Catharsis
Juillet 2017 Troisième Acte: Une migration vers le bonheur
Se rendre à Cardiff ne fut pas si compliqué en réalité, mais à ses yeux, tout lui paraissait avoir été fait pour lui jeter des sortilèges dans les pattes*! Alors oui, elle aurait pu prendre un moyen e transport plus simple, et donc sorcier... Mais même en ayant conscience qu'elle était majeure, et que sa famille n'avait absolument pas l'influence nécessaire pour déployer des moyens trop importants pour la retrouver, elle avait préféré utiliser une voix de transport moldu.
Très simplement: elle avait regretté son choix et détesté le trajet. C'était long, et bruyant, et une odeur de sueur flottait dans l'air et agressait ses narines à chaque mouvement. Personne ne restait à sa place les enfants hurlaient, des adultes ronflaient, et des pieds avaient été posé surs ses accoudoirs. Ce dernier point avait d'ailleurs eu raison de sa patience et la brune avait fui jusque dans des escaliers où respirer n'était une bataille permanente. Son sac toujours dans les bras, Aalana observa le paysage défiler à travers une fenêtre. La maisonnée Coel avait dû se réveiller depuis un moment, comment avaient-ils réagit en découvrant sa disparition? Qui étaient en colère? Qui étaient triste? Qui étaient indifférent? La tête posée sur son sac lequel reposait sur ses genoux, elle émit un long soupir en resserrant sa prise sur son unique bagage. Bonjour! L'accent chantant dans la salutation anglaise la surprise, ce n'était pas un accent d'Ecosse, ça elle pouvait l'affirmer. En se retournant, Aalana découvrit une jeune enfant, blonde aux yeux marrons avec des lunettes roses, et un tee-shirt à l'effigie d'un drôle d'ours jaune avec un haut... L'enfant ne la quittait pas des yeux, et quelque peu surprise, Aalana eu besoin de quelques secondes pour la saluer à son tour. Oh heu oui bonjour. Lui répondit-elle à son tour en anglais. Apparemment ravie, la blondinette alla s'asseoir près d'Aalana, et l'étroitesse des escalier obligea une proximité dont Aalana n'était certainement pas habituée. T'es jolie! Tu ressembles à ma poupée, comment tu t'appelles? La sorcière allait de surprise en surprise, le franc parlé de l'enfant lui fit papillonner des yeux. Oh vraiment? C'est gentil merci, je m'appelle Aalana, et toi? S'en suivit une longue conversation au cours de laquelle Aalana apprit à connaitre la petite Gwendolyne qui partait rejoindre son papa et ses grands-parents pour les vacances parce que sa maman devait travailler. Evidemment, la curiosité de l'enfant mit l'Ecossaise dans une situation délicate qui la poussa à réinventer sa vie pour l'adapter à une version moldue convaincante. Arrivée à l'arrêt de Gwendolyne et sa mère, la petite Galloise laissa en cadeau à Aalana ses bonbons préférés: des "têtes brulées", Dont le goût si acide surprit Aalana qui se jura de ne plus en manger, tout en reprenant.
Les heures défilèrent, si lentement, que Aalana eu le temps d'observer les moyens d'occupation moldu pour un si long trajet: des jeux de cartes, des heures passées devant des petits écrans qui s'animaient, des jouets similaires à ceux que lui avaient montrés la petite Gwendolyne... Aalana n'avait rien de tout ça sur elle, la seule chose à laquelle elle put s'essayer fut la sieste. Le réveil fut douloureux, son épaule gauche comme sa nuque lui étaient douloureuses, et en sortant du train, les autres passagers se dirigèrent d'un seul homme vers la sortie, en emportant Aalana qui se contenta de suivre nerveusement la mouvement général. Ce ne fut qu'en passant devant une boulangerie que l'Ecossaise réalisa à quel point elle avait faim. Les grandes vitres laissaient apercevoir de belles baguettes, ainsi que des viennoiseries qui semblaient encore plus appétissantes que d'habitude! Après tout, elle n'avait pas mangé depuis la veille au soir... Et les bonbons acide ne pouvaient lui remplir correctement l'estomac. Après une courte hésitation, elle pénétra à l'intérieur pour se payer une petite récompense chocolatée.
Heureusement pour elle, tout le monde parlait anglais, et même si elle avait conscience de devoir trouver l'adresse de cette Ariana, les couleurs de la ville, ses odeurs et ses bruits la distrayait. Elle semblait bien loin de l'instant où elle se retournait à chaque pas pour s'assurer de ne pas être suivi ou observer. Ce ne fut qu'après que ses pieds aient commencé à la faire souffrir qu'Aalana se décida à chercher sérieusement. Après quelques essais à demander de l'aide aux passants ou aux quelques policiers qu'elle avait pu croiser qu'elle atterrit finalement dans la bonne rue. Face à l'immeuble, Alana se sentit perdu. Que devait-elle faire au juste? Cette femme ne devait pas savoir qu'elle allait venir, ou peut-être que si? Allait-on venir la chercher? Les yeux fixés sur la porte, soudainement inquiète de sa possible incapacité à s'adapter à la vie moldue, Aalana se maudit à nouveau intérieurement pour ne pas avoir suivit les enseignement sur les moldus. Un vieil homme maigrichon et barbu vêtu d'une veste en cuire noire lui passa devant en lui jetant un regard curieux avant de l'interroger, la main sur la poignée. Vous entrez? Aalana ne pu que lui rendre son regard, interloquée par le choix vestimentaire de l'homme en ce temps pourtant assez chaud.Non, je ne suis pas sûre d'être à la bonne adresse... Sans un mot ou un regard de plus, l'homme entra en refermant rapidement la porte derrière lui. Les minutes passèrent durant lesquelles Aalana se contenta d'observer la bâtisse. Comment savoir si elle était au bon endroit? Et si au final cette Ariana ne pouvait pas l'accueillir? Alors que les questions prenaient de plus en plus de place dans sa tête, on l'apostropha en gallois, et tout comme avec Gwendolyne, Aalana se surprit à presque sursauter en se retournant les yeux grands ouverts.
Face à elle se dressait une petite femme noire, plus petite qu'elle et aux formes aussi généreuses qu'un nuage, mais son visage lui avaient des traits froids, et un regard qui diminua encore son assurance. Elle n'avait pas compris un seul mot, et se contenta d'observer la femme encore quelques secondes avant de tenter une approche en anglais. Heum, bonjour, je suis désolée mais je ne parle pas Gallois. La femme au visage fermé portait sur ses épaules deux sacs de courses qui ne semblaient rien peser pour elle, alors même qu'Aalana en voyait déborder ses courses. J'tai d'mandé c'que tu fais planté là. He bien, que ce soit en Gallois ou en anglais, la voix de cette femme était aussi douce qu'un couteau. L'Ecossaise avala sa salive en tournant un regard vers la porte de l'immeuble. Je, je suis à la recherche de quelqu'un... Hum, et c'est censée être son adresse mais... la Galloise aux courses haussa un sourcil, en commençant déjà à catégoriser la jeune fille face à elle comme une pauvre gamine paumée des beaux quartiers. T'as pensé à vérifier à l'interphone? Oui, elle s'était doutée qu'elle devrait faire face à un vocabulaire et des choses inconnues, mais si tôt! le terme employé lui était parfaitement inconnu, et la brunette perdait de son calme en cherchant à ne pas laisser apparaitre sa panique. Face au mutisme de la plus jeune, la Galloise monta les quelques marches de l'entrée et lui désigna un panneau grisâtre d'un léger coup de tête. A l'interphone oui. C'est quoi son nom? Prise par une légère vague de soulagement alors qu'aucun jugement sur son ignorance ne fut émit à voix haute, Aalana se rapprocha du panneau où elle pu observer quelques noms accolé à des cercles, qu'elle observa. Oh! hum c'est une femme du nom de Ariana Baughan. Prise de court, la Galloise se retourna entièrement vers elle, les yeux plissés en la détaillant de la tête aux pieds. Hé bah c'est moi. Qu'est-ce que tu me veux au juste?
*: jeter des sortilèges dans les pattes= mettre des bâtons dans les roues
ReducioReprésentation de Ariana Baughan
Dernière modification par Nélya Marks le 4 juil. 2024, 23:57, modifié 1 fois.
Quand y'a des PBM, y'a la KAN qui s'en mêle !
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Catharsis
Septembre 2017Depuis les mois qu'elle avait vécue en compagnie de Ariana, la vie d'Aalana avait changé du tout au tout, et pour son plus grand bonheur, Ariana n'était certainement pas du genre à être curieuse. Loin de là, mais elle imposait une certaine distance "je ne te pose pas de question, alors n'en poses pas non plus", aussi Aalana, même si elle était surprise qu'Ariana accepte de l'héberger si rapidement, elle en était surtout rassurée. Cependant elle n'aurait pas dit non à un peu plus de douceur de la part de cette femme. Ariana vivait sa vie à toute vitesse, et le temps d'adaptation d'Aalana ne l'intéressait pas.
Apprendre à lancer une machine, à faire la vaisselle, passer le balai et toute autre corvée lui prit du temps, Aalana n'aimait pas ça, mais elle n'osait pas vraiment se plaindre, de peur de se faire mettre à la porte même si, le temps passant, elle pouvait affirmer que ce n'était pas le genre de la quarantenaire.
Une forme de routine s'était installée également, à 9h quand Aalana se réveillait, Ariana était déjà partie travailler en lui laissant la moitié de ce qu'elle s'était préparée pour le petit-déjeuner. Sur la porte du frigo, une liste de choses à faire attendait la jeune sorcière, des tâches pouvant aller de " lire les informations du monde moldu pour une meilleure intégration" à "passer le balai et la serpillère". A midi, Ariana rentrait avec de la nourriture, et débriefait de la matinée d'Aalana pour répondre à ses questions, sans jamais aborder ce que elle faisait, et le reste de la journée, Ariana retournait travailler, pendant que Aalana s'occupait de terminer ses tâches, ou alors allait faire des petites courses demandée par Ariana. Au soir, Ariana préparait à nouveau à manger en tentant d'apprendre des recettes de base à l'Ecossaise, et une fois le diner passé, Ariana s'installait devant sa télévision, chose pour laquelle Aalana n'arrivait pas à se passionner comme son hôte. Il n'y avait que le week-end où les choses changeaient, et où Aalana était dispensée de corvées et pouvait demander ce qu'elle voulait. En général, les demande de la jeune fille tournaient autour de balades.
En se promenant avec Ariana, Aalana n'avait pu que remarquer le nombre de groupes de jeunes gens qui semblaient avoir son âge. Ils étaient de plus en plus nombreux, et Aalana se doutait bien qu'il s'agissait de groupe d'élèves. Ariana avait bien vu le regard presque envieux de la petite mais avait préféré garder le silence. Pourtant, les jours et les semaines passant, les longs regards qu'elle coulait à ces groupes ne faiblirent pas, loin de là. Jusqu'au jour où même Ariana finit par aborder le sujet en première, pendant qu'Aalana observait les passants depuis le petite balcon. Tu commences à bien te faire à la vie ici, mais je n'ai pas ton âge. Trainer avec des jeunes de ton âge est ce qui te permettra au mieux de t'intégrer définitivement. La surprise fut totale pour Aalana. Ariana était ce genre de personne qui attendait qu'on lui fasse clairement part de ses envies, et qui favorisait la sécurité. Etait-elle vraiment prête à sortir pour rencontrer des gens de son âge? Saurait-elle s'intégrer? Mais, et si je ne comprends pas ce qu'ils racontent? Si je passe pour une idiote, il me sera difficile de sociabiliser correctement après, non? Pour seule réponse, Ariana lui coula un long regard un brin exaspéré et se contenta d'augmenter le son de son émission.
Un week-end suivant, pour sa plus grande surprise, Aalana ne choisit pas l'activité, et dû suivre Ariana jusqu'à un magasin dans lequel elle n'était jusque là jamais rentré. Pourtant, elle ne mit pas longtemps à comprendre, et s'empressa d'attraper son hôte par la manche. Ariana, qu'est-ce qu'on fait là? Sans lui tourner un regard, la sorcière continua de passer en revue les smartphone présentés. Dans un magasin d'informatique, au rayon des téléphones, tu penses à la bonne chose. Il serait temps pour toi d'en avoir un, non? Après 17 ans à vivre dans un monde sans technologie, Aalana ne voyait pas de problème à ne pas posséder de smartphone, et il fallait dire que ces choses l'effrayaient un peu. Non, non je n'en ai pas besoin. Et si ça explosait? Je vis très bien sans tu sais. Dans un soupir Ariana lui tourna un de ses regards fatigués à travers lequel, sans témoigner de colère, elle se contentait de jauger Aalana, sa réponse et ce que son expérience lui avait apporté. D'accord. Si tu n'en veux pas, n'en prends pas. Mais tu verras, qu'un jour ou l'autre, tu voudras en avoir un. Sur ces derniers mots, Les femmes quittèrent la boutique.
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Catharsis
TW: Harcèlement de rue, insulte
Novembre 2017 - la vie n'est pas forcément plus douce
Une paire de basket aux pieds, un jogging ayant servit de pyjama, et un sweat enfilé à la va vite, Aalana salua rapidement la quarantenaire avant de sortir faire de petites emplètes pour la recette d'Ariana. Elle s'habituait de plus en plus à sa vie ici, au silence d'Ariana, à ses quelques rêves de sa vie au manoir qui ne la laissaient plus dans un état second à scruter la rue par la fenêtre, de crainte d'y voir le visage d'un Coel. Elle prenait le bus seule, elle parlait un peu gallois, ou du moins maitriser quelques phrases types, s'habituait aux expressions locales des adolescents, et à toute cette technologie dont elle refusait toujours de s'approcher.
En entrant dans la grande surface où elle commençait à prendre ses repaires comme une véritable habituée, elle fut agréablement surprise de reconnaitre la chanson qui passait. Après quelques minutes à déambuler entre les rayons, elle finit par mettre la main sur tout ce dont elles avaient besoin pour cuisiner et gagna les caisses. Derrière elle dans la file, le bruit sourd de deux pack de bière attira son regard, lequel tomba sur plusieurs boites de moyens contraceptifs posés directement sur les packs de boisson, ce qui ne manqua de lui décrocher une légère grimace de gêne. Hé bien, même si elle s'habituait chaque jour un peu plus à la nouvelle vie qu'elle avait décidé de mener, il n'était pas facile de changer de vieilles habitudes, parmi lesquelles le malaise entourant le monde de la sexualité qu'elle n'avait abordé qu'à d'extrêmes rares occasions avec sa mère ou sa tante Anneline.
Si elle pensait à vite détourner le regard, l'un des deux jeunes hommes derrière ne manqua de laisser échapper un rire, attirant le regard d'Aalana, qui s'en voulut aussitôt. Le blond au cheveux coupés très courts devant et en survêtement bleu dont elle croisa le regard ne manqua de lui adresser un clin d'oeil, seul instant où cet homme la regarda dans les yeux d'ailleurs... Prise d'un sentiment d'inconfort, l'écossaise s'empressa de détourner le regard pour avancer au rythme de ses articles sur le tapis de course en croisant les bras.
Cependant, leur tourner le dos ne l'empêcha pas d'entendre les bribes de leur conversation pleine d'expression qu'Aalana n'avait pas encore eu le loisir d'entendre. Elle n'avait plus envie d'être là, si auparavant l'idée de faire une petite promenade avait entamé un bout de chemin dans son esprit, l'idée ne se manifesta plus.
Alors que le client devant elle ranger ses courses dans un sac, Aalana se retourna vivement en sentant quelque chose lui toucher le bas du dos, pour se retrouver encore plus près de l'homme blond qui affichait un large sourire sur son visage pâle. L'envie de rentrer se fit plus pressante, et elle s'écarta du duo à grandes enjambées dès la salutation de la caissière. Sans relever une seule fois les yeux malgré le regard insistant de l'homme accroché à elle, la sorcière s'empressa de déposer un billet et fourra la monnaie dans sa poche avant de quitter le magasin à grandes enjambées.
De retour à l'arrêt de bus, elle patienta en observant la vie autour d'elle; les vieux couples qui avançaient main dans la main, les enfants avec leur sac sur le dos, la femme au visage fatigué qui promenait son chien... Elle passait d'individu en individu, en s'imaginant à quoi pouvait bien ressembler leur vie, leur prêtant des identités qu'elle ne pourrait jamais confirmer. Une masse lourde vint faire trembler le banc en plastique en s'y posant, et Aalan y jeta naturellement un coup d'oeil, pour retrouver la figure souriante et ses yeux baladeurs... Salut Lui dit-il sans même croiser son regard. T'es partie super vite, tout à l'heure. Aalana avait du mal à comprendre ce qu'il se passait, pourquoi l'aborder? Elle n'avait manifesté aucune envie d'établir un dialogue pourtant. En plus... Elle n'aimait pas sa façon de se pencher vers elle et de la détailler comme un produit qu'on hésite à acheter. Les sourcils froncés, elle se contenta de détourner le regard vers les autres usagers patientant autour d'eux, mais personne ne les regardait. Hé, t'es muette? Nan, j'sais que non. Tu t'appelles comment? Tu fais un truc après? Les questions s'enchainaient mais aucune réponse ne venait se former. La situation l'énervait, et en même temps, la colère mourrait sous quelque chose de plus grand, un tremblement intérieur qui gonflait peu à peu son malaise. Son silence ne découragea en rien le blond à l'accent similaire à ce qu'elle entendait sur les chaines locales, et il porta même une main vers elle, à son visage. Hé! Prise de court, elle s'empressa de se reculer en fronçant les sourcils, ce qui ne lui valut qu'un léger rire. Tu vois qu't'es pas muette, allez faut pas réagir comme ça, je suis juste gentil avec toi. Gentil? Alors! Elle avait presque envie de rire à son tour, elle ne décelait pas de gentillesse chez ce type et perdit le peu de calme qui l'empêchait de réagir jusque là. Au lieu d'être gentil, tu peux juste me laisser tranquille, je ne comprend pas pourquoi tu viens me parler, et je n'ai pas envie de faire al conversation. Au revoir. Finit-elle en appuyant sur ses derniers mots. Elle entreprit de tourner la tête vers le panneau indiquant l'arrivée du bus lais fut stoppé par le ton grave qu'employa celui qui n'affichait plus son sourire. Il la toisait avec mépris et colère, et Aalana se surprit à se serrer les doigts pour ne pas perdre contenance. Fais pas la belle comme ça, t'es juste un peu belle et j'suis gentil avec toi, pourquoi tu fais l'hystérique comme ça? Dans ton vieux jogging en plus, tu te crois meilleur que tout le monde ou quoi?! Le ton était monté, et il se mêlait en Aalana un mélange de colère et de crainte, elle avait encore du mal à passer au delà des haussements de voix à son égard, encore du mal à ne pas se sentir comme une enfant impuissante, encore du mal à se dire qu'on ne lui ferait plus de mal. Dans un geste mécanique, elle observa à nouveau les personnes autour d'eux, mais personne ne semblait vouloir réagir. Le regard encore accroché aux dos de certains, la voix toujours plus colérique et pressante de l'homme s'éleva, tout comme lui alors qu'il se plaça face à Aalana. Elle se sentait piégée, assise entre cet homme qui réveillait de vieilles blessures et la paroi de l'abris. Ses mains toujours crispés sur les hanses de son sac, elle ne put que l'écouter vociférer sur son attitude hautaine, sur le fait qu'elle "faisait trop la belle", et d'autre accusations véhémentes qu'elle ne parvenait même plus à comprendre, tant il parlait vite et mangeait ses mots, ou alors était-ce la faute au sang battant dans ses tempes?
La bouche sèche, elle sentit une vague de soulagement en apercevant enfin le bus arriver, les portes s'ouvrir et enfin chaque personne s'y engouffrer sans un regard vers elle. Son regard en quittait plus les portes du bus, elle craignait de les voir se refermer, sans l'attendre... Après un nouveau coup d'oeil au blond, elle inspira et souleva son sac pour se glisser sur le côté et s'empresser de rejoindre le véhicule. Mais au moment où les portes se refermèrent derrière elle, elle eut le temps d'entendre un mot, une insulte en anglais que tous ceux à l'avant du bus devait avoir entendu " Salope ". Ce n'est qu'en trouvant un siège de libre qu'Aalana réalisa au combien sa gorge lui était douloureuse et ses yeux la piquaient. La tête baissée, elle sentie une première larme rouler sur sa joue, rapidement suivit d'une autre alors qu'elle s'entoura de ses bras pour apaiser son coeur affoler.
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Décembre 2017- Et voilà, c'est comme ça qu'on fête noël. Assise sur son canapé les pieds au fond de ses chaussettes décorées pour la saison sur la table basse, Ariana baissa le son du générique de fin du téléfilm de Noël en tournant un regard vers Aalana, laquelle tenait encore sa tasse de chocolat chaud.
- Mais... ça arrive vraiment? L'interrogea-t-elle en frottant son pouce à la anse.
D'un léger haussement d'épaules désinvoltes Ariana porta à ses lèvres sa canette de bière pour en avaler une longue gorgée sous le regard de la jeune femme. Mhh, s'essuyant du revers de la main, elle haussa les sourcils en cherchant une réponse à fournir à son hôte. Bahh, doit bien y'avoir des gens avec une histoire comme ça. Ouais l'coup d'foudre pour un pauv' type malchanceux dans la vie c'est pas si exceptionnel. Mais que le miracle de l'amour les aident à surmonter tous les obstacles de la vie, la pauvreté, et tout et tout bof. J'pense que c'est plus rare.
L'histoire d'amour qu'elle avait observé avec la plus grande des attentions sur le petit écran tournait encore dans la tête de la sorcière, laquelle ne pouvait s'empêcher d'imaginer ce que cela faisait d'être l'inspiration des plus belles paroles qu'il lui ait été donné d'entendre. Un léger sourire flottait sur ses lèvres, alors que son regard se perdait dans le liquide chocolatée de son verre. Il ne fallut pas attendre bien longtemps avant que la galloise ne termine sa boisson et ne quitte le canapé en cuir qui ne manqua pas de couiner. Elle claqua une main sur l'épaule de la jeune brune avant de l'invitée à aller profiter de leur Welsh Lamb. L'écossaise alla trouver sa place face à Ariana, laquelle commenta la cuisson de sa viande et la bonne odeur de son plat, se targuant d'être un vrai cordon bleu. La différence était flagrante: Ariana parlait bien plus, et ce n'était certainement pas une chose dont Aalana allait se plaindre, mais pour autant que leurs conversations s'étaient rallongées, jamais les deux femmes n'avaient réellement discuter de leur vie, de leurs aspirations ou de toutes ces choses qui forment une personnalité... La seule discussion s'en étant rapproché était celle ayant eu lieu à son retour marquant des courses, après ce que Ariana lui avait expliqué être de l'harcèlement de rue... Mais à quoi tu penses? Ramenée à l'instant présent, Aalana se redressa sur sa chaise, bien obligée d'admettre qu'elle ne savait plus de quoi lui parlait la quarantenaire. Heu... Désolée, j'étais perdue dans mes pensées... Ariana acquiesça doucement en servant les assiettes. Et... Tu veux en parler? De tes pensées? Ses paroles furent suivit d'un échange de regard qui s'allongea dans le temps, jusqu'à être finalement rompu pour laisser la galloise s'asseoir.
Ces quelques secondes permirent néanmoins à Aalana de se trouver une réponse qui était positive à la question de son hôte. Couverts en mains, son regard allait et venait entre son assiette et les mains actives d'Ariana qui semblait impatiente de goûter au plat. Tu as toujours vécu ici? Je veux dire... Même pendant ta scolarité à Poudlard? La question posée, Ariana ne put même pas profiter du goût de la viande qu'elle mâchait. Pendant des mois, les deux sorcières s'en étaient tenues au minimum, et même moins parfois... Déjà parce qu'elle n'avait pas besoin de faire amie-amie avec une gamine paumée qu'on lui envoyait... Mais elle devait bien admettre qu'elle qui avait vécu seule pendant si longtemps avait doucement commencé à apprécier devoir s'occuper de quelqu'un, de ne pas rentrer dans un appartement vide, de parler de banalités devant la télé... Après tout, faire connaissance c'était un peu la base non? Mh, non pas vraiment. Mon père vivait à Cardiff, et parfois je venais chez lui, parce que mes parents étaient divorcés. Pendue aux lèvres de la galloise, Aalana se sentit plus légère d'obtenir une réponse, et le soulagement, si flagrant était-il sur ses traits, poussa la plus âgée à détailler sa vie malgré la légère gêne qui luisait dans son regard partiellement fuyant.Je suis née ici. Mon père était un moldu, ma mère une sorcière. Et il ne l'a apprit que quand j'ai reçu ma lettre pour Poudlard... C'est à cause de ce mensonge qu'ils ont divorcés. Une nouvelle bouchée pour permettre se permettre une pause au milieu de ses vieux souvenirs. Aalana l'observa avant de l'imiter. Désolée. Je ne vais pas insister...
A nouveau seuls les bruits de couverts résonnèrent avant qu'Ariana, plus détendue n'émette un soupir. J'ai bien une petite idée de la manière dont t'as été éduquée, mais t'as plus besoin de faire ce qu'on t'as apprit là-bas. Après tout, si t'es partie, c'est bien pour faire à ta façon non? C'est normal d'être curieuse, alors ne réagit pas comme ça. Aalana ne pouvait que donnait raison à la galloise, et ce constat la fit doucement sourire alors qu'elle opinait du chef en baissant la tête pour couvrir ses yeux humides. Aalana. J'suis loin d'être pédagogue ou quoi que soit, mais je peux au moins te donner ce conseil, mais je te garantie pas qu'il soit bien ou mauvais. Intriguée, la brune aux longues boucles lâches releva la tête en fronçant les sourcils. Sois aussi insolente que possible. Ne te demande pas si tu risques de blesser les autres, le seul truc qui compte vraiment, c'est de te protéger toi. Et quand tu sauras faire ça, tu sauras de toi-même quand tu pourras faire attention aux autres, d'accord? La brunette n'avait rien à dire, et se contenta d'avaler bouchée par bouché en reniflant, incapable de se départir de l'image d'elle-même enfant, quand l'insolence lui était apparu comme la meilleure arme et le meilleur bouclier, avant que les deux ne cèdent... Allaient-ils tenir cette fois?
[...]
A pas de Dissimuleur, la jeune femme avait quitté son lit pour évoluer sur la pointe des pieds jusqu'à atteindre le salon. Installée dans un coin du canapé, elle illumina sa baguette pour observer la télécommande jusqu'à parvenir à allumer la télévision à son troisième essai. Le son la fit sursauter, et elle s'empressa de le baisser en tournant la tête vers la partie de l'appartement où était la chambre d'Ariana, elle ne voulait pas la déranger!
Il fallut à l'écossaise quelques longues secondes durant lesquelles elle inspira profondément pour apaiser son coeur avant d'oser rajouter du son, non sans tourner la tête à chaque fois, histoire de vérifier qu'Ariana ne se tiendrait pas au bout du couloir.
Par chance, la veille, aucune des deux femmes n'avaient changé de chaine, et Aalana pu découvrir avec un émerveillement enfantin qu'un nouveau film de noël passait à la télé. Les bras autour de ses genoux, arriver au milieu du film ne la gêna pas, bien au contraire puisque la romance qu'elle admirait tant était déjà en action. Le regard attendri, Aalana savoura chaque paroles et chaque regards amoureux, en rêvant d'un jour être la personne à qui on s'adresserait de la sorte.
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février 2018 Agée de 19 ans depuis quelques semaines, l'emploi du temps d'Aalana avait changé, à présent elle était occupée par un travail déniché via les contacts d'Ariana et payé "au black" chose à garder secrète apparemment. Elle partageait son travail avec une autre personne, un malien de 38 ans, qui apprenait difficilement l'anglais mais qui était de bonne compagnie.
Emmitouflée dans un manteau matelassé et une grosse écharpe, Aalana salua les deux commis de cuisine qui courraient déjà dans tous les sens pour assurer les commandes sous les vociférations toujours ponctuées d'insultes du chef dont le fort accent empêchait la plupart du temps Aalana de le comprendre. Au revoir Djibril. Salua-t-elle son collègue malien sur le départ suite à un problème de dernière minute. L'homme, suffisamment grand pour devoir se baisser afin de ne pas se cogner le front au cadre de la porte s'inclina respectueusement en lui offrant un sourire qui vieillissait son visage tiré par la fatigue et le travail.
La brunette attacha rapidement ses cheveux et se plaça à son poste, en commençant par laver les verres qui s'empilaient déjà, chose habituelle une fois que le soleil se couchait, et ce à cause du bar assez populaire tant chez les étudiants que chez les adultes après une longue journée de travail. Même avec la porte fermée, l'écossaise pouvait entendre la musique qui secouait le bar, et si au départ elle ne parvenait pas à s'empêcher de tirer la grimace, à présent elle bougeait la tête en rythme. Ohhh mais ne serait-ce pas la plus belle fille du monde? La main qui se posa sur son dos ne la surpris pas tant, mais la jeune femme ne l'appréciait pas pour autant. Sans mettre en pause son nettoyage de verre, elle tourna un regard du côté du châtain à sa droite qui lui offrit un sourire que n'importe qui aurait pu qualifier de charmeur. Salut beauté. Attention retournée à son évier alors qu'elle rinçait le verre. Salut Deian. La main dans son dos remonta jusqu'à effleurer ses cheveux puis son oreille, jusqu'à ce que l'écossaise de fasse un pas sur le côté pour se soustraire à ce contact en fronçant les sourcils. Et si on rattrapait la saint Valentin ensemble, hein? C'est trop long d'attendre la prochaine. Alors, toi, moi, ma voiture, et une bonne bouteille pour regarder le soleil couchant en bord de plage, pas mal non? Un nouveau verre de lavé, sans relever le regard vers le châtain qui la dévorait des yeux. Non merci, pas envie. Sans se départir de son sourire, le jeune homme émit un léger rire avant de s'en aller.
Les verres lavés, malgré leur renouvellement constant dans son évier, elle s'attaqua au derniers couverts, jusqu'à ce qu'un barman ne l'interpelle depuis l'entrée de la cuisine pour lui demander de leur apporter des verres. Aalana en conclut que les deux barmans étaient débordés par leurs commandes et empila quelques verres flanqués du logo de l'établissement en prenant garde à ne pas se prendre un commis pressé. Et voilà. Un pouce dressé en l'air accueilli sa livraison d'urgence. Elle s'apprêtait à retourner au fond de la cuisine là où l'attendait sa vaisselle, mais ne put s'empêcher de lever un regard sur la foule pressée au bar, et aux quelques groupes tantôt disposés autour de table hautes, tantôt dansant dans un coin. C'est là qu'elle l'aperçu, cette jeune femme à la chevelure dorée et parfaitement lissée, accrochée à une table haute, et les jambes tremblantes. Même alors qu'elle avait la tête baissée, Aalana ne put que remarquer qu'elle semblait bien plus jeune que les hommes avec elle, et que contrairement à ces derniers, elle ne semblait pas bien. Son observation fut bien vite abrégée par un des barman qui la prévint de l'arrivée imminente d'une dizaine de verres en lui désignant un groupe de jeunes hommes qui chantait en irlandais pour encourager l'un des leurs à terminer leur quatrième bouteille à même le goulot.
[...]
Les mains au fond de ses poches alors qu'elle terminait de saluer ses collègues une fois sa partie de la fermeture terminée, la brunette laissa la porte de la cuisine claquer derrière elle en enfonçant son nez dans son écharpe, pressée de voir arriver la voiture d'Ariana. L'écossaise s'aventura sur le parking, où trainaient encore quelques clients, peu pressés de mettre un terme à leur soirée alors qu'on était à peine le lendemain. En passant d'individus en individus, son regard finit par s'arrêter sur une chevelure blonde sur laquelle elle ne put que s'arrêter: la fille du bar! Comme tout à l'heure, elle n'avait pas l'air en grande forme, et pour tenir sur ses pieds, l'un de ses bras reposait sur les épaules d'un des hommes qui était déjà avec plus tôt. Evidemment, il aurait simplement pu s'agir d'un ami... Mais il y a des gestes, des regards qui ne trompent pas sur la nature des intentions d'une personnes. Une main trop serrée sur la taille, un regard trop brillant sur une personne ivre au point de s'endormir, un sourire trop amusé pour ce qui aurait pourtant du inquiéter ou même irriter des proches...
Dans l'ombre de la nuit elle était une invisible spectatrice, mais l'envie d'intervenir la démangeait, et plus elle continuait d'observer ce duo, plus cette envie se changeait en besoin. Pourtant, les coups de marteau de son cœur semblait la figer sur place, comme l'empêchant de produire le moindre son ou geste. Les poings serrés dans ses poches, elle ravala sa salive, en s'efforçant de convaincre son corps d'obéir à sa volonté, mais il n'y avait rien à faire: la peur était plus grande encore que son envie d'aider. Que faire si ces hommes s'en prenaient à elle? Et si elle causait encore plus de problèmes? Et si... Son intervention en changeait rien? S'il partait avec cette femme sans lui adresser un regard?
Une voiture s'arrêta à leur niveau, vitre baissée, et il fallut quelques instants à Aalana pour reconnaitre le véhicule qu'elle attendait. Sans manifester le moindre doute, Ariana émergea au milieu de la nuit pour attraper le bras de la pauvre fille inconsciente et sortie d'une de ses poches son téléphone sans quitter l'homme des yeux. Leur échange lui était inconnu, puisque trop loin pour en entendre le moindre mot... Mais le départ précipité de l'homme suffit à l'éclairer.
Toujours dissimulée près d'un mur du bâtiment, la jeune femme quitta son point d'observation les jambes lourdes et le cœur battant pour s'avancer droit vers Ariana qui releva aussitôt la tête vers elle, alors qu'elle lui fit signe de venir l'aider à asseoir la blonde sur la baquette arrière. Est-ce qu'elle va bien? Le téléphone à l'oreille Ariana haussa les épaules en lui indiquant de la maintenir sur le côté d'un geste du doigts, chose que l'écossaise se presse de faire. C'était la première fois qu'elle voyait le visage de cette fille, et se tenir si près d'elle la soulagea du poids qui gênait ses pas. Merci... La tête baissée sur le sol de la voiture, les yeux d'Aalana se brouillèrent d'un voile de culpabilité et de soulagement, tandis qu'Ariana s'approcha pour lui tapoter le dos.
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Catharsis
Les fesses dans la terre encore boueuse, un pied appuyé à un barreau d'échelle ou plutôt accrochée, Aalana tenta de se relever en soupirant, chose qui lui paru rapidement plus compliquée que prévu à cause de son second pied attaché par ses lacets au bas de l'échelle. Une fois rassise elle entrepris de défaire le nœud auquel elle avait accès, en pestant pour faire passer la douleur de ce quasi grand écart dans lequel elle était bloquée. Foutus gamins, en quoi c'était une blague ça? La colère montait doucement alors que ses tentatives pour libérer sa chaussure n'aboutissait pas. A bout de patience, elle retira tant bien que mal son pied de sa basket, prête à rentrer en chaussettes si nécessaire. Fe helpa i di! * Alors qu'enfin son pied quittait sa chaussure, une silhouette s'approcha et commença aussitôt à défaire le second nœud qui maintenait son pied suspendu. Les sourcils légèrement froncés en observant l'individu, Aalana le remercia en anglais, ce qui eut pour effet de faire aussitôt tourner la tête du jeune homme qui affichait un air rayonnant malgré le temps nuageux si coutumier à la région. Il n'y a pas de quoi. Mais comment tu t'es retrouvée dans cette situation? Le regard abaissé sur sa basket sur laquelle elle s'affaira, Aalana fut soulagée de pouvoir communiquer en anglais, mais le souvenir ravivé des gamins farceurs lui fit adopté un air renfrogné. Des foutus gamins... J'faisais que passer moi, mais ils m'ont appelé parce qu'ils avaient "besoin d'aide" soi-disant qu'un des deux s'était fait mal... J'avais un pied sur un des barreaux pour l'voir et comme il hurlait, j'ai pas remarqué que celui en bas avait défait mon lacet pour l'attacher, j'ai remarqué qu'il y avait un problème qu'au moment ou il m'a attaché l'autre pied au barreau avec sa putain de corde! La colère montait rapidement alors que ses tentatives ne menaient à aucun résultat, et secouée par une montée soudaine de colère contenue, elle frappa du poing par terre. PUTAIN! Le jeune homme, bien plus calme qu'elle l'aida à reposer pied à terre alors qu'il libérait tout juste sa cheville en conservant son sourire qui à présent avait l'air surtout de retenir un rire. Et voilà, et de un! Le regard tourné vers sa cheville légèrement rouge qu'elle ramena auprès d'elle pour la masser, elle le remercia du bout des lèvres alors qu'il la contournait pour venir défaire le second noeud. C'était sûrement pour le premier avril. Enfin, ça ne pardonne pas de t'avoir abandonné comme ça, mais- Mais?! Reprit-elle l'air ahurie alors que même sous son regard furieux, l'inconnu ne se départi pas de son sourire enjoué. Mais, au moins tu n'étais pas coincée dans un endroit inaccessible, la preuve, je suis arrivé plutôt vite, vu que ta cheville commençait juste à devenir rouge, non? Sans rajouter un mot, elle se contenta de l'observer d'un drôle d'air alors qu'il lui rendait sa basket qu'elle s'empressa d'enfiler. Le châtain lui proposa sa main pour se relever, ce qu'elle ignora royalement en se nettoyant autant qu'il lui était possible.
Elle ne pensait déjà plus qu'à rentrer au plus vite, elle n'aimait pas la sensation d'être sale, et il lui était impossible de venir à bout des taches boueuses sur son jean. Tiens. Les mains encore en train de balayer la saleté qui ne partait pas, Aalana releva la tête vers l'inconnu souriant qui lui tendait son blouson en jean avec un intérieur en imitation mouton. Heu non merci ça va aller. La veste toujours dans les mains, il insista. Puisque j'ai commencé à t'aider, autant le faire jusqu'au bout. Aucun mot ne fut prononcé, et pourtant, le châtain ne semblait pas reconsidérer sa proposition, il maintenait les bras tendus en affichant ce sourire qui creusait des fossettes au milieu de ses joues. Je m'appelle Jacob au fait. J'ai 20 ans, et je reviens de chez un ami. J'habite vers- Mais arrête! Qu'est-ce que tu fais? Pourquoi tu me racontes ta vie ? Un léger rire vint dévoiler les dents de Jacob. C'était bizarre hein? Désolé, je m'en doutais mais, je me suis dis que si je n'étais entièrement un inconnu tu accepterais mon aide. J'espère juste que je ne me suis pas aventuré trop loin dans l'excentrique pour passer du côté "suspect". Le silence succédant à ses paroles sembla affreusement court pour Aalana, elle aurait préféré prendre le temps de mieux observer ce type, trouver quelque chose de suspect pour balayer au loin la petite voix qui lui susurrait tout bas "il est marrant", mais pourtant elle avait juste prit sa veste pour l'attacher autour de sa taille. Merci.. Finit-elle par lâcher, en fronçant doucement les sourcils alors qu'elle réalisait avec mal avoir agit sans vraiment le vouloir. Pas de problème, rentre bien. Elle releva le regard à temps pour le voir s'éloigner alors qu'il se mit à se frotter les mains en soufflant dessus. Sa salive passa difficilement dans sa gorge, pourtant les mots furent si fluides qu'elle ne put que s'en étonner. Hé! Reviens demain dans la matinée, 9 heure, je te rendrais ta veste! Voilà, elle n'avait pas besoin de rester là plus longtemps, et aussitôt, elle s'empressa de quitter le petit parc Cogan.
* = je vais vous aider!
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Catharsis
Lundi 2 avril 2018
Comme elle l'avait impulsivement décidé, elle attendait au parc, près de la structure dans laquelle elle était coincée la veille, la veste en jean dans les bras et le nez enfoncé dans son écharpe. Elle n'était pas sûre de l'heure qu'il était, elle savait juste être arrivée en avance. A plusieurs reprises elle releva le nez, attirée par quelques éclats de voix, sans que jamais ce en soit Jacob. La possibilité qu'il ne se montre pas s'était immiscée en elle dès qu'elle avait aperçu le petit parc, et à chaque seconde, elle se sentait un peu plus stupide de ne pas simplement laisser la veste là... Mais pour autant, elle continua d'attendre, jusqu'à ce qu'enfin, des pas précipités lui firent relever le nez. Bonjour! Je suis désolé de t'avoir fait attendre, j'ai aidé une dame à traverser sur le chemin et elle m'a beaucoup parlé. Je pense que ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas pu discuter avec quelqu'un. Le souffle court, il s'appuya sur la structure en reprenant difficilement son souffle et ne tarda pas à tendre une pomme rouge à Aalana. Cadeau de la dame. Tu as faim? La brunette déclina doucement d'un signe de tête et l'observa encore quelques secondes, le temps qu'il puisse entièrement reprendre son souffle et se tenir droit à nouveau... Pourtant Jacob resta courbé en respirant fort, au point où Aalana s'inquiéta qu'il n'ait besoin de soin et s'approcha de lui. Attends, est-ce que tu, tu as besoin de quelque chose? Heu, il faut prévenir quelqu'un? Tu, tu as un médicament? La surprise releva les sourcils du jeune homme qui s'exprima à nouveau avec difficulté malgré le sourire qui ourla ses lèvres. Ahahah, non non ça va... J'ai pas de problème... Je ne fais juste jamais d'activités sportives. L'air hébétée Aalana se contenta d'opine du chef en se redressant lentement. Ah. Ce qui ne manqua pas de déclencher un fou rire chez le gallois qui s'accroupis pour appuyer sa tête sur sa main.
Jacob calmé et son souffle retrouvé, il se releva, non sans afficher un air qui semblait plus enjoué encore que la veille. Il remercia Aalana en enfilant sa veste, et ces quelques secondes permirent à l'écossaise de réaliser que Jacob n'avait qu'un pull pour se réchauffer, ce qui n'avait pas dû être bien efficace à l'entente de ses reniflements. Hum... Désolée... Jacob tourna un regard surpris vers elle. Comment? Sans oser croiser son regard, à croire que les coutures de son écharpe nécessité l'entièreté de son attention, elle reprit plus bas, alors même que dès le premier son émit, elle sut qu'elle aurait simplement pu s'en aller. Désolée... Que tu te sois enrhumé à cause de moi. En terminant d'ajuster son vêtement, Jacob observa la brunette avant de tourner son regard vers la rue. Tu es occupée tout de suite? Leurs regards se croisèrent, et sous ce vert pétillant il ne fallut que quelques secondes à son mensonge pour se verbaliser avant qu'elle ne soit entièrement d'accord. Non.
[...]
Assit l'un en face de l'autre face à leurs assiettes bientôt vide, Aalana avait retrouvé un petit sourire, sans se soucier du temps qui était passé où même des courses qu'elle devait faire pour Ariana. A force de discuter avec Jacob, elle avait finit par perdre la notion du temps, et ce n'était pas si déplaisant. Il semblait avoir un don particulier pour éviter tous les sujets qui auraient pu lui faire perdre son sourire, et quand la conversation prenait une pente qu'elle appréhendait, il parvenait à trouver le moyen de la détendre avec une facilité déconcertante, jamais elle n'avait rencontré quelqu'un comme lui. Braw! Je le dis bien? à moitié étouffée par son rire, Aalana se contenta d'opiner du chef jusqu'à pouvoir ouvrir la bouche Oui! J'ai même l'impression que c'est plus sympa quand toi tu le dis! Le visage toujours illuminé par un large sourire, Jacob semblait avoir les yeux qui pétillaient. Alors ça, c'est Brraaaw! Aalana ne pouvait plus s'empêcher de rire, au point où ses joues lui étaient douloureuses alors que Jacob s'extasiait des quelques mots d'écossais qu'elle lui avait appris.
Après un moment à discuter encore au-dessus de leurs assiettes vides, un serveur s'approcha pour leur proposer une nouvelle carafe d'eau, mais en réalisant le temps passés ici, Aalana préféra s'arrêter là, de crainte de ne plus être capable de raisonner correctement en cédant une fois. Jacob paya pour eux deux, et même si Aalana se sentait gênait du geste, elle ne pouvait s'empêcher de l'apprécier également.
Le vent froid qui les frappa au visage dès leur sortie du café fit frissonner Jacob qui croisa aussitôt les bras avant de se tourner vers Aalana. Je peux te raccompagner quelque part? Oh non, pas la peine, je dois faire des courses. Indiqua-t-elle en pointe du pouce la grande surface juste derrière le café. D'accord al- Ah, désolé, je te demande pardon je vais répondre rapidement. Fit-il en observant son téléphone à l'écran fissuré qui sonnait pour la cinquième fois. Aalana n'aimait pas être trop curieuse, plus on en sait, et plus on peut être blessé, mais cette fois, elle s'autorisa à glisser un oeil sur la conversation ouverte alors que Jacob rédigeait un rapide message. Sa lecture lui fit rapidement froncer les sourcils alors qu'elle releva son regard sur Jacob. Attend, t'es venues avec moi ici... Alors que t'avais cours? Les pouces suspendus au-dessus de son téléphone, le châtain tourna un regard bien calme sur Aalana, avant de rapidement lui sourire, à croire qu'il ne lui avait pas fait part de sa passion d'apprendre, et de son rêve de devenir un enseignant. Mais, mais c'est idiot! Tu n'avais pas à rester avec moi alors que tu as cours! Jacob inspira tout en terminant la rédaction express de son message qu'il envoya, puis rangea l'objet dans sa poche. Tu trouves vraiment ça idiot? Je ne le vois pas comme ça moi. Qu'est-ce qui mieux, être certain de pouvoir aider une personne tout de suite ou l'hypothèse d'en aider plusieurs plus tard? Face au silence et l'expression médusée de la jeune femme face à lui, Jacob se passa une main sur la nuque, comme pour chasser l'air frais qui le faisait encore renifler. De toute façon, je ne pouvais pas juste te laisser comme ça, tu t'es excusé pour mon rhume, à croire que ce n'était pas ma décision de te laisser ma veste. T'avais l'air... De vraiment trop culpabiliser. Aalana soupira doucement en détournant le regard, alors qu'une pensée dérangeante s'insinuer sous son crâne: il n'était resté que par pitié. Elle aurait voulu s'énerver pour ça, mais il lui était pourtant impossible d'être réellement en colère alors qu'elle avait passée l'une des meilleures matinée de sa vie depuis si longtemps, et surtout alors qu'elle avait pu avoir de la compagnie, autre que Ariana ou ses collègues de travail.
Sous le silence d'Aalana, Jacob hésita un instant. Etait-elle en colère? Très en colère? Ou plutôt déçue? Sa compagnie allait-elle la déranger à présent? Soumis à ses interrogations, celles-ci ne cessèrent que lorsque l'écossaise retira son écharpe pour l'enrouler mollement autour du coup de Jacob, lequel observa la plus jeune d'un air surpris. C'est... C'est pour pas que tut tombes plus malade, sinon tu auras du mal à suivre tes cours. Mais tu devras me la rendre. Donc.. Heu... Voilà, elle avait usé de tout son courage pour lui donner l'écharpe, à tel point qu'à présent ses mots ne venaient plus, peut-être à cause de son cœur surexcité qui les écrasait avant même d'avoir l'idée de les prononcer. Donc, on doit se revoir? Alors, je peux te demander ton numéro de téléphone? La panique gagna Aalana encore plus vite que les battements de son coeur alors qu'elle cherchait une excuse en fixant la pointe de ses chaussures. Heu non, non heu parce que... Heuuu en fait... Hé mince! Dans son affolement, son regard se mit à parcourir tout ce qui lui était possible de voir au sol à la recherche d'une excuse. J'ai, j'ai... Je peux pas avoir de téléphone fait! Ah? Et tu ne peux pas parce que... Chercha-t-il à savoir en se penchant pour tenter de capter le regard de le brune. Parce que j'aime pas ça. Lâcha-t-elle en toute hâte, le regard allant et venant entre les yeux de Jacob et ses chaussures. Quelques secondes passèrent durent lesquelles il se redressa, jusqu'à finalement émettre une longue onomatopée de compréhension qui attira aussitôt le regard d'Aalana. Ohhh je vois oui, tu es technophobe c'est ça? Aalana n'avait pas la moindre idée de ce que ce mot pouvait bien signifier mais se pressa d'opiner du chef face à l'expression du jeune homme. Bon, alors elle l'était. D'accord oui je vois. Pas de problème, on à qu'à se dire... Pas pendant tes cours. Intervint-elle en le fusillant du regard ce qui suffit à le faire rire. Oui d'accord, pas pendant mes cours. Alors ce week-end? Samedi à 12h? Aalana opina du chef tout en se remémorant son planning, il lui semblait bien avoir le week-end de libre, il lui suffirait simpelemnt d'Avertir Ariana. Et... On se retrouve au parc? Jacob lui sourit avant d'hocher la tête à son tour. Et on se retrouve au parc.
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Catharsis
Mai 2018
- Enfin bon, même si pour l'instant on ne voit pas d'amélioration, je suis sûr que ça ira mieux pour lui. Affirma Jacob en piquant à plusieurs reprises dans son tupperware de pâtes en opinant du chef.
Face à lui, Aalana n'avait même pu baisser son regard vers son faggot, c'était impossible alors que Jacob se trouvait juste là, à moins d'un mètre d'elle, à lui parler à elle, à lui sourire à elle au milieu de ce petit champs près de l'usine où travaillait le gallois, ce petit champs qui se découpait comme un bout de paradis. Elle se perdait dans la mélodie de ses mots, dans les plis de son visages tantôt soucieux tantôt optimiste, son regard le couvait comme une œuvre d'art, la seule qui vaille réellement la peine d'être admir- Aalana? Prise sur le fait, elle sentit son cœur battre soudainement fort, soumit à course poursuite à laquelle elle n'était pas préparée, alors qu'elle ouvrait de grands yeux surpris. Hein? Elle l'écoutait sans comprendre, sans chercher à donner un sens à ses paroles aussi fut-elle bien incapable de se souvenir de quoi lui parlait le bea- Jacob. De quoi lui parlait Jacob. Elle devait avoir l'air maline à le fixer avec de grands yeux, alors qu'il s'était donné la peine de l'inviter à déjeuner pour continuer de la voir même en temps de vacances scolaire, période qu'il consacrait habituellement à travailler. Mais il était ainsi, il ne s'énervait jamais, comme à l'instant où il se contenta de lui sourire, sans la moindre retenue. J'ai le droit de savoir ce qui accapare tes pensées? Moi aussi j'aimerais bien m'évader d'ici. Elle aurait voulu supplier son cœur de ralentir, de lui permettre de s'entendre penser, de se vider la tête de ce regard rieur et complice, qui s'insinuait dans toutes les failles de sa concentration, mais rien n'a faire. Elle n'avait que Jacob en tête. Pourtant, elle haussa simplement les épaules Oh, heu, bah j'me disais que... Enfin que c'est sympa de manger à l'extérieur comme ça. Jacob lui était attentif, il retenait ses moindres mots, ses moindres doutes, ses moindres mimiques, parfois elle pensait qu'il la connaissait mieux qu'elle ne se connaissait elle-même... C'était un sentiment aussi grisant qu'effrayant. Ah ouais? Tu aimes les pique-niques donc... C'est bon à savoir!
Les yeux dans les yeux, dans le silence du vent, Aalana se sentit chauffer des pieds à la tête et s'empressa de s'intéresser à son faggot bien refroidit. Elle s'en voulait d'être incapable de prêter une oreille attentive à Jacob qui se confiait sur les problèmes de santé de son père et son rythme de vie toujours plus éreintant, quand les seules choses claires qu'elle avait en tête était de penser à leurs prochaines rencontres pour continuer de l'admirer toujours plus. Comment réagirait-il s'il savait? Mal? Jacob savait-il même avoir une mauvaise réaction? Aucune idée... Mais plutôt que de l'inquiétait elle s'inquiéta que sa première pensée soit si avide de connaissance à propos de ce garçon.
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