Comme un fantôme

Samedi soir, aux alentours de minuit, vacances de Pâque, Sneem

Chapitre I : Une arrivée bien discrète

Taxi
Erin
Catherine
Bob


- On est arrivés.

J'entrouvre un oeil, et reste quelques instants sur le qui-vive, avant de me rappeler où je suis et ce que j'ai fait. Le chauffeur de taxi que j'ai commandé me regarde, pianotant de ses longs doigts le volant, attendant que je le paye. Je hoche la tête et lui tend le peu d'argent qu'il me reste, avant de sauter hors de la voiture, mes bagages autour de moi, seule dans la rue déserte. Je regarde aux alentours, mon coeur se serrant à la vue de ce petit village qui m'avait tant manqué. Sneem. Un vrombissement me fait comprendre que le taxi est parti, sans doute en quête de nouveaux clients. Je frissonne d'excitation, heureuse d'être revenue chez moi.
La plupart des néons des enseignes sont éteints, sauf celui de l'antiquaire. Bob reste toujours assez tard à la boutique, non pas pour attraper d'éventuels touristes à la recherche d'un peu d'aventure, mais plutôt par passion pour son métier. Je trottine en direction du côté opposé de la place, puis tapote doucement contre la vitre. Bob se retourne aussitôt, un chiffon plein de désinfectant à la main. Il fronce les sourcils un instant, mais finit par me reconnaître et se jette sur la porte. Les mains tremblantes, il réussit à faire entrer la clé dans la serrure, mais, quand on se retrouve face à face, il s'immobilise, comme s'il voyait un revenant.

- Erin ? Qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi as-tu disparu de la circulation aussi longtemps ? Quand...
- Eh, doucement !

Je le faire taire d'un regard. Bob n'est pas beaucoup plus âgé que moi ; il a à peine dix-neuf ans. C'est assez bizarre de voir un antiquaire aussi jeune, d'ailleurs. Il n'a même pas été forcé par ses parents. Limite si c'était pas choquant pour eux d'apprendre que leur fils ne deviendrait pas avocat.

- Je ne peux pas tout t'expliquer. En tout cas, pas maintenant.
- Erin, tu ne peux pas me dire ça. J'ai le droit de savoir.

Je croise les bras, butée comme un âne, et réplique :

- J'ai tous les droits. J'étais juste venue pour dire bonjour, mais si tu le prends comme ça...

Je fais mine de partir et Bob finit par soupirer :

- Est-ce qu'il y a une partie que je peux connaître, au moins ?

En me retournant, j'opine du chef, et répond :

- On se rejoint samedi à quatorze heures, à l'ancien atrium, ok ? J'essaierai d'amener Jeremy, Catherine, Ivy et Lucas.
- Pas comme si j'avais le choix, en même temps, ronchonne-t-il en se détournant.

Je souris puis repart. Je suis épuisée, c'est pas le moment d'aller dire bonjour à tous mes amis, qui sont tous tranquillement en train de dormir chez eux. L'enseigne du Blue Bird se balance de droite à gauche, en grinçant, créant une atmosphère légèrement pesante.
Une bruine commence à tomber, et je me dépêche de rejoindre le bar, fermé. J'emprunte le petit escalier, qui mène à la maison au-dessus de l'échoppe. Rien n'a changé. Je prends un caillou, repère la fenêtre qui m'intéresse et le balance là-bas. Quelques instants s'écoulent, mais rien ne se passe. Je m'apprête à lancer un autre projectile, quand la fenêtre s'ouvre dans un gémissement.
Une silhouette sort sa tête, curieuse. Je reconnais aussitôt les cheveux nattés de mon amie et souffle :

- Cath ! T'es là ?
- Mmmmrf ?...
- Ouvre grand la fenêtre, je grimpe à l'échelle.

Quelques instants plus tard, j'arrive, pantelante, sur le plancher de la chambre de mon amie. Celle-ci me regarde, plus du tout ensommeillée, l'air interdit.

- Erin ? C'est bien toi, pas un tueur en série qui se fait passer pour ma pote, hein ?

Je lève les yeux au ciel. Toujours à exagérer, elle a pas changé.

- Non non, c'est bel et bien un tueur en série, je me disais que ça serait sympa de rencontrer ma prochaine victime. Sérieux, Cath !
- Mais, mais... commence-t-elle en balbutiant.
- Je t'explique tout dans trois minutes. Mais d'abord, on peut aller récupérer ma valise ? Elle est restée en bas, devant ta porte.

Elle hoche la tête, et, quelques dizaines de secondes plus tard, elle est de retour, ma valise derrière elle. Catherine ferme précautionneusement la porte et s'assoit en tailleur face à moi, attendant des explications.
Je soupire. Ça ne va pas être de tout repos.

- Comme tu l'as peut-être remarqué, j'ai... été absente quelques temps.
- Vraiment ? J'avais pas remarqué, ça alors, fait-elle d'un ton sarcastique.

Je plisse les yeux, un peu surprise. Est-elle si peu contente de me revoir ? Avant que je puisses continuer, elle se penche vers moi, l'air conspirateur.

- Alors, dis moi tout. C'est les aliens qui t'ont enlevée, c'est ça ? Ils voulaient faire des tests sur des humains pris au pif ? Ou alors tu es allée voir ton cousin le Yéti, pour le fun ?

Je recule, les yeux écarquillés.

- Mais qu'est-ce qui te prend, Cath ?
- Ce qui me prend ? fait-elle d'une voix plus aiguë que l'ordinaire. Ce qui me prend, moi, ou plutôt, ce qui t'as pris, toi ? Disparaître pendant huit longs mois, comme ça, sans nous prévenir, nous, tes potes ? Le 31 août, c'est "Trop hâte d'être à la rentrée ! À demain ! On va trop se marrer au collège !", le 1er septembre "Tiens, elle est passée où Erin ?". Imagine toi ce que ça fait, de se dire que une de tes meilleures amies part pour une raison mystérieuse, et qu'elle refuse de t'envoyer la moindre lettre ? Imagine toi ça !

Elle finit sa tirade à bout de souffle, les yeux rougis par la fatigue, la colère et les larmes. J'esquisse un geste pour la prendre dans mes bras, mais elle se dégage aussitôt et dit d'une voix sèche :

- Sors de ma chambre. J'ai une nuit à finir.
Dernière modification par Erin Gray-Feather le 2 juil. 2024, 20:18, modifié 1 fois.

L'enfer, c'est les autres.
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Chapitre 2 : Qu'ai-je fait ?

Reducio
Musique d'ambiance pour la première partie :https://www.youtube.com/watch?v=fhM8t13 ... 6s/reducio]

Erin
Jeremy


Ça fait dix minutes que je cours à en perdre haleine. Les larmes coulent le long de mes joues puis tombent derrière moi, telles des traînées argentées. Ma valise rebondit sur les pierres du sentier. Puis, tout devient noir. La vue encore brouillée, je plisse les yeux, et m'aperçois que les lampadaires disparaissent à partir de ce moment là du chemin. Comment ai-je pu oublier ça ? Grâce à huit mois passés loin de chez moi. Je secoue la tête et continue ma route, plus doucement cette fois. Au loin se dessine de longues formes noires. Je vais bientôt à l'ancien atrium. Cela dit, ça n'a pas grand rapport avec un atrium. Ceux-ci se trouvaient dans les jardins des Romains à l'Antiquité, et là on est en Irlande, à la moitié du XXIe siècle. Simplement, les hautes pierres disposées en rond autour d'une cascade naturelle nous ont fait pensé à ça, la fois où on a découvert cet endroit secret, mes amis et moi. Je m'en souviens comme si c'était hier : Ivy venait de finir un exposé sur l'Italie, à l'époque de Pompéi. C'était elle qui avait choisi le nom de notre planque, et on l'a gardé.
Arrivée devant le saule au bord du petit bassin, je fonds définitivement en larmes. Une sensation de déchirure au niveau du coeur ; j'ai l'impression de l'avoir trahie. Et pourtant, n'est-ce pas plutôt elle qui l'a fait, en me rejetant ainsi ? Je vacille et m'effondre. Je murmure des paroles sans queue ni tête. Mes yeux finissent par se fermer, malgré moi. Je sombre dans un sommeil profond.

***


Des bruits de pas retentissent, mais je suis trop exténuée pour voir ce qui en est. Puis une exclamation et plus rien. Je me redresse, le dos perclus de douleur à cause de la position que j'ai prise pour dormir -et de l'endroit que j'ai choisi, c'est-à-dire sur une racine.

- Ar son Dé ! Síochánta, qu'est-ce que tu fous là ?

Je lui lance un regard vitreux. Il s'approche doucement, comme s'il avait peur de me faire fuir au moindre mouvement brusque.

-Rien, Jeremy, je me disais juste que c'était un endroit sympa pour dormir, je fais d'une voix dénuée de tout sarcasme.

Il s'assoit à côté de moi.

- Ça va ? Tout va bien ?

Je hoche la tête pour le rassurer.

- Juste... pourquoi est-ce que tu étais partie pendant aussi longtemps, sans nous prévenir ? Tes parents ont dit au village -à ceux qui te connaissaient en tout cas, c'est-à-dire tout le monde- qu'ils t'avaient envoyée au pensionnat. Mais nous -Ivy, Lucas, Bob, Catherine et moi-, n'y avons pas cru. On a vu tes parents suffisamment de fois pour se rendre compte qu'ils ne t'enverraient jamais loin d'eux.

Je renifle.

- C'est pourtant ce qui s'est passé.

Voyant qu'il s'apprête à surenchérir, je plante mon regard dans le sien.

- Écoute, j'ai pas forcément envie d'en parler. Ils m'ont caché un élément primordial de mon histoire toute ma vie. Je suis revenue pour les vacances sans leur en dire, juste pour passer du temps avec vous. Je reviendrai aux vacances d'été, bien sûr, mais... je devrai repartir à la rentrée. Ça sera le cas chaque fois pendant les sept prochaines années.

Je prends une grande inspiration, pour empêcher ma voix de trembler et Jeremy se contente d'attendre et d'écouter, se doutant que mon envie de me confier ne serait que très brève.

- Quand... quand je suis venue chez elle, chez Cath, j'ai tenté de m'expliquer, mais elle m'a jetée dehors.

Il me prend dans ses bras quelques minutes, puis prend la parole.

- Síochánta... Cath est celle qui a le plus souffert de ta "disparition".

Mon coeur se serre, et je suis prête à partir mais il continue :

- Elle n'aurait jamais dû te mettre à la porte. Si jamais l'un d'entre nous s'était retrouvé dans la même situation que toi, les autres l'auraient accueilli volontiers.

Ses yeux lancent presque des éclairs.

- Je vais aller lui parler.

Je secoue la tête, et il plisse les yeux, surpris.

- Inutile. J'ai déjà donné rendez-vous à Bob, samedi à quatorze heures, ici-même, pour tout lui expliquer. Et à vous aussi. Je ne supporterais pas de faire de longs monologues à tant de personnes différentes.

Je soupire longuement.

- Le problème, c'est que j'ai pas mon tel avec moi pour prévenir les autres. Il faudra que j'aille le chercher chez mes parents.

Il hoche la tête.

- Si tu veux, tu pourras loger chez moi. Tu sais comment sont mes parents...ils s'en foutent de ce que je fais et des autres. Ça ne sera pas bien grave de prétendre que tu es une amie d'école, ils ne te reconnaîtront pas.
- Merci, je murmure. Il faudra juste que je fasse quelque chose quand je me serai délestée de mes bagages...

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Chapitre 3 : un peu de douceur dans un présent si différent


Aux alentours de 13 heures


Je soupire, serre les dents et me décide enfin à avancer. Je pénètre dans la propriété familiale -enfin, propriété est un bien grand mot, puisque les terres sauvages et casi-désertes qui entourent la maison ne sont qu'occasionnellement visitées par une famille de blaireaux ou des randonneurs perdus.
Il n'y a ni barrière, ni clôture : c'est ce que j'apprécie. Pas de limites. La nature n'appartient qu'à elle-même.
Mes pieds me conduisent sans me demander l'autorisation vers la maison. Je me ressaisis et résiste à la tentation...enfin, pas bien longtemps. Je souffle du nez et finis par me dire que j'ai bien le droit d'aller voir si des choses ont changé. Tout ira bien, si personne ne me voit. Mais normalement, à cette heure-ci, mes parents sont en train de manger à l'extérieur.

Un frisson d'excitation me parcoure quand je passe devant la porte de derrière, à moitié recouverte par le lierre. Je m'éclipsait souvent par-là, pour aller rejoindre ma bande, quand j'étais punie. Mes poils se dressent et je me mets à courir inconsciemment vers le côté est des landes, vers lequel est orienté ma chambre. Je grimpe tant bien que mal grâce au parapet rocheux situé en-dessous de la fenêtre et parviens à atteindre ma chambre. Je la regarde : rien n'a changé. Si ce n'est... mon lit. Il est défait. Je fronce les sourcils, tentant de me rappeler si je l'avais arrangé avant de partir. Il me semble que c'était le cas... mais même si je ne l'avais pas fait, ma mère, maniaque comme elle est, s'en serait occupé ! Très étrange... je reste figée quelques minutes, avant de redescendre et de trottiner vers la forêt, qui est au sud.

En fait, au nord et à l'est de ma maison, il y a une rivière qui sépare notre jardin des landes, au sud il y a une forêt qui précède la plage et à l'ouest, il y a une route goudronnée qui mène à Sneem. Nous sommes assez isolés du reste du monde, et c'est pour le mieux. Notre famille n'a jamais eu très bonne réputation. Enfin surtout depuis le départ, slash, fugue de mon frère.

Je finis par arriver devant des grillages. Un peu plus loin il y a... Indigo. Le poulain noir, âgé d'à peine trois ans, broute tranquillement, avec à ses côtés un hongre alezan de douze ans. Je cherche des yeux la troisième, Demon, une jument bai brûlé de 14 ans, en vain. Mon coeur se serre mais je me raisonne "Elle doit sûrement être chez le véto. Les blessures, ça arrive".
Je siffle et les deux chevaux redressent la tête, à la fois inquiets et intéressés. Indigo est le premier à réagir. Il galope vers moi à toute allure, les oreilles dressées en avant, en poussant des petits hennissements joyeux. Spartane prend son temps, il trotte à son rythme jusqu'à moi. J'enjambe avec un entrain renouvelé la clôture et serre les encolures de mes chevaux. Ils m'avaient tant manqué !

Je reste ainsi pendant un bout de temps, m'asseyant parfois par terre, gratouillant l'oreille de l'un ou l'autre, leur chuchotant des mots doux, profitant pleinement du moment présent.

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Chapitre 4 : c'est quoi cette famille ?


Aux alentours de 18h30


Je suis arrivée il y a à peu près deux heures chez Jeremy, avec mes bagages. Je savais que ses parents étaient un peu... spéciaux, disons, mais... pas comme ça.
Quand je suis entrée, le père de mon meilleur ami m'a à peine jeté un coup d'oeil mais a lancé d'une voix forte à son fils "Continue d'amener des débraillés comme ça et la maison deviendra pour de bon un refuge de SDF". J'étais un peu choquée, mais j'ai suivi Jeremy jusqu'à sa chambre, au bout du couloir. Il s'est excusé, mais je ne lui en voulais pas, car ce n'était pas de sa faute.

Vers 22h, j'étais morte de faim, et Jeremy m'a dit d'un ton coupable qu'il allait revenir avec un truc à manger. Finalement, une heure plus tard, il était de retour, deux cartons à pizzas dans les mains. Ses parents avaient déjà mangé, mais ils ne nous avaient pas appelé.

Il m'a proposé de dormir sur le canapé, mais j'ai refusé, je n'allais tout de même pas lui piquer son lit, le pauvre. Résultat, il a déployé le lit double (on peut régler la taille de son lit, et quand je suis arrivée, il était en "mode simple") et a séparé le tout par des oreillers et des livres pour qu'on ait chacun un côté. J'ai pas trop mal dormi, malgré le fait qu'il ait ronflé bruyamment durant la plus grande partie de la nuit.

La semaine qui a suivit était composée de : discussions avec Jeremy dans sa chambre ou son garage, jeux de société à deux, dessins, baignades à la piscine municipale (l'eau était glaciale et le site était désert puisque ce n'était pas la saison, et la ville n'est en soit pas très peuplée) et d'allers-retours à la pizzeria pour avoir de quoi se nourrir. Les parents de Jeremy nous ignorait la plupart du temps, sauf pour lancer de temps à autre des remarques déplacées sur mon physique ou les défaites de Jeremy à ses compets de tennis.

Waow, et moi qui pensais avoir une famille pourrie...

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Chapitre 5 : quelques explications étaient nécessaires...

Erin

J'entends des bruits de pas, qui se rapprochent inexorablement. J'inspire et j'expire pour me déstresser. Tout va bien se passer. Tout va bien se passer. Tout va bien se passer. Tout va bie...
Non, ça ne va pas bien se passer.
Au détour du petit chemin, j'aperçois mes amis. Bob, Lucas, Ivy et... Catherine.
Ils discutent à voix basse et, quand ils nous voient, Jeremy et moi, ils se taisent. Lucas finit par s'avancer d'un air neutre. Je sens mes entrailles se nouer.
Une fois tous réunis, il y a un blanc. Un très, très long blanc. Je n'imaginais pas mes retrouvailles ainsi. Pas du tout.
Je finis par prendre la parole, plus mal à l'aise que jamais

- Euh.... je crois que je vous dois des explications.

Il y a un petit reniflement dans l'assistance mais je n'y prête pas attention. Et je leur explique tout (sauf le fait que je suis une sorcière, bien sûr).

***
2 heures plus tard


Finalement... ça s'est mieux passé que je ne le pensais. Quand j'ai terminé mon récit, Ivy m'a sauté dans les bras pour me faire un câlin et les autres ont hoché la tête, comme pour dire qu'ils me croyaient, qu'ils ne m'en voulaient pas. Sauf Jeremy. Il n'a rien dit, mais je savais qu'il se doutait que je ne leur disait pas tout. Et Catherine, qui avait une lueur étrange dans les yeux, qui exprimait son sentiment de trahison. Mon meilleur ami m'a rassurée en me disant qu'elle finirait pas oublier, mais je n'étais -et ne suis toujours pas- convaincue.
Je leur ai promis de leur écrire, et on a prévu plein d'activités pour le reste de mon séjour. Balades dans les montagnes environnantes, baignades dans la baie du coin...
Actuellement, je me trouve dans la chambre de Jeremy. Il ronfle doucement, tandis que je fixe le plafond de pierre blanche de la pièce. Je suis tellement soulagée de m'être confiée.
Mais j'en veux aussi aux sorciers, à leurs règles stupides qui font que je ne pourrai plus jamais être moi-même avec mes amis.

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Chapitre 6 : une fin de vacances


C'est déjà la fin des vacances. Je regrette tellement de laisser derrière moi mes amis, pour de nouveau repartir à Poudlard. Rahhhh, je hais tellement cette école ! Je hais ces sorciers et leurs lois stupides qui me font mentir à longueur de journée à ceux que j'aime, je hais ma mère qui ne m'a jamais parlé de tout ça, je hais mon frère de nous avoir abandonnés, de m'avoir abandonnée.

J'essuie rageusement les larmes qui dévalent mes joues et prends une longue inspiration. Non. Je ne laisserai pas mes pensées négatives prendre le dessus, pas cette fois. Il faut que j'arrête de me complaire dans ma douleur pour avancer. Et c'est ce que je veux, non, avancer ? Oui, je crois. Je l'espère.

J'embrase une dernière fois le paysage de mon pays natal, ce pays que je chéris tant, avec ses contrées verdoyantes et sauvages, remplies de légendes et de mystères. Je jette au loin mes émotions négatives, rassemble tous mes souvenirs où la joie était de la partie dans ma mémoire, en me promettant de les chérir jusqu'à ce que je revienne pour en faire d'autres.

Je baisse les yeux vers ma main gauche. Sur celle-ci, il y a une montre argentée sertie d'émeraudes. C'est Bob qui me l'a offerte, en guise de cadeau de départ. Pour que je pense toujours à eux.
Je souris et me redresse, pleine d'espoirs pour l'avenir. Car il va être mouvementé, je le sens.

L'enfer, c'est les autres.