Apologising...

La grimace de Klee l'amusa autant qu'elle lui fit peur, cette façon de réagir telle une petite fille boudeuse et têtue aurait tellement pu être la sienne dans d'autres circonstances, qu'Éli se sentit presque rassuré d'entendre les mots de Narcisse, complétant cette attitude enfantine.

Si Klee semblait avoir tourné la page de leur animosité, que son maître avait déjà retrouvé une attitude beaucoup sereine et détendue, ne laissant aucun doute sur le fait qu'il ne détestait pas Éli, il n'en restait pas moins que pour la jeune fille, le fond du problème était toujours là. Les paroles qu'elle avait prononcées, déjà confuses pour elle, n'avaient pas vraiment trouvé écho chez Narcisse. Comment pouvait-il comprendre ce qu'elle-même peinait à décrypter ? Pourtant, sans même comprendre, il lui déversa un torrent de bienveillance et d'amitié sincère auquel elle ne pouvait malheureusement pas répondre. Il ne la juger pas, il lui laissait même l'espace dont elle avait besoin. Éli aurait dû être tellement heureuse de ça, elle aurait dû profiter, et le remercier d'être ce qu'il était, d'être là malgré tout, mais à la place, elle se sentit terriblement mal, encore plus qu'avant.

- tu vois... c'est comme ça que doit s'comporter un ami... Comme tu l'fais toi... pas comme j'fais moi...j'suis pas une bonne amie pour toi, t'es trop gentil pour m'l'dire, t'es p't'être même trop gentil pour le penser, mais c'est vrai.

Lui était rayonnant, après tout ce qu'elle venait d'avouer, il l'était même encore plus qu'avant, projetant autour de lui son aura positive. Pourtant, elle se sentait encore plus coupable de le voir aussi gentil, et sa bienveillance la renvoyait directement vers toute la méchanceté et les mauvaises pensées qu'elle avait parfois eut contre lui gratuitement.

Oui, il fallait qu'elle mette de la distance entre eux pour avancer de son côté, pour avancer sur ses problèmes, ce n'était pas une volonté, c'était devenu un besoin. Elle n'y arriverait pas autrement. Se notant mentalement de parler de tout ça avec Miss Vermillon lors de leur prochaine séance, elle savait que le chemin serait long. Peut-être qu'un jour elle aurait enfin l'espace nécessaire pour leur amitié, libre des fantômes du passé, mais pas maintenant.

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Apologising...
La tête de Narcisse pencha lourdement sur le côté, son visage traduisit soudainement sa totale incompréhension. Comment un enfant comme lui, aussi naïf, profondément gentil et attentionné, patient et soucieux des autres, pouvait, ne serait-ce qu'un instant, saisir le concept de ce qu'elle lui disait ? Elle, ne pas être une bonne amie ? Mais, qu'est-ce que ça voulait dire, seulement, ça, en fait ? Ses sourcils se froncèrent, alors qu'il poussa son cerveau au maximum pour tenter de comprendre.

Et cela lui sauta aux yeux.

Il écarquilla ces derniers, avant que son visage ne s'apaise brusquement sous son calme revenu. Les choses lui apparaissaient clairement désormais, et il ne comptait pas lâcher son amie de cette manière.

Sa main fut soudainement projetée par son bras jusqu'au front d'Élisabeth, qu'il toqua affectueusement d'une pichenette surprise. Ce geste pouvait apparaître bizarre, mais pour Narcisse, il s'agissait là d'un geste d'une grande attention. Combien de fois ses parents lui avaient fait la même chose, lorsqu'il déplorait ne pas être assez bon dans telle ou telle matière, qu'il estimait ne pas être assez bien, assez gentil, patient, ou n'importe quoi d'autre ? Qu'il avait raté tel ou tel plat, cassé tel ou tel objet, et qu'il s'en lamentait exagérément, rongé par le regret ?

Beaucoup de fois, et à chaque fois, ce contact, stimulant, et réconfortant, pour lui, avait permis aux conversations qui s'ensuivaient de toujours s'ancrer en lui.

Aussi, en repliant ses genoux sous son menton, et en enserrant ses jambes de ses bras, son visage prit un air sérieux, mais doux.

"T'arrêtes de raconter des bêtises ? Ça veut dire quoi être une bonne amie, hein ? J'sais pas c'qui t'arrives, mais j'suis sûr qu't'es pas comme ça d'habitude, et surtout, que t'aimes pas être comme t'es actuellement."

Son regard se renforça, semblant presque pénétrer celui de son amie, pour sonder son âme.

"On fait tous des conneries. Et effectivement, j'pense absolument pas qu't'es une mauvaise amie. J'te vois juste comme quelqu'un qui a besoin d'aide."

Sa tête se pencha de nouveau sur le côté.

"Mais qu'est pas prêt à l'accepter tout d'suite... On a tous le droit de se perdre un peu, dans la vie."

Un soupir, il secoua la tête en souriant, avant de finalement hausser les épaules, apparemment résigné.

"J'comprends pas tout, mais c'est pas grave. Faut prendre soin d'soi avant d'prendre soin des autres, ok ? Alors prends tout l'temps qu'y t'faut, mais vraiment, promis, quand t'es prête, bah tu reviens, et on reparle, ok ?"

Il hésita un instant à tendre son petit doigt pour lui faire la promesse, mais il sentit qu'elle n'aurait pas apprécié. Au lieu de cela, il lui tendit son poing serré, dans l'attente du sien, comme pour sceller un petit pacte. La sincérité de ses émotions transparaissait encore et toujours sur ses traits, sans l'ombre d'une machination ni d'une dissimulation.

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Apologising...
Le contact des doigts du garçon sur son front ne lui arracha quasi aucune réaction de surprise, trop noyée dans ses réflexions douloureuses pour y voir un geste amical, mais sa pichenette eut le mérite de la recentrer sur ce qu'il avait à lui dire.

Non, elle ne racontait pas de bêtises, et même s'il voulait être gentil, ça ne l'était pas de lui voiler la face. Cacher les problèmes sous une couche de mièvrerie acidulée aux compliments et aux faux-semblants n'aidait personne, elle en avait déjà fait l'expérience malheureusement. À quoi bon recouvrir la crasse par du parfum ? Il fallait laver, désinfecter, et remettre en état ou jeter... c'était la seule façon de faire pour elle.

Mais il avait raison sur un point, elle n'était pas comme ça d'habitude, peut-être parce que jusque-là, elle n'avait été qu'une imposture tentant de cacher au mieux ses zones d'ombre ? Même si elle n'aimait pas ce qu'elle était devenu ces dernières semaines, elle aimait encore moins cette fausse image qu'elle avait donné à voir aux autres avant. Il fallait qu'elle se trouve maintenant, elle en avait besoin.

Elle resta quelques secondes muette après les mots de Narcisse, puis enfin, se sentit prête à répondre ce qu'elle pensait le plus juste. Le silence revenu dans la cour ne laissait passer que le son du vent pour accompagner la tension palpable, et avant même qu'Éli puisse dire un seul mot, le garçon tendit son poing fermé, un geste qu'elle aurait très bien pu faire elle-même, geste qu'elle lui avait déjà imposé à plusieurs reprises d'ailleurs. Pourtant, cette fois, le regard de la jeune fille se posa sur la main de Narcisse avec une neutralité presque douloureuse. C'était SON signe d'amitié, un signe anodin dans lequel elle mettait souvent bien plus. Avec Lukas, Constance, Lucia et même Redose, ce check matérialisé un lien fort, pas toujours facile certes, mais une attache vraie et sincère. Aujourd'hui, devant son camarade, elle n'était pas du tout sûre de pouvoir encore y mettre la sincérité qu'il attendait de cette fusion tactile.

Elle ne frappa pas.
À la place, elle se contenta de poser sa main sur la sienne pour la faire redescendre, avant de se détacher de son contact complètement.

- Non justement, j'ai pas envie d'prendre soin d'moi, c'est exactement le contraire... j'veux prendre soin des autres maintenant. Par Helga Narcisse, on s'rend pas compte parfois du mal qu'on fait, ni des mots qu'on dit, tu sais...j'ai fait du mal, beaucoup, alors du temps il va en falloir oui. Dire pardon c'est pas suffisant, enfin...ça l'est plus pour moi, j'ai b'soin d'changer vraiment et j'sais pas si j's'rais prête un jour pour... D'un doigt, elle traça dans le vide la distance entre eux deux, le visage désolé. ...ça. Puis elle se leva déterminée à ne pas montrer la faiblesse de ses émotions, encore.

Avançant de quelques pas dans la cour, elle s'arrêta brusquement.
Elle savait qu'elle aurait dû se retourner pour s'excuser encore de partir de cette façon, s'excuser de rompre un lien qui n'existait peut-être que d'un côté depuis toujours, et dont elle n'avait aucune certitude quant à la survie dans l'avenir. Mais à la place, elle resserra ses mâchoires, déglutie difficilement, et se mit à courir vers le château sans un regard derrière elle. Il fallait qu'elle avance, qu'elle devienne ce qu'elle voulait être, et elle ne pourrait le faire qu'en coupant les liens toxiques qui la retenaient encore à son passé.

@Constance Nelson, @Lucia Varalta, @Redose Omniak pour la mention
Dernière modification par Élisabeth Willis le 26 avr. 2024, 15:07, modifié 1 fois.

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Apologising...
Narcisse baissa les yeux sur la main de son amie qui fit descendre son poing serré. Une pointe picota son cœur avant que ce dernier ne se serre, et que son sourire ne se pince légèrement, dans un soupir un peu dépité. Même Narcisse était quelque peu sensible au rejet, mais il avait au moins la chance de ne pas se retrouver plongé dans des affres de désespoir lorsque cela arrivait. En général, il se contentait d'inspirer, et de passer à autre chose. Chose qu'il fit à l'instant, en relevant ses yeux en direction de sa camarade, pour lui sourire d'un air compréhensif, avant de l'écouter.

Sa première phrase le fit immédiatement déchanter. Mais, qu'est-ce qu'elle racontait ? C'était affreux ! Évidemment qu'il fallait prendre soin de soi ! De son air hébété, il regarda l'index de son amie traverser l'espace entre eux, sans pouvoir réagir, tant il était perturbé par ce qu'elle déclarait. Elle se leva, il la regarda, impuissant, et l'observa s'éloigner, bouche-bée, incapable de faire un mouvement.

Ce fut l'instant où elle se mit à courir qui permit à Narcisse de brusquement se redresser. Il hésita, un très court instant, à la rattraper. Il savait qu'il n'aurait eu aucune difficulté à le faire, il était rapide, mais quelque chose le retint. Ce n'était pas ce qu'il fallait faire. Mais alors, quoi ? Quoi, putain ? Il fallait faire quoi ??? Ses doigts enserrèrent son t-shirt alors qu'il se mordit la joue jusqu'au sang, avant de finalement ouvrir ses lèvres pour crier.

"Tu peux pas prendre soin des autres si tu prends pas soin d'toi !"

Son visage crispé par l'émotion, il la laissa s'éloigner d'un air déterminé, une moue attristée déformant ses lèvres.

Quel culot, de sa part, de lancer un tel avertissement à sa camarade, lorsque lui-même s'oubliait totalement au profit de ceux et celles qu'il aimait. Mais bon, vous connaissez le proverbe, faites ce que je dis, pas ce que je fais. Encore aurait-il fallu qu'on lui mette le nez sur ce problème pour qu'il commence à lui-même en prendre conscience.

Libre à toi de décider si Éli l'entend ou pas ! Trop bon RP !

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