Melencolia

La Melencolia, Albrecht Dürer
Vendredi 18 juin 2049
Dans la matinée...
RPG+
Dans la matinée...
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La bête à sept têtes surgit des flots appelant ses fidèles, les sans-rois, afin de les rassembler pour entamer le chant qui accompagnerait les sept trompettes du jugement. Le ciel enflammé annonçait le fléau brisant les chaînes d'argent qui le retenait, signant la fin des temps pour l'homme et le monde tel que nous le connaissons...
Les cris joyeux des enfants libérés de leurs études retentissaient dans le couloir. Cette joie passagère se répercutait dans tout le château décoré de guirlandes de parchemins et de plumes abandonnées par leur propriétaire. Lance, dans cette joyeuse cacophonie, s'orientait au hasard, l'esprit encore embrouillé par les songes qui peuplèrent sa nuit, ne lui laissant pas un instant de répit pour se reposer.
Superposant ses camarades filants au travers des couloirs, les échos de ses rêves défilaient devant ses yeux. A travers ces images floues, il entraperçoit la bête à sept têtes qui l'avait hanté cette nuit. Par moment, il revoit aussi la femme enveloppée de soleil le rassurant contre les ténèbres qui envahissaient ses songes. Pourtant, l'angoisse le reprenaient par moment alors qu'il se rappelait ces visions de ciel en flamme.
La fatigue des examens et la perspective d'enfin terminer cette première année au château embrouillait son jeune esprit. Le stress, l'agitation, les épreuves. Tout cela saturait son cerveau qui, en échouant encore et encore, en de nombreuses matières, somatisait tout cela en troubles du sommeil et manques d’appétit.
Voilà ce qui le menait à la bibliothèque alors même que les examens étaient passés. Fatigué et secoué, il se glissa entre les rayons qui lui étaient encore étrangers, à la recherche de quelque chose qu'il ignorait encore. Le calme des livres bien rangés le fit arrêter son errance devant un rayonnage poussiéreux. L'heure n'était pas à la révision et quand bien même le petit n'était absolument pas avide de lecture, il tira un ouvrage épais parmi le choix qui lui était proposé. La clef des songes, Ὀνειροκριτικά ou l'Onirocritique de Artémidore de Daldis, ou Artémidore d'Éphèse.
L'enfant soupira avant de s'installer à une table vide afin de poser l'épais livre et l'ouvrir à une page aléatoire. Il toussota avant de jeter quelques coups d’œil à droite et à gauche pour vérifier que personne ne l'ennuiera puis, il posa son doigt sur une ligne et déchiffra les mots en silence.
"C’est bon d’une part pour tous les gens en mer, si on est brûlé vivant sur la croix. Car la croix est faite de bois et de clous comme le navire, et le mât du navire ressemble à une croix. Bon aussi pour un pauvre, car le crucifié est haut dressé et nourrit beaucoup de rapaces."
Sceptique, le garçon s'arrêta. La tournure des phrases était étrange et difficile à lire. Il chercha alors une autre ligne et déchiffra du bout du doigt.
"Tout ce qui, vu en songe, se meut de la même façon qu’un objet de la réalité, peut signifier cet objet."
Troublé, il referma l'ouvrage d'un coup sec comme prit par une furieuse envie de quitter cet endroit. Les rêves n'étaient que des rêves et lui, n'avait rien à faire là.
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232