Avant que le thé ne refroidisse
30 DÉCEMBRE 2048, 16h39,
CAFÉ ROSIER, GODRIC'S HOLLOW
Alyona, 19 ans
CAFÉ ROSIER, GODRIC'S HOLLOW
Alyona, 19 ans
Les rues s'essoufflent de vie. Moi qui les ai déjà connues silencieuses, j'ai désormais l'impression qu'elles n'ont jamais pu l'être. Comme si on leur avait jeté un sort, elles ont le cœur qui bat trop vite, les mots qui jaillissent de leurs lèvres colorées, les talons claquant à un rythme rapide sur le sol, les vêtements parés de nuances exotiques, et le corps qui se mouve, danse au cœur d'une tempête, rougis sous les lumières qui en révèlent les formes. Les rues de Godric's Hollow n'ont jamais été aussi belles, à rayonner sous ce ciel gris, à respirer fort dans ce vent glaçant. Elles créent leur propre musique, leur propre tempo sur lequel tous les pas se font et toutes les paroles se disent. Elles amènent sur mon visage un rayon de soleil. J'ai la sensation de les redécouvrir, et ce n'est pas pour me déplaire. Elles n'ont plus au-dessus d'elles cette ombre que mon cœur avait jetée. Elles sont devenues agréables à parcourir.
Je n'imaginais pas que l'approche de la Saint-Sylvestre dans la capitale sorcière se ferait ressentir de cette manière. Cela fait bien longtemps que je n'ai pas passé ces fêtes de fin d'année avec ma famille, autour d'une table trop garnie, à partager des paroles sans saveur. Désormais, c'est différent. C'est devenu comme un devoir, un rendez-vous que je ne peux me permettre de manquer. Je suis grande, il m'est devenu impossible de me réfugier derrière le travail pour éviter d'assumer mes responsabilités et mes devoirs envers ma famille. J'en fais partie, et je dois en occuper la place qui est la mienne. Bien sûr, cela n'a rien de simple, ni d'évident. Pourtant, je sais que je parviendrai, avec le temps, à jouer mon rôle, à être utile, à solidifier les liens de ma famille grâce à ma jeunesse. Je ferai mon devoir.
Je soulève ma jupe vert et blanc en passant au-dessus d'une flaque d'eau, mes bottines noires en recevant déjà quelques éclaboussures malheureuses. Pourtant, aucune ombre ne passe sur mon visage. Qu'importent la boue, le bruit et le monde : je rayonne. Je suis chez moi — aussi étrange que cela puisse paraître, j'en ai désormais la surprenante sensation —, et je me sens bien.
Quelques pas me suffisent pour rejoindre l'entrée du Café Rosier. Je pousse la porte, laissant les effluves étrangers et bien trop doux m'envahir les sens. Ce commerce, depuis la première fois où j'y suis entrée, participe à me faire sentir à l'aise dans cette grande ville. Il a quelque chose de convivial, d'agréable, et en même temps d'assez soigné. Bien sûr, ce n'est pas comme la maison de ma grand-mère maternelle, ni comme Poudlard, mais cela se rapproche un peu de la grande demeure de ma grand-mère paternelle. Il y a dans ces deux lieux une élégance et un raffinement qui participent grandement au bien-être que je trouve ici.
C'est l'heure du thé. Je m'installe à une table. Mes parents travaillent, ma maison était silencieuse, et la ville m'ouvrait les bras. Maintenant que je suis là, arrivée à ma destination, attendant que mon thé refroidisse entre mes doigts, j'ai l'impression de m'éveiller après un étrange rêve. Je ne sais plus quoi faire. Il faut que je trouve un présent pour Nahele et sa famille et que j'aille chercher des livres pour mon mémoire, mais j'aimerais juste, égoïstement, que l'étudiant soit avec moi. Les lourds rideaux rouges se sont levés, ma nouvelle vie de jeune adulte s'est dévoilée, et sur la scène, je reste seule. Les rues sont pleines, les cafés bruyants, les paroles multipliées, et je suis seule face à ma tasse de thé.
Malgré la vie qui s'essouffle ici ; malgré ce chez-moi presque retrouvé ; malgré la place que je commence à me faire dans ma famille, j'ai hâte de retourner à L'Institut. Ondine et Abby ne sont peut-être pas les amies que j'attendais, mais leur présence me permet de chasser les pensées de mon crâne. Les ombres au-dessus de Godric's Hollow s'installent dans ma tête quand la solitude me guette. J'ai besoin de nature, de plantes, des serres, d'apprendre ; mais surtout, j'ai besoin de compagnie.
Je fais tourner ma cuillère dans mon thé. À quoi ressemblent les grands espaces dans lesquels ces feuilles ont grandi ? Je pourrai me perdre à imaginer tout ce vert si loin d'ici. Quelles en sont les nuances, les odeurs, les sensations ? Quelles autres couleurs se cachent parmi ces végétaux ? À quoi ressemble la vie qui s'essouffle là-bas ?
L'année se termine, le chapitre prend fin, et je compte bien y abandonner définitivement la solitude qui me pèse parfois.
@Erin Fergusson, en espérant que le texte et le titre te conviennent ! Encore navrée pour le délai.
Titre librement inspiré du roman de Toshikazu Kawaguchi, Tant que le café est encore chaud.
Titre librement inspiré du roman de Toshikazu Kawaguchi, Tant que le café est encore chaud.
Dernière modification par Alyona Farrow le 1 avr. 2024, 19:32, modifié 1 fois.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Avant que le thé ne refroidisse
Godric's Hollow... Si l'été dernier j'étais contente d'y venir avec ma meilleure amie afin de lui faire découvrir certains lieux de la nouvelle capitale des sorciers, à présent, les choses étaient bien différentes. En effet, la ville dont était originaire l'un des fondateurs de Poudlard avait à mes yeux changé de statut, passant de lieu touristique à lieu de vie.
Quelques jours plus tôt, mes parents avaient déménagé, laissant derrière eux la maison où j'avais tous mes souvenirs pour s'installer dans l'un des confortables appartements du Quartier Peverell. Et bien sur, j'avais suivi.
C'était à présent mes frères qui occupaient la maison d'Inverness et qui avaient la gérance de l'affaire familiale. Ils avaient fini leurs études à l'IMSM au début de l'été comme botaniste et potionniste, le même cursus que nos parents. Ces derniers avaient chacun accepté un poste à la Nouvelle Sainte-Mangouste, l'hôpital pour sorciers, d'où le déménagement. Et puis, il y avait le futur bébé... Que de changement en si peu de temps.
Malgré le soin apporté par Ivy notre elfe de maison lors de l'installation de ma nouvelle chambre, je m'y sentais comme une étrangère. Et j'avais le même sentiment lorsque j'étais dans l'immense salon qui servait également de salle à manger.
Aussi, j'avais fuis. Enfin, c'était un bien grand mot. J'avais attrapé mon petit sac qui contenant ma bourse, mon boursouflet et emmitouflée dans un chaud manteau, j'étais sortie de cet appartement.
Au niveau de l'hôpital, j'avais tourné sur la rue Perpetua Fancourt, l'inventrice du Lunascope, pour rejoindre la Towy. J'avais ensuite longée la rivière en suivant la Promenade des Sirènes. Et enfin, bifurquée sur une petite rue pour rejoindre la Place Armand Malefoy où était situé le bâtiment du Conseil des Sorciers.
Cette balade m'avait un peu ouvert l'appétit. Et ça tombait bien car c'est à l'angle de cette ruelle qu'était situé le Café du Rosier.
J'entre dans le café et remarque rapidement parmi les clients une tête que me semble familière. Mince, c'est comment son prénom. Eli quelque chose ? Aly quelque chose ?
- Euh... Excuse-moi..., commençais-je à dire après m'être approchée de sa table. Tu étais bien à Poudlard, à Serdaigle, non ?, repris-je.
Si je ne me souvenais pas de son prénom, il y avait peut de chance qu'elle se souvient de moi. Trop d'années nous séparaient.
- J'm'appelle Erin Fergusson. J'suis en troisième année à Serdaigle., me présentais-je quand même. J'peux m'installer avec toi ?, finis-je par demander.
Quelques jours plus tôt, mes parents avaient déménagé, laissant derrière eux la maison où j'avais tous mes souvenirs pour s'installer dans l'un des confortables appartements du Quartier Peverell. Et bien sur, j'avais suivi.
C'était à présent mes frères qui occupaient la maison d'Inverness et qui avaient la gérance de l'affaire familiale. Ils avaient fini leurs études à l'IMSM au début de l'été comme botaniste et potionniste, le même cursus que nos parents. Ces derniers avaient chacun accepté un poste à la Nouvelle Sainte-Mangouste, l'hôpital pour sorciers, d'où le déménagement. Et puis, il y avait le futur bébé... Que de changement en si peu de temps.
Malgré le soin apporté par Ivy notre elfe de maison lors de l'installation de ma nouvelle chambre, je m'y sentais comme une étrangère. Et j'avais le même sentiment lorsque j'étais dans l'immense salon qui servait également de salle à manger.
Aussi, j'avais fuis. Enfin, c'était un bien grand mot. J'avais attrapé mon petit sac qui contenant ma bourse, mon boursouflet et emmitouflée dans un chaud manteau, j'étais sortie de cet appartement.
Au niveau de l'hôpital, j'avais tourné sur la rue Perpetua Fancourt, l'inventrice du Lunascope, pour rejoindre la Towy. J'avais ensuite longée la rivière en suivant la Promenade des Sirènes. Et enfin, bifurquée sur une petite rue pour rejoindre la Place Armand Malefoy où était situé le bâtiment du Conseil des Sorciers.
Cette balade m'avait un peu ouvert l'appétit. Et ça tombait bien car c'est à l'angle de cette ruelle qu'était situé le Café du Rosier.
J'entre dans le café et remarque rapidement parmi les clients une tête que me semble familière. Mince, c'est comment son prénom. Eli quelque chose ? Aly quelque chose ?
- Euh... Excuse-moi..., commençais-je à dire après m'être approchée de sa table. Tu étais bien à Poudlard, à Serdaigle, non ?, repris-je.
Si je ne me souvenais pas de son prénom, il y avait peut de chance qu'elle se souvient de moi. Trop d'années nous séparaient.
- J'm'appelle Erin Fergusson. J'suis en troisième année à Serdaigle., me présentais-je quand même. J'peux m'installer avec toi ?, finis-je par demander.
@Alyona Farrow Désolée pour l'attente
J'espère que ça te convient
J'espère que ça te convient
5e année RP (#0000ff) - - - PNJ | Les 3 "oeufs" : E.D. + E.F. + E.O'B. Princesse Erin + Steven Baron des Canetons |
Avant que le thé ne refroidisse
La vie des petits cafés, quand vient l'heure du thé, n'est plus la même. Les trottoirs se déversent doucement dans les salles élégantes, et les remous des discussions viennent faire écho aux bruits des tasses qu'on pose sur les tables. Les odeurs se mélangent. Fruits, plantes, agrumes, comme les notes d'une musique exotique. Ils ont des nuances élégantes, ces liquides brûlants qui envahissent l'air de leur arôme. Ils infusent en même temps que les pensées, dans des eaux calmes et claires.
Autour de moi, de plus en plus de personnes s'installent. Seules ou à plusieurs, elles me restent inconnues. Je ne leur apporte un intérêt que relatif. Les vies qui tournent à mes côtés n'entrent pas sous ma peau. C'est déjà tellement plein, là-dessous. Un regard étrange pourrait y mettre le feu. Au lieu de cela, je laisse mes réflexions tourner comme ma cuillère dans ma tasse.
L'Institut ne nous laisse pas beaucoup de temps de repos. Mes études sont exigeantes, elles demandent de moi du travail et une dévotion certaine. Alors, les vacances me paraissent toujours étranges, bien qu'elles n'en soient jamais vraiment. Elles me laissent l'occasion de penser à autre chose, d'échapper un peu à mon quotidien de l'IMSM. Je retrouve ma famille, et bien que ses membres m'ont souvent l'air étrangers, le temps passé en leur compagnie est agréable. Tout paraît différent. Comme si je prenais une autre peau. Animal à la fourrure changeante. Veste à double sens. Partout je suis moi, mais nulle part je ne suis entière. Toujours séparée d'une partie de ma vie. Cela s'est fait naturellement lors de mon entrée à Poudlard. Cela changera-t-il seulement un jour ? Pourrai-je une fois mêler ces deux vies qui sont les miennes ?
Je porte mon thé à mes lèvres, songeuse.
Je lève mes yeux de ma tasse quand une personne s'arrête en face de moi. C'est une jeune fille, de Poudlard probablement (encore une autre vie, un énième manteau qui désormais reste dans un placard). Des cheveux flamboyants, un regard océan. L'ai déjà vu quelque part ? Peut-être dans ce château auquel j'ai dit adieu. Probablement, même, d'après ses paroles. Est-ce une Bleue ? Les couleurs me paraissent maintenant plus ternes. En quittant l'œuvre, y laisse-t-on les éclats qu'on y a trouvés ?
Je repose ma tasse fumante mais mes doigts y restent accrochés.
« J'étais à Serdaigle, oui. »
Ma curiosité perle dans ma voix. Pourquoi être venue vers moi ? Est-elle perdue ? A-t-elle besoin de quelque chose ? Si oui, quoi ? Elle ne peut être venue sans exigences. Par politesse, peut-être ? Pourtant, elle semble à peine se souvenir de moi. Elle aurait pu passer à mes côtés sans que je ne la reconnaisse. Nous ne nous sommes, après tout, jamais parlées auparavant. Pourquoi s'arrêter ? Par curiosité ? Peut-être. Ne la verrai-je pas sur son visage dans ce cas ? Je l'y cherche, délicatement, voilant mon regard d'une légère surprise. Comme un archéologue secouant les poussières. Qu'est-ce qui l'amène ici, seule ? Cherche-t-elle justement quelqu'un ?
Sans réponse, je me contente de sourire. Offrir un visage accueillant ne peut pas être une mauvaise chose. Or, cette Erin semble bien trop seule dans une ville comme Godric's Hollow.
« Je t'en prie, installe-toi. » Une pause. Un regard interrogatif. Interrogatif, mais pas scrutateur. Je ne cherche pas à me mêler de ce qui ne me regarde pas, et je ne veux pas paraître impolie. Mes questionnements ne sont pas des exigences. Je n'arracherai pas la vérité si elle ne veut pas être donnée. Je peux recueillir, mais je ne blesserai pas. « Tu souhaites prendre quelque chose, un thé peut-être ? À moins que tu n'attendes quelqu'un ? »
Si elle prend une boisson, je lui payerai. Cette élève de Poudlard me paraît assez perdue ici, enveloppée d'adultes et d'inconnus. A-t-elle fui sa maison ? Attend-elle une amie ? S'est-elle égarée ? Peu importe la réponse, je ne peux lui refuser ma bienveillance. N'est-ce pas mon devoir, tendre la main pour ceux qui en ont besoin ? Ma paume sera toujours tournée vers le ciel, observant le soleil.
Autour de moi, de plus en plus de personnes s'installent. Seules ou à plusieurs, elles me restent inconnues. Je ne leur apporte un intérêt que relatif. Les vies qui tournent à mes côtés n'entrent pas sous ma peau. C'est déjà tellement plein, là-dessous. Un regard étrange pourrait y mettre le feu. Au lieu de cela, je laisse mes réflexions tourner comme ma cuillère dans ma tasse.
L'Institut ne nous laisse pas beaucoup de temps de repos. Mes études sont exigeantes, elles demandent de moi du travail et une dévotion certaine. Alors, les vacances me paraissent toujours étranges, bien qu'elles n'en soient jamais vraiment. Elles me laissent l'occasion de penser à autre chose, d'échapper un peu à mon quotidien de l'IMSM. Je retrouve ma famille, et bien que ses membres m'ont souvent l'air étrangers, le temps passé en leur compagnie est agréable. Tout paraît différent. Comme si je prenais une autre peau. Animal à la fourrure changeante. Veste à double sens. Partout je suis moi, mais nulle part je ne suis entière. Toujours séparée d'une partie de ma vie. Cela s'est fait naturellement lors de mon entrée à Poudlard. Cela changera-t-il seulement un jour ? Pourrai-je une fois mêler ces deux vies qui sont les miennes ?
Je porte mon thé à mes lèvres, songeuse.
Je lève mes yeux de ma tasse quand une personne s'arrête en face de moi. C'est une jeune fille, de Poudlard probablement (encore une autre vie, un énième manteau qui désormais reste dans un placard). Des cheveux flamboyants, un regard océan. L'ai déjà vu quelque part ? Peut-être dans ce château auquel j'ai dit adieu. Probablement, même, d'après ses paroles. Est-ce une Bleue ? Les couleurs me paraissent maintenant plus ternes. En quittant l'œuvre, y laisse-t-on les éclats qu'on y a trouvés ?
Je repose ma tasse fumante mais mes doigts y restent accrochés.
« J'étais à Serdaigle, oui. »
Ma curiosité perle dans ma voix. Pourquoi être venue vers moi ? Est-elle perdue ? A-t-elle besoin de quelque chose ? Si oui, quoi ? Elle ne peut être venue sans exigences. Par politesse, peut-être ? Pourtant, elle semble à peine se souvenir de moi. Elle aurait pu passer à mes côtés sans que je ne la reconnaisse. Nous ne nous sommes, après tout, jamais parlées auparavant. Pourquoi s'arrêter ? Par curiosité ? Peut-être. Ne la verrai-je pas sur son visage dans ce cas ? Je l'y cherche, délicatement, voilant mon regard d'une légère surprise. Comme un archéologue secouant les poussières. Qu'est-ce qui l'amène ici, seule ? Cherche-t-elle justement quelqu'un ?
Sans réponse, je me contente de sourire. Offrir un visage accueillant ne peut pas être une mauvaise chose. Or, cette Erin semble bien trop seule dans une ville comme Godric's Hollow.
« Je t'en prie, installe-toi. » Une pause. Un regard interrogatif. Interrogatif, mais pas scrutateur. Je ne cherche pas à me mêler de ce qui ne me regarde pas, et je ne veux pas paraître impolie. Mes questionnements ne sont pas des exigences. Je n'arracherai pas la vérité si elle ne veut pas être donnée. Je peux recueillir, mais je ne blesserai pas. « Tu souhaites prendre quelque chose, un thé peut-être ? À moins que tu n'attendes quelqu'un ? »
Si elle prend une boisson, je lui payerai. Cette élève de Poudlard me paraît assez perdue ici, enveloppée d'adultes et d'inconnus. A-t-elle fui sa maison ? Attend-elle une amie ? S'est-elle égarée ? Peu importe la réponse, je ne peux lui refuser ma bienveillance. N'est-ce pas mon devoir, tendre la main pour ceux qui en ont besoin ? Ma paume sera toujours tournée vers le ciel, observant le soleil.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Avant que le thé ne refroidisse
Le Café du Rosier... Ce n'était pas la première fois que j'y mettais les pieds. La première fois, c'était il y a un an et demi et j'y avais fait étrange rencontre. Après la visite du musée de l'Astronomie, maman m'avait laissé au café le temps d'aller faire une course. Et alors que j'étais en train de dessiner - enfin essayer de dessiner - un dragon, plus précisément un Noir des Hébrides, une voix m'avait proposer de l'aide. Et quelle aide ! Rien de moins que la responsable de la réserve des Hébrides justement. Autant dire que j'ai eu de précieux conseils améliorer mon piètre dessin.
L'été dernier, j'étais revenu ici en compagnie de ma mère et d'Ellana. Avec des grands parents paternels français, impossible de ne pas faire un tour pour déguster quelques pâtisseries.
Tout ça pour dire, qu'au moins, ici, j'avais des souvenirs, contrairement à l'appartement...
- Oh merci. Mais t'es sûre que j'te dérange pas ?, répondis-je à son invitation de prendre place à sa table. En même temps, je l'ai déjà dérangé en lui adressant la parole alors qu'on se connait à peine.
Je m'assois, déroulant mon écharpe de mon cou pour l'enrouler à nouveau tel un nid. Je pose ce nid de laine sur la chaise d'à côté, dépose en creux, Raidho, que je recouvre de l'extrémité de l'écharpe pour le cacher. Je ne sais pas si on a droit d'avoir un animal de compagnie dans l'établissement, alors, autant cacher mon boursouflet du regard des autres. Reste à espérer que ma boule de poil continue sa sieste.
- Euh, non... j'attends personne., commençais-je à répondre. En fait, j'me sens pas à l'aise chez moi... Alors, j'suis sortie et j'ai marché jusqu'ici. J'vais prendre un thé au jasmin et un chausson aux pommes. C'est super bon! Tu connais ?, demandais-je à l'ancienne élève de Poudlard tout en sortant ma bourse.
313mots
L'été dernier, j'étais revenu ici en compagnie de ma mère et d'Ellana. Avec des grands parents paternels français, impossible de ne pas faire un tour pour déguster quelques pâtisseries.
Tout ça pour dire, qu'au moins, ici, j'avais des souvenirs, contrairement à l'appartement...
- Oh merci. Mais t'es sûre que j'te dérange pas ?, répondis-je à son invitation de prendre place à sa table. En même temps, je l'ai déjà dérangé en lui adressant la parole alors qu'on se connait à peine.
Je m'assois, déroulant mon écharpe de mon cou pour l'enrouler à nouveau tel un nid. Je pose ce nid de laine sur la chaise d'à côté, dépose en creux, Raidho, que je recouvre de l'extrémité de l'écharpe pour le cacher. Je ne sais pas si on a droit d'avoir un animal de compagnie dans l'établissement, alors, autant cacher mon boursouflet du regard des autres. Reste à espérer que ma boule de poil continue sa sieste.
- Euh, non... j'attends personne., commençais-je à répondre. En fait, j'me sens pas à l'aise chez moi... Alors, j'suis sortie et j'ai marché jusqu'ici. J'vais prendre un thé au jasmin et un chausson aux pommes. C'est super bon! Tu connais ?, demandais-je à l'ancienne élève de Poudlard tout en sortant ma bourse.
313mots
Encore désolée pour l'attente
Je vais essayer d'être plus rapide
Je vais essayer d'être plus rapide
Dernière modification par Erin Fergusson le 21 juil. 2024, 22:49, modifié 1 fois.
5e année RP (#0000ff) - - - PNJ | Les 3 "oeufs" : E.D. + E.F. + E.O'B. Princesse Erin + Steven Baron des Canetons |
Avant que le thé ne refroidisse
Me dérange-t-elle ? Je ne pense pas. C'est plutôt sa situation qui m'embête : elle est seule, et, qui plus est, jeune, elle n'attend personne et n'est pas attendue. Pourquoi ? Est-ce un choix ou est-ce subi ? Quand la solitude est une compagne, à cet âge, il est bien étrange d'entrer dans un café. C'est là que le sentiment s'étale et prend toute son importance, quand près de soi il y a un silence alors que près des autres il y a du partage. Pourtant, moi aussi, je suis seule. Cependant, cela m'apparaît différemment. Mon isolement a été choisi. Comment peut-il l'être quand on est jeune ? Ne ressent-on pas davantage l'envie de parler, d'appartenir à un groupe, de sentir ses côtés occupés ? Je ne sais pas. Je suis grande mais, dans la vie, je n'en demeure pas moins toujours un peu perdue.
Je secoue la tête en souriant. Mon visage laisse entrer une certaine chaleur. Il est simple mais amical. Je ne veux pas paraître mentir en répondant, quand bien même ce n'est pas ce que je fais. « Oui. Tu ne me déranges vraiment pas. » Comment le pourrait-elle ? Et quand bien même, est-ce une raison pour ne pas accepter sa présence ? Si elle m'embarrassait, ne devrais-je pas pour autant l'accueillir ? N'est-ce pas mon devoir de faire une place à ceux qui en ont besoin ?
Je reporte ma tasse à mes lèvres. Boire alors, c'est comme dire : regarde, tu ne me gênes pas puisque je ne change pas mon comportement.
La jeune Bleue s'installe et je l'observe. Mes pensées ne s'égarent pas. Mon regard suit ses mouvements et mes doigts soutiennent ma tasse. Le monde avance et je me laisse couler, porter. C'est le présent qui respire et le crâne qui se tait.
L'explication de sa présence vient sans soucis. Moi qui craignais une situation inconfortable, je suis surprise par la simplicité de sa réponse. Surprise, mais compréhensive. Ne pas se sentir à l'aise chez soi, c'est un sentiment que je connais. Ne l'ai-je pas également ressenti en arrivant ici ? Pourtant, tout a évolué. Est-ce le temps qui est parvenu à guérir le passé ? Peut-être. Ou peut-être s'habitue-t-on juste à tout. Alors, Erin finira par se sentir mieux chez elle. Et si ce n'est pas le cas, en grandissant, elle se construira d'autres refuges plus agréables.
« Je vois, » répondis-je. Et pourtant, il y a une chose que je ne comprends pas, qui m'est étrangère : pourquoi être venue ici ? C'est une question en suspens, qui flotte et que je n'ose pas poser. À tendre les mains vers le ciel, on peut glisser sur les sentiers.
Je pose ma tasse sur la table. « Le chausson aux pommes ? J'en ai déjà mangé, je crois, mais c'était il y a longtemps. » J'ai un souvenir, vague, incertain. Peut-être un goûter avec Anaë, peut-être autre chose. Je préfère ne pas glisser davantage vers le passé, de peur de m'y perdre. Je suis bien ici, chez moi, avec ma tasse chaude et de la compagnie. Je n'ai pas envie de partir vers l'arrière.
Je ne remarque que tardivement la bourse dans les mains d'Erin. Mon regard s'était chargé de chercher un serveur, il ne faisait plus attention à elle et s'était enfui dans la salle. Mes pensées rattrapent bien rapidement le chemin pour proposer à la rousse l'idée qui m'était venue.
« T'embêtes pas, dis-je promptement en désignant la bourse de la Bleue, je peux payer pour deux, cela ne me dérange pas. Au contraire, cela me ferait plaisir. »
Avant qu'elle ne proteste et n'ouvre la bouche, je saisis l'occasion de détourner la conversation, affirmant ainsi ma décision, ne laissant aucune place à la contestation.
« Pourquoi n'es-tu pas à l'aise chez toi ? »
Et en saisissant l'occasion, je dérape un peu. N'est-ce pas une question trop indiscrète ? Et si je ne sais pas comment réagir à ce qu'elle me dit ? Et si cela la rend malheureuse d'y penser ? Mes sourcils se froncent et mes doutes s'effondrent. Elle ne paraît pas triste, juste un peu seule.
Je secoue la tête en souriant. Mon visage laisse entrer une certaine chaleur. Il est simple mais amical. Je ne veux pas paraître mentir en répondant, quand bien même ce n'est pas ce que je fais. « Oui. Tu ne me déranges vraiment pas. » Comment le pourrait-elle ? Et quand bien même, est-ce une raison pour ne pas accepter sa présence ? Si elle m'embarrassait, ne devrais-je pas pour autant l'accueillir ? N'est-ce pas mon devoir de faire une place à ceux qui en ont besoin ?
Je reporte ma tasse à mes lèvres. Boire alors, c'est comme dire : regarde, tu ne me gênes pas puisque je ne change pas mon comportement.
La jeune Bleue s'installe et je l'observe. Mes pensées ne s'égarent pas. Mon regard suit ses mouvements et mes doigts soutiennent ma tasse. Le monde avance et je me laisse couler, porter. C'est le présent qui respire et le crâne qui se tait.
L'explication de sa présence vient sans soucis. Moi qui craignais une situation inconfortable, je suis surprise par la simplicité de sa réponse. Surprise, mais compréhensive. Ne pas se sentir à l'aise chez soi, c'est un sentiment que je connais. Ne l'ai-je pas également ressenti en arrivant ici ? Pourtant, tout a évolué. Est-ce le temps qui est parvenu à guérir le passé ? Peut-être. Ou peut-être s'habitue-t-on juste à tout. Alors, Erin finira par se sentir mieux chez elle. Et si ce n'est pas le cas, en grandissant, elle se construira d'autres refuges plus agréables.
« Je vois, » répondis-je. Et pourtant, il y a une chose que je ne comprends pas, qui m'est étrangère : pourquoi être venue ici ? C'est une question en suspens, qui flotte et que je n'ose pas poser. À tendre les mains vers le ciel, on peut glisser sur les sentiers.
Je pose ma tasse sur la table. « Le chausson aux pommes ? J'en ai déjà mangé, je crois, mais c'était il y a longtemps. » J'ai un souvenir, vague, incertain. Peut-être un goûter avec Anaë, peut-être autre chose. Je préfère ne pas glisser davantage vers le passé, de peur de m'y perdre. Je suis bien ici, chez moi, avec ma tasse chaude et de la compagnie. Je n'ai pas envie de partir vers l'arrière.
Je ne remarque que tardivement la bourse dans les mains d'Erin. Mon regard s'était chargé de chercher un serveur, il ne faisait plus attention à elle et s'était enfui dans la salle. Mes pensées rattrapent bien rapidement le chemin pour proposer à la rousse l'idée qui m'était venue.
« T'embêtes pas, dis-je promptement en désignant la bourse de la Bleue, je peux payer pour deux, cela ne me dérange pas. Au contraire, cela me ferait plaisir. »
Avant qu'elle ne proteste et n'ouvre la bouche, je saisis l'occasion de détourner la conversation, affirmant ainsi ma décision, ne laissant aucune place à la contestation.
« Pourquoi n'es-tu pas à l'aise chez toi ? »
Et en saisissant l'occasion, je dérape un peu. N'est-ce pas une question trop indiscrète ? Et si je ne sais pas comment réagir à ce qu'elle me dit ? Et si cela la rend malheureuse d'y penser ? Mes sourcils se froncent et mes doutes s'effondrent. Elle ne paraît pas triste, juste un peu seule.
Dernière modification par Alyona Farrow le 28 juil. 2024, 13:25, modifié 1 fois.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Avant que le thé ne refroidisse
*mais quelle idiote...* Décidemment, rien de tourne correctement dans ma tête en ce moment. J'avais demandé si je pouvais m'installer avec elle et lorsque l'ancienne élève de Serdaigle me dit de m'assoir, je ne trouve rien de mieux à lui répondre que je ne veux pas la déranger. Si ça avait été le cas, elle m'aurait dit non. Je me retiens de m'envoyer une tape sur la tête pour mon manque de réflexion.
Après m'être installée, ainsi que mon boursouflet, j'avais énoncé ce que je comptais commander.
Ca allait peut-être être l'un des avantages d'avoir emménager à Godric's Hollow, pouvoir profiter des succulentes pâtisseries proposées au Café du Rosier. Des pâtisserie françaises.
- Tu devrais regoûter alors. C'est vraiment trop trop bon. Le feuilletage de la pâte et la compote de pommes sucrée à l'intérieur... miam !
J'avais sortit ma bourse pour payer mes achats. J'avais de l'argent de poche qui me permettait d'acheter ce que je voulais, mais sans excès quand même. Ma famille n'était pas à plaindre financièrement, entre les serres et la boutique d'apothicaire qui étaient tenues à présent par mes frères ainés et leurs futurs postes à la Nouvelle Sainte Mangouste.
Mais avant que je puisse payer, l'ancienne étudiante de Poudlard avait réglé ma commande.
- Oh mais fallait pas... euh Merci., bredouillais-je.
Voila, la question avait été posée. En même temps, j'avais entrouvert un passage qui allait y conduire.
Mais comment expliquer. Ca pouvait tellement être puérile comme comportement.
J'attends d'être servie et j'entoure la tasse de thé de mes deux mains, comme pour y puiser le courage de répondre.
- Ben en fait... on vient d'arriver en ville..., commençais-je à dire, les yeux plongée dans le contenue de la tasse. J'ai passé toute mon enfance dans notre maison à Inverness... Ici, j'ai pas d'souvenirs... C'est dur de dire que c'est chez moi..., poursuivis-je en relevant légèrement le regard en direction de la jeune femme. C'est bête, hein..., terminais-je en levant la tête pour la portée à ma bouche et en boire une gorgée.
339mots
Après m'être installée, ainsi que mon boursouflet, j'avais énoncé ce que je comptais commander.
Ca allait peut-être être l'un des avantages d'avoir emménager à Godric's Hollow, pouvoir profiter des succulentes pâtisseries proposées au Café du Rosier. Des pâtisserie françaises.
- Tu devrais regoûter alors. C'est vraiment trop trop bon. Le feuilletage de la pâte et la compote de pommes sucrée à l'intérieur... miam !
J'avais sortit ma bourse pour payer mes achats. J'avais de l'argent de poche qui me permettait d'acheter ce que je voulais, mais sans excès quand même. Ma famille n'était pas à plaindre financièrement, entre les serres et la boutique d'apothicaire qui étaient tenues à présent par mes frères ainés et leurs futurs postes à la Nouvelle Sainte Mangouste.
Mais avant que je puisse payer, l'ancienne étudiante de Poudlard avait réglé ma commande.
- Oh mais fallait pas... euh Merci., bredouillais-je.
Voila, la question avait été posée. En même temps, j'avais entrouvert un passage qui allait y conduire.
Mais comment expliquer. Ca pouvait tellement être puérile comme comportement.
J'attends d'être servie et j'entoure la tasse de thé de mes deux mains, comme pour y puiser le courage de répondre.
- Ben en fait... on vient d'arriver en ville..., commençais-je à dire, les yeux plongée dans le contenue de la tasse. J'ai passé toute mon enfance dans notre maison à Inverness... Ici, j'ai pas d'souvenirs... C'est dur de dire que c'est chez moi..., poursuivis-je en relevant légèrement le regard en direction de la jeune femme. C'est bête, hein..., terminais-je en levant la tête pour la portée à ma bouche et en boire une gorgée.
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5e année RP (#0000ff) - - - PNJ | Les 3 "oeufs" : E.D. + E.F. + E.O'B. Princesse Erin + Steven Baron des Canetons |
Avant que le thé ne refroidisse
Je souris aux paroles pleines d'innocence de la rousse. Les « trop trop bon » et le « miam » ont quelque chose de si simple et naïf. Ce n'est pas réfléchi, c'est dit avec le coeur. La spontanéité et le naturel des plus jeunes ne cesseront jamais de faire naître dans mon âme une lumière fort tendre. Pourquoi notre regard change-t-il quand nous grandissons ? Pourquoi perdons-nous tout cela, cette franchise, cette aisance, cette sincérité ? Pourquoi tout se tord, se complique, se noue ? Quand on est jeune, on court pour avancer ; et puis on trébuche, une fois, deux fois, c'est le temps qui joue ses tours ; alors, on délaisse les longues foulées pour la marche, plus prudente, plus sûre, plus mesurée. Pourquoi ? J'aimerais retrouver la simplicité qui caractérisait mon enfance. Je crois que c'est pour cela que j'aime passer du temps avec des adolescents et des enfants : ils ont ce que j'ai perdu et ce que je n'aurai plus. Je reconnais en eux une richesse à laquelle je n'ai plus accès, et grâce à leur présence, c'est comme s'ils me la partageaient. Ils soulèvent le voile du temps pour me placer à leurs côtés, et le monde étincelle.
Alors, je hoche la tête en souriant, comme une promesse, une assurance. Je regoûterai ce chausson aux pommes qui, dans les mots de la Bleue, apparaît comme une merveille. Et qui sait, peut-être que je le ferai moi-même un jour ? J'ai pâtissé une ou deux fois depuis de début de mes vacances, et c'est assez agréable. Cela me fait du bien, et c'est là une activité que j'aimerais effectuer plus souvent. Je garde cette idée en tête pour mon avenir semé d'inconnus.
Je décèle facilement la gêne d'Erin causée par mon paiement et ma question. Au début, je m'en veux un peu. Que m'a-t-il pris ? Pourquoi avoir agi ainsi ? Je ne veux pas la mettre mal à l'aise, au contraire. Elle n'est pas venue pour replonger dans ce qui la tracasse. Mon rôle n'est pas de la contraindre à me révéler quoi que ce soit, je dois davantage lui tendre la main, lui offrir un accueil chaleureux et bienveillant qui l'éloignerait de ce qui la peine. Ainsi, je me mords les lèvres, agacée par mon geste et mon interrogation déplacée.
Pourtant, après réflexion, je pense que cela lui ferait du bien d'en parler. Parfois, c'est en laissant quelques mots à une personne inconnue qu'on se libère du poids qui nous incommodait. Or, je ne demande qu'à l'aider. C'est pourquoi je lui laisse le temps d'y penser.
Sa réponse me touche. Je m'y retrouve, et je replonge plusieurs années en arrière, la première fois que je suis venue dans le nouveau Godric's Hollow avec mes parents. J'avais les mêmes sensations, les mêmes impressions, les mêmes craintes. Alors, je lui réponds avec mon coeur ouvert, sans réfléchir, poussée par ma sensibilité qu'elle a effleurée de ses mots hésitants.
« Non, ce n'est pas bête. Moi aussi je viens d'Écosse, et quand j'ai déménagé à Godric's Hollow, il y a maintenant deux ans, j'avais les mêmes craintes que toi. » Je tente un sourire réconfortant avant de reprendre. « Cette impression d'être chez soi, elle se construit avec le temps, et avec sa famille. Au début, il y a un temps d'adaptation, mais après on s'habitue, et on se fait des souvenirs. »
Je baisse les yeux sur mes doigts avant de regarder de nouveau la rousse.
« Cette ville, c'est à toi de te l'approprier. Tout est nouveau, alors tu peux y créer ce que tu veux. Tu peux commencer des habitudes avec tes parents, et aménager ta chambre comme tu le souhaites, pour former un espace où tu te sentiras bien. Peut-être que pour le moment, ce n'est pas vraiment chez toi, mais cela le deviendra doucement, tu verras. »
Et si, égoïstement, je regarde vers moi. Godric's Hollow, est-ce devenu mon foyer, ma demeure, mon chez-moi ? Peut-être.
Alors, je hoche la tête en souriant, comme une promesse, une assurance. Je regoûterai ce chausson aux pommes qui, dans les mots de la Bleue, apparaît comme une merveille. Et qui sait, peut-être que je le ferai moi-même un jour ? J'ai pâtissé une ou deux fois depuis de début de mes vacances, et c'est assez agréable. Cela me fait du bien, et c'est là une activité que j'aimerais effectuer plus souvent. Je garde cette idée en tête pour mon avenir semé d'inconnus.
Je décèle facilement la gêne d'Erin causée par mon paiement et ma question. Au début, je m'en veux un peu. Que m'a-t-il pris ? Pourquoi avoir agi ainsi ? Je ne veux pas la mettre mal à l'aise, au contraire. Elle n'est pas venue pour replonger dans ce qui la tracasse. Mon rôle n'est pas de la contraindre à me révéler quoi que ce soit, je dois davantage lui tendre la main, lui offrir un accueil chaleureux et bienveillant qui l'éloignerait de ce qui la peine. Ainsi, je me mords les lèvres, agacée par mon geste et mon interrogation déplacée.
Pourtant, après réflexion, je pense que cela lui ferait du bien d'en parler. Parfois, c'est en laissant quelques mots à une personne inconnue qu'on se libère du poids qui nous incommodait. Or, je ne demande qu'à l'aider. C'est pourquoi je lui laisse le temps d'y penser.
Sa réponse me touche. Je m'y retrouve, et je replonge plusieurs années en arrière, la première fois que je suis venue dans le nouveau Godric's Hollow avec mes parents. J'avais les mêmes sensations, les mêmes impressions, les mêmes craintes. Alors, je lui réponds avec mon coeur ouvert, sans réfléchir, poussée par ma sensibilité qu'elle a effleurée de ses mots hésitants.
« Non, ce n'est pas bête. Moi aussi je viens d'Écosse, et quand j'ai déménagé à Godric's Hollow, il y a maintenant deux ans, j'avais les mêmes craintes que toi. » Je tente un sourire réconfortant avant de reprendre. « Cette impression d'être chez soi, elle se construit avec le temps, et avec sa famille. Au début, il y a un temps d'adaptation, mais après on s'habitue, et on se fait des souvenirs. »
Je baisse les yeux sur mes doigts avant de regarder de nouveau la rousse.
« Cette ville, c'est à toi de te l'approprier. Tout est nouveau, alors tu peux y créer ce que tu veux. Tu peux commencer des habitudes avec tes parents, et aménager ta chambre comme tu le souhaites, pour former un espace où tu te sentiras bien. Peut-être que pour le moment, ce n'est pas vraiment chez toi, mais cela le deviendra doucement, tu verras. »
Et si, égoïstement, je regarde vers moi. Godric's Hollow, est-ce devenu mon foyer, ma demeure, mon chez-moi ? Peut-être.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Avant que le thé ne refroidisse
Je ne savais pas que j'avais un tel côté Poufsouffle. Certes, j'aime bien mangé, je mange quand même à peu près de tout, à part quelques légumes ou certains trucs à l'intérieur que je trouvais trop... bref. Mais de là à utiliser des "trop trop bon" et des "miam" pour décrire à quel point j'adorais les chaussons aux pommes, ça faisait vraiment gamine de 5 ans, dégustant du chocolat et qui en aurait partout sur les doigts et le contour de la bouche. Vivement l'arrivée dudit chausson que je me cache derrière.
La question avait été posée : pourquoi... Peut-être qu'en parler avec une personne extérieur pourrait m'aider à y voir plus clair. Marine et Eileen avaient également essayé de me rassurer lorsque j'avais appris le déménagement et tout ce qu'il y était lié, le changement de professions de mes parents, l'arrivée du futur bébé. Au moins les paroles de l'ancienne élève me rassurent à propos de nom nouveau lieu d'habitation. Je réalise que je ne suis pas la seule à qui ça arrive. L'été dernier, c'était Ellana qui avait du quitter Londres pour s'installer plus vers la campagne. Au moins, à Godric's Hollow, il y avait pas mal d'activités à faire, des boutiques et tout. C'était peut-être pas si mal, finalement.
- moui... j'suppose que c'est l'signe que la vie avance... les choses changent forcément, on peut pas y faire grand chose., répondis-je.
Mon regard plonge a nouveau dans ma tasse de thé, comme si j'allais y lire une réponse.
En buvant une nouvelle gorgée, mes yeux se pose sur la plus âgée et je réalise qu'on parle surtout de moi. C'est un peu égoïste, non ?
- Et euh... Tu fais quoi maintenant ? J'veux dire, depuis qu'tu as fini Poudlard?, lui demandais-je en reposant ma tasse sur la table.
302mots
La question avait été posée : pourquoi... Peut-être qu'en parler avec une personne extérieur pourrait m'aider à y voir plus clair. Marine et Eileen avaient également essayé de me rassurer lorsque j'avais appris le déménagement et tout ce qu'il y était lié, le changement de professions de mes parents, l'arrivée du futur bébé. Au moins les paroles de l'ancienne élève me rassurent à propos de nom nouveau lieu d'habitation. Je réalise que je ne suis pas la seule à qui ça arrive. L'été dernier, c'était Ellana qui avait du quitter Londres pour s'installer plus vers la campagne. Au moins, à Godric's Hollow, il y avait pas mal d'activités à faire, des boutiques et tout. C'était peut-être pas si mal, finalement.
- moui... j'suppose que c'est l'signe que la vie avance... les choses changent forcément, on peut pas y faire grand chose., répondis-je.
Mon regard plonge a nouveau dans ma tasse de thé, comme si j'allais y lire une réponse.
En buvant une nouvelle gorgée, mes yeux se pose sur la plus âgée et je réalise qu'on parle surtout de moi. C'est un peu égoïste, non ?
- Et euh... Tu fais quoi maintenant ? J'veux dire, depuis qu'tu as fini Poudlard?, lui demandais-je en reposant ma tasse sur la table.
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Avant que le thé ne refroidisse
La rousse ne paraît pas convaincue ou apaisée par mes paroles, et cela me contrarie. Ses yeux plongent dans sa tasse tandis que je remets en question mes agissements. J'ai l'impression de ne pas avoir été à la hauteur, de ne pas avoir dit ce qu'il fallait. Pourtant, en s'installant près de moi, Erin ne cherchait sûrement pas du réconfort, plutôt de la compagnie. Cependant, j'aurais aimé lui être utile en soulevant une inquiétude de ses épaules. J'aurais aimé lui apporter un autre regard sur sa situation, et l'aider à prendre du recul pour qu'elle se sente mieux. J'aurais aimé la rassurer. Néanmoins, il me faut en venir à cette conclusion qui m'attriste et ne me plaît pas : je ne semble pas avoir réussi. D'ailleurs, la Serdaigle préfère changer de sujet. La solution était-elle donc là depuis le début ? Devais-je la distraire de ses pensées plutôt qu'essayer d'apaiser celles-ci ? Je saisis l'occasion qu'elle m'offre pour m'améliorer, ne désespérant pas à l'idée de lui être utile. Si parler de moi peut l'aider, alors je le ferai.
J'entoure ma tasse de mes doigts, gagnant du temps avec ce geste pour mettre mes idées au clair. Par où commencer ? L'évidence et le plus simple, j'imagine. N'est-ce pas ce qui est logique et attendu ?
« Je suis étudiante à l'IMSM. » Ma voix est calme et naturelle. Elle ne dégouline plus de la bienveillance dont je l'avais enveloppée. Je préfère parler normalement, ce sera sûrement plus agréable pour Erin. « L'Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques, » précisé-je au cas où cela n'évoquerait rien à la rousse.
Je glisse une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. Dois-je en dire plus ou cela serait-il de trop ? Le silence me fait peur et, après tout, on m'a posé une question, j'ai donc le droit de développer ma réponse. De plus, je ne veux pas paraître fermée, et j'ai toujours en tête le fait que distraire l'élève de Poudlard de sa situation peut lui être plus utile encore que mes paroles sans effet qui étaient destinées à la rassurer. Qui sait, peut-être que mes études l'intéresseront ? Ce serait une belle surprise, et une forme de petite victoire.
Alors, sans attendre davantage, je poursuis :
« Je suis en filière botanique, pour devenir botaniste. C'est ma première année, et je ne sais pas encore ce que je ferai par la suite. Mais mes études me passionnent, bien que l'Institut soit assez différent de Poudlard. »
Je souris doucement à la rousse. Poudlard, est-ce que cela lui évoque de belles choses ? Pense-t-elle à ses amis, à ses professeurs, à ce qu'elle y apprend ? Est-elle curieuse, aime-t-elle le savoir ? Elle est à Serdaigle, donc il est probable qu'elle prenne plaisir à découvrir les sorts et toutes les particularités du monde sorcier. Alors, le château la fera peut-être sourire, elle aussi. Qu'il est doux de replonger par la pensée entre ses murs ! Je ne regrette pas d'y être partie pour étudier à l'Institut, mais parfois les moments que j'y ai vécus me rendent nostalgique. J'aimerais pouvoir les revivre une deuxième fois.
Mon sourire toujours épanoui sur mes lèvres, j'avale quelques gorgées de mon thé avant de poser à mon tour des questions à Erin.
« La botanique t'intéresse ? Y a-t-il déjà des matières ou des voies qui t'attirent pour tes études ? »
J'essaye de l'entraîner vers des sujets qui lui plaisent, voire même qui la passionnent — qui sait ? —, espérant qu'elle me suive et qu'elle soit heureuse d'en parler.
J'entoure ma tasse de mes doigts, gagnant du temps avec ce geste pour mettre mes idées au clair. Par où commencer ? L'évidence et le plus simple, j'imagine. N'est-ce pas ce qui est logique et attendu ?
« Je suis étudiante à l'IMSM. » Ma voix est calme et naturelle. Elle ne dégouline plus de la bienveillance dont je l'avais enveloppée. Je préfère parler normalement, ce sera sûrement plus agréable pour Erin. « L'Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques, » précisé-je au cas où cela n'évoquerait rien à la rousse.
Je glisse une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. Dois-je en dire plus ou cela serait-il de trop ? Le silence me fait peur et, après tout, on m'a posé une question, j'ai donc le droit de développer ma réponse. De plus, je ne veux pas paraître fermée, et j'ai toujours en tête le fait que distraire l'élève de Poudlard de sa situation peut lui être plus utile encore que mes paroles sans effet qui étaient destinées à la rassurer. Qui sait, peut-être que mes études l'intéresseront ? Ce serait une belle surprise, et une forme de petite victoire.
Alors, sans attendre davantage, je poursuis :
« Je suis en filière botanique, pour devenir botaniste. C'est ma première année, et je ne sais pas encore ce que je ferai par la suite. Mais mes études me passionnent, bien que l'Institut soit assez différent de Poudlard. »
Je souris doucement à la rousse. Poudlard, est-ce que cela lui évoque de belles choses ? Pense-t-elle à ses amis, à ses professeurs, à ce qu'elle y apprend ? Est-elle curieuse, aime-t-elle le savoir ? Elle est à Serdaigle, donc il est probable qu'elle prenne plaisir à découvrir les sorts et toutes les particularités du monde sorcier. Alors, le château la fera peut-être sourire, elle aussi. Qu'il est doux de replonger par la pensée entre ses murs ! Je ne regrette pas d'y être partie pour étudier à l'Institut, mais parfois les moments que j'y ai vécus me rendent nostalgique. J'aimerais pouvoir les revivre une deuxième fois.
Mon sourire toujours épanoui sur mes lèvres, j'avale quelques gorgées de mon thé avant de poser à mon tour des questions à Erin.
« La botanique t'intéresse ? Y a-t-il déjà des matières ou des voies qui t'attirent pour tes études ? »
J'essaye de l'entraîner vers des sujets qui lui plaisent, voire même qui la passionnent — qui sait ? —, espérant qu'elle me suive et qu'elle soit heureuse d'en parler.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Avant que le thé ne refroidisse
C'est quoi la vie quand on a treize ans ? Le temps partagé entre l'école et les vacances avec la famille ? Le temps partagé avec ses amis ? Les petites disputes avec la voisine du dortoir qui laisse trainer ses affaires ? Certains pensent déjà à l'amour... sans commentaire Certains commencent déjà à réfléchir sur l'avenir, l'après Poudlard.
Et le moindre changement nous semble insurmontable ou injuste, voir les deux. Peut-être parce que ce sont les adultes qui décident pour nous et qu'on a pas toujours le droit au chapitre.
Toutes ses pensées tournent dans mon esprit alors que j'observe le contenu de ma tasse de thé. Celle-ci ne me répondra pas et l'art de la divination n'est pas dans mon cursus. Les rares tentatives lors des cours de runes m'ont bien montré que je n'étais pas intéressée par cette pratique.
Et en parlant de changement de vie, la jeune femme avec qui je partageais un thé était bien placé pour en avoir vécu un. Finit Poudlard pour elle.
- Oh, j'connais !, répondis-je vivement. Mes parents et mes frères ainés ont étudié là-bas. La botanique et les potions, c'est une affaire de famille., poursuivis-je. En fait, si on a déménagé ici, c'est parc'que mon père va s'occuper des serres de la Nouvelle Sainte-Mangouste. Maman, elle, elle va rejoindre le laboratoire de potions. Enfin, pour l'moment, parc'qu'elle va surement devoir s'arrêter avec le bébé. J'sais pas trop pour quand la naissance est prévue...
Déménagement, changement de travail et un futur bébé à la maison, voilà tous les changements qui m'étaient tombés dessus il y a quelques semaines.
- Moi, c'est surtout les créatures magiques qui m'intéressent le plus. Mais j'aime bien les plantes et les potions. J'ai même deux plantes dans la serre des élèves.
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Et le moindre changement nous semble insurmontable ou injuste, voir les deux. Peut-être parce que ce sont les adultes qui décident pour nous et qu'on a pas toujours le droit au chapitre.
Toutes ses pensées tournent dans mon esprit alors que j'observe le contenu de ma tasse de thé. Celle-ci ne me répondra pas et l'art de la divination n'est pas dans mon cursus. Les rares tentatives lors des cours de runes m'ont bien montré que je n'étais pas intéressée par cette pratique.
Et en parlant de changement de vie, la jeune femme avec qui je partageais un thé était bien placé pour en avoir vécu un. Finit Poudlard pour elle.
- Oh, j'connais !, répondis-je vivement. Mes parents et mes frères ainés ont étudié là-bas. La botanique et les potions, c'est une affaire de famille., poursuivis-je. En fait, si on a déménagé ici, c'est parc'que mon père va s'occuper des serres de la Nouvelle Sainte-Mangouste. Maman, elle, elle va rejoindre le laboratoire de potions. Enfin, pour l'moment, parc'qu'elle va surement devoir s'arrêter avec le bébé. J'sais pas trop pour quand la naissance est prévue...
Déménagement, changement de travail et un futur bébé à la maison, voilà tous les changements qui m'étaient tombés dessus il y a quelques semaines.
- Moi, c'est surtout les créatures magiques qui m'intéressent le plus. Mais j'aime bien les plantes et les potions. J'ai même deux plantes dans la serre des élèves.
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5e année RP (#0000ff) - - - PNJ | Les 3 "oeufs" : E.D. + E.F. + E.O'B. Princesse Erin + Steven Baron des Canetons |