Sentiments égarés PV

Samedi 22 mai 2049, dans l'après-midi
Salle d'Études, Poudlard


Alexander faisait face à son manuel de Sortilèges depuis une bonne demi-heure, mais la concentration n'était pas au rendez-vous. Non, le désordre rodait dans son esprit. Elle lui manquait, terriblement. Et c'était tout ce à quoi il arrivait à penser, en fixant les lettres imprimées sur le livre, qui n'avaient à ce moment aucun sens pour lui. Et pourtant, ils avaient déjeuné ensemble. Mais c'était déjà trop loin. Que faisait-elle à cet instant précis ? Il lui semblait avoir parlé d'aller frapper quelques cognards en compagnie de Clifford. Mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui trouver ? La compagnie de ce Serpentard était-elle plus agréable que celle de son camarade de maison ? De son ami ? Non, de son meilleur ami ? Alexander, lui, préférait sa compagnie à elle. Plus que n'importe qui au château. Et lorsqu'elle n'était pas là, alors son esprit faisait tout pour réduire la distance qui les séparait. Mais il était irrité. Un il-ne-savait trop quoi qui le dérangeait. De la jalousie ? Probablement.

Le Gryffondor faisait tourner frénétiquement sa baguette entre ses doigts. Il n'était pas certain de réussir à décrire ce qu'il ressentait. Tout ça était de toute façon bien trop complexe pour son cerveau adolescent. Et puis, était-il vraiment nécessaire de les décrire, ses sentiments ? Mais il ne pouvait plus les ignorer. Les signes. Son cœur qui battait à tout rompre lorsque que ses yeux plongeaient dans les siens, la chaleur qui l'envahissait lorsque leurs mains se rencontraient. La peur qu'elle remarque ses joues rougir à la moindre marque d'affection qu'elle lui accordait, comme un cri pour lui avouer qu'il l'appréciait. Beaucoup. Vraiment beaucoup.

Mais quelque part, Alexander voulait qu'elle le sache. Ou peut-être qu'elle le sache seulement si ça ne risquait pas de remettre en question leur amitié ? Ou qu'elle sache seulement si lui savait qu'elle ressentait la même chose pour lui ? Trop compliqué comme raisonnement. Avec tant de conditions, il resterait là, à penser à elle, en attendant chaque moment privilégié qu'il pourrait passer en sa compagnie. Non, il allait lui dire.

L'anglais posa alors sa baguette sur la table, et attrapa un parchemin neuf ainsi que sa plume. Il trempa cette dernière dans son encrier et commença à écrire. Britanny, Je voulais te dire que je suis am. Non, trop direct. Il ratura largement les premiers mots qu'il avait tracés sur le parchemin avant de reprendre. Britanny, tu me manques. Alors qu'on s'est vu ce midi. Je pense à toi et à ton sourire. Ridicule. Nouvelles ratures. Il soupira, avant d'essayer une nouvelle fois de trouver les bons mots. Seulement, au bout des quelques phrases, il se rendit à l'évidence. Il n'y arriverait pas. C'était trop difficile.

Et surtout, il fallait qu'il s'échappe de cette salle qui commençait à l'étouffer. Il referma son manuel, rassembla ses parchemins de cours et les fourra négligemment dans son sac. Probablement un peu trop, puisqu'il ne s'aperçut pas que celui traduisant ses récents états d'âme s'était échappé de la liasse désordonnée, avant d'atterrir sur le sol. Sac sur l'épaule, Alexander quitta alors la salle d'études. Un peu d'air frais lui ferait du bien.

En reducio, la lettre telle qu'elle pourra être trouvée au sol.

Reducio
Britanny,
Je voulais te dire que je suis am


Britanny,
Tu me manques. Alors qu'on s'est vu ce midi. Je pense à toi et à ton sourire.


Brit,
J'ai passé l'après-midi à hésiter. Est-ce que c'est une bonne idée que je t'écrive ? Je n'en sais rien, mais je crois que j'ai besoin que tu le saches. Notre amitié est précieuse pour moi. Mais je crois qu'au fond, c'est un peu plus que de l'amitié que je ressens pour toi.

Alex

Alexander, 6ème année RP, #MMG, Loustic problématique & ex-muraille des Griffes Ardentes | #9B8127 | PR
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