyer, chose qu'elle n'a pas eu depuis longtemps.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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MISSION CROISSANT : ECHEC
Le 7 janvier 2049.
« Venez prendre le thé avec nous ! »
Morgan n’aurait pas cru, alors qu’elle se brossait les dents après son réveil, que sa matinée prendrait une telle tournure. Profitant des quelques heures avant de transplaner jusqu’à Londres pour aller travailler, elle s’était rendu au Café du Rosier. Un luxe qu’elle se permettait un peu plus qu’elle ne le devrait d’ailleurs, ayant remarqué les quelques grammes en plus sur la balance, très probablement causés par les délicieuses viennoiseries. Elles compensaient largement le fait de devoir se mêler à une foule d’employé et d’adorateur du Conseil. Mais alors qu’elle n’était à quelques mètres, elle fut alpager, comme d’autres passants, par une vieille dame en panique. ‘Avez-vous vu ma petite fille ?’ Désolée pour elle, elle lui avait fait un signe de tête négatif, et avait continué son chemin, avant d’entendre la voix forte d’un passant. ‘Allez embêter la police plutôt que de déranger les gens !’ La galloise avait soupiré malgré elle, jetant un dernier coup d’œil à sa destination. Puis elle prit la défense de la sorcière, et tenta de la calmer autant qu’elle en était capable. ‘Je vais vous aider, à quoi ressemble-t-elle ?’ L’enfant n’était en réalité qu’à une centaine de mètre, cachée derrière un muret, en pleurs. ‘Un chien… Un chien voulait me manger ! J’ai couru, couru et…’ Après un moment de flottement et d’hésitation, Morgan essaya de la rassurer, et à la convaincre de venir avec elle. ‘Oh Dieu merci vous l’avez retrouvé !’
Et voilà comment la noiraude – définitivement privée d’une viennoiserie du Café du Rosier – s’était retrouvée dans une des nombreuses demeures à l’intérieur des remparts de Godric’s Hollow, assise dans un salon aux allures victoriennes, une tasse à la main. La petite fille, qui semblait avoir oublietté la dernière heure de son esprit, était en train de jouer avec une sorte de casse-tête, et les deux femmes étaient sur les fauteuils à discuter. Ce qui, du point de vue de la galloise avait plus des caractéristiques d’interrogatoire à peine masquée et de discussion à sens unique. April Farrell – tel était le nom de la vieille dame – avait déjà réussi à lui tirer les vers du nez plus vite qu’un agent de la police magique.
« Nous avons une chambre au dernier étage, le dernier locataire est parti il y a quelques mois de cela mais je n'ai pas eu le courage de la remettre en location. Seriez-vous intéressée ? »
Y compris sur sa recherche d’appartement, suite au départ il y a quelques temps de sa colocataire, Stéphanie Lilith. Trois mois de loyer et une lettre d’excuse et d’au revoir, c’était tout ce qu’elle avait laissé dans le domicile de la rue du triomphe. C’était loin d’être facile, de trouver un logement potable à Godric’s dans son budget et seule, mais il lui restait encore deux mois avant d’être dans l’urgence. Le Londres moldu était aussi une option, mais c’était très compliqué, surtout lorsque l’on n’avait pas de réelle existence dans leur administration.
« Ici ? » répondit Morgan surprise. Déjà que sa proposition de prendre le thé était plus que suspicieuse… Quel genre de personne proposait cela à une inconnue ? « Non c’est bien au-dessus de mes moyens madame.
— Voyons, vous me plaisez bien alors je suis sure qu’on peut trouver un moyen de s’arranger pour cela ! Je n’ai pas besoin d’argent, sinon je l’aurai remis en location il y a bien longtemps.
— Je... Mon emploi n’est pas le plus acceptable qui soit, et je ne crois pas que mon mode de vie soit compatible avec ce genre d’endroit.
— Hmm je vois... »
Elle espérait que cela suffirait à faire comprendre à la dame qu’il ne fallait pas insister sur cela. Portant sa tasse à ses lèvres, elle engloutit le reste de la boisson, prête à s’échapper le plus vite possible de ce kidnapping qui n’en était pas vraiment un. Mais c’était sans compter la persistance de la propriétaire des lieux.
« Danseuse au cabaret ? Péripatéticienne ? »
Le dernier mot fut murmuré avec discrétion afin qu’il n’arrive pas au oreille de la jeune enfant présente dans la pièce, et Morgan s’étrangla avec son thé.
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InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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« Pardon ? Non je…
— Il n'y a pas de honte à cela ! La coupa l’anglaise, affichant un sourire qui se voulait rassurant. Certes ce n’est pas chose à ébruiter dans le quartier, de vrais commères moralisatrices par ici, alors que l’on est au vingt-et-unième siècle bon sang ! Mais Merlin seul sait que je ne pourrai pas vous juger sur -
— A Barjow & Beurk, cracha-t-elle de but en blanc avant d’en entendre plus, encore sous le coup de sa surprise, je travaille à Barjow & Beurk, la boutique d’antiquité de l’Allée des... »
La jeune femme était éberluée par son propre aveu et se coupa à la fin, non que cela changea grand-chose à l’affaire.
« Mais c'est parfait alors ! Vous y connaissez donc en antiquités et en babioleries ? »
Deuxième étranglement de stupéfaction. Avait-elle débarquer dans un autre monde ?
« Oui, enfin, euh… elle était pour ainsi dire à court de mot, babioleries ce n’est pas un mot que j’utiliserai.
— Peu importe ! Je vous engage quand même. »
Morgan ne put empêcher un rire de s’échapper de sa bouche, avant de se reprendre et de retrouver une mine perplexe face au sérieux de la proposition.
« Je ne cherche pas non plus de travail madame.
— Ecoutez-moi d’abord… Voilà, j’ai besoin de quelqu’un pour débarrasser et faire le tri de tout le bric-à-brac de mon défunt mari. C’était un collectionneur de tout et n’importe quoi, et il ne tenait aucun registre, en plus de son organisation chaotique. Tout était dans sa tête qu’il répétait sans arrêt, et c’était vrai. Il savait toujours où était quoi, leur utilité, leur valeur… Un véritable niffleur ! Oh que je l’aimais… Mais il nous a quitté il y a deux ans maintenant, et je me retrouve avec toutes ses vieilleries sans savoir quoi en faire. Elle eut une courte absence, avant de continuer. Enfin, vous cherchez un appartement, et moi je cherche quelqu’un pour s’occuper de tout ça, je suis certaine qu’on peut trouver un terrain d’entente. »
Elle ressentait de la peine pour sa perte, mais elle ne comptait pas en profiter – ce qui était plutôt paradoxal, chez une vendeuse de Barjow & Beurk.
« Non je ne peux pas accepter, je suis désolée. Et pour les affaires de votre mari, il existe des experts beaucoup plus compétents, avec une vraie formation. Contactez les salles des ventes, il y en a à Godric’s Hollow, peut-être qu’ils auront des noms à vous donner ? »
Sortir de là et de cette discussion, voilà l’objectif qu’elle venait de se fixer. Cette April était encore plus étrange que Krimrok ou que M. Galbraith. Une veuve aussi excentrique que son mari qui ne voyait pas le problème d’en dire autant sur sa vie et de proposer un logement à une personne qu’elle venait à peine de rencontrer.
— Il n'y a pas de honte à cela ! La coupa l’anglaise, affichant un sourire qui se voulait rassurant. Certes ce n’est pas chose à ébruiter dans le quartier, de vrais commères moralisatrices par ici, alors que l’on est au vingt-et-unième siècle bon sang ! Mais Merlin seul sait que je ne pourrai pas vous juger sur -
— A Barjow & Beurk, cracha-t-elle de but en blanc avant d’en entendre plus, encore sous le coup de sa surprise, je travaille à Barjow & Beurk, la boutique d’antiquité de l’Allée des... »
La jeune femme était éberluée par son propre aveu et se coupa à la fin, non que cela changea grand-chose à l’affaire.
« Mais c'est parfait alors ! Vous y connaissez donc en antiquités et en babioleries ? »
Deuxième étranglement de stupéfaction. Avait-elle débarquer dans un autre monde ?
« Oui, enfin, euh… elle était pour ainsi dire à court de mot, babioleries ce n’est pas un mot que j’utiliserai.
— Peu importe ! Je vous engage quand même. »
Morgan ne put empêcher un rire de s’échapper de sa bouche, avant de se reprendre et de retrouver une mine perplexe face au sérieux de la proposition.
« Je ne cherche pas non plus de travail madame.
— Ecoutez-moi d’abord… Voilà, j’ai besoin de quelqu’un pour débarrasser et faire le tri de tout le bric-à-brac de mon défunt mari. C’était un collectionneur de tout et n’importe quoi, et il ne tenait aucun registre, en plus de son organisation chaotique. Tout était dans sa tête qu’il répétait sans arrêt, et c’était vrai. Il savait toujours où était quoi, leur utilité, leur valeur… Un véritable niffleur ! Oh que je l’aimais… Mais il nous a quitté il y a deux ans maintenant, et je me retrouve avec toutes ses vieilleries sans savoir quoi en faire. Elle eut une courte absence, avant de continuer. Enfin, vous cherchez un appartement, et moi je cherche quelqu’un pour s’occuper de tout ça, je suis certaine qu’on peut trouver un terrain d’entente. »
Elle ressentait de la peine pour sa perte, mais elle ne comptait pas en profiter – ce qui était plutôt paradoxal, chez une vendeuse de Barjow & Beurk.
« Non je ne peux pas accepter, je suis désolée. Et pour les affaires de votre mari, il existe des experts beaucoup plus compétents, avec une vraie formation. Contactez les salles des ventes, il y en a à Godric’s Hollow, peut-être qu’ils auront des noms à vous donner ? »
Sortir de là et de cette discussion, voilà l’objectif qu’elle venait de se fixer. Cette April était encore plus étrange que Krimrok ou que M. Galbraith. Une veuve aussi excentrique que son mari qui ne voyait pas le problème d’en dire autant sur sa vie et de proposer un logement à une personne qu’elle venait à peine de rencontrer.
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InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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« Réfléchissez-y ma chère Morgan. Je ne vous connais pas vraiment, mais je vous aime bien. Vous m'avez évité une autre syncope causée par ma Katie et mon manque d'attention, je vous suis redevable. »
La propriétaire semblait s’être déjà fait une opinion bien marquée sur elle. Une opinion duquel Morgan ne savait pas se positionner. Alors qu'elle s'apprêtait à dire que non, elle ne lui était pas redevable, et que la petite fille serait tôt ou tard sortie de sa cachette, la plus âgée lui vola la parole.
« J’ai eu énormément de chance dans la vie, de tomber sur des hommes qui m’ont permis d’avoir la belle vie, de belles maisons, une merveilleuse fille et ma trublionne de petite-fille… Mais je n’en avais pas besoin. J’aimais danser, chanter dans les cabarets aussi petits soient-ils. Aussi peu reluisant qu’ait été mon parcours, j’en suis fière car il a fait de moi qui je suis aujourd’hui. L’anglaise avala une autre gorgée de sa boisson, avant de conclure. Il faut savoir profiter des occasions que nous présente la vie. Donc réfléchissez-y jeune fille. »
Morgan avait trente ans, et se faire appeler jeune fille avait une étrange consonnance dans ses oreilles. En tout cas, elle ne savait pas quoi dire après tout cela hormis... Une danseuse de cabaret ?
« Sinon, reprit April, tout en claquant des mains joyeusement pour changer de sujet, dites-moi, que fait une aussi jolie jeune femme sans bague au doigt, hm ? Vraiment les hommes de cette génération sont devenu aveugle. Ou bien les femmes peut-être ? Tous les goûts sont dans la nature après tout. Ou peut-être que vous êtes fiancée ? »
Merlin, aidez-moi.
La propriétaire semblait s’être déjà fait une opinion bien marquée sur elle. Une opinion duquel Morgan ne savait pas se positionner. Alors qu'elle s'apprêtait à dire que non, elle ne lui était pas redevable, et que la petite fille serait tôt ou tard sortie de sa cachette, la plus âgée lui vola la parole.
« J’ai eu énormément de chance dans la vie, de tomber sur des hommes qui m’ont permis d’avoir la belle vie, de belles maisons, une merveilleuse fille et ma trublionne de petite-fille… Mais je n’en avais pas besoin. J’aimais danser, chanter dans les cabarets aussi petits soient-ils. Aussi peu reluisant qu’ait été mon parcours, j’en suis fière car il a fait de moi qui je suis aujourd’hui. L’anglaise avala une autre gorgée de sa boisson, avant de conclure. Il faut savoir profiter des occasions que nous présente la vie. Donc réfléchissez-y jeune fille. »
Morgan avait trente ans, et se faire appeler jeune fille avait une étrange consonnance dans ses oreilles. En tout cas, elle ne savait pas quoi dire après tout cela hormis... Une danseuse de cabaret ?
« Sinon, reprit April, tout en claquant des mains joyeusement pour changer de sujet, dites-moi, que fait une aussi jolie jeune femme sans bague au doigt, hm ? Vraiment les hommes de cette génération sont devenu aveugle. Ou bien les femmes peut-être ? Tous les goûts sont dans la nature après tout. Ou peut-être que vous êtes fiancée ? »
Merlin, aidez-moi.
FIN.
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(Inspiration Moldue : Gotta Get Out - Rocket Overdrive - voir ce sujet)SUGAR KELPY
Le 5 février 2049.
Après une dizaine de jour de recherche et de réflexion, Morgan avait fini par se rendre à nouveau chez l’excentrique Mme Farrell, avec un compromis sur le loyer et sur les services que la galloise pouvait offrir à la vieille dame. Une fois n’était pas coutume, la sorcière avait été clair sur son emploi dans l’Allée des Embrumes, et plutôt vague sur le reste de son histoire. Cela n’avait aucunement effrayée ou déroutée l’ancienne danseuse de cabaret. Ainsi, c’était un bien étrange accord qui s’était établi entre les deux femmes, un contrat qui lui rappelait vaguement celui qu’elle avait passé avec Krimrok, une éternité auparavant.
Le déménagement c’était plutôt bien passé, en quelques coups de baguette et sortilèges, ses meubles et autres affaires avaient été transporté d’un bout à l’autre de la ville par transplanage. Morgan avait pris beaucoup moins de temps pour ranger soigneusement ses affaires, et avait rempli les armoires et les étagères avec les objets les moins fragiles et délicats – ses vêtements et une partie de ses livres. Le reste s’était fait petit à petit en fonction de ses besoins, mais encore aujourd’hui, certains coins de l’appartement n’étaient que des tas de bricoles et autres objets inconnus. Le rangement n’était définitivement la priorité de la magicienne, entre son emploi à Barjow & Beurk et les parallèles associés, l’étude des mystérieuses collections du défunt M. Farrell, et ses propres expériences et inventions magiques.
Ce jour-là ne faisait pas exception à son nouvel emploi du temps relativement chargé, et la sorcière avait commencé sa journée en s’installant dans le bureau de l’américain, encore bien surchargé en affaires. Comment réussissait-il à travailler dans un espace aussi surchargé ? Je n’en sais absolument rien, lui avait-elle confié la propriétaire d’un air navré en lui faisant la première visite. Mais au yeux de la galloise, c’était une pure salle de trésor, le genre d’endroit qui lui rappelait d’une certaine manière la boutique – sans les dangers et le côté morbide ou illégal. Sachant April de sortie, Morgan n’avait eu aucun scrupule à faire aller l’ancien tourne-disque magique qui trônait fièrement dans un angle de la pièce.
« C’est pas vrai, chuchota-t-elle, sortant une pochette d’une boite remplie de disque, il en a de ce groupe ? Bah dis donc Mister Farrell, je vous pensais pas comme ça… »
Prenant une pause plus que méritée – de son point de vue – elle s’empressa de mettre en marche l’appareil avec le fameux disque. Les premières notes de musique ne tardèrent pas à sortir de la grande trompe métallique, ce qui fut le début de la fin. De simple mouvement de tête et des fredonnements se mutèrent dans des pas de dance endiablés et non synchrones, et un chant à plein poumon avec pour micro un chandelier.
« Merlin ! laissa-t-elle échapper en se coupant net dans son ridicule spectacle, surprise et honteusement prise sur le fait, Kathleen, qu’est-ce que tu fais là ? »
La jeune fille qui avait pénétré dans la pièce sans que la sorcière s’en rende compte éclata alors de rire, et s’enfuit en courant pour tout autre réponse. Morgan s’écroula parterre dramatiquement, mais rejoignit rapidement le fou rire de l’enfant qui raisonnait dans les couloirs. Puis une pensée lui traversa l’esprit, et elle fronça les sourcils. On était vendredi, alors qu’est-ce que la jeune écolière fichait à la maison ?
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JUSTE UNE MINUTE
Le 1er juin 2050.
Morgan se tenait debout dans le petit couloir de l’entrée. Oh, ne vous méprenez pas : ce n’était ni pour enfiler rapidement, et maladroitement, ses bottes — comme elle l’avait fait mille et une fois, pressée par une vie trop remplie et une ponctualité douteuse — ni pour se déchausser à la hâte, titubant de fatigue ou d’alcool, abandonnant ses vêtements un à un sur le chemin menant au lit.
Ce n’était pas non plus pour ouvrir la porte à l’un des rares visiteurs connaissant son adresse. À vrai dire, celle-ci était déjà ouverte.
Non. Elle se tenait là, simplement. Elle observait. Elle gravait l’endroit dans sa mémoire, bien qu’elle n’en ait pas réellement besoin. La Galloise connaissait ces lieux par cœur, dans la lumière comme dans l’obscurité. Elle savait exactement combien de pas la séparaient de sa chaise de travail préférée — ou, toujours, de son lit.
Enfin… de ce qui avait été son lit. Car rien n’est éternel.
C’était une décision qu’elle avait mis bien plus de temps qu’elle ne l’aurait voulu à prendre. Voilà presque un an qu’elle avait récupéré sa maison d’enfance à Cardiff, jonglant entre les deux logements.
Ironique, tout de même, de se dire qu’il fallait « grandir » quand on avait déjà dépassé la trentaine. Mais c’était nécessaire, d’une certaine manière. April lui avait tant offert. Et Kathleen, malgré son jeune âge, lui avait appris tout autant. Combien de fois Morgan s’était-elle posé la question : si elle avait eu une famille comme la leur, combien aurait-elle été différente ?
Moins abîmée, sans doute. Moins amère.
Elle avait entrevu ce qu’était un foyer, un vrai. Et il lui était difficile de se détacher de cette chaleur. Mais ce n’était pas le sien. Elle n’en était qu’une invitée. Et Morgan savait qu’il était temps — temps de reprendre son propre chemin, de construire quelque chose qui lui appartienne vraiment.
Alors elle s’accordait une dernière pause. Une respiration. Une minute encore dans cet appartement désormais vide de ses affaires personnelles, mais chargé de souvenirs. Cet appartement qui ressemblait à celui qu’elle avait découvert, ce tout premier jour.
Juste une minute de plus, avant de commencer, encore une fois, une nouvelle vie.
Juste une minute.
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