Charité bien ordonnée
Suite du RP :
Le projet Maeve Queen
PV :
Carry Harrison
Aliosus Nerrah
Cassidy Powell
Alice Sangblanc
PNJ : Flora et Angel Fleurdelys
Mardi 20 avril 2049
Château de Dunfermline, Fife (Ecosse)
Vers quatorze heures, tout le monde s’agitait. La grande verrière qui donnait à l’arrière du château de Dunfermline était devenue une véritable ruche. Des Elfes portaient d’immenses plateaux de bouteilles et de plats divers, tandis que d’autres déplaçaient ci et là des pots de fleurs et des plantes. Il faut dire que cet espace, avant que Flora ne décide d’en faire le lieu de sa réception, occupait la fonction de serre, mais aussi de laboratoire pour la sorcière, spécialiste des potions et décoctions en tout genre. Les immenses murs de verre laissaient la part belle à la luminosité, dont les multiples végétaux magiques raffolaient. Reliée au bâtiment principal depuis le hall par une immense porte d’acajou, le bloc de verre, outre son espace et son décor chaleureux, offrait une vue incroyable sur la baie de Fife. Les jours de beau temps, on pouvait apercevoir l’Ile de May, regorgeant de milliers d’espèces d’oiseaux migrateurs, mais aussi d’une faune animalière extraordinaire.

D’ici quelques heures, l’endroit serait agrémenté d’immenses canapés et fauteuils confortables, d’où les invités pourraient déguster les mets du buffet, ou se rafraîchir grâce aux dizaines de bouteilles de spiritueux dénichés dans la cave du château, vestiges de la collection personnel de Raphaël Fleurdelys, le grand père de Gabryel. Des vins, des whisky pur malts, mais aussi des liqueurs et autres ambroisies seraient proposés aux convives. Pour restaurer ses invités, Flora avait fait appel à divers traiteurs de Pré au Lard et de Godric’s Hollow. De nombreuses spécialités sucrées et salées avaient été livrées le matin, et conservées au frais. Une immense table serait dressée au fond de la salle, recouverte de macarons, de divers gâteaux, de verrines aux fruits ou au chocolat, ainsi qu’un important éventail de tartes salées, de bouchées au poisson ou aux légumes, ou de mignardises gourmandes. D’aimables Elfes, embauchés en extra pour la soirée, s’assureraient que personne ne manque de rien. Une large estrade, positionnée dans l’un des angles de la pièce, avait été spécialement construite pour l’occasion. Sous peu, cinq amis sorciers de Flora, violonistes et pianistes de formation, s’y installeraient afin de divertir les invités. Ils avaient pour l’occasion nommé leur petit groupe « le Royal Orchestra de Fife ».
Il était maintenant dix sept heures, et Flora n’avait pu s’empêcher de faire un dernier tour, pour s’assurer que tout était conforme à ce qu’elle avait imaginé. Quelques mèches de ses cheveux, relevés en arrière dans une sorte de chignon sophistiqué, semblaient flamboyer sur sa longue robe de soie couleur vert émeraude. Elle se remémora la liste des invités. Outre son collaborateur Cassidy Powell, ainsi que ses autres collègues éducateurs de l’Ecole Maeve Queen, la plupart de ses futurs hôtes avaient confirmé leur présence. Au total, une vingtaine de personnalités influentes du Monde Sorcier occuperaient les lieux : les Nerrah (Magnus, et Renesmée Nerrah, Secrétaire d’Etat à l’Education Magique), la famille Harrison (Dalya Harrison, juge et membre de la chambre, ainsi que Ivelios Harrison, Secrétaire à la Justice), accompagnés de leurs enfants. D’ailleurs, une rencontre inattendue lui revint à l’esprit, non sans lui faire esquisser un petit sourire. Chez les Sang-pur, les informations circulaient à la vitesse de la lumière. Un très beau jeune homme, Thomas Sangblanc, s’était présenté à Maeve Queen en début de semaine afin de la rencontrer. Il était l’un des fils de Renesmée Nerrah. Dés les premières minutes de l’entretien, Flora avait bien compris que sa démarche n’était pas qu’une visite de courtoisie. Ayant eu vent de l’invitation de sa mère, ce dernier s’était montré d’une extrême galanterie, multipliant les effets de manche pour s’assurer que sa présence à la soirée ne dérangerait en rien. Sous couvert de soutenir depuis son ouverture l’institut dont l’Ecossaise assurait la Direction, il sembla à Flora que ce dernier avait une tout autre idée en tête. Elle ne savait pas exactement de quoi il s’agissait, mais elle confirma avec un grand sourire que le fils Sangblanc, ainsi que sa plus jeune sœur Alice, étaient les bienvenus.
Flora était à la fois satisfaite, mais aussi un peu anxieuse en songeant à son objectif. Elle senti une main forte caresser le haut de sa nuque. Dans son costume sur mesure bleu nuit, réhaussé d’une discrète cravate à nœud croisé, Angel sourit à son épouse. Cet homme avait le don unique de la rassurer lorsqu’elle en avait besoin. Le son de sa voix suffisait à lui faire relâcher la pression engendrée ces dernières semaines.
- Tu t’es donné assez de mal pour que tout se passe au mieux, mon amour.
Flora plongea son regard dans celui de son époux. Elle épousseta une peluche imaginaire sur le veston de l’homme.
- Je sais, mais la diplomatie et moi…
Angel sourit d’un air malicieux.
- Ce ne sont pas tes petits fours qui pousseront les invités à adhérer à ton projet de réaménager le dernier étage de Maeve Queen, mais ton charme… et aussi ton décolleté !
Flora éclata de rire.
- Andouille !
Elle refixa d’un geste nerveux l’une des petites boucles en nacre pendue à ses oreilles.
- Je tiens vraiment à … Je veux offrir un espace de vie et un dortoir à ces gosses auxquels on ne pense jamais. Ce n’est déjà pas simple de se retrouver sans parent, d’autant plus lorsque tu es haut comme trois pommes, et que tu commences à prendre conscience que tu n’es pas comme tous les autres gamins.
- Mais tu faisais des miracles lorsque tu t’occupais de la fondation Cœur d’Or. Ça arrangeait bien le Ministère que tu gères ses pupilles, car ils ne savaient qu’en faire…
- Sauf qu’entre temps, tout le paysage politique a bien changé… Le passage de cette folle d’Ursula, la nouvelle configuration du Conseil, la Chambre des Sorciers, les Ministères… Tout a changé. Je ne suis pas certaine que les idées humanistes d’une née-moldu fassent l’unanimité.
Angel serra sa femme entre ses bras.
- En tout cas, tu peux compter sur mon appui. Et même si je n’ai jamais fréquenté tous ces gens, mon père a toujours été un homme influent, avant sa retraite au soleil. Le nom de Fleurdelys inspire encore le respect dans le monde sorcier. Tu as été bien maline d’organiser ta soirée au Château, je suis certain que cela aidera.
Angel posa ses mains sur le visage et son épouse, puis déposa un baiser sur son front.
Au premier étage, Moustache, blotti contre Gabryel, n’avait aucun scrupule à squatter les trois quarts du lit, allongé de tout son long, et bien indifférent au brouhaha qui se tenait dans la verrière. Il ne s’y rendait jamais, de toute façon. Flora s’était servi de lui une fois pour tester une potion, et le chat n’avait guère apprécié de voir des petits bourgeons provisoires pousser le long de sa queue.
- Je voudrai trop être à ta place, Moustache… Ne pas être obligé de voir tout ce monde ce soir.
Le greffier ronronna lorsque l’Ecossais lui caressa le haut du crâne.
- En plus, y’aura personne de mes potes. Je connais bien Alio, parce qu’on est de la même promo, mais on est pas amis. Alice Sangblang, je l’ai croisée de temps en temps. Et Carry Harrison… Avec sa réputation, je crains bien que l’on ne se trouvera pas beaucoup d’atomes crochus !
C’est le moment que choisit Perfide, l’un des fantômes de la maison, pour apparaitre de dessous le lit. C’était un ancien majordome des Fleurdelys, mort un ou deux siècles auparavant, et qui ne parvenait pas à quitter la famille. Malgré son prénom, il était le plus gentil spectre qui existait dans cette maison.
- Gaaaaaaabbbb…
Le garçon sourit. Le fantôme parlait toujours comme… un fantôme !
- Ouiiiiiiiii Perfiiiiide ?
Ce dernier fit mine de ne pas comprendre la petite moquerie.
- Ta mère me dit de te dire de descendre. Elle voudrait que tu donnes ton avis sur la décoration.
Gabryel admira l’installation de la verrière enfin finalisée. De grandes banquettes, habituellement installées dans la bibliothèque, avait été disposées un peu partout, près de fauteuils en velours bleu assortis. Des chandeliers complétaient l’atmosphère cosy et chaleureuse voulue par Flora, et non pas celle d’un château médiéval décoré d’armures, de têtes de sangliers, de moulures et autres excès démonstratifs. La vue sur la baie constituait en soit un luxe inégalable.
Après un dernier briefing des Elfes et autres participants, le château était prêt à recevoir ses convives. Chacun d’entre eux avait reçu dans son invitation une feuille de chêne portoloin, activable (s’ils le désiraient) à partir de dix-neuf heures, et dont l’arrivée se situait, pour un meilleur confort, dans le large hall du château. L’un des Elfes serait en charge de leur indiquer la direction de la verrière, juste avant l’escalier, sur la gauche, en traversant la grande porte de bois.
@Alice Sangblanc
@Aliosus Nerrah
@Carry Harrison
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR
Le projet Maeve Queen
PV :
Carry Harrison
Aliosus Nerrah
Cassidy Powell
Alice Sangblanc
PNJ : Flora et Angel Fleurdelys
Mardi 20 avril 2049
Château de Dunfermline, Fife (Ecosse)
Reducio

Vers quatorze heures, tout le monde s’agitait. La grande verrière qui donnait à l’arrière du château de Dunfermline était devenue une véritable ruche. Des Elfes portaient d’immenses plateaux de bouteilles et de plats divers, tandis que d’autres déplaçaient ci et là des pots de fleurs et des plantes. Il faut dire que cet espace, avant que Flora ne décide d’en faire le lieu de sa réception, occupait la fonction de serre, mais aussi de laboratoire pour la sorcière, spécialiste des potions et décoctions en tout genre. Les immenses murs de verre laissaient la part belle à la luminosité, dont les multiples végétaux magiques raffolaient. Reliée au bâtiment principal depuis le hall par une immense porte d’acajou, le bloc de verre, outre son espace et son décor chaleureux, offrait une vue incroyable sur la baie de Fife. Les jours de beau temps, on pouvait apercevoir l’Ile de May, regorgeant de milliers d’espèces d’oiseaux migrateurs, mais aussi d’une faune animalière extraordinaire.

D’ici quelques heures, l’endroit serait agrémenté d’immenses canapés et fauteuils confortables, d’où les invités pourraient déguster les mets du buffet, ou se rafraîchir grâce aux dizaines de bouteilles de spiritueux dénichés dans la cave du château, vestiges de la collection personnel de Raphaël Fleurdelys, le grand père de Gabryel. Des vins, des whisky pur malts, mais aussi des liqueurs et autres ambroisies seraient proposés aux convives. Pour restaurer ses invités, Flora avait fait appel à divers traiteurs de Pré au Lard et de Godric’s Hollow. De nombreuses spécialités sucrées et salées avaient été livrées le matin, et conservées au frais. Une immense table serait dressée au fond de la salle, recouverte de macarons, de divers gâteaux, de verrines aux fruits ou au chocolat, ainsi qu’un important éventail de tartes salées, de bouchées au poisson ou aux légumes, ou de mignardises gourmandes. D’aimables Elfes, embauchés en extra pour la soirée, s’assureraient que personne ne manque de rien. Une large estrade, positionnée dans l’un des angles de la pièce, avait été spécialement construite pour l’occasion. Sous peu, cinq amis sorciers de Flora, violonistes et pianistes de formation, s’y installeraient afin de divertir les invités. Ils avaient pour l’occasion nommé leur petit groupe « le Royal Orchestra de Fife ».
Il était maintenant dix sept heures, et Flora n’avait pu s’empêcher de faire un dernier tour, pour s’assurer que tout était conforme à ce qu’elle avait imaginé. Quelques mèches de ses cheveux, relevés en arrière dans une sorte de chignon sophistiqué, semblaient flamboyer sur sa longue robe de soie couleur vert émeraude. Elle se remémora la liste des invités. Outre son collaborateur Cassidy Powell, ainsi que ses autres collègues éducateurs de l’Ecole Maeve Queen, la plupart de ses futurs hôtes avaient confirmé leur présence. Au total, une vingtaine de personnalités influentes du Monde Sorcier occuperaient les lieux : les Nerrah (Magnus, et Renesmée Nerrah, Secrétaire d’Etat à l’Education Magique), la famille Harrison (Dalya Harrison, juge et membre de la chambre, ainsi que Ivelios Harrison, Secrétaire à la Justice), accompagnés de leurs enfants. D’ailleurs, une rencontre inattendue lui revint à l’esprit, non sans lui faire esquisser un petit sourire. Chez les Sang-pur, les informations circulaient à la vitesse de la lumière. Un très beau jeune homme, Thomas Sangblanc, s’était présenté à Maeve Queen en début de semaine afin de la rencontrer. Il était l’un des fils de Renesmée Nerrah. Dés les premières minutes de l’entretien, Flora avait bien compris que sa démarche n’était pas qu’une visite de courtoisie. Ayant eu vent de l’invitation de sa mère, ce dernier s’était montré d’une extrême galanterie, multipliant les effets de manche pour s’assurer que sa présence à la soirée ne dérangerait en rien. Sous couvert de soutenir depuis son ouverture l’institut dont l’Ecossaise assurait la Direction, il sembla à Flora que ce dernier avait une tout autre idée en tête. Elle ne savait pas exactement de quoi il s’agissait, mais elle confirma avec un grand sourire que le fils Sangblanc, ainsi que sa plus jeune sœur Alice, étaient les bienvenus.
Flora était à la fois satisfaite, mais aussi un peu anxieuse en songeant à son objectif. Elle senti une main forte caresser le haut de sa nuque. Dans son costume sur mesure bleu nuit, réhaussé d’une discrète cravate à nœud croisé, Angel sourit à son épouse. Cet homme avait le don unique de la rassurer lorsqu’elle en avait besoin. Le son de sa voix suffisait à lui faire relâcher la pression engendrée ces dernières semaines.
- Tu t’es donné assez de mal pour que tout se passe au mieux, mon amour.
Flora plongea son regard dans celui de son époux. Elle épousseta une peluche imaginaire sur le veston de l’homme.
- Je sais, mais la diplomatie et moi…
Angel sourit d’un air malicieux.
- Ce ne sont pas tes petits fours qui pousseront les invités à adhérer à ton projet de réaménager le dernier étage de Maeve Queen, mais ton charme… et aussi ton décolleté !
Flora éclata de rire.
- Andouille !
Elle refixa d’un geste nerveux l’une des petites boucles en nacre pendue à ses oreilles.
- Je tiens vraiment à … Je veux offrir un espace de vie et un dortoir à ces gosses auxquels on ne pense jamais. Ce n’est déjà pas simple de se retrouver sans parent, d’autant plus lorsque tu es haut comme trois pommes, et que tu commences à prendre conscience que tu n’es pas comme tous les autres gamins.
- Mais tu faisais des miracles lorsque tu t’occupais de la fondation Cœur d’Or. Ça arrangeait bien le Ministère que tu gères ses pupilles, car ils ne savaient qu’en faire…
- Sauf qu’entre temps, tout le paysage politique a bien changé… Le passage de cette folle d’Ursula, la nouvelle configuration du Conseil, la Chambre des Sorciers, les Ministères… Tout a changé. Je ne suis pas certaine que les idées humanistes d’une née-moldu fassent l’unanimité.
Angel serra sa femme entre ses bras.
- En tout cas, tu peux compter sur mon appui. Et même si je n’ai jamais fréquenté tous ces gens, mon père a toujours été un homme influent, avant sa retraite au soleil. Le nom de Fleurdelys inspire encore le respect dans le monde sorcier. Tu as été bien maline d’organiser ta soirée au Château, je suis certain que cela aidera.
Angel posa ses mains sur le visage et son épouse, puis déposa un baiser sur son front.
Au premier étage, Moustache, blotti contre Gabryel, n’avait aucun scrupule à squatter les trois quarts du lit, allongé de tout son long, et bien indifférent au brouhaha qui se tenait dans la verrière. Il ne s’y rendait jamais, de toute façon. Flora s’était servi de lui une fois pour tester une potion, et le chat n’avait guère apprécié de voir des petits bourgeons provisoires pousser le long de sa queue.
- Je voudrai trop être à ta place, Moustache… Ne pas être obligé de voir tout ce monde ce soir.
Le greffier ronronna lorsque l’Ecossais lui caressa le haut du crâne.
- En plus, y’aura personne de mes potes. Je connais bien Alio, parce qu’on est de la même promo, mais on est pas amis. Alice Sangblang, je l’ai croisée de temps en temps. Et Carry Harrison… Avec sa réputation, je crains bien que l’on ne se trouvera pas beaucoup d’atomes crochus !
C’est le moment que choisit Perfide, l’un des fantômes de la maison, pour apparaitre de dessous le lit. C’était un ancien majordome des Fleurdelys, mort un ou deux siècles auparavant, et qui ne parvenait pas à quitter la famille. Malgré son prénom, il était le plus gentil spectre qui existait dans cette maison.
- Gaaaaaaabbbb…
Le garçon sourit. Le fantôme parlait toujours comme… un fantôme !
- Ouiiiiiiiii Perfiiiiide ?
Ce dernier fit mine de ne pas comprendre la petite moquerie.
- Ta mère me dit de te dire de descendre. Elle voudrait que tu donnes ton avis sur la décoration.
Gabryel admira l’installation de la verrière enfin finalisée. De grandes banquettes, habituellement installées dans la bibliothèque, avait été disposées un peu partout, près de fauteuils en velours bleu assortis. Des chandeliers complétaient l’atmosphère cosy et chaleureuse voulue par Flora, et non pas celle d’un château médiéval décoré d’armures, de têtes de sangliers, de moulures et autres excès démonstratifs. La vue sur la baie constituait en soit un luxe inégalable.
Après un dernier briefing des Elfes et autres participants, le château était prêt à recevoir ses convives. Chacun d’entre eux avait reçu dans son invitation une feuille de chêne portoloin, activable (s’ils le désiraient) à partir de dix-neuf heures, et dont l’arrivée se situait, pour un meilleur confort, dans le large hall du château. L’un des Elfes serait en charge de leur indiquer la direction de la verrière, juste avant l’escalier, sur la gauche, en traversant la grande porte de bois.
Reducio
Les lieux RP (en plus de la salle de réception) :
L’avant du château, le parc :

Le Hall du château :

La Verrière côté jardin arrière du château :

La verrière (côté balcon / terrasse) :


Petit bureau / fumoir accolé à la verrière :

L’avant du château, le parc :

Le Hall du château :

La Verrière côté jardin arrière du château :

La verrière (côté balcon / terrasse) :


Petit bureau / fumoir accolé à la verrière :

Reducio
Votre PJ est présent ? Oui
- Nom et prénom des PNJ : Flora Fleurdelys (mère de Gabryel) / Angel Fleurdelys (père de Gabryel) → PNJ actifs
- Lien vers la fiche des PNJ : ICI
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Le Rp se passe dans le château familial des parents de Gabryel
@Alice Sangblanc
@Aliosus Nerrah
@Carry Harrison
Dernière modification par Gabryel Fleurdelys le 30 août 2025, 19:48, modifié 5 fois.
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR
Charité bien ordonnée

D’un coup de baguette, Thomas resserra le corset de la robe d’Alice. Elle le maudit en songe, son souffle heurté par la compression. Dans un sourire, Thomas se pencha à côté d’elle. « Il faut souffrir pour être belle… et marcher droit ».
Alice lui asséna un regard méprisant que Thomas accueillit d’un sourire plus grand. Il se redressa, tirant sur son col pour ajuster son costume. Ce qu'elle pouvait l'envier...
Devant eux se tenait le château des Fleurdelys. Une merveille architecturale au cœur de l’Ecosse. Alice et Thomas y pénétreraient bientôt, et feraient ce qu’ils savaient faire de mieux : faire grande impression.
Car tel était leur mission aujourd’hui. En mettre plein les yeux, briller par leur simple présence… et redorer le blason Sangblanc en prévision du retour d’Alice.
Pour l’occasion, Alice s’était drapée d’une robe qu’elle n’affectionnait que peu. Si elle avait eu plus de temps, elle aurait fait appel à son couturier pour l’occasion. Mais force était de constater qu’Alice possédait bien assez de tenue pour éblouir son entourage. Et le tout, avec un corset, élément indispensable pour tenir son dos droit. Lors de son voyage en Sibérie, une chute à dos d’hippogriffe lui avait valu une côte cassée. La douleur était encore saillante, et Alice avait refusé de boire du lait de pavot avant de quitter le domaine familial. Il lui fallait garder les idées claires. Et puis, Thomas lui servirait de canne. Si la douleur venait à être trop intense, Alice pourrait lui enfoncer ses ongles dans le bras. L’idée n’était pas déplaisante.
« Prête à te faire des relations ? » demanda t-il dans un sourire carnassier. « Prête », répondit Alice.
Prête, Alice ne l’était pas vraiment. Elle savait ce qui les attendait dans le château Fleurdelys. Des Sang-Pur, ou bien des sorciers de grandes lignées. Des pro-Conseil, sans l’ombre d’un doute. Et bien sûr, leurs rejetons.
Il y avait fort à parier qu’Alice trouverait Harrison. Ces hyènes ne rateraient pas l’occasion de se montrer sous leur meilleur jour. Mais Alice était prête à affronter les langues perfides. La sienne était tranchante.
Ensemble, ils s’avancèrent vers le château, prêts à affronter le grand monde. Prêts à trouver des alliés, et débusquer les ennemis.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Charité bien ordonnée
Devant le miroir, Carry se regardait et soupirait, elle avait du mal à se reconnaitre. Tant de choses avaient changé, physiquement et moralement. Son visage fin et harmonieux, sa peau claire, presque lumineuse, et un teint uniforme. Ses cheveux blonds, coupés au carré court, avec une légère ondulation qui encadre joliment son visage. Une mèche tombant doucement sur son front, lui donnant un air naturel et élégant. Et puis elle s’attarda sur son propre regard, son regard vert clair profond et calme.
Carry avait du mal à dire si ce que reflétait le miroir était bien réel. Le temps semblait s’écouler avec lourdeur, chaque seconde résonnant dans sa tête comme un rappel de ce qu’elle devait affronter. L’anxiété la gagnait peu à peu. Elle craignait l’échec, mais redoutait encore plus de décevoir Miss Nerrah qui serait potentiellement a la reception d’aujourd’hui. Une pression constante pesait sur elle, la contraignant à adopter une conduite irréprochable, peu importe la présence ou l’absence de témoins.
Face à la glace, Carry observait son visage. Elle y retrouvait les traits de sa mère : la forme des joues, la mâchoire affirmée, le nez légèrement courbé. Même certaines expressions lui rappelaient cette femme à laquelle elle voulait à tout prix échapper. Elle ne voulait pas lui ressembler. Elle voulait s’éloigner de cette image, devenir quelqu’un de meilleur, et surtout, faire oublier les préjugés que son nom de famille traînait derrière lui.
Les derniers préparatifs étaient prêts. Carry se regarda une dernière fois devant la glace. Elle portait une chemise blanche en coton fin, au tissu légèrement texturé. Le col, discrètement ouvert, laissait deviner la naissance de sa clavicule, sans ostentation. Les manches, retroussées jusqu’aux avant-bras, accentuaient la sobriété maîtrisée de sa tenue. Chaque pli semblait réfléchi, comme si le vêtement avait été choisi non pour se faire remarquer, mais pour affirmer une certaine idée de tenue et de mesure.
Elle avait rentré la chemise dans un pantalon taille haute, d’un gris profond, à la coupe droite et nette. Le tissu fluide suivait les lignes de ses jambes sans les contraindre, dessinant une silhouette assurée. Une ceinture en cuir noir, fine et sans fioritures, soulignait sa taille avec discrétion. À ses pieds, des bottines noires en cuir mat, légèrement usées, témoignaient d’un style vécu plutôt que construit. Aucun bijou, si ce n’est une montre au bracelet sobre, attachée à son poignet gauche.
« Carry, nous devons y aller. Nous risquons d’être en retard. » La voix de sa mère, Dayla, trahissait une légère irritation.
Carry poussa un soupir.
« Je viens de finir. Je descends. Donnez-moi une minute, s’il vous plaît. »
Elle descendit lentement les marches et s’arrêta un instant pour observer sa mère. Dayla portait une jupe sombre assortie à une paire de talons simples. Un haut ajusté complétait sa tenue, parfaitement assorti à la couleur de la jupe.
Dayla fut saisie un instant en découvrant la tenue de sa fille. Ses yeux descendirent lentement du col ouvert jusqu’à la ceinture ajustée du pantalon. Un bref rictus se forma au coin de ses lèvres, à mi-chemin entre la surprise et l’amusement.
« Eh bien. Si l’on m’avait dit qu’un jour je verrais ma fille habillée comme un garçon… »
Carry leva les yeux vers elle, sans changer d’expression. Elle fit mine d’ajuster les boutons de sa chemise blanche, déjà parfaitement en place.
« Ma façon de m’habiller est bien le dernier de vos soucis, mère. Les temps changent. Vous changez, la mode aussi. »
Sa voix était calme, posée, sans agressivité, mais ferme. Elle n'attendait ni discussion ni reproche.
Dayla, cette fois, ne répondit pas. Elle se contenta d’un sourire discret, puis hocha la tête en signe d’acceptation. Son regard s’attarda encore un instant sur la silhouette droite de sa fille. Elle tourna les talons, ouvrit la porte d’un geste mesuré, et fit signe à Carry de passer devant. La jeune femme s’exécuta, posant le pied sur le seuil, puis descendit lentement les marches de pierre.
Arrivées dans la cour, Carry tendit doucement le bras vers sa mère. Dayla l’accepta sans un mot. Elles se tinrent ainsi, bras dessus bras dessous, dans un silence qui n’avait rien d’inconfortable.
Dans un craquement sec, elles transplantèrent ensemble, quittant le manoir familial en direction de la résidence Fleurdelys.
Carry avait du mal à dire si ce que reflétait le miroir était bien réel. Le temps semblait s’écouler avec lourdeur, chaque seconde résonnant dans sa tête comme un rappel de ce qu’elle devait affronter. L’anxiété la gagnait peu à peu. Elle craignait l’échec, mais redoutait encore plus de décevoir Miss Nerrah qui serait potentiellement a la reception d’aujourd’hui. Une pression constante pesait sur elle, la contraignant à adopter une conduite irréprochable, peu importe la présence ou l’absence de témoins.
Face à la glace, Carry observait son visage. Elle y retrouvait les traits de sa mère : la forme des joues, la mâchoire affirmée, le nez légèrement courbé. Même certaines expressions lui rappelaient cette femme à laquelle elle voulait à tout prix échapper. Elle ne voulait pas lui ressembler. Elle voulait s’éloigner de cette image, devenir quelqu’un de meilleur, et surtout, faire oublier les préjugés que son nom de famille traînait derrière lui.
Les derniers préparatifs étaient prêts. Carry se regarda une dernière fois devant la glace. Elle portait une chemise blanche en coton fin, au tissu légèrement texturé. Le col, discrètement ouvert, laissait deviner la naissance de sa clavicule, sans ostentation. Les manches, retroussées jusqu’aux avant-bras, accentuaient la sobriété maîtrisée de sa tenue. Chaque pli semblait réfléchi, comme si le vêtement avait été choisi non pour se faire remarquer, mais pour affirmer une certaine idée de tenue et de mesure.
Elle avait rentré la chemise dans un pantalon taille haute, d’un gris profond, à la coupe droite et nette. Le tissu fluide suivait les lignes de ses jambes sans les contraindre, dessinant une silhouette assurée. Une ceinture en cuir noir, fine et sans fioritures, soulignait sa taille avec discrétion. À ses pieds, des bottines noires en cuir mat, légèrement usées, témoignaient d’un style vécu plutôt que construit. Aucun bijou, si ce n’est une montre au bracelet sobre, attachée à son poignet gauche.
« Carry, nous devons y aller. Nous risquons d’être en retard. » La voix de sa mère, Dayla, trahissait une légère irritation.
Carry poussa un soupir.
« Je viens de finir. Je descends. Donnez-moi une minute, s’il vous plaît. »
Elle descendit lentement les marches et s’arrêta un instant pour observer sa mère. Dayla portait une jupe sombre assortie à une paire de talons simples. Un haut ajusté complétait sa tenue, parfaitement assorti à la couleur de la jupe.
Dayla fut saisie un instant en découvrant la tenue de sa fille. Ses yeux descendirent lentement du col ouvert jusqu’à la ceinture ajustée du pantalon. Un bref rictus se forma au coin de ses lèvres, à mi-chemin entre la surprise et l’amusement.
« Eh bien. Si l’on m’avait dit qu’un jour je verrais ma fille habillée comme un garçon… »
Carry leva les yeux vers elle, sans changer d’expression. Elle fit mine d’ajuster les boutons de sa chemise blanche, déjà parfaitement en place.
« Ma façon de m’habiller est bien le dernier de vos soucis, mère. Les temps changent. Vous changez, la mode aussi. »
Sa voix était calme, posée, sans agressivité, mais ferme. Elle n'attendait ni discussion ni reproche.
Dayla, cette fois, ne répondit pas. Elle se contenta d’un sourire discret, puis hocha la tête en signe d’acceptation. Son regard s’attarda encore un instant sur la silhouette droite de sa fille. Elle tourna les talons, ouvrit la porte d’un geste mesuré, et fit signe à Carry de passer devant. La jeune femme s’exécuta, posant le pied sur le seuil, puis descendit lentement les marches de pierre.
Arrivées dans la cour, Carry tendit doucement le bras vers sa mère. Dayla l’accepta sans un mot. Elles se tinrent ainsi, bras dessus bras dessous, dans un silence qui n’avait rien d’inconfortable.
Dans un craquement sec, elles transplantèrent ensemble, quittant le manoir familial en direction de la résidence Fleurdelys.
Charité bien ordonnée


Les Nerrah dans leur configuration complète, c'est à dire avec le fils inclut, arrivèrent au Dunfermline Castle, domaine des Fleurdelys, par l'intermédiaire de l'élégant portoloin en forme de feuille de chêne adjoint à l'invitation qu'ils avaient reçu pour la réception donnée à l'occasion des deux ans de l'ouverture de l'école Maeve Queen. Le tourbillon sensationnel du transport magique n'affecta pas chacun du trio familial de la même façon. Magnus semblait ne subir aucune conséquence de cet arrachement à la terre ferme et de cette projections à des dizaines de kilomètres de distance, à son arrivée il était aussi impassible qu'une pierre dressée depuis des milliers d'année. Willow quant à elle arborait le sourire de celle qui se délectait des sensations, profitant d'habitude de ces quelques instants pour hurler sa joie, elle s'était mordue la lèvre inférieure pour retenir un petit gémissement excité et lors de son arrivée, elle n'eut qu'une mèche rousse à replacer pour libérer son front. Aliosus enfin, fit tout son possible pour faire bonne figure malgré la nette sensation d'avoir un kelpy se gigottant dans ses entrailles, à son arrivée il était peut être un peu plus pâle qu'au naturel, et on aurait dit qu'un amuse-bouche lui était resté sur l'estomac.
Une fois arrivés, le costume de sorcier d'apparat sombre parsemé de touches vermeil de Magnus ouvrit la marche vers l'entrée, suivi par le pas raide de son fils arborant un costume trois pièces au style inhabituellement coloré et frais pour qui connaissait le jeune homme. Enfin, la démarche nonchalante et néanmoins calculée de Willow faisait rebondir sur sa poitrine la triple rangée de perles qu'elle portait sur un décolleté à peine moins sulfureux qu'à son habitude, nuancé par la sobriété du reste de sa tenue.
Accueilli par un elfe de maison au ton ni tout à fait sincère ni particulièrement obséquieux qui ne fut, de toute façon, regardé que le Nerrah fils qui n'avait pas encore cultivé cette distance vis à vis des êtres d'une autre espèce, ils furent guidés jusqu’à la verrière où il leur annonça « Le Royal Orchestra de Fife accorde ses instruments, Madame Flora vous attend.»
«Que pensez vous de tout cela mon mari ? coassa Willow en observant la verrière monumentale qui accueillait l'événement. C'est une bien belle demeure pour une femme de son extraction...»
«Fleurdelys doit posséder le cinquième du comté de Fife, et j'exagère à peine très chère. Je parirai presque que du plus haut balcon de cette demeure, vous ne puissiez voir à l'horizon que des terres qui son siennes.»
«Êtes vous en train de vous moquer de ma taille Herr Nerrah ?» siffla Willow en donnant un vicieux coup de coude dans les côtes de son mari tout en souriant malgré elle.
«Mère ! Père ! Je vous en prie...» Ils arrivaient à l'entrée de la verrière et Aliosus ne voulait pas que ses parents ne fussent remarqué aussi tôt dans la soirée, il les connaissait et savait que ce moment arriverait en temps et en heure, mais d'ici là, en adolescent digne de ce nom, il espérait qu'il ne serait plus totalement visible à leur côté.
Le seuil franchi, l'atmosphère changea, sans qu'Aliosus ne juge que c'était du à un quelconque enchantement, non, tout simplement le fait d'entrer dans cette forêt de verre et de métal donnait l'impression de pénétrer dans un nouveau monde. Les odeurs florales accompagnaient les autres fragrances habituellement associées à ces soirées, celle des amuses bouches chauds, des cocktails magiques crépitant, des mosaïques de parfums féminins et du cuir inlassablement vernis des souliers d'hommes. Ici, la fraicheur végétale l'emportait sur le reste, donnant presque l'impression qu'ils étaient à l'air libre. Dehors, le crépuscule écossais s'annonçait en reflétant ses notes oranges et pourpres dans les milliers de carreaux du lieu, volant d'une façon éphémère la vedette aux chandeliers disposés à intervalle régulier, et s'accrochant sur les broderies des vêtements des convives, peignant un frappant tableau mordoré.
«Des banquettes et des fauteuils ? Comme c'est original, j'aurai un point de chute autrement plus confortable qu'au bal du Nouvel An...»
Pourtant, dans tout cet apparat, une sorte d'instinct lui provoque un frisson lui faisant se contracter les épaules et la nuque comme s'il se sentait observé. Ça n'avait pourtant rien de bien extraordinaire étant donné le nombre de convives déjà arrivés, il y en avait bien un qui avait pu poser les yeux sur lui.
«Ah, j'aperçois déjà Meywood, voilà qui est encourageant.»
Les yeux d'Aliosus passaient de visages en visages, il y avait ici tout ce que l'on pouvait espérer de représentant des plus hautes fonctions du pays, Patriarches, secrétaires d'états, représentant de la nouvelle Sainte Mangouste, héritiers et héritières, autant de fortunes qui pouvaient se révéler être charmées par le travail et la cause de Flora Fleurdelys.
RP garantis 0% IA et 100% humain
Charité bien ordonnée
Flora semblait irréelle, presque diaphane, dans le miroitement de sa robe de soie émeraude. Elle glissait parmi les premiers invités avec la grâce d’une apparition, distribuant de-ci de-là un remerciement aimable, effleurant de son sourire délicat les visages qui se tournaient vers elle : « Merci à vous pour votre présence ce soir, Sir Evans… », « C’est un honneur de vous recevoir, Lady Wilson… ».
À un pas derrière elle, Angel demeurait frappé d’émerveillement, bouche close devant l’assurance et l’élégance de son épouse. Il prenait ensuite le relais, serrant des mains vigoureuses ou s’inclinant pour baiser des doigts ornés de bagues étincelantes. Dans la verrière, le Royal Orchestra distillait une mélodie de circonstance, réchauffant l’atmosphère d’harmonies feutrées.

Tandis que les elfes s’affairaient à offrir à chacun un verre, Flora invitait d’un geste gracieux ses convives à se sustenter aux buffets dressés dans chaque recoin de l’immense salle, illuminée par mille chandelles suspendues dans les airs.
Profitant d’un instant de répit, Angel se pencha vers elle, sa voix basse vibrant d’un désir à peine contenu :
- Tu es prodigieuse, ma chérie… J’ai la tentation de faire glisser la fermeture de ta robe jusqu’au creux de tes reins…
Un éclat de rire étouffé échappa à Flora.
- Cesse donc de jouer au garnement. Nous réglerons ton impertinence plus tard, si je sors indemne de cette soirée.
- Tu t’en sors avec brio, mon amour. Regarde-les : ils sont tous happés par ton charme.
À ces mots, la sorcière se figea. À l’embrasure de la porte venait d’apparaître Dalya Harrison, figure éminente de la Chambre des sorciers, accompagnée de sa fille cadette, Carry, presque du même âge que Gabryel. Un frisson parcourut aussitôt la nuque de la rousse flamboyante.
Plus à gauche, parmi le flot des silhouettes, se découpait le profil aristocratique de Magnus Nerrah, Directeur du bureau de la FEPS au Secrétariat des Affaires magiques extérieures. Sa sublime épouse Willow le précédait d’un pas souverain, suivie de leur fils Aliosus, camarade de promotion de Gabryel.
Flora murmura, d’une voix où perçait une nervosité mal contenue :
- Par pitié, Angel, va saluer les Nerrah.
- Et toi ? Tu ne viens pas ?
- Je dois d’abord souhaiter la bienvenue à Dalya Harrison. Son rôle est trop important pour être négligé. Quant aux Nerrah… je ne me suis jamais sentie à l’aise avec eux. Une fois, Willow m’a croisée à la salle des ventes et m’a détaillée des pieds à la tête, comme si j’avais été… un insecte.
Son regard chercha celui d’Angel, implorant.
- S’il te plaît, mon chéri… Toi, tu es un Fleurdelys. Tu appartiens au sérail depuis le onzième siècle…
- Je ne suis pas si vieux. (sourire) Et n’oublie pas que désormais, tu portes le même nom que moi…
- Angel…
L’Écossais éclata d’un rire franc, ému malgré lui par l’expression enfantine de sa femme.
- Très bien, j’y vais. Mais tu me rejoins.
Sous l’œil reconnaissant de la directrice de Maeve Queen, le châtelain s’avança vers l’un des héritiers les plus prestigieux de Grande-Bretagne.
- Monsieur Nerrah, c’est un immense honneur de vous recevoir. (lui serre la main) Je vous remercie d’avoir accepté l’invitation de mon épouse. Madame Nerrah, vous êtes d’une rare beauté, soyez la bienvenue. (il s’incline et effleure sa main d’un baise-main) Et vous devez être Aliosus ? (serre la main du garçon) Gabryel ne m’avait pas menti : votre charisme est remarquable. Quelle joie de vous avoir parmi nous.
Il fit signe à l’un des elfes en charge des invités.
- Mon épouse Flora vous rejoindra d’ici peu. En attendant, Pumpy se fera un plaisir de vous proposer tout rafraîchissement, ou autre collation qui pourrait vous convenir.
À quelques enjambées de là, Flora s’avança vers ses nouveaux hôtes. Ses doigts, trahissant une légère nervosité, jouaient sans relâche avec la boucle d’oreille qui pendait à son lobe. Elle inspira profondément, ajusta son maintien, puis laissa éclore sur ses lèvres un sourire de convenance.
- Madame Harrison, je ne saurais exprimer toute ma gratitude d’avoir honoré mon invitation. Votre présence ce soir me touche profondément.
Elle accompagna ses mots d’une révérence discrète, presque gracieuse, avant de se tourner vers la jeune fille qui l’accompagnait.
- Vous êtes sans doute Carry, n’est-ce pas ? Soyez la bienvenue, mademoiselle. C’est une joie de vous recevoir.
La Française leva alors la main pour héler un elfe de maison qui se précipita aussitôt, plateau d’argent en équilibre.
- Permettez que je vous propose une collation. J’aimerais que vous vous sentiez ici comme chez vous, libres de profiter de chaque instant de cette soirée.
Son regard, lumineux malgré la tension, se posa tour à tour sur la mère et la fille, comme pour s’assurer que son hospitalité franchissait la barrière des convenances et touchait directement leurs cœurs.

Gabryel, de son côté, avait été chargé d’accueillir les convives dans le hall et de les conduire jusqu’aux grandes portes de la verrière. Mais il avait pris du retard, prisonnier d’un nœud papillon récalcitrant. Arrivé essoufflé à son poste, il pria intérieurement que sa mère n’en sache rien. Déjà, la salle bourdonnait de monde ; il aurait tant voulu saluer chacun dès leur arrivée.
Alors qu’il réajustait son col de chemise, deux silhouettes franchirent le perron. Le Gryffondor reconnut aussitôt Alice Sangblanc, une Serpentard de sa promotion, qu’il n’avait pas revue depuis longtemps. Ils ne s’étaient jamais réellement parlé, mais il l’avait toujours trouvée d’une beauté à couper le souffle — et ce soir ne faisait que confirmer ce souvenir obsédant. À ses côtés marchait son frère Thomas, dont Gabryel avait retenu le nom en étudiant la liste des invités, la veille.
- Bonjour, je suis Gabryel Fleurdelys. Bienvenue à vous, Thomas et Alice Sangblanc.
Les mots lui vinrent d’une voix légèrement mécanique, comme arrachés à ses lèvres.
- Pardonnez-moi, je ne suis pas encore très rodé pour souhaiter la bienvenue.
Puis, dans un éclat soudain, l’Écossais laissa jaillir un rire spontané et cristallin, assez lumineux pour dissiper toute gêne.
- En tout cas, je suis rrrravi de te revoir, Alice. Et enchanté de faire votre connaissance, Monsieur Sangblanc.
Il s’inclina légèrement et leur ouvrit la voie.
- Je vous en prie, (en français) par ici.
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR
À un pas derrière elle, Angel demeurait frappé d’émerveillement, bouche close devant l’assurance et l’élégance de son épouse. Il prenait ensuite le relais, serrant des mains vigoureuses ou s’inclinant pour baiser des doigts ornés de bagues étincelantes. Dans la verrière, le Royal Orchestra distillait une mélodie de circonstance, réchauffant l’atmosphère d’harmonies feutrées.

Tandis que les elfes s’affairaient à offrir à chacun un verre, Flora invitait d’un geste gracieux ses convives à se sustenter aux buffets dressés dans chaque recoin de l’immense salle, illuminée par mille chandelles suspendues dans les airs.
Profitant d’un instant de répit, Angel se pencha vers elle, sa voix basse vibrant d’un désir à peine contenu :
- Tu es prodigieuse, ma chérie… J’ai la tentation de faire glisser la fermeture de ta robe jusqu’au creux de tes reins…
Un éclat de rire étouffé échappa à Flora.
- Cesse donc de jouer au garnement. Nous réglerons ton impertinence plus tard, si je sors indemne de cette soirée.
- Tu t’en sors avec brio, mon amour. Regarde-les : ils sont tous happés par ton charme.
À ces mots, la sorcière se figea. À l’embrasure de la porte venait d’apparaître Dalya Harrison, figure éminente de la Chambre des sorciers, accompagnée de sa fille cadette, Carry, presque du même âge que Gabryel. Un frisson parcourut aussitôt la nuque de la rousse flamboyante.
Plus à gauche, parmi le flot des silhouettes, se découpait le profil aristocratique de Magnus Nerrah, Directeur du bureau de la FEPS au Secrétariat des Affaires magiques extérieures. Sa sublime épouse Willow le précédait d’un pas souverain, suivie de leur fils Aliosus, camarade de promotion de Gabryel.
Flora murmura, d’une voix où perçait une nervosité mal contenue :
- Par pitié, Angel, va saluer les Nerrah.
- Et toi ? Tu ne viens pas ?
- Je dois d’abord souhaiter la bienvenue à Dalya Harrison. Son rôle est trop important pour être négligé. Quant aux Nerrah… je ne me suis jamais sentie à l’aise avec eux. Une fois, Willow m’a croisée à la salle des ventes et m’a détaillée des pieds à la tête, comme si j’avais été… un insecte.
Son regard chercha celui d’Angel, implorant.
- S’il te plaît, mon chéri… Toi, tu es un Fleurdelys. Tu appartiens au sérail depuis le onzième siècle…
- Je ne suis pas si vieux. (sourire) Et n’oublie pas que désormais, tu portes le même nom que moi…
- Angel…
L’Écossais éclata d’un rire franc, ému malgré lui par l’expression enfantine de sa femme.
- Très bien, j’y vais. Mais tu me rejoins.
Sous l’œil reconnaissant de la directrice de Maeve Queen, le châtelain s’avança vers l’un des héritiers les plus prestigieux de Grande-Bretagne.
- Monsieur Nerrah, c’est un immense honneur de vous recevoir. (lui serre la main) Je vous remercie d’avoir accepté l’invitation de mon épouse. Madame Nerrah, vous êtes d’une rare beauté, soyez la bienvenue. (il s’incline et effleure sa main d’un baise-main) Et vous devez être Aliosus ? (serre la main du garçon) Gabryel ne m’avait pas menti : votre charisme est remarquable. Quelle joie de vous avoir parmi nous.
Il fit signe à l’un des elfes en charge des invités.
- Mon épouse Flora vous rejoindra d’ici peu. En attendant, Pumpy se fera un plaisir de vous proposer tout rafraîchissement, ou autre collation qui pourrait vous convenir.
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À quelques enjambées de là, Flora s’avança vers ses nouveaux hôtes. Ses doigts, trahissant une légère nervosité, jouaient sans relâche avec la boucle d’oreille qui pendait à son lobe. Elle inspira profondément, ajusta son maintien, puis laissa éclore sur ses lèvres un sourire de convenance.
- Madame Harrison, je ne saurais exprimer toute ma gratitude d’avoir honoré mon invitation. Votre présence ce soir me touche profondément.
Elle accompagna ses mots d’une révérence discrète, presque gracieuse, avant de se tourner vers la jeune fille qui l’accompagnait.
- Vous êtes sans doute Carry, n’est-ce pas ? Soyez la bienvenue, mademoiselle. C’est une joie de vous recevoir.
La Française leva alors la main pour héler un elfe de maison qui se précipita aussitôt, plateau d’argent en équilibre.
- Permettez que je vous propose une collation. J’aimerais que vous vous sentiez ici comme chez vous, libres de profiter de chaque instant de cette soirée.
Son regard, lumineux malgré la tension, se posa tour à tour sur la mère et la fille, comme pour s’assurer que son hospitalité franchissait la barrière des convenances et touchait directement leurs cœurs.
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Gabryel, de son côté, avait été chargé d’accueillir les convives dans le hall et de les conduire jusqu’aux grandes portes de la verrière. Mais il avait pris du retard, prisonnier d’un nœud papillon récalcitrant. Arrivé essoufflé à son poste, il pria intérieurement que sa mère n’en sache rien. Déjà, la salle bourdonnait de monde ; il aurait tant voulu saluer chacun dès leur arrivée.
Alors qu’il réajustait son col de chemise, deux silhouettes franchirent le perron. Le Gryffondor reconnut aussitôt Alice Sangblanc, une Serpentard de sa promotion, qu’il n’avait pas revue depuis longtemps. Ils ne s’étaient jamais réellement parlé, mais il l’avait toujours trouvée d’une beauté à couper le souffle — et ce soir ne faisait que confirmer ce souvenir obsédant. À ses côtés marchait son frère Thomas, dont Gabryel avait retenu le nom en étudiant la liste des invités, la veille.
- Bonjour, je suis Gabryel Fleurdelys. Bienvenue à vous, Thomas et Alice Sangblanc.
Les mots lui vinrent d’une voix légèrement mécanique, comme arrachés à ses lèvres.
- Pardonnez-moi, je ne suis pas encore très rodé pour souhaiter la bienvenue.
Puis, dans un éclat soudain, l’Écossais laissa jaillir un rire spontané et cristallin, assez lumineux pour dissiper toute gêne.
- En tout cas, je suis rrrravi de te revoir, Alice. Et enchanté de faire votre connaissance, Monsieur Sangblanc.
Il s’inclina légèrement et leur ouvrit la voie.
- Je vous en prie, (en français) par ici.
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR
Charité bien ordonnée
En grimpant les marches du perron, sa robe pincée entre ses doigts, Alice regrettait d’avoir refuser de boire son lait de pavot. Pourrait-elle danser, ce soir ? Serait-elle celle qu’elle devait être, l’héritière charmante, la dame idéale ? Ou bien la douleur la rendrait-elle moins affable ?
Thomas, a ses côtés, gardait un bras derrière son dos, effleurant ses omoplates nues pour prévenir d’une quelconque chute. Il était sa béquille invisible, mais aussi la main qui la pousserait dans la fosse aux hyènes sans un battement de cil, certain qu’elle s’y débrouillerait.
La jeune Sangblanc sentait chaque battement de son coeur cogner contre sa cage thoracique, comme un rappel cruel de ses côtes fracturées. Le corset, déjà impitoyable, sciait sa respiration. Pourtant, Alice se forçait à afficher un sourire. Hors de question que quiconque lise la moindre faille sur ses traits. Alice serait forte et digne.
Arrivée en haut des marches, frère et soeur s’arrêtèrent devant leur hôte qu’Alice reconnu en la personne du jeune héritier Fleurdelys, Gabryel.
Un Gryffondor de sa promotion avec qui Alice n’avait jamais vraiment échangé, aussi ne gardait-elle que peu de souvenir de sa personnalité.
Les premiers mots qu’il prononça furent sans chaleur aucune. Il était ici, devant eux, parce qu’il le devait, et cela se ressentait. Alice conclu alors que Gabryel Fleurdelys n’était point habitué à accueillir les invités de sa famille. La raison de sa présence face à eux trouvait deux explications.
Alice et Thomas Sangblanc n’étaient pas considérés comme des invités suffisamment importants pour mériter un accueil digne de ce nom.
Ou bien ils étaient perçu comme suffisamment bienveillant pour pardonner la maladresse de l’héritier.
Alice trouva sa réponse dans la suite. Gabryel Fleurdelys avouait ne pas être à la hauteur. Il en rit avec franchise, sans chercher à commander ses émotions. Alice sourit. Non, de toutes évidences, Gabryel n’était point à la hauteur. Fort bien.
« Monsieur Fleurdelys, c’est un véritable privilège d’être accueilli par l’héritier en personne », lança Thomas d’une voix de velours, un sourire aux lèvres. Il s’inclina, son bras replié sur son torse.
Alice allait devoir s’incliner elle aussi, n’est-ce pas ? Oh, juste ciel…
« Je suis moi aussi ravie de te revoir, Gabryel. »
Bien, s’incliner, à présent. Force et dignité, Alice.
Elle inclina gracieusement la tête, le mouvement millimétré pour masquer la crispation douloureuse de son flanc. La révérence fut brève, mais suffisante. Ses doigts, posés sur les plis de sa robe, tremblaient à peine, et seuls les plus observateurs pourraient devinés que ce n’était point le trac, mais la douleur qui vibrait sous sa peau.
Thomas, derrière elle, se fendit d’un rictus en coin, tout observateur qu’il était.
Alice, déjà redressée, reprenait cette hauteur naturelle qui la faisait paraître pour plus grande qu’elle ne l’était. Elle effleura le bras de son frère, s’y accrochant à peine comme à un ornement, et s’avança d’un pas vers Gabryel, assez proche pour que son parfum - un mélange de lavande et de soie - se fasse sentir. Ils étaient prêts à pénétrer dans la gueule du loup, avec un agneau pour guide.
Thomas, a ses côtés, gardait un bras derrière son dos, effleurant ses omoplates nues pour prévenir d’une quelconque chute. Il était sa béquille invisible, mais aussi la main qui la pousserait dans la fosse aux hyènes sans un battement de cil, certain qu’elle s’y débrouillerait.
La jeune Sangblanc sentait chaque battement de son coeur cogner contre sa cage thoracique, comme un rappel cruel de ses côtes fracturées. Le corset, déjà impitoyable, sciait sa respiration. Pourtant, Alice se forçait à afficher un sourire. Hors de question que quiconque lise la moindre faille sur ses traits. Alice serait forte et digne.
Arrivée en haut des marches, frère et soeur s’arrêtèrent devant leur hôte qu’Alice reconnu en la personne du jeune héritier Fleurdelys, Gabryel.
Un Gryffondor de sa promotion avec qui Alice n’avait jamais vraiment échangé, aussi ne gardait-elle que peu de souvenir de sa personnalité.
Les premiers mots qu’il prononça furent sans chaleur aucune. Il était ici, devant eux, parce qu’il le devait, et cela se ressentait. Alice conclu alors que Gabryel Fleurdelys n’était point habitué à accueillir les invités de sa famille. La raison de sa présence face à eux trouvait deux explications.
Alice et Thomas Sangblanc n’étaient pas considérés comme des invités suffisamment importants pour mériter un accueil digne de ce nom.
Ou bien ils étaient perçu comme suffisamment bienveillant pour pardonner la maladresse de l’héritier.
Alice trouva sa réponse dans la suite. Gabryel Fleurdelys avouait ne pas être à la hauteur. Il en rit avec franchise, sans chercher à commander ses émotions. Alice sourit. Non, de toutes évidences, Gabryel n’était point à la hauteur. Fort bien.
« Monsieur Fleurdelys, c’est un véritable privilège d’être accueilli par l’héritier en personne », lança Thomas d’une voix de velours, un sourire aux lèvres. Il s’inclina, son bras replié sur son torse.
Alice allait devoir s’incliner elle aussi, n’est-ce pas ? Oh, juste ciel…
« Je suis moi aussi ravie de te revoir, Gabryel. »
Bien, s’incliner, à présent. Force et dignité, Alice.
Elle inclina gracieusement la tête, le mouvement millimétré pour masquer la crispation douloureuse de son flanc. La révérence fut brève, mais suffisante. Ses doigts, posés sur les plis de sa robe, tremblaient à peine, et seuls les plus observateurs pourraient devinés que ce n’était point le trac, mais la douleur qui vibrait sous sa peau.
Thomas, derrière elle, se fendit d’un rictus en coin, tout observateur qu’il était.
Alice, déjà redressée, reprenait cette hauteur naturelle qui la faisait paraître pour plus grande qu’elle ne l’était. Elle effleura le bras de son frère, s’y accrochant à peine comme à un ornement, et s’avança d’un pas vers Gabryel, assez proche pour que son parfum - un mélange de lavande et de soie - se fasse sentir. Ils étaient prêts à pénétrer dans la gueule du loup, avec un agneau pour guide.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Charité bien ordonnée
Adossé à l’une des immenses fenêtres de la verrière, je regarde la baie de Fife. La lumière se reflète sur les parois de verre d’une douce clarté. Flora a la bonne idée de transformer sa verrière en salon mondain : chandeliers suspendus, banquettes de velours, fauteuils, plantes exotiques disposées comme si elles poussaient naturellement là depuis toujours. L’ambiance feutrée a tout d’un cocon élégant, tout en me demandant combien de gallions ont bien pu être claqués par Angel pour en arriver à ce résultat. Trop, sans doute.
Mon reflet me renvoie l’image d’un type en costume de soie noire, cousu de mes propres mains. Voilà au moins un élément de cette soirée qui vaut la peine d’être regardé. Chaque couture, chaque pli, c’est moi. La petite feuille d’argent glissée à ma boutonnière brille discrètement : un détail. Mais les détails, c’est ce qui distingue un créateur d’un vendeur de tissus, du moins à l’époque où je tenais le GaiChiffon.
Soyons clairs : ce n’est pas mon monde. Les sourires figés, les poignées de main, les rires forcés… très peu pour moi. Si je suis là, c’est uniquement parce que Flora me le demande. Et Flora, je ne sais pas lui dire non. Elle veut transformer les combles de Maeve Queen en dortoir pour des gosses nés-moldus, orphelins, ceux que le Ministère préfère oublier dans un coin. Rien que ça. Alors oui, je râle, mais je respecte. Parce qu’au fond, je sais bien que ce projet est essentiel. Nous partageons des valeurs communes. Je pense aux petits monstres de Diane.
Et puis, entre nous, je ne crache pas sur ma place à Maeve Queen. Officiellement, j’y suis éducateur. Concrètement, je passe mes journées avec des gamins de moins de onze ans qui n’ont pas encore l’âge d’entrer à Poudlard. Des mômes pleins d’énergie, parfois cabossés. Je n’aurais jamais cru dire ça un jour, mais il y a une réelle satisfaction à les voir progresser, à les aider à apprivoiser leurs premiers sorts sans se transformer en torche vivante. Et pourtant, j’ai bien failli crâmer deux ou trois fois. Quand je pense à ce que je voyais dans la mode : la vanité puante, les caprices de divas, je me dis que je remplace des tissus de soie pour quelque chose de bien plus solide : la confiance de ces mioches.
Je secoue la tête, et mon regard tombe sur ce qu’il ne peut pas rater : les tissus, les coupes des invités. Là, une robe bleu nuit dont je connais chaque perle, vendue au GaiChiffon à une femme qui fait sa belle auprès d’un juge. Et ici, une cape en organza brodée d’argent qui ma coûtée trois nuits blanches, et voilà qu’elle ressort ce soir sur les épaules d’une héritière qui n’a sûrement jamais su ce que veut dire « effort ». Mes doigts en ont encore la mémoire : la brûlure des aiguilles, la fierté du résultat. Ironie du destin.
Et pourtant, malgré toute ma mauvaise foi, je sens cette pointe de fierté. Flora compte sur moi. Elle, avec sa robe émeraude, ses cheveux relevés comme si elle sortait tout droit d’une peinture, elle brille. Elle y croit. Et ça suffit à me convaincre que j’ai ma place à ses côtés.
Je me souviens de notre première rencontre au café du Rosier, à Godric’s Hollow. J’y suis là par hasard, avec « mon style habituel », et elle me parle avec un sourire maladroit, renversant la moitié de sa tasse de café noir sans sucre sur la table. Sa maladresse désarmante m’amuse, mais ce qui me marque surtout, c’est qu’elle ne me juge pas une seule seconde. Pas un mot sur mon allure. Elle parle avec moi comme si elle voyait autre chose que l’enveloppe. Ce jour-là, je sais que Flora Fleurdelys n’est pas comme les autres. Et qu’un jour, si elle me demande un service, je ne pourrai pas lui dire non.
Alors ce soir, j’inspire un bon coup, je remets d’un geste nerveux ma cravate un peu de travers, et je me prépare à traverser la salle.
Mais je me jure de ne jamais oublier ce que je vois : derrière chaque sourire ici, il y a toujours une couture fragile, un fil prêt à casser. Et ça, moi, Cassidy Powell, je sais mieux que quiconque ce que ça veut dire.
Cassidy Powell - Éducateur à l’école Maeve Queen
Godric’s Hollow
Mon reflet me renvoie l’image d’un type en costume de soie noire, cousu de mes propres mains. Voilà au moins un élément de cette soirée qui vaut la peine d’être regardé. Chaque couture, chaque pli, c’est moi. La petite feuille d’argent glissée à ma boutonnière brille discrètement : un détail. Mais les détails, c’est ce qui distingue un créateur d’un vendeur de tissus, du moins à l’époque où je tenais le GaiChiffon.
Soyons clairs : ce n’est pas mon monde. Les sourires figés, les poignées de main, les rires forcés… très peu pour moi. Si je suis là, c’est uniquement parce que Flora me le demande. Et Flora, je ne sais pas lui dire non. Elle veut transformer les combles de Maeve Queen en dortoir pour des gosses nés-moldus, orphelins, ceux que le Ministère préfère oublier dans un coin. Rien que ça. Alors oui, je râle, mais je respecte. Parce qu’au fond, je sais bien que ce projet est essentiel. Nous partageons des valeurs communes. Je pense aux petits monstres de Diane.
Et puis, entre nous, je ne crache pas sur ma place à Maeve Queen. Officiellement, j’y suis éducateur. Concrètement, je passe mes journées avec des gamins de moins de onze ans qui n’ont pas encore l’âge d’entrer à Poudlard. Des mômes pleins d’énergie, parfois cabossés. Je n’aurais jamais cru dire ça un jour, mais il y a une réelle satisfaction à les voir progresser, à les aider à apprivoiser leurs premiers sorts sans se transformer en torche vivante. Et pourtant, j’ai bien failli crâmer deux ou trois fois. Quand je pense à ce que je voyais dans la mode : la vanité puante, les caprices de divas, je me dis que je remplace des tissus de soie pour quelque chose de bien plus solide : la confiance de ces mioches.
Je secoue la tête, et mon regard tombe sur ce qu’il ne peut pas rater : les tissus, les coupes des invités. Là, une robe bleu nuit dont je connais chaque perle, vendue au GaiChiffon à une femme qui fait sa belle auprès d’un juge. Et ici, une cape en organza brodée d’argent qui ma coûtée trois nuits blanches, et voilà qu’elle ressort ce soir sur les épaules d’une héritière qui n’a sûrement jamais su ce que veut dire « effort ». Mes doigts en ont encore la mémoire : la brûlure des aiguilles, la fierté du résultat. Ironie du destin.
Et pourtant, malgré toute ma mauvaise foi, je sens cette pointe de fierté. Flora compte sur moi. Elle, avec sa robe émeraude, ses cheveux relevés comme si elle sortait tout droit d’une peinture, elle brille. Elle y croit. Et ça suffit à me convaincre que j’ai ma place à ses côtés.
Je me souviens de notre première rencontre au café du Rosier, à Godric’s Hollow. J’y suis là par hasard, avec « mon style habituel », et elle me parle avec un sourire maladroit, renversant la moitié de sa tasse de café noir sans sucre sur la table. Sa maladresse désarmante m’amuse, mais ce qui me marque surtout, c’est qu’elle ne me juge pas une seule seconde. Pas un mot sur mon allure. Elle parle avec moi comme si elle voyait autre chose que l’enveloppe. Ce jour-là, je sais que Flora Fleurdelys n’est pas comme les autres. Et qu’un jour, si elle me demande un service, je ne pourrai pas lui dire non.
Alors ce soir, j’inspire un bon coup, je remets d’un geste nerveux ma cravate un peu de travers, et je me prépare à traverser la salle.
Mais je me jure de ne jamais oublier ce que je vois : derrière chaque sourire ici, il y a toujours une couture fragile, un fil prêt à casser. Et ça, moi, Cassidy Powell, je sais mieux que quiconque ce que ça veut dire.

Cassidy Powell - Éducateur à l’école Maeve Queen
Godric’s Hollow
Charité bien ordonnée
Dayla et Carry s’avancèrent côte à côte, d’un pas mesuré, glissant presque au milieu des convives dont les murmures emplissaient l’air parfumé de la réception. Leurs silhouettes, si semblables et pourtant si différentes dans leur maintien, attiraient déjà l’attention.
Dayla, la matriarche, laissait courir son regard sur l’assemblée avec une aisance feutrée. Ses lèvres fines s’étirèrent en un demi-sourire, ni chaleureux ni froid, mais suffisamment calculé pour paraître avenant. Elle reconnut aussitôt la plupart des visages présents trop nombreux pour en dresser la liste.
Carry, à ses côtés, affichait une attitude tout autre. Son regard clair, légèrement plissé, se déplaçait lentement de figure en figure, scrutant sans indulgence. Son visage, parfaitement immobile, se voulait d’une neutralité glaciale. Une façade de marbre derrière laquelle grondait une méfiance contenue. Si des connaissances de son ancienne école se trouvaient là, il était préférable pour elle de rester loin d’elle.
« Hm... Pas trop mal… pour une famille d'impure… » murmura-t-elle, le coin de ses lèvres s’incurvant en un demi-sourire empreint de sarcasme. « cependant Je prefere toujours le zoo...»
Dayla n’eut pas le temps de répondre. L’hôtesse de la réception s’approchait déjà d’elles. Et si Carry ignorait qui elle était, Dayla, elle, reconnut Flora Fleurdelys et dut se contraindre à ne pas laisser transparaître le dégoût que lui inspirait cette vision. Son sourire s’élargit alors comme si celle-ci venait de revêtir un masque. Flora Fleurdelys… Une pomme gâtée au milieu du panier. Une née-moldue.
« Oh, je vous en prie, nous vous remercions infiniment de nous accueillir en votre demeure. Veuillez excuser l’absence de mon époux ; le Département de la Justice croule sous les obligations ces derniers temps, il n’a pu se libérer, » dit-elle d’une voix douce et mielleuse, chaque syllabe aussi étudiée qu’une révérence.
Carry, de son côté, se redressa et s’autorisa un sourire discret. Ses yeux parcoururent Miss Fleurdelys de la tête aux pieds sans le moindre effort pour dissimuler la froideur de son observation.. Elle s’inclina avec grâce, inclinant la tête avec une courtoisie inhabituelle.
« Un grand merci pour votre invitation, » déclara-t-elle d’un ton presque solennel. « C’est un honneur. »
Lorsque l’hôtesse leur proposa de se restaurer, mère et fille échangèrent un regard muet, plus parlant que de longs discours. L’idée même qu’une née-moldue ait convier des Sang-Pur à se restaurer avait des allures de plaisanterie d’un goût douteux, une anecdote qui, sans nul doute, alimenterait de futurs dîners en famille. Elles sourirent néanmoins avec toute la politesse exigée par l’étiquette et inclinèrent la tête d’un même geste gracieux.
« Vous êtes fort aimable» répondit Dayla, sa voix sucrée dissimulant son mépris. « Mais je vous en prie, ne vous attardez pas pour nous ; vos invités requièrent toute votre attention, et je n’oserais vous priver de vos obligations. »
Après de nouvelles salutations, Dayla et Carry se retrouvèrent seules. Carry reprit son observation des convives, mais cette fois son masque de marbre se fissura brutalement. Son visage se crispa, et son regard s’assombrit en se détournant précipitamment d’un groupe qu’elle venait d’apercevoir.
Dayla, intriguée, haussa un sourcil. Mais sa fille se pencha vers elle et, d’une voix basse, laissa échapper :
« Les Sangblanc sont ici… Vous comptiez me le dire, mère ? »
Dayla saisit un verre de champagne qu’un serveur venait de passer et prit une gorgée avec une indolence feinte, son regard fixé au loin.
« Pensez-vous vraiment, ma chère, que les Sangblanc auraient pu être exclus d’une telle réception ? » souffla-t-elle en exhalant légèrement par le nez. « Êtes-vous encore en froid avec eux ? »
Carry força un sourire, mais son irritation perçait dans la crispation de ses lèvres.
« Ils n’ont rien à faire ici, » siffla-t-elle entre ses dents. « Encore moins Alice Sangblanc... »
Dayla arqua un sourcil, un éclat ironique dans le regard.
« Votre relation avec la jeune Sangblanc demeure-t-elle aussi chaotique ? »
« J’ai essayé d’arranger les choses, » rétorqua Carry, la voix plus sèche, « mais elle n’a rien voulu entendre. »
« Et pouvez-vous réellement lui en vouloir ? Vous avez sacrifiée son joli visage.»
Carry croisa les bras, ses yeux se durcissant.
« La question n’est pas là. J’ai présenté mes excuses. J’ai exprimé mes regrets et proposé de repartir sur des bases saines. Au lieu de cela… deux idiotes ont trouvé amusant de me jeter une bombabouse en plein visage. »
« Et je présume que vous n’avez rien fait qui méritait un tel traitement ?» fit Dayla, un léger sourire effleurant ses lèvres.
Le silence de Carry, ponctué seulement d’un soupir, fut une réponse suffisante.
« C’est bien ce que je pensais. Alice a tiré un trait sur vous, très chère. Espérer son amitié est aussi probable que de vous imaginer directrice de Poudlard… autrement dit, parfaitement illusoire. Pourquoi diable essayez-vous aussi vainement ? »
Carry, à ses côtés, pivota lentement. Elle resta quelques secondes immobile, les yeux fixés sur la foule bruissante, comme si elle cherchait à y démêler l’écheveau de ses réflexions. Sa mâchoire se crispa un instant avant qu’elle ne tourne de nouveau son regard vers sa mère.
« Car je porte en haute estime miss Nerrah, » répondit-elle d’une voix basse et ferme. « Et si je parviens à renouer un semblant de lien avec Alice, peut-être que miss Nerrah reconnaîtra-t-elle que j’ai fait des progrès sur le plan social. Alice, voyez-vous, est mon plus grand défi, notre haine l’une envers l’autre est bien connu. »
Dayla haussa délicatement un sourcil.
« Donc, dans le fond, vous ne vous souciez guère d’Alice elle-même. Tout ce qui vous importe, c’est l’approbation de sa mère ? »
Carry hocha la tête sans détour.
« Précisément. »
« Avez-vous songé à une tout autre approche ? » reprit Dayla avec une feinte douceur. « Rénésmée possède d’autres enfants… Thomas ici présent, par exemple. »
Les yeux clairs de Carry s’arrondirent d’une stupeur mêlée d’agacement.
« Vraiment ? Souhaitez-vous que Morrigan m’assassine pour avoir osé approcher son ancien fiancé ? »
Un sourire imperceptible se dessina sur le visage de Dayla, qui redressa légèrement sa robe.
« Morrigan est instable, je le concède. Mais il n’y a guère de grande victoire sans grand risque. Et, quoi que vous en pensiez, Thomas reste un jeune homme fort convenable. Certes, il n’a pas su apporter le bonheur dans notre famille… mais son charme, lui, demeure intact. »
Carry tourna la tête, ses yeux se posant malgré elle sur Thomas qui se tenait non loin d’Alice. Elle soupira et leva subtilement les yeux au ciel, un geste d’abdication bien plus parlant qu’un long discours.
« Eh bien… nous verrons comment les choses évolueront. Et s’il le faut, j’irai parler à Thomas. Il est vrai qu'il possede un physisque avenant, mais c'est bien la seule qualite qu'on peut le lui donner. »
Elle s’apprêtait à s’éloigner, mais la voix de Dayla la retint, douce et glaciale à la fois.
« Je sais que vous avez changé, ma fille, » dit-elle en inclinant légèrement la tête, ses boucles d’oreilles dorées cliquetant faiblement. « Mais je préfère être parfaitement claire : je ne tolérerai aucune mise en scène de votre part. De plus, j’ai cru comprendre que Rénésmée serait présente ce soir. Il serait des plus regrettables de la décevoir. »
Carry demeura immobile quelques secondes, avant d’acquiescer avec une élégance maîtrisée. Un sourire poli étira ses lèvres, plus pour sa mère que pour elle-même. Puis, redressant la tête, elle s’éloigna d’un pas déterminé vers ce qui pouvait devenir la meilleure décision de sa vie… ou la plus désastreuse.
Dayla, la matriarche, laissait courir son regard sur l’assemblée avec une aisance feutrée. Ses lèvres fines s’étirèrent en un demi-sourire, ni chaleureux ni froid, mais suffisamment calculé pour paraître avenant. Elle reconnut aussitôt la plupart des visages présents trop nombreux pour en dresser la liste.
Carry, à ses côtés, affichait une attitude tout autre. Son regard clair, légèrement plissé, se déplaçait lentement de figure en figure, scrutant sans indulgence. Son visage, parfaitement immobile, se voulait d’une neutralité glaciale. Une façade de marbre derrière laquelle grondait une méfiance contenue. Si des connaissances de son ancienne école se trouvaient là, il était préférable pour elle de rester loin d’elle.
« Hm... Pas trop mal… pour une famille d'impure… » murmura-t-elle, le coin de ses lèvres s’incurvant en un demi-sourire empreint de sarcasme. « cependant Je prefere toujours le zoo...»
Dayla n’eut pas le temps de répondre. L’hôtesse de la réception s’approchait déjà d’elles. Et si Carry ignorait qui elle était, Dayla, elle, reconnut Flora Fleurdelys et dut se contraindre à ne pas laisser transparaître le dégoût que lui inspirait cette vision. Son sourire s’élargit alors comme si celle-ci venait de revêtir un masque. Flora Fleurdelys… Une pomme gâtée au milieu du panier. Une née-moldue.
« Oh, je vous en prie, nous vous remercions infiniment de nous accueillir en votre demeure. Veuillez excuser l’absence de mon époux ; le Département de la Justice croule sous les obligations ces derniers temps, il n’a pu se libérer, » dit-elle d’une voix douce et mielleuse, chaque syllabe aussi étudiée qu’une révérence.
Carry, de son côté, se redressa et s’autorisa un sourire discret. Ses yeux parcoururent Miss Fleurdelys de la tête aux pieds sans le moindre effort pour dissimuler la froideur de son observation.. Elle s’inclina avec grâce, inclinant la tête avec une courtoisie inhabituelle.
« Un grand merci pour votre invitation, » déclara-t-elle d’un ton presque solennel. « C’est un honneur. »
Lorsque l’hôtesse leur proposa de se restaurer, mère et fille échangèrent un regard muet, plus parlant que de longs discours. L’idée même qu’une née-moldue ait convier des Sang-Pur à se restaurer avait des allures de plaisanterie d’un goût douteux, une anecdote qui, sans nul doute, alimenterait de futurs dîners en famille. Elles sourirent néanmoins avec toute la politesse exigée par l’étiquette et inclinèrent la tête d’un même geste gracieux.
« Vous êtes fort aimable» répondit Dayla, sa voix sucrée dissimulant son mépris. « Mais je vous en prie, ne vous attardez pas pour nous ; vos invités requièrent toute votre attention, et je n’oserais vous priver de vos obligations. »
Après de nouvelles salutations, Dayla et Carry se retrouvèrent seules. Carry reprit son observation des convives, mais cette fois son masque de marbre se fissura brutalement. Son visage se crispa, et son regard s’assombrit en se détournant précipitamment d’un groupe qu’elle venait d’apercevoir.
Dayla, intriguée, haussa un sourcil. Mais sa fille se pencha vers elle et, d’une voix basse, laissa échapper :
« Les Sangblanc sont ici… Vous comptiez me le dire, mère ? »
Dayla saisit un verre de champagne qu’un serveur venait de passer et prit une gorgée avec une indolence feinte, son regard fixé au loin.
« Pensez-vous vraiment, ma chère, que les Sangblanc auraient pu être exclus d’une telle réception ? » souffla-t-elle en exhalant légèrement par le nez. « Êtes-vous encore en froid avec eux ? »
Carry força un sourire, mais son irritation perçait dans la crispation de ses lèvres.
« Ils n’ont rien à faire ici, » siffla-t-elle entre ses dents. « Encore moins Alice Sangblanc... »
Dayla arqua un sourcil, un éclat ironique dans le regard.
« Votre relation avec la jeune Sangblanc demeure-t-elle aussi chaotique ? »
« J’ai essayé d’arranger les choses, » rétorqua Carry, la voix plus sèche, « mais elle n’a rien voulu entendre. »
« Et pouvez-vous réellement lui en vouloir ? Vous avez sacrifiée son joli visage.»
Carry croisa les bras, ses yeux se durcissant.
« La question n’est pas là. J’ai présenté mes excuses. J’ai exprimé mes regrets et proposé de repartir sur des bases saines. Au lieu de cela… deux idiotes ont trouvé amusant de me jeter une bombabouse en plein visage. »
« Et je présume que vous n’avez rien fait qui méritait un tel traitement ?» fit Dayla, un léger sourire effleurant ses lèvres.
Le silence de Carry, ponctué seulement d’un soupir, fut une réponse suffisante.
« C’est bien ce que je pensais. Alice a tiré un trait sur vous, très chère. Espérer son amitié est aussi probable que de vous imaginer directrice de Poudlard… autrement dit, parfaitement illusoire. Pourquoi diable essayez-vous aussi vainement ? »
Carry, à ses côtés, pivota lentement. Elle resta quelques secondes immobile, les yeux fixés sur la foule bruissante, comme si elle cherchait à y démêler l’écheveau de ses réflexions. Sa mâchoire se crispa un instant avant qu’elle ne tourne de nouveau son regard vers sa mère.
« Car je porte en haute estime miss Nerrah, » répondit-elle d’une voix basse et ferme. « Et si je parviens à renouer un semblant de lien avec Alice, peut-être que miss Nerrah reconnaîtra-t-elle que j’ai fait des progrès sur le plan social. Alice, voyez-vous, est mon plus grand défi, notre haine l’une envers l’autre est bien connu. »
Dayla haussa délicatement un sourcil.
« Donc, dans le fond, vous ne vous souciez guère d’Alice elle-même. Tout ce qui vous importe, c’est l’approbation de sa mère ? »
Carry hocha la tête sans détour.
« Précisément. »
« Avez-vous songé à une tout autre approche ? » reprit Dayla avec une feinte douceur. « Rénésmée possède d’autres enfants… Thomas ici présent, par exemple. »
Les yeux clairs de Carry s’arrondirent d’une stupeur mêlée d’agacement.
« Vraiment ? Souhaitez-vous que Morrigan m’assassine pour avoir osé approcher son ancien fiancé ? »
Un sourire imperceptible se dessina sur le visage de Dayla, qui redressa légèrement sa robe.
« Morrigan est instable, je le concède. Mais il n’y a guère de grande victoire sans grand risque. Et, quoi que vous en pensiez, Thomas reste un jeune homme fort convenable. Certes, il n’a pas su apporter le bonheur dans notre famille… mais son charme, lui, demeure intact. »
Carry tourna la tête, ses yeux se posant malgré elle sur Thomas qui se tenait non loin d’Alice. Elle soupira et leva subtilement les yeux au ciel, un geste d’abdication bien plus parlant qu’un long discours.
« Eh bien… nous verrons comment les choses évolueront. Et s’il le faut, j’irai parler à Thomas. Il est vrai qu'il possede un physisque avenant, mais c'est bien la seule qualite qu'on peut le lui donner. »
Elle s’apprêtait à s’éloigner, mais la voix de Dayla la retint, douce et glaciale à la fois.
« Je sais que vous avez changé, ma fille, » dit-elle en inclinant légèrement la tête, ses boucles d’oreilles dorées cliquetant faiblement. « Mais je préfère être parfaitement claire : je ne tolérerai aucune mise en scène de votre part. De plus, j’ai cru comprendre que Rénésmée serait présente ce soir. Il serait des plus regrettables de la décevoir. »
Carry demeura immobile quelques secondes, avant d’acquiescer avec une élégance maîtrisée. Un sourire poli étira ses lèvres, plus pour sa mère que pour elle-même. Puis, redressant la tête, elle s’éloigna d’un pas déterminé vers ce qui pouvait devenir la meilleure décision de sa vie… ou la plus désastreuse.
Charité bien ordonnée
Du fond de la verrière, j’observe. C’est fascinant, ces soirées. D’ici, tout roule. Les gens serrent des mains et se sourient. Quand tu regardes mieux, tu vois surtout des gens qui jouent un rôle, des regards calculés, et t’as l’impression qu’un mot de travers pourrait foutre le bordel dans toute la pièce. Flora tient la baraque comme elle peut, et franchement, elle se démerde bien. Je la vois accueillir les Harrison avec son sourire poli. Je la connais, c’est celui qu’elle sort quand elle fait un effort pour ne pas lever les yeux au ciel. Je reconnais tous ces gens car elle m’a briefé avant : photos, noms, petites notes rapides. “Eux, c’est important. Eux, sois sympa. Eux, évite de les contrarier…”. J’avais l’impression de réviser le bac. À côté, Angel donne l’impression qu’il est né avec un verre de champagne à la main. Il est comme un poisson dans l’eau. Il a baigné là-dedans. Avec les Nerrah, poignées de mains attendues et sourires parfaits, accompagnées de petites phrases qui vont bien. Rien ne dépasse. Tu sens qu’il pourrait gérer dix réceptions comme ça sans même transpirer une goutte. Et moi, je suis là, en fond de salle, à regarder tout ça comme si j’étais à une pièce de théâtre. Avant que ça commence, Flora m’a chopé et m’a demandé de filer un coup de main pour accueillir les invités parce qu’elle allait être partout à la fois, et qu’elle flippait d’en oublier un. J’ai râlé, évidemment. J’ai soufflé, j’ai fait la gueule deux secondes, et puis j’ai dit oui. Je dis toujours oui avec elle. Alors j’observe. Carry Harrison est auprès de sa mère, à deux doigts de vomir ; j’observe Flora, qui se retient. J’observe les Nerrah qui occupent l’espace comme si le château Fleurdelys était à eux. Au milieu de tout ça, des verres qui circulent et des tissus qui brillent, y’a un truc qui accroche mon regard, deux silhouettes en réalité. Le frère d’abord, Thomas Sangblanc. Je mets un nom direct sur lui car j’ai vu sa photo juste avant. Il est bien coiffé, il a l’air très sûr de lui. Ce type a le genre de sourire qu’on n’apprend pas. Et puis elle, Alice. Je ne la connais pas, juste une photo et un nom. Mais y’a un truc. Ce n’est pas juste parce qu’elle est belle. Bon, ça c’est évident. Non, c’est autre chose, c’est une façon de tenir debout, comme si tout était sous contrôle, sauf que non. Je plisse les yeux. Elle avance élégante, mais pas à l’aise. Ça se voit si tu fais un peu attention. Ça se devine dans les épaules, dans ses pas, et dans la manière dont elle se tient. Ça me parle, et un peu trop, même. Je pourrais rester là, et me dire que ce n’est pas mon problème. Mais Flora m’a demandé d’assurer. Et moi, quand je m’engage, je vais jusqu’au bout. Alors je bouge. Je remets le col de ma veste en place vite fait, puis je traverse la salle en esquivant au mieux les convives et leurs parfums. Je m’arrête face à eux.
- Bonsoir. Cassidy Powell, assistant éducateur à l’école Maeve Queen. Flora m’a collé à l’accueil ce soir.
Je leur lance un petit sourire.
- Elle m’a fait réviser vos têtes avant, donc normalement je ne me plante pas : Sangblanc, c’est ça ?
Je jette un regard rapide à Thomas, puis je reviens à Alice.
- Donc voilà. Je passe vérifier que vous n’êtes pas déjà abandonnés dans la jungle.
Je pose un silence.
- Si vous avez envie de boire quelque chose, je peux vous trouver ça.
Je regarde Thomas encore une fois, minimum syndical, mais mon attention revient vers Alice. Je ne la connais pas, mais il y a des gens, tu les repères direct. Dans toute cette pièce remplie de beaux vêtements, Alice Sangblanc est la seule qui a l’air réelle. Sans trop savoir pourquoi, je sens que la laisser plantée là serait une connerie. C’est comme une évidence, elle a besoin de souffler, et moi je peux l’aider. Je lève légèrement la main en direction d’un elfe qui passe.
- Hé, tu peux servir quelque chose à Monsieur ? Merci.
Je fais un petit signe de tête à Thomas.
- Je vous l’emprunte deux minutes, si ça vous va. Je vous la rends entière, promis.
Je pose mes yeux sur Alice :
- Ce serait un plaisir de vous accompagner écouter les musiciens. Ils ne sont pas mauvais, pour une bande de sorciers qui se prennent pour des artistes.
Cassidy Powell - Éducateur à l’école Maeve Queen
Godric’s Hollow
- Bonsoir. Cassidy Powell, assistant éducateur à l’école Maeve Queen. Flora m’a collé à l’accueil ce soir.
Je leur lance un petit sourire.
- Elle m’a fait réviser vos têtes avant, donc normalement je ne me plante pas : Sangblanc, c’est ça ?
Je jette un regard rapide à Thomas, puis je reviens à Alice.
- Donc voilà. Je passe vérifier que vous n’êtes pas déjà abandonnés dans la jungle.
Je pose un silence.
- Si vous avez envie de boire quelque chose, je peux vous trouver ça.
Je regarde Thomas encore une fois, minimum syndical, mais mon attention revient vers Alice. Je ne la connais pas, mais il y a des gens, tu les repères direct. Dans toute cette pièce remplie de beaux vêtements, Alice Sangblanc est la seule qui a l’air réelle. Sans trop savoir pourquoi, je sens que la laisser plantée là serait une connerie. C’est comme une évidence, elle a besoin de souffler, et moi je peux l’aider. Je lève légèrement la main en direction d’un elfe qui passe.
- Hé, tu peux servir quelque chose à Monsieur ? Merci.
Je fais un petit signe de tête à Thomas.
- Je vous l’emprunte deux minutes, si ça vous va. Je vous la rends entière, promis.
Je pose mes yeux sur Alice :
- Ce serait un plaisir de vous accompagner écouter les musiciens. Ils ne sont pas mauvais, pour une bande de sorciers qui se prennent pour des artistes.
Cassidy Powell - Éducateur à l’école Maeve Queen
Godric’s Hollow
Charité bien ordonnée
Tous les invités avaient maintenant rejoint la gigantesque serre redécorée pour l’occasion. Les conversations mondaines remplissaient la grande salle du château. On pouvait distinguer le tintement délicat des verres de cristal, et les douces notes de musique de l’orchestre sous le haut plafond vitré. Au-delà des grandes fenêtres, les lumières sur la baie étincelaient comme des milliers de lucioles .
Près de l’estrade, Flora Fleurdelys paraissait parfaitement maîtresse d’elle-même. Mais ceux qui la connaissaient réellement remarqueraient sans doute le mouvement de ses doigts autour de l’une de ses boucles d’oreilles. Elle savait. Elle savait exactement devant qui elle allait parler. Ce soir, certains membres du Conseil toléraient sa présence, quand d’autres la considéraient comme une anomalie, « mais fort jolie au demeurant ». Elle restait pour eux une née-moldue à la tête de l’école Maeve Queen. Ils la jugeaient compétente, tant qu’elle restait discrète.
Mais ce soir, Flora ne serait pas discrète.
Son regard glissa un instant vers son mari. Angel Fleurdelys se tenait un peu en retrait. Maître des terres et du château, il observait la salle. Lorsque les yeux de Flora croisèrent les siens, la sorcière y trouva dans le regard de son amour d’enfance tout ce dont elle avait toujours eu besoin : Aucune inquiétude, juste sa simple présence solide et rassurante. Plus loin, Gabryel se trouvait parmi les invités. Il riait avec l’un des elfes de maison, comme si ce dernier était un membre de sa famille.
L’orchestre acheva lentement son morceau. Le son des voix diminua peu à peu, puis le silence s’installa. La silhouette du propriétaire des lieux traversa calmement la salle, avant de monter les marches de l’estrade. Une fois devant l’assemblée, il posa une main derrière son dos, droit mais détendu, comme l’avait fait son père et son grand-père avant lui de nombreuses fois.
- Mesdames. Messieurs, membres du Conseil, amis du Domaine Fleurdelys, merci d’avoir répondu à notre invitation ce soir. Votre présence honore notre maison, mais surtout la cause qui nous rassemble. Beaucoup parmi vous connaissent déjà mon épouse pour son travail à Maeve Queen. D’autres la connaissent à travers ses engagements auprès des enfants orphelins du monde sorciers, notamment par la fondation Coeur d’Or. Pourtant, je pense que peu d’entre nous mesurent réellement l’ampleur de ce qu’elle porte depuis des années.
Angel laissa un léger silence s’installer, puis se tourna vers Flora. Puis il inclina légèrement la tête.
- Merci d’accueillir Flora Fleurdelys.
L’Écossais se recula, tendit la main à son épouse qui arpenta les marches de l’estrade sous quelques applaudissements de convenance, puis quitta la scène. Flora inspira discrètement, puis prit enfin la parole.
- Bonsoir à tous.
Merci d’être ici.
Merci d’avoir pris le temps.
(Silence. Elle balaye la salle du regard. Sa voix baisse)
- Je vais commencer par une image simple.
Dans une maison, quand on entend du bruit dans les combles, on dit : « Ce sont les rats ».
On hausse les épaules. On évite de monter.
On vit en dessous. On espère que ça se taira.
(Elle observe la baie de nuit, puis revient vers son auditoire)
- Ce soir, je ne vous parlerai pas de rats.
Je vous parlerai d’enfants.
Ezra. Cinq ans. Orphelin. Né-moldu.
Quand Ezra est arrivé à Maeve Queen, il avait déjà connu douze familles d’accueil. Douze.
La dernière lui a brûlé la main.
Pourquoi ?
Parce qu’Ezra faisait voler des objets quand il avait peur.
Parce qu’Ezra est un sorcier né de parents moldus.
Parce qu’Ezra n’entrait dans aucune case.
(Elle marque un temps)
- Ces enfants existent.
Ils sont nos Pupilles de la Nation.
Ils ne sont pris en charge ni par le monde non sorcier, ni par le nôtre.
Entre deux administrations, ils tombent.
Entre deux mondes, ils chutent.
Et pendant qu’ils tombent, on s’habitue au bruit au-dessus de nos têtes.
On dit : « Ce sont les rats ».
A Maeve Queen, nous ne fermons pas la porte du grenier.
Nous montons l’escalier.
Je dirige une école qui accueille des enfants de deux à dix ans.
Nés-moldus. Nés-sorciers. Sang-pur. Peu importe.
À cet âge, on ne choisit pas sa lignée.
On ne choisit pas la peur qu’on nous renvoie.
On ne choisit pas les couloirs où on nous pousse.
Je ne vous demande pas de compatir.
Je vous demande de voir.
De regarder Ezra.
Sa main. Sa peur.
Et sa magie.
Car oui, sa magie est intacte.
Elle ne demande qu’un endroit sûr pour apprendre à s’exprimer.
(Elle marque nouveau un temps, plus net)
- Pourquoi un dortoir dans les combles ?
Parce que la nuit est l’heure où tombent les enfants.
C’est la nuit qu’Ezra se réveille en sueur.
C’est la nuit que l’assistante sociale n’existe plus.
C’est la nuit que la chouette du Ministère ne passe pas.
C’est la nuit que les traumatismes parlent plus fort que les partitions du Royal Orchestra ici présent.
Un toit. Une veilleuse. Une main qui ne brûle pas.
Voilà ce que je vous demande de financer.
Concrètement ?
Vingt lits.
Des coffres, des pyjamas, des livres, des cauchemars qui s’apaisent.
Un budget de fonctionnement transparent, audité.
Un calendrier clair : Ouverture dans six semaines si nous réunissons ce soir le premier palier.
Je suis née-moldue.
Certains ici le savent, d’autres le devinent.
Je n’ai rien à prouver de ce côté-là.
Ce que j’affirme, en revanche, c’est ceci :
Notre monde n’est pas trahi quand il protège un enfant né ailleurs.
Il est trahi quand il l’abandonne.
On me dit parfois : « Vous êtes idéaliste ».
Non. Je suis praticienne.
J’ai dirigé Cœur d’Or. J’ai veillé des dizaines d’Ezra.
Je sais compter les gallions, et je sais compter les cicatrices.
Les cicatrices coûtent toujours plus cher que les lits.
(Elle avance d’un pas, son ton se durcit doucement)
- Certains parmi vous n’aiment pas le terme « nés-moldus ».
Je l’entends.
Alors parlons autrement.
Parlons d’enfants britanniques sous responsabilité magique.
Parlons d’ordre public.
Un enfant stabilisé coûte moins qu’un adolescent en rupture.
Un enfant rassuré jette moins de sorts involontaires qu’un enfant traqué.
Un enfant reconnu devient un citoyen.
C’est votre paix que je protège en protégeant Ezra.
J’entends aussi : « Ce n’est pas au Conseil de financer… »
Si.
Quand il y a vide, le Conseil comble.
Quand il y a nuit, le Conseil allume.
Nous ne créons pas un privilège.
Nous réparons une lacune.
(Elle s’adoucit)
- Je ne vous demande pas d’aimer ce projet.
Je vous demande d’en assumer la nécessité.
Vous avez du pouvoir.
Ce soir, exercez-le pour ceux qui n’en ont pas.
Voici mon engagement :
Transparence totale. Comptes ouverts. Rapports trimestriels.
Visites inopinées autorisées.
Et, point essentiel, parité des places : Chaque lit fait plus de bien qu’un décret mal appliqué.
(Court sourire)
- On dit que les combles sont faits pour entreposer ce dont on ne veut plus.
Ce soir, nous décidons que les combles seront faits pour ceux dont nous voulons vraiment.
Pas des rats.
Des enfants.
Je reviens à Ezra.
Il a cinq ans.
Il a appris, hier, à dire « S’il te plaît » avant de demander qu’on attrape une étoile filante.
Il a appris à poser sa main brûlée sur l’eau fraîche sans trembler.
Il a appris à ne pas avoir peur quand la magie le dépasse.
Donnez-lui un lit.
Donnez-lui une nuit entière sans sursaut.
Donnez-lui la preuve que notre monde mérite qu’il existe.
(Elle désigne discrètement les tables au fond)
- Au fond de la salle, vous trouverez trois cartes.
Carte 1 “Allumer la veilleuse” : Engagement initial pour les 20 lits et un éducateur de nuit.
Carte 2 “Tenir la main” : Parrainage individuel d’un enfant pour un trimestre.
Carte 3 “Ouvrir la porte” : Appui politique, amendement au Secrétariat à l’Éducation Magique pour reconnaître officiellement les dortoirs d’accueil Godric’s.
Signez une carte.
Ou trois.
Faites-le par conviction.
Ou par prudence.
Mais faites-le.
Ce soir.
(Silence, puis, très calmement)
- Nous n’avons pas besoin de votre pitié.
Nous avons besoin de vos décisions.
Merci.
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR
Près de l’estrade, Flora Fleurdelys paraissait parfaitement maîtresse d’elle-même. Mais ceux qui la connaissaient réellement remarqueraient sans doute le mouvement de ses doigts autour de l’une de ses boucles d’oreilles. Elle savait. Elle savait exactement devant qui elle allait parler. Ce soir, certains membres du Conseil toléraient sa présence, quand d’autres la considéraient comme une anomalie, « mais fort jolie au demeurant ». Elle restait pour eux une née-moldue à la tête de l’école Maeve Queen. Ils la jugeaient compétente, tant qu’elle restait discrète.
Mais ce soir, Flora ne serait pas discrète.
Son regard glissa un instant vers son mari. Angel Fleurdelys se tenait un peu en retrait. Maître des terres et du château, il observait la salle. Lorsque les yeux de Flora croisèrent les siens, la sorcière y trouva dans le regard de son amour d’enfance tout ce dont elle avait toujours eu besoin : Aucune inquiétude, juste sa simple présence solide et rassurante. Plus loin, Gabryel se trouvait parmi les invités. Il riait avec l’un des elfes de maison, comme si ce dernier était un membre de sa famille.
L’orchestre acheva lentement son morceau. Le son des voix diminua peu à peu, puis le silence s’installa. La silhouette du propriétaire des lieux traversa calmement la salle, avant de monter les marches de l’estrade. Une fois devant l’assemblée, il posa une main derrière son dos, droit mais détendu, comme l’avait fait son père et son grand-père avant lui de nombreuses fois.
- Mesdames. Messieurs, membres du Conseil, amis du Domaine Fleurdelys, merci d’avoir répondu à notre invitation ce soir. Votre présence honore notre maison, mais surtout la cause qui nous rassemble. Beaucoup parmi vous connaissent déjà mon épouse pour son travail à Maeve Queen. D’autres la connaissent à travers ses engagements auprès des enfants orphelins du monde sorciers, notamment par la fondation Coeur d’Or. Pourtant, je pense que peu d’entre nous mesurent réellement l’ampleur de ce qu’elle porte depuis des années.
Angel laissa un léger silence s’installer, puis se tourna vers Flora. Puis il inclina légèrement la tête.
- Merci d’accueillir Flora Fleurdelys.
L’Écossais se recula, tendit la main à son épouse qui arpenta les marches de l’estrade sous quelques applaudissements de convenance, puis quitta la scène. Flora inspira discrètement, puis prit enfin la parole.
- Bonsoir à tous.
Merci d’être ici.
Merci d’avoir pris le temps.
(Silence. Elle balaye la salle du regard. Sa voix baisse)
- Je vais commencer par une image simple.
Dans une maison, quand on entend du bruit dans les combles, on dit : « Ce sont les rats ».
On hausse les épaules. On évite de monter.
On vit en dessous. On espère que ça se taira.
(Elle observe la baie de nuit, puis revient vers son auditoire)
- Ce soir, je ne vous parlerai pas de rats.
Je vous parlerai d’enfants.
Ezra. Cinq ans. Orphelin. Né-moldu.
Quand Ezra est arrivé à Maeve Queen, il avait déjà connu douze familles d’accueil. Douze.
La dernière lui a brûlé la main.
Pourquoi ?
Parce qu’Ezra faisait voler des objets quand il avait peur.
Parce qu’Ezra est un sorcier né de parents moldus.
Parce qu’Ezra n’entrait dans aucune case.
(Elle marque un temps)
- Ces enfants existent.
Ils sont nos Pupilles de la Nation.
Ils ne sont pris en charge ni par le monde non sorcier, ni par le nôtre.
Entre deux administrations, ils tombent.
Entre deux mondes, ils chutent.
Et pendant qu’ils tombent, on s’habitue au bruit au-dessus de nos têtes.
On dit : « Ce sont les rats ».
A Maeve Queen, nous ne fermons pas la porte du grenier.
Nous montons l’escalier.
Je dirige une école qui accueille des enfants de deux à dix ans.
Nés-moldus. Nés-sorciers. Sang-pur. Peu importe.
À cet âge, on ne choisit pas sa lignée.
On ne choisit pas la peur qu’on nous renvoie.
On ne choisit pas les couloirs où on nous pousse.
Je ne vous demande pas de compatir.
Je vous demande de voir.
De regarder Ezra.
Sa main. Sa peur.
Et sa magie.
Car oui, sa magie est intacte.
Elle ne demande qu’un endroit sûr pour apprendre à s’exprimer.
(Elle marque nouveau un temps, plus net)
- Pourquoi un dortoir dans les combles ?
Parce que la nuit est l’heure où tombent les enfants.
C’est la nuit qu’Ezra se réveille en sueur.
C’est la nuit que l’assistante sociale n’existe plus.
C’est la nuit que la chouette du Ministère ne passe pas.
C’est la nuit que les traumatismes parlent plus fort que les partitions du Royal Orchestra ici présent.
Un toit. Une veilleuse. Une main qui ne brûle pas.
Voilà ce que je vous demande de financer.
Concrètement ?
Vingt lits.
Des coffres, des pyjamas, des livres, des cauchemars qui s’apaisent.
Un budget de fonctionnement transparent, audité.
Un calendrier clair : Ouverture dans six semaines si nous réunissons ce soir le premier palier.
Je suis née-moldue.
Certains ici le savent, d’autres le devinent.
Je n’ai rien à prouver de ce côté-là.
Ce que j’affirme, en revanche, c’est ceci :
Notre monde n’est pas trahi quand il protège un enfant né ailleurs.
Il est trahi quand il l’abandonne.
On me dit parfois : « Vous êtes idéaliste ».
Non. Je suis praticienne.
J’ai dirigé Cœur d’Or. J’ai veillé des dizaines d’Ezra.
Je sais compter les gallions, et je sais compter les cicatrices.
Les cicatrices coûtent toujours plus cher que les lits.
(Elle avance d’un pas, son ton se durcit doucement)
- Certains parmi vous n’aiment pas le terme « nés-moldus ».
Je l’entends.
Alors parlons autrement.
Parlons d’enfants britanniques sous responsabilité magique.
Parlons d’ordre public.
Un enfant stabilisé coûte moins qu’un adolescent en rupture.
Un enfant rassuré jette moins de sorts involontaires qu’un enfant traqué.
Un enfant reconnu devient un citoyen.
C’est votre paix que je protège en protégeant Ezra.
J’entends aussi : « Ce n’est pas au Conseil de financer… »
Si.
Quand il y a vide, le Conseil comble.
Quand il y a nuit, le Conseil allume.
Nous ne créons pas un privilège.
Nous réparons une lacune.
(Elle s’adoucit)
- Je ne vous demande pas d’aimer ce projet.
Je vous demande d’en assumer la nécessité.
Vous avez du pouvoir.
Ce soir, exercez-le pour ceux qui n’en ont pas.
Voici mon engagement :
Transparence totale. Comptes ouverts. Rapports trimestriels.
Visites inopinées autorisées.
Et, point essentiel, parité des places : Chaque lit fait plus de bien qu’un décret mal appliqué.
(Court sourire)
- On dit que les combles sont faits pour entreposer ce dont on ne veut plus.
Ce soir, nous décidons que les combles seront faits pour ceux dont nous voulons vraiment.
Pas des rats.
Des enfants.
Je reviens à Ezra.
Il a cinq ans.
Il a appris, hier, à dire « S’il te plaît » avant de demander qu’on attrape une étoile filante.
Il a appris à poser sa main brûlée sur l’eau fraîche sans trembler.
Il a appris à ne pas avoir peur quand la magie le dépasse.
Donnez-lui un lit.
Donnez-lui une nuit entière sans sursaut.
Donnez-lui la preuve que notre monde mérite qu’il existe.
(Elle désigne discrètement les tables au fond)
- Au fond de la salle, vous trouverez trois cartes.
Carte 1 “Allumer la veilleuse” : Engagement initial pour les 20 lits et un éducateur de nuit.
Carte 2 “Tenir la main” : Parrainage individuel d’un enfant pour un trimestre.
Carte 3 “Ouvrir la porte” : Appui politique, amendement au Secrétariat à l’Éducation Magique pour reconnaître officiellement les dortoirs d’accueil Godric’s.
Signez une carte.
Ou trois.
Faites-le par conviction.
Ou par prudence.
Mais faites-le.
Ce soir.
(Silence, puis, très calmement)
- Nous n’avons pas besoin de votre pitié.
Nous avons besoin de vos décisions.
Merci.
Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR